09/10/2009
"comme vous aimez à dire des choses agréables vous ne manquerez peut-être pas cette occasion" ou "nous espérons que la France maintiendra toujours les droits des princes"
Souhait d'une princesse étrangère au XVIIIème : "nous espérons que la France maintiendra toujours les droits des princes."
Je crois qu'elle a été exaucée et que la Révolution de 89 n'a pas suffit pour abolir les droits de certains princes : ceux de l'audiovisuel, ceux du fric, ceux des chefs de partis politiques et leurs séides , etc ;
Tiens pourquoi instinctivement ai-je mis l'audiovisuel en premier ? Dr Freud , dites-moi tout !
"...comme vous aimez à dire des choses agréables vous ne manquerez peut-être pas cette occasion." : là, je fais appel à vous lecteurs et lectrices (je reste malgré moi politiquement correct ), avec un clin d'oeil particulier aux lectrices, ou plutôt, soyons franc, une lectrice .

-Quel orgueil James !
-Non, "petite délicatesse de mon coeur"!
-Jusqu'où iras-tu James ?
-Aussi loin que vous me le permettrez, mon Dieu !
« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu
Souvenez-vous, mon héros, que dans votre ambassade à Vienne [1725 à 1729] vous fûtes le premier qui assurâtes que l’union des maisons de France et d’Autriche était nécessaire, et que c’était un moyen infaillible de renfermer les Anglais dans leur île, les Hollandais dans leurs canaux, le duc de Savoie dans ses montagnes, et de tenir enfin la balance de l’Europe.
L’événement doit enfin vous justifier. C’est une belle époque pour un historien que cette union si elle est durable [traité d’alliance France-Autriche 1er mai 1756 ; la Prusse s’étant alliée à l’Angleterre, ennemie de la France : c’est le renversement des alliances].
Voici ce que m’écrit une grande princesse plus intéressée qu’une autre aux affaires présentes par son nom et par ses États [sans doute la duchesse de Saxe-Gotha, déduction d’après sa lettre du 4 septembre]:
« La manière dont le R. de Pr. en use avec ses voisins excite l’indignation générale [invasion de la Saxe par Frédéric le 29 août 1756 et la manière dont il a traité le pays : lourdes contributions, incorporation forcée des hommes. Etc. Auguste III a dû rentrer en Pologne.]. Il n’y aura plus de sureté depuis le Veser jusqu’à la mer Baltique. Le corps germanique a intérêt que cette puissance soit très réprimée. Un empereur serait moins à craindre, car nous espérons que la France maintiendra toujours les droits des princes. »
On me mande de Vienne qu’on y est très embarrassé [les Autrichiens furent battus à Lobositz le 1er octobre 1756]. Apparemment qu’on ne compte pas trop sur la promptitude et l’affection des Russes.
Il ne m’appartient pas de fourrer mon nez dans toutes ces grandes affaires, mais je pourrais bien vous certifier que l’homme dont on se plaint [évidemment Frédéric] n’a jamais été attaché à la France, et vous pourriez assurer Mme de P. qu’en son particulier elle n’a pas sujet de se louer de lui [dans une lettre datée de Potsdam, mais récrite certainement à Colmar, V* raconte que Mme de Pompadour l’avait chargé « de présenter ses respects au roi de Prusse » et que celui-ci « répondit sèchement : Je ne la connais pas » .]. Je sais que l’Impératrice a parlé il y a un mois avec beaucoup d’éloge de Mme de P. Elle ne serait peut être pas fâchée d’être instruite par vous ; et comme vous aimez à dire des choses agréables vous ne manquerez peut-être pas cette occasion.
