16/04/2026
seule une question de dommages et intérêts le retient
...Cependant, nos truands en cols blancs, forts de leurs fortunes illicites n'ont aucune crainte de la justice, ils font des livres de leurs malversations et démêlés judiciaires, comptant sur la curiosité malsaine du populo .
Mais que sont ces fameux/fumeux dommages et intérêts ? Voir : https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/dommages-interets.php
« A Marie-Anne Ramond
[ octobre 1770 ] 1
[ V* lui dit que son père est justifié, et que seule une question de dommages et intérêts le retient . ] »
1 Tout ce que l'on sait de cette lettre se réduit à ce que Mme Ramond écrit à Sirven, son père, le 21 octobre 1770 : « Le temps prescrit par M. de Voltaire approche, ainsi que la mauvaise saison […] M. de Voltaire m'a fait l'honneur de m'écrire que nous sommes justifiés, qu'il ne s'agit que d'un dédommagement qui peut-être vous retiendra . Quelle cruelle attente ! Je ne puis vous cacher que je meurs d'ennui ; et sans votre défense, je serais en France, dussé-je subir la prison... »
11:23 | Lien permanent | Commentaires (0)
plus la sauce est piquante mieux le poisson se vendra
... C'est le credo de Trump , le roi du tout et n'importe quoi pourvu que ça rapporte, il fait tout, c'est sûr, pour être un des plus riches macchabées d'ici peu .
Il est quelques hommes et femmes politiques en France qui , à leur échelle, sont de cet acabit, et qu'on doit surveiller de près, iels peuvent devenir, hélas, président.es de la nation .
« A Gabriel Cramer
[ vers le 15 octobre 1770 ]
Il est bien douloureux de ne recevoir ni A ni B du gros Suisse, et encore plus de ne rien espérer de Paris ; mais après tout le reste de la France et l'Europe pourront consoler . J'ai peur qu'en effet il n'y ait dans ces trois volumes bien des choses qui alarment les fanatiques . Le reste est bien pis . Mais plus la sauce est piquante mieux le poisson se vendra . Ce n'est pas la peine de se gêner pour des gens qui vous gêneront sur tout . Leur impertinence nous rend notre liberté toute entière, et c'est un fort bon marché .
Je prie monsieur Cramer de m'envoyer sur-le-champ un exemplaire broché , ou simplement plié . Je n'ai plus rien, Dieu merci ; tous ceux qui sont venus à Ferney ont tout volé . »
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15/04/2026
J’attends le tonneau de vin que vous avez eu la bonté de me retenir . Voici le temps de l'envoyer
... A votre santé ! avec Amour, liberté, vérité , sans modération : https://www.youtube.com/watch?v=9FG3BSBarVo
« A Gaspard-Henri Schérer, Banquier
à Lyon
C'est pour vous donner avis, monsieur, que j'ai tiré sur vous une lettre de change de douze cents francs à l’ordre du sieur Landry pour la fin de ce mois .
Vous avez dû aussi recevoir de moi deux paquets de lettres de change à mon profit, les unes sur Lyon, les autres sur Paris dont je vous prierai de m'accuser la réception et l'encaissement en son temps .
J’attends le tonneau de vin que vous avez eu la bonté de me retenir . Voici le temps de l'envoyer . Je vous en remercie d'avance ; le premier que vous m'avez procuré finit .
J’ai l'honneur d’être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire.
15è octobre 1770 à Ferney. 1»
1 Original, cachet en relief « Versoix ». Endos : « Reçue le 16 octobre » et « R ».
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Il a réformé son plaidoyer dans plusieurs points pour captiver la faveur de ses juges
... Et oui, Nicolas , tu te fais tout petit, dégommant tes anciens complices, limite lèche-cul pour tes juges . Est-ce parce que tu es à bout d'inspiration pour un nouveau livre [sic] que tu mens si fort dans la réalité ?
