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12/01/2017

faites le moins de fautes que vous pourrez

... Est-ce trop vous demander, chers -hors de prix- candidats à la présidentielle ?

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Peut-être !

 

 

« A Gabriel Cramer

[janvier 1762] 1

Cicéron dit qu'il ne faut pas tant de beurre pour faire un quarteron . En vertu de cette belle maxime, il n'y a qu'à commencer tout à l'heure Pierre Corneille .

Monsieur Gabriel va redoubler d'activité , M. Philibert en aura, François V. continuera à griffonner, il n'y aura qu'à mettre quelqu'un auprès du gros Suisse, qui lui dira, Suisse, à chaque vers de la pièce qui est commenté, mettez une lettre, en commençant par A, en finissant par Z, et puis en recommençant, et portez le commentaire au bas de la page avec la même lettre .

Plus, Suisse, ne mettez jamais de grandes lettres qu'aux noms propres . Plus, point de maudits fleurons . Plus, faites le moins de fautes que vous pourrez ; et Dieu vous ait en sa sainte garde . »

1 La date est fixée approximativement par la mention , le 30 janvier, dans la lettre suivante , que « l'édition est commencée d'aujourd'hui » : voir lettre à Pinot Duclos : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1762-partie-4-122811448.html

 

11/01/2017

comme une petite fille qui ânonne sa leçon ?

... Où comme une ministre qui pète les plombs ?

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coi...

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« A Marie-Elisabeth de Dompierre de Fontaine

[vers le 15 janvier 1762] 1

Est-il vrai que la Dubois récite le rôle d'Atide 2 comme une petite fille qui ânonne sa leçon ?

Les Étrennes du chevalier de Molmire 3 ne paraissent pas vous être dédiées . Ne montrez le sermon du bon rabbin Akib qu'à d'honnêtes gens dignes d'entendre la parole de Dieu . Savez-vous que j'avais autrefois une pension que je perdis en perdant la place d'historiographe ? Le roi vient de m'en donner une autre sans qu'assurément j'aie osé la demander ; et M. le comte de Saint-Florentin m'envoie l'ordonnance pour être payé la première année . La façon est infiniment agréable . Je soupçonne que c'est un tour de Mme de Pompadour et de M. le duc de Choiseul . »

1 L'édition de Kehl nous donne ici sans doute un fragment (voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1762-partie-3-122795461.html ); les deux paragraphes donnés ici avaient été incorporés par les éditeurs de Kehl à la lettre du 1er avril 1761 à Mme de Fontaine : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2016/03/20/voyant-que-son-roman-ne-reussissait-pas-s-est-avise-de-faire-5776958.html

2 Dans Zulime .

 

Ces Étrennes à ce que je vois, ne vous sont pas adressées

... Trop tard ! Trop peu !

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 Vingt sous !

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

[vers le 15 janvier 1762] 1

Je vous renvoie mon cher et grand philosophe Les Étrennes de M. le chevalier de Molmire 2. Elles m'ont assez amusé . S'il y a quelque chose de nouveau dans ce goût-là, je vous supplie de vouloir bien m'en faire part . Ces Étrennes à ce que je vois, ne vous sont pas adressées mais quelquefois vous rencontrerez dans votre chemin des gens à qui elles appartiennent de droit . Je vous recommande toujours ces messieurs, et je compte sur votre amitié . »

1 Manuscrit olographe ; mention d'éditeur « comm. de janv[i]er 1762 », changé en « 1761 » , non publiée.

2 Les Chevaux et les Ânes ou les Etrennes aux sots, 1761, voir lettre de novembre-décembre 1761 à Cramer : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2016/12/02/songez-aux-etrennes-pour-les-sots-5882033.html

 

le roi veut payer les décorations du théâtre

... Traduction 2017 : le président de la république se paye des futurs alliés/employeurs par distribution de décorations plus ou moins imméritées ( les plus superflues étant les plus rentables ? ); le théâtre politique républicain n'a rien à envier au grand Guignol de mon enfance .

