30/10/2026
on avait à Genève la liste des maisons de campagne de messieurs du Parlement
... Qu'en dit Mediapart ? Rien .
Car hormis les logements des parlementaires suisses, les maisons de parlementaires français sont uniquement intéressantes par les impôts que leurs propriétaires peuvent verser . Pour le reste, motus , l'argent n'a pas d'odeur, les banques suisses sont championnes de la discrétion, et encore du blanchiment, bien qu'elles aient signé, à leur corps défendant, des accords de bonnes pratiques de transparence ; voir : Convention relative à l’obligation de diligence des banques (CDB 20) .
« Voltaire et Marie-Louise Denis
à Pierre-Michel Hennin
M. de Voltaire et Mme Denis font bien des compliments à M. Hennin. Ils ont oui dire que l’on avait à Genève la liste des maisons de campagne de messieurs du Parlement 1. Ils seraient très obligés à M. Hennin s’il voulait bien avoir la bonté de la leur procurer 2.
15è février 1771. »
1 Ces « maisons de campagne » désignent ironiquement les lieux dans lesquels les membres du parlement ont été assignés à résidence ; ladite liste a été publiée par Mathieu-François Pidansat de Mairobert et Moufle d'Angerville ; voir ci-dessous .
2 Les membres du parlement, persistant à refuser de faire leur service, furent exilés par lettres de cachet des 21 et 22 janvier, qui assignaient à chacun sa résidence. La liste des exilés, avec l’indication du lieu où chacun doit se rendre, est imprimée pages 47-58 du tome Ier du Journal historique de la révolution opérée dans la constitution de la monarchie, par M. de Maupéou, chancelier de France, 1774-1776, sept volumes in-12. ; voir : https://books.google.fr/books?id=vuObymXyRJMC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false
; https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=ufl.31262044152345&seq=7
; https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=ufl.31262044152592&seq=7
Voir réponse de Hennin du 17 février : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1771/Lettre_8212
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Tout ce que je puis faire, c’est de vous être dévoué comme à vos amis . On ne s’est point encore avisé de nous défendre ce sentiment-là
... Au train où vont les choses, on pourrait le craindre dans un délai bien bref dans un monde qui supporte un Trump, un Poutine, un Kim Jong-un, un Netanyahou , et tant d'autres semeurs de mort . Heureusement ils ne sont pas immortels .
« A Marie de Vichy de Chamrond, marquise Du Deffand
à Saint-Joseph
à Paris
15è février. 1771
Je vous demande en grâce, madame, de me faire écrire sur-le-champ s’il est vrai que la grand-maman ait reçu une lettre du patron 1, et si cette lettre est aussi agréable qu’on le dit 2.
Les petits versiculets barmécidiens 3 ont couru ; je peux en être fâché pour eux, qui ne valent pas grand-chose, mais je ne saurais en être fâché pour moi, qui ne rougis point d’un sentiment honnête. J’aurais trop à rougir, si je craignais de montrer mon attachement pour mes bienfaiteurs ; je ne leur ai jamais demandé de grâce qu’ils ne me l’aient accordée sur-le-champ. Il est vrai que ces grâces étaient pour d’autres, mais c’est ce qui me rend plus reconnaissant encore. Je leur serai dévoué jusqu’à mon dernier soupir. Je voudrais vous accompagner, madame, dans votre voyage, mais mon triste état ne me permet pas de me remuer ; et d’ailleurs je n’ai pas le bonheur d’être de ce pays que vous aimez, et où l’on va coucher chez qui l’on veut 4. Tout ce que je puis faire, c’est de vous être dévoué comme à vos amis . On ne s’est point encore avisé de nous défendre ces sentiments-là.
