28/07/2026
Cela pourrait mettre du trouble dans votre ménage, et j’en serais très affligé
... Oui, si on vous mettait , vous, gens du RN et de LFI devant vos contradictions à propos de la gestion de ces catastrophes incendiaires , vous qui , entre autres, votez contre les propositions de loi relatives au débroussaillages et reprochez au gouvernement son manque d'efficacité dans la prévention des risques ; non, je n'en serai pas affligé, menteurs que vous êtes .
Voir ce que dit l'IA sur " les contradictions du RN et de LFI concernant les financements et lois sur les catastrophes naturelles "
Instructif ! Pour sauver la France votons pour ces génies de la gestion nationale .
« Au [comte de Say ?]
A Ferney 24è décembre 1770 1
Je réponds fort tard, monsieur, à la lettre dont vous m’avez honoré, du 1er décembre . Je ne l’ai reçue que le 15. J’ai soixante-dix-sept ans ; je suis très malade . Ce sont là des raisons pour n’être pas fort exact.
D’ailleurs, madame votre femme ayant des lettres de M. François de Sales ferait peut-être des signes de croix en voyant une lettre de François de Voltaire. Cela pourrait mettre du trouble dans votre ménage, et j’en serais très affligé.
Je vois avec douleur que toutes les personnes dont vous me parlez sont mortes ; car, sans compter Mme de Chantal 2 et son saint 3, nous avons perdu Mme de Pompadour, Mme la duchesse de Gotha, et Mme de Buchval 4.
Si M. de Pezay, qui répand tant de fleurs dans ses vers, veut une place à l’Académie, je lui offre la mienne, qui sera bientôt vacante, et qui ne vaut pas celle qu’il a dans l’état-major 5.
Au reste, monsieur, je suis très sensible à l’honneur que vous me faites ; mais ce sont des gouttes d’Angleterre que vous envoyez à un apoplectique 6. Jouissez gaiement de la vie ; c’est tout ce que vous peut dire un homme qui est près de la perdre, et qui ne la regrette pas beaucoup. »
1 Voir : https://web.explore-voltaire.org/v_studio/cmv36765/
Minute olographe ; éd. Supplément au recueil . La minute, ainsi que la copie Beaumarchais-Kehl donnent le nom du destinataire comme il a été imprimé, mais l'édition le change en Fay ce qui a été suivi par toutes les éditions subséquentes . Il est difficile de trancher entre Say, Foy ou même Fay, et l'identification du destinataire ne peut guère être tentée avec une vraisemblance suffisante .
2 Jeanne de Chantal : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_de_Chantal
3 St François de Sales : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Sales
4 Juliana Franziska de Buchwald , dite « Brillante » ( 1707-1789 ) que V* a connue à Berlin , et à qui est adressée la lettre du 28 mai 1753 : https://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1753-partie-4-112295864.html
ou https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome38.djvu/37
5 Pezay, choisi pour enseigner la tactique militaire au futur Louis XVI, a reçu les titres de capitaine de dragons et de maréchal général des logis . Voir : https://www.academiedemarine.fr/anciens-academiciens/?uid=2877
6 Voir les indications : https://pingelrarebooks.com/product/remede-manuscrit-l-usage-des-gouttes-d-angleterre/
10:51 | Lien permanent | Commentaires (0)
27/07/2026
Il vaut beaucoup mieux avoir dans notre Académie un ami qu’un président ou un évêque
... L'Académie échappe au malheur d'avoir un président, fut-il de la République, bien que cette espèce ait la plume agile, mais sans talent ( les "Mémoires d'un prisonnier" confirmant la nullité d'auteur du délinquant Sarkozy ) ; et se contente d'un seul ecclésiastique . En tout état de cause, je préfère un homme d'Eglise plutôt qu'un politicard .
« A Charles Pinot Duclos
24è décembre à Ferney
Mon vertueux et illustre confrère, vous aimez la liberté : vous avez trois places à donner 1, et je vous en fournirai bientôt une quatrième. Je vous conjure de ne jamais laisser entrer un homme qui menace les gens de lettres d’être leur délateur. Les Gaillard, les Delille, les La Harpe, sont sur les rangs, et ils ont des droits véritables ; mais s’il est vrai qu’il y ait des difficultés pour l’un d’eux, je vous recommande très instamment M. Marin, qui joint à ses talents le mérite de rendre continuellement service à tous les gens de lettres. Il vaut beaucoup mieux avoir dans notre Académie un ami qu’un président ou un évêque 2.
