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08/10/2026

je voudrais, savoir , si on prépare un nouveau code dont nous avons tant besoin

... Hey M. Lecornu que faire face à une opposition qui souhaite le maximum de désordre dans le moindre délai ?

 

« A François-Louis-Claude Marin

27 janvier. [1771] 1
Si j’avais accès auprès de monsieur le chancelier comme vous, je voudrais, mon cher correspondant, savoir s’il est bien vrai que les pauvres gens de province ne seront plus obligés d’aller plaider à cent cinquante lieues de chez eux, si on prépare un nouveau code dont nous avons tant besoin. Il faudra en même temps préparer 2 une couronne civique pour monsieur le chancelier 3.

Je ne reviens point de l’insolence de ce petit Clément 4, qui décide à tort et à travers, et qui s’associe avec Lebrun pour louer Lebrun aux dépens de M. Delille 5. Il est vrai qu’il n’est coupable que d’être un fat, cela ne méritait pas la prison 6.

Croyez-vous que nous aurons un ministre des Affaires étrangères ? Nomme-t-on 7 M. le duc d’Aiguillon ? On peut être très entaché dans le Parlement, et très bien servir le roi. Mais le grand point est qu’on se réjouisse à Paris. Je dis toujours : Ô Welches ! ayez du plaisir, et tout ira bien. Mais pour avoir du plaisir, il faut de l’argent  et on dit que M. l’abbé Terray n’en donne guère 8. »

1 Copie destinée à Mme Du Deffand, suivie de l'Avis important d'un gentilhomme à toute la noblesse du royaume ; éd. Beuchot , ( à voir par l'IA ).

2 Ed. 1 ; qu'on prépare .

3 Cette approbation de la politique du chancelier Maupéou connue de Choiseul peut-être par la copie de cette lettre que Mme Du Deffand lui aurait envoyée semble être la cause de l'irritation qu'il témoigne à l’égard de V* dans une lettre à Mme Du Deffand du 11 mars 1771 : https://books.google.fr/books?id=bTtAAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q=363&f=false

4 Voir lettre du 2 février 1771 à d'Alembert : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1771/Lettre_8193

5 Jean-Marie-Bernard Clément : Observations critiques sur la nouvelle traduction en vers français des Georgiques de Virgile et sur les poèmes des Saisons, de la Déclamation et de la Peinture : https://books.google.fr/books?id=ScwTAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

Sur les Georgiques, voir la lettre du 6è février 1770 à Chabanon : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/07/13/n... ; les autres poèmes sont respectivement Les Saisons de Saint-Lambert ( voir lettre du 15 novembre 1760 ) et La Déclamation de Dorat ( voir lettre du 5è décembre 1766 à Lacombe ) ; l'Art de peindre de Watelet ( voir lettre du 25 avril 1760 )

6 Sur la plainte de Saint-Lambert, Clément avait été mis au Fort-l’Évêque pour une très courte période . Voir la Correspondance littéraire, Ed. Tourneux et une lettre de Saint Lambert publiée dans le Mercure de France de février 1773 .

7 Ed. 1 suivi par toujours .

8 Les Choiseul furent très-indignés de cette lettre. Voyez la lettre de la duchesse de Choiseul à Mme du Deffand, du 11 mars 1771. Correspondance complète de Mme du Deffand avec la duchesse de Choiseul, etc., publiée par M. le marquis de Sainte-Aulaire, tome I, pages 363 et suiv. : https://books.google.fr/books?id=bTtAAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q=363&f=false

07/10/2026

vivez heureux chez vous, tandis qu'on ne sait point l'être à Paris, que le Parlement embarrasse toujours

...

 

« A Mathieu-Henri Marchant de La Houlière

23 janvier 1771

Je ne fais point d'élégie, mon cher neveu, je ne fais que des montres . J'avais établi dans Ferney trois fabriques ; j'avais recueilli cent artistes, je leur ai bâti des maisons commodes ; je leur avais avancé des sommes très considérables pour un simple particulier comme moi ; leur commerce florissait ; j'avais changé un malheureux hameau en un séjour agréable et opulent … Une petite lettre de trois lignes a dérangé tout . Je ne peux plus rien, ni pour moi, ni pour les autres . Je ne conseille pas qu'on s'attende à 1 moi à moins qu'on ne veuille être placé en Russie , en Danemark ou en Prusse, car je suis fort bien avec le monarques de ces trois pays .

