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17/02/2026

dès qu’on vous offre de loin la moindre petite ouverture pour faire du bien , vous saisissez la chose avec un acharnement qui n’a point d’exemple . J’en suis confondu, je ne sais plus que vous dire

... Ouaip ! Qui soutient les groupuscules assassins d'extrême-droite et d'extrême-gauche M. Mélenchon et Mme Marine Le Pen ? Pas vous ? j'en suis fort aise , ce n'est pas moi non plus . 

 

 

« A Louise-Honorine Crozat du Châtel, duchesse de Choiseul

20 auguste 1770 à Ferney

Madame,

Après tout ce que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, j’ai vu tant de justesse d’esprit que je vous ai crue philosophe . Passez-moi ce mot. Votre petite-fille me paraît un peu dégoûtée de la métaphysique ; je lui pardonne aisément ce dégoût. La métaphysique n’est d’ordinaire que le roman de l’âme, et ce roman n’est pas si amusant que celui des Mille et une Nuits.

Vous m’avouerez du moins, madame, que le sujet qu’on traite dans la petite brochure 1 qu’on met à vos pieds est assez intéressant . Chacun y est pour sa part ; et cette part est tout son être. Cela est un peu plus important que les tracasseries dont on s’entretient si profondément à Paris et à Versailles. Je n’ose demander que, dans un moment de loisir, vous daigniez, madame, me dire en deux mots ce que vous en pensez . Je ne veux que deux mots, car vous êtes si occupée à servir l’Être suprême, en faisant du bien, que vous n’avez guère le temps d’examiner ce que de faibles cervelles disent pour ou contre son existence.

M. de Crassier 2 m’a mandé qu’il avait obtenu, par votre protection, une très grande grâce. Songez, madame, que c’est à vous seule uniquement qu’il la doit, et que je n’avais pas osé seulement vous la demander. Voilà comme vous êtes ; dès qu’on vous offre de loin la moindre petite ouverture pour faire du bien 3, vous saisissez la chose avec un acharnement qui n’a point d’exemple . J’en suis confondu, je ne sais plus que vous dire.

M. le marquis d’Ossun, ambassadeur en Espagne, favorise de tout son pouvoir la fabrique de Ferney, faubourg de Versoix. Il y prend autant d’intérêt que si c’était son propre ouvrage ; oserais-je vous supplier, madame, d’obtenir que monsieur le duc voulût bien lui marquer qu’il est sensible à tous ses bons offices, qui sont en vérité très considérables, et qui pourront être efficaces ? 

M. l’abbé Billardi 4 n’a pas eu les mêmes bontés que M. le marquis d’Ossun ; il ne m’a pas fait de réponse ; apparemment que l’Inquisition le lui a défendu.

Nos artistes de Ferney donnent, le jour de la Saint-Louis, une belle fête . Je crois que leur zèle ne déplaira pas à monsieur le duc.

C’est votre nom, madame, que je fête tous les jours de l’année. Je vous suis attaché pour ma vie avec le plus profond respect et la plus vive reconnaissance.

Le vieil Ermite de Ferney. »

1 Intitulée Dieu ,  il s’agit de la brochure intitulée Dieu, Réponse au Système de la Nature (1770), in-8° de cinquante-six pages, et dont il est parlé ici : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome18.djvu/386

et là : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome19.djvu/171

et voir lettre du 1er Juin 1770 à Cramer : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/01/disposer-favorablement-les-esprits-il-serait-meme-tres-bon-d-6568860.html

2  Toutes les éditions portent « Crassier. » On écrit plus communément Crassy.

16/02/2026

c’est une plaisante chose que la pensée dépende absolument de l’estomac, et que malgré cela les meilleurs estomacs ne soient pas les meilleurs penseurs

... Pour preuve, voir Gérard Larcher ! Ecce homo, sa vie son oeuvre : https://www.senat.fr/senateur/larcher_gerard86034e.html

Pour se faire du lard , la paye est plutôt bonne : voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9sident_du_S%C3%A9na...

