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09/04/2026

Dieu, qui nous laisse tous dans le doute et dans l’ignorance

... Que va-t-il dire à Emmanuel Macron par la voix de Léon XIV ? Quels doutes va-t-il lever ? Que va-t-il lui apprendre ? Mais, au fait, existe-t-il seulement ce dieu qui a tant de morts au compteur ? 

En attendant, un peu d'humour : https://www.youtube.com/shorts/_yNu6hRzGfc

 

 

 

« A Louise-Honorine Crozat du Châtel, duchesse de Choiseul

À Ferney 8è octobre 1770 1

Madame,

Je venais de vous écrire lorsque j’ai reçu le paquet dont vous m’honorez, du 1er octobre. Tout ce paquet n’est plein que de vos bontés ; mais votre lettre surtout m’a enchanté. J’y vois la sensibilité de votre cœur, et l’étendue de vos lumières.

Permettez-moi encore un mot sur les esclaves des moines, pour qui vous avez de la compassion ; sur Catau, qui vous cause toujours quelque indignation ; et sur Dieu, qui nous laisse tous dans le doute et dans l’ignorance. Il y aurait là de quoi faire trois volumes, et j’espère que vous n’aurez pas trois pages -- à grands seigneurs peu de paroles, et à bons esprits encore moins.

Je veux bien que les Comtois, appelés Francs, soient esclaves des moines, si les moines ont des titres ; mais si ces moines n’en ont point, et si ces hommes pour qui je plaide en ont, ces hommes doivent être traités comme les autres sujets du roi . Nulle servitude sans titre, c’est la jurisprudence du parlement de Paris. La même affaire a été jugée, il y a dix ans, à la grand’chambre, contre les mêmes chanoines 2 de Saint-Claude, au rapport de M. Seguier, qui me l’a dit chez moi, en allant en Languedoc. Je vous supplie de vouloir bien lire cette anecdote 3 au généreux mari de la généreuse grand-maman.

Pour Catherine, je vous renvoie, madame, à l’histoire turque, et je vous laisse à décider si les sultans n’ont pas fait cent fois pis. Demandez surtout à M. l’abbé Barthélemy si la langue grecque n’est pas préférable à la langue turque.

À l’égard de Dieu, je vous assure que rien n’est plus nouveau que le système des anguilles, par lequel on croit prouver que de la farine aigrie peut former de l’intelligence 4. Spinosa ne pensait pas ainsi : il admet l’intelligence et la matière, et par là son livre est supérieur à celui dont M. Seguier a fait l’analyse 5, comme le siècle de Louis XIV est supérieur au nôtre, et comme le mari de la grand’maman est supérieur à…

Me voilà plongé, madame, dans les affaires de ce monde, lorsque je suis près de le quitter. J’ai voulu faire une niche à mon neveu La Houlière 6, et je me suis adressé à votre belle âme pour en venir à bout. Il n’en sait rien. Si je pouvais obtenir ce que je demande, si monsieur le duc pouvait me remettre le brevet, si vous pouviez me l’adresser contresigné, si je pouvais l’envoyer par Lyon et Toulouse, qui sont sur la route de Perpignan ; si je pouvais étonner un homme qui ne s’attend point à cette aubaine, ce serait assurément une très bonne plaisanterie . Elle serait très digne de vous, et je vous devrais le bonheur de la fin de ma vie.

Il y a encore un article sur lequel je dois vous ouvrir mon cœur, c’est que je ne demanderai rien pour le pays de Gex à celui qui m’a ôté les moyens d’y faire un peu de bien ; je n’aime à demander qu’à certaines âmes élevées.

Les sœurs de la charité prient Dieu pour vous ; elles sont comblées de vos grâces, ainsi que les capucins. Vous aurez de tous côtés des protections en paradis. Mais comme vous êtes faite pour avoir des amis partout, je vous supplie, madame, de compter sur moi et sur mon neveu en enfer.

Je me mets aux pieds de ma protectrice, pour les quatre jours que j’ai à végéter dans ce bas monde, et je la prie toujours d’agréer le profond respect et la reconnaissance du vieil ermite. »

1 Minute corrigée par V* ; éd. Kehl .

2 Ils étaient constamment en procès.

4 Nouvelle attaque contre Needham, à qui V* s'en prend, entre autres dans Dieu .

5  Le Système de la Nature. C’est à cet ouvrage que sont consacrés plus des trois quarts du réquisitoire du 18 août 1770, dans lequel l’avocat général Seguier demandait la condamnation de six autres ouvrages, dont un de Voltaire (Dieu et les Hommes ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvre... ).

