01/10/2026
un port digne de l'océan, pour recevoir tout au plus quelques bateaux de charbon
... C'est tout à fait comme l'avenir de la salle de bal de la Maison Blanche du complètement barré Trump , à ceci près que le port de Versoix était utile à tous alors que les dingueries trumpiennes ne servent que l'égo du vieil ébouriffé .
Rejoice, US happy tax payers !
« A Anne-Madeleine-Louise-Charlotte-Auguste de La Tour du Pin de Saint-Julien 1
19è janvier 1771 à Ferney 2
Madame,
Le vieil ermite qui a eu l'honneur de vous faire sa cour à Ferney, prend cette occasion pour vous faire ressouvenir de lui . Il est devenu presque entièrement aveugle ; il n'en est pas extrêmement affligé ; à quoi lui serviraient ses yeux puisqu'il ne peut avoir le bonheur de vous voir ?
Celui qui vous rendra cette lettre 3 est un homme de mérite qui comptait bâtir la ville de Versoix, laquelle probablement ne se bâtira de longtemps . C'est lui qui a fait sur le lac de Genève un port digne de l'océan, pour recevoir tout au plus quelques bateaux de charbon . Si vous pouvez lui rendre quelque bon office, je vous en serai aussi obligé que si vous me l'aviez rendu à moi-même .
Ma tristesse, madame, est la très humble servante de votre gaieté 4 et ma vieillesse salue votre jeunesse toujours brillante . Daignez conserver vos anciennes bontés pour le très vieil ermite de Ferney.
V. »
1 Le « papillon philosophe » . Voir avec IA : Anne-Madeleine-Louise-Charlotte-Auguste de La Tour du Pin de Saint-Julien
2 Original ; éd. Cayrol .
3 De Caire .
4 Réminiscence de Molière , Le Médecin malgré lui, Ac. II, sc. 2 : « Ah ! Nourrice, charmante […] »:https://www.youtube.com/watch?v=_OouKqyXCQM
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30/09/2026
première tragédie régulière qu'on ait donnée en France
... Il est à craindre que ce soit l'élection de Marine Le Pen, secondée d'un Jordan Bardella opportuniste aux dents longues et mémoire courte et sélective .
« A Henri-Louis Lekain
19è janvier 1771 à Ferney 1
Dieu du théâtre, M. Lantin m'écrit qu'il vous envoie ce que vous demandez par M. Marin, secrétaire général de la Librairie .
Le principal mérite de cette pièce 2 , à mon gré, est d'avoir été la première tragédie régulière qu'on ait donnée en France . Elle occupa le théâtre pendant plus de soixante ans, mais aujourd'hui il n'y a que vous qui puissiez la ressusciter .
Je vous embrase de tout mon cœur, mon cher ami, je vous aimerai toute ma vie autant que j'admire vos grands talents. »
1 Original ; éd. Caussy . En bas de la lettre, une main grêle, apparemment contemporaine, a écrit en marge Venceslas ; voir pourtant la note suivante .
2 Aucun indice ne confirme la mention manuscrite dont on a parlé ci-dessus ; tout indique au contraire que V* songe à la Sophonisbe de Mairet . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophonisbe_(Mairet)
11:10 | Lien permanent | Commentaires (0)
Voilà de ces choses que vous pouvez savoir et que vous pouvez me dire
... Voyez ce que l'IA vous répond quand on lui confie la phrase ci-dessus . Très serviable l'animal !
« A Marie de Vichy de Chamrond,marquise Du Deffand
19è janvier 1771
Votre grand-maman, madame, me fait l’honneur de m’appeler son confrère 1. Je prends la liberté de me dire plus que jamais votre confrère aussi, car il y a quatre jours que je suis absolument aveugle. Nous sommes enterrés sous la neige. En voilà pour un grand mois au moins.
