14/09/2026
Quoi qu’il arrive, je suis sûr que vous serez heureux soit à Versailles, soit à Rome
... Léon XIV, vous êtes attendu, mais point de ce Versailles qu'on réserve pour épater des guignols de la trempe de Trump .
« Au cardinal François-Joachim de Pierre de Bernis
11è janvier 1771 à Ferney
J’étais, monseigneur, en colère comme Ragotin 1 quand on ne lui ouvrait pas la porte assez tôt . Je grondais Votre Éminence dans le temps même que vous m’écriviez, et que je vous devais des remerciements.
Si je réussis dans ma prédiction 2, je ne vous importunerai point pour les États du pape, mais je demanderai votre protection pour ceux du Grand-Turc. C’était là le grand objet du commerce de ma colonie. Cette branche a été anéantie par la guerre avec les Russes. Le roi de Prusse m’a enlevé douze familles qui devaient s’établir dans mon hameau ; et les fermiers généraux en ont fait déserter deux par leurs petites persécutions. Mais si Moustapha me reste, je suis trop heureux. Je vous prierai donc de faire au plus tôt la paix entre lui et la victorieuse Catherine II. C’est la grâce que j’attends, si vous retournez de Rome à Versailles, comme je l’espère. Quoi qu’il arrive, je suis sûr que vous serez heureux soit à Versailles, soit à Rome. Est Ulubris, est hic, animus si te non deficit æquus. 3
Agréez toujours, monseigneur, les tendres respects de ce vieillard si colère.
V.»
1 Personnage du Roman comique , de La Fontaine : https://www.theatre-classique.fr/pages/programmes/edition.php?t=../documents/LAFONTAINE_RAGOTIN.xml
2 Voir lettre du 3 janvier 1771 à Bernis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/26/je-suis-ruine-de-fond-en-comble-mais-cela-n-est-rien-a-l-age-6606340.html
3 Horace ., lib. I, ep. XI, v. 30. : [ce que tu cherches] cela se trouve à Ulubres, est ici comme là, si tu as l'âme tranquille . Ulubres, petit bourg du Latium est pris par Horace comme l'exemple d'un lieu sauvage et reculé, où l'on peut pourtant être aussi heureux qu'ailleurs .
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13/09/2026
À propos de balivernes, j’en attends cinq, et même six
... Et même davantage tant il y a de candidats à l'élection présidentielle . Petit état des lieux : https://www.leparisien.fr/politique/presidentielle-2027-q...
Effarante et ridicule pour certains, rassurante pour d'autres, cette pléthore de candidats démontre le morcellement , la division, l"éclatement de la nation . Quel gaspillage de papier en vue ! Quels embouteillages à la radio et à la télévision . Je plains les journalistes qui vont devoir s'intéresser à ces orgueilleux.ses .
« A Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental
11è janvier 1771 1
Eh bien, madame, vous aurez des marcassites montées sur de l’argent avec crochet d’or. C’est sur cela qu’on attendait vos ordres pour travailler, parce qu’il faut que le metteur en œuvre travaille pour la montre . Il y a longtemps qu’elle est commencée. Savez-vous bien qu’il faut cinquante paires de mains pour faire une montre, et que ce n’est pas une petite affaire d’avoir établi trois fabriques dans un village, en neuf mois de temps ?
Je persiste toujours à croire qu’il est très permis d’écrire des balivernes à des dames qui sont, comme moi, à la campagne 2 au mois de janvier.
À propos de balivernes, j’en attends cinq, et même six, que je vous ai suppliée de vouloir bien me renvoyer. Je vous avais bien dit qu’il fallait absolument vingt-deux jours à ce jeune homme . Il les a employés le mieux qu’il a pu pour plaire à mes anges. Cette plaisanterie devient très sérieuse. Il faudrait, avant que je mourusse, que j’enterrasse Crébillon, qui m’avait enterré. J’ai revu son Atrée ; cela m’a paru le tombeau du sens commun, de la grammaire et de la poésie. On croirait que c’est l’ouvrage d’un Vandale qui a quelque génie, et qui a mal appris notre langue. Ce sera à vous à voir s’il faudra mettre le duc de Duras dans la confidence.