Avoir de bonnes idées n'est pas indispensable, du baratin suffit .

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

Mon cher ami, vous mettez le comble à vos bontés. J’écris à M. Duclos 1 une lettre pour l’Académie ; c’est bien tout ce que je puis faire, car je tombe dans un état qui ne me permettra pas de voir l’œuvre de Pigalle. Vraiment c’est bien autre chose que la faiblesse dont vous vous vantiez.

J’écris au souscrivant 2, comme de raison ; mais tout cela n’est que vanitas vanitatum 3, quand la machine est épuisée ; c’est une plaisante chose que la pensée dépende absolument de l’estomac, et que malgré cela les meilleurs estomacs ne soient pas les meilleurs penseurs.

Si je suis mort quand vous passerez par Ferney, Mme Denis vous fera les honneurs de la maison ; en attendant, je vous embrasse comme je peux, mais le plus tendrement du monde.

20 auguste 1770. 4»

2 Lettre du 20 août 1770 à Frédéric II : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7999

D'Alembert a annoncé à V* la forte souscription du roi de Prusse avec les reste de la lettre de celui-ci du 28 juillet 1770 ( Incipit : « Le plus beau monument de Voltaire est celui qu'il… » . Résumé : Pérennité des ouvrages de Volt. Ne peut refuser de souscrire à sa statue. Hommage à Volt. ; éloge des belles-lettres. )Voir : http://dalembert.academie-sciences.fr/Correspondance/oeuvres.php?Exp_lettre=Fr%C3%A9d%C3%A9ric%20I

4 Copie par d'Alembert ; éd. Kehl . Le manuscrit a été suivi .

15/02/2026

Rien de plus illégal

... que les corruptions dont ont bénéficié Dati et Sarkozy et les détournements de Marine et son RN, et pourtant ces délinquants sont encore en liberté grâce aux moyens que leurs fortunes leur permettent de s'offrir dans le même temps qu'on expulse sans délai de leurs logements des malheureux qui ne peuvent plus payer leurs loyers : selon que vous serez puissant ou misérable ... 

 

 

« Joseph-Marie Balleidier

À Ferney samedi au soir 19è auguste 1770

On a ajouté à la signification, qu'on est prêt à rendre les fruits qui sont fort peu de chose au sieur Sartoris en cas qu'il montre un acte légal par lequel il ait droit à ces fruits . Il a montré au sergent un petit billet de quatre doigts de large par lequel Caumel dit qu'il lui a loué le champ et la maison, à condition qu'il paiera sept louis par an à M. de Voltaire .

Monsieur Balleidier a mandé qu'il fallait absolument un écrit en forme et fait double ; dire qu'on a loué ce n'est que faire une location . Rien de plus illégal .

Ce qui est encore très illégal c'est qu'il est dit : payer à M. de Voltaire, lorsque la terre n'est pas sous son nom . Il est bien vrai qu'il offre de payer les sept louis de rente que doit Caumel . Il est bien vrai que M. de Voltaire lui a dit qu'il les recevrait si lui Sartoris avait un titre valable de location ; mais n'en ayant point, et la rente n’ayant point été payée par Caumel suivant les clauses du contrat, Mme Denis doit, par ces clauses même, rentrer sans aucune formalité dans son bien 1. »

 

1 Certains y voient une manifestation continue de l'esprit de chicane et de considération de la lettre par V*.

14/02/2026

vous serez très bien servi, et à un grand tiers meilleur marché qu’à Paris

... De nos jours cela ne peut être vrai en province que pour l'alimentation , au grand dam des paysans qui sont sous la coupe des grandes surfaces . Rébellion logique : https://www.leprogres.fr/economie/2026/02/13/degringolade...

