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05/02/2017

Les gazettes sont souvent très mal informées

... Mais Le Canard et Mediapart le sont bien , -informés .

Les Fillon, vous venez de perdre un soutien : Renaud, qui comme bien d'autres s'était laissé avoir par vos tronches de séminaristes , désormais  : "Fillon et sa Pénélope, dehors !" .

Et quand je pense qu'on vient d'imprimer et distribuer près de trois millions et demi de flyers pour tenter d'effacer le péché (non avoué) qu'on dit véniel, dans le même temps que le Secours Catholique doit encore faire une collecte alimentaire, trouvez l'erreur !  Et que fait le faux-cul ? il fanfaronne, mais il n'aura pas de session de rattrapage, et le plan B, -comme Balkany- est quasiment envisageable chez  LR , qui ferait bien de fusionner avec Téfal .

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« A Marie-Ursule de Klinglin, comtesse de Lutzelbourg

Aux Délices, 14 février 1762

J’apprends, madame, par les nouvelles publiques, une nouvelle que je ne veux pas croire 1 . Les gazettes sont souvent très mal informées . Mais s’il y a quelque fondement à ce funeste bruit, souffrez, madame, que je mêle ma douleur avec la vôtre. Je suis encore très incertain. Je ne peux que me borner à vous dire combien je m’intéresse à vos peines, si vous en avez, et à la douceur de votre vie, si elle n’est point troublée. Votre expérience et votre bon esprit vous ont appris que la vie est bien peu de chose, et qu’il faut au moins en jouir, puisque ce peu est tout ce que nous avons. Quelque malheur qui nous arrive, et quelque perte qu’on fasse, la philosophie doit venir à notre secours, et la sensibilité de nos amis est de quelque consolation. Si la nouvelle est malheureusement vraie, je voudrais être près de vous dans le nombre de ceux dont l’amitié vous console. Vivez, madame, et continuez de devoir votre santé à votre régime. Nous avons dans notre voisinage de Genève une femme qui a cent quatre ans passés 2, et qui gouverne très bien toute sa famille. Ses règles lui sont revenues à cent deux ans. Mais elle n’a pas voulu se remarier. Voilà l’exemple que je vous propose. Adieu, madame. Daignez agréer le tendre intérêt que je prends à vous, mon attachement, et mon respect.

V. »  

 

1 La nouvelle n'est que trop vraie ; le fils de Mme de Lutzelbourg, lieutenant-général, est mort à Fulda le 17 janvier 1762 .

2 Voir lettre du même jour à Mme du Deffand : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/02/04/il-faut-que-je-vous-dise-une-chose-tres-consolante-pour-les-5906873.html . Le mot règles de la phrase suivante, remplacé par des points par l'éditeur des Lettres inédites, est restitué par Beuchot .

 

04/02/2017

il faut que je vous dise une chose très consolante pour les femmes.... La partie par où l’on pense ne s’est point affaiblie en elle

... J'adore ce type de périphrase voltairienne . Elle nous laisse loisir à en prendre le contrepied , malignement sans doute, la partie qui pense chez l'homme pouvant singulièrement n'être ni unique, ni dispensée de faiblesse(s), vous le savez mesdames . 

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Mme Lullin , I presume !

 

 

« A Marie de Vichy de Chamrond, marquise Du Deffand

Aux Délices, 14 février [1762]

Il y a longtemps, madame, que le pédant commentateur de Pierre Corneille n’a eu l’honneur de vous écrire ; il faut que je vous dise une chose très consolante pour les femmes. Il y a dans mon voisinage de Genève une petite femme 1 qui a toujours été d’un tempérament faible : elle a eu hier cent quatre ans. Ses règles lui sont revenues il y a deux ans très régulièrement, et vous jugez bien que les plaisants lui ont proposé de se remarier 2. Elle aime trop sa famille pour donner des frères à ses enfants. La partie par où l’on pense ne s’est point affaiblie en elle : elle marche, elle digère, elle écrit, gouverne très bien les affaires de sa maison. Je vous propose cet exemple à suivre un jour.

