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19/06/2010

Rongez cet os là en attendant mieux, et continuez à m'aimer

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 http://www.ina.fr/divertissement/humour/video/CPC84050811...

 

 

 

« A Nicolas-Claude Thiriot [qu'il appelle "la trompette", V* dit souvent ce qui doit être répété]
chez madame de La Popelinière
rue de Ventadour à Paris
Aux Délices 19 juin [1755]

Voilà qui va fort bien, mon ancien ami, mais vous ne me dites pas comment il faut faire tenir le petit paquet [le manuscrit de La Pucelle corrigé]. M. Darget a un exemplaire détestable, et il ne devrait en avoir aucun. Il y a dans sa copie une quantité énorme de mauvais vers insérés par un nommé Tinois, moitié fou moitié poète que j'avais mené avec moi à Berlin. Il a vendu son maudit exemplaire cinquante ducats à un grand prince, et ce grand prince
[Henri, frère de Frédéric II] aurait bien fait de le jeter au feu.

Voici des vers qui sont de moi, et qui n'en sont pas meilleurs
. Rongez cet os là en attendant mieux, et continuez à m'aimer. »

 

18/06/2010

Je suis presque fâché de mourir quand je vois l'aurore du jour le plus heureux

"Je suis presque fâché de mourir quand je vois l'aurore du jour le plus heureux" : rassurez-vous, mourir n'est pas au programme pour moi (je vais faire attention avant de traverser la rue quand même !) et le jour heureux correspond à celui du vidage de nos guignols des pelouses sud-africaines .

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"Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir", voici ce que j'aurais bien vu écrit en grand sur la porte des chambres accueillant douillettement -beaucoup trop douillettement- ces chochottes de l'équipe de France de foot (je sais ! je sais ! pourquoi préciser le sport ! ) . Mais dès ce jour, ils vont pouvoir rentrer pantoufler et profiter de leur fric sans puiser davantage dans les caisses de la fédération .

Rama Yade , votre tacle était régulier !

Bachelot, Roselyne vous avez encore la vue courte et la myopie démagogique !   Les frais sont payés par la FFF , oui, certainement, mais qui fait rentrer des sous dans ses caisses ?

Je vous invite à voir l'article de Wikipedia sur le sujet : que lisez-vous à la rubrique "budget et financement" ?

- [modifier] ? c'est aussi mon avis, modifier !! Pour autant que je sache, une bonne partie de l'argent vient des jeunes et moins jeunes praticants qui payent leurs cotisations et licences à cette magnifique association à but non lucratif (loi 1901); une autre partie vient de subventions, donc des impôts de tous ordres, le footballeur de base payant donc deux fois pour gaver les instances dirigeantes et des Bleus qui baignent dans le fric à longueur d'année (les Bleus que je préfère ce sont bien sûr les Schtroumpfs  ) .

http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_fran%C3%A7aise_de_football#Budget_et_Financement

M. Domenech, vous et vos sélectionnés, vous entrez dans le livre des records de suffisance et inefficacité, ce qui ne surprend personne de lucide . Faites-vous oublier vite !

 

Revenons aux vraies valeurs de la vie : pour une amie très chère (et pour vous aussi aimables lecteurs ! ) : http://www.deezer.com/fr/#music/rhoda-scott


 

Par contre, souvenons-nous toujours de Volti et de sa pensée et ses actes autrement plus féconds .


« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

18è juin 1774

Mais mon cher ange, écrivez-moi donc. Ne me faites pas languir. Vous ne connaissiez pas le petit ouvrage De la Fatalité [de V* ; 1774, De la mort de Louis XV et de la fatalité]. J'en faisais peu de cas, et je ne savais pas qu'il eût produit un très grand bien.[V* écrivait le 17 à d'Hornoy qu'il lui envoyait « un petit écrit qui n'a pas peu contribué à faire inoculer quelques personnes »]

 

Est-il vrai qu'on a demandé au roi le retour de l'ancien parlement ?

