12/06/2026
Leur délit est constaté, les blés sont saisis par la justice, et c’est bien le moins qu’ils soient vendus à un prix raisonnable, dans le marché public, aux pauvres qui en ont besoin
...
« A de Veymerange
30è novembre 1770 à Ferney 1
Permettez, monsieur, que je joigne mes remerciements à ceux de toute la province. Vous lui rendez un service essentiel, vous et M. de Caire, en ne souffrant pas qu’on abuse de votre nom pour nous affamer. Le blé vaut aujourd’hui cinquante-quatre livres le setier, mesure de Paris.
Ceux qui ont abusé de vos passeports pour transporter le blé à l’étranger, et qui causaient chez nous la disette, ont été arrêtés près des terres de Genève, dans le chemin opposé à Versoix. Leur délit est constaté, les blés sont saisis par la justice, et c’est bien le moins qu’ils soient vendus à un prix raisonnable, dans le marché public, aux pauvres qui en ont besoin.
Vous sauverez réellement notre petit canton et nos colonies naissantes, en accélérant la construction des fours de Versoix, afin qu’on ne soit plus réduit à cuire le pain des troupes françaises sur le territoire de Genève, et qu’il n’y ait plus aucun prétexte aux monopoleurs qui exportent la nourriture du pays. L’état présent où nous sommes me force de réitérer mes instances et mes remerciements.
Mme Denis se flatte d’avoir l’honneur de vous voir ce soir. J’ai celui d’être, avec tous les sentiments que je vous dois, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,
Voltaire,
gentilhomme ordinaire
de la chambre du roi. »
1 Voir lettre du 29 novembre 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/06/10/nous-avons-besoin-de-la-plus-prompte-justice-et-de-la-delivr-6598272.html
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11/06/2026
Il faut rester dans son lit jusqu’à midi au moins, se lever tard, se coucher de bonne heure
... Rester dans son lit, certes, mais en y travaillant, repos des muscles, travail cérébral, ainsi est le mode de vie prôné par le Patriarche ; il savait par ailleurs se remuer suffisamment . Mais c'est réservé à ceux qui ont les moyens, sachant par ailleurs que la faculté de médecine, à juste titre, n'est pas partisane du sédentarisme ; n'est pas Voltaire qui veut .
« A Joseph-Michel-Antoine Servan Avocat
général du parlement de Grenoble
Aux Balances
à Genève
Au nom de Dieu, monsieur, venez coucher chez nous ; vous serez mieux couché que dans une auberge. Je prends le matin des médecines qui me tuent. Je suis plus malade que vous. Il m’est impossible de voir personne le matin dans l’état cruel où je suis. Quittez la triste ville de Genève à portes fermantes ; venez dans notre hôpital , nos sœurs grises auront soin de vous. Il faut que les malheureux se consolent ensemble. Vous parlez de faire une visite du matin, comme si vous vous portiez bien. Il faut rester dans son lit jusqu’à midi au moins, se lever tard, se coucher de bonne heure , je n’ai trouvé que ce secret pour prolonger une misérable vie qui vous est entièrement dévouée.
V.
À Ferney, 30è novembre 1770.»
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Nous avons besoin de la plus prompte justice, et de la délivrance du fléau dont nous sommes accablés
... C'est la demande la plus pressante des victimes et leurs proches dans ces abominables crimes sexuels envers des femmes et enfants, et parfois aussi des hommes . Et en décidant ex nihilo une étude de plus de soixante- dix mille dossiers d'ici le 14 juillet le garde des Sceaux Darmanin montre sa totale incapacité à tenir cette place correctement, limite son imbécilité , roi du yaka-fauqu'on , Irréaliste Ier : le premier ministre vient aussi apporter sa petite pierre à ce monument
« A de Veymerange 1
29è novembre 1770 à Ferney 2
Monsieur,
Les cavaliers des fermes générales viennent d’arrêter sur le chemin de Meyrin à Genève, dans la route de traverse, cinq voitures chargées de cinquante-deux coupes de blé, lesquelles appartiennent au nommé Cemetière et à un nommé Gros, dit Bordon, son associé.