Votre grand-maman, Dieu merci, est moins à plaindre. Elle est dans le plus beau climat de la terre. Elle sera honorée partout ; elle sera plus chère à son mari ; elle possède un petit royaume où elle fera du bien. Mais j’ai un scrupule. On dit que son mari a autant de dettes qu’il a fait de belles actions. On les porte à plus de deux millions. On ajoute qu’un homme de quelque considération 2 lui a mandé que, sans sa femme, il aurait été ailleurs que chez lui.
Voilà de ces choses que vous pouvez savoir et que vous pouvez me dire.
Cette petite Vénus en abrégé me paraît un Caton pour les sentiments, et son catonisme 3 est plein de grâces. Vous ne sauriez croire combien je suis fâché de mourir sans vous avoir revues l’une et l’autre.
Un jeune homme qui me paraît promettre quelque chose est venu me montrer cette lettre traduite de l’arabe, que je vous envoie 4. Je pense que votre grand-maman l’a reçue. Je vous conjure de n’en point laisser prendre de copie.
Adieu, madame ; je souffre beaucoup, je ne pourrais rien écrire qui pût vous amuser. Je suis forcé de finir en vous disant que je vous serai attaché jusqu’au dernier moment de ma vie 5. »
1 Apparemment dans une réponse de la duchesse de Choiseul à la lettre du 31 décembre 1770, réponse qu'on ne connaît pas . Voir : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/05/je-vous-enverrai-tout-ce-qu-il-y-aura-de-nouveau-et-qui-pour-6604123.html
2 Louis XV.
3 Littré ne cite que ce seul exemple, mais le mot a certainement été souvent employé dans les conversations .
4 Voir l’Épître de Benaldaki à Caramouftée, femme de Barmécide , adressée par V* à la duchesse de Choiseul sur la disgrâce de son mari : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome10.djvu/450
5 Une lettre de M. J.-B. Mercier Dupaty, écrite de Roanne à Voltaire, le 19 janvier 1771, est signalée dans un catalogue d’autographes avec cette mention : « Superbe lettre écrite de l’exil où le roi l’avait relégué. Il me paraît que l’on se ressouvient du mot d’Agrippine, qui disait que les philosophes nuisaient étrangement à l’autorité. Peut-être devons-nous craindre de voir reparaître l’édit de Domitien, qui les chassa de Rome. Ce sera à vous à leur donner asile, comme le pape l’a fait aux jésuites… »
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29/09/2026
C'est tout ce qu'il peut avoir l'honneur de lui dire pour le présent
... Du pape au président . Entre autres : https://www.youtube.com/watch?v=Bz1_vZZKJHA
Conclusion de l'entrevue du pape avec le président Macron .
Amen !
« A Jean-François Coste, Docteur
médecin
à Gex 1
A Ferney 19è janvier 1771
M. de Voltaire fait bien ses compliments à monsieur Coste . La personne à qui monsieur Coste avait voulu envoyer un ouvrage sur le commissariat, a chargé M. de Voltaire de le prier de ne point envoyer cet ouvrage . C'est tout ce qu'il peut avoir l'honneur de lui dire pour le présent . Il est son très humble et très obéissant serviteur . »
10:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
28/09/2026
je vous prie de me pardonner
... Oui, pape Léon XIV vous avez de plus en plus de choses à vous faire pardonner , depuis les crimes des représentants du clergé, jusqu'à vos prises de position concernant la fin de vie qui montrent une absence de charité regrettable au nom d'un principe de foi : "La personne humaine est digne, par le simple fait qu’elle existe et a pour fin l’éternité" .
"Pour fin l'éternité " !! Extraordinaire raccourci .
Est donc indigne tout humain qui ne croit pas à la vie éternelle ? Qu'il lui soit permis de vivre sans cette foi du charbonnier "heureux comme un pape et con comme un panier" comme chante le grand Georges : https://www.youtube.com/watch?v=92aiFfT7NQM
« A Cosimo Alessandro Collini, Secrétaire
et Historiographe de S.A.E.