 

Est-il vrai que M. le duc de Choiseul soit revenu ? n'aurait-il pas été plus beau et plus digne de lui de ne se point presser ?

 

Voilà de bons commencements . Je suis presque fâché de mourir quand je vois l'aurore du jour le plus heureux. Je vous ai écrit par M. Bacon [substitut du procureur général, sis Place Royale à Paris] . Vous recevez ce petit paquet par Mme de Sauvigny, et vous pourrez m'ouvrir votre cœur par la même voie. »

 

 

 

 

17/06/2010

Sans cette espérance je vous aurais conseillé de vous habiller de gaze.

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http://www.youtube.com/watch?v=DJ1yPz14LrU

"Coquin" de Cromvel, comme dit Volti, certainement pas dans le sens, ou plutôt "non-sense" envisagé par lui ; "drame barbare" : je pense que vous ne le verrez plus avec le même oeil !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« A Henri-Louis Lekain

 

17 juin [1764]

 

           J'ai vu, mon cher et grand acteur, ce jeune ex-jésuite auteur de ce drame barbare [le prétendu auteur du Triumvirat ! cf. lettre du 21 mai aux d'Argental]. Il dit qu'un opéra-comique est beaucoup plus agréable ; il prétend que ces trois coquins qu'on donne immédiatement après ce coquin de Cromvel [Cromwell, d'Antoine Maillet du Clairon, représenté le 7 juin 1764] révolteront le public, et que voilà trop de barbaries. Il dit qu'on mourra de chaud au mois de juillet, et que la pièce fera mourir de froid. Il dit qu'il ne faut aux Welches que de la tendresse. Je ne peux du pied des Alpes savoir quel est le goût de Paris. Je m'en rapporte à vous, et je vous plains de jouer la comédie pendant l'été. Heureusement votre salle est fraiche aux pièces nouvelles. Il est à croire que votre ex-jésuite en fera une belle glacière. Sans cette espérance je vous aurais conseillé de vous habiller de gaze.

 

            Je vous embrasse du meilleur de mon cœur.

 

                V.

 

 

 

Sérieux :doc sur Cromwell :

http://www.youtube.com/watch?v=gqMKiWCEkBM&feature=re...

 

Kamini, barbare moderne que je vais aller écouter et voir ce WE pour la fête de la musique à Prévessin ; quelle que soit la température, je pense qu'il saura la faire monter.

http://www.youtube.com/watch?v=OWgZu4WW64Q&feature=Pl...

 

 

 

16/06/2010

cet animal-là est un vilain gnome.

http://www.youtube.com/watch?v=7GN1I7M3yCc

 

« A François-Augustin Paradis de Moncrif


Je n'avais, mon cher sylphe,[Moncrif, auteur de Zélindor, roi des Silphes, 1745] supplié Mme de Luynes de présenter ma rhapsodie [poème La Bataille de Fontenoy] à la reine , que parce qu'il paraissait fort brutal d'en laisser paraître tant d'éditions sans lui en faire un petit hommage. Mais je vous prie de lui dire très sérieusement que je lui demande pardon d'avoir mis à ses pieds une pauvre esquisse que je n'avais jamais osé faire donner au roi.


Enfin Sa Majesté ayant bien voulu que je lui dédiasse sa bataille, j'ai mis mon grain d'encens dans un encensoir un peu plus propre, et le voici que je vous présente. C'est à présent que vous pouvez dire hardiment à la reine que cela vaut mieux que la maussaderie de notre ami le poète Roy [Discours au roi sur le succès de ses armes, 1745, de Pierre-Charles Roy, contenant ce vers : « Et suivant son caprice adjuger les lauriers »]. Je ne crois pas qu'aucun de ceux que j'ai si justement célébrés soit fort content que cet honnête homme ait dit en style d'huissier priseur que j'ai adjugé des lauriers selon mon caprice. Mais c'est une des moindres peccadilles de M. le chevalier de Saint-Michel. Mon aimable sylphe, cet animal-là est un vilain gnome.