Tous deux, sous prétexte de fournir le Genevois Cambassadez à Gentoux 3, ravissent tout le blé du pays , le portent dans l’étranger, et font mourir les agriculteurs de faim.
Il y a plus de six semaines que ce brigandage s’exerce jour et nuit. Nous avons besoin de la plus prompte justice, et de la délivrance du fléau dont nous sommes accablés.
Il est bien cruel que ce soit un Genevois, demeurant sur terre de Genève, qui soit chargé de nourrir les troupes du roi, et qui, par là, fournisse un prétexte continuel de mettre la famine dans notre province.
Nous vous demandons en grâce de vous concerter avec M. de Caire pour sauver ce malheureux petit canton.
J’ai l’honneur d’être avec respect,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
1 M. de Veymerange était conseiller au parlement de Metz, et directeur général des vivres.
2 Original signé ; éd. Cayrol ; endos « R ».
3 Gentoux est actuellement Genthod, proche de Versoix et de Ferney.
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10/06/2026
J'ai bâti onze maisons ; j'ai attiré quatre cents étrangers dans un village qui ne contenait que quarante pauvres
... Voltaire, homme d'action pour le bien serait fou furieux de voir son opposé en la personne d'un Netanyahou qui détruit et tue à tour de bras ; quand lui fera-t-on payer cette dette . Cet homme et ses partisans n'ont aucune excuse, -trop c'est trop,- même si leurs adversaires terroristes méritent -et eux seuls- d'être vaincus . Et pendant ce temps Trump golfe et fait bâtir une salle de bal : vraiment quel formidable homme d'état, champion du pédalage dans la semoule !
« A Guillaume-Claude de Laleu
A Ferney 28è novembre 1770
J'ai l'honneur, monsieur, de vous envoyer une attestation que je vis toujours . Ma colonie même de Ferney vit aussi, quoique M. le contrôleur général lui ait porté un coup mortel en mettant la main sur deux cent mille francs que M. de La Borde me faisait valoir . J'ai bâti onze maisons ; j'ai attiré quatre cents étrangers dans un village qui ne contenait que quarante pauvres . J'ai établi un commerce qui s'étendait tous les jours dans les pays étrangers . Le coup fatal porté sur les rescriptions n'a pu détruire entièrement cet ouvrage qui était protégé par le roi .
J'aurai besoin de quelque argent au mois de janvier . Le roi de Dannemark a sans doute fait déposer chez vous deux cents louis d'or, ainsi les mille écus de Mme Denis pourront lui revenir . Il faudra partager entre elle et la famille tout ce que la succession de Guise fournira . Ainsi je vous prie de me permettre de tirer sur vous au mois de janvier . Ma fabrique de montres mérite que vous vous y intéressiez . On ne travaille pas mieux à Paris et à Londres , et la fabrique de Ferney est moins chère d'un tiers . Si jamais quelqu’un de vos amis veut un joli ouvrage à bon marché il n'a qu'à commander à la fabrique, on le lui enverra à Paris franc de port et garanti .
J'ai l'honneur d'être bien sincèrement, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire . »
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09/06/2026
Comme mon commerce avec le roi de la Chine commence à faire du bruit dans votre province d'Europe, il est juste que vous en soyez instruit
... Ainsi dit Poutine, le fricoteur, après ses accords avec Xi Jinping le rusé :
Je parie sur la Chine gagnante à 1.4 milliards contre 145.80 millions Russes : du dix conte un , et la Chine n'est pas imbécile à faire une guerre autre que commerciale, le temps des conquêtes - Taïwan- viendra en son temps, à coup sûr .
Poutine joue aux échecs, XI Jinping au Go, l'un a des pièces de différentes forces hiérarchiques au service du roi, l'autre des pions tous égaux qui bien placés sont maîtres de territoires .