Je ne vous conseille pas de quitter le vôtre pour leurs frimas et pour leurs neiges . Vous devez être dans le climat le plus agréable de la nature . Je suis, moi, dans la plus belle situation après Constantinople ; mais je suis entouré, cinq mois de l'année, de neiges qui me rendent aveugle , et actuellement que je vous écris, j'ai perdu la vue pour deux mois . Si je ne tenais pas à ma bibliothèque et à mes établissements, j'irais certainement passer les hivers dans les pays chauds , supposé que la nature me garde encore quelques hivers .

Cultivez vos belles vignes, mon cher neveu, vivez heureux chez vous, tandis qu'on ne sait point l'être à Paris, que le Parlement embarrasse toujours la cour, qu'il a cessé ses fonctions et que l'on n'a encore nommé ni ministre des Affaires étrangères, ni ministre de la Marine .

Mon obéissance à madame votre femme et à toute votre famille .

Le vieux malade de Ferney. »

1 Au sens classique de « compter sur », comme dans « Ne t'attends qu'à toi seul, c'est un commun proverbe. » de La Fontaine : L'Alouette et ses petits avec le maître d'un champ ( https://www.la-fontaine-ch-thierry.net/alpetmait.htm)

06/10/2026

Pour le climat de Paris on n’y voit que des orages, mais ils sont dans les fortunes, et c’est bien pis que la grêle et la neige

... Comment va se passer ce jour de manif' ? Combien de lycées délabrés pour en réclamer de meilleurs ? Combien de millions fichus à la poubelle ?

 

 

« A Marie-Elisabeth de Dompierre de Fontaine, marquise de Florian

23 Janvier 1771 1

Je ne sais, ma chère nièce, si vous avez compris quelque chose à une lettre 2 qui vous vint de Lyon.
Celle-ci sera plus claire. Je vous souhaite une santé aussi bien affermie que la mienne est délabrée. Pour peu que vous ayez chez vous de neiges, vous en avez dix fois moins que nous. Elles m’ont rendu aveugle. Conservez vos yeux, fortifiez 3 votre estomac, jouissez de la vie, et ne comptez dans ce monde sur rien que sur l’amitié de vos proches.

La perte que je viens de faire est irréparable pour moi. Cent artistes recueillis à grands frais, des maisons de pierre bâties pour eux en moins de temps que les fées ne les bâtissaient autrefois, des avances très considérables: tout cela est perdu par un trait de plume, ou du moins très hasardé. J’ai vu en peu de temps la naissance de ma colonie et sa ruine.

Joignez à cette belle aventure que je ne sors pas de mon lit depuis six semaines 4: il faut supporter tout cela, et se résigner. La vieillesse n’a d’autre parti à prendre que celui d’une grande patience: il en faut beaucoup à Ferney pendant l’hiver. Je crois votre climat un peu plus doux, mais la différence est médiocre: je ne connais que La Houlière de bien situé; il est au pied des Pyrénées dans un printemps perpétuel; et moi je suis au pied des Alpes, sans jamais y voir de printemps.

Pour le climat de Paris on n’y voit que des orages, mais ils sont dans les fortunes, et c’est bien pis que la grêle et la neige. Je crois votre fils 5 actuellement tout à travers ces tempêtes; mais elles ne servent qu’à son amusement. Il est comme les baleines qui ne sont jamais si aises que quand la mer est agitée. Vous irez donc lui rendre sa visite au mois de février: après quoi vous irez vous fixer dans votre joli château d’Hornoy. Jouissez y, monsieur et madame, d’une douce tranquillité: cultivez des fleurs et des fruits, lisez, promenez vous, mangez de bonnes perdrix qui nous manquent dans nôtre zone glaciale, ayez autant de faisans que nous avons de loups et de renards. Vivez heureux tous deux très longtemps et souvenez vous quelquefois du vieux malade de Ferney. »