Portez-vous bien, écrivez-moi tout ce qu’il vous plaira, et conservez-moi un peu d’amitié. »
1 Louis XV.
2 Cette lettre du roi accompagnait le présent d'un service de porcelaine .
3 Épître de Benaldaki à Caramouftée ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome10.djvu/450
Et voir lettre du 19è janvier 1771 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/09/29/voila-de-ces-choses-que-vous-pouvez-savoir-et-que-vous-pouve-6610133.html
4 Ce projet de voyage le plus marquant de la marquise Du Deffand est son pèlerinage à Chanteloup, en Touraine, pour y retrouver ses amis très chers, le duc Étienne-François de Choiseul et la duchesse Louise-Honorine, brutalement disgraciés par Louis XV en décembre 1770 sous l'influence de Madame du Barry .
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29/10/2026
Il me paraît qu’il y a bien d’autres places à donner actuellement. Voilà un grand labyrinthe dont il sera difficile de sortir
... Tel Icare , Mme Le Pen , il faudra avoir des ailes pour sortir de ce labyrinthe sac de noeuds qu'est la constitution d'un gouvernement avec un Jordan qui sent le soufre et a plus de plomb dans l'aile que de libre choix de ministres, chapeauté par Marine qui veille au grain, et va faire payer toutes ses années de frustration . On ne craint pas au RN de promettre merveilles de son fait, et sang et larmes par tous autres .
Il est infiniment pénible de voir à quel point en sont arrivés ces citoyens qui se laissent gruger par ces partis des extrêmes menés par des menteurs et délinquants notoires récidivistes . Il y a de coups de pied occultes qui se perdent !
« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu
13è février 1771 à Ferney
Par la sainte Vierge, monseigneur, c’est à vous, c’est à notre doyen, c’est à M. le maréchal de Richelieu à gouverner notre Académie ; mais mon héros ne peut y donner qu’un coup d’œil en passant ; il a quelques affaires un peu plus importantes. Tout ce que je sais, c’est que je vous demande votre protection pour M. Gaillard 1, que vous en trouverez très digne, et qui n’est point du tout infecté de ces principes que vous haïssez avec raison.
Je vous prie de remarquer que M. D’Alembert est le seul de nos académiciens qui ait travaillé à l’Encyclopédie, et que c’est assurément un homme d’un très rare mérite. Je ne connais guère que Jean-Jacques Rousseau à qui on puisse reprocher ces idées d’égalité et d’indépendance, et toutes ces chimères qui ne sont que ridicules. Mais ne craignez pas que je vous demande jamais une place d’académicien pour lui, encore moins pour La Beaumelle, qui est fort inférieur à Jean-Jacques pour l’esprit et pour les connaissances, et infiniment supérieur en méchanceté et en impudence.
Il me paraît qu’il y a bien d’autres places à donner actuellement. Voilà un grand labyrinthe dont il sera difficile de sortir. Pour moi, qui ne sors guère de mon lit depuis que la neige couvre mes déserts, et qui suis privé à la fois de mes yeux et de mes jambes, je ne vois point les événements de ce monde du fond de mon tombeau de neiges. J’attends paisiblement les beaux jours ; je n’en trouverai que quand je pourrai vous faire encore ma cour avant d’achever ma carrière, et je prie Dieu que celle de notre doyen égale au moins celle du doyen Fontenelle.
Agréez mon tendre et profond respect.
V. »
1 En fait Gaillard a déjà été élu le 7 février 1771 : https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/gabriel-henri-gaillard
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On se flatte qu'il y aura dorénavant plus d'économie dans les finances...Au reste les esprits du public sont partagés sur tous ces événements...un peu de temps calmera tout
... Tout ira bien dans la meilleure des France !
« A Alexandre-Marie-François de Paule de Dompierre d'Hornoy
à Sancoins
13è février 1771
Je hasarde de vous écrire et je crois qu'en effet c'est hasarder, car j'ignore si vous avez reçu ma première lettre 1 qui était à l’adresse de Mme d'Hornoy sous l'enveloppe de M. de Magnanville .
Vous avez sans doute des nouvelles directes de Paris . J'ai bien peur de ne faire ici que vous répéter ce que vous avez appris mieux que moi, ou de vous dire des choses peu sûres ; mais vous combinerez mes nouvelles avec les vôtres et vous en jugerez .
