11/08/2026
Votre générosité va trop loin pour un homme
... Je suis effaré par le budget nécessaire à la visite de Léon XIV : vingt millions d'€uros ou même plus !! Mes trop chers cathos avez-vous perdu la boule pour donner autant pour ce one man show à l'eau bénite et à l'encens , dans le même temps qu'il y a des milliers de sans abri et d'affamés ? Désespérant !
Léon va devancer Taylor Swift et Beyoncé pour le prix du spectacle . Je ne peux m'empêcher de repenser à cette citation en rapport avec ce grand calottin : "Il n'y a que les clowns qui ne sont jamais ridicules . Et il sera toujours moins ridicule de se mettre un nez rouge que de s'habiller comme le pape ou comme un juge ." Jean Yanne, génie disparu .

« a Daniel-Marc-Antoine Chardon
[1770-1771] 1
Ma confusion est égale à ma reconnaissance. Votre générosité va trop loin pour un homme qui n’a d’autre recommandation auprès de vous que de vous avoir admiré, lorsque votre justice et votre éloquence rendirent l’honneur, la liberté et la subsistance, à une famille devenue à jamais célèbre 2. Je n’ai pas longtemps à vivre ; mais je ne dois pas souffrir que ce marbre 3, que vous prenez sous votre protection, puisse jamais vous être à charge. Je n’ai jamais su [ce] qu’on en voulait faire ; je sais seulement quelle est la noblesse de votre âme, et que je dois être, tant que je vivrai, avec la plus respectueuse et la plus tendre reconnaissance
M. »
1Minute olographe ; éd. Cayrol . Une note sur le manuscrit suggère comme destinataire Élie de Beaumont ou plutôt Chardon ; cette deuxième hypothèse a été suivie par les éditeurs etest probablement correcte .
Cayrol , suivi par Moland place la lettre à la fin de 1770, mais c'est encore trop, précis .
2 Évidemment les Calas .
3 La statue par Pigalle
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10/08/2026
le vin est tiré , buvez
... jusqu'à la lie !
« A Gabriel Cramer
à Genève
[vers le 31 décembre 1770]
Voyez, Caro, si vous pouvez vous charger d'un pauvre questionneur quand vous avez vingt gros volumes sur les bras . Je vous souhaite le plus grand succès, mais je crains toujours qu'on ne laisse entrer en France l’in-quarto d'Yverdon et qu'on ne vous ferme la porte . Les Yverdunois ont retranché tout ce qui était hardi et corrigé beaucoup de fautes . Plusieurs savants protégés par le gouvernement travaillent à cet ouvrage . J'ai peur pour vous, mais le vin est tiré , buvez .
Vous voyez qu'en vain vous avez cru vous dérober aux contrefaçons en débitant trois volumes à la fois . On a imprimé en six semaines ce que vous aviez imprimé en quinze mois .
Vous savez que je suis pressé, mes soixante et dix-sept ans ne me laissent pas le temps d'attendre . Si je n'ai pas trois feuilles par semaine il faudra renoncer aux Questions et en faire un ouvrage posthume . Parlez-moi franc, pouvez-vous promettre devant Dieu trois feuilles par semaine ? Ne faites point descendre canos meos cum moerore in infernum 1. »
1 Réminiscence de la Genèse, XLIV, 29 : https://saintebible.com/lsg/genesis/44.htm
Voir lettre du 28 décembre 1770 à Bernis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/02/je-ne-peux-m-empecher-de-vous-dire-que-vous-m-avez-infiniment-afflige-je-n.html
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09/08/2026
Je ne sais pas si on a nommé de nouveaux ministres
... Enfin , pas tout à fait ; quelques informations sont accessibles concernant le “Remaniement de choc” du ministère de la Guerre russe . Vladimir fait valser ses ministres : https://www.courrierinternational.com/une/une-du-jour-rem...
Les soldats russes sentiront-ils la différence et seront-ils immunisés contre les balles et les missiles avec ces nouveaux chefs ?
