20/09/2026
il n’a fait qu’abuser de ma confiance et me tromper de la manière la plus indigne dans des affaires d’intérêt
... Tel est le constat trumpien pour expliquer l'exclusion de CNN (et quelques autres chaînes d'information) : https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4246958-20260919-etats-unis-cnn-autres-medias-recales-maison-blanche-trump-explique-scandale
La belle affaire ! Comme s'il n'était pas lui-même une fake news incarnée .
« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu
14è janvier [1771], à quatre heures après midi à Ferney 1
Je reçois la lettre de mon héros. La poste va partir ; j’ai à peine le temps de vous dire, monseigneur, que la plus grande grâce que vous puissiez me faire est de ne me point donner pour confrère un homme dont j’ai à me plaindre si cruellement 2. Je me suis tu, quand il n’a fait qu’abuser de ma confiance et me tromper de la manière la plus indigne dans des affaires d’intérêt, qui sont publiques dans toute la province où son caractère est très connu.
Mais, dans la crainte que je ne lui fisse un procès, il m’a menacé de me dénoncer comme auteur d’un livre que je n’ai point fait. Jugez quelle douleur ce serait pour moi de me voir à son côté, et s’il est digne d’être au vôtre . Je me flatte que vous ne voudrez pas, après cinquante ans d’attachement, me donner une pareille mortification. Je vous conjure de me l’épargner. Il faut finir. Je me recommande à vos bontés avec la tendresse la plus respectueuse.
V. »
1 Original ; éd. Cayrol . On n'a pas la lettre de Richelieu à laquelle répond V*.
2 Le président de Brosses.
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19/09/2026
veillez à l'éducation de vos enfants, vous les rendrez dignes de vous
... Pas mieux !
« A Catherine-Josephte de Loras du Saix, baronne de Monthoux 1
à Chambéry
14è janvier 1771 à Ferney
Je suis très sensible, madame au souvenir dont vous m’honorez . Je me flatte que vos affaires sont actuellement en ordre , et votre cœur en paix 2 . Vous êtes dans une ville agréable et pleine de gens de mérite, vous y veillez à l'éducation de vos enfants, vous les rendrez dignes de vous, et je me flatte qu'ils contribueront à votre bonheur auquel je m'intéresserai toujours .
J'ai l’honneur d'être avec bien du respect, madame, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
2 Allusion aux affaires financières et sentimentales de Mme de Monthoux ; voir lettre du 18 août 1768 à Hennin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/03/08/toutes-les-regles-ont-ete-observees-dans-mon-contrat-6488703.html
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18/09/2026
je me trouve dans la situation la plus triste, ayant fondé dans mes déserts une colonie et des manufactures assez considérables ,me trouve à présent sur le point d’être ruiné avec elles... si on ne me paye point ce qu’on me doit
... Confidences de Marianne à son délégué Lecornu qui bachote sur son budget 2027 : https://www.la-croix.com/politique/budget-2027-sebastien-...
On a encore des chiffres qui décoiffent .
« A Maigrot 1
À Ferney, 14 janvier 1771 2
Je ne savais pas, monsieur, les obligations que je vous avais, et je vous assure que vous ne pouviez pas placer vos bontés plus à propos. On me dit que monseigneur le duc de Bouillon me doit cinq années de mes rentes . C’est ce que j’ignore entièrement. Tout ce que je sais, c’est que je me trouve dans la situation la plus triste, ayant fondé dans mes déserts une colonie et des manufactures assez considérables, que M. le duc de Choiseul avait protégées avec la plus grande générosité. Je me trouve à présent sur le point d’être ruiné avec elles, si on ne me paye point ce qu’on me doit.
Je vous demande en grâce de vouloir bien prendre un peu mon parti auprès de M. Bérard 3. Il faut que je fournisse de l’or tous les jours à mes colons qui travaillent en horlogerie. Je leur ai établi un commerce en Espagne, en Turquie et en Russie . Tout cela va tomber si je ne suis pas secouru.
Monseigneur le duc de Bouillon fera subsister deux cents familles 4, s’il ordonne à M. Bérard de me payer tout ce qui m’est dû.
Je vous supplie, monsieur, de lui présenter mes respects et mes besoins. Je compte sur sa générosité et sur sa justice, comme sur la vôtre.
J’ai l’honneur d’être, avec les sentiments que je vous dois, monsieur, etc. »
1 Maigrot banquier ou plus exactement homme d'affaires et commissionnaire , intermédiaire , à qui Voltaire écrit en privé pour essayer de sauver ses rentes malmenées par la crise des finances royales.