1 Copie ancienne ; éd. Caussy H. qui n'indique pas sa source . Le jour où V* dicte cette lettre, Mme Gallatin écrit au landgrave de Hesse-Cassel : « Vous rajeunirez notre ami [le landgrave projetait un voyage à Ferney] qui m'a bien effrayée . On vint me dire qu'il avait pris une paralysie, ce qui s'est trouvé faux . Il est vrai qu'il eut une indigestion qui fut d'abord passée, et il m'a écrit deux fois depuis . Il est très bien à présent . J'y vais dîner demain . »

2 Sur cette lettre qui ne nous est pas parvenue, voir la lettre du 11 janvier 1771 à Louise-Sophie Savelette de Flacourt de Magnanville d'Hornoy : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/09/16/en-un-mot-il-ne-s-agit-uniquement-de-savoir-si-le-gouverneme-6608578.html

La présente lettre est apparemment la dernière lettre que V* écrivit à sa plus jeune nièce ; elle devait mourir le 22 février 1771 et fut enterrée dans l'église d'Hornoy.

3 Au lieu de ce mot l'édition porte conservez .

4 Sur la santé de V*, voir note 1 .

5 D'Hornoy qui était pour lors exilé à Sancoins, dans le Berry, à la suite de la fronde parlementaire .

05/10/2026

Il n’y a pas un prodigieux effort dans des bouts de chandelles et dans des fusées volantes...en récompense il y régnait tant d’ordre qu’il y eut plus de monde tué et blessé  que vous n’en avez eu dans votre première victoire remportée

... Mort où est ta victoire ?

Il serait temps que les lycéens révoltés sachent faire fuir les black blocks, pourris d'entre les pourris, avant qu'il y ait un mort .

Il serait aussi, et surtout , temps que LFI ferme sa grande mouillette : Mélenchon and C°, shut up !

 

 

« A Catherine II, impératrice de Russie

À Ferney, 22 janvier 1771 1

Madame,

L'univers admire vos fêtes ,2
Nos Français en sont confondus,
Et je les admire encor plus
À la suite de vos conquêtes.

Ce qui est encore au-dessus de la magnificence, c’est l’esprit . Il n’y a jamais eu de fête imaginée avec plus de génie, mieux ordonnée, plus galante et plus noble. Nous avons eu à Paris des fusées et une illumination pour le mariage du dauphin de France et de la fille d’une impératrice. Il n’y a pas un prodigieux effort 3 dans des bouts de chandelles et dans des fusées volantes. Mais en récompense il y régnait tant d’ordre qu’il y eut plus de monde tué et blessé 4 que vous n’en avez eu dans votre première victoire remportée sur les Turcs.

Il est vrai que j’aurais voulu qu’Apollon eût présenté à Votre Majesté impériale l’étendard de Mahomet, et l’aigrette de héron que le gros Moustapha porte à son gros turban ; mais ce sera pour cette année, à la fin de la campagne.

Les choses sont bien changées chez nous. Les croisades furent autrefois commencées en France. Nous sommes à présent les meilleurs amis des Infidèles.

La France à l’Église échappe :
Nous avons pris le parti
De secourir le mufti,
Et de dépouiller le pape.

Pour moi, qui suis trop peu de chose pour oser décider entre les églises grecque, latine et musulmane, je ne m’occupe que de votre gloire dans ma retraite. J’aime mieux vos fêtes que celles de saint Nicolas et de saint Basile, de saint Barjone, surnommé Pierre, et même que celle du Bairam 5.

Si j’ai pour sainte Catherine
Un peu plus de dévotion,
C’est parce que mon héroïne
Descend jusqu’à porter son nom.

Passe pour Hercule, voilà un digne saint celui-là ! Aussi est-il le patron d’un comte Orloff, et de tous les quatre. On dit qu’un de ces saints vient de faire encore une de ces actions qu’on ne trouve pas dans la légende ; qu’ayant pris un vaisseau turc où étaient les meubles et les domestiques d’un bacha, il les a renvoyés à leur maître.

Non seulement vos courtisans sont les maîtres des Turcs dans l’art de la guerre, mais ils leur apprennent à être polis ; voilà du véritable héroïsme, et c’est vous qui l’inspirez.

