05/09/2026
qui ne garantit pas un mot de ce qu'on lui mande
... Est-ce pour cela que Annie Genevard, présentement ministre de l'Agriculture n'écoute que d'une oreille les dires des paysans et propose des aides insuffisantes ?
Voyons : https://reporterre.net/Plan-d-urgence-agricole-La-ministr...
« A François de Caire
Commandant etc.
à Versoix
[vers le 6 janvier 1771]
Les nouvelles du vieux malade , sont que M. le comte de Monteynard a le département de la Guerre.
Qu'aucun autre département n'est nommé .
Que Mme de Gramont est partie pour Chanteloup, et non point pour Vaux Praslin .
On ne mande rien de plus au vieux hibou qui présente ses respects à monsieur et à madame de Caire, et qui ne garantit pas un mot de ce qu'on lui mande . »
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
04/09/2026
Je suis très abasourdi
... Qui donc ? Mais bien entendu Jean-Luc Mélenchon qui bat sa coulpe et tente d'effacer par d'abasourdissantes nouvelles prises de positions ses critiques passées pas piquées des vers sur le port du voile islamique : https://www.bfmtv.com/politique/la-france-insoumise/voile-islamique-melenchon-reconnait-avoir-change-d-avis-au-fil-des-annees_AD-202609030131.html
Ami.e.s musulman.e.s, voyez comme il vous aime .
Ô comme Marine le réveille à temps ! Nous n'avons pas fini de voir des reculades de ce style dans tous les partis . Tout et n'importe quoi pour gagner des voix .
« A Gottlob Louis, comte de Schomberg
6 janvier 1771
Je suis très abasourdi, monsieur, très affligé et très malade. Si quelque chose peut me consoler, c’est que vous n’êtes rien de tout cela. Vous devez être tranquille au milieu des orages ; rien ne doit vous alarmer, parce que rien ne peut vous nuire. Vous conservez toujours vos places, et vous aurez pour vous la voix publique.
Je n’écris point au très aimable commandant de la Bresse 1 et du petit pays de Gex, où l’on meurt de faim et où le pain blanc coûte neuf sous la livre. On a été obligé de renvoyer un bataillon d’artillerie qui était à Versoix, parce qu’on n’avait pas de quoi le nourrir. Tout nourrit ma douleur, et il n’y a que cela de bien nourri dans mes déserts.
Je vous prie, monsieur, si vous voyez, comme je n’en doute pas, mon très aimable commandant, d’avoir la bonté de l’assurer des inutiles sentiments du plus humble et du plus triste de vos serviteurs, qui vous sera attaché bien respectueusement tant qu’il vivra. »
1 Jaucourt.
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
03/09/2026
Nous ne manquerons pas de ministres ; mais sans les soins que vous prenez, monsieur, pour la province, nous pourrions bien manquer de pain
... Toujours d'actualité ce cher Voltaire .
« A Louis-Gaspard Fabry, Chevalier de
l'ordre du roi, Subdélégué
à Gex
Ce que vous me faites l’honneur de me mander, monsieur, est bien vraisemblable. Je ne me croyais sûr que de M. le marquis de Monteynard, par un de ses parents qui me l’avait mandé il y a près de huit jours.
M. le marquis d’Ossun serait un choix heureux. Il favoriserait en Espagne, de tout son pouvoir, le commerce de ma petite colonie, et il l’avait protégée avec un zèle étonnant.
On m’avait déjà parlé de M. l’évêque d’Orléans, qui s’était brouillé, dit-on, avec M. l’archevêque de Reims 1; mais j’avais beaucoup de peine à croire cette nouvelle.
Je ne puis concevoir comment M. le prince de Condé ayant pris place au Conseil le 30, toute la France n’en ait pas été instruite.
Il me semble que M. de Boynes 2 avait bien peu de rapport avec la marine ; mais il y a des génies qui sont propres à tout.
Nous ne manquerons pas de ministres ; mais sans les soins que vous prenez, monsieur, pour la province, nous pourrions bien manquer de pain.