2 Copie contemporaine ; autre copie contemporaine ; copie ancienne ; éd. Cayrol.
3 Capitaine d'un des vaisseaux affrétés par V* dans la compagnie des Indes, qui disparut et lui emporta beaucoup d’argent.Il en sera question dans la lettre du 6 janvier 1777 à Florian : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1777/Lettre_9931
4 Les manuscrits 2 et 3 ainsi que la première édition donnent personnes au lieu de familles .
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17/09/2026
en un mot il ne s’agit uniquement de savoir si le gouvernement paie ou ne paie pas
... That's the question ! Nécessité fait loi, mais c'est bien connu, quand il s'agit d'argent à débourser l'Etat traine les pieds et les aides diverses et extraordinaires aux victimes de la canicule et des folies trumpiennes et iraniennes et israeliennes . Les problèmes de budget ont dû commencer au temps des cavernes pour prendre l'ampleur qu'a connue Voltaire et nous autres happy taxpayers du XXIième siècle, siècle de tous les dangers .
« A Louise-Sophie Savelette de Flacourt de Magnanville d'Hornoy 1
11è janvier 1771
Je n’ai jamais fait, Madame, de compliments de bonne année à personne; mais puisque vous m’en faites je vous les rends tout chauds. Ma bonne année commencera quand par hasard vous ferez un tour à Ferney avant que je sois mort.
J’apprends que votre gros mari vous est revenu, ainsi cette lettre sera pour vous deux.
Je ne sais s’il a reçu une lettre adressée à madame sa mère 2 qui était toute pour lui. En tout cas, on ne lui dira rien dans celle-ci. Il est à croire que tout se passera en douceur. Ville qui parlemente est bientôt rendue, et parlement qui parlemente se rend aussi.
Il y a eu une fin d’automne et un commencement d’hiver fort désagréables; j’en ai eu ma bonne part, j’ai tremblé pour sa mère, et j’ai aujourd’hui bien des regrets à essuyer. S’il veut jamais être brigadier des armées du roi il ne faudra pas qu’il s’adresse à moi 3. Ma colonie est sur le côté, et je n’ai plus de théâtre. Je me tiens pour mort. Je suis enseveli dans dix pieds de neige en vous écrivant de mon autre monde.
Je vous embrasse de tout mon cœur, Madame, et non pas de tout mon visage, car je n’en ai point.
Je remercie Monsieur et Madame vôtre mère de l’honneur de leur attention.
V.
J’ajoute à mon gros conseiller, que je l’ai prié seulement de s’informer si l’on payait la rente de je ne sais quels 160 millions que le Roi emprunta au commencement de l’année passée à ses fidèles sujets; que cet emprunt a été enregistré au Parlement, et que cependant on n’entend point parler de paiement; qu’un gendre d’un garde du Trésor royal doit être informé de ces bagatelles; qu’il y est intéressé; que ces contrats doivent rester chez le notaire où ils sont, et qu’il faudrait un arrêt du Conseil pour les transférer d’un notaire à un autre; que Mr de La Borde qui a seul conduit cette affaire n’a pu faire ces contrats que chez son notaire; et qu’en un mot il ne s’agit uniquement de savoir si le gouvernement paie ou ne paie pas. Je finis par vous souhaiter à tout deux toute la prospérité que vous méritez l’un et l’autre.
V. »
1 Voir : https://database.factgrid.de/wiki/Item:Q146777
Voir aussi : https://collections.geneve.ch/gazette-delices/29/a_propos.html
2 Cette lettre est probablement celle dont il est question au début de celle du 23 janvier 1771 à la marquise de Florian ; elle ne nous est pas parvenue .
3 Du fait de la disgrâce de Choiseul .
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16/09/2026
Il est juste que le berger soit plus instruit que le troupeau... Il faut des lois aux hommes, et non pas de la théologie
... Avis au berger romain qui va visiter le troupeau de la Fille aînée de l'Eglise : viva el Papa ! Et vive moi !
