Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/07/2026

Cela est très sérieux, quoique très ridicule.

... La guerre en Iran ? me direz-vous . Oui , un pas en avant, deux en arrière, et je te tiens tu me tiens par la barbichette, le premier qui rira aura un missile sur la tête : https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/15/l-iran-et-les-etats-unis-s-enfoncent-de-nouveau-dans-l-impasse-de-la-guerre_6723535_3232.html

Trump oublie ce qui s'est passé il n'y a pas si longtemps au Viet Nam , il risque -mais ce sera normal- de sortir la queue entre les jambes et la mèche en bataille avec une nation qui le hue .

Face à lui, des intégristes religieux doublés de capitalistes de haut-vol  (au sens voleur, bien entendu ) richissimes et qui tiennent à le demeurer : https://www.20minutes.fr/monde/4206070-20260316-guerre-iran-comment-gardiens-revolution-bati-empire-financier

images.jpeg

ça peut durer longtemps, un brouillon face à des crapules terroristes

 

 

« A Pierre-Michel Hennin

20è décembre 1770 à Ferney

Quoique vous ne me disiez rien, monsieur, vous savez pourtant que le Parlement a cessé ses fonctions, sans donner sa démission ; qu’il a protesté contre l’édit ; qu’il a envoyé deux fois le premier président 1 au roi ; que le roi n’a point voulu le voir. De tout cela vous ne nous en dites mot.

Mais nous vous demandons, Mme Denis et moi, vos bons offices pour une chose qui nous intéresse très vivement, et qui ne demande pas même de délais.

C’est de savoir s’il est vrai que la République ait affranchi Mme Denis de la qualité éminente de serve de Genève. Nous avons à Gex un procès contre un seigneur, citoyen de Genève, nommé, non pas Choudens, mais DE Choudens, ouvrier en montres, qui nous vendit, il y a dix ans, un petit domaine sur le chemin de Ferney à Tournay 2. Il le déclara libre ; et quand nous eûmes signé, il se trouva qu’il était mortaillable 3 en grande partie. Mme Denis fut donc serve de la Sérénissime 4.

Aujourd’hui M. DE Choudens, seigneur ouvrier de Genève, prétend, pour se disculper, et affirme dans ses mémoires, que la Sérénissime a daigné nous affranchir de la servitude. Nous n’avons jamais entendu parler de cet affranchissement. Nous savons seulement que M. DE Choudens s’étant accommodé avec la République pour 500 francs, nous payâmes pour lui, à monsieur le grand trésorier, 500 livres à la décharge dudit Choudens.

Ce que nous vous demandons, monsieur, c’est de savoir du grand trésorier actuellement régnant 5 s’il est vrai que la Sérénissime ait affranchi depuis la dame Denis, et en ait fait une alliée de la République, au lieu d’une servante.

Nous croyons qu’il n’en est pas un mot, et nous vous supplions très vivement de vouloir bien requérir une attestation de monsieur le grand trésorier, par laquelle il soit constaté que nous avons payé entre ses mains, en tel jour, en telle année, la somme de 500 livres, pour la servitude dudit Choudens, et qu’il n’a jamais été question d’un affranchissement.

Cela est très sérieux, quoique très ridicule. Nous vous prions de vouloir bien envoyer ce soir, chez Souchay, au Lion d’Or, votre paquet, que nous enverrons chercher demain. Nous vous aurons la plus grande obligation, et vivat . 

V. »

2 Th. Besterman a publié les pièces relatives à cette opération .

3 On appelle mortaillables les personnes ( plutôt que les biens comme le dit ici V*) , dont les biens, à leur mort reviennent au seigneur du lieu . Ce sont , par exemple, dans la jurisprudence féodale, ceux qui décèdent hors de leur domicile, sur les terres d'un seigneur titulaire du droit de mainmorte.

4 La république de Genève .

17/07/2026

Il me semble qu’on pouvait s’entendre, et qu’il y avait de beaux coups à faire.