Premièrement, une nouvelle très sûre, c'est que M. Fabry, maire de Gex, dans son voyage à Paris où tout le monde va pour voir la pièce nouvelle 2, [a] perdu les pastels qu'on envoyait à Mme d'Hornoy . Cela se réparera plus aisément que le reste .
Je crois que les parlements feront au roi de très humbles remontrances . Le parlement de Dijon notre voisin a déjà envoyé les siennes . Ce sont les cadets qui prient le père de famille en faveur de leur aîné .
Vous savez que la Chambre des comptes et la Cour des aides font la même démarche .
Vous avez peut-être vu le nouveau projet dont il court de copies dans Paris, c'est de créer un parlement pour l’Île-de-France qui sera la cour des pairs, et ne sera composé que de cinquante membres ; les places seront données par le roi avec des appointements sans épices . Le reste du ressort sera partagé en cours souveraines de vingt membres chacune. On proposera l'édit d'enregistrement qui a fait le sujet de la querelle à tous les parlements du royaume, et on fera dans chaque province le même arrangement qu'on projette pour le parlement de Paris . Ceux qui mandent cette nouvelle disent que les pairs et les princes s'opposent à cette nouveauté qui paraît d'une exécution bien difficile . On espère que le roi, qui a de l'expérience et de la bonté, ne prendra qu'un parti sage .
On s'attendait que M. le duc d'Aiguillon serait nommé la semaine passée ministre des Affaires étrangères . Cependant il ne l’a point été .
Au reste les esprits du public sont partagés sur tous ces événements . La sagesse du roi les réunira, et un peu de temps calmera tout . On dit qu'il a déjà eu la bonté d'écrire une lettre consolante à Mme la duchesse de Choiseul . Je n'en suis pas sûr, j'en serai bientôt informé . Cela donnerait de grandes espérances . On n' a ôté à M. le duc de Choiseul ni les Suisses, ni la pension de ministre, et Sa Majesté n'ignore pas les services qu'il a rendus à l’État 3 .
On se flatte qu'il y aura dorénavant plus d'économie dans les finances . On laisse six mois en arrière de toutes les rentes que le roi doit, excepté celles sur l'hôtel de ville .
Le système de l'exportation des grains n'a servi jusqu'à présent qu'à nous apporter la famine . Le blé vaut chez nous vingt écus le setier mesure de Paris depuis trois mois . Plusieurs provinces souffrent une extrême disette, et j'ai peur que celle où vous êtes ne soit dans le même cas .
Pendant que nous gémissions, l’impératrice de Russie donne les fêtes les plus superbes et les plus galantes, et n'en continue pas moins à presser l'empire ottoman de tous les côtés .
Voilà tout ce que je sais des nouvelles de ce monde pour le présent . Je ne pousserai pas jusqu'à la Chine, de peur de déplaire à mon confrère Séguier qui à ce que je vois n'est pas encore assez formé pour entendre raillerie.
Je vous embrasse tous deux autant que mes très faibles bras peuvent vous embrasser . J'ai la goutte, je suis un peu sourd et un peu aveugle, mais cela ne fait rien . »
1Apparemment la lettre du 11 janvier 1771 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/09/16/en-un-mot-il-ne-s-agit-uniquement-de-savoir-si-le-gouverneme-6608578.html
2 Le nouveau ministère.
3 V* compte lamnifestement sur la censure ppour faire connaître au roi ce paragraphe de sa lettre, avec d'autres extraits .
00:28 | Lien permanent | Commentaires (0)
28/10/2026
Je vous demande en grâce d'y faire travailler avec la plus grand célérité
... Requête pressante du président-quand-il-y-pense auprès de ses ministres pour rétablir un semblant d'ordre auprès des lycéens et étudiants, un semblant de paix et d'indemnisation des professionnels dévalisés et sinistrés, sans oublier un sérieux coup de main pour aider tous ceux qui sont obligatoirement professionnellement sur les routes .
Célérité et efficacité, il est à craindre qu'elles soient toutes relatives au pays des ronds-de-cuir . Haut les coeurs, je peux me tromper !