V* semble penser que Séguier dans son Réquisitoire ( voir lettre du 26 septembre 1770 à Mme Necker : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/03/26/ils-supposent-tous-qu-il-a-pense-autre-chose-que-ce-qu-il-a-6589456.html ) n'avait attaqué que le Système de la nature . En fait, cet ouvrage n'est que le septième dans la liste de ceux contre lesquels il avait requis . Les autres étaient dans l'ordre : La Contagion sacrée ou l'histoire naturelle de la superstition […], une des rares publications de d'Holbach, 1768 ; Dieu et les hommes ; Discours sur les miracles de Jésus-Christ de Thomas Woolston, traduit par Holbach, vers 1768  (Catalogue Ferney sur lequel V* a écrit « livre dangereux ») ; Examen critique des apologistes de la religion chrétienne ( voir lettre du 2 juin 1766 à Damilaville : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/08/27/puisque-l-ordre-seraphique-se-mele-d-assassiner-il-est-bon-d-6334139.html

et : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/06/02/ce-sont-des-fous-mais-il-ne-faut-pas-les-bruler.html ) ; Examen impartial des principales religions du monde ; le Christianisme dévoilé ( voir lettre du 15 décembre 1766 à Mme de Saint Julien : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2022/03/16/il-est-entierement-oppose-a-mes-principes.html ).

6 Sur cette « niche », voir lettre du 22 octobre 1770 à Marchant de La Houlière : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8060

08/04/2026

je vous prie d'employer le produit comme à l'ordinaire

... C'est bien ce que disent les actionnaires des multinationales pétrolières qui se font des coui... en or avec les guerres orientales ; "comme à l'ordinaire" les bénéfices seront placés de manière à échapper autant que possible à l'impôt : https://www.humanite.fr/social-et-economie/guerre-en-iran...

 

 

 

« A Gaspard-Henri Schérer

J'ai l'honneur, monsieur, de vous envoyer cinq lettres de change pour la somme de sept mille livres, toutes endossées Rosé, dont je vous prie d'employer le produit comme à l'ordinaire .

Si vous savez quelque chose touchant les paiements dus des arrérages de l'emprunt de 160 millions, je vous serai très obligé de vouloir bien m'en instruire .

J'ai l'honneur d'être bien sincèrement , monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire .

6è octobre 1770 à Ferney. 1»

1 Original signé . Endos : « Reçu 7 octobre ; et : 1800 – – au 20 octobre

765 6 – au 20 octobre

781 14 – au 20 octobre

3450 – – au 20 novembre

6797

203 – – au 20 novembre

7000 »

07/04/2026

marquer le jour dont ils seront convenus

...Pour cesser les hostilités ; ce serait plus agréable que celui de la reprise des bombardements à tout-va .

 

«Voltaire et Marie Louise Denis

à Louis-Gaspard Fabry

M. de Voltaire et Mme Denis prient monsieur Fabry d'engager M. Amelot 1 à venir dîner à Ferney, et ils se flattent que monsieur Fabry fera l’honneur d'être de la partie, et de marquer le jour dont ils seront convenus.

6è octobre 1770.2 »

2 Original . Le même jour, Mme Gallatin écrit de Prégny à Frédéric de Hesse-Cassel : « J'espérais pouvoir envoyer à Votre Altesse Sérénissime le dictionnaire , du moins les deux premiers tomes, mais je n'ai pas encor pu l’avoir .Ce qu'il y a de sûr, c'est que personne ne l'aura avant vous [...]Je me flatte, monseigneur, que l’année prochaine je serai plus heureuse […] que j’aurai le bonheur de vous voir . J'attends ce temps avec la dernière impatience . Je dirai comme notre ami, quel bonheur si je puis avoir celui de le voir avant de mourir . Il se porte très bien, travaille continuellement, est fort gai . Nous sommes tous deux à vos genoux pour vous supplier de venir prendre l'air du lac . Je suis convaincue, mon cher prince qu'il vous ferait beaucoup de bien . »

06/04/2026

Il y a deux choses encore pour lesquelles je m’intéresse fort, ce sont les finances et les beaux-arts ; je voudrais ces deux articles un peu plus florissants

... Mon cher Voltaire, on ne peut pas te taxer d'hypocrisie . 