 

 

 

« Au chevalier Jacques de Rochefort d'Ally

A Ferney ce 19 auguste 1770 1

Si l’aimable et digne mari de Mme Dixneufans veut une montre avec son portrait, il n’aurait qu’à envoyer ce portrait contresigné Choiseul ; il serait parfaitement copié. Vous voulez sans doute la montre à répétition, une aiguille de diamants . Donnez vos ordres précis ; vous serez très bien servi, et à un grand tiers meilleur marché qu’à Paris. Mes émigrants m’ont fourni, en dernier lieu, une montre que les horlogers de Paris auraient vendue au moins cent louis ; c’est le plus bel ouvrage que j’aie vu de cette espèce.

Nous vous attendons, monsieur, au mois d’octobre. Votre montre sera prête pour le jour que vous aurez ordonné. Nous voudrions bien que M. d’Alembert prît son chemin par Ferney. Je suis plus malade que jamais ; je me flatte que je guérirais en me trouvant avec vous, Mme Dixneufans et lui.

Mme Denis vous fait mille compliments.

V. »

1 Copie par Boissy d'Anglas ( Clarke ) ; éd. Cayrol . Moland date à tort la lettre du 20 août .

13/02/2026

Pour peu que la chose soit douteuse on ne veut point avoir de procès

... Qui dit procès dit justice, et pour moi, qui dit justice dit Yann Marguet : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-chronique-de-yann-marguet

ou : https://www.youtube.com/watch?v=GweB_zu_7Vg

 

 

« A Joseph-Marie Balleidier

Procureur

à Gex

Monsieur Balleidier manda d'abord ces propres mots, tout acte qui n'est pas fait à double et signé des parties est nul, il n'y a pas de difficulté etc.

En vertu de cette lettre on demanda au sieur Sartoris s'il avait un acte signé double . Il montra une lettre au lieu de montrer un acte .

Il est donc indubitable que le sieur Sartoris ne peut se porter pour locataire des pièces en question , s'il faut absolument un acte double .

Mme Denis n'a donc à faire qu'à Caumel et non à Sartoris . Si Sartoris a ensemencé, Mme Denis n'a pu savoir si le paysan qui ensemençait était envoyé par un autre que par Caumel . Il est tout naturel de croire que c'était Caumel qui faisait ensemencer .

Aujourd’hui Sartoris se présente tout d'un coup non pas au nom de Caumel, mais au sien propre .

Tantôt il se dit locataire, tantôt il dit qu'il a une procuration de Caumel pour faire un abergement .

Si à présent il se dit fermier, ne faut-il pas qu'il montre un acte par lequel il est fermier ?

On n'a jamais dit à monsieur Balleidier que Mme Denis s'opposât au paiement qu'on voudrait lui faire au nom de Caumel . On n'a jamais dit qu'on regardât Sartoris comme abergataire de Caumel . On lui a toujours mandé que Sartoris de disait locataire sans montrer d'autre titre qu'une simple lettre ; et c'est sur cela que monsieur Balleidier écrivit que cette lettre était insuffisante, tout acte qui n'est pas fait à double est nul, et qu'il n'y avait nul inconvénient d'empêcher l’enlèvement de la récolte .

Si actuellement Sartoris change d'idée, s'il se dit fermier, il paraît qu'il doit dire quelles sont les conditions de sa ferme, et montrer qu'en effet il est fermier .

Dans la lettre que Sartoris nous montré, il est dit je vous ai loué ma maison, et non pas je vous ai affermé ma maison .

Ne peut-on pas demander au juge que Sartoris exhibe cette lettre, laquelle prouve que Sartoris ne s'est présenté qu'en qualité de locataire sans titre ?

Monsieur Balleidier est prié de consulter et de faire réponse . Pour peu que la chose soit douteuse on ne veut point avoir de procès .

À Ferney 19è auguste 1770. 1»

1 Original signé . Endos « Répondu le même jour ». Vézinet a édité quelques lignes de cette lettre . Ce jour là le conseil de Genève prit d’énergiques sanctions contre les horlogers qui s'étaient établis à Ferney, et ceux qui pourraient émigrer à Ferney ou à Versoix ; mais le 10 septembre, l'application pratique de cette décision fut suspendue .

