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22/05/2026

le sermon patriotique de Tartuffe

... Des discours, nous en aurons plus que nécessaire avec plus d'une vingtaine de prétendants à la présidence, qui tous veulent évidemment d'abord le bien de la nation et de ses habitants, clamé haut et fort, et le bien de leur portefeuille, in  petto  . Comme d'habitude .

Voyons un peu l'état des lieux de nos Tartuffes: https://lcp.fr/actualites/presidentielle-2027-la-liste-de...

 

 

 

« A Gabriel Cramer

[novembre 1770]

Non seulement je savais le petit nombre des élus, mais il y a longtemps que j'avais la lettre de Théodore 1 , et même le sermon patriotique de Tartuffe 2 . Je n'en remercie pas moins monsieur Gabriel .

Je lui envoie « Coutume », « Crimes », Criminels », « Croire », « Cromwell ».

« Critique » ne doit marcher qu'après « Crimes » . Je ne ferai pas attendre le reste . Les jeunes gens sont expéditifs . Tout le monde court à Paris après le roi de la Chine 3 , comme après le rhinocéros . Voilà ce que c'est que de venir de loin .

Je renvoie H et J . Je croyais avoir H dans le paquet de hier . Je n'ai point G . Il faut toujours avoir les feuilles à la main pour confronter . J'ai bien peur qu'il n'y ait des répétitions . »

1 Il s'agit d'une lettre circulaire d'Orlov, de Memnos, datée du 8 août 1770, promettant en termes grandiloquents la liberté à la Grèce, sous tutelle russe ; voir la Gazette de France du 15 octobre 1770 et les Nouvelles de divers endroits du 27 .

2 S'agit-il des Réflexions sur les mœurs, la religion et le culte de J. Vernet, Genève 1769, ( https://portal.sds.ox.ac.uk/articles/physical_object/127_... ) , en première page desquelles V* a noté « très ennuyeux bavard ».

21/05/2026

Mes respects à votre compagnon de voyage

... dans vos décisions No Money For Terror : https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2026/05/19/conference-ministerielle-no-money-for-terror

Dans le même temps, les terroristes de tous bords, y compris bien sûr Poutine et Netanyahou , sans soucis financiers, continuent les tueries . Du côté des victimes NMFT : Nous Mourons Financièrement Tranquilles .

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

Je n'ai mon très cher philosophe que le temps de cacheter ce rogaton en vous écrivant un petit mot . Mon pauvre ami Wagnière est presque mourant . Si son accident lui était arrivé plus tôt, ces mauvais vers dont je vous affuble peut-être fort mal à propos n’auraient pas été faits . Mes respects à votre compagnon de voyage et à M. de Valbelle 1 si vous êtes chez lui .

V.

14 novembre [1770] à Ferney. »

20/05/2026

J'ai grand peur d'avoir trop tôt dit que tout le monde était innocent

... Non, ce n'est pas de mon fait .

 

« A Joseph Vasselier

Mais mon cher ami pourquoi mêle-t-on le duc de Pecquigny dans cette horrible affaire ? Il me paraît clair que la petite Lerouge a été noyée, et que la Forobert est une maquerelle . J'ai grand peur d'avoir trop tôt dit que tout le monde était innocent 1.

13 novembre [1770]. »

1 On apprécie cet aveu sincère ; voir lettre du 16 février 1770 à de Beaumont : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/07/24/m-6556559.html

19/05/2026

gardez-vous de bien lui faire envisager qu'il peut un jour demander sa retraite . Parlez encore moins de finances

... 

 

 

« A Mathieu-Henri Marchant de La Houlière 1

Immédiatement après avoir envoyé ma lettre à la poste, je reçois, mon cher neveu, votre paquet du 4 novembre 2. Il faut que l'excès de votre reconnaissance pour M. le duc de Choiseul vous ai rendu bien disert . Vous faites vraiment une belle prosopopée du roi au ministre . Permettez-moi de vous dire qu'on n'écrit pas sur ce ton . À grand seigneur, peu de paroles, et surtout point de main potelée et bienfaisante . Ces familiarités ne sont permises que quand le ministre les a longtemps autorisées par un commerce suivi . Il ne faut d'inférieur à supérieur que cinq ou six lignes qui ne disent ni trop ni trop peu . Ôtez la main potelée . Arrêtez-vous à ces mots : il ne vous dira jamais non, et surtout gardez-vous de bien lui faire envisager qu'il peut un jour demander sa retraite . Parlez encore moins de finances . Il faut que vous soyez bien mal informé de ce qui se passe à la cour .

