22/04/2026
il y a d’étranges rencontres
... Telles celles de Macron à Montluçon : "c'est beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie."
https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/avec-ce-d...
« A Jean Le Rond d'Alembert
Mon cher et véritable philosophe, il y a d’étranges rencontres. Le réquisitorien 1 arrive à Ferney le même jour que vous, et Palissot arrive à Genève la veille de votre départ. Il y est encore ; on dit qu’il y fait imprimer un bel ouvrage contre la philosophie 2. Je n’ai eu l’honneur de voir ni l’ouvrage ni l’auteur.
On prétend qu’un jeune philosophe 3, avocat général de Bordeaux, amoureux de la tolérance, de la liberté, et d’Henri IV, a été enlevé par lettre de cachet, et conduit à Pierre-Encise. C’est apparemment pour ces trois délits ; mais Palissot aura probablement une place considérable à son retour à Paris, et Fréron sera fait maître des requêtes.
Si vous pouvez vous arracher de Montpellier, où il y a tant d’esprit et de connaissances ; si vous allez à Aix, comme c’était votre intention, on vous recommandera une affaire auprès de M. Castillon 4, qui pense comme M. Dupaty, et qui cependant n’habitera point, à ce que j’espère, le château de Pierre-Encise ; il vaudrait pourtant mieux y être que d’avoir fait certain réquisitoire.
J’ai peur que vous ne trouviez le requérant à Montpellier ; vous venez toujours après lui partout où il va.
Persequitur pede Pœna claudo 5.
Bien des respects et des regrets à votre très aimable compagnon de voyage 6, autant à M. Duché 7, à M. Venel 8, et à quiconque pense. Mme Denis vous fait les plus tendres compliments. Mon cœur est à vous jusqu’au moment où j’irai trouver Damilaville.
20è octobre 1770. »
1Mot forgé par V* désignant l’avocat général Seguier ; voir lettre du 25 septembre 1770 à d'Argental ;https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8031
, du 28 septembre 1770 à Chabanon : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8036
, de septembre 1770 à la comtesse de Rochefort : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8037
et lettre du 8 octobre à la duchesse de Choiseul : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/04/09/dieu-qui-nous-laisse-tous-dans-le-doute-et-dans-l-ignorance-6591334.html
2 Il était question d’y imprimer une édition de La Dunciade (1771) dont le second volume contient les Mémoires pour servir à l'histoire de notre littérature, ainsi que L'Homme dangereux (1770). ; voir lettre du 2 novembre 1770 à d'Alembert : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8072
et : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6345585d.texteImage
et : https://wdc.contentdm.oclc.org/digital/collection/Ancien/id/39210
3 Charles-Marguerite-Jean-Baptiste Mercier Dupaty ; avocat général du parlement à Bordeaux, qui a été mis en prison pour avoir pris une part active à l'arrêt contre le duc d'Aiguillon . Pierre Incise est la prison « intellectuelle » de Lyon . (Kehl) — Voir lettre 27 mars 1769 à Dupaty :http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/09/23/lorsqu-on-batit-une-ville-nouvelle-les-rues-sont-au-cordeau-tout-ce-qu-on-p.html
4 Sur ce Castillon, voir lettre du 8 novembre 1765 à la marquise de Florian : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/03/01/le-mieux-qu-on-puisse-faire-en-plus-d-un-genre-est-d-attendr-6300802.html
5 Horace , Odes, III, od. ii. , v. 32 : le châtiment le poursuit en boitant ; d'après Raro antecedentem scelestum Deseruit pede Pœna claudo : "... le scélérat peut prendre de l'avance : rarement la Peine, avec son pied boîteux, l'a laissé échapper."
