24/02/2026
Je ne sais comment m'y prendre
... Tel devrait être le constat d'Emmanuel Macron au sortir du Salon de l'Agriculture, s'il avait un tant soit peu de réalisme . Mais ce n'est pas sa principale qualité .
« A François de Caire
25è auguste 1770 à Ferney
J'ai encore recours à vous, monsieur, pour faire passer un faible secours à un infortuné malgré ses torts . Je ne sais comment m'y prendre, ni si la poste voudra se charger de mon paquet à M. de Chatelanaz . Je ne puis qu'implorer vos bontés .
Agréez, monsieur, les tendres respects du vieux malade, et très malade
V.
Je me mets aux pieds de madame de Caire tout indigne que j'en suis . »
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23/02/2026
il restait à peine la place de signer mon nom
... tant la liste des candidats à la présidentielle est longue !"
« A Gaspard-Henri Schérer
A Ferney 24è auguste 1770 1
J'ai l'honneur , monsieur, de vous adresser quatre lettres de change de 400, de 500, de 1000 et de 1800 livres .
Il y en a une à laquelle il restait à peine la place de signer mon nom .
Quand vous en aurez reçu le paiement je vous prie de m'en donner avis .
J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire.
Comme c'est vous qui tenez les livres et non pas moi, monsieur, permettez-moi de vois demander si je ne vous ai pas envoyé des lettres de change signées Meiner pour 2714 livres il y a environ six semaines ou un mois .«
1 Original signé ; endos « Reçue le 26 août » et « £ 1800 en août sur Pagnier ; 400 au 13 septembre;1000 au 5 septembre ; 500 au 15 d° Paris ».
17:21 | Lien permanent | Commentaires (0)
22/02/2026
Tout ce que vous daignez faire pour la petite colonie de nouveaux Français montre bien la générosité de votre cœur
... Quelques informations officielles sur la naturalisation française qui font taire les on-dit : https://www.youtube.com/watch?v=X-oUFV_D_-A
Si vous trouvez que c'est trop facile de changer de nationalité en France, je vous invite à vous informer sur les conditions des autres pays .
« A Pierre Paul, marquis d'Ossun
24è auguste 1770 à Ferney par Lyon
Monsieur,
Permettez que j’importune encore Votre Excellence par mes remerciements. Tout ce que vous daignez faire pour la petite colonie de nouveaux Français montre bien la générosité de votre cœur, et fait voir que vous représentez un roi de France.
Je me suis vanté à M. le duc et à Mme la duchesse de Choiseul 1 des extrêmes bontés dont vous m’honorez . J’en étais trop plein pour m’en taire. Je vous supplie de me pardonner cette indiscrétion elle ne dérobe rien à la reconnaissance que je vous dois. Le fort du commerce de mes colons étant en Espagne, jugez, monsieur, quelles obligations je vous ai.
J’ai l’honneur d’être avec un profond respect,
monsieur,
de Votre Excellence
le très humble et très obéissant serviteur
Voltaire . »
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21/02/2026
Vous suppléerez à tout ce que je n'ai pas dit, car malheur à qui dit tout
... C'est bien ce que M. Macron aurait dû dire lors de la conférence de presse en Indes, plutôt que de s'embourber avec son "doute", et ses "erreurs" qui ne sont en fait pas nouvelles pour ceux qui suivent sa manière de gouverner . Reste que nous avons enlevé un marché énorme pour fournir des avions de combat, que nous ne serons pas capables de fournir en temps voulu, et qui de plus risquent d'être payés en roupies de sansonnet ! Ave Emmanuel !!
« A Jean-François de Saint-Lambert
22è auguste 1770
Mon très cher confrère en Théodicée et en Académie, je vous envoie un peu de la chétive prose que vous me demandez . Je sais bien qu'il n'est pas juste que je vous demande en échange de l'or pour mon cuivre . Mais comme vous êtes fort généreux il ne tiendrait qu'à vous de m'envoyer quelques vers de votre poème 1 dont on dit encore plus de bien que des Saisons . Je suis très malade, très languissant, et il n’y a que vos vers qui puissent me ranimer . Je vous les demande comme un restaurant dont j'ai un besoin extrême .
Vous verrez que j'ai deviné vos sentiments dans la réponse au Système de la nature . Vous suppléerez à tout ce que je n'ai pas dit, car malheur à qui dit tout .
Je vous remercie tendrement de vos bonté pour M. de Varicourt 2 . Je les implorerai dès que je saurai nettement ses intentions .
Vous me faites trembler en parlant de ces coups du ciel qui peuvent changer la face de la terre . Je m’intéresse fort à la face de ceux que vous aimez . Je ne sais comment il arrive que les coups du ciel font toujours beaucoup de mal .
Voulez-vous bien présenter mes respects à M. le prince de Beauvau et à Mme de Boufflers . Soyez surtout bien persuadé , monsieur, de tous les sentiments que vous m'inspirez, de l'extrême obligation que je vous ai de faire tant d'honneur aux lettres, de mon estime infinie, et de mon attachement inviolable .
V.