 

« A Gottlob Louis, comte de Schomberg

5 octobre 1770 1

Mon misérable état, monsieur, ne me permet pas d’écrire aussitôt et aussi souvent que je le voudrais à l’homme du monde qui m’a le plus attaché à lui . M. d’Alembert me console en me parlant souvent de vous. Mme Denis, ma garde-malade, passe ses jours à vous regretter.

Puisque vous avez été touché, monsieur, de la requête de nos pauvres esclaves francs-comtois 2, permettez que je vous en envoie deux exemplaires. Je suis persuadé que monseigneur le duc d’Orléans ne souffrirait pas cette oppression dans ses domaines.

Vous savez les succès inouïs des Russes contre les Turcs . Ils perdaient une bataille au pied du mont Caucase dans le temps que le grand vizir était battu au bord du Danube, et que la flotte du capitan bacha était détruite dans la mer Égée. On croirait lire la guerre des Romains contre Mithridate. D’ailleurs, l’Araxe, le Cyrus, le Phase, le Caucase, la mer Égée, le Pont-Euxin, sont de bien beaux mots à prononcer, en comparaison de tous vos villages d’Allemagne auprès desquels on a donné tant de combats malheureux ou inutiles.

Vous venez du moins de réduire les habitants de Tunis, successeurs des Carthaginois, à demander la paix, que Dieu puisse vous conserver tant à la cour que sur les frontières.

Il y a deux choses encore pour lesquelles je m’intéresse fort, ce sont les finances et les beaux-arts ; je voudrais ces deux articles un peu plus florissants.

Pour le Système de la Nature, qui tourne tant de têtes à Paris, et qui partage tous les esprits autant que le menuet de Versailles 3, je vous avoue que je ne le regarde que comme une déclamation diffuse, fondée sur une très mauvaise physique . D’ailleurs, parmi nos têtes légères de Français, il y en a bien peu qui soient dignes d’être philosophes. Vous l’êtes, monsieur, comme il faut l’être, et c’est un des mérites qui m’attachent à vous avec la tendresse la plus respectueuse .

Dès qu’il gèlera, nos gelinottes iront vous trouver.

Voltaire . »

1 Copie ancienne qui est la seule à donner complètement la formule finale .

2 La Nouvelle requête au Roi en son Conseil, 1770.

3 Querelles de préséance à la Cour . Mlle de Lorraine voulant, aux fêtes pour le mariage du dauphin (depuis Louis XVI), danser son menuet au bal paré immédiatement après les princes et princesses du sang, ce fut le sujet de réclamations de la haute noblesse. Un mémoire, rédigé chez l’évêque de Noyon, fut présenté au roi par ce prélat. Il y eut rumeur à la cour. On peut, à ce sujet, consulter la Correspondance de Grimm, au 1er juin 1770 : https://books.google.bj/books?id=0fwTAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q=lorraine&f=false

05/04/2026

je suis très éloigné de vouloir vous gêner, et je m'en remets à votre bonne volonté et à vos arrangements

... De Macron à Trump ? De Netanyahou à Trump ? De Trump à Netanyahou ?

 

 

« A Charles-Henri-Chrétien Rosé

[du 5è octobre 1770] 1

Je vous suis très obligé, monsieur, mais je vous assure qu'on ne trafique point ainsi au pair des lettres de change à Genève, et que je suis obligé de les envoyer à Paris par des correspondants, et de payer une provision . Mais je suis très éloigné de vouloir vous gêner, et je m'en remets à votre bonne volonté et à vos arrangements . J’ai l'honneur d'être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire . »

1 Original signé ; éd. Sakman. La date est de la main de Rosé .

04/04/2026

il faut leur mettre un dieu dans la bouche pour leur servir de mors et de brides

...  V* pourrait le voir appliqué encore dans les théocraties comme en Afghanistan, en Arabie saoudite, en Iran et dans la Cité du Vatican. En gros, met Dieu dans la bouche du peuple pour qu'il ferme sa gueule à jamais . Le monde musulman ayant la main plutôt lourde contre ceux qui s'écartent des pratiques coraniques, Allah , je trouve que tes représentants ne méritent pas le paradis qu'ils se croient dû .

