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05/09/2010

l'auteur se moque également des prêtres ... plus on rend ces gens-là ridicules, plus on mérite du genre humain

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http://www.deezer.com/listen-5820509 : Ah ! Ah ! on rit déjà moins !

Orgueil des prêtres ? Rêve d'humains : "Que les mortels servent de modèle à Dieu"  . Volti plus modestement dit "Dieu nous a créé à son image et nous le lui avons bien rendu !"  : http://www.deezer.com/listen-2829102

 

 

 

« A Charles Bordes


5è septembre 1760 aux Délices


Jérôme Carré [i] est très flatté, Monsieur, de tout le bien que vous lui dites de M. Friport, et de L'Écossaise. Si vous voulez faire un petit pèlerinage vers le 18 septembre, vous trouverez à Tournay sur un théâtre de marionnettes [ii] deux ou trois acteurs qui valent bien ceux de Lyon, et surtout une actrice qui ne cède, je crois, à aucune de Paris ; vous verrez si le népotisme m'aveugle ; je ne suis pas si bon père que bon oncle; j'abandonne mes enfants [iii], mais je soutiens que ma nièce joue la comédie on ne peut pas mieux.


Il faut que vous me fassiez un petit plaisir ; un libraire nommé Rigolet, a imprimé à Lyon une petite brochure dans laquelle l'auteur se moque également des prêtres de Juda et des prêtres de Baal [iv] ; c'est toujours bien fait, plus on rend ces gens-là ridicules, plus on mérite du genre humain ; mais l'ouvrage est médiocre, et j'en suis fâché ; ce n'est pas assez de compiler, compiler [v], et d'écrire, d'écrire en faveur des philosophes ; tous ces ragoûts qu'on présente au public se gâtent en deux jours s'ils ne sont pas salés ; ce qu'il y a d'assez désagréable, c'est que Rigolet s'est avisé d'intituler sa feuille Dialogues chrétiens par M. V... imprimés à Genève.


Le second dialogue désigne un prêtre de Genève nommé Vernet auquel on reproche une demi-douzaine de friponneries [vi]; vous me rendriez un vrai service si vous pouviez savoir de Rigolet d'où il tient ces dialogues si chrétiens ; j'ai un très grand intérêt de le savoir. Si Rigolet vous confie son secret, soyez sûr que je ne vous compromettrai pas ; s'il ne veut point vous le dire, il le dira peut-être au lieutenant de police [vii] qui est votre ami. Je vous demande en grâce d'employer tout votre savoir-faire, tout votre esprit, toute votre amitié, pour contenter ma louable curiosité [viii]. Je vous embrasse de tout mon cœur ; Mme Denis vous en fait autant.


L'Ermite V. »

i Prétendu traducteur du prétendu auteur de l'Écossaise = V* ; « M. Friport » personnage de la pièce.

ii Allusion aux petites dimensions du théâtre de Tournay, et résurgence du travail de composition du Pot pourri qu'il a commencé et où la religion catholique est assimilée à un spectacle de marionnettes. Cf. Lettre du 24 octobre 1759 où il décrit la représentation de Tancrède chez lui : « Le théâtre de Polichinelle est bien petit ..., mais nous y tînmes neuf ... »

iii Ses œuvres.

iv Le 10 septembre il écrira au lieutenant de police Laffrusse que dans « ce libelle » imprimé à Lyon et « envoyé à un nommé Bardin, libraire genevois » « l'église de Lyon et celle de Genève sont également insultées. »

v Expression du Pauvre Diable.

vi Vernet avait entre autres écrit contre V* une lettre datée du 30 mai 1757, publiée dans le Journal helvétique de juin 1757 et reproduite dans La guerre littéraire en 1759 ; il y attaquait ce que V* avait dit explicitement dans une lettre à Thiriot datée du 26 mars 1757, publiée dans le Mercure de mai, et moins explicitement dans le chapitre 134 de l'Histoire -sur « l'âme atroce » de Calvin- qui avait fait brûler Servet et sur l'approbation que ces propos avait recueillie à Genève. Sur ces polémiques, voir lettres des 20 mai, 19 août, 6 septembre 1757 ; 27 décembre 1758 ; 7 et 10 février 1759.