Si j’osais un moment parler de moi, je vous dirais que je n’ai jamais conçu comment on [Louis XV et Mme de Pompadour] avait eu de l’humeur contre moi de mes coquetteries avec le roi de Prusse. Si on savait qu’il m’a baisé un jour la main toute maigre qu’elle est, pour me faire rester chez lui, on me pardonnerait de m’être laissé faire ; et si on savait que cette année on [Frédéric] m’a offert carte blanche, on avouerait que je suis un philosophe guéri de sa passion. J’ai, je vous l’avoue, la petite vanité de désirer que deux personnes le sachent. [Louis XV et Mme de P. L’édition pirate de La Pucelle mettra fin en décembre à ces pourparlers et à ses espoirs de retour ] Et ce n’est pas une vanité, mais une délicatesse de mon cœur de désirer que ces deux personnes le sachent par vous. Qui connait mieux que vous le temps et la manière de placer les choses ? Mais j’abuse de vos bontés et de votre patience. Agréez le tendre respect du Suisse.
Je vous demande pardon du mauvais bulletin de Cologne que je vous envoyai dernièrement. On forge des nouvelles dans ce pays là.
Voltaire
Aux Délices 10 octobre 1756. »
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08/10/2009
Nous sommes bien éloignés d’oser mettre des conditions à vos bienfaits
Pluie du matin, n'arrête pas le pélerin ! Soit, à condition d'être sous une pélerine...
« A Anne-Robert-Jacques Turgot
Monseigneur,
Nos États, et moi chétif, nous vous réitérons que nous acceptons avec transport les propositions que M. de Trudaine a eu la bonté de nous faire de concert avec vous [le 31 août, lettre à Fabry : « Le bienfait très signalé et très inattendu est que nous soyons débarrassés de cette foule d’employés qui vexe la province, qui remplit les prisons, et qui interdit tout commerce… Nous profiterons … de notre liberté pour faire proposer aux fermiers généraux de nous livrer le sel au même prix qu’à Genève… Ainsi il vous sera très aisé de prendre sur la vente de ce même sel une somme assez considérable pour payer les dettes de la province, pour donner une indemnité à la ferme, pour subvenir à la confection des chemins. La liberté qu’on daigne nous offrir, l’abolissement des corvées sont des bienfaits inestimables… »]. Nous sommes bien éloignés d’oser mettre des conditions à vos bienfaits. Notre province sera trop heureuse en pouvant commercer librement. Toutes les mesures sont déjà prises pour profiter de la grâce que vous daignez nous accorder ; et on vient de faire bâtir des magasins à Ferney pour recevoir toutes les marchandises qui viendront des pays méridionaux par Genève.
On veut nous faire craindre que la ferme générale insiste sur une indemnité annuelle de quarante à cinquante mille livres .Vous savez, Monseigneur, combien notre petit pays est pauvre. Les bureaux multipliés qui achèvent notre ruine ont été très souvent à charge à la ferme générale ; et malgré les vexations les plus continues, elle n’en a jamais tiré plus de sept mille francs, dans les années les plus lucratives. Nous offrons de leur en donner quinze mille. Cette somme sera prise, comme de raison, sur tous les possesseurs des terres ; rien n’est plus juste. Notre petit pays est digne de votre attention, parce qu’il est très malheureux. Il ne le sera plus. M. Laffichard [Joseph Laffichard à qui V* faisait mine d’attribuer son épître en l’honneur de Turgot Le Temps présent ], de plusieurs académies, me mande qu’il viendra danser avec nous dès qu’il apprendra l’effet de vos bontés.
Daignez agréer, Monseigneur, le respect et la reconnaissance du vieux malade de Ferney, aussi vieux que M. Laffichard.
V.
8è octobre 1775, à Ferney. »
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rh...
http://www.voltaire-integral.com/Html/10/37_Present.html...
19:26 | Lien permanent | Commentaires (0)
07/10/2009
J’y passe ma vie entre le travail et le plaisir
Est-ce ainsi qu'on écrit encore à sa maitresse au XXIème siècle ?
Non ! Un SMS du style : "mdr je kif grave les NL prépare la couette, j'arrive avant les grands froids. Slt au cocu ; A+ ".
