08/08/2026
supposant que nous sommes instruits de tout, ils ne nous apprennent rien
... Effectivement, c'est bien connu, nul n'est sensé ignorer la loi ! Circulez, il n'y a rien à voir ! C'est bien là ce qu'on peu penser des candidats à la présidence qui rabâchent des programmes stéréotypés : "je suis le meilleur, celui qu'il vous faut, et les autres sont des incapables, vive moi, vive moi, votez pour moi !"
« A Pierre-Michel Hennin
[31 décembre 1770]
Tous nos correspondants welches nous mandent aujourd’hui que c’est grand dommage ; mais supposant que nous sommes instruits de tout, ils ne nous apprennent rien . Nous ne savons pas qui est nommé 1.
Si le plus aimable des résidents en sait quelque chose, il nous fera grand plaisir de nous le dire, afin qu’on sache à qui s’adresser. »
1 Voir réponse de Hennin : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8156
Ce jour même, selon Dupan, V* pensait que Paulmy recevrait les Affaires étrangères, Muy la Guerre, et d'Aiguillon la Marine . En fait, Choiseul fut remplacé à la Guerre par Louis-François, marquis de Montagnarde, et , en juin 1771 ,par le duc d'Aiguillon ( Affaires étrangères ) ; Praslin ( Marine, Colonies, etc. ) par Pierre-Etienne-François Bourgeois de Boynes, le duc de La Vrillière, précédemment comte de Saint-Florentin, gardait la maison du Roi, les Affaires ecclésiastiques, etc. L'office de « grand maître et surintendant général des Courriers, Postes et Relais de France » qui appartenait aussi à Choiseul, fur supprimé, et les fonctions réparties entre les intendants, dont le nombre passa de deux à trois . Ne restait à Choiseul, pour peu de temps, que le régiment des gardes suisses ; voir lettre du 31 décembre à la duchesse de Choiseul : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/05/je-vous-enverrai-tout-ce-qu-il-y-aura-de-nouveau-et-qui-pour-6604123.html
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07/08/2026
Un mot d’un seul homme suffit pour déranger les idées de cent mille citoyens
... Constat qui doit être réévalué de nos jours . Ce sont maintenant des millions d'humains qui épousent telles ou telles idées, laïques , politiques ou religieuses , avides qu'ils sont d'être guidés selon leurs goûts par des modèles beaux parleurs . Quel monde ridicule nous bâtissons à la suite des "influenceurs" qui prolifèrent, où il n'y en a qu'un pour un million qui tienne la route utilement . Et voilà l'Ia qui leur fourni un outil à bourrer les cranes de stupidités , l' "intelligence" au service du crétinisme, nous sommes désormais bien lotis !
« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin fils, Avocat
en Parlement
à Saint-Claude
31è décembre 1770 1
Mon cher philosophe, voici le cas d’exercer sa philosophie.
Æquam memento rebus in arduis servare mentem, non secus in bonis.2
Vous savez peut-être déjà que M. le duc de Choiseul est à Chanteloup pour longtemps, et qu’il ne rapportera point l’affaire des esclaves 3, qui peut-être ne sera point rapportée du tout. Il en sera de même de votre pauvre curé. Un mot d’un seul homme suffit pour déranger les idées de cent mille citoyens. Heureux qui vit tranquille et ignoré !
L'ermite de Ferney V. »
1 Original ; ; éd. Kehl ; voir la lettre du 28 décembre 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/03/je-vous-remercie-des-taxes-en-cour-de-rome-6603823.html
2 Horace., lib. II, Odes. 3., V. 1-2 : Souviens-toi de conserver une âme non moins égale dans l'adversité que dans la prospérité .
3 L’affaire des serfs de Saint-Claude ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome28.djvu/363
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06/08/2026
Je vous enverrai tout ce qu’il y aura de nouveau et qui pourra vous amuser quelques moments
...

Voltaire bien sûr !
« A Louise-Honorine Crozat du Châtel, duchesse de Choiseul
31 décembre 1770 1
Madame,
Je parie que vous avez l’âme plus forte que moi. Mais vous êtes malade, vous devez être accablée d’affaires. On dit que vous avez une santé faible, et que la nature ne vous a donné de force que celle de l’esprit. Je voudrais être sous-secrétaire des suisses 2 pour être auprès de vous, pour vous faire voir à tout moment que mon cœur est pénétré de la reconnaissance qu’il vous doit. Je n’ai que peu de jours à vivre, mais ces jours vous seraient consacrés. Je suis à vos ordres au milieu des neiges. Je vous enverrai tout ce qu’il y aura de nouveau et qui pourra vous amuser quelques moments ; mais surtout, madame, ayez grand soin d’une santé si précieuse à tous ceux qui ont des yeux et des sentiments.
Agréez ma reconnaissance, qui certainement n’est point en paroles, mon inviolable attachement et mon très sincère respect.