Voir : https://www.franceinfo.fr/politique/affaire/financement-d...
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
15è octobre 1770
Mon cher ange, M. Marin me mande qu’il m’a envoyé, le 6è d'octobre, un gros paquet de vous que je n’ai point reçu, quoiqu’il m’en soit parvenu six contre-signés Choiseul et chancelier. Tous ces six étaient des factums de plaideurs. Cependant je ne crois pas être de la chambre des vacations, encore moins du conseil d’État.
Pour moi, je vous envoie le factum de Massinisse contre Scipion, par l’avocat Lantin 1. Il a réformé son plaidoyer dans plusieurs points pour captiver la faveur de ses juges. Je ne sais si Lekain pourra plaider cette cause à Fontainebleau, devant le duc de Praslin et M. le duc de Choiseul . Je vous adresserai d’autres exemplaires dès que vous l’ordonnerez.
Si vous êtes à Fontainebleau, j’ai bien fait d’adresser ce paquet à M. le duc de Praslin ; et si vous êtes à Paris, j’ai encore bien fait, parce que ce paquet lui arrivera plus sûrement.
Qu’il ait la bonté de me permettre de le féliciter et de le remercier d’avoir mis Tunis à la raison. Comme on aime passionnément dans ce pays-là les montres de France, et qu’elles sont à bien meilleur marché que celles d’Angleterre, la fabrique de Ferney offre ses très humbles services à M. le duc de Praslin.
Pour moi, mon cher ange, je ne vous offre pour le présent que des vers de six pieds en tout genre. Je me flatte que Mme d’Argental est en bonne santé . Mme Denis vous fait les plus tendres compliments.
V. »
1 La Sophonisbe, bien entendu : https://www.theatre-classique.fr/pages/pdf/VOLTAIRE_SOPHONISBE.pdf
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14/04/2026
Je ne sais plus où sont ces messieurs
... dit la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet devant les rangs désertés par les députés qui se fichent du tiers comme du quart des autorisations de travailler le 1er mai , eux qui sont payés -grassement- pour glander .
« A Jean-François-René Tabareau
Directeur général des Postes
à Lyon
et à Joseph Vasselier
Comment se portent monsieur Tabareau et monsieur Vasselier ? M. d'Alembert et M. le marquis de Condorcet sont-ils encore à Lyon ? J'ai envoyé à M. de Condorcet une lettre qui lui avait été adressée à Ferney, et je l'ai mise sous enveloppe à l'adresse de Lyon . Je ne sais plus où sont ces messieurs .
Je remercie monsieur Vasselier de la petite galanterie qu'il a bien voulu faire à M. Dupont avocat de Colmar .
Y a-t-il un M. de Sorry 1 qui soit connu à Lyon ? Y a-t-il une maison de campagne ou un village sous le nom de Saint-Rambert ?2
Mille compliments, mille amitiés . »
1 S'agit-il du Sorry à qui V* voulait jadis faire remettre par Brossette à Lyon un exemplaire de l'Histoire de Charles XII ? D'après Brossette, il s'agissait en fait d'un M. de Sozzi.
2 Ce Saint-Rambert n'est pas la localité sise comme le dit Besterman « à mi-chemin de Lyon et de Genève » ; c'est une petite commune située sur la Saône, dite de nos jours Saint-Rambert-l'île-Barbe, à quelques kilomètres au nord de Lyon . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Rambert-l%27%C3%8Ele-Barbe
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monsieur le chef de brigade nous en aurait dit de bonnes !
... Si jamais on lui avait demandé son avis . Mais pour l'instant, Trump en dit de mauvaises !