Je ne maitrise pas encore assez cette langue étrangère pour garantir un texte complet . Je vais tenter l'opération, promis , ça doit valoir son pesant de cacahuètes . Mais pas ce soir, je suis à la bourre . Vite j'enregistre pour que la lettre du 7 soit en ligne .
Petit rajout du 8 : http://www.dailymotion.com/video/xq85_jacques-brel-amster...
pour vous mettre dans l'ambiance portuaire ...
« A Marguerite-Madeleine du Moutier, marquise de Bernières
Votre lettre a mis un nouvel agrément dans la vie que je mène à La Haye [Sa liaison avec la Marquise de Bernières n’est pas rompue, mais il fait le voyage en Hollande avec une jeune veuve Mme de Ruppelmonde]. De tous les plaisirs du monde, je n’en connais point de plus flatteur que de pouvoir compter sur l’amitié d’une dame aussi estimable que vous. Je resterai encore quelques jours à La Haye pour y prendre toutes les mesures nécessaires sur l’impression de mon poème [Faute de privilège en France, par le veto de Fleury, précepteur de Louis XV, qui lui reproche d’avoir loué l’amiral de Coligny et la reine Élisabeth d’Angleterre. A la Haye, il conclut un marché avec le libraire Le Viers, lance une souscription qui est annoncée dans La Gazette de Hollande à partir du 6 octobre, mais finalement, cette édition ne verra pas le jour. Il tient à ce qu’on donne l’édition de la Henriade comme le but de son voyage ; le 2 il disait à Thiriot : « … je vous prie de répandre que j’ai été en Hollande pour prendre des mesures sur l’impression de mon poème et point du tout pour y voir M. Rousseau (Jean-Baptiste, exilé). »] . Et je partirai lorsque les beaux jours finiront, il n’y a rien de plus agréable que La Haye quand le soleil daigne s’y montrer. On ne voit ici que des prairies, des canaux, et des arbres verts ; c’est un paradis terrestre depuis La Haye à Amsterdam ; j’ai vu avec respect cette ville qui est le magasin de l’univers. Il y avait plus de mille vaisseaux dans le port. De cinq cent mille hommes qui habitent Amsterdam, il n’y en a pas un d’oisif, pas un pauvre, pas un petit-maître, pas un homme insolent. Nous rencontrâmes le Pensionnaire [premier ministre] à pied sans laquais au milieu de la populace. On ne voit là personne qui ait de cour à faire, on ne se met point en haie pour voir passer un prince, on ne connait que le travail et la modestie. Il y a à La Haye plus de magnificence et plus de société par le concours des ambassadeurs. J’y passe ma vie entre le travail et le plaisir et je vis ainsi à la hollandaise et à la française. Nous avons ici un opéra détestable mais en revanche je vois des ministres calvinistes, des arminiens, des sociniens, des anabaptistes qui parlent tous à merveille et qui en vérité ont tous raison. Je m’accoutume tout à fait à me passer de Paris, mais non pas à me passer de vous. Je vous réitère encore mon engagement de venir vous trouver à La Rivière si vous y êtes encore au mois de novembre. N’y restez pas pour moi mais souffrez seulement que je vous y tienne compagnie si votre goût vous fixe à la campagne pour quelque temps. Permettez –moi de présenter mes respects à M. de Bernières et à tout ce qui est chez vous .Je suis toujours avec un dévouement très respectueux votre très humble et obéissant serviteur Volt.
A La Haye ce 7 octobre 1722. »
18:27 | Lien permanent | Commentaires (4)
Il y a une sorte de gloire, et du repos dans le refus
Le titre de cette note est une dédicace à "la dame de mes pensées" .
Volti a une oeuvre tellement vaste que je me rends compte que je pourrai passer le reste de ma vie en mettant ses pensées pour les miennes ; il est un philosophe en prise avec le monde réel, ce n'est pas un coupeur de cheveux en quatre (un sodomiseur de drosophiles, comme on dit poliment ! ) et ça me plait .