M. de Varicourt est très affligé de la goutte ; il demande sa retraite d'invalide, il dit que c'est tout ce qui lui convient dans le triste état où il est . Je vous supplie, monsieur, de ménager en sa faveur toutes les bontés dont M. le prince de Beauvau l’honore . »
1 Le Génie, dont on connaissait des extraits, mais que Saint-Lambert ne publia jamais lui-même . Voir : file:///C:/Users/jeanmarc/Downloads/rde-5512.pdf
2 Marie-Etienne Rouph de Varicourt, mari de Gilberte Prospère Deprez de Crassier, père de « belle et bonne » ; il avait servi dans les gardes du corps du roi sous le commandement de Beauvau . Voir : https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&opi=89978449&url=https://excerpts.numilog.com/books/9782706221101.pdf&ved=2ahUKEwjSnNnduuiSAxVCRKQEHdfpCyAQFnoECCQQAQ&usg=AOvVaw2qhthLX1udx8Gb_SxCcLBL
08:36 | Lien permanent | Commentaires (0)
20/02/2026
puissé-je avoir rencontré quelques-unes de vos idées ! Ce serait le seul moyen de n’être pas indigne de votre suffrage
...Ce pourrait-être la déclaration de la France à l'Allemagne à l'heure où il semble bien que la relance de l'économie avance , et qu'on se regarde en chiens de faïence :https://euractiv.fr/news/la-relance-de-lindustrie-europee...
« A René-Nicolas-Charles-Augustin de Maupéou
A Ferney 22è auguste 1770 1
Monseigneur,
Il ne faut point prendre la liberté de vous présenter des ouvrages nouveaux, parce que assurément vous pensez mieux que les auteurs de ce siècle . Une seule de vos lettres est mieux écrite que tous leurs livres. Mais peut-être dans les circonstances présentes, où le Système de la Nature fait tant de bruit dans l’Europe, il semble permis d’offrir au chef de la littérature 2 aussi bien que des lois la faible esquisse d’une réfutation 3.
Si vous daignez, dans la multitude de vos grandes occupations, jeter les yeux un moment sur ce petit écrit, il vous en dira moins que votre esprit ne vous en dira ; puissé-je avoir rencontré quelques-unes de vos idées ! Ce serait le seul moyen de n’être pas indigne de votre suffrage.
J’ai l’honneur d’être avec un profond respect,
monseigneur,
votre. »
1 Minute corrigée par V* ; copie contemporaine ; éd. Cayrol .
2 La direction de la librairie était dans les attributions du chancelier. (A. F.)
3 Dieu et les hommes ; voir lettre du 1er juin 1770 à Cramer : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/01/disposer-favorablement-les-esprits-il-serait-meme-tres-bon-d-6568860.html
16:40 | Lien permanent | Commentaires (0)
dire tout ce qui peut plaire à de nouveaux mariés : les femmes entendent cela cent fois mieux que les hommes
... C'est du vécu ... Elles sont aussi expertes pour abattre en flammes de mille manières un couple qui leur déplait . That's life !
« A Louise-Sophie Savalette de Flacourt de Magnanville d'Hornoy
20 auguste 1770 à Ferney
Vous faites, madame, le bonheur d’un homme à qui je tiens par les liens de l’amitié encore plus que par ceux de la nature. Le seul plaisir qui reste aux vieillards est d’être sensible à celui des autres. Je vous dois la plus grande satisfaction que je puisse goûter , la vôtre est bien rare de vivre avec un bon mari sans quitter le meilleur des pères. M. d’Hornoy égaye la retraite de Mme Denis et la mienne, en nous disant combien il est enchanté. Mme Denis doit vous dire tout ce qui peut plaire à de nouveaux mariés : les femmes entendent cela cent fois mieux que les hommes. Pour moi, je vous dirai que vous êtes bien bonne, au milieu du fracas des noces, de l’embarras des visites et des compliments, et des occupations plus sérieuses, d’écrire à un vieux solitaire inutile au monde ; je vous en remercie. Vous avez encore un mérite de plus, c’est que votre lettre est fort jolie, et que votre écriture ne ressemble pas à celle de votre mari, qui écrit comme un chat, aussi bien que son autre oncle l’abbé Mignot. L’abbé Dangeau, de notre Académie française 1, renvoyait les lettres de sa maîtresse quand elles étaient mal orthographiées, et rompait avec elle à la troisième fois. Moi, qui suis aussi de l’Académie, je ne vous renverrai pas votre lettre, madame , il n’y manque rien ; je la garderai comme une chose qui m’est bien chère. Je vous aime déjà comme si je vous avais vue et, sans oublier le respect qu’on doit aux dames, j’ai l’honneur d’être de tout mon cœur, madame, votre très . »
15:58 | Lien permanent | Commentaires (0)
J’avais cru longtemps que l’idée de cette caricature était une plaisanterie
... Or, comme elle ne l'est pas " disent Bruce Springsteen et U2 "il faut écrire et chanter son dégoût ":
Listen to this : https://www.youtube.com/watch?v=Y3ziTSYyook
and : https://www.youtube.com/watch?v=wWKSoxG1K7w
« A Frédéric II, roi de Prusse
À Ferney, le 20 auguste [1770]
Sire,
Le philosophe d’Alembert m’apprend 1 que le grand philosophe de la secte et de l’espèce de Marc-Aurèle, le cultivateur et le protecteur des arts, a bien voulu encourager l’anatomie, en daignant se mettre à la tête de ceux qui ont souscrit pour un squelette : ce squelette possède une vieille âme très sensible ; elle est pénétrée de l’honneur que lui fait Votre Majesté. J’avais cru longtemps que l’idée de cette caricature était une plaisanterie ; mais puisque l’on emploie réellement le ciseau du fameux Pigalle, et que le nom du plus grand homme de l’Europe décore cette entreprise de mes concitoyens, je ne sais rien de si sérieux. Je m’humilie en sentant combien je suis indigne de l’honneur que l’on me fait, et je me livre en même temps à la plus vive reconnaissance.