Vale, je vous aime de tout mon cœur.


V.



Il a fait une petite satire dans laquelle il dit de moi :



Il a loué depuis Noailles

Jusqu'au moindre petit morveux

Portant talon rouge à Versailles.[i]







On débite cette infamie avec les noms de M. d'Argenson, Castelmoron et d'Aubeterre en notes.[V* précise que l'auteur de la satire a « mis en marge … les d'Aubeterre et les Castelmoron »]



Vous êtes engagé d'honneur à faire connaître à la reine ce misérable. Si je n'étais pas malade, j'irais me jeter à ses pieds. Je vous supplie instamment de lui faire ma cour. Comptez que je vous aimerai toute ma vie .



16 juin [1745] au soir »



i C'est ici,

La Requête du curé de Fontenoy au roi, en réalité de Jean-Henri Marchand . V* justifiait le 3 juin, à Cideville, son éloge de Noailles : «  Il était délicat de parler de M. le maréchal de Noailles, l'ancien du maréchal de Saxe, n'ayant pas le commandement. Les deux vers qui expriment qu'il n'est point jaloux, et qu'il ne regarde que l'intérêt de la France, sont un petit trait de politique …; ces allusions aux faits qu'on ne doit pas dire hautement, mais qu'on doit faire entendre, ce sont là … ces petites finesses qui plaisent aux hommes comme vous ... »

A écouter sans modération, seul ou (bien, très bien ) accompagné : http://www.musicme.com/Jordi-Savall/albums/El-Nuevo-Mundo-0885686072318.html
Par curiosité, voir : "petit morveux" avec maman à "talons rouges" : http://www.artabus.com/french/bardyn/bild0095a

15/06/2010

vous avez négligé l'esprit de la morale pour l'esprit de conquête




« A Frédéric II


[vers le 15 juin 1743]


Grand roi, j'aime fort les héros,

Lorsque leur esprit s'abandonne

Aux doux passe-temps, aux bons mots

Car alors ils sont en repos,

Et ils ne font de tort à personne.

J'aime César, ce bel esprit,

César dont la main fortunée

A tous les lauriers destinée,

Agrandit Rome, et lui prescrit

Un autre ciel, une autre année.

J'aime César entre les bras

De la maitresse qui lui cède ;

Je ris et ne me fâche pas

De le voir , jeune et plein d'appas,

Dessus et dessous Nicomède.

Je l'admire plus que Caton,

Car il est tendre et magnanime,

Éloquent comme Cicéron,

Et tantôt gai, tantôt sublime

Comme un roi dont je tais le nom.

Mais je perds un peu de l'estime

Quand il passe le Rubicon,

Et je pleure quand ce grand homme,

Bon poète et bon orateur,

Ayant tant combattu pour Rome,

Combat Rome pour son malheur.



Vous êtes plus heureux, Sire, après votre prise de la Silésie, que votre devancier après Pharsale. Vous écrivez comme lui des commentaires ; vous aimez comme lui la société ; vous en faites le charme ; vous m'envoyez des vers bien jolis [Frederic se moquait de V* dans une lettre du 21 mai car il avait fait une lettre à la platitude servile à Boyer pour entrer à l'Académie ; il lui envoyait aussi une préface de son Histoire de mon temps ] et une préface digne de vous, qui annonce un ouvrage digne de la préface. Je n'y puis tenir ; le côté de votre aimant m'attire trop fort, tandis que le côté de l'aimant de la France me repousse. S'il y avait dans la Cochinchine un roi qui pensât, qui écrivit et qui parlât comme vous, il faudrait s'embarquer et aller à ses pieds. Tous les gens qui ont une étincelle de goût et de raison doivent devenir des reines de Saba.