Conservez-moi votre amitié, dont je sens certainement tout le prix.
V. »
1 Celles de Moncrif, du président Hénault et de l’abbé Alary.
2 A ce jour de 2026 il n'y a qu'un ecclésiastique à l'Académie française : Mgr Claude Dagens. Voir : https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/claude-dagens?fauteuil=1&election=17-04-2008
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
26/07/2026
extorsion et vol
... Voir : https://www.teboulavocat.com/blog/extorsion-definition
Selon bon nombre de candidats à la présidence, ces deux maux sont en nette croissance à cause -évidemment- des gouvernants présents et passés . Ouaip ! Qui dit mieux ? Qui fait mieux ?
« A Joseph-Marie Balleidier
24 décembre [1770 ?]
[...] Mme Denis veut actionner Choudens pour extorsion et vol . On a retrouvé la soumission des Choudens par laquelle ils s'engageaient à ne demander jamais aucuns arrérages de l'argent demeuré entre les mains de Mme Denis pour payer leurs créanciers ; et cependant ils se sont fait payer ces intérêts . Ils reçurent un reste de payement à Ferney et ils s’enfuirent sans donner quittance, en présence de Landry et de Fay . Ce Fay est à Paris . Il faudra [donner] ordre pour les faire interroger tous deux […].
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
25/07/2026
La santé , la santé, le bien-être de nos parents et de nos amis, voilà le point important, le reste est peu de chose
... Que chacun trouve ce qui lui importe davantage que ce que trouve Voltaire, si c'est possible .
« Marie-Louise Denis et Voltaire
à Alexandre-Marie-François De Paule de Dompierre d'Hornoy
Ce 22 décembre [1770] de Ferney
Nous vous sommes bien obligés, mon cher neveu, de nous avoir un peu rassurés sur l’état de ma sœur 1. M. de Florian nous avait donné de cruelles alarmes par sa lettre du 11 . La vôtre du 13 était plus consolante 2. Heureusement elles nous sont parvenues toutes deux par la même poste . Mais je vois que ma sœur est toujours en danger ce qui m'afflige sensiblement . Dites-lui je vous prie tout l'intérêt que je prends à sa situation . Je voudrais être à portée de la garder et de lui rendre tous les services dont je suis capable . J’attends avec bien de l'impatience la poste de demain , j'espère que vous nous marquerez qu'elle est hors d'affaire . Quoique délicate elle a de la force, je lui ai vu des maladies violentes dont elle s'est bien tirée . J’espère en son tempérament .
Je sens combien l'éloignement est affreux dans de pareilles circonstances . On s'inquiète lorsque l'on devrait se réjouir, et l'on se rassure quelquefois quand on devrait s'affliger .
Dites je vous prie à M. de Florian que je partage sa douleur et la vôtre bien vivement et que je suis désolée de ne pouvoir lui être rutile dans une occasion aussi triste pour vous tous .
Je songe à la boîte de Mme d'Hornoy, on a écrit à Lausanne et quand elle me sera parvenue je la lui enverrai . Je ne vous parle point de mon oncle parce qu'il doit vous écrire un petit mot dans cette lettre . Adieu mon cher neveu, je vous embrasse et vous aime de tout mon cœur .
Je suis dans les transes . La lettre de M. de Florian m'a fait encore frisonner autant qu'elle m'attendrit . J'embrasse la chère nièce faible et languissante . Quand pourra-t-elle aller à Paris ? Nous conjurons M. d'Hornoy ou notre cher Turc de nous écrire . J'ai vu l'édit . Laissez là toutes ces misères, ce sont tracasseries qui passent . La santé , la santé, le bien-être de nos parents et de nos amis, voilà le point important, le reste est peu de chose . J'ai eu le pauvre avocat général de Bordeaux dans mon voisinage de Pierre-Encise . J'espère l’avoir bientôt chez moi . Adieu, je vous embrasse bien tendrement . Comment vous va dans ce moment ma chère nièce ? Qu'il est dur d'être à cent cinquante lieues de vous !