6 Condorcet .
7 L'un des deux Duché dont on a parlé à propos de la lettre du 23 mars 1767 à Villevielle : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2022/09/09/il-est-vrai-que-le-diable-est-dechaine-6400196.html
; voir aussi lettre du 8 janvier 1768 à Villevielle : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/08/01/l-hote-l-hotesse-et-toutes-les-filles-du-cabaret-sont-a-vos-6454907.html
8 Sur ce Venel, voir comme ci-dessus : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/08/01/l-hote-l-hotesse-et-toutes-les-filles-du-cabaret-sont-a-vos-6454907.html
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21/04/2026
les intéressés n'avaient outrepassé en rien les pratiques usuelles du commerce
... Et c'est ainsi qu'on retrouve Bardella et Marine interlocuteurs du MEDEF ; qui fait sa cour à l'autre , le RN ou le MEDEF ? En tout cas, aucun doute, il s'agit de parler gros sous , le bien être des citoyens n'est pas d'actualité . A voir : https://lcp.fr/actualites/comment-marine-le-pen-et-jordan...
« A Jean-Jacques Bonnet
[19 octobre 1770] 1
[Remercie le Conseil d'instruire sa plainte, qu'il renouvelle . L'or envoyé à Resseguerre n'est qu'une petite partie de ce qui lui a été volé, et vendu à très bas prix . Sandos l'a fourni à Prévost pendant quatre mois, pour une valeur de 500 livres françaises .]
1 La lettre de V* fut résumée au Conseil du 22, et Bonnet reçut l'ordre d'informer V* que les intéressés n'avaient outrepassé en rien les pratiques usuelles du commerce .
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faire tout ce qu'il pourra dans cette affaire qui devient bien plus considérable qu'on ne croyait
... Et oui, Donald, tu as semé le bordel, et le plus rageant c'est que tu n'es pas le plus touché . Comment peut-on être aussi c.. dans un pays qui a connu la détestable guerre du Viet Nam et ne se souvient pas de cette pharamineuse escalade sur le principe : un US guy est menacé, envoyons en deux pour le protéger, on alors trois gus menacés, envoyons six marines, etc., etc. , pour finalement partir la queue basse avec des milliers de morts dans les deux camps, des milliers d'infirmes à ne plus savoir que faire . Trump tu es pire que la peste, tes adversaires ne valant pas mieux, eux qui ne craignent pas de tuer des milliers de leurs compatriotes en temps de paix, alors en temps de guerre quand ils peuvent se défiler en te rendant responsable ...
https://www.bfmtv.com/international/amerique-nord/etats-u...
« Voltaire et Marie-Louise Denis
à Pierre-Michel Hennin
[18 octobre 1770] 1
M. de Voltaire et Mme Denis supplient monsieur Hennin de faire tout ce qu'il pourra dans cette affaire qui devient bien plus considérable qu'on ne croyait . »
1 Original ; éd. Caussy ; La lettre est écrite sur la seconde feuille de la copie de la lettre envoyée à Hennin : http://voltaireathome.hautetfort.com/
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20/04/2026
Je demande justice au nom des Français qui ont été volés ... Je ne doute pas, monsieur, que vous ne la fassiez selon votre respectable usage
... Au milieu de vos affaires politiques et politiciennes, trouverez-vous M. Darmanin le temps de vous intéresser aux victimes . Que pensez-vous du vol légal de l'Etat via ses taxes sur les carburants ?
Que fait-on en ce moment au ministère de la Justice : https://www.justice.gouv.fr/
« A Jean-Jacques Bonnet
Monsieur le lieutenant
de la Justice de la République
à Genève
Au château de Ferney 18è octobre 1770 1
Monsieur,
Le nommé Sandoz Genevois, monteur de boîtes, étant venu travailler de son métier dans le château de Ferney , pendant six mois, y a volé pour environ six cents francs d'or, qu'il a vendu en plusieurs fois au nommé Prévost, orfèvre à Genève .
Cet orfèvre lui a toujours donné par denier d'or deux florins et demi de moins que cet or ne valait . Ainsi il a partagé le vol, et il en a été convaincu par Guillaume Resseguerre, Natif de votre ville, qui demeure rue du Temple .
Je demande justice au nom des Français qui ont été volés par le nommé Sandos et par le nommé Prévost, receleur . Je ne doute pas, monsieur, que vous ne la fassiez selon votre respectable usage .