À Manheim
19è janvier 1771 à Ferney
Mon cher ami, comme je n'ai point de beau plâtre à vous envoyer j'ai voulu du moins payer celui dont vous m'avez fait présent 1 en attendant que mes affaires très délabrées me permettent de payer mieux ; je vous prie de me pardonner . Ma santé est encore plus délabrée que ma bourse . Je passe toujours ma vie dans mon lit ; je n'ai plus ni pied ni tête ; si j'en avais j'irais faire ma cour à Manheim, et me loger auprès de votre bibliothèque . Je vous embrase de tout mon cœur.
V. »
1 Le médaillon en plâtre par Linck dont V* accuse réception dans la letttre du 30è octobre 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/05/01/j-ai-vu-le-moment-ou-il-ne-restait-de-moi-que-ces-monuments-6593700.html
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27/09/2026
Il est trop aisé de faire taire les plus horribles injustices, et trop difficile de les réparer
... Je plains Léon XIV qui est confronté à cela par la faute de clercs détestables et d'une justice française à la traine . Je plains évidemment encore davantage les victimes . Que peut le pape ? On va le voir ce jour à Lourdes , sans miracle .
« A Anne-Rose Cabibel Calas
chez M. Duvoisin aumônier 1
de M. l'ambassadeur de Hollande
à l'hôtel d'Hollande
à Paris
19è janvier 1771 à Ferney 2
C'était à moi, madame, de vous remercier de l'honneur et du plaisir infini que vous m'avez fait . La chose du monde que je désirais le plus était de vous voir . J'étais comme les premiers chrétiens qui auraient fait cent lieues pour aller baiser les mains de la veuve d'un martyr . J'ai été enchanté de me trouver entre vous, vos filles et votre gendre ; je me croyais de la famille . Il me manquait M. de Lavaysse que je joins ici à vous , et à qui je fais mes très tendres compliments .
Le procès de Sirven n'est pas encore terminé et je doute qu'il obtienne tous les dédommagements qu’on lui doit . Il est trop aisé de faire taire les plus horribles injustices, et trop difficile de les réparer .
L'aventure dont vous me parlez me parait être au nombre des choses les plus funestes .
Adieu madame, on ne peut vous être plus dévoué, plus inviolablement attaché que le vieil ermite de Ferney. »
1 Jean-Jacques Duvoisin était un ministre protestant suisse (originaire d'Yverdon) qui a exercé la fonction de chapelain (aumônier) de l'ambassadeur de Hollande à Paris de 1759 à 1780 . Jean-Jacques Duvoisin est particulièrement célèbre pour avoir épousé à Paris, en février 1767, Anne (dite Nanette) Calas, la fille de Jean Calas
2 Original, cachet en relief « Versoix » ; éd. Coquerel.
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26/09/2026
Je mets ma misère à l’ombre de vos ailes
... Entendez-les, Léon XIV, tous ceux qui sont sans abri, sans travail, malades, affamés, rejetés, et osez condamner les marchands de sommeil et tous les propriétaires qui abusent de leur position de force , immensément loin de la charité chrétienne .
« A Charles-Augustin Ferriol,comte d'Argental
19è janvier 1771 1
Mon cher ange, j’ai dit au jeune homme que la fin du deuxième acte 2 était froide, et je l’en ai fait convenir. C’est une chose fort plaisante que la docilité de cet enfant . Il s’est mis sur-le-champ à faire un nouvel acte. Je vous l’enverrais aujourd’hui, s’il ne retravaillait pas les autres.