... Résumé et conclusion de la lettre de Bernard  Cazeneuve refusant de participer à une primaire de Gauche : https://www.20minutes.fr/politique/4234906-20260716-presi...

images.png

 

 

 

« A Frédéric II, roi de Prusse

20 décembre 1770

En vérité, ce roi de la Chine écrit de jolies lettres 1. Mon Dieu, comme son style s’est perfectionné depuis son Éloge de Moukoden 2 ! Qu’il rend bien justice à ce saint flibustier juif nommé David, et à nos badauds de Paris ! Je soupçonne sa majesté Kienlong de n’avoir chez lui aucun mandarin qui l’entende, et de chanter, comme Orphée, devant de beaux lions, de courageux léopards, des loups bien disciplinés, des faucons bien dressés. J’allai autrefois à la cour du roi ; je fus émerveillé de son armée, mais cent fois plus de sa personne, et je vous avoue, sire, que je n’ai jamais fait de soupers plus agréables que ceux où Kienlong le Grand daignait m’admettre. Je vous jure que je prenais la liberté de l’aimer autant qu’il me forçait à l’admirer ; et, sans un Lapon 3 qui me calomnia, je n’aurais jamais imaginé d’autre bonheur que de rester à Pékin.

Il est vrai que j’ai fait une très grande fortune dans l’Occident ; et quoique un abbé Terray m’en ait escamoté la plus grande partie (ce qui ne me serait point arrivé à Pékin), il m’en reste assez pour être plus heureux que je ne mérite . Cependant je regrette toujours Kienlong, que je regarde comme le plus grand homme des deux hémisphères.

Comme il parle parfaitement le français, qu’il n’a pourtant point appris des révérends pères jésuites ; comme il écrit dans cette langue avec plus de grâce et d’énergie que les trois quarts de nos académiciens, j’ai pris la liberté de lui adresser par le coche trois livres nouveaux 4, avec cette adresse : Au roi ; car il n’y en a pas deux, à ce que l’on dit ; et on parlera peu du sultan et du mogol d’aujourd’hui. On a écrit sur l’adresse : pour être mis à la poste, dès que le paquet sera dans ses États. C’est un tribut payé à la bibliothèque du Sans-Souci de la Chine : je ne crois pas ce tribut digne de Sa Majesté, mais c’est la cuisse de cigale que ne dédaigna pas le grand y ha o 5.

Sa Majesté est voisine de ma grande souveraine russe. Je suis toujours fâché qu’ils n’aient pu s’ajuster pour donner congé à Moustapha . Je suis encore dans l’erreur sur Ali Beg 6 . Elle-même y est aussi. Pourquoi n’a-t-elle pas envoyé quelque Juif sur les lieux s’informer de la vérité ? Les Juifs ont toujours aimé l’Égypte, quoi qu’en dise leur impertinente histoire 7.

Je savais très bien ce que faisaient des ingénieurs sans génie, et j’en étais très affligé. Je trouve tout cela aussi mal entendu que les croisades . Il me semble qu’on pouvait s’entendre, et qu’il y avait de beaux coups à faire.

J’ai bien peur que les Welches, et même les Ibères, n’échouent. Leurs entreprises, depuis longtemps, n’ont abouti qu’à nous ruiner.

Je frappe trois fois la terre de mon front devant votre trône du Pégu, voisin du trône de la Chine. »

1 Voir le second alinéa de la lettre de Frédéric du 4 décembre 1770 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8106

4 Les trois premiers volumes des Questions sur l’Encyclopédie.

5 Tel est le texte écrit par V*. Il s'explique par un passage de la Philosophie de l'Histoire ( Complets works of Voltaire , Voltaire Foundation, vol. 19) chap.XXII, où V* donne I ha ho comme le nom le plus sacré des Égyptiens emprunté ensuite par les Hébreux pour désigner Jéhovah ; inutile de dire que cette étymologie voltairienne est totalement fantaisiste .

7 C'est un des principaux thèmes du Taureau blanc : https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Taureau_blanc

16/07/2026

Ah ! ah ! vous êtes donc aussi des nôtres !

... Exclamation admirative et respective des Espagnols et des Argentins , penaude des Anglais et des Français qui vont tenter d'échapper à la place du couillon de service .

Alea jacta est, ut pila iaciatur !



