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01/03/2026

Je ne m’accoutume pas plus aux sottises énormes dans lesquelles le fanatisme plonge tous les jours des têtes, qui d’ailleurs n’ont pas perdu absolument le sens commun sur les choses ordinaires de la vie:ces deux contrastes m’étonnent encore tous les jours

... Comment ne pas être d'accord avec ce Voltaire adversaire de l'infâme et du fanatisme .

 

 

« A Louise-Honorine Crozat du Châtel, duchesse de Choiseul

2 septembre 1770 à Ferney

À Ferney, 2 septembre.

Madame,

Puisque votre petite-fille veut voir la cause du père défendue par un homme qui passe pour n’être pas l’ami du fils, je prends la liberté de la mettre sous vos auspices 1. Au bout du compte, quoi qu’elle en dise, la chose vaut la peine d’être examinée. Je n’ai pu encore, à mon âge, m’accoutumer a l’indifférence et à la légèreté avec laquelle des personnes d’esprit traitent la seule chose essentielle . Je ne m’accoutume pas plus aux sottises énormes dans lesquelles le fanatisme plonge tous les jours des têtes, qui d’ailleurs n’ont pas perdu absolument le sens commun sur les choses ordinaires de la vie : ces deux contrastes m’étonnent encore tous les jours.

Je n’ai dit que ce que je pense dans ma petite réponse à l’auteur du Système de la Nature ; il a dit aussi ce qu’il pensait, et vous jugerez entre nous deux, madame, sans me dire tout ce que vous pensez.

Une chose assez plaisante, c’est que le roi de Prusse m’a envoyé de son côté une réponse 2 sur le même objet ; il a pris le parti des rois, qui ne sont pas mieux traités que Dieu dans le Système de la Nature . Pour moi, je n’ai pris que le parti des hommes.

Je crois avoir deviné quelle est l’épreuve à laquelle ce capitaine du régiment de Bavière veut que vous le mettiez ; je crois qu’il ressemble à celui qui disait à la reine Anne d’Autriche : « Madame, dites-moi qui vous voulez que je tue, pour vous faire ma cour. »

Il est vrai, madame, que je ne prends point tant de liberté avec monsieur le duc qu’avec vous ; mais c’est que j’imagine que vous avez un peu plus de temps que lui, quoique vous n’en ayez guère, et que votre département de faire du bien vous occupe beaucoup. Je me sers de vous effrontément pour lui faire parvenir les sentiments qui m’attachent à lui pour le reste de ma vie, et je mets ma reconnaissance sous votre protection, sans vous faire le même compliment qu’on faisait à la reine mère, car vous êtes trop douce et trop bonne.

Si vous daignez lire mon rogation théologique, je vous prie d’être bien persuadée que je ne crois point du tout à la providence particulière ; les aventures de Lisbonne et de Saint-Domingue 3 l’ont rayée de mes papiers.

On dit que les Turcs ont assassiné votre ambassadeur de France 4 . Cela serait fort triste ; mais le grand Être n’entre pas dans ces détails.

Pardonnez, madame, au vieux bavard, qui est à vos pieds avec le plus profond respect.

V. »

1 Il s’agit toujours de l’opuscule intitulé Dieu.

3 Touchées par des tremblements de terre .

4  Nouvelle sans fondement . L'ambassadeur de France est alors François-Emmanuel Guignard, comte de Saint-Priest , ambassadeur à Constantinople de 1768 à 1785 .

Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois-Emmanuel_Guignard_de_Saint-Priest

28/02/2026

De telles entreprises sont des assassinats sur le grand chemin

... Est-il besoin de préciser de quelles entreprises il s'agit, sachant que la plus récente est orientale ? Guerres, guerres, guerres ! ça suffit ! Comme si le dérèglement climatique issu de nos aberrations ne suffisait pas pour nous occire . 

 

« A Gabriel Cramer

[août -septembre 1770]

Voici un petit article pour les Questions . Il me semble mon cher voisin que votre gros Suisse n'avance guère . Je voudrais bien ne pas mourir sans avoir vu cette édition .

J'espère que la collection complète à laquelle vous travaillez sera plus correcte que les autres . On a inséré dans la collection de Lausanne des choses bien ridicules . Elle est déshonorée par des écrits dignes des charniers Saint-Innocent 1, qu'on ose m'attribuer .

Avez-vous quelque réponse touchant ces deux abominables volumes qu'on a imprimés sous mon nom pour gagner quelque argent et pour me nuire ?

De telles entreprises sont des assassinats sur le grand chemin .

Quand serez-vous à Tournay ? quand vous verrai-je ? »

1 C'est auprès des charniers des Saints-Innocents que se tenaient les écrivains publics ; on a respecté l'orthographe de V*, sans doute conforme à la prononciation de l'époque .