L'orfèvre Prévost ne devait pas sans doute acheter d'un ouvrier de la limaille et des rognures d'or qu'il voyait évidemment avoir été volées . Le prix qu'on en a donné au-dessous de la valeur est une preuve du délit . Les magistrats ont trop d’équité, et aiment trop l'honneur de la République pour souffrir de telles prévarications 2.
J'envoie copie de cette lettre à M. le duc de Choiseul que j'espère avoir bientôt l'honneur d'informer de la considération que vous continuez toujours d'avoir pour les sujets du roi, et de l'obligation qu'ils vous auront dans cette affaire .
J'ai l’honneur d'être avec tous le sentiments que je vous dois,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire . »
1 Original signé ; éd. Caussy, imprimée d'après une copie envoyée par Hennin .
2 La lettre fut lue au Conseil le 19, et ill fut décidé « qu'il en [fut] exactement informé » (Genève , ARC, CCLXXI, 645 ; voir aussi APC 12081 ).
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19/04/2026
nos lois ont tort : rien n’est plus manifeste ; mais il est manifeste aussi que ces lois existent
... Est-ce pour ça que nos parlementaires pondent des lois et amendements à tire-larigo ? Voir ce qui ce prépare en ces jours printaniers , hors les fleurs : https://www2.assemblee-nationale.fr/documents/liste?type=propositions-loi
« A Paul-Claude Moultou
17è octobre 1770
J’ai obéi à vos ordres, j’ai fait des remarques à mesure, croyant qu’il s’agissait d’un procès ; mais, mon cher philosophe, après avoir tout lu, j’ai vu que c’était une dissertation pour prouver que nos lois ont tort 1: rien n’est plus manifeste ; mais il est manifeste aussi que ces lois existent 2. Je souhaite que le parlement d’Aix les casse. Je n’y manquerais pas si j’avais la voix prépondérante ; mais je doute fort qu’il prenne cette petite liberté.
Je ne doute pas moins de la visite du secrétaire à milord Elphinston 3.
Je doute aussi beaucoup de la guerre dont on parle tant à Londres ; mais je ne doute pas que la pièce d’éloquence dont vous me parlez ne soit sifflée .
Je suis très fâché que vous ne soyez point venu dîner avec nous quand M. d’Alembert était à Ferney.
Quant à l’auteur de la dissertation sur les mariages 4, vous pouvez l’assurer qu’on se mariera à Versoix et à Ferney tant qu’on voudra, et qu’il pourra venir danser à la noce 5. Si le parlement de Provence veut en attendant déroger aux édits et valider vos mariages, je lui en ferai mon compliment. »
1 Il s'agit peut-être d'un factum pour un protestant que La Beaumelle mentionne dans une lettre à Végobre du 5 octobre 1770, sans autres précisions que celles-ci : »M. de La G. m'a envoyé ces jours passés un factum pour un protestant, qui est bien mais qui pouvait être mieux . Il devait se borner, comme je le lui avais dit la veille de mon départ pour Paris, à prouver que mariage d'un protestant contracté devant notaire était conforme aux lois de l’État . Il a voulu ne rien perdre de ce qu'il avait écrit d'abord ; et il a affaibli sa preuve .
2 En l’occurrence un édit de 1724 ; voir lettre du 1er septembre 1767 à Vernes : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/04/17/ces-premiers-hommes-consacrerent-les-plantes-que-la-terre-av-6438669.html
4 Mariages des protestants ; nous ne savons à laquelle des nombreuses dissertations qui paraissaient alors sur ce sujet Voltaire fait allusion.