Pour des hommes de ce caractère, je n’en connais point : Bernard de Fontenelle 3 n’était qu’un petit garçon auprès de ma Genevoise. Je souhaite à M. le président Hénault la centaine au moins de Fontenelle, mais je crois que Moncrif 4 nous enterrera tous . On dit que sa perruque est mieux arrangée et mieux poudrée que jamais. Tout ce qui me fâche, c’est qu’il ne fasse plus de petits vers ; c’est grand dommage. A propos de Moncrif, j’ai fait une perte considérable dans l’impératrice russe ; mais sur-le-champ j’ai pris l’impératrice-reine 5, et elle a souscrit pour mademoiselle Corneille, tout comme le roi de France. Il faut toujours avoir quelque tête couronnée dans sa manche. Mademoiselle Corneille, d’ailleurs, joue très joliment les soubrettes.

Si j’avais de plus grandes nouvelles, madame, je vous en dirais pour vous amuser ; mais vous avez la meilleure compagnie de Paris chez vous, et vous n’avez pas besoin de ce qui se passe au pied des Alpes.

Vivez, madame ; digérez, pensez, et même riez de toutes les sottises de ce monde, depuis l’inquisition de Lisbonne jusqu’aux pauvretés de Paris, et agréez mon tendre respect.

V. »

1 Sur Mme Lullin, née Fatio, voir lettre du 9 février 1759 à Mme Gallatin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/03/03/i...

2 Depuis Ses règles … , la phrase manque dans la copie Wyart et conséquemment dans toutes les éditions suivantes .

3 Fontenelle était mort un mois avant son centième anniversaire .

4 Il mourra en 1770 à quatre-vingt-trois ans .

5 Marie-Thérèse d'Autriche .

 

03/02/2017

Il ne nous reste qu'à prier Dieu de nous donner de beaux jours

... Disent les fillonistes ET les anti-fillonistes ; Dieu reconnaitra les siens, évidemment .

 

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« A David-Louis Constant de Rebecque, seigneur d'Hermenches , Major des

Gardes de M. le prince d'Orange, etc.

à Lausanne.

12 février [1762]

Dieu nous punit monsieur de vouloir jouer la comédie à la barbe de la sainte ville de Genève qui n'aime que le solide . Nous avons deux pieds de neige, et un pied de nez . Nous voilà en Laponie . Il ne nous reste qu'à prier Dieu de nous donner de beaux jours . Je les aurai quand je pourrai faire ma cour à madame d'Hermenches et à vous .

Je m'imagine que vous avez votre bonne part à Lausanne du châtiment céleste que nous éprouvons . »

 

Je m'en irais en Égypte comme le bonhomme Joseph si je n'avais pas ici famille et affaires

... Allez savoir pourquoi, en lisant ceci j'ai automatiquement pensé à ce cher François Mitterrand qui fuyait lui aussi, régulièrement le froid de sa mère patrie, pour séjourner avec  Anne Pingeot sous l'oeil de Ra . Avec lui aussi l'obligation de revenir jouir de sa présidentielle fonction . Et , contrairement à Joseph, sans avoir eu la visite des généreux donateurs, les rois mages .

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« A Cosimo Alessandro Collini secrétaire

intime de Son Altesse Électorale Mgr

l’Électeur palatin

à Manheim

Aux Délices 12 février [1762] 1

Mon cher Collini avez-vous autant de vent et de neige que nous en avons ici ? Plus je vis moins je m'accoutume à ces maudits climats septentrionaux . Je m'en irais en Égypte comme le bonhomme Joseph si je n'avais pas ici famille et affaires .

J'ai envoyé à Son Altesse Électorale une tragédie que j'ai faite en six jours pour la rareté du fait ; mais je la supplie de la jeter dans le feu . Je l'ai corrigée avec le plus grand soin, et je la crois à présent moins indigne de lui être présentée .

Algarotti et Goldoni me flattent qu'ils seront à Ferney au printemps . Je voudrais bien que vous pussiez y être aussi . Je vous embrasse de tout mon cœur .

V. »

1 Collini a porté sur le manuscrit la date et un bref résumé de la lettre .

 

Plus nous sommes attachés à la sainte religion de notre sauveur Jésus-Christ, plus nous devons abhorrer l'abominable usage qu'on fait tous les jours de la divine loi

... Dédicace spéciale famille Fillon qui au fond est une bande de cul bénits ayant opportunément oublié qu'il est plus facile à un chameau ( ou une voiture de sport, pour actualiser ) de passer par le chas d'une aiguille, qu'à un riche (tricheur de surcroit ) d'entrer au royaume de Dieu [Matthieu, 19-24]. Amen .