Je vous avouerai cependant , grand roi, avec ma franchise impertinente, que je trouve que vous vous sacrifiez un peu trop dans cette belle préface de vos Mémoires. Pardon, ou plutôt point de pardon ; vous laissez trop entrevoir que vous avez négligé l'esprit de la morale pour l'esprit de conquête.[dans ses Mémoires, V* écrira qu'il « eut soin de transcrire » l'aveu du roi et entre autres : « L'ambition, l'intérêt, le désir de faire parler de moi l'emportèrent ; et la guerre fut résolue » ; et il regrettera de lui avoir « fait retrancher ce passage »] Qu'avez-vous donc à vous reprocher ? N'aviez-vous pas des droits très réels sur la Silésie, du moins sur la plus grande partie ; et le déni de justice ne vous autorisait-il pas assez ? Je n'en dirai pas davantage ; mais sur tous les articles je trouve Votre Majesté trop bonne, et elle est bien justifiée de jour en jour. Votre Majesté est avec moi une coquette bien séduisante ; elle me donne assez de faveurs pour me faire mourir d'envie d'avoir les dernières. Quel temps plus convenable pourrais-je prendre pour aller passer quelques jours auprès de mon héros ? Il a serré tous ses tonnerres, et il badine avec sa lyre ; ici on ne badine point, et s'il tonne, c'est sur nous. Ce vilain Mirepoix est aussi dur , aussi fanatique, aussi impérieux, que le cardinal de Fleury était doux, accommodant et poli. Oh ! qu'il fera regretter ce bon homme ! et que le précepteur de notre dauphin est loin du précepteur de notre roi ! Le choix que Sa Majesté a fait de lui est le seul qui ait affligé notre nation; tous nos autres ministres sont aimés ; le roi l'est. Il s'applique, il travaille, il est juste, et il aime de tout son cœur la plus aimable femme du monde [future duchesse de Châteauroux]. Il n'y a que Mirepoix qui obscurcisse la sérénité du ciel à Versailles et à Paris ; il répand un nuage bien sombre sur les belles-lettres ; on est au désespoir de voir Boyer à la place des Fénelon et des Bossuet : il est né persécuteur. Je ne sais par quelle fatalité tout moine qui a fait fortune à la cour a toujours été aussi cruel qu'ambitieux. Le premier bénéfice qu'il a eu après la mort du cardinal vaut près de quatre-vint mille livres de rente ; le premier appartement qu'il a eu à Paris est celui de la reine, et tout le monde s'attend à voir au premier jour sa tête, que Votre Majesté appelle si bien une tête d'âne,[Boyer signait assez peu lisiblement « l'anc. évêq. de Mirepoix » et V* et Frédéric firent semblant de lire « l ' âne » au lieu de « l'anc. » et Boyer devint « l'âne de Mirepoix »] ornée d'une calotte rouge apportée de Rome.[il ne fut pas cardinal]



Il est vrai que ce n'est pas lui qui a fait Marie à la coque [c'est l'archevêque de Sens qui a écrit la Vie de la vénérable mère Marguerite-Marie Alacoque]; mais, Sire, il n'est pas vrai non plus que j'aie écrit à l'auteur de Marie à la coque la lettre qu'on s'est plu à faire courir sous mon nom ; je n'en ai écrit qu'une à l'évêque de Mirepoix, dans laquelle je me suis plaint à lui très vivement et très inutilement des calomnies de ses délateurs et de ses espions. Je ne fléchis point le genou devant Baal [dans cette lettre, V* se disait vrai catholique et reniait la plupart des Lettres philosophiques ! ]; et autant que je respecte mon roi, autant je méprise ceux qui, à l'ombre de son autorité, abusent de leur place, et qui ne sont grands que pour faire du mal.



Vous seul, Sire, me consolez de tout ce que je vois, et quand je suis prêt à pleurer sur la décadence des arts, je me dis : il y a dans l'Europe un monarque qui les aime, qui les cultive, et qui est la gloire de son siècle ; je me dis enfin : je le verrai bientôt, ce monarque charmant, ce roi homme, ce Chaulieu couronné, ce Tacite, ce Xénophon ; oui, je veux partir ; Mme du Châtelet ne pourra m'en empêcher ; je quitterai Minerve pour Apollon. Vous êtes, Sire, ma plus grande passion, et il faut bien se contenter dans la vie.