« Au chevalier Jacques de Rochefort d'Ally
A Ferney 12è octobre 1770 1
Mon ombre a été consolée, égayée par M. d’Alembert et par M. de Condorcet pendant quinze jours. J’aurais bien dû me vanter de ma fortune à mes deux consolateurs du Vivarais, dont je regrettais plus que jamais la présence. Que Mme la philosophe Dixneufans nous aurait animés ! Que monsieur le chef de brigade nous en aurait dit de bonnes ! Je ne peux plus écrire, tant je suis faible ; mais j’aurais pensé et senti.
M. d’Alembert est actuellement à Lyon, et s’achemine tout doucement en Provence.
Nous jetons enfin les fondements de Versoix ; nous y bâtissons, Mme Denis et moi, la première maison , ce n’est pas que l’aventure des rescriptions 2 m’ait laissé le moyen de bâtir ; mais le zèle fait des efforts, et l’envie de mettre la première pierre dans la ville de M. le duc de Choiseul m’a fait passer par-dessus tout. Je sais bien que je n’habiterai pas cette maison ; mais Mme Denis en jouira, et je suis content ; en attendant, je me flatte d’être encore assez heureux pour voir M. et Mme de Rochefort honorer Ferney de leur présence ; on ne peut finir plus agréablement sa carrière.
Les ordres de monsieur de Rochefort seront ponctuellement exécutés par la colonie des horlogers .
Pardon d'écrire si tard et si peu ; mais je n'en puis plus .
Mille tendres respects .
Le vieil ermite V. »
1 Copie par Boissy d'Anglas ; autre copie contemporaine ; éd. Vie privée de Voltaire, qui rattache cette lettre à celle de mai 1768 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/01/10/il-s-eleve-une-espece-d-inquisition-en-france-6479649.html
2 Les mesures financières de l’abbé Terray.
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13/04/2026
tout ce qui nous environne est l’empire du doute, et le doute est un état désagréable
... For sure !
« A Frédéric II, roi de Prusse
À Ferney 12 octobre [1770]
Sire,
Nous avons été heureux pendant quinze jours ; d’Alembert et moi, nous avons toujours parlé de Votre Majesté 1; c’est ce que font tous les êtres pensants ; et s’il y en a dans Rome, ce n’est pas de Ganganelli qu’ils s’entretiennent. Je ne sais si la santé de d’Alembert lui permettra d’aller en Italie : il pourrait bien se contenter cet hiver du soleil de Provence, et n’étaler son éloquence sur le héros philosophe qu’aux descendants de nos anciens troubadours. Pour moi, je ne fais entendre mon filet de voix qu’aux Suisses et aux échos du lac de Genève.
J’ai été d’autant plus touché de votre dernière lettre que j’ai osé prendre en dernier lieu Votre Majesté pour mon modèle. Cette expression paraîtra d’abord un peu ridicule : car en quoi un vieux barbouilleur de papier pourrait-il tâcher d’imiter le héros du Nord ? Mais vous savez que les philosophes vinrent demander des règles à Marc-Aurèle quand il partit pour la Moravie 2, dont Votre Majesté revient.
Je voudrais pouvoir vous imiter dans votre éloquence, et dans le beau portrait que vous faites de l’empereur 3. Je vois à votre pinceau que c’est un maître qui a peint son disciple.
Voici en quoi consiste l’imitation à laquelle j’ai tâché d’aspirer c’est à retirer dans les huttes de mon hameau quelques Genevois échappés aux coups de fusil de leurs compatriotes, lorsque j’ai su que Votre Majesté daignait les protéger en roi dans Berlin.
Je me suis dit : les premiers des hommes peuvent apprendre aux derniers à bien faire. J’aurais voulu établir, il y a quelques années, une autre colonie à Clèves, et je suis sûr qu’elle aurait été bien plus florissante, et plus digne d’être protégée par Votre Majesté ; je ne me consolerai jamais de n’avoir pas exécuté ce dessein ; c’était là où je devais achever ma vieillesse. Puisse votre carrière être aussi longue qu’elle est utile au monde, et glorieuse à votre personne !