« A Frédéric-Guillaume, prince héritier de Prusse
À Ferney, 11 janvier 1771
Monseigneur,
J’ai été tout près 1 d’aller savoir des nouvelles positives de cet autre monde qui a si souvent troublé celui-ci, quand on n’avait rien de mieux à faire. Mon âge et mes maladies me jettent souvent sur les frontières de ce vaste pays inconnu, où tout le monde va, et dont personne ne revient. C’est ce qui m’a privé pendant quelques jours de l’honneur et du plaisir de répondre à votre dernière lettre 2. Il est beau à un jeune prince tel que vous de s’occuper de ces pensées philosophiques qui n’entrent pas dans la tête de la plupart des hommes ; mais aussi il faut que ceux qui sont nés pour les gouverner en sachent plus qu’eux. Il est juste que le berger soit plus instruit que le troupeau.
Je prends la liberté de vous envoyer tout ce que je sais sur ces importantes questions dont Votre Altesse royale m’a fait l’honneur de me parler. Vous verrez que ma science est bien bornée ; et vous vous en direz cent fois plus que je n’en dis dans ce petit extrait 3. Il est tiré d’un petit livre intitulé Questions sur l’Encyclopédie, dont on vient d’imprimer trois volumes. J’ai l’honneur d’envoyer à Votre Altesse royale ces trois tomes par les chariots de poste. Le quatrième n’est pas achevé, l’état où je suis en retarde l’impression ; mais rien ne peut retarder mon empressement de répondre à la confiance dont vous m’honorez.
Le système des athées m’a toujours paru très extravagant. Spinosa lui-même admettait une intelligence universelle. Il ne s’agit plus que de savoir si cette intelligence a de la justice. Or il me paraît impertinent d’admettre un dieu injuste. Tout le reste semble caché dans la nuit. Ce qui est sûr, c’est que l’homme de bien n’a rien à craindre. Le pis qui lui puisse arriver, c’est de n’être point ; et s’il existe, il sera heureux. Avec ce seul principe on peut marcher en sûreté, et laisser dire tous les théologiens, qui n’ont jamais dit que des sottises. Il faut des lois aux hommes, et non pas de la théologie ; et avec les lois et les armes sagement employées dans la vie présente, un grand prince peut attendre à son aise la vie future.
Je suis avec un profond respect, etc. »
1 Écris prêt dans l’édition de Kehl sans doute d'après le manuscrit et d'après une confusion très commune encore au XVIIIè siècle.
2 Dans cette lettre, non datée mais écrite suivant toute apparence en décembre 1770, Frédéric Guillaume exprime des sentiments au moins déistes : « Je vous rends mille grâces, monsieur , de votre belle lettre.Vous avez le talent si rare de dire bien des choses en peu de mots, et de les dire d'une manière unique . Je vous exhorte encore une fois d'en faire bon usage contre le Système de la nature . Rien de moins pensé que le jugement que vous portez de ce monstrueux livre . Une vingtaine de pages de votre façon le feraient mieux tomber que les écrits volumineux qu'il va faire éclore ; et permettez-moi de vous le dire, vous êtes plus obligé que personne de remédier au mal que ce livre produira . Vous avez le premier apporté à votre nation à penser et à écrire sur de telles matières, et vous n'avez peut-être pas assez réfléchi alors que , pour un philosophe à qui la raison sert de frein, il y aura toujours tout au moins cent mille libertins qui ne demandent pas mieux que d'être assurés de l'impunité .
Si vous n'avez rien de plus consolant à me dire sur notre existence commune il faudra bien que je m'en contente . C'est au moins quelque chose que d'être assuré de la possibilité d 'une assurance perpétuelle . Mais ne pourrait-on pas aller jusqu'à la probabilité, et même jusqu'à la plus grande vraisemblance ? Car je conviens avec vous, monsieur, qu'il y aurait de la charlatanerie à vouloir parler de certitude sur ce que Dieu fera à moins d'une révélation ;et il ne s'agit entre nous que de ce que la seule raison peut nous apprendre . Je conçois bien que , hors de la physique et de la géométrie nous n'en savons pas plus que Socrate ou Cicéron . Ils connaissaient l'homme aussi bien que nous pouvons le connaître, et même un peu mieux .mais ils étaient trop sages pour décider sur l'immortalité de l'âme , ils étaient assez heureux pour se le persuader . Le doute, comme vous l'observez, monsieur,n'est pas un état agréable ; je dirais même que c'est un état très pénible, lorsqu'il nous tient suspendus entre le néant et l'immortalité . Un moyen , ce me semble, de s'en tirer, serait de mettre beaucoup de probabilités d'un côté, et un peu de l'autre .