Au reste, ne croyez pas que je fasse ces tours de force tous les six mois . J’ai baissé beaucoup depuis ce temps-là, et j’ai pensé mourir ces jours-ci.
Je vous supplie, quand vous écrirez à votre ami 3, de vouloir bien lui dire qu’il y a un vieux sorcier, au milieu des neiges de la Suisse, qui lui est attaché pour le reste de sa vie.
Mille tendres respects à mes deux anges. »
1 Original ; éd. Cayrol .
Ce même jour , d'Hornoy signait le reçu suivant : « J'ai reçu de M. de Laleu la somme de dix huit cents livres pur la pension que M. de Voltaire a la bonté de me faire . Dont quittance à Paris ce 11 janvier 1771 . De Dompierre d'Hornoy ». Et le lendemain 12 janvier, Du Peyrou annonçait à Marc-Michel Rey l'impression d'un ouvrage, « à Genève et à Neufchâtel tout à la fois », les Questions sur l'Encyclopédie, dont il dit avoir « vu le premier volume de l’édition ».
2 Ces dames qui vont à la campagne sont les dames de la famille Choiseul en exil .
3 Le duc de Praslin.
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12/09/2026
jusqu'à présent il est vrai qu'il est nommé . Le reste est incertain
... "il" ou elle . C'est plus qu'incertain dans le sac de noeuds de la Gauche : qui va passer par les fourches caudines de la Primaire ? Huit dans les starting blocks , et "à la fin , il n'en restera qu'un" (sur le poteau ? ) : https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/presidentielle-2027-qui-sont-les-candidats-a-la-primaire-organisee-par-le-parti-socialiste-place-publique-et-la-gauche-republicaine-et-socialiste/
« A François de Caire
Commandant
à Versoix etc.
[vers le 10 janvier 1771]
Point d’officier qui ait passé au château aujourd’hui .
M. de Monteynard 1 a très bien fait de nier : car peut-être aurait-il trouvé la place prise en arrivant à Paris .
Cependant jusqu'à présent il est vrai qu'il est nommé .
Le reste est incertain. Ma tête est dans un sac, mon corps mourant, et mon âme aussi .
Mille respects à monsieur et madame de Caire . »
1 Louis François de Monteynard (1713–1791), marquis de Monteynard, a été lieutenant-général des armées du roi et ministre secrétaire d'État à la Guerre sous Louis XV de 1771 à 1774. Voir lettre du 31 décembre 1770 à Hennin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/08/supposant-que-nous-sommes-instruits-de-tout-ils-ne-nous-appr-6604378.html
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11/09/2026
beaucoup de nouvelles nuances à son enseigne à bière
... Le racoleur Attal va finir sa campagne présidentielle avec une cirrhose carabinée et les neurones en débandade avec son ambition de fréquenter mille bistrots , et gare au contrôle de ses frais de campagne, ça pourrait lui flanquer une belle gueule de bois : https://lcp.fr/actualites/tournee-des-1000-bistrots-de-ga...
Il est vrai que son parti n'a sans doute pas les moyens de se payer de grandes salles ou stades avec sono et chauffeurs de salles comme le fait un Mélenchon ou une Marine .
« A Henri Lambert d'Herbigny, marquis de Thibouville etc.
1 rue de Beaune
à Paris
Je ne crois pas, mon cher Baron 1, que Mme Denis vous ait encore écrit ; mais moi, je vous écris, quoi que vous en disiez, et c’est pour vous dire que je vous ai envoyé une Sophonisbe de M. Lantin ; que s’il faut encore quelques vers, ils sont tout prêts ; mais que je doute fort qu’on joue cette pièce.