Ma destinée sera donc d'être vexé et persécuté jusqu'au dernier moment

... Gémissements mélenchonesques à coup sûr . Voir ce qu'on en dit : https://www.lefigaro.fr/tag/jean-luc-melenchon

Ceux qui le trouvent abject le font plus sérieux que nécessaire, Mélenchon est foncièrement ridicule, je dirai même con, tant il a perdu le bon sens en voulant être calife à la place du calife, orgueilleux comme un paon, il n'est plus qu'un minable pantomime . Qu'il finisse à la trappe, lui grâce à qui le RN gonfle ses rangs , comme si la France avait besoin de cet extrême .  

 

 

« A Gabriel Cramer

à Genève

[août -septembre 1770]

Caro il faut absolument que j'aie ces deux malheureux volumes . Je ne vois pas, ou plutôt je vois pourquoi Chirol me les refuse . On en parle à Paris dans les nouvelles à la main d'une façon bien dangereuse . Ma destinée sera donc d'être vexé et persécuté jusqu'au dernier moment .

Vous aurez cependant la mule et huit articles nouveaux . Je vous prie de donner des ordres positifs à Chirol afin que je sache de quoi il est question . »

La chose presse

... Et la presse compte essentiellement : https://www.lemonde.fr/international/live/2026/02/28/en-d...

Combien de civils irresponsables vont périr ?

 

 

« A Gabriel Cramer

[août-septembre 1770] 1

Je prie instamment monsieur Cramer de faire envoyer par Chirol ces deux volumes qu'on a imprimés sous mon nom . Je ne les connais point , et monsieur Cramer sait quel intérêt j'ai de les connaître . La chose presse . Elle est pour moi de la plus grande importance . Je le supplie de ne pas perdre un instant . Je lui serai très obligé .

V. »

1 Original passé à la vente Naylor à Londres le 27 juillet 1885 .

Cet animal a trompé le public qui s'attendait à une scène très réjouissante

... Tel est ce Trump qui vient d'entrer en guerre contre l'Iran . On attendait une nouvelle déclamation glorieuse et au fond foireuse, on a un remake de l'élimination de Saddam Hussein, et il est à souhaiter que l'Europe n'ira pas mettre un seul homme en péril dans ce foutoir israelo-étatsuniens-iranien . Marre de ces pseudo-foudres de guerre .

Quelle connerie la guerre ! comme dit Prévert : Rappelle toi Barbara : https://www.youtube.com/watch?v=hdSOPZGTePY

 

 

« A Jean-François-René Tabareau

et à

Joseph Vasselier

30è auguste 1770

Mille tendres compliments à monsieur Tabareau et à monsieur Vasselier . J'ai lu le très plat mémoire fait pour Grizel par l'avocat de l'archevêque 1 . C'est un grand malheur que ce Grizel ne soit pas aussi ridicule que je le croyais, à peine y a-t-il le mot pour rire dans son aventure et dans son factum . Cet animal a trompé le public qui s'attendait à une scène très réjouissante . »

En vous remerciant, monsieur, de toutes vos attentions obligeantes . Le vin ne presse pas

... Hips ! Dry february closed , but carême et ramadan open , fortunately carnavals pour tenir en joie . Hips !!

 

 

« A Gaspard-Henri Schérer, Banquier

à Lyon

30è auguste 1770 à Ferney 1

En vous remerciant, monsieur, de toutes vos attentions obligeantes . Le vin ne presse pas .

Ma colonie fait venir de Cadix pour dix mille francs d'or . Si j'avais été averti plus tôt j'aurais donné la préférence à Lyon .

Les lettres de change de 2714£ 11s 9d qui étaient au nombre de quatre, à moi envoyées le 13 juin dernier par le sieur Meiner de Montbéliard, fermier de M. le duc de Virtemberg, devaient vous être envoyées, mais je trouve qu'elles l'ont été ailleurs .

J'ai dix mille livres à tirer sur M. de La Borde à courts jours, je compte vous adresser la lettre si cela vous convient .

J'ai l'honneur d'être bien véritablement, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire .

Je rouvre ma lettre pour vous donner la préférence sur Cadix . Je vous prie , monsieur, d'avoir la bonté de m'envoyer quatre marc de pistoles au cordon 2 s’il est possible .

Voltaire . »

1 Original signé deux fois ; cachet en relief « Versoix ». Endos « reçue 1 septembre », répété deux fois .

2 Le cordon est le « bord façonné qui règne sur la tranche d'une monnaie » . Il s'agit donc ici de pièces d'or passées au moulin .

27/02/2026

Votre vieil amant madame est enchanté de vos bontés et de vos coquetteries

... Les unes excusant les autres . Selon votre goût .

 

« A Marie-Elisabeth de Caire

à Versoix

30è auguste 1770 à Ferney

Le Dieu d'amour fut au supplice

Quand Vénus parmi les glaçons,

S'en vint du pays des Hurons

Faire les doux yeux à la Suisse . 1

Votre vieil amant madame est enchanté de vos bontés et de vos coquetteries ; ni vous, ni l'air du lac, vous ne l’avez tué tout à fait mais je suis fort blessé .

L'oncle et la nièce présentent leurs hommages à monsieur et madame de Caire . »