 

 

« A Louise-Honorine Crozat du Châtel, duchesse de Choiseul

A Ferney 5 octobre 1770

Madame,

Nous étions douze mille et un montagnards à vos pieds, nous voici actuellement douze mille et deux en comptant mon neveu . Je n'ai peut-être point lassé votre bienfaisance ; je l'implore hardiment dans la circonstance de ma vie la plus intéressante .

La délivrance d'esclavage de mes douze mille amis me paraît d'une justice si étroite, si digne du roi, de M. le duc de Choiseul et de vous que je ne doute pas un moment qu'ils ne gagnent leur procès . Mais pour mon neveu qui a eu la jambe cassée autrefois au service avant que vous fussiez née c'est tout autre chose . Il devait sa jambe au roi de droit divin mais le roi lui doit le titre de brigadier que parce qu'il l'a promis, et il n'aura cette brigade qu'autant que le mari de madame la grand-maman le voudra et ce digne mari ne refusera pas madame la grand- maman et je serai au comble de la joie .

Cela n'empêche pas que le Système de la nature ne soit à mon avis une longue déclamation qui ne prouve rien . Il me semble que ce livre fait un grand tort à la philosophie ; cette philosophie en général est fort bonne, mais l’athéisme ne vaut rien . Je ne crois pas qu'il y ait dans le monde un bourgmestre, un podestat 1 , ayant seulement quatre cents chevaux appelés hommes à gouverner, qui ne voit évidemment qu'il faut leur mettre un dieu dans la bouche pour leur servir de mors et de brides, et je voudrais que les amis de l'auteur du Système eussent mis un bâillon dans la sienne 2 .

Pour les superstitions, usurpations, capucinades, c'est une autre affaire . Ce sont des vieilles étoffes grossières que le temps et les vers mangeront .

On m'a mandé, madame, que vous étiez jalouse d'une dame qui a je crois cinq pieds deux pouces de haut 3; mais je ne vous abandonnerai pas pour elle quand même elle serait souveraine d'Athènes comme cela pourrait bien arriver . Je vous conseillerai seulement d'apprendre le grec, car alors il y aura une belle académie grecque, et on fera très bien d'établir une salle de comédie grecque à Paris, puisque celle de la Comédie-Française est déserte, que plusieurs de vos livres nouveaux sont écrits en allobroge, et que vous n'avez plus que l'opéra comique pour vous soutenir .

En attendant, madame, vous serez toujours pour moi la première des Françaises .

Daignez, madame, continuer l'excès de vos bontés pour le vieillard le plus cacochyme, le plus pénétré pour vous de respecte et de reconnaissance .

V. »

1 Ce mot désignait les magistrats d'Avignon et d'autres villes du Midi de la France 

2 V* qui a fait l'expérience de l'autorité en tant que seigneur de village, exprime ici très clairement son besoin de voir cette autorité appuyée par celle d'un Dieu rémunérateur et vengeur . L'idée reviendra dans l'Histoire de Jenni

3 Wagnière a noté La Czarine .

03/04/2026

nous nous attendons fermement que votre armée victorieuse aura passé le Danube ; que le vizir aura été battu iterum

... Entends-tu Donald ? Nous sommes avec toi en pensée, en paroles, mais surtout pas en actions, d'une guerre que tu as déclenchée , d'autant plus que tu te déballonnes de jour en jour au gré de la bourse et du cours du baril de pétrole . On sait ce qui t'importe, et ce n'est pas à coups de mensonges et de menton que tu nous impressionneras . Comme ton coup de bluff : quitter l'OTAN . 

 

 

« A Catherine II, impératrice de Russie

A Ferney 2 octobre [1770] 1

Madame,

Je ne vis pas dans le dix-huitième  siècle, je me trouve transporté dans les Alpes du temps de la fondation de Babylone 2. Je vois une héroïne de la maison d’Ascanie, portée sur le trône des Roxelans, qui triomphe sur le Cyrus, sur le Phase, sur le Pont-Euxin, sur la mer Égée, sur les rives du Danube. M. d’Alembert, qui est actuellement à Ferney, est dans le même enthousiasme que moi ; et la seule différence est qu’il l’exprime mieux. Nous haïssons également Moustapha ; nous ne cherchons parmi les arbustes de nos montagnes que des lauriers pour en orner le portrait de Votre Majesté impériale, mais nous n’en trouvons point. Tous les naturalistes disent qu’on n’en trouve plus qu’en Russie.

