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14/01/2026

le meilleur homme du monde me calomnie étrangement

... Rassure toi Marine, papa Le Pen est bien mort et enterré et ne peut plus te dénigrer .

Reste à savoir qui est, en ce moment, pour toi, le meilleur homme du monde . Je parie que ce n'est sûrement pas Jordan Bardella, aimé par trop de monde et inapte pourtant à faire un bon président . Va, Marine, bois le calice jusqu'à la lie, j'espère que les juges vont te mettre au chômage pour assez de temps .

 

 

« Au baron Friedrich Melchior von Grimm

23è juillet 1770 1

Mon cher prophète, M. Pigalle, quoique le meilleur homme du monde, me calomnie étrangement . Il va disant que je me porte bien, et que je suis gras comme un moine. Je m’efforçais d’être gai devant lui, et d’enfler les muscles buccinateurs 2 pour lui faire ma cour.

Jean-Jacques est plus enflé que moi, mais c’est d’amour-propre. Il a eu soin qu’on mit, dans plusieurs gazettes, qu’il a souscrit, pour cette statue, deux louis d’or ; mes parents et mes amis 3 prétendent qu’on ne doit point accepter son offrande. Je vous prie de me mander où il demeure .

Je vous prie aussi de me dire si vous avez lu le Système de la Nature, et si on le trouve à Paris. Il y a des chapitres qui me paraissent bien faits, d’autres qui me semblent bien longs, et quelques-uns que je ne crois pas assez méthodiques. Si l’ouvrage eût été plus serré, il aurait fait un effet terrible ; mais, tel qu’il est, il en fait beaucoup. Il est bien plus éloquent que Spinosa ; mais Spinosa a un grand avantage sur lui, c’est qu’il admet une intelligence dans la nature, à l’exemple de toute l’antiquité, et que notre homme suppose que l’intelligence est un effet du mouvement et des combinaisons de la matière, ce qui n’est pas trop compréhensible. J’ai une grande curiosité de savoir ce qu’on en pense à Paris vous, qui êtes prophète 4, vous en pourrez dire des nouvelles mieux que personne.

Ne m’oubliez pas auprès de ma philosophe et de vos amis. »

1 Datée du 10 juillet 1770 dans l'édition Garnier .

2 Pigalle racontait à Paris que Voltaire s’était amusé à souffler des pois.

3 On ne connaît ni parent ni ami de V* qui lui aurait déconseillé d'accepter la contribution de Jean-Jacques Rousseau . D’Alembert, notamment, lui a fait valoir qu'il était impossible et malséant de refuser cette participation ; voir lettre du 12 juillet 1770 à Mme Du Deffand : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/12/21/mon-destin-est-de-vous-etre-bien-tendrement-attache-jusqu-a-6575856.html

4 Allusion à l’ouvrage de Grimm ayant pour titre le Petit Prophète de Boehmischbroda (1753), in-8°.

13/01/2026

il vaut mieux employer le sieur Vaucher, habitant de Ferney et naturalisé français, qu'un habitant de Genève

... Au passage, je ne connais pas de Genevois qui accepterait de travailler dans le Pays de Gex au tarif français ; jugez-en , SMIC horaire sur le Canton de Genève : 24,59 FCH brut, soit 26,42 €, contre 12,02 € sur France, soit 4455,36 € brut mensuel minimum ( 3900 € net ) contre 1823 € brut ( 1443 € net ) : https://www.ge.ch/appliquer-salaire-minimum-genevois/mont... 

et : https://www.capital.fr/economie-politique/smic-2017-le-montant-mensuel-et-horaire-en-net-et-en-brut-1230723

Pas difficile de comprendre le raz de marée de nouveaux travailleurs frontaliers et les tarifs de dingues pour les locations et accessions à la propriété  d'un niveau parisien .

 

 

 

« A Louis-Gaspard Fabry, Chevalier

de l'ordre du roi

Subdélégué

à Gex

A Ferney 23è juillet 1770 1

J'ai l'honneur, monsieur, de vous adresser un des meilleurs artistes de l'Europe, qui demeure à Ferney, et qui peut entreprendre l'horloge de Gex . Il n'y a qu'un seul homme à Genève qui puisse l'égaler . Vous penserez avec moi qu'il vaut mieux employer le sieur Vaucher, habitant de Ferney et naturalisé français, qu'un habitant de Genève . Je serai sa caution, et je ne crois pas qu'il faille disputer sur le prix avec un artiste de son mérite .