Dans une lettre à d'Alembert du 29 décembre, V* proférait d'autres accusations contre Vernet : « ce Vernet convaincu d'avoir volé des manuscrits, convaincu d'avoir supposé une lettre de feu Giannone, Vernet qui fit imprimer à Genève les deux détestables premiers tomes de cette prétendue Histoire universelle » (en 1754, les deux volumes de l'édition Néaulme de 1753, reniés par V*, censés avoir été corrigés par Vernet), « Vernet qui reçut trois livres par feuille du libraire. »

vii Christophe de Laffrusse de Seynas, à qui V* écrira le 10 .

viii V* proposera même qu'on brûle la brochure à Genève, mais les Dialogues chrétiens ou Préservatif contre l'Encyclopédie sont actuellement publiés dans ses Œuvres.

Votre pédant en points et virgules, et votre disciple en philosophie et en morale, a profité de vos leçons

 Point et virgule : http://www.deezer.com/listen-845481

Et une Virgule qui sonne comme des points de suspension : http://www.deezer.com/listen-2845649, ça peut (dé)plaire , ...

 

 

 

« A Frédéric II, roi de Prusse

 

A Potsdam, 5 septembre [1752]

Sire,

 

Votre pédant en points et virgules, et votre disciple en philosophie et en morale, a profité de vos leçons, et met à vos pieds La Religion naturelle [i], la seule digne d'un être pensant. Vous trouverez l'ouvrage plus fort, et plus selon vos vues [ii]. J'ai suivi vos conseils, il en faut à quiconque écrit. Heureux qui peut en avoir de tels que les vôtres.

 

Si vos bataillons et vos escadrons vous laissent quelque loisir, je supplie Votre Majesté de daigner lire avec attention cet ouvrage qui est en partie l'exposition de vos idées, et en partie celle des exemples que vous donnez au monde. Il serait à souhaiter que ces opinions se répandissent de plus en plus sur la terre. Mais combien d'hommes ne méritent pas d'être éclairés !

 

Je joins à ce paquet ce qu'on vient d'imprimer en Hollande [iii]. Votre Majesté sera peut-être bien aise de relire l'Éloge de La Mettrie. Cet éloge est plus philosophique que tout ce que ce fou de philosophe avait jamais écrit [iv]. Les grâces et la légèreté du style de cet éloge y parent continuellement la raison. Il n'en est pas de même de la pesante lettre de Haller, qui a la sottise de prendre sérieusement une plaisanterie. La réponse grave de Maupertuis n'était pas ce qu'il fallait [v]. C'était bien le cas d'imiter Suift, qui persuadait à l'astrologue Partrige qu'il était mort [vi]. Persuader à un vieux médecin qu'il avait fait des leçons au bordel eût été une plaisanterie à faire mourir de rire.

 

Nous attendrons tranquillement Votre Majesté à Potsdam . Qu'irais-je faire à Berlin ? Ce n'est pas pour Berlin que je suis venu quoique ce soit une fort jolie ville, c'est uniquement pour vous. Je souffre mes maux aussi gaiement que je peux. D'Argens s'amuse et engraisse. Arius de Prades est un très aimable hérésiarque [vii]. Nous vivons ensemble en louant Dieu et Votre Majesté, et en sifflant la Sorbonne . Nous avons de beaux projets pour l'avancement de la raison humaine [viii]. Mais un plus beau projet, c'est Gustave Vaza [ix]. Il n'y a pas moyen d'y penser en Silésie, mais je me flatte qu'à Potsdam vous ne résisterez pas à la grâce efficace qui vous a inspiré ce bon mouvement. Ce sujet est admirable et digne de votre génie unique et universel.

 

Je me mets à vos pieds.

 

 

V. »

i V* l'envoie aussi à la margravine qui fera des observations. L'ouvrage ne sera publié qu'en 1756.

ii Ce poème avait paru trop dévot à Frédéric et V* s'en défendit . Le matérialisme cynique de La Mettrie plaisait davantage au roi et il fit son Éloge .

iii V* avait demandé à la comtesse de Bentinck le 11 et le 25 août de lui faire avoir « l'éloge de La Mettrie avec des remarques et quelques autres pièces curieuses » qu'on a imprimé en Hollande. C'est L'Éloge du sieur de La Mettrie ... avec le catalogue de ses ouvrages et deux lettres . L'Éloge est de Frédéric, les deux lettres sont de Haller à Maupertuis du 10 novembre 1751 qui répond le 25 novembre.