« A Jean-François Tabareau
31è décembre 1770 à Ferney 1
J’embrasse M. Tabareau tendrement et douloureusement ; nous avons fait tous les deux la plus grande perte que nous puissions faire. Je ne sais pas si on a nommé de nouveaux ministres. Je ne sais rien . Je prie M. Vasselier de m’instruire. Sa dernière lettre est charmante.
V. »
1 Original ; éd. Cayrol qui amalgame celle-ci à la lettre du 5 novembre 1770 à Marin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/05/06/il-est-bon-de-savoir-a-qui-l-on-a-a-faire-6594188.html
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Je sais qu'il y a de petites difficultés , mais je les crois frivoles
... C'est ce que disent les fervent.e.s et aveugles utilisateur.trices et admirateur.trice.s de l'Ia . C'est vite oublier le petit avertissement "Vérifiez les réponses de l'IA, car elle peut faire des erreurs", et j'en ai la preuve régulièrement lorsque je l'interroge à propos du Patriarche, comme aujourd'hui où on me certifie que la présente lettre à Marmontel n'existe pas , puis, comme je lui donne toutes les références, reconnait qu'elle existe bien dans la Pleiade, ce qui ne l'empêche pas, une demi-heure après de me redonner la même réponse erronée .
E VIVA l'IA !! Ouaich ! Rendez-vous aux morts "frivoles" qu'elle va immanquablement causer avec son "intelligence" de morceau de ferraille et de plastique . Vous allez me dire que je suis pessimiste en oubliant les vies sauvées . Oui, je ne fais pas une confiance absolue à une banque de données gigantesque qui prétend offrir à coup sûr la bonne réponse .
« A Jean-François Marmontel, de
l'Académie française, etc.
à Paris
31è décembre 1770 1
Mon cher Bélisaire, M. Gaillard a du mérite en prose ; M. Delille a du mérite en vers ; M. Marin en vers et en prose . Je crois qu'à moins qu'il ne se présente quelque grand seigneur absolument nécessaire, ces trois personnes sont le vrai fait de l'Académie .
M. Marin a par-dessus tous ceux qui se présentent un droit bien fort et bien rare, celui d'avoir rendu mille services aux gens de lettres . Ajoutez qu'il hait les bigots, et qu'il aime passionnément la liberté académique . Je sais qu'il y a de petites difficultés 2 , mais je les crois frivoles . Parlez-moi à cœur ouvert, et aimez-moi .
Le vieil ermite de Ferney V... »
1 Original (Mersebourg).
2Il ne manquait à Marin que deux choses : du talent et un caractère ; sur ce second point, voir ses démêlés avec Beaumarchais rapportés par celui-ci dans ses Mémoires à consulter : https://fr.wikisource.org/wiki/%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_(Beaumarchais)/M%C3%A9moires/M%C3%A9moire_%C3%A0_consulter_1
11:53 | Lien permanent | Commentaires (0)
les regrets de toute la France et l'estime de toute l'Europe
... Plus que tous autres, les pompiers morts et blessés en accomplissant leur tâche infiniment risquée, méritent les meilleurs sentiments de toutes nations . Rien qu'en France , déjà six décès :
« A Mathieu-Henri Marchant de La Houlière
A Ferney 31 décembre 1770
J'ai différé longtemps à vous écrire, mon cher brigadier, et à remercier madame la brigadière de ses remerciements . J'ai cru longtemps la guerre sûre, et je comptais vous surprendre une seconde fois, en vous envoyant une petite pancarte de commandement, qui vous aurait valu un peu plus que la lieutenance de roi de Salses . Mais M. le duc de Choiseul a rendu au roi et à la France le service d’écarter la guerre, et immédiatement après il a été déplacé . Il emporte à Chanteloup les regrets de toute la France et l'estime de toute l'Europe . Ainsi, plantez des vignes et semez du blé, tandis que nous avons chez nous la famine .
Madame la Brigadière,
Permettez que mon vieux visage s'approche un moment du vôtre et que j'y laisse tomber quelques larmes que m'arrachent les regrets de la destitution de M. le duc de Choiseul . Nous ne savons pas encore quel est son successeur .
