26/05/2026
Il faut orner un peu le pays qui vous a tant d'obligations
... Surtout quand quelques milliards de dollars inondent la famille, mister Donald . Et les travaux d'embellissement [sic] de la Maison Blanche ne sont qu'un trompe-couillons bon pour le bas peuple qui t'adore . N'est pas Napoléon ou empereur celui qui seulement bâtit un arc de triomphe, n'oublie pas que plus tu te mets sur un piédestal, plus on voit ton cul .
« A Louis-Gaspard Fabry
19è novembre 1770 à Ferney
Voici, monsieur, une affaire de votre ressort . Je m'imagine qu'il suffira d'un mot de votre main pour autoriser les habitants de Ferney à se donner de l'eau, et que ce n'est pas la peine d'envoyer à Dijon . Quoi qu'il en soit, permettez que je vous adresse la délibération et la requête des habitants . Nous comptons décorer notre petit village d'une fontaine assez jolie 1. Il faut orner un peu le pays qui vous a tant d'obligations .
J'ai l'honneur d'être avec l'amitié la plus respectueuse,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire . »
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25/05/2026
on n'a point répondu à la chose à laquelle je m'intéressais le plus
... Constat trumpien ? ou iranien ? A suivre : https://www.lemonde.fr/international/live/2026/05/25/en-d...
« A François de Caire
A Ferney 19è novembre 1770
Monsieur,
Je ne suis pas heureux sur la fin de cette année ; on m'abandonne ; on n'a point répondu à la chose à laquelle je m'intéressais le plus ; on n'a point encore donné le brevet de brigadier à un de mes neveux à qui on l’avait promis . M. l'abbé Terray est plus funeste que jamais . Il faudra que j'abandonne ma colonie ; mais il me restera probablement le plaisir de voir prospérer Versoix, et surtout de voir récompenser son commandant, pour lequel je sais très certainement qu'on est on ne peut pas mieux disposé .
J'ai l'honneur d'être avec l'amitié la lus respectueuse,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
16:07 | Lien permanent | Commentaires (0)
À la longue, il a le secret d’ennuyer sur le sujet le plus intéressant
... Valable pour tous les politiciens, et au premier rang le président "for chure", avec la certitude que c'est une tare bien répartie dans le monde des blablateurs professionnels de tous bords .
« A Philippe-Charles-François-Joseph de Pavée, marquis
de Villevielle, Capitaine
au Régiment du roi, etc.
hôtel du Châtelet
rue de l'Université
à Paris
À Ferney, 16 ou 17 novembre [1770]
Votre lettre de Cirey, monsieur, adoucit les maux qui sont attachés à ma vieillesse. J’aimerai toujours le maître du château, et je n’oublierai jamais les beaux jours que j’y ai passés. Je vous sais très bon gré d’être attaché à votre colonel, qui est assurément un des plus estimables hommes de France 1. Je l’ai vu naître, et il a passé toutes mes espérances.
Je ne sais comment je pourrai vous faire tenir la petite réponse au Système de la Nature 2 . Ce n’est point un ouvrage qui puisse être imprimé à Paris. En rendant gloire à Dieu, il dit trop la vérité aux hommes. Il leur faut un dieu aussi impertinent qu’eux . Ils l’ont toujours fait à leur image. Paris s’amuse de ces disputes comme de l’opéra-comique. Il a lu le Système de la Nature avec le même esprit qu’il lit de petits romans . Au bout de trois semaines on n’en parle plus. Il y a, comme vous le dites, des morceaux d’éloquence dans ce livre ; mais ils sont noyés dans des déclamations et dans des répétitions. À la longue, il a le secret d’ennuyer sur le sujet le plus intéressant.
La chanson que vous m’envoyez doit avoir beaucoup mieux réussi. Je suis bien aise qu’elle soit en l’honneur de l’homme du monde à qui je suis le plus dévoué, et à qui j’ai le plus d’obligations 3. J’ose être sûr que les niches qu’on a voulu lui faire ne seront que des chansons. S’il me tombe entre les mains quelque rogaton qui puisse vous amuser, je ne manquerai pas de vous l’envoyer. Je suis à vous tant que je serai encore un peu en vie.