Après la lettre du 29 auguste, dont Votre Majesté impériale m’honore 3, nous nous attendons fermement que votre armée victorieuse aura passé le Danube ; que le vizir aura été battu iterum  4 vers Andrinople ; que la ville de ce méchant Constantin, qui a été baptisé si tard, aura ouvert ses portes ; que les dames du sérail auront été tirées d’esclavage ; que la flotte de la mer Égée aura donné la main à la flotte du Pont-Euxin ; que Moustapha sera parti pour Damas ou pour Alep, etc., etc., etc.

Vous aviez bien raison, madame, de dire, au commencement de cette guerre, que ceux qui vous l’avaient suscitée travaillaient à votre gloire : certainement Votre Majesté leur a une grande obligation.

Nous ne laissons pas d’avoir 5 de la gloire aussi. Il y a dans Paris de très jolis carrosses à la nouvelle mode 6, et on a inventé des surtouts pour le dessert 7 qui sont de très bon goût : on a même exécuté depuis peu un motet à grand chœur 8 qui a fait beaucoup de bruit, du moins dans la salle où l’on chantait ; enfin nous avons une danseuse 9 dont on dit des merveilles.

Malgré nos triomphes, l’âme de M. d’Alembert et la mienne volent aux Dardanelles, au Danube, à la mer Noire, à Bender, en Crimée, et surtout à Pétersbourg : c’est là qu’elles sont à vos pieds, pénétrées d'admiration, de respect, de joie, et remplies de l'espérance de lui écrire à Stamboul .

De Votre Majesté impériale l'adorateur de latrie, Voltaire, enseveli dans Ferney, et criant : Gloire dans les hauts ! »

De Votre Majesté impériale, l’adorateur de latrie,10

Voltaire,

enseveli dans Ferney, et criant : Gloire dans les hauts 11! »

1 Ed. Kehl . Le même jour Mme Du Deffand écrit à Walpole : « Le petit Craufurd est ici depuis avant-hier ; [,,,] Il a passé par Ferney , a soupé et couché chez Voltaire qui se porte à merveille et qui lui a beaucoup parlé de moi à ce qu’il dit . Je lui dois une réponse depuis près d'un mois et je ne me sens pas le courage de lui écrire » . Et le 3 d 'Alembert écrit à Suard, de Ferney : « Je compte partir d'ici le 9 pour aller en Languedoc et de là en Provence ; je ne m'aperçois guère jusqu'à présent que le voyage ait rien fait à ma tête et quelque plaisir que j'aie chez M. de Voltaire , je sens que j'en aurai davantage à revoir mes amis . »

2 Le rapport avec La Princesse de Babylone apparaît encore manifestement .

3 Voir le texte de cette brève lettre du 18/29 d'auguste » : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8011

4 De nouveau.

5 C'est en effet ce que dit Catherine dans le post scriptum de sa lettre du 17/28 décembre 1768 : « Si le succès de cette guerre se déclare pour nous ,,, » https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1768/Lettre_7419

6 Le nouveau vis-à-vis de Mme Du Barry.

7 V* se souvient de ce surtout pour le dessert dans Le Taureau blanc, chap. 6 : « Au milieu était un surtout dans le dernier goût. » . Voir aussi lettre du 6è septembre 1765 au comte d'Autrey : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/09/07/je-bois-du-vin-moderement-et-je-trouve-fort-etranges-les-gen.html

et : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/01/02/je-ne-desapprouve-pas-qu-on-dise-benedicite-mais-je-souhaite-qu-on-s-en-tie.html

8 Le 15 août, on avait exécuté, au concert spirituel, un motet à grand chœur (Cantate Domino), par M. Hyacinthe Azais, maître de musique du collège de Sorèze. (Beuchot.)

Voir : https://philidor.cmbv.fr/Publications/Bases-prosopographiques/MUSEFREM-Base-de-donnees-prosopographique-des-musiciens-d-Eglise-en-1790/Notices/AZAIS-Pierre-Hyacinthe

9 Mlle Girardin avait débuté, en août 1770, sur le théâtre de l’Opéra, dans un rôle de bergère. Mais je pense qu’il s’agit de Mlle Dervieux, alors rivale de Mlle Guimard. (Beuchot.)

10 Voici appliquée à Catherine la formule culte de latrie qui en termes de théologie ne s'applique qu'à Dieu .

11 Traduction du Gloria in excelsis de la messe des latins. Formule tirée de l’Évangile de Luc, XIX, 38, employée par plaisanterie dans les Lettres d'Amabed .