Mme Denis vous fait, à tous les deux, ses plus tendres amitiés . Agréez les sincères sentiments du vieillard du mont Jura .
V. »
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08/08/2026
supposant que nous sommes instruits de tout, ils ne nous apprennent rien
... Effectivement, c'est bien connu, nul n'est sensé ignorer la loi ! Circulez, il n'y a rien à voir ! C'est bien là ce qu'on peu penser des candidats à la présidence qui rabâchent des programmes stéréotypés : "je suis le meilleur, celui qu'il vous faut, et les autres sont des incapables, vive moi, vive moi, votez pour moi !"
« A Pierre-Michel Hennin
[31 décembre 1770]
Tous nos correspondants welches nous mandent aujourd’hui que c’est grand dommage ; mais supposant que nous sommes instruits de tout, ils ne nous apprennent rien . Nous ne savons pas qui est nommé 1.
Si le plus aimable des résidents en sait quelque chose, il nous fera grand plaisir de nous le dire, afin qu’on sache à qui s’adresser. »
1 Voir réponse de Hennin : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8156
Ce jour même, selon Dupan, V* pensait que Paulmy recevrait les Affaires étrangères, Muy la Guerre, et d'Aiguillon la Marine . En fait, Choiseul fut remplacé à la Guerre par Louis-François, marquis de Montagnarde, et , en juin 1771 ,par le duc d'Aiguillon ( Affaires étrangères ) ; Praslin ( Marine, Colonies, etc. ) par Pierre-Etienne-François Bourgeois de Boynes, le duc de La Vrillière, précédemment comte de Saint-Florentin, gardait la maison du Roi, les Affaires ecclésiastiques, etc. L'office de « grand maître et surintendant général des Courriers, Postes et Relais de France » qui appartenait aussi à Choiseul, fur supprimé, et les fonctions réparties entre les intendants, dont le nombre passa de deux à trois . Ne restait à Choiseul, pour peu de temps, que le régiment des gardes suisses ; voir lettre du 31 décembre à la duchesse de Choiseul : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/05/je-vous-enverrai-tout-ce-qu-il-y-aura-de-nouveau-et-qui-pour-6604123.html
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07/08/2026
Un mot d’un seul homme suffit pour déranger les idées de cent mille citoyens
... Constat qui doit être réévalué de nos jours . Ce sont maintenant des millions d'humains qui épousent telles ou telles idées, laïques , politiques ou religieuses , avides qu'ils sont d'être guidés selon leurs goûts par des modèles beaux parleurs . Quel monde ridicule nous bâtissons à la suite des "influenceurs" qui prolifèrent, où il n'y en a qu'un pour un million qui tienne la route utilement . Et voilà l'Ia qui leur fourni un outil à bourrer les cranes de stupidités , l' "intelligence" au service du crétinisme, nous sommes désormais bien lotis !
« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin fils, Avocat
en Parlement
à Saint-Claude
31è décembre 1770 1
Mon cher philosophe, voici le cas d’exercer sa philosophie.
Æquam memento rebus in arduis servare mentem, non secus in bonis.2
Vous savez peut-être déjà que M. le duc de Choiseul est à Chanteloup pour longtemps, et qu’il ne rapportera point l’affaire des esclaves 3, qui peut-être ne sera point rapportée du tout. Il en sera de même de votre pauvre curé. Un mot d’un seul homme suffit pour déranger les idées de cent mille citoyens. Heureux qui vit tranquille et ignoré !
L'ermite de Ferney V. »
1 Original ; ; éd. Kehl ; voir la lettre du 28 décembre 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/03/je-vous-remercie-des-taxes-en-cour-de-rome-6603823.html
2 Horace., lib. II, Odes. 3., V. 1-2 : Souviens-toi de conserver une âme non moins égale dans l'adversité que dans la prospérité .
3 L’affaire des serfs de Saint-Claude ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome28.djvu/363
07:16 | Lien permanent | Commentaires (0)