Quand je vous dis que vous n’avez rien perdu 3, j’entends que vous conservez votre place, votre belle maison de Paris, et que vous allez au spectacle tant qu’il vous plaît. Pour moi, je vous ai donné des spectacles, et je ne les ai point vus. J’ai établi une colonie, et je crains bien qu’elle ne soit détruite. Les fermiers généraux la persécutent, personne ne la soutiendra. Je ne suis pas même à portée de solliciter la restitution de mon propre bien, qu’on s’est avisé de me prendre sans aucune forme de procès. Voilà comme j’entends que je perds ; et malheureusement je perds aussi la vue. Je suis enseveli dans les neiges, qui m’ont arraché les yeux par l’âcreté de l’air qu’elles apportent avec elles. Je maudis Ferney quatre mois de l’année au moins ; mais je ne puis le quitter, je suis enchaîné à ma colonie.
J’ai bien envie de vous envoyer, pour votre amusement, une grande lettre en vers que j’ai écrite au roi de Danemark sur la liberté de la presse 4 qu’il a donnée dans tout son royaume : bel exemple que nous sommes bien loin de suivre. Vous l’aurez dans quelques jours ; on ne peut pas tout faire à la fois, surtout quand on souffre.
Je vous prie de vouloir bien me mander s’il est vrai qu’un homme de considération 5, qui écrivit le 23è de décembre à un de ses anciens amis, lui manda qu’il l’aurait envoyé 6 voyager plus loin sans madame sa femme, qui est fort délicate 7.
Au reste, cette dame a encore plus de délicatesse dans l’esprit que dans la figure, et à cette délicatesse se joint une grandeur d’âme singulière, qui n’est égalée que par la bonté de son cœur.
Est-il vrai, comme on le dit, que monsieur et madame sont endettés de deux millions 8 ?
Est-il vrai qu’on leur ait offert douze cent mille francs le jour de leur départ 9 ?
Reçoivent-ils des visites 10 ? Comment se porte votre ami de trente-cinq ans 11 ? Son séjour est bien beau, mais il est bien triste en hiver.
Pouvez-vous encore me dire ce que devient M. de La Ponce 12 ? Vous me direz que je suis un grand questionneur ; mais vous répondrez ce qu’il vous plaira, on ne vous force à rien.
Conservez votre santé, mes deux anges ; c’est là le grand point. Je sens ce que c’est que de ne n’en avoir point ; c’est être damné, au pied de la lettre. Je mets ma misère à l’ombre de vos ailes.
V. »
1 Copie Beaumarchais-Kehl ; éd. Kehl . Ce même jour Dupont écrit à Suzanne Catherine Freudenreich : « Mme Denis s'ennuie à Ferney . Il y va peu de monde . Voltaire travaille à son encyclopédie, qu'il eût bien dû faire vingt ans plus tôt . »
2 Des Pélopides.
3 Voir le second alinéa de la lettre du 1er Janvier à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/21/il-m-a-dit-qu-il-etait-honteux-mais-qu-il-fallait-pardonner-aux-emportement.html
4 Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome10.djvu/431
5 Le roi Louis XV.
6 Le duc de Choiseul.
7 Voici les termes de la lettre par laquelle le roi mettait fin aux fonctions de Choiseul : « J'ordonne à mon cousin le duc de Choiseul de remettre la démission de sa charge de secrétaire d’État, et de surintendant des Postes entre les mains du duc de La Vrillière, et de se retirer à Chanteloup jusqu'à nouvel ordre de ma part . »Voir Gaston Maugras, La Disgrâce du duc et de la duchesse de Choiseul, 1903, p. 1-2.
8 L’information était exacte ; Choiseul dut vendre ses tableaux et la duchesse ses diamants ; voir la nouvelle de ses difficultés financières répandue dès mars 1771 ; lettre du 12è mars 1770 à de Caire : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/08/24/le-temps-ou-le-controleur-general-saisit-l-argent-des-particuliers-en-franc.html
9 En novembre 1770 , le roi avait accordé trois millions à Choiseul pour payer ses dettes ; mais pour des raisons techniques le document ne fut pas honoré .
10 Les Choiseul reçurent en effet de nombreuses visites qui aggravèrent leur situation financière .
11 Le duc de Praslin.
12 De La Ponce était le secrétaire de Choiseul .
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