Les Pélopides de M. Durand 2 seraient plus faits pour la nation ; il y a là une petite pointe d’adultère qui ne réussirait pas mal ; il y a même un inceste assez galant et très honnête . On ne peut pas faire un enfant avec un beau-frère avec plus de modestie. La vengeance est dure, je l’avoue ; mais cela se pardonne dans un premier mouvement.
Un des malheurs de Crébillon (et ses malheurs sont innombrables), c’était de se venger après vingt ans de cocuage, et de se venger par plaisir, comme on fait une partie de chasse. M. Durand a mis beaucoup de nouvelles nuances à son enseigne à bière 3; il a fait un cinquième acte tout battant neuf. Il a prié M. d’Argental de lui renvoyer toute l’ancienne copie ; il vous en fera tenir une autre incessamment. Il faut, s’il vous plaît, le plus profond secret.
Il ne serait pas mal de savoir de M. d’Argental si on pourrait faire jouer cela pour le mariage 4, en s’adressant à M. le duc de Duras.
Voilà le sommaire de tous les articles. Pressez-vous de me répondre ; car je me meurs, et je veux savoir à quoi m’en tenir avant ma mort. Ma dernière volonté est que je vous aime de tout mon cœur.
V.
9è janvier 1771.»
1 Allusion à l’acteur de ce nom qui a illustré la scène française à la fin du siècle de Louis XIV . — Voir la note de la lettre du 1er août 1750 à Thibouville : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/08/01/qui-aurait-dit-il-y-a-vingt-ans-que-berlin-deviendrait-l-asi.html
2 C’était sous ce nom que Voltaire avait eu l’idée de faire jouer Les Pélopides ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome7.djvu/111
3 Le mot bière pris au sens de tombeau semble faire un jeu de mots ; plus loin , dans la lettre du 11 janvier 1771 à la comtesse d'Argental il s’agit d'enterrer Crébillon : « Il faudrait avant que je mourusse , que j'enterrasse Crébillon qui m'avait enterré . »
Plutôt que cette explication, je pense que « enseigne à bière » doit être pris comme une critique moqueuse telle que le fit Mme de Genlis ; en visite à Ferney en 1775 , elle qualifie dans ses Mémoires 'd'enseigne à bière' une commande de Voltaire à Alexandre Duplessis : « L 'Apothéose de Voltaire. », tableau toujours visible au château de Ferney .
4 De Louis-Stanislas-Xavier,comte de Provence, futur Louis XVIII, qui épousera Marie Josephina Louisa de Savoie le 14 mai 1771 .Voir : https://francearchives.gouv.fr/authorityrecord/FRAN_NP_051607
et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Jos%C3%A9phine_de_Savoie
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10/09/2026
vous me feriez mourir de chagrin plus tôt qu’il ne faut, si vous protégiez cet homme, qui est en vérité bien peu digne d’être protégé
... Donald Trump mérite de prendre une raclée, il est un pourri de première grandeur : https://www.youtube.com/watch?v=oAw4KsERhfk&themeRefr...
« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu
9è janvier 1771 à Ferney
Je suis obligé d’importuner mon héros pour des pauvretés académiques . Cela n’est pas fort intéressant, surtout par le temps qui court. Mais on me mande que vous voulez avoir pour confrère un président de Bourgogne, nommé de Brosses. Je vous demande en grâce, monseigneur, de ne me le donner que pour mon successeur ; il n’attendra pas longtemps, et vous me feriez mourir de chagrin plus tôt qu’il ne faut, si vous protégiez cet homme, qui est en vérité bien peu digne d’être protégé par mon héros. Daignez seulement jeter les yeux sur la copie de la lettre 1 que j’ai écrite sur cette petite affaire, et vous verrez si je ne mourrais pas de mort subite en cas que M. De Brosses fût académicien de mon vivant. Je vous supplie de ne point faire descendre mes cheveux blancs avec tristesse en enfer, comme dit la Sainte Écriture 2 ; mais je vous supplie encore plus de me conserver vos bontés. »
1 C’est peut-être la lettre du 2 janvier 1771 à Legoux de Gerlan : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/25/cette-clause-etait-insoutenable.html
2 L'expression « faire descendre mes cheveux blancs avec douleur dans le séjour des morts » (ou le Schéol) est devenue une formule biblique célèbre pour désigner un chagrin si grand qu'il peut causer la mort d'un vieillard.