 

 

« A Charles-Marguerite-Jean-Baptiste Mercier Dupaty

Le 20 décembre 1770 1

Le paquet dont vous m’avez honoré, monsieur, et mon petit billet se sont croisés, comme vous l’avez vu. Ah ! ah ! vous êtes donc aussi des nôtres ! Votre poésie est pleine d’imagination. Tous les hommes éloquents ont commencé par faire des vers. Cicéron et César en firent avant d’être consuls . Ils eurent l’un et l’autre de furieuses lettres de cachet ; mais je ne sais s’il ne vaut pas mieux être assassiné par ceux que l’on peut assassiner aussi, que de voir sa destinée dépendre entièrement de quatre mots griffonnés par un commis. Ce n’est pas moi qui vous écris cela, au moins ; c’est un Suisse qui a soupé chez moi avec un Anglais. Pour moi, je n’écris à personne ; je suis très vieux et très malade. Si vous voulez venir chez moi, vous me rendrez la vie, car vous me ferez penser. Je m’intéresse à vous comme un père à son fils, et le fils est très respecté par le père.

V.

Mille très humbles et très tendres obéissances à M. de Bory. »

1 Copie Beaumarchais-Kehl ; éd. Kehl supprime le jour du mois cette lettre ayant été copiée sur la même feuille que la lettre du 15 décembre 1770 à Dupaty ( http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/06/29/rien-ne-passe-6600082.html ) fut composée par le typographe immédiatement après cette lettre , et donc un peu en dehors de l'ordre chronologique . Au lieu de faire recomposer plusieurs pages les éditeurs jugèrent plus simple de supprimer sur les épreuves le jour dans la date de la présente lettre . Ce détail st assez caractéristique de leur négligence en ce qui concerne spécialement les dates d la correspondance .

Voir aussi lettre de d’Alembert du 4 décembre 1770 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8107

15/07/2026

C'est une bagatelle, je crois

... Christine Herzog, sénatrice censurée et exclue provisoirement : https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/17/christine-herzog-senatrice-de-moselle-exclue-temporairement-du-senat-une-decision-rarissime_6724226_823448.html

Y a-t-il un peu de conscience au Sénat ?

 

 

« A Gaspard-Henri Schérer

19è décembre 1770 à Ferney 1

J'ai l'honneur, monsieur, de vous envoyer la montre que vous avez demandée . Je l'adresse dans une petite boite à M. Vasselier, secrétaire des Postes .

Je vous envoie cinq lettres de change valant 3 955 livres, ce qui , avec la montre de neuf louis que je paie, fait la somme de 4 171 livres que vous aurez la bonté de mettre sur mon compte . Je vous avoue que je suis étonné qu'on donne pour neuf louis un ouvrage aussi bon et aussi joli .

Je vous prie , monsieur, de vouloir bien sur-le-champ avoir la bonté de faire porter à M. Tabareau de 2 un argent qu'il a avancé pour moi . C'est une bagatelle, je crois que c'est environ cinq livres . Votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire . »

1 Original signé. Endos : « Reçue le 21 déc[em]bre » et le détail des lettres de change, trois de 889, 509 et 500 livres en janvier, deux de 557 et 1500 livres «  à deux jours de vue sur Paris ».

2 On est ici à la fin de la page, en la tournant, Wagnière a oublié un mot, sans doute « Lyon ».

14/07/2026

Nous sommes pénétrés

... Par qui, par quoi, comment, pourquoi ? Reste le principal : se dépêtrer .

 

 

« A Henri Rieu

Mon cher corsaire je suis aussi affligé qu'étonné de la perte que vient de faire M. Gaussen . Je vous conjure de lui dire combien nous nous intéressons à lui, Mme Denis et moi . Nous sommes pénétrés . Venez nous voir quand vous pourrez .

V.

19 décembre [1770]. »

13/07/2026

Il n’est pas du tout sûr que nous ayons la guerre. Il est encore moins sûr que nous soyons payés

... Voilà deux certitudes actuelles .

 

« A Pierre-Michel Hennin

À Ferney, 19 décembre.

Il n’est point dit dans l’édit 1 que le parlement rendra compte au chancelier.

Le Parlement n’a point envoyé de démission. Il n’est pas du tout sûr que nous ayons la guerre.

Il est encore moins sûr que nous soyons payés.

Je regrette bien cette pauvre Mme Gaussen 2 ; je la suivrai bientôt, et vivat !

