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11/11/2017

Vous acquérez beaucoup d'honneur, monsieur, en prenant la défense de l'innocence

... de ces malheureux poilus qui ont été passés par les armes françaises comme si les balles allemandes ne suffisaient pas à l'horreur de cette "Grande guerre".

Ci-dessous vous voyez un éclat d'obus, sorti du dos d'un mien grand-père , -reçu à Hartmannvillerkopf,(c'est d'actualité depuis hier )-,  lequel grand-père refusa de faire partie d'un peloton d'exécution (au risque de se retrouver lui aussi au bout du fusil) et échappa à une condamnation sommaire, "pour l'exemple",  grâce à un médecin-capitaine qui le fit "porter pâle" . Devant ces injustices , ce Pépé en devint un anti-pétainiste convaincu .

 

hartmannvillerkopfpour blog11112017.JPG

Pour vous donner l'échelle : photo avec 3,5 morceaux de sucre

 

 

« A Pierre Mariette

Au château de Ferney

2è janvier 1763 1

Je ne manquerai pas , monsieur, de faire tout ce qui dépendra de moi , dès que j'aurai lu le mémoire que vous voulez bien m'annoncer, et que sans doute vous me ferez parvenir contresigné .

Je suis attaché à M. Duverney depuis bien longtemps ; je lui ai obligation, je me croirai trop heureux d'engager mes amis à le servir, mais je sais qu'il n'en a pas besoin, et qu'il ne peut avoir un mauvais procès .

Vous n'auriez point sans doute reçu mon paquet 2 concernant des échanges que je fais avec l’Église, et qui exigent, je crois, une ratification du Conseil . Ce n'est qu'une simple affaire de forme . M. Damilaville vous a sans doute fait parvenir les pièces par la petite poste .

Vous acquérez beaucoup d'honneur, monsieur, en prenant la défense de l'innocence de Calas, et l'honneur dans votre noble profession 3, amène tôt ou tard la fortune .

Je vous supplie de m'envoyer votre nouveau mémoire pour les Calas dès qu'il sera imprimé . Il ne m'appartient point du tout d'écrire sur cette affaire ; c'est assez que j'aie obtenu que vous écriviez ; l'aventure des Calas donnera lieu sans doute à beaucoup d'écrits ; mais pour moi, j'ai rempli tous mes devoirs, en remettant leur cause entre vos mains .
Ne doutez pas , monsieur, que l'on ne vous présente un exemplaire de l'édition de Corneille ; je ne connais point l'édition de mes faibles ouvrages dont vous me parlez ; on en achève une actuellement, que j'aurai l'honneur de vous faire parvenir, si la chambre syndicale de Paris ne la vole pas en chemin .

J'ai l'honneur d'être parfaitement

monsieur

votre très humble et obéissant serviteur

Voltaire. »

1 Manuscrit original avec formule et signature olographes, contresigné « M. Simonnet » .

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