Genèse, XLIV, 29 ; et XLII, 38. : https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Gen%C3%A8se#CH32
Voir lettre du 28 décembre 1770 à Bernis :http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/02/je-ne-peux-m-empecher-de-vous-dire-que-vous-m-avez-infiniment-afflige-je-n.html ; ainsi que la lettre du 31 décembre 1770 à Cramer : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/09/le-vin-est-tire-buvez-6604524.html
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09/09/2026
faire payer
... Et oui, l'Etat ne vit pas d'amour et d'eau fraiche , les Rapetouts sont à l'oeuvre : https://www.moneyvox.fr/impot/actualites/110296/tva-taxe-fonciere-le-palmares-des-impots-et-taxes-qui-rapportent-le-plus-a-la-dgfip
« A Guillaume-Claude de Laleu, Secrétaire
du roi Notaire
rue du Temple
à Paris
Monsieur, je vous prie de faire payer à un mois d'usance, la somme de six mille livres tournois, à l’ordre de M. Bontems de Genève, valeur entendue .
A Ferney 9è janvier 1771. 1»
1 Original, endossé « très bonne à l'échéance » et « Payez à l'ordre de messieurs Thellusson Necker et Cie valeur en compte, Genève, ut retro [ c'est-à-dire comme au verso ], L. Bontems [contresigné][Messieurs Necker?] ».
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Je ne me suis pas trouvé depuis quarante ans dans une pareille détresse
... Serait-ce l'aveu de François Bayrou qui va se retrouver au tribunal pour l'affaire des assistants parlementaires (petit joueur cependant face aux détournements planifiés du RN de Marine ) : https://www.rfi.fr/fr/france/20260909-france-fran%C3%A7ois-bayrou-de-nouveau-devant-la-justice-pour-l-affaire-des-assistants-d-eurod%C3%A9put%C3%A9s-du-modem
Il a déjà senti le vent du boulet, il pourrait bien cette fois le prendre en pleine face . Sera-t-il aussi un jour encore rattrapé par l'affaire de Betharram ? En tout cas il fait bien de ne pas briguer les suffrages pour la présidentielle et jouer son sempiternel rôle de conseiller vox clamantis in deserto .
« A Guillaume-Claude de Laleu, Secrétaire
du roi, Notaire
rue du Temple
à Paris
9è janvier 1771 à Ferney 1
Je vous souhaite la bonne année, monsieur, celle-ci sera probablement la dernière de ma vie, et elle ne sera pas heureuse . Mon argent qui était en dépôt chez M. Magon, et dont le ministère s'est saisi, la protection essentielle que j'ai perdue pour les fabriques de montres que j'avais établies, m'ont réduit à un état fort triste . Je suis dans la nécessité d'emprunter actuellement deux mille écus ; je vous supplie de permettre que je tire sur vous une lettre de change de cette somme à un mois d'usance . Je ne me suis pas trouvé depuis quarante ans dans une pareille détresse ; je vous serai infiniment obligé .
J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
1 Original signé, cachet « de Lyon » . A propos de la situation financière de V* on notera que la veille Lesueur avait signé le billet suivant : « Je soussigné reconnaisa voir reçu de M. de Voltaire par les mains de M. de Laleu no[tai]re la somme de 4000 livres pour l'année 1770, comme fondé de la procuration de mond[it] s[ieu]r de Voltaire à l'effet de toucher ses revenus, dont quittance à Paris le 9 janv[i]er 1771. »
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