5 M. Henri Fazy, conservateur du musée de Genève, a lu en 1862, dans la réunion annuelle de la Société de l’Histoire de la Suisse romande, qui siégeait alors à Yverdon, un mémoire sur Versoy. Voltaire et le duc de Choiseul voulaient établir dans ce lieu, situé au bord du Léman, entre Genève et Coppet, une fabrique d’horlogerie qui devait rivaliser avec celle de Genève et la supplanter. Il fallait pour cela attirer à Versoy nombre d’ouvriers genevois et protestants, en leur accordant une entière liberté de conscience et de culte. Ce projet souriait tout particulièrement à Voltaire, qui tressaillait à l’idée d’établir sur un point quelconque de la France le règne de cette tolérance philosophique dont il était le champion passionné.
Voltaire, dans notre lettre, fait allusion à ce projet et à la liberté qu’auront les protestants de faire célébrer leurs mariages à Versoy et à Ferney. (Note du premier éditeur : Lettres inédites, 1863 .)
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18/04/2026
Tout le monde vole dans ce monde... Mais je serais fâché que vous prissiez trop de peine pour une chose aussi méprisable que l’or
... Deuxième degré voltairien !
« A Pierre-Michel Hennin
17è octobre 1770 à Ferney
Voyez, monsieur, si vous pouvez quelque chose dans cette affaire 1, et si elle mérite qu’on vous importune. Tout le monde vole dans ce monde . Les confédérés polonais volent leurs compatriotes . Les Russes volent les Turcs à main armée. Le pape nous vole des annates 2, on nous a volé des rescriptions. Le nommé Sandos 3, Natif genevois, actuellement à Genève, a volé de la limaille d’or à Resseguerre le fils 4, dans Ferney. Il l’a vendue à un nommé Prévost 5, orfèvre à Genève, et il l’a avoué devant Jacques Resseguier, monteur de boîtes, demeurant à Genève, rue du Temple, père de Resseguerre de Ferney.
Le même Sandos a volé chez Vincent, monteur de boîtes à Ferney, beaucoup de limaille d’or ; mais il ne l’a pas avoué.
J’ignore si on peut faire venir Sandos à résipiscence et à restitution. Je m’en rapporte à vos bontés et à votre crédit. Mais je serais fâché que vous prissiez trop de peine pour une chose aussi méprisable que l’or, et si méprisable que M. l’abbé Terray n’en donne à personne.
Mes respects très humbles à vous, monsieur, et à toute votre famille.
Le vieux malade de Ferney, V. »
(La pièce jointe est la copie d’une lettre de Voltaire au lieutenant de justice de Genève sur cette affaire.)
1 Cette affaire est détaillée par V* dans sa lettre du 18 octobre à Bonnet , dont copie est envoyée par Hennin au lieutenant de justice de Genève sur cette affaire.
2 Cette phrase manque dans toutes les éditions .
3 Louis Sandos
4 Daniel, le volé, est fils de Jacob ( et non Jacques Resseguerre, et frère de Guillaume ; voir lettre du 30 juillet 1770 à Fabry : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/01/23/loger-les-marchands-qui-fourniront-tout-le-pays-des-choses-q-6580372.html )
5 Jacques Prévost.
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16/04/2026
seule une question de dommages et intérêts le retient
...Cependant, nos truands en cols blancs, forts de leurs fortunes illicites n'ont aucune crainte de la justice, ils font des livres de leurs malversations et démêlés judiciaires, comptant sur la curiosité malsaine du populo .
Mais que sont ces fameux/fumeux dommages et intérêts ? Voir : https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/dommages-interets.php
« A Marie-Anne Ramond
[ octobre 1770 ] 1
[ V* lui dit que son père est justifié, et que seule une question de dommages et intérêts le retient . ] »
1 Tout ce que l'on sait de cette lettre se réduit à ce que Mme Ramond écrit à Sirven, son père, le 21 octobre 1770 : « Le temps prescrit par M. de Voltaire approche, ainsi que la mauvaise saison […] M. de Voltaire m'a fait l'honneur de m'écrire que nous sommes justifiés, qu'il ne s'agit que d'un dédommagement qui peut-être vous retiendra . Quelle cruelle attente ! Je ne puis vous cacher que je meurs d'ennui ; et sans votre défense, je serais en France, dussé-je subir la prison... »
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