Derrière l'écran de l'ordinateur, voici ce qui se passe réellement
https://www.info.gouv.fr/toute-l-actualite
« A Cosimo Alessandro Collini, Secrétaire
intime, Historiographe etc. de S.A.E.
à Manheim
Je vous prie, mon cher ami, de m'envoyer encore deux médaillons en plâtre 1 pareils à celui dont vous m'avez gratifié ; mais je ne veux les avoir qu'en payant, et je vous supplie d'en faire le prix . Je vous demande en grâce d'y faire travailler avec la plus grand célérité .
Je vous embrasse de tout mon cœur .
V.
A Ferney 13è février 1771. 2»
1 Voir lettre du 30 octobre 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/05/01/j-ai-vu-le-moment-ou-il-ne-restait-de-moi-que-ces-monuments-6593700.html
2 Original, endos « fr[an]co Nuremb[erg] ; éd. Collini qui date du 13 février 1770 ; Beuchot suivi par Moland corrigent à tort en « 13 novembre 1770 ».
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27/10/2026
il se pourrait bien que vous ne voulussiez point quitter votre heureuse tranquillité pour vous mêler des querelles d’autrui
... Serait-il possible que l'on s'adresse ici à François Hollande ?
« Au cardinal François-Joachim de Pierre de Bernis
A Ferney 13 février [1771]
Un garçon bleu 1, qui a de bons yeux et de bonnes oreilles, est venu dans ce pays-ci pour recueillir une petite succession . Il prétend qu’il a entendu un familier dire au maître : « Il n’y a que le cardinal de B. qui puisse vous tirer d’affaire », et que le maître a répondu par un sourire tout à fait agréable, sans dire un mot.
Je me hâte, monseigneur, de vous mander cette nouvelle. Peut-être le temps de l’accomplissement de ma prophétie approche. Pour moi, je pense comme le familier et comme le garçon bleu ; mais il se pourrait bien que vous ne voulussiez point quitter votre heureuse tranquillité pour vous mêler des querelles d’autrui. Quoi qu’il en soit, je renouvelle à Votre Éminence les assurances de mon très tendre respect.
Le vieil Ermite du mont Jura. »
1 Probablement quelque valet de la maison du roi, dont la livrée était bleue. Certains, par la lettre du 13 février 1771 à d'Hornoy, supposent qu'il pourrait s'agir de Fabry .
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26/10/2026
tout devient difficile
... Yes !
... « C'est vraiment trop injuste ! »

« A Jean Le Rond d'Alembert
13 de février [1771]
Je crois notre doyen 1 converti, et je me flatte qu’il ne s’opposera point à M. Gaillard.
Vous devez avoir reçu, mon cher philosophe, trois volumes 2 l’un après l’autre. Je n’ai pu vous les envoyer plus tôt ; tout devient difficile.
J’ai peur que l’Épître au roi de Danemark sur la liberté de la presse ne paraisse dans un temps bien peu favorable. J’ai pourtant grande envie que vous m’en disiez votre sentiment, mais je tremble toujours de la laisser courir le monde.
Est-il bien vrai qu’on va restreindre le ressort du parlement de Paris à l’Île-de-France 3? Ce pourrait être un grand bien : il est cruel de se ruiner pour aller plaider en dernier ressort à plus de cent lieues de chez soi.
Je ne sais comment je suis avec Mme Necker ; j’ai peur qu’elle ne m’ait entièrement oublié.
Ne comptez-vous pas un jour avoir parmi vos quarante M. le marquis de Condorcet 4?
Je vous embrasse bien tendrement, mon très cher philosophie. Je suis bien malade. Est-il vrai que M. de Mairan se meure ?
Il faut passer dans ma barque. »
1 Le maréchal de Richelieu .
2 Les trois premiers volumes des Questions sur l’Encyclopédie.
3 C'était en effet à peu près le cas ; voir lettre du 27 février 1771 au président de Ruffey : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1771/Lettre_8222
4 Condorcet ne fut élu à l'Académie qu'en 1782 .
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