L’ermite du mont Jura. V. »
1 Le manuscrit olographe a été inséré par Claude-Joseph Clos en face de la page 424 du vol. LXI de son exemplaire de l'édition de Kehl ; le tout fut finalement acquis par Quaritch, Sotheby le 1er juillet 1895 ; éd. Du Deffand :
Correspondance complète de la marquise du Deffand avec la duchesse de Choiseul, etc., publiée par le marquis de Sainte-Aulaire, tome Ier, page 300.
2 L’abbé Barthélemy était secrétaire des suisses, dont le duc de Choiseul était colonel général.
Choiseul était encore pour peu de temps colonel du régiment des Suisses . Voir lettre du 31 décembre à Hennin : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8155
et lettre de Hennin : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8156
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05/08/2026
les supplices des méchants doivent être utiles à la société, et [qu’]un pendu n’est bon à rien
... Et il a fallu plus de deux siècles pour que la peine de mort soit abolie !
« A Louis Philipon de La Madelaine, etc.
à Besançon 1
Monsieur,
Vous m’avez envoyé un ouvrage 2 dicté par l’humanité et par l’éloquence. On n’a jamais mieux prouvé que les juges doivent commencer par être hommes, que les supplices des méchants doivent être utiles à la société, et qu’un pendu n’est bon à rien. Il est vrai que les assassinats prémédités, les parricides, les incendiaires, méritent une mort dont l’appareil soit effroyable 3. J’aurais condamné, sans regrets, Ravaillac à être écartelé ; mais je n’aurais pas livré au même supplice celui qui n’aurait voulu ni pu donner la mort à son prince, et qui aurait été évidemment fou. Il me paraît diabolique d’avoir arquebusé loyalement l’amiral Byng pour n’avoir pas fait tuer assez de Français 4. La mort de la maréchale d’Ancre, du maréchal de Marillac, du chevalier de La Barre, du général Lally, me paraissent… ce qu’elles vous paraissent.
Je me sens le très obligé de quiconque écrit en citoyen : ainsi, monsieur, je vous ai plus d’obligation qu’à personne.
J’ai l’honneur d’être avec toute l'estime que vous méritez, et avec bien de la reconnaissance,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
V.
28è décembre 1770. 5»
1 Louis Philipon de La Madelaine, né à Lyon en octobre 1734, avocat du roi au bureau des finances à Besançon en 1770, est mort à Paris le 19 avril 1818 ; auteur de quelques pièces de théâtre et d’autres ouvrages.
2 M. Philipon avait envoyé à M. de Voltaire son Discours sur la nécessité et les moyens de supprimer les peines capitales : 1770, in-8° de soixante pages. (Kehl.)
3 On voit que V* limite étroitement la réduction de la peine capitale et demande même, pour les crimes prémédités un châtiment exemplaire .
4 On se souvient que le seul spectacle auquel assistait Candide en Angleterre était celui de l'amiral Bing tué « en cérémonie » parce qu’il »n'a pas fait tuer assez de monde » (chap. XXIII : https://fr.wikisource.org/wiki/Candide,_ou_l%E2%80%99Optimisme/Garnier_1877/Chapitre_23 )
5 Ce même 28 décembre, Mme Denis fait partir avec le courrier de V* une lettre adressée à Michel Hennin . Mme Denis recommandait comme portier à Hennin le nommé « Dusemetière » (Ducimetière), un « fort honnête garçon » et ajoutait : « Comment vous portez -vous ? Comment se portent monsieur et madame Le Gendre ? Aurez-vous le courage de venir voir de francs campagnards qui vous sont bien attachés ? Le patron se porte à merveille, il est plus gai que jamais, et aura l'honneur de vous voir toujours avec grand plaisir . »
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04/08/2026
Ce polisson a trouvé le secret de faire rire de pitié en inspirant de l'horreur
... "Les" polissons du conflit oriental, sans exceptions, sont tous détestables et sujets de moqueries justifiées ( avant que d'en pleurer ).

https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&hs=0...
« A Pierre-Firmin de Lacroix
Avocat en Parlement
à Toulouse
28è décembre 1770 à Ferney
Votre mémoire pour Sirven 1 , monsieur, est aussi persuasif qu’éloquent : nous verrons si la justice sera juste . Je puis vous assurer que le public le sera . Qui ne frémirait d'indignation en lisant les conclusions de ce procureur fiscal Trinquet qui requiert qu'on bannisse du village une famille dûment atteinte et convaincue de parricide ? Ce polisson a trouvé le secret de faire rire de pitié en inspirant de l'horreur .
L'archevêque de Toulouse se défend beaucoup d'avoir persécuté l'abbé Audra . Il dit qu'il avait voulu le servir, et que l'abbé ne voulut jamais entendre à ses propositions 2.
Agréez , monsieur, les protestations de ma reconnaissance, de mon estime, et de mon attachement.