iv La Mettrie a publié, entre autres, L'Homme machine en 1748, L'Anti-Sénèque ou le souverain bien en 1750, L'Art de jouir en 1751, Le Petit Homme à grande queue en 1751.

v La Mettrie, sceptique, avait dédié en termes amicaux son Homme machine au pieux Haller qui avait protesté courtoisement en disant qu'il ne le connaissait pas. Alors, dans l'Art de jouir et dans Le Petit homme, La Mettrie avait parlé de prétendues grivoiseries du sérieux Haller, qui adressa une très digne lettre de protestation à Maupertuis . Celui-ci répondit que ces « plaisanteries » n'avaient pu nuire à Haller.

vi Swift écrivit en 1709 l'Account of the death of mr Partidge the almanach-maker.

vii Cf. lettre à d'Alembert du 9 septembre.

Hérésiarque, hérésie : http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9r%C3%A9siarque

viii Début du Dictionnaire philosophique ? L'article Abraham sera envoyé au roi vers octobre.

ix Au cours d'un souper, Frédéric aurait conté « l'histoire de Gustave Vasa avec une éloquence si animée » que V* lui demanda de la conter en vers.

Hué et persécuté je serais tombé malade et on m'aurait demandé un billet de confession. J'ai pris le parti de renoncer à tous ces agréments,

 

 

 

 

« A César-Gabriel de Choiseul, comte de Choiseul, duc de Praslin

 

A Potsdam 5 septembre [1752]

 

Vos bontés constantes me sont bien plus précieuses, Monsieur, que l'enthousiasme passager d'un public [i] presque toujours égaré qui condamne à tort et à travers, juge de tout et n'examine rien, dresse des statues et les brise pour vous en casser la tête. C'est à vous plaire que je mets ma gloire.

 

Je n'aime de signal [ii] que celui auquel je reviendrai voir mes amis. A l'égard de celui de Lisois [iii], je pense qu'à la reprise on pourrait hasarder ce qu'il a été très prudent de ne pas risquer aux premières représentations.

 

Ce n'est point le héros du Nord qui m'empêche à présent de venir vous faire ma cour. C'est Louis XIV. Une nouvelle édition qu'on ne peut faire que sous mes yeux m'occupera encore six semaines pour le moins. J'ai eu de bons matériaux que je mets en oeuvre [iv]. J'ai tiré de mon absence tout le parti que je pouvais. Je suis assez comme qui vous savez. Mon royaume n'est pas de ce monde. Si j'étais resté à Paris, on aurait sifflé Rome [v] et Le Duc de Foix, la Sorbonne eût condamné Le Siècle de Louis XIV, on m'aurait déféré au procureur général pour avoir dit que le parlement fit force sottises du temps de la Fronde. Hué et persécuté je serais tombé malade et on m'aurait demandé un billet de confession. J'ai pris le parti de renoncer à tous ces agréments, de me contenter des bontés d'un grand Roi, de la société d'un grand homme, et de la plus grande liberté dont on puisse jouir dans la plus petite retraite du monde. Pendant ce temps là j'ai donné le temps à ceux qui me persécutaient à Paris de consumer leur mauvaise volonté devenue impuissante. Il y a des temps où il faut qu'un pauvre diable d'homme de lettres qui a le malheur d'avoir de la réputation succombe ou s'enfuie.

 

Si jamais ma mauvaise santé, qui me rendra bientôt inutile au roi de Prusse, me forçait de revenir m'établir en France, j'aimerais bien mieux y jouer un rôle d'un malade ignoré que d'un homme de lettres connu. Vos bontés et celles de vos amis y feraient ma principale consolation. Je me flatte que votre santé est rétablie. Pour moi je suis devenu bien vieux. Mon imagination et moi nous sommes décrépis. Il n'en est pas ainsi du sentiment. Celui qui m'attache à vous et à vos amis n'a rien perdu de sa force. Il est aussi vif qu'inviolable.

 

J'envoie une nouvelle fournée de Rome sauvée. Je ne sais si à la reprise la gravité romaine plaira à la galanterie parisienne [vi].

 

Mille tendre respects.

 

V. »

i Succès d'Amélie ou le duc de Foix le 17 août à la Comédie française.

ii Allusion au coup de canon que l'on entend dans Adélaïde du Guesclin et dont il n'est plus question dans Amélie ou le duc de Foix.

iii Le personnage de Lisois remplace dans Amélie celui de Coucy qui figurait dans Adélaïde.

iv Cf. lettre à Thibouville du 15 avril 1752.

v Rome sauvée créée à la Comédie française le 24 février 1752, jouée onze fois à Paris en 1752.

vi La pièce sera reprise à Fontainebleau le 30 octobre 1752.