Mille tendres respects.
V.
6è janvier 1771 à Ferney. »
1 Voir lettre du même jour à Mme Du Deffand : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/09/01/dans-le-nombre-tres-grand-de-ses-serviteurs-je-suis-le-plus-inutile-et-le-p.html
2 Pierre-Etienne Bourgeois de Boynes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_%C3%89tienne_Bourgeois_de_Boynes
11:02 | Lien permanent | Commentaires (0)
02/09/2026
dans le nombre très grand de ses serviteurs, je suis le plus inutile et le plus triste
... C'est le constat de Jordan Bardella face au programme présidentiel de Marine Le Pen, et pour une fois, il a raison de se démarquer, même si son programme personnel était plus que léger . Et au fond, Manuel Bompard est le gugusse de service pour Jean-Luc Mélenchon . Les grosses têtes des extrêmes sont de pénibles maîtres.ses , gare aux subalternes !
« A Marie de Vichy de Chamrond, marquise Du Deffand
6è janvier 1771
Madame,
Je suis enterré tout vivant , c’est la différence qui est entre le président Hénault et moi ; il n’a été enterré que lorsqu’il a été tout à fait mort. Vous me dites que quand il fit son testament il était entêté d'une fille que vous aviez prise chez vous 1 . Vous ne pouviez le condamner plus cruellement 2.
Mais je ne suis occupé actuellement que de votre grand-maman et de son mari. Puis-je me flatter que vous aurez la bonté de lui mander que, dans le nombre très grand de ses serviteurs, je suis le plus inutile et le plus triste , et que si je pouvais quitter mon lit, je voudrais lui demander la permission de me mettre au chevet du sien pour lui faire la lecture ? mais je commencerais d’abord par vous, madame. Ce serait vraiment un joli voyage à faire que de venir passer quinze jours auprès de vous, et de là quinze jours auprès d’elle. On dit qu’elle ne se portait pas bien à son départ. Je tremble toujours pour sa petite santé. On dit tant de sottises que je n’en crois aucune. Il faut bien 3 pourtant que le coup ait été porté assez inopinément, puisqu’on n’avait encore pris aucunes mesures pour les places à donner. On parle de M. de Monteynard 4, de Grenoble, qu’on regarde comme un homme sage. Je ne sais pas encore s’il est bien vrai que M. le comte de La Marche ait les Suisses 5.
J’ai vu des Questions sur le droit public 6, à l’occasion de l’affaire de M. le duc d’Aiguillon . Cet ouvrage me paraît fort instructif. Je doute pourtant que vous le lisiez : il me semble que vous donnez la préférence à ceux qui vous plaisent sur ceux qui vous instruisent . D’ailleurs cet ouvrage roule sur des formes juridiques qui ne sont point du tout agréables. C’est bien assez de savoir que la mauvaise humeur du parlement de Paris contre M. le duc d’Aiguillon est aussi ridicule que tout ce qu’il a fait du temps de la Fronde, mais non pas si dangereux.
Je m’intéresse plus à la guerre des Russes contre les Ottomans qu’à la guerre de plume du Parlement. Cependant, madame, je vous avoue que vous me feriez grand plaisir de dicter à quoi on en est, ce qu’on fait, et ce qu’on dit que l’on fera. Pour moi, je crois que dans six semaines on n’en parlera plus, et que tout rentrera dans l’ordre ou le désordre accoutumé 7.
Si à vos moments perdus vous voulez m’écrire tout ce que vous avez sur le cœur, et tout ce qui se débite, vous le pouvez en toute sûreté en envoyant la lettre à M. Marin, secrétaire général de la librairie, rue des Filles-Saint-Thomas 8. Il m’envoie mes lettres sous un contreseing très respecté ; et d’ailleurs quand on ne garantit point toutes les sottises qu’on entend dire, on n’en est point responsable.
On m’a envoyé un tome de Lettres à une illustre morte 9: elles m’auraient fait mourir d’ennui si je ne l’étais déjà de chagrin.