Vous voilà, madame, à mon avis, la première puissance de l’univers car je vous mets sans difficulté au-dessus du roi de la Chine, votre proche voisin, quoiqu’il fasse des vers, et que je lui aie écrit une épître 6 qu’il ne lira pas. Que Votre Majesté impériale jouisse longtemps de sa gloire et de son bonheur !

Sans les soixante-dix-huit ans qui me talonnent, Apollon m’est témoin que je n’aurais pas établi une colonie d’horlogers dans mon village. Elle serait actuellement vers Astracan, où je l’aurais conduite ; elle ne travaillerait que pour Votre Majesté.

Ma colonie fait réellement d’excellents ouvrages ; elle vous en fera parvenir quelques-uns incessamment, et vous verrez qu’on ne peut travailler mieux ni à meilleur compte. Vous dépensez trop en canons et en vaisseaux pour ne pas joindre à vos magnificences une juste économie, qui est au fond la source de la grandeur.

Vivez, régnez, madame, pour la gloire de la Russie, et pour l’exemple du monde.

Que Votre Majesté impériale daigne conserver ses bontés à son admirateur et à son sujet par le cœur.

L'ermite de Ferney. »

1 Copie contemporaine ; éd. Kehl qui fait suivre cette lettre du texte de la lettre du 12/23 décembre 1771 : « Je reçois dans ce moment la lettre dont Votre Majesté impériale m’honore, du 12 décembre, vieux style. Je me doutais bien que la lettre de l’ambassadeur d’Angleterre en Turquie était de l’imagination d’un pensionnaire de nos gazetiers. Je remercie plus que jamais vos bontés, qui me fournissent de quoi faire taire nos badauds welches.

Quoi ! ce brutal de Sardanapale turc veut encore faire une campagne ! ah ! madame, Dieu soit béni ! il ne vous faudra qu’une seule victoire sur le chemin d’Andrinople pour détrôner cet homme indigne du trône, et que j’ai entendu vanter par quelques-uns de nos Welches comme un génie. Mais où ira-t-il ? Voilà un Ali-bey ou beg qui ne le recevra pas dans le pays d’Osiris ; voilà un bacha d’Arc qui se révolte. Il y a une destinée ; la vôtre est sensible. Votre empire est dans la vigueur de son accroissement, et celui de Moustapha dans sa décadence ; le chevalier de Tott ne le sauvera pas dans sa ruine.

Je me mets aux pieds de Votre Majesté impériale, plein de joie et d’espérance, avec le plus profond respect, et la reconnaissance la plus vive.

L’Ermite de Ferney. »

En fait V* répond à chaque fois à une lettre différente, voici celle à laquelle il répond ce 22 janvier 1771: https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8121

3 L'édition de Kehl ajoute ici les mots de génie .

4 Le 30 mai 1770.

5 Le Beiram est la Pâque musulmane ; le Beiram de Constantinople était célèbre par son faste et son pittoresque .

04/10/2026

Votre peuple de Paris, monsieur, est fort plaisant ; il lui faut l’opéra-comique et du pain blanc

... Plus un footeux célèbre (je vous laisse choisir lequel : il signe ZZ à la pointe de ses crampons ).

 

 

« A Imbert 1

21è janvier 1771 2

Votre peuple de Paris, monsieur, est fort plaisant ; il lui faut l’opéra-comique et du pain blanc. Je ne lui donne point d’opéra-comique ; mais je soutiens que mon pain, moitié pomme de terre et moitié froment 3, est tout aussi blanc et plus nourrissant et plus savoureux que son pain de Gonesse 4. Quand on n’y mettrait qu’un tiers de ces pommes de terre, ce serait toujours un tiers de farine épargné ; mais cela demande un peu de peine pour le bien pétrir, et peut-être les boulangers n’ont pas voulu prendre cette peine.

Je vois M. Cramer deux ou trois fois l’an, et je passe la fin de ma vie dans mon lit. Je lui écris pour lui recommander de vous envoyer, sans délai, ce que vous voulez avoir. En attendant, voici un de ces rogatons qui me tombe sous la main, je ne dirai pas sous les yeux, car je n’en ai plus ; les neiges m’ont rendu aveugle, et je meurs en détail ; mais je prends la chose comme il faut.

