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12/01/2026

la vérité et la liberté, deux choses excellentes, qui ont trouvé jusqu’ici peu d’asile chez les hommes

... Rude constat . 

 

 

« A Joseph-Gaspard Dubois-Fontanelle

à Deux Ponts

23 juillet [1770] 1

Votre lettre, monsieur, réjouit un vieux malade. Je vois que vous aimez la vérité et la liberté, deux choses excellentes, qui ont trouvé jusqu’ici peu d’asile chez les hommes. Vous en jouissez sous la protection d’un prince 2, ce qui est encore plus rare.

Je crois que votre journal 3 se distinguera de la foule de tous ceux dont l’Europe est remplie. Tous vos extraits m’ont paru très bien faits. On vous aura déjà dit probablement qu’en changeant une lettre à votre nom, on pourra vous prendre pour celui qui faisait si bien les extraits de l’Académie des sciences 4.

On ne peut être plus sensible que je le suis aux faveurs que vous me faites. J’ai l’honneur d’être avec toute l’estime que vous méritez, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.»

1 Jean-Gaspard Dubois, connu sous le nom de Fontanelle, né à Grenoble le 29 octobre 1737, mort le 15 février 1812, auteur d’Éricie ou la Vestale (voyez tome XLVI, page 147), d’un Cours de belles-lettres, 1813, quatre volumes in-8°. Il venait d’établir à Deux-Ponts une Gazette universelle de politique et de littérature.

Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Gaspard_Dubois-Fontanelle

2 L’Électeur palatin.

3 Fontanelle était le rédacteur chef de la Gazette universelle de politique et de littérature, communément appelée la « Gazette de Deux-Ponts ».

10/01/2026

On me mande que tout le fond  de ce qu’on dit de lui est vrai

... Ali Khamenei : guide suprême ! Mahomet tu dois avoir honte, Allah te joue vraiment un sale tour de te fournir un tel représentant .

Despote et assassin de son peuple , lanceur de fatwas, pourri au-delà du possible et lâche outre-mesure : vieux birbe, tu taches le monde, qu'on t'efface vite . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestations_de_2025-2026...

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"Vieille charogne !" comme dit ma grand-mère

 

 

« A François-Louis-Claude Marin 1

22 juillet [1770]

J’ai reçu, mon cher correspondant, les anecdotes manuscrites 2. Il y en a plusieurs que j’avais déjà dans mes paperasses, et dont je n’ai point fait usage dans l’Histoire de la Russie, parce qu’elles étaient fort suspectes, et très contraires aux mémoires que l’impératrice Élisabeth m’avait fait remettre. Il y en a quelques-unes dans votre manuscrit qu’il faudra beaucoup adoucir, car assurément je ne veux pas déplaire à ma Catherine, qui venge l’Europe de l’insolence des Turcs 3.

Je voudrais qu’on vengeât le public d’un Fréron. On me mande que tout le fond 4 de ce qu’on dit de lui est vrai. Si, cela est, il faut donc le pilorier avec saint Billard et saint Grizel. Vous me feriez plaisir de m’instruire de tout ce que Thieriot a pu omettre, car je suis très curieux 5

Je tâcherai, mon cher correspondant, de vous avoir le meilleur parti possible de vos historiettes russes, et de tout ce que vous m’enverrez. Je suis à vous sans réserve. Je vous prie de m’envoyer la demeure de Jean-Jacques Rousseau 6. »

2  De Christoph Hermann Manstein ; sur ses Mémoires,quoique écrits en français, publiés d'abord en anglais par David Hume sous le titre Memoirs of Russia, historical, political and military, from the year 1727 to 1744, 1770 : https://archive.org/details/bim_eighteenth-century_memoirs-of-russia-histo_manstein-cristof-herman_1770 .

Voir la lettre du 9 novembre 1757 à Claude-Etienne Darget : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1757/Lettre_3447

V* reviendra sur ce sujet dans les lettres du 24 octobre 1770 et 10 novembre 1770 .