04/09/2010

Je ne sais, Monsieur, si après avoir déclaré la guerre à l'Angleterre , je pourrai faire ma paix avec elle

D'après Nino, c'est le roi d'Angleterre qui a commencé :  http://www.deezer.com/listen-2456530

Arm(é)e spéciale : http://www.deezer.com/listen-289350

au 31 du mois d aout.jpg

 

Et ça va mal finir pour eux : http://www.deezer.com/listen-294544

 

 Et dire qu'avec des hommes comme ce doux et fort Bourvil, il n'y aurait pas de guerres : http://www.deezer.com/listen-3377095

 

http://www.buffon.cnrs.fr/correspondance/corr_buffon_affi...  : homme avec qui il fallait compter, ce Jean de Vaines .

 

 « A Jean de Vaines

 

4è septembre 1776

 

Je ne sais, Monsieur, si après avoir déclaré la guerre à l'Angleterre [i], je pourrai faire ma paix avec elle. Je n'ai point de Canada à lui donner, ni de Compagnie des Indes à lui sacrifier ; mais je ne lui demanderai pas pardon d'avoir soutenu les beautés de Corneille et de Racine contre Gilles et Pierrot . Et je ne crois pas que l'ambassadeur d'Angleterre demande au roi de France la suppression de ma déclaration de guerre.

 

Je n'ai pu encore trouver à Genève le petit Commentaire historique [ii] dont vous me parlez. Il a été imprimé à Lausanne, et je crois que c'est Panckoucke qui en a toute l'édition. Je crois pourtant que j'en pourrai trouver incessamment.

 

Je suis actuellement bien malade et je ne sors pas de mon lit.

 

Permettez moi de mettre sous votre enveloppe un petit mot pour M. d'Alembert.

 

Je vous supplie aussi de bien vouloir faire parvenir ce paquet au s[ieu]r Moureau libraire, quai de Gesvres. »

i Allusion à sa Lettre à l'Académie contre Le Tourneur, panégyriste de Shakespeare ; cf. lettres des 19 juillet, 30 juillet et 27 août à d'Argental et 13 août à d'Alembert.

ii Commentaire historique sur les oeuvres de l'auteur de la Henriade que V* présente à Richelieu : « ... fait par un homme sage, d'après toutes les pièces justificatives qui sont encore entre ses mains ». On l'attribue souvent à Jean-Louis Wagnière (secrétaire de V*), dirigé par V* lui-même.

Moultou, le 4 novembre, dit : « ... l'ouvrage est de M. de Morsan » , (frère de Mme de Sauvigny qui a vécu quelques annnées à Ferney), mais dont « le patron lui a fourni ... les anecdotes et le style... »

 

 http://www.deezer.com/listen-1041132 : un France - Angleterre mémorable !

Fin de programme : http://www.deezer.com/listen-302312

 

Ce quelque chose était une petite fille qui est venue au monde sur le champ. On l'a mise sur un livre de géométrie qui s'est trouvé là

Voisenon_1.jpghttp://fr.wikipedia.org/wiki/Claude-Henri_de_Fus%C3%A9e_d...

http://www.deezer.com/listen-2149544

C'est quand même quelque chose que cette naissance qui a ému plus Volti que la maman . Couchée sur un livre de géométrie, pour qu'elle ait la bosse des maths ? Ni la mère, ni l'enfant ne survivront, seul survivront le chagrin, -un peu,- et l'estime, -toujours ,-  de Volti .

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Kek choz' é moi :  http://www.deezer.com/listen-606423

 http://www.deezer.com/listen-2508117  : mais nous n'avons pas, ici, "passé le temps d'être amis" dis-je .