12/02/2026

faire une réponse positive

... C'est bien ce que viennent de faire nos champions olympiques qui nous enthousiasment et nous mènent au bord des larmes . Bravo à eux, ce sont des modèles de travail et de courage .

 

« A Joseph-Marie Balleidier

Le sieur Sartoris, Genevois, a voulu s’impatroniser de la maison et du champ situés à l'entrée de l’avenue du château de Ferney, dans laquelle demeure par ordre du roi le sieur Fillon, horloger .

Cette maison et ce champ ont été abergés 1 par Mme Denis à un nommé Caumel, étranger qui a disparu et dont on ignore la demeure .

On a demandé à Sartoris de quel droit il s'emparait de ces possessions, il a répondu qu'il avait passé un acte avec Caumel. On lui a dit de montrer cet acte qui doit être signé des deux parties et fait double . Il est revenu le lendemain avec une simple lettre du dit Caumel qui parait toute fraîche, et dans cette lettre il dit simplement : Monsieur, je vous ai loué la maison et le champ, sans rien spécifier de plus .

Nous demandons à monsieur Balleidier si c'est là une location en règle, et si nous ne sommes pas en droit d'empêcher qu'on enlève les grains qui répondent du paiement de Caumel, jusqu'à l’exhibition d'un acte en forme . Nous prions monsieur Balleidier de nous faire une réponse positive.

À Ferney 17è auguste 1770 2. »

1 Sur aberger et plus loin abergement, nom de même sens, voir lettre du 7 juin 1770 à Balleidier : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/11/obtenues-que-sur-un-faux-expose-et-qu-il-est-evident-qu-il-a-6570035.html

2 Original . Endos de Balleidier : « Répondu le même jour ».

11/02/2026

Croyez-moi, très peu de choses sont dignes du public, surtout dans un temps où ce public est très éclairé et très surchargé

... En voici un exemple fracassant avec l'affaire Epstein et ses trois millions de pièces a disséquer : effarant et désespérant . Voir un survol avec Wiki : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Epstein

Voir aussi avec ChtGPT : " une chronologie complète et factuelle de l’affaire Jeffrey Epstein depuis les premières révélations jusqu’à sa situation au 10 février 2026".

 

 

« A Gabriel Cramer

A Ferney 16è auguste 1770 1

Vous me disiez, mon cher voisin, que vous prétendiez absolument que les trois premiers volumes fussent finis au 1er septembre . Votre Suisse n'en prend pas le chemin . Je n'ai eu que deux feuilles depuis votre retour . Vous avez peut-être déjà commencé l'Encyclopédie et vous avez préféré le grand au petit ; mais quand on s'est engagé il ne faut rien sacrifier .

Peut-être aussi avez-vous commencé quelque in-quarto de cette collection que vous faites de mes misères .

Je vous réitère mes instances les plus pressantes, de ne point charger votre édition de tous ces fatras dont je vous ai parlé tant de fois , de toutes ces bagatelles qui n'ont qu'un temps ; de toutes ces petites pièces de société qui ne sont bonnes que pour la société dans laquelle elles ont été faites . Croyez-moi, très peu de choses sont dignes du public, surtout dans un temps où ce public est très éclairé et très surchargé .

Ne réimprimez pas, surtout, les articles que j'avais donnés à l'Encyclopédie . Ce serait un double emploi qui n’est digne ni de vous ni de moi . Vous êtes le maître de mes ouvrages , je ne puis vous empêcher d'imprimer tout ce qu'il vous plaira à vos risques, périls et fortunes ; mais ne m’exposez pas aux révérendes injures de frère Patouillet ex-jésuite, qui dans un mandement de M. de Montillet, archevêque d'Auch, m'appelle auteur mercenaire (quoique assurément je ne vende point mes ouvrages ) , qui m'intitule vagabond, quoique je réside depuis douze ans dans mon château sans en sortir . Si je pouvais vagabonder , ce serait pour aller voir mes amis et surtout vous . »

1 Original ; copie contemporaine incomplète avec en-tête de Wagnière « A M. Gabriel Cramer à Tournay » ; éd. Gagnebin.