3 Phrase notable pour juger du degré d'objectivité de V* historien .

4 Les Anecdotes sur Fréron .

5 Jointe à d'autres indications, une phrase comme celle-ci suggère que Marin était un des agents de V* les plus actifs à Paris . Il est curieux que la plupart de ses lettres aient disparu .

6 C'est Hôtel Saint Esprit, rue Plâtrière, à Paris .

ma tête, qui n’est pas plus grosse que celle d’un lapin, m’a un peu tourné. Il faut digérer et avoir une grosse tête... pour diriger les têtes des autres

... Trump , président du clapier, bon appétit tête d'âne, c'est bien toi qui est suivi bêtement par quelques millions de sans raison . Souviens-toi que plus tu restes plus tu approches de la casserole et que ta peau ne vaut pas un pet de lapin .

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« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

22 juillet 1770

Mon cher ange, il y a longtemps que je ne vous ai écrit ; la raison en est qu’étant très malade, quoi qu’on die, et ayant une assez nombreuse colonie à conduire, ma tête, qui n’est pas plus grosse que celle d’un lapin, m’a un peu tourné. Il faut digérer et avoir une grosse tête pour bâtir des maisons et des comédies, et pour diriger les têtes des autres.

Je suis donc très malade, vous dis-je, malgré les calomnies de Pigalle, qui répand partout que je me porte bien.

Je vous avertis qu’il faudrait jouer Le Dépositaire 1 avant qu’on piloriât saint Grizel et saint Billard ; car, quand ils seront piloriés, la pitié succédera dans les cœurs à l’indignation, et ce qui aurait été plaisant pourra passer pour cruel . Mais, comme messieurs du clergé, que Grizel confessait, ne se sépareront pas sitôt, je laisse le tout à votre prudence, et je vous enverrai, quand il vous plaira, Le Dépositaire de l’abbé de Châteauneuf, et la Sophonisbe de M. Lantin, pour mettre avec L’Écossaise de M. Jérôme Carré.

Il me paraît que vos ambassadeurs ne font pas grand cas de nos montres de Ferney ; cependant je compte qu’il y en aura une incessamment avec le portrait du comte d’Aranda, qu’il faudra bien que monsieur l’ambassadeur d’Espagne prenne 2. J’ai reçu de mon mieux le prince Pignatelli, son fils 3, malgré mes maux, ma misère, et ma colonie.

Le beau-frère de Fréron 4 me persécute toujours pour lui faire avoir justice ; mais je ne sais ce que c’est que son affaire. Ce beau-frère me paraît un bavard ; et d’ailleurs on dit qu’il suffit d’être allié de Fréron pour ne valoir pas grand’chose.

Lekain nous a envoyé trois grandes lettres pour avoir deux copies de mon visage en plâtre. Je lui réponds par un petit billet 5, que je vous prie de lui faire tenir . On n’a pas de visage de plâtre si aisément qu’il le pense.

Je ne sais, mon cher ange, si vous êtes à Paris ou à Compiègne. Supposé que ce soit à Compiègne, je vous supplie de communiquer à M. le duc de Choiseul mon étonnement, dont je ne suis pas encore revenu. J’avais pris la liberté d’envoyer sous son enveloppe, en Espagne, une caisse des ouvrages de ma manufacture. Il daigna se charger de la faire passer par la poste à Bordeaux, et de l’adresser à un patron de vaisseau pour la rendre à Cadix ; et voici qu’il m’envoie lui-même le reçu du patron ; mon protecteur devient mon commissionnaire. Mons. de Louvois n’aurait pas fait de ces choses-là ; aussi je l’aime autant que je hais mons. de Louvois.

Il a fait encore bien pis ; il a acheté de nos montres pour le compte du roi. Nos émigrants l’adorent, et j’en fais tout autant. Il fera de notre petit pays, jusqu’à présent inconnu, un pays charmant. Mais que dites-vous de moi, qui risque de me ruiner pour établir chez moi des familles genevoises ? L’ingénieur du roi de Narsingue 6 n’y faisait œuvre. Je sens bien que cela est un peu ridicule à mon âge et avec mes maladies.