Juliette, et sa poésie et son ton, qui apporte quelque chose :  http://www.deezer.com/listen-2440180

 

 

 

« A Claude-Henri de Fuzée de Voisenon

 

A Lunéville, 4 septembre [1749]

 

Mon cher abbé greluchon [i] saura que Mme du Châtelet étant , cette nuit à son secrétaire, selon sa louable coutume, a dit : Mais je sens quelque chose ! Ce quelque chose était une petite fille qui est venue au monde sur le champ. On l'a mise sur un livre de géométrie qui s'est trouvé là, et la mère est allée se coucher . Moi, qui , dans les derniers temps de sa grossesse, ne savait que faire, je me suis mis à faire un enfant tout seul ; j'ai accouché en huit jours de Catilina. C'est une plaisanterie de la nature, qui a voulu que je fisse , en une semaine, ce que Crébillon avait été trente ans à faire. Je suis émerveillé des couches de Mme du Châtelet, et épouvanté des miennes.

 

Je ne sais si Mme du Châtelet m'imitera, si elle sera grosse encore ; mais , pour moi, dès que j'ai été délivré de Catilina, j'ai eu une nouvelle grossesse, et j'ai fait sur-le-champ Electre [ii]. Me voilà avec la charge de raccommodeur de moules [iii] dans la maison de Crébillon.

 

Il y a vingt ans que je suis indigné de voir le plus beau sujet de l'Antiquité avili par un misérable amour, par une partie carrée, et par des vers ostrogoths. L'injustice cruelle qu'on a faite à Cicéron ne m'a pas moins affligé. En un mot, j'ai cru que ma vocation m'appelait à venger Cicéron et Sophocle, Rome et la Grèce, des attentats d'un barbare. Et vous , que faites-vous ? Mille respects, je vous en prie, à Mme de Voisenon. »

i Voisenon est le confident de Mme du Châtelet ; un greluchon est un amant de cœur.

ii Le 12 août il envoie Catilina à d'Argental et le 1er septembre il en est « à l'ébauche du cinquième acte d'Electre ».

iii = ouvrages « moulés » = imprimés par Crébillon.

 

En douceur, encore quelque chose :  http://www.deezer.com/listen-2714559

Liste des choses à faire ! mais plus guimauve que ça à chanter, tu meurs ! :  http://www.deezer.com/listen-1184691

 

03/09/2010

Est-il bien vrai qu'on ose vous persécuter dans le temps même que vous êtes comblé de gloire

Bien des arrivées au pouvoir sont ainsi :

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Et puis , on se croit paré pour l'hiver :

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On relativise :

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On y croit encore :

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Et ça finit comme ça , dans le meilleur des cas :

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Et plutôt comme ceci :

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gloire le jour.jpg

 

 

 

 

 

« A Jean-François de La Harpe

 

3è septembre 1775

 

Je vous prie , mon cher ami, de me dire par la même voie dont on veut bien que je me serve, s'il est vrai qu'un de nos académiciens indignes [i] ait eu la lâcheté de vous dénoncer comme coupable, d'avoir extrait et embelli je ne sais quelle petite Diatribe [ii], toute à l'honneur d'un ministre qui fait déjà le bonheur de la France [iii], et qui mettra bientôt la dernière main à l'ouvrage de ce bonheur.

 

Est-il bien vrai qu'on ait ôté sa place à l'approbateur du Mercure ?[iv]

 

Est-il bien vrai qu'on ose vous persécuter dans le temps même que vous êtes comblé de gloire [v], et que vous faites la gloire de la nation ? Mettez-moi au fait, je vous prie, de toute l'infamie des Welches. Faites-moi parvenir le plus tôt que vous pourrez vos trois couronnes. Je meurs d'envie de vous lire, ne pouvant vous embrasser.

 

V. »

i L'avocat général Séguier.

ii La Harpe avait publié dans le Mercure d'août un compte-rendu et à cette occasion une partie de la Diatribe à l'auteur des Éphémérides (sur le commerce des blés) de V* cf. lettre à Moultou du 29 août . Le 7 septembre , le Parlement condamne le Mercure et le censeur Louvel. La Diatribe avait été condamnée le 19 août par le Conseil à la demande de l'Assemblée du clergé.

iii Turgot qui avait établi la liberté de commerce des grains.

iv Louvel fut remplacé par Sancy.

v La Harpe vient de remporter le prix de poésie et le prix d'éloquence de l'Académie française pour 1775, avec Conseils à un jeune poète et l'Éloge de Nicolas de Catinat, maréchal de France, et sa pièce Menzikoff devait être représentée à Fontainebleau devant la Cour en novembre.

Plus on est vieux et malade, plus il faut rire. La décrépitude est trop triste.

http://littre.reverso.net/dictionnaire-francais/definitio...

http://littre.reverso.net/dictionnaire-francais/citations...

http://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_d%E2%80%99%C3%A...