L’Académie française a inscrit dans ses registres la lettre dont vous avez honoré M. d’Alembert à ce sujet 2. J’ai appris tout cela à la fois : je suis émerveillé, je suis à vos pieds, je vous remercie, je ne sais que dire.
La providence, pour rabattre mon orgueil, qui s’enflerait de tant de faveurs, veut que les Turcs aient repris la Grèce ; du moins elle permet que les gazettes le disent 3. C’est un coup très funeste pour moi. Ce n’est pas que j’aie un pouce de terre vers Athènes ou vers Corinthe : hélas ! je n’en ai que vers la Suisse ; mais vous savez quelle fête je me faisais de voir les petits-fils des Sophocle et des Démosthène délivrés d’un ignorant bacha. On aurait traduit en grec votre excellente réfutation du Système de la Nature, et on l’aurait imprimée avec une belle estampe dans l’endroit où était autrefois le Lycée.
J’avais osé faire une réponse de mon côté 4; ainsi Dieu avait pour lui les deux hommes les moins superstitieux de l’Europe, ce qui devait lui plaire beaucoup. Mais je trouvai ma réponse si inférieure à la vôtre que je n’osai pas vous l’envoyer. De plus, en riant des anguilles du jésuite Needham, que Buffon, Maupertuis, et le traducteur de Lucrèce 5 avaient adoptées, je ne pus m’empêcher de rire aussi de tous ces beaux systèmes : de celui de Buffon, qui prétend que les Alpes ont été fabriquées par la mer ; de celui qui donne aux hommes des marsouins pour origine 6 ; et enfin de celui qui exaltait son âme 7 pour prédire l’avenir.
J’ai toujours sur le cœur le mal irréparable qu’il m’a fait ; je ne penserai jamais à la calomnie du linge donné à blanchir à la blanchisseuse 8, à cette calomnie insipide qui m’a été mortelle, et à tout ce qui s’en est suivi, qu’avec une douleur qui empoisonnera mes derniers jours. Mais tout ce que m’apprend d’Alembert des bontés de Votre Majesté est un baume si puissant sur mes blessures que je me suis reproché cette douleur, qui me poursuit toujours. Pardonnez-la à un homme qui n’avait jamais eu d’autre ambition que de vivre et de mourir auprès de vous, et qui vous est attaché depuis plus de trente ans.
Il y a plusieurs copies de votre admirable ouvrage : permettez qu’on l’imprime dans quelque recueil, ou à part 9, car sûrement il paraîtra, et sera imprimé incorrectement. Si Votre Majesté daigne me donner ses ordres, l’hommage du philosophe de Sans-Souci à la divinité fera du bien aux hommes. Le roi des déistes confondra les athées et les fanatiques à la fois : rien ne peut faire un meilleur effet.
Daignez agréer le tendre respect du vieux solitaire
Voltaire. »
1 D'abord par la lettre de d'Alembert du 9 août 1770 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7989
confirmée par celle du 12 août : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7993
2Une lettre du 28 juillet 1770 .
3 La nouvelle était exacte ; les Russes avaient «évacué la Morée .
4 Voir la note 1: https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome47.djvu/163
et la lettre à Cramer du 1er juin 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/01/disposer-favorablement-les-esprits-il-serait-meme-tres-bon-d-6568860.html
5 Lagrange, né à Paris en 1738, mort le 18 octobre 1775. Sa traduction du poème de Lucrèce, De la Nature des choses, parut à Paris en 1768, 2 volumes in-8°.
Voir lettre du 26 août 1768 à Villevielle : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/03/16/gonfle-d-un-amour-propre-feroce-persecuteur-et-calomniateur-6489821.html
6 Maillet .
7 Maupertuis.
8 Allusion au propos que Maupertuis prêtait à Voltaire , comme il recevait les vers que le roi lui envoyait à corriger ; voir : lettre du 24 juillet 1752 à Mme Denis : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome37.djvu/461
; et le Commentaire historique : https://fr.wikisource.org/wiki/Commentaire_historique/%C3%89dition_Garnier
9 Il ne paraît pas que l’Examen, dont il est question ici, ait été imprimé du vivant de Frédéric ; voyez une note sur la lettre de Frédéric II du 16 septembre 1770: https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8025
00:42 | Lien permanent | Commentaires (0)