 

Un octogénaire plantait.
Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge !7

À quelque âge que ce soit, radoteur ou non, je serai tendrement attaché à mes deux anges jusqu’au dernier moment de ma drôle de vie.

Mme Denis se joint à moi pour vous dire les mêmes choses. Ce n’est pas qu’elle radote comme moi, elle n’en est pas là, mais elle vous aime comme moi. »

1 L'édition Besterman omet « Le Dépositaire » qu'on trouve dans l 'édition Garnier .

2 Fuentès, comme le dit Besterman, ou encore le marquis d'Ossun ; voir lettre du 16 juillet 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/01/05/les-emigrants-qui-ont-etabli-cette-manufacture-sont-des-gens-6577798.html

3 Luis Pignatelli, duc de Solférino, fils de Juan Joaquin Atanassio Pignatelli de Aragon, comte de Fuentès, ambassadeur à Paris . La comtesse d'Egmont-Pignatelli avait annoncé sa visite à V* par une lettre du 17 juin 1770.

4 Royou ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome24.djvu/199

La suite montre que V* commence à se méfier du personnage qui effectivement était digne de la plus grande méfiance .

5 Il manque.

6 Voir la note 1 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome24.djvu/242

Un passage du Rescrit de l'Empereur de la Chine montre que V* pense ici à Maupertuis ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome24.djvu/241 .

N'y faire œuvre signifie «  y perdre son latin ».

7 La Fontaine, Le vieillard et les Trois Jeunes Hommes : https://www.la-fontaine-ch-thierry.net/vieil3jom.htm

 

des situations dignes de vous

... A vous de jouer ! La chasse aux bonnes résolutions est ouverte , dry january ou pas .

 

« A Henri-Louis Lekain

22è juillet 1770 1

Pigalle, mon cher ami, tout Pigalle, tout Phidias qu'il est, ne pourra jamais animer le marbre comme vous animez la nature sur le théâtre . Vous avez au-dessus des sculpteurs et des peintres un grand avantage, c'est celui de rendre tous les sentiments et toutes les attitudes, et ils n'en peuvent exprimer qu'un seul .

M. Pigalle était parti quand votre gros paquet est venu .

Portez-vous bien . On dit que mon ancien Esculape 2 est sûr de vous rendre la santé . Je voudrais que Mairet eût pu mettre Massinisse 3 dans des situations dignes de vous, mais il n'y a que le cinquième acte qui puisse en fournir.

Avez-vous jamais lu la tragédie de Mairet 4? On l'imprimera bientôt avec l'autre 5 . Je vous embrasse de tout mon cœur .

V. »

2 Théodore Tronchin .

3 Dans Sophonisbe . V* a écrit sur le même sujet une tragédie imprimée en 1770 et dont la première sera donnée le 15 janvier 1774. Voir : https://www.theatre-classique.fr/pages/programmes/edition.php?t=../documents/VOLTAIRE_SOPHONISBE.xml

5 Dans Les Choses utiles et agréables, III, 3-166 .

09/01/2026

daignez plaindre un peu les pauvres malades

... J'enrage de voir la montagne de peluches, fleurs et lumignons qui s'est accumulée à Crans Montana, pour des morts ; je ne m'y ferai jamais de voir ce ridicule amas, ces dépenses inutiles alors qu'il y aurait pu avoir un versement de fonds pour la recherche médicale, ou l'accueil des parents auprès des malades , autrement plus sensé . Pendant ce temps les blessés, les brûlés surtout sont marqués à vie, et les petits nounours n'y feront rien . Nous sommes bien dans la civilisation du paraître, des m'as-tu-vu, de la gloriole : "mon Dieu, comme je suis bon, j'ai mis une fleur devant le lieu de la catastrophe ", "et moi j'ai mis un nounours", et puis "moi, j'ai mis une bougie " ( une bougie ! une bougie ! pour honorer le souvenir de brûlés !!! imbéciles !! ).

Et notre président, passé l'émotion, donnera-t-il des consignes à l'administration pour faciliter la vie de ceux qui ont été touchés, et leurs familles ? 