Je ne saurais trop vous dire combien votre lettre aurait fait un mauvais effet . Vous avez été très bien inspiré quand vous me l'avez envoyée . Je vous le répète , parlez, en six lignes, de la reconnaissance de l'oncle et du neveu et de votre désir de servir toujours le roi . Tout le reste serait superflu et tout ce que vous avez écrit serait très dangereux .

Je vous embrasse de tout mon cœur.

V.

A Ferney le 12 novembre 1770 .

2 Voir lettre du 21 novembre 1770 à Vasselier : « … le même paquet contenait un brevet de brigadier pour mon neveu La Houlière commandant à Salses;et c'est ce même brevet que je lui envoie aujourd'hui par Lyon acheté de mon cachet ;... »

18/05/2026

Que de choses tristes, funestes, étonnantes, ridicules, extravagantes

... Mon cher Voltaire ! où vois-tu donc tout cela ? En 2026 ? ça m'étonne [sic]! mais sans avoir à beaucoup réfléchir, je ne peux que signer le même constat ; le nom des responsables change, mais ils sont toujours faits comme auparavant et font comme auparavant, simplement avec les moyens actuels . On ne peut faire pire, je crois .

 

 

« A Charlotte-Sophie von Altenburg, comtesse Bentinck 1

12è novembre au château de Ferney par Lyon 2

Quoi ! Madame, vous daignez vous souvenir de moi ! Savez-vous bien que c’est une des plus grandes consolations que j’éprouve dans la vieillesse et dans ma retraite ? Que de choses tristes, funestes, étonnantes, ridicules, extravagantes arrivées depuis que je ne vous ai fait ma cour ! Je regretterai jusqu'à mon dernier moment votre amitié et votre société . Vous devez être aussi heureuse qu'on peut l'être dans ce monde entre Mgr le prince Charles et madame la princesse . Puissent-ils tous deux faire longtemps le bonheur d'un pays où ils sont adorés ! Puissiez-vous passer tous vos jours auprès d'eux, au lieu de ne leur donner que six mois dans l'année !

Je me suis fait une agréable retraite, mais vous y serez toujours l'objet de mes regrets . J'ai sans cesse présent à l'esprit le temps heureux où vous daigniez m'assurer d'un peu d'amitié . Conservez-moi, madame, des bontés qui font le charme de mes derniers jours ; et soyez bien persuadée du très respectueux et inviolable attachement avec lequel j'ai l'honneur d'être, madame, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire . »

2 Original signé .

Tout dans cette lettre désigne Mme de Bentinck comme la destinataire . Le seul élément de doute provient de notre ignorance des mouvements de la comtedsse à cette époque ; Mrs Aubry Le Blond, Charlotte Sophie, countess Bentinck ( Londres, 1912 ) dit seulement qu'elle passa les trente trois dernières années de sa vie à Hambourg ( elle mourra en 1800 ) .Voir : https://archive.org/details/charlottesophiec01lebliala/pa...

et : https://archive.org/details/charlottesophiec01lebliala/page/n101/mode/2up?q=voltaire

17/05/2026

Il faut laisser crier, tâcher d'être supportable, et supporter tout le monde . Plus on est sceptique plus on est de bonne composition . Je passe ma vie à prêcher la paix, et à tourner en ridicule ses ennemis

... 

 

« A François-Louis Allamand

Monsieur le Ministre

à Corsier

près de Vevey

12è novembre 1770

Je vous dois depuis longtemps une réponse , monsieur le prédicant philosophe, mais un vieux malade ne fait pas toujours ce qu'il veut . C'est une opinion reçue en Angleterre qu'Abadie était Socinien . Vous savez que Jérôme dans sa lettre à Pammaque avoue qu’il écrit souvent d'une façon et qu'il pense d'une autre 1 . je ne dis pas cela pour accorder le fatum avec Dieu et la liberté . Tout cela s’arrange à merveille chez Homère, chez les Turcs et chez nous, quand on veut s'entendre sans se manger les yeux, comme on faisait il n'y a pas si longtemps . Il en est dit quelque chose à l'article « Destin »  2 , mais ce n'est que pour le quatrième tome . Les trois premiers sont à peine pour A, B, C. Cet alphabet pourra faire crier quoiqu’il soit d'un bon catholique . Il faut laisser crier, tâcher d'être supportable, et supporter tout le monde . Plus on est sceptique plus on est de bonne composition . Je passe ma vie à prêcher la paix, et à tourner en ridicule ses ennemis . Par cette manœuvre je fais un peu de bien . C'est ce qui me fait trouver grâce devant vous . J'aurai l'honneur de vous faire parvenir les trois rogatons alphabétiques le plus tôt que je pourrai .