V. »
1 Firmin de La Croix : Mémoire pour le sieur Pierre-Paul Sirven […] appelant contre les consuls et communauté de Mazamet, 1770 . La Croix avait annoncé à V* dans une lettre du 23 août1769 qu'il travaillerait à ce mémoire pendant l'automne 1769 .
Voir : https://tolosana.univ-toulouse.fr/fr/notice/044283725
2 Cet alinéa lourdement biffé sur la copie Beaumarchais-Kehl figure pourtant dans les éditions .
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03/08/2026
Je vous remercie ... des taxes en cour de Rome
... Voyons voir, comme dit l'autre, à l'heure où l'on pense plus à se dorer la pilule recto-verso sur une plage qu'à redorer son compte ne banque, s'il vaut mieux être en France qu'en Italie ou inversement : petit guide non dénué d'intérêt(s) https://www.kersmont.com/expatriation-italie/
Alors ciao Emmanuel, buongiorno Giorgia ?
« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin
Je vous remercie, mon cher philosophe, des taxes en cour de Rome autant que des gélinottes . Vous me ferez grand plaisir de me prêter ce livre de M. Le Pelletier 1. Je vous le renverrai après en avoir fait mon profit .
J'écris à M. Philipon 2 . Je présenterai ma requête pour votre curé au nom de son père , mais il me paraît essentiel de savoir préalablement de quoi on accuse ce pauvre prêtre .
Bonsoir mon cher philosophe .
V.
28è décembre 1770. 3»
1 Jacques Le Pélissier, Instruction très facile et nécessaire pour ceux qui veulent obtenir de cour de Rome toutes sortes d'expéditions, 1677, etc. : https://books.google.fr/books?id=ZweBt3hsrzUC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
C'est le livre dont V* tira le tarif des bulles, dispenses et absolutions qu'il donne dans l'article « Droit canonique » des Questions sur l’Encyclopédie .
2 Lettre du même jour : https://archives.bge-geneve.ch/ark:/17786/vta99db098ec0edaac1/dao/0/1?id=https%3A%2F%2Farchives.bge-geneve.ch%2Fark%3A%2F17786%2Fvta99db098ec0edaac1%2Fcanvas%2F0%2F1
3 Original ; éd. Kehl qui rattache une partie de la présente lettre à la fin de celle du 31 décembre .
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02/08/2026
Je ne peux m’empêcher de vous dire que vous m'avez infiniment affligé . Je n'ai point mérité cette dureté de votre part
... C'est du Donald Trump tout pur ? Il n'en finit pas de dire tout et son contraire dans le marais oriental et , bien sûr, de ne supporter aucune critique : https://www.lemonde.fr/international/live/2026/08/02/en-d...
« Au cardinal François-Joachim de Pierre de Bernis
A Ferney 28 décembre 1770
Je vois, monseigneur, par votre lettre à l'académie de Marseille 1 que vous êtes mon protecteur . Mais j'ai vu que votre silence sur la colonie que j'ai établie que vous ne me protégez point du tout . Je ne peux m’empêcher de vous dire que vous m'avez infiniment affligé . Je n'ai point mérité cette dureté de votre part ; je m'en plains à vous avec une extrême douleur .
Vous avez cru apparemment que ma colonie n’était qu'une licence poétique . C'est pourtant une colonie très réelle et très considérable, composée de trois fabriques protégées par le roi, et singulièrement par M. le duc de Choiseul 2 . Elles réussissent toutes . Il n'y a point d’ambassadeur qui ne se soit empressé de nous procurer des correspondances dans les pays étrangers . Vous êtes le seul qui non seulement n'avez pas eu cette bonté, mais qui ait dédaigné de répondre 3 . Que vous en coûtait-il de faire dire un mot au consul de France que vous avez à Rome ? J'attendais cette grâce de la bienveillance que vous m'aviez témoignée, et de l'ancienne amitié dont vous m'honoriez . Vous faites descendre canos meos cum moreore ad inferum 4.
Je ne devrais pas vous faire des reproches, mais je ne suis pas glorieux . Si vous aviez voulu pour vous ou pour quelque-uns de vos amis quelque jolie montre aussi bonne que celles d'Angleterre, et qui aurait coûté la moitié moins, vous l'auriez eue en dix jours par la poste de Lyon .
Que Votre Éminence agrée s'il lui plaît, le respect et l'extrême colère de l'ermite de Ferney .
V... »
1 Cette lettre n’apparaît pas dans les œuvres de Bernis .
2 La nouvelle de sa disgrâce n’avait manifestement pas encore atteint Ferney .
3 En fait Bernis avait écrit le 19 décembre et expliqué brièvement les raisons de son abstention : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k718972/f316.image.r=19%20decembre
4 Mes cheveux blancs aux enfers avec affliction ; c'est une réminiscence de la Genèse XLIV, 29 : https://www.biblegateway.com/passage/?search=Gen%C3%A8se%2044&version=LSG
09:28 | Lien permanent | Commentaires (0)