« A Alexandre-Marie-François de Paule de Dompierre d'Hornoy
28è novembre 1770
Mon cher conseiller, les scènes que vous avez jouées à la campagne sont sûrement plus plaisantes que celles qu'on donne quelquefois sur votre grand théâtre de législation . Je vous trouve un très grand philosophe de savoir joindre les amusements aux affaires . Vous pourriez bien en avoir une avec votre ancien confrère M. l'abbé Terray au sujet de cent mille francs qui vous appartiennent 1 et sur lesquels il semble avoir mis une main qu'il n'a pas encore retirée . Il n'est point du tout honnête de s'emparer ainsi du bien de ses camarades . On ne fait point de pareils tours à la Chine . Vous savez sans doute que les remontrances des six premiers grands tribunaux y font force de loi . Voilà ce gouvernement qu'on nous a peint comme si despotique . Il faut bien qu'on y soit heureux puisque l'empereur y fait des vers .
On n'est pas si heureux dans mon petit empire de Ferney . Le blé y vaut cinquante francs (le setier de Paris ) depuis un an , et à présent vingt écus . Il faut que la France soit devenue bien riche depuis le système de MM. les économistes et les Éphémérides du citoyen 2.
Comme mon commerce avec le roi de la Chine commence à faire du bruit dans votre province d'Europe, il est juste que vous en soyez instruit . Je vous envoie une des lettres à ce monarque que la malice m'attribue .
Je salue madame à la chinoise . Je voudrais bien un jour prendre avec elle une tasse de thé . Je vous embrasse de tout mon cœur .
V. »
1 A moins partiellement, par les arrangements faits à l'occasion de son mariage .
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08/06/2026
Il n’y a que des charlatans qui soient certains...Le doute n’est pas un état bien agréable, mais l’assurance est un état ridicule...Dans notre ignorance profonde faisons de notre mieux
... Bref résumé de l'état du monde et de ses habitants ... mais dans quel état sommes-nous donc ?
« A Frédéric-Guillaume, prince héritier de Prusse
28è novembre 1770 à Ferney 1
Monseigneur,
La famille royale de Prusse a grande raison de ne pas vouloir que son âme soit anéantie. Elle a plus de droit que personne à l’immortalité.
Il est vrai qu’on ne sait pas trop bien ce que c’est qu’une âme ; on n’en a jamais vu. Tout ce que nous savons, c’est que le maître éternel de la nature nous a donné la faculté de penser et de connaître la vertu. Il n’est pas démontré que cette faculté vive après notre mort ; mais le contraire n’est pas démontré davantage. Il se peut, sans doute, que Dieu ait accordé la pensée à une monade, qu’il fera penser après nous . Rien n’est contradictoire dans cette idée.
Au milieu de tous les doutes qu’on tourne depuis quatre mille ans en quatre mille manières, le plus sûr est de ne jamais rien faire contre sa conscience. Avec ce secret, on jouit de la vie, et on ne craint rien à la mort.
Il n’y a que des charlatans qui soient certains. Nous ne savons rien des premiers principes. Il est bien extravagant de définir Dieu, les anges, les esprits, et de savoir précisément pourquoi Dieu a formé le monde, quand on ne sait pas pourquoi on remue son bras à sa volonté.
Le doute n’est pas un état bien agréable, mais l’assurance est un état ridicule.
Ce qui révolte le plus dans le Système de la Nature (après la façon de faire des anguilles avec de la farine), c’est l’audace avec laquelle il décide qu’il n’y a point de Dieu, sans avoir seulement tenté d’en prouver l’impossibilité. Il y a quelque éloquence dans ce livre : mais beaucoup plus de déclamation, et nulle preuve. L’ouvrage est pernicieux pour les princes et pour les peuples .
Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer .2
Mais toute la nature nous crie qu’il existe ; qu’il y a une intelligence suprême, un pouvoir immense, un ordre admirable, et tout nous instruit de notre dépendance.
Dans notre ignorance profonde faisons de notre mieux . Voilà ce que je pense, et ce que j’ai toujours pensé, parmi toutes les misères et toutes les sottises attachées à soixante-dix-sept ans de vie.
Votre Altesse royale a devant elle la plus belle carrière. Je lui souhaite et j’ose lui prédire un bonheur digne d’elle et de ses sentiments. Je vous ai vu enfant, monseigneur ; je vins dans votre chambre quand vous aviez la petite vérole : je tremblais pour votre vie. Monseigneur votre père 3 m’honorait de ses bontés ; vous daignez me combler de la même grâce, c’est l’honneur de ma vieillesse, et la consolation des maux sous lesquels elle est prête à succomber.
Je suis avec un profond respect,
de Votre Altesse royale,
le très humble et très obéissant serviteur .»
1 Manuscrit olographe, sauf la date ; éd . Kehl .
Réponse à la lettre du prince du 12 novembre 1770 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste-Guillaume_de_Prusse...)
Le me^me jour, Mme Gallatin écrit à Frédéric de Hesse-Cassel, de Prégny : « Vous aurez reçu, mon cher prince, les trois premiers volumes de l’Encyclopédie . Voici une Épître qui, sûrement vous fera plaisir . Le roi de la Chine avait fait un poème en vers chinois qui a été traduit en prose ( que vous aurez peut-être vu ) . Voici la réponse que notre ami y a faite que l'on n'a point vu et que sans doute on ne verra point à Genève . Il se porte très bien et attend comme moi avec impatience l'année prochaine […] Quand la suite de l'Encyclopédie sera finie, souhaitez-vous, mon cher prince, que je vous l'envoie par le courrier ou par les chariots de poste ? Pour ces trois premiers, je savais que vous les attendiez incessamment. »
2 Vers 22 de l’Épître à l’auteur du livre des Trois Imposteurs : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56870299/f4.item.texteImage
3 Le prince Auguste-Guillaume, mort en 1758 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste-Guillaume_de_Prusse...)
16:58 | Lien permanent | Commentaires (0)
07/06/2026
Vous verrez dans la réponse l'éloge de mon pays
... Cher président, vous êtes un père pour notre nation nécessiteuse et les journées Choose France en sont la preuve, n'est-ce pas : https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2026/05/27/journees...
Quelles seront les retombées pratiques de tous les laïus ?
« A Nicolas-Claude Thieriot
A Ferney 26 novembre [1770] 1
J'ai répondu à M. de Salles à son adresse . Voici mon ancien ami un rogaton qui pourra vous amuser . Vous connaissez sans doute l'éloge de Moukden en vers par le roi de la Chine . Vous verrez dans la réponse l'éloge de mon pays .
Je crois que voici le temps de donner Ninon et Gourville .
Si vous connaissez des gens qui veuillent de belles et bonnes montres à bon marché adressez-vous à la fabrique de Ferney . J'y ai recueilli les meilleurs artistes de Genève au nombre de trente familles . Vale et me ama . 2
V.»
1 Le 27 , mais il n'est pas certain que ce soit en 1770 , V* donne les ordres suivants : « Nous, Fr. de Voltaire, seigneur actuel de Tournay et Fernex, avons chargé le charpentier Gaudet d'examiner à la tuilerie de Christ. Glaus la quantité de bois de charpente prise indûment dans les bois Tournay, ce qui reste de ces bois de charpente à la porte de [la ] tuilerie et combien le dit Christ. Clauss a fait de bois de moule à brûler avec les grands chênes qu'il a pris, et ce que peut valoir chaque grand chêne ainsi mal employé en bois à brûler . Il fera le compte avec Betens et ils signeront tous deux . Voltaire 27 n[vovem]bre. »
2 Porte-toi bien et aime-moi.
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