V. »
1 Marie-Elisabeth Mignot, épouse du marquis de Florian . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_Dompierre_de_Fontaine
2 On ne connaît pas ces lettres .
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
24/07/2026
Les querelles du parlement de Paris ne feront jamais croître un épi de blé
... Cependant nos parlementaires sont appelés à voter des lois concernant notre notre agriculture , au grand dam de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, qui sur la prière du président himself renonce à démissionner après le vote autorisant le recours à des pesticides tel l'acetamipride : https://lcp.fr/actualites/loi-agricole-et-acetamipride-la-ministre-de-la-transition-ecologique-monique-barbut-va
Empoisonnement en marche, circulez, ils n'en ont rien à f... , on ne crache pas sur des revenus substantiels ; de toute façon , ce sont leurs enfants et petits-enfants qui seront malades, et quand il faudra les soigner on doit s'attendre à une marée de procès interminables contre ces gugusses qui se sont vendus pour un paquet de noisettes . Après eux le déluge !
« A Louis-Gaspard Fabry
22 décembre 1770
Monsieur,
Je me félicite bien de m’être rencontré avec vous : je vous avoue que j’avais écrit quatre lettres consécutives, et que j’avais toujours représenté que nous n’avions pas de quoi nourrir des troupes.
Votre approvisionnement fera grand bien . Les blés que le roi de Sardaigne accorde reviennent encore aux Genevois à un prix plus cher qu’on ne l’achète au marché de Gex, à cause de l’extrême rareté des voitures.
Nous serons probablement obligés de nous fournir à Lyon ou à Marseille pour le printemps. Dieu veuille que les pluies et les débordements ne désolent point les provinces voisines ; tout est à craindre.
Les querelles du parlement de Paris ne feront jamais croître un épi de blé . Si nous n’avons point de guerre, nous en aurons l’obligation à M. le duc de Choiseul, qui fait tout le bien qu’il peut, et que je regarde comme le premier homme de l’Europe.
Il n’est que trop vrai, monsieur, que les circonstances présentes ne sont pas plus favorables à l’édit de Versoix que les débordements ne sont favorables aux biens de la terre. C’est bien dommage, l’entreprise était belle ; mais la cire verte en lacs 1 de soie rouge et verte ne se chauffe pas aisément pendant les pluies continuelles.
J’ai l’honneur d’être, etc.
Voltaire. »
1 L'édition Fabry porte en lacs, et nous conservons ce texte : les lacs désignent proprement les cordons qui attachent des sceaux . La correction de Th. Besterman, enlacés n'est donc pas nécessaire . On sait d’autre part que le sceau royal de cire verte comportait des cordons de soie rouge et verte .
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
23/07/2026
c’est encore une raison pour faire la paix avec cette maudite puissance ottomane, dont tant de gens prennent le parti
... Ce que ne semble pas avoir compris Donald-l'éméché-menaçant : https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/23/face-a-l-iran-donald-trump-multiplie-les-menaces-faute-de-prendre-l-ascendant-militaire_6730309_3210.html
« A Catherine II, impératrice de Russie
22è décembre 1770 à Ferney 1
Madame,
Ma passion commence à être un peu malheureuse. Je ne sais plus de nouvelles ni de Votre Majesté impériale, ni de mon ennemi Moustapha. Tout ce que je puis faire cette fois-ci, c’est de vous ennuyer de mon petit commerce avec le roi de la Chine votre voisin .
Je me suis imaginé que les pluies du mois de décembre, la crainte de la peste, et celle de la famine, pourraient suspendre le cours de vos conquêtes, et que Votre Majesté aurait peut-être le temps de s’amuser d’une espèce de petite Encyclopédie nouvelle qui paraît devers le mont Jura. Il y est parlé de votre très admirable personne dès la page 17 du premier tome 3 2, à propos de l’alphabet. Il faut que l’auteur soit bien plein de vous, puisqu’il vous met partout où il peut.
Je ne sais pas quel est cet auteur, mais sans doute c’est un homme à qui vous avez marqué de la bonté, et qui doit parler de Votre Majesté au mot reconnaissance 3.
Il y a, dit-on, en France des gens qui trouvent cela mauvais ; mais l’univers entier devrait le trouver bon, et si j’étais un peu votre victime, j’en serais bien glorieux.
Il n’y a encore que trois volumes d’imprimés. On les a envoyés par les voitures publiques à votre surintendant des postes, avec l’adresse de Votre Majesté impériale.