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« A David-Louis Constant de Rebecque, seigneur d'Hermenches

Vous voyez monsieur que le roi veut payer les décorations du théâtre de Ferney . Il est vrai que je ne m'attendais pas à cette galanterie . La façon m'en est bien sensible mais je suis encore plus touché de la bonté que vous avez de venir embellir Ferney avec madame d'Hermenches, et d'en faire tous les plaisirs . Comptez sur le tendre et inviolable et très respectueux attachement de votre très humble et très obéissant serviteur .

V.

Délices 15 [janvier 1762].1 »

1 Date donnée d'après l'allusion à la pension d'historiographe du roi .

 

10/01/2017

Je vous prophétise donc de plus grandes choses qui mettront le comble à la gloire de votre nation, et qui seront une belle réponse à celui qui prétendait que le mot honneur ne se trouvait pas dans votre langue

... Que ces paroles prennent corps sans tarder pour la France !

Quant à celui qui etc. , je ne veux pas en entendre parler , que sa bêtise l'étouffe .

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S'améliorer peut commencer ainsi ...

 

 

« A Ivan Ivanovitch Schouvalov

Aux Délices près de Genève 14 janvier 1762 1

J'ai reçu aujourd'hui à la fois la lettre dont vous m'honorez en date du 27 novembre, et celle du 7 décembre d'un seigneur de votre nom qui paraît animé de votre esprit, et bien digne d'être votre parent . J'ai rendu à M. de Soltikof les lettres dont vous m'avez bien voulu charger pour lui et pour le gentilhomme qui est à Genève . Comme j'ignore les titres de la personne de votre nom qui m'a fait l'honneur de m'écrire souffrez monsieur que je mette ma réponse dans le paquet de Votre Excellence .

Je présume que vous avez reçu le paquet dont j'eus l'honneur de vous donner avis par ma dernière . Je l'adressai à M. le comte de Caunits à Vienne pour plus de sûreté ne sachant pas si M. le comte de Czernishef 2 était encore à Vienne . C'est à M. de Czernishef que j'envoie cette lettre en l'avertissant en même temps de l'envoi que j'ai pris la liberté de faire à M. le comte de Caunits . M. de Czernishef étant votre ami, cette voie sera désormais celle dont je me servirai .

Il me semble monsieur que je vous avais fait mon compliment sur la conquête de Colberg un peu avant que cette place fût prise par vos armes victorieuses 3. Si on me reproche quelques méprises sur les événements passés, vous voyez que je ne prédis pas mal l’avenir, et que mon vrai métier est d’être prophète. Je vous prophétise donc de plus grandes choses qui mettront le comble à la gloire de votre nation, et qui seront une belle réponse à celui qui prétendait que le mot honneur ne se trouvait pas dans votre langue. Il me semble que vous avez l’honneur de la victoire, de la conduite, de la magnanimité, de la probité ; et je doute que celui qui vous a outragés ait un dictionnaire pareil pour son usage. J’ignore quel est cet écrivain ; mais c’est à lui à corriger son livre.

Pour le premier tome de Pierre-le-Grand, soyez sûr, monsieur, qu’il sera conforme à toutes vos vues, après mes petites représentations.

Je n’ai de place que pour vous assurer du tendre respect que je conserverai toute ma vie pour Votre Excellence

V. »

1 L'édition Lettres inédites, 1818, omet la première moitié de la lettre, ainsi que les éditions suivantes (voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1762-partie-2-122782110.html ) . Les deux lettres auxquelles se réfère V* sont, l'une , de Schouvalov, du 27 novembre 1762 [8 décembre n.s.], l'autre du comte Andreï Petrovitch Schouvalov, du 7 décembre 1762 [18 n.s.] ; toutes deux concernent en particulier la souscription à l'édition du théâtre de Pierre Corneille .

Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andre%C3%AF_Petrovitch_Chouvalov

 

09/01/2017

Je me trouve entre la France, l'Allemagne et l'Italie, à portée d'être instruit le premier de toutes les sottises qu'on fait en Europe

... C'est vous dire que les nouvelles quotidiennes ne manquent pas, à prendre ou à laisser, à laisser d'ailleurs le plus souvent .

Voici un illustre inconnu ,-- Martin Schultz, président du parlement européen --,à qui vous pouvez posez moult questions, et vous risquez (je dis bien risquez ) d'avoir quelques réponses après moult réunions de commissions parlementaires et faramineux  gaspillage de temps et papier , la montagne européenne accouchant souvent d'une souris quand elle ne fait pas de fausse-couche .

 Martin Schulz en 2014.

 

 

« A Etienne de Champflour 1

14è janvier 1762, par Genève, aux Délices

Je ne regarde point du tout votre lettre 2, monsieur, comme un compliment du jour de l'an ; elle m'est précieuse ; vous me serez toujours cher, et je désirerai toujours infiniment de vous revoir . Je ne manque jamais de m'informer de vous à tous ceux qui viennent d’Auvergne ; ils savent combien je m'intéresse à vous, à votre fortune, à tout ce qui peut vous intéresser . Je m'imagine qu'on peut être très heureux au pied des montagnes d'Auvergne, car je vous assure que je le suis beaucoup au pied des Alpes . Je passe mes hivers auprès de Genève, et les autres saisons dans des terres assez agréables sur la frontière . On ne peut avoir une position plus convenable à mon goût . Je me trouve entre la France, l'Allemagne et l'Italie, à portée d'être instruit le premier de toutes les sottises qu'on fait en Europe . Je vous demande pardon de vous en dire tant, mais les vieillards aiment à parler . Ce que j'aime bien davantage, c'est de vous assurer des sentiments inviolables avec lesquels je serai toute ma vie, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur .

Voltaire. »

2 Cette lettre ne nous est pas parvenue .

 

Mon cher président, je ne suis point paresseux mais j’ai été accablé

... par vos déclarations/déclamations qui me coupent les bras et ne me laissent point de jambes , homme tronc devenu, malheureusement, je ne suis pas de bois et ne possède aucune fente susceptible de laisser introduire la moindre piécette dans ledit tronc , tout au contraire, pour vous alimenter vous m'avez raclé l'écorce (comme dit mon percepteur " on ne peut plus tondre un oeuf"), ça suffit .

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« A Germain-Gilles-Richard de Ruffey

à Dijon

Mon cher président, je ne suis point paresseux mais j’ai été accablé de vers et de prose . Perrin Dandin avait moins de sacs 1. Mon cœur vous a écrit mille fois mais sa main n'a pu encore faire un mot de lettre . Pardonnez-moi je vous en prie .

J'ai été très sensible à la mort de Mme de Brosses 2. Elle était fille d'un homme que j'avais aimé depuis l'âge de sept ans et qui ne m'eût jamais fait un procès pour six voies de bois . J'aurais même écrit au veuf, si le veuf pouvait recevoir mes compliments sans rechigner . J'ai été très fâché contre lui mais je n'ai point de rancune . Je n'en aurai pas même contre ce président Lefranc de Pompignan s'il veut promettre de ne plus ennuyer le public .

Le parlement ne doit plus songer à son procès contre les États 3. Il s'unira avec eux pour donner au roi un beau vaisseau . Je me flatte que mon petit pays de Gex y contribuera pour un cordage . Mais j'aime encore mieux un bon carrosse pour aller vous voir si Corneille m'en laisse le temps , et si je peux avoir la consolation de vous embrasser .

V.

Aux Délices 13 janvier [1762] »

1 Allusion qui vaut autant pour le Perrin Dandin des Plaideurs, de Racine, que celui de Rabelais .

3 Le parlement de Bourgogne avait intenté une procédure contre l'ancien secrétaire du parlement Varenne de Béost , qui avait appelé directement au conseil des finances dans une affaire de taxation que le parlement considérait comme de son ressort . Voir : http://data.bnf.fr/13190639/jacques_varenne_de_beost/