V. »
1 Louis-Marie-Florent de Lomont d'Haroucourt, duc du Châtelet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Marie_Florent_du_Ch%C3%A2telet
Voir : https://gw.geneanet.org/dedee5?lang=fr&n=du+chatelet&p=louis+marie+florent
2 Voir lettre du 27 juillet 1770 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/01/19/je-ne-connais-point-de-plus-meprisable-charlatan-6579829.html
3 Le duc de Choiseul.
08:15 | Lien permanent | Commentaires (0)
24/05/2026
Il y a tout lieu de croire que cette fabrique réussira, et ce sera à vos bontés, monsieur, qu’ils en auront la principale obligation
... Soyons optimistes, si toutefois la "méthode Notre-Dame" née dans l'esprit du président Macron ( ou ses conseillers ) porte ses fruits ; il y a beaucoup (ou pas, selon les protagonistes ) d'ambition stratégique , apparemment, wait and see : https://www.ici.fr/auvergne-rhone-alpes/allier-03/emmanue...
C'est au pied du mur etc., etc.
« A Pierre Paul, marquis d'Ossun
À Ferney, 26 novembre 1770 1
Monsieur,
Je suis confus de vos bontés. Je vois que vous êtes en Espagne le protecteur de tous les Français, et toute ma petite colonie est devenue française. J’ai remis aux entrepreneurs de la fabrique les mémoires dont Votre Excellence a bien voulu m’honorer. Ils sont à vos pieds ; ils ne manqueront pas d’écrire à M. Camps, et de lui faire un envoi. Votre Excellence me permettra-t-elle d’abuser de sa protection au point de lui adresser le paquet à elle-même par le premier courrier que M. le duc de Choiseul lui dépêchera ?
Ils me font espérer que M. Camps sera très content d’eux. Ils n’ont pas laissé de faire quelques affaires à Cadix par Marseille et par Bayonne, depuis qu’ils sont établis chez moi. Il y a tout lieu de croire que cette fabrique réussira, et ce sera à vos bontés, monsieur, qu’ils en auront la principale obligation.
Si vous avez quelques ordres à leur faire parvenir, et si vous daignez encore les honorer de quelque mémoire, je vous supplierai de vouloir bien ordonner qu’ils partent sous l’enveloppe de M. le duc de Choiseul ou sous celle de son premier secrétaire, M. de La Ponce 2, pour plus de sûreté.
Il ne me reste qu’à vous faire les plus sincères et les plus vifs remerciements.
J’ai l’honneur d’être avec autant de respect que de reconnaissance,
monsieur,
de Votre Excellence
le très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
1 Manuscrit olographe ; éd Voltaire à Ferney qui date à tort la lettre du 26 .
2 Voir Mathieu de La Ponce : https://www.archives41.fr/archives/archives/fonds/FRAD041_113_J/open:all
17:00 | Lien permanent | Commentaires (0)
Dites bien à vos chers esclaves que je travaillerai pour eux jusqu'au moment de la décision, et qu'il faut absolument qu'ils soient libres
... Il est souhaitable que ce soit l'état d'esprit du président Macron face à ces gouvernements qui se permettent d'emprisonner des citoyens français ( et autres ) sous des prétextes fallacieux . A quand la libération de Philippe Gleizes détenu indument en Algérie depuis plus de sept mois ?
Voir ce que disait Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères : https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/presse-et-ressources/decouvrir-et-informer/actualites/francais-detenus-a-l-etranger-detention-de-christophe-gleizes-reponse-de-jean-noel-barrot-ministre
« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin fils
Avocat
à Saint-Claude
Mon très cher petit philosophe, la Saint-Martin est passée sans que le procès des tyrans et des esclaves ait été rapporté . J’écris à M. l'avocat général Séguier pour le prier de vouloir bien communiquer à M. Chéry 1 son plaidoyer et ses conclusions suivant lesquelles les tyrans de Saint-Claude furent condamnés il y a dix ans dans un cas à peu près semblable . Il affirmait dans son discours qu'il n'y a plus d'esclaves en France, et c'est la jurisprudence du parlement de Paris . C'est ce que je représente de toutes mes forces au ministère . Dites bien à vos chers esclaves que je travaillerai pour eux jusqu'au moment de la décision, et qu'il faut absolument qu'ils soient libres .