Je viens d’apprendre que M. le prince de Brunswick 4, envoyé par vous à l’armée victorieuse des Russes, y est mort de maladie. C’est un héros de moins dans le monde, et c’est un double compliment de condoléance à faire à Votre Majesté : il n’a qu’entrevu la vie et la gloire ; mais, après tout, ceux qui vivent cent ans font-ils autre chose qu’entrevoir ? Je n’ai fait qu’entrevoir un moment Frédéric le Grand ; je l’admire, je lui suis attaché, je le remercie, je suis pénétré de ses bontés pour le moment qui me reste : voilà de quoi je suis certain pour ces deux instants.
Mais pour l’éternité, cette affaire est un peu plus équivoque ; tout ce qui nous environne est l’empire du doute, et le doute est un état désagréable. Y a-t-il un Dieu tel qu’on le dit, une âme telle qu’on l’imagine, des relations telles qu’on les établit ? Y a-t-il quelque chose à espérer après le moment de la vie 5? Gilimer, dépouillé de ses États 6, avait-il raison de se mettre à rire quand on le présenta devant Justinien ? et Caton avait-il raison de se tuer, de peur de voir César ? La gloire n’est-elle qu’une illusion ? Faut-il que Moustapha, dans la mollesse de son harem, faisant toutes les sottises possibles, ignorant, orgueilleux, et battu, soit plus heureux, s’il digère, qu’un héros philosophe qui ne digérerait pas ?
Tous les êtres sont-ils égaux devant le grand Être qui anime la nature ? En ce cas, l’âme de Ravaillac serait à jamais égale à celle de Henri IV ; ou ni l’un ni l’autre n’aurait eu d’âme. Que le héros philosophe débrouille tout cela, car, pour moi, je n’y entends rien.
Je reste, du fond de mon chaos, pénétré de respect, de reconnaissance et d’attachement pour votre personne, et du néant de presque tout le reste. »
1 Bonne nouvelle confirmée au roi de Prusse par une lettre de d'Alembert écrite de Lyon le jour même : « Je viens de passer quinze jours à Ferney chez M. de Voltaire ; il m'a paru pénétré de reconnaissance des bontés de V[otre] M[ajesté] , et les sentir avec un vif attendrissement . Il m'a souvent parlé avec le plus grand intérêt de tout ce que la philosophie et les lettres doivent à V M, du besoin égal et important qu'elles ont et de votre protection et de votre exemple, et du vœu unanime qu'elles doivent faire pour la conservation de vos jours si précieux à l'humanité. » (Œuvres de Frédéric, XXIV, 556)
2 L'allusion à Marc-Aurèle, en rapport avec la Moravie, s'explique de façon précise par un mot de Frédéric lui même, dans une lettre du 9 ou 10 septembre 1752 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1752/Lettre_2429
Frédéric confondait Carnovia ( actuellement Jägendorf ) avec Carnurum, où avait séjourné Marc-Aurèle ; en 1778, selon une note des Œuvres de Frédéric, XXII, 335, il fait encore la même confusion que semble partager V*.
3 Frédéric a en effet raconté son entrevue avec Joseph II qui semble avoir eu des échos dans l’œuvre de V*, par exemple dans l’Eloge historique de la raison ; voir lettre du 16 septembre 1770 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8025
et voir/écouter : https://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/voltaire-eloge-historique-de-la-raison.html
4 Guillaume-Adolphe, né en 1745, mort en Bessarabie le 24 août 1770 ; il était membre de l’Académie de Berlin. Outre ce prince, Frédéric avait encore envoyé d’autres officiers à l’armée russe. Voir lettre du 27 juillet 1770 à Frédéric : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/01/19/partageons-les-depouilles-prends-les-dimes-et-laisse-moi-le-6579843.html
5 Ces lignes expriment de façon sincère les doutes de V* : il se sent incapable de répondre à ces questions .
6 Gilimer fut le dernier roi des Vandales.
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