Rien de plus inutile que mon très profond respect, etc. »

14/06/2010

fait tout juste pour l'avide curiosité du public




 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu


Aux Délices près de Genève

14 juin [1756]


J'ai quelque orgueil, mon héros, de voir une partie de ma destinée unie à la vôtre. Il est assez plaisant que je sois auprès de vous l'homme le plus réellement intéressé à la prise de Port-Mahon : je me suis avisé de faire le prophète [dès le 3 mai, V* a écrit un « petit compliment »en vers en ajoutant dans la lettre en prose qu'il le croyait déjà vainqueur dans Port-Mahon ou qu'il le serait à la réception de la lettre]. Vous accomplirez sans doute ma prophétie. Elle est très claire. Il y en a eu jusqu'ici peu dans ce goût-là. Votre panégyriste est devenu votre astrologue. Par quel hasard faut-il que ma prédiction coure Paris avant que le maudit rocher de M. Blakney ne soit rendu [ce qui court, c'est, comme il l'apprendra plus tard, l'épître en vers où « la peau de l'ours » est un peu moins nettement vendue ; William Blakeney se rendra le 28 juin] ? Le même jour que j'ai reçu la lettre dont vous honorez votre petit prophète, j'ai appris que mon petit compliment était répandu dans Paris. C'est Thiriot la trompette qui me dit l'avoir vu et tenu, et même l'avoir désapprouvé. Il y a longtemps que je vous avertis que vous aviez probablement quelque secrétaire bel esprit qui rendait publiques les galanteries que je vous écrivais quelquefois. Je suis bien sûr que ce n'est pas moi qui ai divulgué ma prophétie, je ne l'ai certainement envoyée à personne qu'à mon héros. C'était un secret entre le ciel et lui . Thiriot fait quelquefois la cour à madame la duchesse d'Aiguillon. Si c'est chez elle qu'il a vu ma lettre, peut-être Mme d'Aiguillon n'en aura pas laissé prendre de copie; et en ce cas il n'y a que quelques lambeaux de publiés. Voyez, Monseigneur,comment notre secret a pu transpirer [aux d'Argental, il écrit le 2 juillet que c'est le gendre de Richelieu, le comte d'Egmont – avec lui à Port-Mahon – qui a envoyé l'épître à sa femme]. Je vous envoyai cette saillie par monsieur le duc de Villars, et je ne lui en fis pas confidence. Nul autre que vous au monde n'a vu la prédiction . Si vous l'avez fait lire à quelque profanateur de ces mystères, il n'y a pas grand mal. Vous me justifierez bientôt. Vous confondrez les incrédules comme les envieux. On verra bien que vous êtes un héros et que je ne suis pas un prophète de Baal [Baal = tous les faux dieux, dans la bible].


Au milieu des coups de canon vous soucierez-vous de savoir que La Beaumelle, qui s'est fait , je ne sais comment, héritier des papiers de madame de Maintenon, a fait imprimer quinze volumes, soit de lettres, soit de mémoires [Les Mémoires pour servir à l'histoire de Mme de Maintenon et à celle du siècle passé et Lettres de Mme de Maintenon, 1755-1756]? Ce ramas d'inutilités est relevé par un tas d'impudences et de mensonges [le 15 juin, à d'Argental : « Il y a eu quelques bons mémoires et il a noyé le peu de vérités inutiles que contiennent les mémoires de Dangeau, d'Hébert, de Mlle d'Aumale , dans un fatras d'imposture de sa façon »] qui est fait tout juste pour l'avide curiosité du public. Il y a quatre-vingt ou cent familles outragées. Voilà ce qu'il faut au gros des hommes. Je ne puis concevoir comment M. de Malesherbes a souffert et favorisé ce recueil de scandales [en fait édité en Hollande, et La Beaumelle sera embastillé en août]. Il y a parmi les lettres de Mme de Maintenon une lettre de M. le duc de Richelieu votre père qui certainement n'était pas faite pour être publique [peut être une lettre de juillet 1711 où le père de Richelieu parle de « la conduite outrée d'un fils qui ne peut être corrigée que par la sagesse et l'autorité d'un maître qui peut venir à bout de tout ce qui lui plait ». Le père du futur maréchal le fit effectivement embastiller]. Les termes qui vous regardent sont bien peu mesurés ; et il est désagréable que monsieur votre fils soit à portée de les voir. Il me paraît bien indécent de révéler ainsi des secrets de famille du vivant des intéressés.[le 15 mai, V* a fait interrompre l'impression du Siècle de Louis XIV par les Cramer : « … il faut … relever, la preuve en main, dans des notes au bas des pages du Siècle …, sans aucune affectation et par le seul intérêt de la vérité » les « mensonges très aisés à confondre » qu'on trouve à presque toutes les pages de ces prétendus Mémoires]