 

 

« A Pierre-Michel Hennin

Il faut vite dépêcher le domestique de notre cher résident. Mme Denis lui fera demain les honneurs de Ferney. On lui conseille de se crever à dîner, car nous n’avons, Dieu merci, ni cuisinier, ni cuisinière ; mais cela ne fait rien.

Allez, allez, comptez que ma Catau a tout ce qu’il lui faut ; ne la plaignez point ; mais daignez plaindre un peu les pauvres malades.

Je recevrai votre voyageur comme je pourrai ; il me pardonnera.

V.

Samedi au soir [ 21 juillet 1770].1 »

Bon voyage donc

... M. Macron, vous allez donc à Crans Montana ; que les obligations présidentielles sont désagréables ! Les morts catastrophiques ne manquent pas, les hommages aux victimes sont vains, nul ne revient au monde ; ceux qui ne respectent pas les réglementations sont légion,  les fleurs et peluches et bougies ne sont que vanité et un moyen de s'acheter une virginité factice en donnant un surcroit de travail aux ouvriers de la voirie et faisant des fleuristes heureux comme à la Toussaint : https://www.bfmtv.com/police-justice/video-crans-montana-ce-vendredi-9-janvier-aura-lieu-l-hommage-national-en-memoire-des-victimes_VN-202601080247.html

 

 

 

« A Gabriel Cramer

[vers le 20 juillet 1770]

Bon voyage donc, à monsieur de la grosse Encyclopédie 1 ; mais qu'il ne méprise point la petite ; qu'il donne ordre à son érudit suisse d’être bien complaisant, et de ne faire jamais le bel esprit .

Deux ou trois douzaines d'anti-athéisme 2 et de veaux d'or me suffiront, voire même quatre douzaines .

N.B. – Que le roi de Prusse a fait une critique du Système de la nature 3 . Il se rencontre avec moi en plusieurs choses . »

1 Allusion à l'entreprise dont on a parlé à propos de la lettre du 16 juillet 1770 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/01/01/je-trouve-qu-il-y-aurait-une-faiblesse-inexcusable-a-laisser-6577307.html

Les documents dont on dispose indiquent que Cramer s’absenta du 25 juillet au 10 août environ ; il voyageait avec de Tournes, de Lyon, pour acheter le papier nécessaire à l’Encyclopédie , ainsi que l'indiquent ses lettres du 18 juillet et du 12 septembre 1770 à Panckoucke .

2 Dieu, voir la lettre du 1er janvier 1770 à Cramer : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/01/disposer-favorablement-les-esprits-il-serait-meme-tres-bon-d-6568860.html

Ceci ne prouve pas nécessairement que l'ouvrage était déjà imprimé ou en cours d’impression .

3L'Examen critique du Système de la nature, resté inédit jusqu'à la mort du roi ; voir les Œuvres de Frédéric, IX, 179-194 , ainsi que la lettre de Frédéric annonçant l'ouvrage, citée à propos de la lettre du 27 avril 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2011/04/15/je-vous-prie-de-me-faire-canoniser-au-plus-vite-cela-ne-cout.html

08/01/2026

Pourquoi ne sait-on rien ni par Marseille, ni par Bayonne ?

... Parce que ni le foot ni le rugby ne sont influencés par Trump et sa soif du pétrole vénézuelien   ; voyons ça :  https://www.lemonde.fr/international/video/2026/01/07/pou...

 

 

 

« A François de Caire, Commandant

à Versoix

[vers le 20 juillet 1770]

Il est bien honteux pour l'humanité que le peuple n'ait pas tiré un troisième coup de canon etc., etc., etc. Mais comment l'ambassadeur de France n'en aurait-il rien mandé ? Pourquoi ne sait-on rien ni par Marseille, ni par Bayonne ? Pourquoi ne sait -on le nom d'aucun des assassinés ? Il faut attendre confirmation de cette Saint-Barthélémy . Il faut attendre aussi M. de Bourcet 1.

Mille respects à monsieur et madame de Caire . »

1 Pierre-Joseph Bourcet qui a servi comme lieutenant général en Corse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Joseph_de_Bourcet