 

Très documenté, remarquable  : MESURES ANCIENNES :

http://www.genefourneau.com/mesures.html

 

fleureau-demi-setier.jpg

 

 

"Nous autres qui connaissons le prix du blé,...", et mes attaches paysannes me permettent de voir de près ce qui revient aux petits producteurs : des clopinettes !

Rien à voir avec les céréaliers, les gros, ceux qui restent à la maison près de l'ordinateur, qui envoient des paperasses sans nombre pour toucher des subventions coquettes . Et ils se plaignent ! Les délais pour avoir le dernier Range Rover ou la Porsche Cayenne, c'est vrai, sont trop longs !

Sans rire, ils se mettent la tête sur le billot auprès des banques en faisant la course à la productivité, donc matériel énorme et hors de prix et traitements phytosanitaires et insecticides à tout-va ! Je ne les plains pas .Ils sont victimes de leurs excès, un jour viendra où ils comprendont . Peut-être !... Le fameux bon sens paysan qui est père d'un bon nombre de couillonnades n'est pas mort . Dommage ,dites-vous ?

Chantons encore :

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« A Suzanne Necker

 

3è septembre 1773, à Ferney

 

Madame

 

Je ne connais pas plus l'auteur modeste et couronné de l'Éloge de Colbert [i], que je ne connais l'auteur téméraire et honni des Fragments sur l'Inde [ii]. Je me doute seulement que le sage qui a remporté le prix de l'Académie, mériterait peut-être de succéder au grand homme qu'il a si bien loué. Son principal mérite à mes yeux jusqu'à présent , était d'avoir rendu justice au vôtre. Je ne connaissais pas ses grands talents, et la raison en est que je n'avais eu presque jamais l'honneur de le voir.

 

Je lui sais bien bon gré d'avoir un peu prêché les économistes et les athées. Il y a sous le gouvernement de Dieu du bien et du mal, comme il y en avait en France sous l'administration de Jean-Baptiste ; mais cela n'empêche pas qu'on ne doive adorer Dieu, et estimer beaucoup Jean-Baptiste Colbert [iii].

 

Nous autres qui connaissons le prix du blé, et qui le payons encore trente francs le setier, après la récolte la plus abondante , nous savons que Jean-Baptiste était très avisé de tenir continuellement la main à l'exportation, et nous ne l'appelons point un esprit mercantile comme messieurs les économistes l'ont nommé.

 

Quand à feu la Compagnie des Indes [iv], je vois, Madame, que je me suis mépris. Nous avons quelques Genevois et moi, envoyé un vaisseau à Bengale [v]. Vous me faites trembler pour notre entreprise. Mais dans les derniers temps de la Compagnie, on ne tremblait pas, on pleurait. Pour moi, je rirai encore si les cinquante-neuf personnes qui sont sur notre vaisseau mangent tout notre argent et se moquent de nous, comme il y a très grande apparence. Plus on est vieux et malade, plus il faut rire. La décrépitude est trop triste.

 

Nous présentons, Mme Denis et moi, nos très humbles respects à monsieur et à madame Necker, et c'est du fond de notre cœur.

 

V. »


i Jacques Necker : Eloge de Jean-Baptiste Colbert, discours qui a remporté le prix de l'Académie française ne 1773 ,1773.

ii Voltaire ; cf. lettre à Marin du 12 juin 1773.

iii A Mme du Deffand, le 1er novembre : « ... c'était un ouvrage qu'on ne pouuvait faire qu'avec de l'arithmétique . Aussi est-ce un excellent banquier qui a remporté le prix. J'avoue que je ne saurais souffrir qu'un homme qui a porté un habit de drap de Vanrobais ou de velours de Lyon, qui a des bas de soie à ses jambes, un diamant à son doigt, et une montre à répétition dans sa poche, dise du mal de Jean-Baptiste Colbert à qui on doit tout cela. La mode est aujourd'hui de mépriser Colbert et Louis XIV . Cette mode passera ... »

iv Le 13 août, un arrêt du Conseil a suspendu le privilège de la Compagnie des Indes.

v L'Hercule .

 

 

Bien des années auparavant, en 1709,le colégien François-Marie a connu ceci : 

http://telematinduweb.skynetblogs.be/archive/2008/01/28/l...