J’ai l’honneur d’être avec tous les sentiments que je vous dois, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

V. »

1 Éditeurs, de Cayrol et François. — M. Imbert était le secrétaire général du lieutenant de police, M. de Sartines.

2 Note de l'édition Garnier : « Cette lettre est signalée dans le journal le XIXe siècle, du 16 janvier 1878, comme inédite ; la date que lui assigne le rédacteur de ce journal est celle du 12 janvier, qui est peut-être la date exacte. La proposition dont Voltaire parle ici est celle qu’il avait faite dans une lettre du 10 décembre 1770, mentionnée en note, page 280 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvre... »

4 Le meilleur pain de Paris venait de Gonesse , au nord de la capitale, c'est toujours un important centre de meunerie .

03/10/2026

Nous sommes tous fort à plaindre 

... Paroles de lycéens, paroles d'étudiants, paroles de policiers, paroles de ceux dont on pille les magasins, paroles de ceux qui voient brûler leurs voitures, paroles des parents , paroles des enseignants , etc., etc.

Seuls se réjouissent les détestables membres de LFI, mais ils ne jouiront pas éternellement de leur succès de semeurs de bordel, qu'ils n'oublient pas qu'on a coupé la tête de Robespierre, tout promoteur qu'il était de la Révolution . Mélenchon, tu n'as pas choisi la bonne voie .

 

 

« A Gabriel Cramer

[21 janvier 1771]

M. Imbert 1, premier secrétaire de la police, prie monsieur Cramer de lui envoyer par la poste en cinq paquets sous l'enveloppe de M. de Satines, les cinq derniers volumes des Mélanges qui précèdent les deux derniers rogatons . Il dit qu'il les paiera à qui monsieur Cramer voudra .

M. Thieriot a perdu le troisième volume des Mélanges cela gâte sa collection . Si monsieur Cramer veut m'envoyer ce troisième volume, je le ferai parvenir à Thieriot .

Voilà mes commissions faites . Je ferai celle de madame Cramer, et je prie monsieur Cramer de [le] lui dire . Je perds les yeux ; je n'en puis plus . J'attends X 2 . Je fais mille compliments ;

L'appétit vient en mangeant ; je demande six exemplaires encore des tomes 9 et 10 .

On enverra lundi matin du manuscrit .

C'est une curieuse perte que deux mille sacs de blé par le temps qui court . Nous sommes tous fort à plaindre .

On commence à payer à Paris les rentes de 160 millions . C'est un petit lénitif .

Madame Cramer peut être très sûre qu'on aura grand soin de la femme recommandée .

Il n'y a qu'à envoyer les six exemplaires chez Jacoby .

Wagnière oserait-il en demander deux pour lui ? »

1 Destinataire de la lettre du 10 décembre 1770 ; son nom est ici orthographié Himbert.

2 Certainement la feuille X des Questions sur l'Encyclopédie, IV, qui contient la plus grande partie des articles « Dispute » et « Distance » : https://artflsrv04.uchicago.edu/philologic5/tout-voltaire/navigate/939/table-of-contents

02/10/2026

il ne perd point de vue l'affaire de sa protégée

... C'est plus d'un protecteur qui soutient une Rachida Dati fuyante comme une anguille et sans souci financier pour assurer sa défense : https://librejournal.fr/article/qui-protege-rachida-dati/

Selon que vous serez puissant  ou misérable ... Ecoeurant !

 

 

« A Louise-Suzanne Gallatin Vaudenet

à Genève

20è janvier 1771

Le vieux malade de Ferney remercie Madame Gallatin de ses bontés ; il ne perd point de vue l'affaire de sa protégée 1. Elle est un peu difficile . Il lui présente ses respects et à toute sa famille . »

1 Sans doute la question des privilèges et des taxes foncières .

À cette période, plusieurs propriétaires nobles ou notables genevois possédant des terres adjacentes en France (dans le Pays de Gex) se débattent contre les impôts royaux français. La famille Gallatin obtient, par des requêtes auprès du Conseil d'État, d'être rayée des rôles des tailles pour leurs propriétés — un sujet fiscal sur lequel Voltaire, lui-même seigneur de Ferney, échangeait régulièrement avec ses voisins pour défendre les franchises fiscales de la région