J'ai l'honneur d'être avec un attachement respectueux, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire . »

1 Original signé ; éd. Lettres inédites, 1946 , propose une date inexacte .

12/01/2026

la vérité et la liberté, deux choses excellentes, qui ont trouvé jusqu’ici peu d’asile chez les hommes

... Rude constat . 

 

 

« A Joseph-Gaspard Dubois-Fontanelle

à Deux Ponts

23 juillet [1770] 1

Votre lettre, monsieur, réjouit un vieux malade. Je vois que vous aimez la vérité et la liberté, deux choses excellentes, qui ont trouvé jusqu’ici peu d’asile chez les hommes. Vous en jouissez sous la protection d’un prince 2, ce qui est encore plus rare.

Je crois que votre journal 3 se distinguera de la foule de tous ceux dont l’Europe est remplie. Tous vos extraits m’ont paru très bien faits. On vous aura déjà dit probablement qu’en changeant une lettre à votre nom, on pourra vous prendre pour celui qui faisait si bien les extraits de l’Académie des sciences 4.

On ne peut être plus sensible que je le suis aux faveurs que vous me faites. J’ai l’honneur d’être avec toute l’estime que vous méritez, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.»

1 Jean-Gaspard Dubois, connu sous le nom de Fontanelle, né à Grenoble le 29 octobre 1737, mort le 15 février 1812, auteur d’Éricie ou la Vestale (voyez tome XLVI, page 147), d’un Cours de belles-lettres, 1813, quatre volumes in-8°. Il venait d’établir à Deux-Ponts une Gazette universelle de politique et de littérature.

Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Gaspard_Dubois-Fontanelle

2 L’Électeur palatin.

3 Fontanelle était le rédacteur chef de la Gazette universelle de politique et de littérature, communément appelée la « Gazette de Deux-Ponts ».

10/01/2026

On me mande que tout le fond  de ce qu’on dit de lui est vrai

... Ali Khamenei : guide suprême ! Mahomet tu dois avoir honte, Allah te joue vraiment un sale tour de te fournir un tel représentant .

Despote et assassin de son peuple , lanceur de fatwas, pourri au-delà du possible et lâche outre-mesure : vieux birbe, tu taches le monde, qu'on t'efface vite . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestations_de_2025-2026...

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"Vieille charogne !" comme dit ma grand-mère

 

 

« A François-Louis-Claude Marin 1

22 juillet [1770]

J’ai reçu, mon cher correspondant, les anecdotes manuscrites 2. Il y en a plusieurs que j’avais déjà dans mes paperasses, et dont je n’ai point fait usage dans l’Histoire de la Russie, parce qu’elles étaient fort suspectes, et très contraires aux mémoires que l’impératrice Élisabeth m’avait fait remettre. Il y en a quelques-unes dans votre manuscrit qu’il faudra beaucoup adoucir, car assurément je ne veux pas déplaire à ma Catherine, qui venge l’Europe de l’insolence des Turcs 3.

Je voudrais qu’on vengeât le public d’un Fréron. On me mande que tout le fond 4 de ce qu’on dit de lui est vrai. Si, cela est, il faut donc le pilorier avec saint Billard et saint Grizel. Vous me feriez plaisir de m’instruire de tout ce que Thieriot a pu omettre, car je suis très curieux 5

Je tâcherai, mon cher correspondant, de vous avoir le meilleur parti possible de vos historiettes russes, et de tout ce que vous m’enverrez. Je suis à vous sans réserve. Je vous prie de m’envoyer la demeure de Jean-Jacques Rousseau 6. »

2  De Christoph Hermann Manstein ; sur ses Mémoires,quoique écrits en français, publiés d'abord en anglais par David Hume sous le titre Memoirs of Russia, historical, political and military, from the year 1727 to 1744, 1770 : https://archive.org/details/bim_eighteenth-century_memoirs-of-russia-histo_manstein-cristof-herman_1770 .

Voir la lettre du 9 novembre 1757 à Claude-Etienne Darget : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1757/Lettre_3447

V* reviendra sur ce sujet dans les lettres du 24 octobre 1770 et 10 novembre 1770 .