1 Décret de Maupéou du 27 novembre 1770, sur lequel le parlement fit des représentations au roi le 3 décembre.

Voir lettre du même jour à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/07/18/quels-bons-ouvrages-a-t-il-faits-dira-t-on-6602206.html

2 Jane Forbes, d'Aberdeen, femme de Pierre Gaussen, de Bourdigny,dame genevoise qui venait de mourir le 17 décembre 1770, et qu’il ne faut pas confondre avec l’actrice Gaussin ou Gaussen, morte en 1767.

Voir sur les Gaussen : https://archive.org/stream/noticesgnalogiq05dufogoog/noticesgnalogiq05dufogoog_djvu.txt

12/07/2026

Ma sottise – vous la voyez

...Paroles historiques si jamais Trump les prononçait dans un accès de lucidité et franchise pour une fois . Ce n'est pas pour un tel instant qu'on se souviendra de lui , quatre-vingts ans de vie où tout s'achète et d'orgueil stupide ne s'effacent pas . Vivement qu'il passe la main . La liste de ses "sottises" est sans fin .

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

19è décembre 1770 1

Que l’on fasse ou non la guerre aux Anglais, que le Parlement fasse ou non des sottises  – moi, je fais sottises et guerre . Mes anges recevront par M. le duc de Praslin un paquet. Ce paquet est la tragédie des Pélopides, c’est-à-dire Atrée et Thyeste 2. Il est vrai qu’elle a été faite sous mes yeux, en onze jours, par un jeune homme. La jeunesse va vite, mais il faut l’encourager.

Ma sottise – vous la voyez.

Ma guerre est contre les Allobroges qui ont soutenu qu’un Visigoth, nommé Crébillon, avait fait des tragédies en vers français ; ce qui n’est pas vrai.

Mes divins anges, il y va ici de la gloire de la nation.

De plus, le nasillonneur de Brosses, président, veut être de l’Académie . C’est Foncemagne qui veut le faire entrer. Il est bon que Foncemagne sache que j’ai une consultation de neuf avocats de Paris qui m’autorise à lui faire un procès pour dol 3. J’enverrai cette consultation si on veut. Le président, pour détourner le procès, m’a écrit pour me faire entendre que, si je lui faisais un procès, il me dénoncerait comme auteur de quelques livres contre la religion, moi qui assurément n’en ai jamais fait.

J’enverrai la lettre, si on veut.

Tous les gens de lettres doivent avoir De Brosses en recommandation. Mes anges diront à M. de Foncemagne 4 ce qu’ils voudront ; je m’en remets à leur bonté, discrétion, prudhommie, et à leur horreur contre de tels procédés. 

V.»

1 Manuscrit olographe ; copies contemporaines, voir lettre du 19 décembre 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/07/18/quels-bons-ouvrages-a-t-il-faits-dira-t-on-6602206.html

2 Voir : https://archive.org/details/lesplopidesouat00labigoog/page/n5/mode/2up

Voici d'après Besterman le résumé de cette tragédie des Pélopides : « Hippodamie, mère d'Atrée et Thyeste, et Polémon, leur ancien gouverneur, déplorent la discorde entre les deux frères, qui sont devenus ennemis parce que Thyeste a enlevé Erope, femme d'Atrée . Polémon dit à la reine qu'il a fait la paix : le royaume sera divisé, et Thyeste rendre Erope à son époux ; qui pardonnera à son frère . Pourtant, Thyeste aime Erope, qu'il a épousée quoique déjà marié lui-même, et le fils qu'il a d'elle, et refuse de tenir sa parole . Atrée, de son coté proclame qu'il ne pardonnera pas à moins qu'Erope ne jure qu'elle m'aime pas Thyeste . Elle refuse de le faire, et fait savoir à Atrée qu’elle a épousé son frère et qu'elle a un enfant de lui . Atrée enlève l'enfant et verse son sang , dans la coupe de l'autel sur lequel les deux frères doivent jurer amitié . La cérémonie commence et Hippodamie est sur le point de boire la coupe quand la disparition de l'enfant est découverte . Thyeste et Erope sortent pour aller à sa recherche et Atrée les tue derrière l'autel au son du tonnerre. »