Cela ne doit pas coûter plus d'effort à Dieu de perpétuer notre existence que de la faire momentanée . Il ne lui revient aucun bien de notre anéantissement . Un sage artiste détruirait-il sans nécessité un ouvrage industrieux qu'il aurait pris la peine de former ; et quel père serait bien aise de laisser périr un enfant ? Et puis, notre première carrière est si pénible que de gens seraient tentés de la recommencer : quelques-uns même auraient peut-être préféré la non-existence à une vie misérable et douloureuse .que deviendrait dans ce cas-là la bonté divine ? Vous savez tout cela infiniment mieux que moi, monsieur, et combien de fois on a répété : Etait-ce la peine de naître ?
D'ailleurs la récompense de la vertu et le châtiment du crime semblent exiger dans mille cas une existence prolongée . Je n'ai garde de me représenter Dieu comme un tyran qui se plairait à me faire souffrir sans fin .mais je ne puis m’empêcher de le considérer comme un bon maître, au pouvoir duquel rien ne me saurait soustraire, et ne serait -il pas étrange qu'il ne tien t qu'à moi de faire dès qu'il me plairait ? Ce serait pourtant l'affaire d'un coup de pistolet, si mon âme n'est pas immortelle .
Ne croyez-vous pas qu'on puisse inférer de ces considérations et de mille autres qui vous sont connues, qu'à ne considérer que le bon sens naturel, la perpétuité de notre existence est beaucoup plus probable que notre prochain anéantissement ?
Au reste je conviens avec vous, monsieur, que le plus sûr est de ne jamais rien faire contre sa conscience et de faire toujours de notre mieux . Je n'oublierai halais cette excellente leçon, et je me ferai gloire de la tenir de vous[ …]. »
Cette lettre a été imprimée dans les Jahrbücher der preussichen Monarchie unter der Regierung Friedrich Wilhelm’s des Dritten ; Berlin, 1798, tome Ie, page 253.
3 Mais il était complètement rédigé . C’est la petite brochure in-8° de cinquante-six pages dont il est parlé dans la note : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome19.djvu/171
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15/09/2026
ce n’est pas assez d’avoir fait de tes ennemis l’escabeau de tes pieds, et d’avoir donné des lois à ton pays, il faut encore que tu chasses pour jamais la superstition de ce globe ... Ô Jéhova !je vous défie de rendre tous les hommes raisonnables
... Jehovah, ou plutôt Donald Trump l'enflé échappe au monde du raisonnable, alors comment voulez-vous que le reste de l'humanité s'assagisse : la planète selon Trump : https://www.20minutes.fr/dossier/donald_trump
Avec un gugusse comme ça, notre fin est proche .
« A Frédéric II, roi de Prusse
Ferney, 11 janvier [1771]
À l’auguste prophète de la nouvelle loi.
Grand prophète, vous ressemblez à vos devanciers envoyés du Très-Haut : vous faites des miracles. Je vous dois réellement la vie. J’étais mourant au milieu de mes neiges helvétiques, lorsqu’on m’apporta votre sacrée vision 1. À mesure que je lisais, ma tête se débarrassait, mon sang circulait, mon âme renaissait ; dès la seconde page je repris mes forces, et par un singulier effet de cette médecine céleste, elle me rendit l’appétit en me dégoûtant de tous les autres aliments.
L’Éternel ordonna 2 autrefois à votre prédécesseur Ézéchiel de manger un livre de parchemin ; j’aurais bien volontiers mangé votre papier, si je n’avais cent fois mieux aimé le relire. Oui, vous êtes le seul envoyé de Jéhova, puisque vous êtes le seul qui ayez dit la vérité en vous moquant de tous vos confrères ; aussi Jéhova vous a béni en affermissant votre trône, en taillant votre plume, et en illuminant votre âme.
Voici comme le Seigneur a parlé :
C’est lui dont j’ai prédit : Il aplanira les hauts, il comblera les bas 3; le voilà qui vient : il apprend aux enfants des hommes qu’on peut être valeureux et clément, grand et simple, éloquent et poète : car c’est moi qui lui appris toutes ces choses. Je l’illuminai quand il vint au monde, afin qu’il me fît connaître tel que je suis 4, et non pas tel que les sots enfants des hommes m’ont peint. Car je prends tous les globes de l’univers à témoin que moi, leur fondateur, je n’ai jamais été ni fessé ni pendu dans ce petit globule de la terre ; que je n’ai jamais inspiré aucun Juif, ni couronné aucun pape ; mais que j’ai envoyé, dans la plénitude des temps, mon serviteur Frédéric, lequel ne s’appelle pas mon oint, car il n’est pas oint ; mais il est mon fils et mon image, et je lui ai dit : Mon fils, ce n’est pas assez d’avoir fait de tes ennemis l’escabeau de tes pieds 5, et d’avoir donné des lois à ton pays, il faut encore que tu chasses pour jamais la superstition de ce globe.