On nous dit que M. le marquis d’Ossun, ambassadeur en Espagne, a les Affaires étrangères, et que monsieur l’évêque d’Orléans 10 n’a plus celles de l’Église. J’ai beaucoup de relations avec l’Espagne pour la vente des montres de ma colonie, ainsi je m’intéresse fort à M. le marquis d’Ossun, qui la protège ; mais pour les affaires de l’Église, vous savez que je ne m’en mêle pas. Portez-vous bien, madame ; conservez-moi une amitié qui fait ma plus chère consolation , écrivez-moi tout ce que vous pourrez m’écrire, et envoyez, encore une fois, votre lettre chez M. Marin , rue des Filles-Saint-Thomas . »
1 Julie de Lespinasse : https://www.lyonfemmes.com/article/251071/qui-etait-julie-de-lespinasse-la-lyonnaise-qui-fut-la-demoiselle-des-lumieres
2 Les deux dernières phrases de cet alinéa (depuis Vous dites ) sont biffées dans la copie Beaumarchais-Kehl et manquent dans les éditions .
3 Le mot bien manque dans la copie Beaumarchais-Kehl, suivie par les éditions .
4 Sur Monteynard, voir lettre du 31 décembre 1770 à Hennin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/08/supposant-que-nous-sommes-instruits-de-tout-ils-ne-nous-appr-6604378.html
5 Le bruit en couru pendant quelques jours mais finalement Louis-François-Joseph de Bourbon, comte de La Marche, ne fut pas nommé colonel du régiment des Suisses ; c'est le comte d'Artois qui, au mois de décembre, remplaça Choiseul dans cette fonction .
6 On connaît les Questions de droit public sur une matière très intéressante , 1770, de Louis-Valentin de Götzmann, mais il se peut que V* n'ait encore vu que l'Analyse de l'ouvrage ayant pour titre : Questions de droit public, 1770, dont il possédait deux exemplaires .
7 Les mots ou dans le désordre manquent dans la copie Beaumarchais-Kehl et toutes les éditions . Il s'agit d'une réminiscence ; Racine a dit dans Bajazet, acte II, scène 2 :
Et que tout rentre ici dans l’ordre accoutumé.
8 Les mots rue des Filles-Saint-Thomas, ici et à la fin de la lettre manquent encore dans les mêmes textes .
9 Lettres à une illustre morte décédée en Pologne, 1770, in-12, dont l’auteur est Louis-Antoine de Caraccioli, qui fabriqua les Lettres de Clément XIV ; voyez la lettre de Voltaire à M. ***, du 2 mai 1776 : https://www.monsieurdevoltaire.com/2016/09/correspondance-annee-1776-partie15.html
et voir : https://theses.fr/1999PA040286
10 La feuille des bénéfices qui donnait à son titulaire la disposition des bénéfices vacants appartenait à Louis-Sextius de Jarente de la Bruyère, évêque d’Orléans ; celui-ci ayant été exilé en mars 1771, elle fut attribuée à Charles-Antoine de La Roche Aymon, archevêque de Reims .Voir note 3 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome40.djvu/462
Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Sextius_Jarente_de_La_Bruy%C3%A8re
et voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Antoine_de_La_Roche-Aymon
10:54 | Lien permanent | Commentaires (0)
01/09/2026
Nous avons besoin d’hommes qui pensent comme vous
... Petit extrait du panégyrique du défunt Edouard Balladur , entonné par une foule de laudateurs de tous bords à la chasse aux voix pour la présidentielle .

« A Marie-Jean-Nicolas-Antoine de Caritat, marquis de Condorcet, 1 de l'Académie des sciences etc.
rue de Bourbon faubourg Saint-Germain
à Paris
6è janvier 1771 à Ferney 2
J’ai été, monsieur, bien malade et bien affligé. Ma pauvre colonie est aussi délabrée que moi. J’ai bien peur que les maisons que j’ai bâties ne deviennent inutiles, et que mon pauvre petit pays ne retombe dans le néant dont je l’avais tiré.