Beau ramassis de faux-jetons . 

 Soup - Soup Everyone

Si, si , Pénélope a travaillé, la preuve  !

 

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

[vers le 10 février 1762] 1

Si j'ai lu la belle jurisprudence de l'Inquisition ! Et oui morbleu je l'ai lue ; et elle a fait sur moi la même impression que fit le corps sanglant de César sur les Romains . Les hommes ne méritent pas de vivre puisqu'il y a encore du bois et du feu et qu'on ne s'en sert pas pour brûler ces monstres dans leurs infâmes repaires . Mon cher frère embrassez en mon nom le digne frère qui a fait cet excellent ouvrage . Puisse-t-il être traduit en portugais et en castillan .

Plus nous sommes attachés à la sainte religion de notre sauveur Jésus-Christ, plus nous devons abhorrer l'abominable usage qu'on fait tous les jours de la divine loi .

Il est bien à souhaiter que vos frères et vous donniez tous les mois quelque ouvrage édifiant qui achève d'établir le royaume de Christ , et de détruire les abus . Le trou du cul est quelque chose . Je voudrais qu'on mît en sentinelle un jésuite à cette porte de l'arche .

On a imprimé en Hollande le Testament de Jean Meslier . Ce n'est qu'un très petit extrait du testament de ce curé . J'ai frémi d'horreur à la lecture . Le témoignage d'un curé qui en mourant demande pardon à Dieu d'avoir enseigné le christianisme peut mettre un grand poids dans la balance des libertins . Je vous enverrai un exemplaire de ce testament de l'antéchrist , puisque vous voulez le réfuter . Vous n'avez qu'à me mander par quelle voie vous voulez qu'il vous parvienne . Il est écrit avec une simplicité grossière qui par malheur ressemble à la candeur .

Vraiment il s'agit bien de Zulime, et du Droit du seigneur ou de L’Écueil du sage , que le philosophe Crébillon a mutilé et estropié croyant qu'il égorgeait un de mes enfants ! Jurez bien que cette petite bagatelle est d'un académicien de Dijon ; et soyez sûr que vous direz la vérité . Mais ces misères ne doivent pas vous occuper . Il faut venir au secours de la sainte 2 vérité qu'on attaque de toutes parts . Engagez vos frères à prêter 3 continuellement leur plume et leur voix à la défense du dépôt sacré .

Vous m'avez envoyé un beau livre de musique 4 à moi qui sais à peine solfier . Je l’ai vite mis ès mains de notre nièce la virtuose . Je suis le coq qui trouva une perle dans son fumier et qui la porta au lapidaire . Mlle Corneille a une jolie voix, mais elle ne peut comprendre ce que c'est qu'un dièse .

Pour son oncle, le rabâcheur et le déclamateur, le cardinal de Bernis dit que je suis trop bon, et que je l'épargne trop 5.

J'ai fait très sérieusement une très grande perte dans l'impératrice de toutes les Russies . On a assassiné Luc, et on l'a manqué . On prétend qu'on sera plus adroit une autre fois . C'est un maître fou que ce Luc, un dangereux fou . Il fera une mauvaise fin, je vous l’ai toujours dit 6. Interim vale ; te saluto in christo salvatore nostro 7. »