3 Phrase notable pour juger du degré d'objectivité de V* historien .

4 Les Anecdotes sur Fréron .

5 Jointe à d'autres indications, une phrase comme celle-ci suggère que Marin était un des agents de V* les plus actifs à Paris . Il est curieux que la plupart de ses lettres aient disparu .

6 C'est Hôtel Saint Esprit, rue Plâtrière, à Paris .

ma tête, qui n’est pas plus grosse que celle d’un lapin, m’a un peu tourné. Il faut digérer et avoir une grosse tête... pour diriger les têtes des autres

... Trump , président du clapier, bon appétit tête d'âne, c'est bien toi qui est suivi bêtement par quelques millions de sans raison . Souviens-toi que plus tu restes plus tu approches de la casserole et que ta peau ne vaut pas un pet de lapin .

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« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

22 juillet 1770

Mon cher ange, il y a longtemps que je ne vous ai écrit ; la raison en est qu’étant très malade, quoi qu’on die, et ayant une assez nombreuse colonie à conduire, ma tête, qui n’est pas plus grosse que celle d’un lapin, m’a un peu tourné. Il faut digérer et avoir une grosse tête pour bâtir des maisons et des comédies, et pour diriger les têtes des autres.

Je suis donc très malade, vous dis-je, malgré les calomnies de Pigalle, qui répand partout que je me porte bien.

Je vous avertis qu’il faudrait jouer Le Dépositaire 1 avant qu’on piloriât saint Grizel et saint Billard ; car, quand ils seront piloriés, la pitié succédera dans les cœurs à l’indignation, et ce qui aurait été plaisant pourra passer pour cruel . Mais, comme messieurs du clergé, que Grizel confessait, ne se sépareront pas sitôt, je laisse le tout à votre prudence, et je vous enverrai, quand il vous plaira, Le Dépositaire de l’abbé de Châteauneuf, et la Sophonisbe de M. Lantin, pour mettre avec L’Écossaise de M. Jérôme Carré.

Il me paraît que vos ambassadeurs ne font pas grand cas de nos montres de Ferney ; cependant je compte qu’il y en aura une incessamment avec le portrait du comte d’Aranda, qu’il faudra bien que monsieur l’ambassadeur d’Espagne prenne 2. J’ai reçu de mon mieux le prince Pignatelli, son fils 3, malgré mes maux, ma misère, et ma colonie.

Le beau-frère de Fréron 4 me persécute toujours pour lui faire avoir justice ; mais je ne sais ce que c’est que son affaire. Ce beau-frère me paraît un bavard ; et d’ailleurs on dit qu’il suffit d’être allié de Fréron pour ne valoir pas grand’chose.

Lekain nous a envoyé trois grandes lettres pour avoir deux copies de mon visage en plâtre. Je lui réponds par un petit billet 5, que je vous prie de lui faire tenir . On n’a pas de visage de plâtre si aisément qu’il le pense.

Je ne sais, mon cher ange, si vous êtes à Paris ou à Compiègne. Supposé que ce soit à Compiègne, je vous supplie de communiquer à M. le duc de Choiseul mon étonnement, dont je ne suis pas encore revenu. J’avais pris la liberté d’envoyer sous son enveloppe, en Espagne, une caisse des ouvrages de ma manufacture. Il daigna se charger de la faire passer par la poste à Bordeaux, et de l’adresser à un patron de vaisseau pour la rendre à Cadix ; et voici qu’il m’envoie lui-même le reçu du patron ; mon protecteur devient mon commissionnaire. Mons. de Louvois n’aurait pas fait de ces choses-là ; aussi je l’aime autant que je hais mons. de Louvois.

Il a fait encore bien pis ; il a acheté de nos montres pour le compte du roi. Nos émigrants l’adorent, et j’en fais tout autant. Il fera de notre petit pays, jusqu’à présent inconnu, un pays charmant. Mais que dites-vous de moi, qui risque de me ruiner pour établir chez moi des familles genevoises ? L’ingénieur du roi de Narsingue 6 n’y faisait œuvre. Je sens bien que cela est un peu ridicule à mon âge et avec mes maladies.

 

Un octogénaire plantait.
Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge !7

À quelque âge que ce soit, radoteur ou non, je serai tendrement attaché à mes deux anges jusqu’au dernier moment de ma drôle de vie.