Mais après tout qu'importe qu'on attaque la conduite de M. le duc de Fronsac en 1715, pourvu qu'on rende justice à M. le maréchal de Richelieu et 1756 [Richelieu porta le titre de duc de Fronsac, jusqu'à la mort de son père en 1715]?


Prenez vite Mahon . Triomphez des Anglais et des mauvais discours. Je lève les mains au ciel sur mes montagnes [allusion biblique]; et je chanterai des Te Deum en terre hérétique.


V.


Mme Denis et moi sommes les deux Suisses qui aiment le plus votre gloire et votre personne. »

13/06/2010

Cette misérable édition court les provinces et les pays étrangers

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http://www.dailymotion.com/video/xdle1a_hallelujah-messia...

 

 

Ce jour est un beau jour !

"monsieurdevoltaire" et son auteur(e) LoveVoltaire reçoivent leur 10 000ème visiteur !!!

Comme indiqué, 100% de satisfaction pour tous ceux qui ont reçu cette Lumière mise en ligne par une personne lumineuse et attachante .

Plus fan de Volti qu'elle, tu meurs !

Soyez lui fidèle !

PS : mettre un commentaire est un encouragement pour le metteur en ligne, pensez-y !

 

 

 

 


« A Nicolas-René Berryer de Ramenoville

A Versailles ce 13 juin 1748



Je pense, monsieur, q
ue l'édition dont on vous avait parlé, il y a quelque temps, n'est point celle dont il est question ; mais c'est probablement une édition en six volumes faite à Trévoux, et que j'ai trouvée si mauvaise, si infidèle, et si pleine de fautes que j'ai supplié instamment M. Pallu [intendant de Lyon] de la supprimer autant qu'il pourrait. Cette misérable édition court les provinces et les pays étrangers avec beaucoup d'autres, et en cela il n'y a que du papier perdu. Voilà l'édition qui n'a pas mon approbation,[le 12, Ramenoville lui écrit :  « Il y a déjà du temps … qu'on m'avait prévenu du livre que vous m'annoncez dans votre lettre d'hier, et auquel on m'avait dit que vous ne donniez pas votre approbation ...»] mais celle dont je me plains, et que je défère à votre justice a toute mon indignation, et aura certainement la vôtre. Jamais rien n'a été imprimé de plus punissable. L'édition de Trévoux en 6 volumes est intitulée à Londres chez Nourse 1746 ; celle-ci porte : à Amsterdam par la compagnie.[édition prévue en 12 volumes in-12, imprimée à Rouen, publiée par le libraire Machuel en 1748] Voici , Monsieur, un petit mémoire que j'ai l'honneur de vous envoyer à ce sujet [Mémoire au sujet de l'édition en douze volumes faite à Rouen, avec le titre , Amsterdam par la Compagnie des libraires, ce mémoire étant joint à la lettre]. J'envoie le pareil à M. le comte de Maurepas, et j'attends vos ordres et les siens avant que de faire aucune démarche.

J'ai l'honneur d'être respectueusement,
Monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur,

Voltaire »