1 Cette lettre est une réponse à celle du 29 janvier 1762 de d'Alembert, et la lettre suivante de V* sera du 25 février 1762, d'où la date proposée ce jour . D'Alembert : « Vous avez dû […] recevoir il y a peu de temps par M. Damilaville le Manuel des inquisiteurs […] L'auteur, ou plutôt le traducteur et l'éditeur [l'abbé Morellet] utile de cette abomination qu'il était si bon de faire connaître, m'a prié de vous présenter son ouvrage de sa part […] cet ennemi de la persécution qui travaille si bien à la rendre ridicule, est un [prêtre ?] ci-devant théologien ou théologal de l'Encyclopédie, qui nous a donné pour cet ouvrage l'article « Figure » où vous verrez entre autres que saint Ambroise ou saint Augustin (je ne sais plus lequel) compare les dimensions de l'Arche à celles du corps de l'homme, et la petite porte de l'Arche au trou du derrière […] Je ne sais si je vous ai prié de remercier M. le chevalier de Molmire de ses Étrennes aux sots, et M. le rabbin Akib de son Sermon […] Nous continuons à lire vos remarques sur Corneille, et nous venons de lire Héraclius […] ne critiquez Corneille que lorsque vous aurez deux fois raison ; il a un nom très respecté ; il est mort ; […] pour peu que Corneille soit justifiable par des raisons telles quelles dans les endroits où vous l'attaquez, vous êtes sûr d'avoir contre vous les pédants et les sots , qui déchireraient Corneille s'il n'était pas mort, et qui seront bien aises de vous déchirer parce que vous êtes vivant . Attendez-vous par exemple, au mal qu'ils diront de Zulime . Je ne ferai pas chorus avec eux, car cette pièce m'a fait beaucoup de plaisir, au moins dans le rôle principal ; j'y trouve la passion bien ressentie , bien exprimée, et bien différente de cet amour de ruelle qui affadit notre théâtre . Si par hasard vous connaissez l'auteur de L’Écueil du sage, dites-lui aussi , je vous prie, que son ouvrage m'a fait plaisir, qu'il est surtout très moral, et par cette raison digne de rester au théâtre ; […] J'y voudrais un autre cinquième acte ; la pièce eût été meilleure en quatre ou même en trois . Mais voilà ce que fait la superstition des règles . […] Que dites-vous de l'état fâcheux de votre ancien disciple [Frédéric] ? Il y a longtemps que je n'en ai pas reçu de nouvelles ; vous écrit-il toujours . Je le crois aux abois, et c'est grand dommage ; la philosophie ne retrouvera pas aisément un prince tolérant comme lui, par indifférence, ce qui est la bonne manière de l'être, et l'ennemi de la superstition et du fanatisme . »

2 Sainte , ajouté au dessus de la ligne sur le manuscrit .

3 L'édition Besterman porte à apprêter, ce qui est une faute manifeste .

4 La nouvelle édition des Eléments de musique théorique et pratique, 1762 .

5 Dans la lettre du 30 janvier 1762 .

6 Les lignes qui précèdent depuis On a assassiné …, ont été fortement biffées mais sont encore lisibles .

7 Entre temps porte-toi bien ; je te salue en Christ notre sauveur .

 

02/02/2017

J'ai toujours été indigné contre ceux qui n'ont pas souffert l'honneur que vous leur avez fait, et qu'ils ne méritaient pas

... Dit Fanfoué Fillon à sa Pénélope adorée à son retour d'une dure épreuve d'assistante (parlementaire ?) : la représentation de son grand homme  lors d'une fête locale et son courage d'avoir fait la danse des canards alors qu'elle était enceinte (de la veille ? ! ) .

Hep ! les Fillon, il est des canards qui rapportent gros ... et un Canard qui rapporte des vérités, that's life .

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Viens Fanfoué ! on ne va pas se tuer au travail pour eux !

 

 

 

« A George Keate

Aux Délices 10è février 1762

Un travail forcé, monsieur, et une santé bien languissante, m'ont empêché longtemps de vous écrire : mais vous n'en avez pas été moins présent à mon esprit et à mon cœur . J'ai toujours été indigné contre ceux qui n'ont pas souffert l'honneur que vous leur avez fait, et qu'ils ne méritaient pas 1. Un jour, un grand seigneur passant par un village avec de l’excellent vin de Tokay en donna à boire à des paysans, qui le trouvèrent amer, et qui crurent qu'on se moquait d'eux .

J'ai commencé l'édition de Corneille . Je suis obligé de dicter presque tout, ne pouvant guère écrire de ma main , et je tâche de faire la paix entre Corneille et Shakespear, en attendant que nos rois daignent rendre la paix à l'Europe .