Je pris il y a quelques mois 4 la liberté de vous envoyer les placets de deux Genevois pour une somme qu’ils répétaient d’un officier qui a été quelque temps à Genève, mais vous êtes bien persuadée que si j'ai cédé aux empressements des complaignants je n'ai pas voulu vous importuner pour une pareille bagatelle .
J'ai pris aussi la liberté de vous parler 5 d’une fabrique de montres établie à Ferney, et de vous offrir ses services lorsque Votre Majesté, en accordant la paix à Moustapha, voudra lui faire la faveur de lui envoyer une montre avec son portrait. Il pourra trembler, mais aussi il pourra être attendri. En un mot, ma fabrique de montres est à votre service . Si j’étais jeune, je la conduirais moi-même à Saratof.
Le roi de Prusse prétend qu’Ali-beg n’est point du tout roi d’Égypte 6; c’est encore une raison pour faire la paix avec cette maudite puissance ottomane, dont tant de gens prennent le parti. Je mourrai certainement de douleur de ne vous pas voir sur le trône de Constantinople. Je sais bien que la douleur ne fait mourir que dans les romans ; mais aussi vous m’avez inspiré une passion un peu romanesque, et il faut qu’avec une impératrice telle que vous mon roman finisse noblement. J’emporterai avec moi la consolation de vous avoir vue souveraine des deux bords de la mer Noire et de ceux de la mer Égée.
Daignez agréer, malgré toutes mes déclarations, le très profond respect de l’ermite de Ferney. »
1 Minute complétée et corrigée par V* ; copie contemporaine ; éd. Kehl qui supprime le sixième alinéa, jugé trop matériel et qui commence le paragraphe suivant par je prends .
2 Article « ABC » : https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99A_B_C/%C3%89dition_Garnier
3 Bien entendu il n'y a là qu'une figure : un tel article ne fut jamais écrit .https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99A_B_C/%C3%89dition_Garnier
4Seulement quelques semaines ; voir la lettre du 9 novembre 1770 à Catherine : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/05/10/ils-ne-m-ont-pas-voulu-quitter-que-je-n-aie-pris-une-note-de-leurs-principa.html
L'erreur de V* semble témoigner de son impatience .
5 Dans la même mettre du 9 novembre .
6 Dans sa lettre du 4 décembre 1770 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8106
Frédéric II avait écrit à V* à ce sujet : « Je prends ce qu'on débite pour un conte ajusté et mis en roman par le gazetier. »
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
22/07/2026
On dit que l’Américain *** n’a pas extrêmement réussi ; mais on espère qu’il réussira
... Les US-guys commencent à se faire du mouron devant la note de cette guerre iranienne qui était censée finir dès que le grand chef avait décidé : supercalifragilisticexpialidocious ! Loupé ! Comptons peu mais comptons bien : https://www.bfmtv.com/economie/international/37-5-milliards-de-dollars-c-est-le-cout-de-la-guerre-en-iran-selon-le-ministre-americain-de-la-defense_AD-202607220047.html
Où en est-on en France ?
« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu
21è décembre 1770 à Ferney
Eh, mon Dieu ! je ne sais plus si j’ai demandé à mon héros sa protection auprès de l’empereur de la Chine. En tout cas, voici mon placet que je lui présente 1.
Les meurtriers du chevalier de La Barre et du lieutenant général Lally sont donc un peu humiliés ; mais le sang en est-il moins répandu, et est-ce là une satisfaction ?
Je souhaite à mon héros une bonne année de 1771. Ma bonne année sera celle de sa première gentilhommerie 2 de la chambre en exercice, supposé que je sois alors en vie, ce que je ne crois pas.
On dit que l’Américain 3 de Mlle Clairon n’a pas extrêmement réussi ; mais on espère qu’il réussira.
Je me mets aux pieds de mon héros.
V. »
1 Épître au roi de la Chine : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome10.djvu/422
2 Encore un néologisme plaisant ; sur le fond , la prochaine année d’exercice de Richelieu en tant que premier gentilhomme de la Chambre devait être 1773 .
3 Jean Mauduit de Larive, né à la Rochelle en 1749, mort le 30 avril 1827, avait débuté sur le Théâtre-Français le 3 décembre 1770, par le rôle de Zamore dans Alzire. Voir lettre du 10 décembre 1770 à Thibouville : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/06/25/il-les-supplie-de-se-contenter-du-petit-billet-qu-il-leur-en-6599744.html
08:12 | Lien permanent | Commentaires (0)