Mme Denis se joint à moi pour vous dire les mêmes choses. Ce n’est pas qu’elle radote comme moi, elle n’en est pas là, mais elle vous aime comme moi. »

1 L'édition Besterman omet « Le Dépositaire » qu'on trouve dans l 'édition Garnier .

2 Fuentès, comme le dit Besterman, ou encore le marquis d'Ossun ; voir lettre du 16 juillet 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/01/05/les-emigrants-qui-ont-etabli-cette-manufacture-sont-des-gens-6577798.html

3 Luis Pignatelli, duc de Solférino, fils de Juan Joaquin Atanassio Pignatelli de Aragon, comte de Fuentès, ambassadeur à Paris . La comtesse d'Egmont-Pignatelli avait annoncé sa visite à V* par une lettre du 17 juin 1770.

4 Royou ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome24.djvu/199

La suite montre que V* commence à se méfier du personnage qui effectivement était digne de la plus grande méfiance .

5 Il manque.

6 Voir la note 1 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome24.djvu/242

Un passage du Rescrit de l'Empereur de la Chine montre que V* pense ici à Maupertuis ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome24.djvu/241 .

N'y faire œuvre signifie «  y perdre son latin ».

7 La Fontaine, Le vieillard et les Trois Jeunes Hommes : https://www.la-fontaine-ch-thierry.net/vieil3jom.htm

 

des situations dignes de vous

... A vous de jouer ! La chasse aux bonnes résolutions est ouverte , dry january ou pas .

 

« A Henri-Louis Lekain

22è juillet 1770 1

Pigalle, mon cher ami, tout Pigalle, tout Phidias qu'il est, ne pourra jamais animer le marbre comme vous animez la nature sur le théâtre . Vous avez au-dessus des sculpteurs et des peintres un grand avantage, c'est celui de rendre tous les sentiments et toutes les attitudes, et ils n'en peuvent exprimer qu'un seul .

M. Pigalle était parti quand votre gros paquet est venu .

Portez-vous bien . On dit que mon ancien Esculape 2 est sûr de vous rendre la santé . Je voudrais que Mairet eût pu mettre Massinisse 3 dans des situations dignes de vous, mais il n'y a que le cinquième acte qui puisse en fournir.

Avez-vous jamais lu la tragédie de Mairet 4? On l'imprimera bientôt avec l'autre 5 . Je vous embrasse de tout mon cœur .

V. »

2 Théodore Tronchin .

3 Dans Sophonisbe . V* a écrit sur le même sujet une tragédie imprimée en 1770 et dont la première sera donnée le 15 janvier 1774. Voir : https://www.theatre-classique.fr/pages/programmes/edition.php?t=../documents/VOLTAIRE_SOPHONISBE.xml

5 Dans Les Choses utiles et agréables, III, 3-166 .

09/01/2026

daignez plaindre un peu les pauvres malades

... J'enrage de voir la montagne de peluches, fleurs et lumignons qui s'est accumulée à Crans Montana, pour des morts ; je ne m'y ferai jamais de voir ce ridicule amas, ces dépenses inutiles alors qu'il y aurait pu avoir un versement de fonds pour la recherche médicale, ou l'accueil des parents auprès des malades , autrement plus sensé . Pendant ce temps les blessés, les brûlés surtout sont marqués à vie, et les petits nounours n'y feront rien . Nous sommes bien dans la civilisation du paraître, des m'as-tu-vu, de la gloriole : "mon Dieu, comme je suis bon, j'ai mis une fleur devant le lieu de la catastrophe ", "et moi j'ai mis un nounours", et puis "moi, j'ai mis une bougie " ( une bougie ! une bougie ! pour honorer le souvenir de brûlés !!! imbéciles !! ).

Et notre président, passé l'émotion, donnera-t-il des consignes à l'administration pour faciliter la vie de ceux qui ont été touchés, et leurs familles ? 

 

 

« A Pierre-Michel Hennin

Il faut vite dépêcher le domestique de notre cher résident. Mme Denis lui fera demain les honneurs de Ferney. On lui conseille de se crever à dîner, car nous n’avons, Dieu merci, ni cuisinier, ni cuisinière ; mais cela ne fait rien.

Allez, allez, comptez que ma Catau a tout ce qu’il lui faut ; ne la plaignez point ; mais daignez plaindre un peu les pauvres malades.

Je recevrai votre voyageur comme je pourrai ; il me pardonnera.

V.

Samedi au soir [ 21 juillet 1770].1 »