Votre Shakespear était bien heureux, il pouvait faire des tragédie moitié prose, moitié vers, et quels vers encore ! Ils ne sont certainement pas élégants et châtiés, comme ceux de Pope, et comme le Caton d'Adisson ; il se donnait la liberté de changer de lieu presque à chaque scène, d'entasser trente à quarante actions les unes sur les autres, de faire durer une pièce vingt-cinq ans , de mêler les bouffonneries au tragique . Son grand mérite, à mon avis, consiste dans les peintures fortes et naïves de la vie humaine .

Corneille avait assurément une carrière plus difficile à remplir ; il fallait vaincre continuellement la difficulté de la rime, ce qui est un travail prodigieux ; il fallait s'asservir à l'unité de temps, de lieu , d'action ; ne faire jamais entrer ni sortir un acteur, sans une raison intéressante ; lier toujours une intrigue avec art, et la dénouer avec vraisemblance ; faire parler tous ses héros avec une éloquence noble, et ne rien dire qui put choquer les oreilles délicates d'une cour pleine d'esprit, et d'une académie composée de gens très savants, et très difficiles 2.

Vous m'avouerez que Shakespear avait un peu plus ses coudées franches que Corneille . Au reste, vous savez combien j'estime votre nation . Je ne perds aucune occasion de lui rendre justice dans mon commentaire .

Vous me feriez un grand plaisir, monsieur, si vous vouliez bien me dire quel est l'auteur de la petite histoire de David, intitulée, The Man after god's own heart 3, et quel est l'évêché qu'on a donné à ce Warburton 4, qui a prouvé que Moïse ne connaissait ni paradis, ni enfer, ni l'immortalité de l'âme ; et qui de là conclut qu'il était inspiré de Dieu . Apparemment que cet évêque a pris le fils de Spinoza pour son chapelain .

I will be for ever dear sir your most faithfull and tender servant and friend 5

Voltaire . »

4 William Warburton était évêque de Gloucester depuis 1759 : https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Warburton

et : http://www.universalis.fr/encyclopedie/william-warburton/

5 Je serai toujours, cher monsieur, votre plus fidèle et affectionné serviteur et ami .

 

J’ai eu l’honneur de vous écrire un petit mot touchant une assez grosse partie de finances

... monsieur Fillon !

Signé : le juge d'instruction .

Qui sème le vent récolte la tempête , etc.

Et qui vole un oeuf vole un boeuf , ce qui n'est pas très rassurant quand c'est en bande organisée ; il semble que le détestable couple Balkany a fait école .

Fanfoué Fillon, amateur de vitesse, de voitures de sport, vous avez encore fait une sortie de route, la dépanneuse LR, conduite par un certain Nicolas S* actuellement en RTT, n'est pas disponible ; mettez le warning, le triangle, et marchez, marchez, on ne vous attend plus nulle part .

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Belle tête de ... gagnant ?

 

 

« A Ami Camp

banquier à Lyon

Aux Délices , 10è février 1762 1

Vous voilà donc veuf,2 monsieur, et chargé seul de tout le fardeau ? mais vous vous en démêlerez bien, en attendant la première place de fermier général vacante .

J’ai reçu le petit group que vous avez eu la bonté de m'envoyer .

Voici une lettre de change qui n'est pas prête d'être acquittée, et qui restera probablement quelque temps dans votre portefeuille .

J’ai eu l’honneur de vous écrire un petit mot touchant une assez grosse partie de finances . Mme Dupuits, ma voisine, veut absolument que je lui prête douze mille francs à Pâques, pour acheter une compagnie de cavalerie à son neveu .

Mme d'Albertas, mon autre voisine, demande actuellement six mille francs pour son mari ; ce mari, premier président de la chambre des comptes de Provence, est actuellement à Paris . Voudriez-vous, monsieur, avoir la bonté de lui mander que vous avez de ma part deux mille écus à son service ; que je vous en ai prié ; qu'il n'a qu'à faire son billet à ordre, soit pour une année, soit pour deux, c'est à dire de six mille trois cents, ou de six mille six cents 3.

Mille tendres remerciements de toutes vos bontés .

V.

Je suppose que vous avez eu celle de faire donner quatre louis à Grenier dont j'ignorais la demeure . »

1 Original autographe à partir de la formule, cachet « Genève ».

3 On voit donc que l'intérêt , pour ce genre de prêt était de 5% par an .