Et le grand Frédéric a répondu à Jéhova : Je l’ai chassé de mon cœur, ce monstre de la superstition, et du cœur de tout ce qui m’environne ; mais, mon Père, vous avez arrangé ce monde de manière que je ne puis faire le bien que chez moi, et même encore avec un peu de peine.
Comment voulez-vous que je donne du sens commun aux peuples de Rome, de Naples et de Madrid ? Jéhova alors a dit : Tes exemples et tes leçons suffiront ; donnes-en longtemps, mon fils, et je ferai croître ces germes, qui produiront leur fruit en leur temps 6.
Et le grand prophète a répondu : Ô Jéhova ! vous êtes bien puissant, mais je vous défie de rendre tous les hommes raisonnables. Croyez-moi, contentez-vous d’un petit nombre d’élus : vous n’aurez jamais que cela pour votre partage. »
1 V* a reçu la Facétie à M. de Voltaire . Rêve (Œuvres de Frédéric, XV, 23-28 : https://books.google.ci/books?id=FLF_f9OaUrQC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=r%C3%AAve&f=false ) qu'il a endossée « Reçue le 31 décembre 1770 » avec une lettre du 12 décembre 1770 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8119
2 Ézéchiel, chapitre III, verset 1 : https://saintebible.com/ezekiel/3-1.htm
3 Isaïe XI, 4 : https://saintebible.com/isaiah/11-4.htm
4 Évangile selon Jean, I, 8-9 : https://www.prionseneglise.fr/textes-du-jour/evangile/2020-03-30
5 Psaume cix, verset 1 : https://saintebible.com/psalms/109-1.htm
6Psaumes, I, 3 ; Évangile selon Matthieu, XIII, 23 ; Évangile selon Marc, IV, 20 . La fréquence de ces allusions à la Bible n'est sans doute pas étrangère aux préoccupations de V* qui le conduiront des Questions sur l'Encyclopédie au Taureau blanc .
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14/09/2026
Quoi qu’il arrive, je suis sûr que vous serez heureux soit à Versailles, soit à Rome
... Léon XIV, vous êtes attendu, mais point de ce Versailles qu'on réserve pour épater des guignols de la trempe de Trump .
« Au cardinal François-Joachim de Pierre de Bernis
11è janvier 1771 à Ferney
J’étais, monseigneur, en colère comme Ragotin 1 quand on ne lui ouvrait pas la porte assez tôt . Je grondais Votre Éminence dans le temps même que vous m’écriviez, et que je vous devais des remerciements.
Si je réussis dans ma prédiction 2, je ne vous importunerai point pour les États du pape, mais je demanderai votre protection pour ceux du Grand-Turc. C’était là le grand objet du commerce de ma colonie. Cette branche a été anéantie par la guerre avec les Russes. Le roi de Prusse m’a enlevé douze familles qui devaient s’établir dans mon hameau ; et les fermiers généraux en ont fait déserter deux par leurs petites persécutions. Mais si Moustapha me reste, je suis trop heureux. Je vous prierai donc de faire au plus tôt la paix entre lui et la victorieuse Catherine II. C’est la grâce que j’attends, si vous retournez de Rome à Versailles, comme je l’espère. Quoi qu’il arrive, je suis sûr que vous serez heureux soit à Versailles, soit à Rome. Est Ulubris, est hic, animus si te non deficit æquus. 3
Agréez toujours, monseigneur, les tendres respects de ce vieillard si colère.
V.»
1 Personnage du Roman comique , de La Fontaine : https://www.theatre-classique.fr/pages/programmes/edition.php?t=../documents/LAFONTAINE_RAGOTIN.xml
2 Voir lettre du 3 janvier 1771 à Bernis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/26/je-suis-ruine-de-fond-en-comble-mais-cela-n-est-rien-a-l-age-6606340.html
3 Horace ., lib. I, ep. XI, v. 30. : [ce que tu cherches] cela se trouve à Ulubres, est ici comme là, si tu as l'âme tranquille . Ulubres, petit bourg du Latium est pris par Horace comme l'exemple d'un lieu sauvage et reculé, où l'on peut pourtant être aussi heureux qu'ailleurs .
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