Les vers que vous m’avez cités de M. de La Harpe sont très-beaux . Il faut qu’il soit de l’Académie française, et que vous nous fassiez le même honneur. Nous avons besoin d’hommes qui pensent comme vous.
Ma nièce et moi, nous vous souhaitons la bonne année, et dans cette bonne année sont compris tous les plaisirs qu’un philosophe de votre âge peut goûter. Conservez un peu d’amitié au pauvre vieillard enterré dans les neiges. Votre très humble serviteur .
V. »

Pas blanc-bleu quand même, pour mériter les compliments de Sarkozy
1 Auteur entre autres de La Vie de Voltaire : https://books.google.fr/books?id=JUprq53yPS4C&pg=PA3&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false
2 Original, cachet « de Lyon » ; éd. Condorcet ; voir : https://books.google.fr/books?id=zJgGAAAAQAAJ&pg=PA1&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false
09:12 | Lien permanent | Commentaires (0)
31/08/2026
Pouvez-vous avoir la bonté de descendre un moment
... M. Laurent Wauquiez descendez du Mezenc et tel Moïse descendant du Sinaï haranguez le peuple de droite pour les convaincre de réaliser un tri sélectif dit primaire . On verra alors s'il reste quelques esprits sensés du côté de la droite pas encore extrême : https://www.tf1info.fr/politique/en-direct-election-presi...
« [ Destinataire inconnu]
[ vers le 5 janvier 1771] 1
M. le comte de La Marche est votre colonel général 2. Pouvez-vous avoir la bonté de descendre un moment . »
1 Le manuscrit olographe de ce billet n'est qu'un bout de papier .
2 « Comte de La Marche » fait référence à Louis-François-Joseph de Bourbon-Conti (1734-1814), qui portera ce titre jusqu'à la mort de son père en 1776, date à laquelle il deviendra le dernier prince de Conti. C'est précisément en 1771 que le comte de La Marche est nommé gouverneur général de la province du Berry . Confusion sur le titre de Colonel Général : Louis-François-Joseph de Bourbon-Conti n'était pas Colonel Général en 1771.
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
30/08/2026
Rien de donné encore
... Tel est l'avis de Jorge R. Pinon, chercheur à l’Energy Institute de l’université du Texas à Austin , concernant le Venezuela, à propos d'un énième accord à la sauce Trump, le « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale »: https://www.huffingtonpost.fr/international/article/pourq...
Le fanfaron pourrait bien connaître de fâcheux démentis .
« A François de Caire
Commandant etc.
à Versoix
[vers le 5 janvier 1771] 1
Je ne crois pas les ambassadeurs de Naple 2 et de Turin 3 rappelés, mais je sais que M. de Stainville 4 partit dimanche dernier, que l'archevêque de Cambrai 5 partit le 29, et Mme de Gramont le même jour .
Rien de donné encore . Mille respects . »
1 Original ; éd. Wade . La lettre montre que V* s'attend à ce que tout le clan Choiseul tombe en disgrâce, ou même soit exilé .
2 Renaud-César-Louis de Choiseul, plus tard duc de Praslin vient d'être nommé ambassadeur extraordinaire auprès du roi des Deux-Siciles ; il faut effectivement remplacé et quitta Naples en octobre .
3 Louis-Marie-Gabriel-César de Choiseul, baron d'Eguilly, connu sous le nom de marquis de Choiseul, fut ambassadeur à Turin de 1763 à 1792 ; il aurait été difficile de le remplacer sur-le-champ car il était en train de négocier les mariages des comtes de Provence et d’Artois avec les filles de Victor-Amédée de Savoie qui devait devenir roi de Sardaigne .
4 Jacques-Philippe de Choiseul, comte de Stainville, avait quitté Paris pour Chanteloup en même temps que le duc de Choiseul .
5 Léopold-Charles de Choiseul-Stainville a été exilé en même temps que son frère .
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)