Je vous prie de me conserver vos bontés dont je sens tout le prix et de compter sur mon très sincère dévouement.

V.

L'abbé Terray m'avait pris deux cent mille francs dans son expédition de houzard, avant qu'il fût question d'Alexandre . »

1 Voir lettre du 30 juin 1770 à Moultou : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/12/03/stultorum-infinitus-est-numerus-le-nombre-des-sots-est-infin-6573098.html

L'Epistola ad Pammachium traite des devoirs du traducteur de livres sacrés et conseille de respecter l'esprit plutôt que la lettre du texte ; voir : https://remacle.org/bloodwolf/eglise/jerome/pammaque3.htm

2 Des Questions sur l'Encyclopédie, dans un passage déjà publié pour une large part dans l'édition de 1764 du Dictionnaire philosophique .

16/05/2026

Quand on remercie d'une grâce promise, on met le bienfaiteur dans la nécessité d'en hâter l'accomplissement...les petits servent quelquefois mieux que les grands

... Voilà bien une preuve encore que le Patriarche connait bien l'art de la diplomatie . Et de surcroit, il reconnait la place remarquable des femmes, et particulièrement des épouses ( et maîtresses ) ; ami Voltaire tu es bien féministe dans l'âme .

 

 

« A Mathieu-Henri Marchant de La Houlière

A Ferney 12 novembre 1770

Je vous dirai donc , mon cher neveu, que , selon moi, vous n'avez pas trop bien fait de ne pas remercier sur-le-champ M. le duc de Choiseul et M. Gayot . Quand on remercie d'une grâce promise, on met le bienfaiteur dans la nécessité d'en hâter l'accomplissement .

Vous feriez très bien aussi d'écrire un petit mot à Mme la duchesse de Choiseul . C'est par elle que passent toutes mes lettres à monsieur le duc, afin qu'elles ne soient point confondues dans la foule . C'est elle qui a fait la fortune de M. Dupuits, mari de Mlle Corneille . Ne manquez pas de lui mander que je vous ai appris que vous êtes au nombre de ceux qui lui ont obligation . Deux mots suffisent . Vous n'aurez probablement point de réponse, mais on se souviendra de vous .

Je me flatte encore que vos très courtes lettres à monsieur le duc et à M. Gayot seront d'une écriture lisible .

Je vous fais cette annonce, supposé que vous n'ayez pas encore votre brevet 1, car si vous l'avez reçu sans doute vous avez remercié ; mais encore une fois, il ne faut pas oublier la duchesse .

Je m'étonne que votre frère ne vous avance pas les deux chétives années de pension qu'on vous doit . Ce n'est pas la peine d'être fermier général, s'il ne vous aide pas à provigner vos belles vignes . N'allez pas, s'il-vous-plait, vous mettre en frais pour m'envoyer du vin du cap de Salses ; ma faible machine n'est pas digne d'une telle liqueur . Si vous voulez m'envoyer une très petite caisse seulement, pour rendre honneur et gloire à vos travaux, il n'y a qu'à l'adresser à Lyon, chez M. Schérer, banquier, avec un mot d'avis . Mme Denis en boira dans une cuiller à café, comme une dame d'honneur . Mme Denis et moi, nous vous faisons les plus tendres compliments, ainsi qu'à madame la brigadière, à madame votre fille et à l’amateur de la lecture 2, le tout sans cérémonie .

Quand il se présentera quelque chose à votre bienséance, avertissez-moi, sans faire de bruit ; les petits servent quelquefois mieux que les grands . Comptez, du moins, sur mon zèle et sur ma promptitude, tout vieux et tout malade que je suis . »

1 Voir la lettre du 21 novembre 1770 : « Voici votre brevet, mon cher neveu . M. le duc de Choiseul me l'avait adressé avec un autre paquet pour vous, qui est, je crois, du bureau. Il y a eu deux ou trois malentendus dans cette affaire . »

2 Stanislas-Jules Lemoyne d'Aubermesnil ( gendre de Mathieu de La Houlière ) mari de Marie-Françoise, épousée le 20 juin 1769 .

Voir : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.prats.fr%2Fpratsv2%2Fdotclear%2Findex.php%3Fpost%2F2007%2F08%2F08%2F128-marchant-mathieu-henri-de-la-houllere-gouverneur-de-salses