Je vous embrasse de tout mon cœur .
V.
16 novembre [1770].2 »
1 On a vu ( lettre du 14 septembre 1770 à Mme de Choiseul ) que ce Chéry est un avocat ; il a signé l'Addition à la requête des habitants et communautés, 1771, et la Nouvelle requête au Roi en son Conseil .
et : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30731205q
et : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome28.djvu/361
2 Manuscrit olographe sauf l'adresse ; éd. Cayrol .
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23/05/2026
Si, malgré mes remontrances, Sa Majesté chinoise veut venir à Paris, je lui conseillerai, madame, de se faire de vos amis, et de tâcher de souper avec vous
...Ô qu'il serait beau ce souper alliant Xi Jinping et Brigitte Macron, « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. » [Lautréamont (1869)]
Je vous laisse répartir les rôles .
« A Louise-Honorine Crozat du Châtel, duchesse de Choiseul
À Ferney, 16 novembre 1770
Madame,
Je voudrais amuser notre bienfaitrice philosophe, et je crains fort de faire tout le contraire. L’auteur de cette Épître au roi de la Chine 1 dit qu’il est accoutumé à ennuyer les rois : cela peut être, je l’en crois sur sa parole ; mais il ne faut pas pour cela ennuyer madame la philosophe grand-maman, qui a plus d’esprit que tous les monarques d’Orient ; car pour ceux d’Occident, je n’en parle pas.
Si, malgré mes remontrances, Sa Majesté chinoise veut venir à Paris, je lui conseillerai, madame, de se faire de vos amis, et de tâcher de souper avec vous . Je n’en dirai pas autant à Moustapha. Franchement, il ne m’en paraît pas digne ; je le crois d’ailleurs très incivil avec les dames, et je ne pense pas que ses eunuques lui aient appris à vivre.
Si, par un hasard que je ne prévois pas, cette Épître au roi de la Chine trouvait un moment grâce devant vos yeux, je vous dirais : envoyez-en copie pour amuser votre petite-fille, supposé qu’elle soit amusable, et qu’elle ne soit pas dans ses moments de dégoût.
Pour réussir chez elle, il faut prendre son temps.2
Puissé-je au moins madame, prendre toujours bien mon temps en vous présentant le profond respect, la reconnaissance et l’attachement du vieil ermite de Ferney .»
1 Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome10.djvu/422
2 Vers 107 de l’Épître au roi de la Chine ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome10.djvu/429
16:40 | Lien permanent | Commentaires (0)
« Critique » ne doit marcher qu'après « Crime »
... Logique , non ? Et ce n'est pas que pour respecter l'ordre alphabétique .
Voyons , d'abord "Crimes" : https://artflsrv03.uchicago.edu/philologic4/toutvoltaire/navigate/939/1/46/
et puis "Critique" : https://artflsrv03.uchicago.edu/philologic4/toutvoltaire/...
En attendant la distribution des palmes à Cannes, tempête des critiques, retenons ce que dit Voltaire : "Enfin, il n'y a pas un seul de ces critiques qui ne se croie juge de l'univers, et écouté de l'univers. "
« A Gabriel Cramer
[novembre 1770] 1
Vraiment j'en étais curieux et je le suis du bonheur de mes voisins .
Je croyais avoir envoyé H et J . Voici copie .
De qui est le Citoyen de Raguse ?2
On s'arrache à Paris la lettre du roi de la Chine .
J'envoie « Coutume », « Crimes », « Criminels », « Croire », « Cromwell », « Critique » ne doit marcher qu'après « Crime ».
Le reste sans retard . »
1 Manuscrit olographe. Ed. Gagnebin . Pour la date voir la note suivante .
2 Paul-Henri Mallet , Des intérêts et des devoirs d'un républicain par un citoyen de Raguse . Ouvrage traduit de l'italien par M. B*** [Yverdon 1770]. Dupan mentionne l'ouvrage dans une lettre à Freudenreich du 24 novembre 1770. Voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5601296b.texteImage
11:14 | Lien permanent | Commentaires (0)