"Il me semble que c’est un assez beau siècle que celui où les gens de lettres balancent de se rendre à la cour des rois, mais s’ils ne balancent point, le siècle sera bien plus beau": vous remplacez "la cour des rois" par "la télévision lèche-bottes" et vous actualisez la pensée de Volti aisément . (vous pouvez être d'un avis contraire, mes frères et soeurs bloggers ; dites le moi ! )
« A Pierre-Louis Moreau de Maupertuis
de l’Académie
rue sainte Anne à Paris
Vous devez mon cher aplatisseur de globe [des mesures prises en Laponie en 1736 lors de son expédition, Maupertuis a conclu que la terre est aplatie aux pôles], avoir reçu une invitation de vous rendre à Berlin. On compte que nous pourrons y arriver ensemble [Frédéric avait écrit à Jordan le 17 septembre de dire à Maupertuis et à V* qu’ils « lui ferai(en)t plaisir de venir en novembre ou décembre à Berlin » ; Maupertuis était revenu en France après l’aventure de Molwitz quelque peu irrité contre V* qui le 1er juillet avait alors envoyé une lettre de justification où il alléguait sa « franchise »], mais pour moi je n’irai qu’à Cirey. Je pourrai bien passer par Paris avec madame du Châtelet. J’espère au moins que je vous y verrai ; si vous n’êtes pas assez philosophe pour préférer le séjour de l’amitié à la cour des rois, vous le serez peut-être assez pour ne vous pas déterminer si tôt à retourner en Prusse. Mandez moi, je vous prie, quelles sont vos résolutions si vous en avez. Examinez-vous, et voyez ce que vous voulez. Ceci est une affaire de calcul. Il y a une sorte de gloire, et du repos dans le refus, il y a une autre gloire et des espérances dans le voyage. C’est un problème que vous pouvez trouver difficile à résoudre et qui est certainement embarrassant. Je conçois très bien que ceux qui sont assez heureux pour vivre avec vous décideront que vous devez rester, mais le problème ne doit être résolu que par vous. Ne montrez point ma lettre je vous prie, n’en parlez point. Et si vous faites quelque cas de moi, mandez moi ce que vous pensez. Je vous promets le plus profond secret. Je vous renverrai même votre lettre si vous voulez. Il me semble que c’est un assez beau siècle que celui où les gens de lettres balancent de se rendre à la cour des rois, mais s’ils ne balancent point, le siècle sera bien plus beau. Je suis toujours au rang de vos plus tendres et de vos plus fidèles serviteurs.
Voltaire
6 octobre 1741. »
12:25 | Lien permanent | Commentaires (0)
06/10/2009
prix de la faveur dangereuse d’un roi capable de mettre de la trahison dans l’amitié même.
Volti fait de la résistance face à un roi ! Il a de nombreuses raisons, dont celle de l'amitié qui ne souffre pas la médiocrité.
J'aimerais aussi faire de la résistance face à un roi autrement plus autoritaire, celui que je porte en moi (et vous aussi, soyez -en sûrs ! ) : le désir amoureux .
Amis, amants, amoureux, je vous parle !
Amoureux et ami d'une belle et charmante femme ! Comment le rester ?
Ami et amant, comment le devenir ?
Je ne connais encore que la réponse de la première question . Pour la seconde, un coeur de femme me fait trembler ... comme les cordes de la guitare de Georges : http://www.youtube.com/watch?v=BkPcgIOcwhQ
Pour la première fois de ma vie, cette chanson m'amène aux larmes car je l'écoute en pensant à une femme, unique, une femme bien .

« A Jean-Jacques Amelot de Chaillou
Monseigneur,
Ce que vous mande M. de Valori touchant la conduite du roi de Prusse à mon égard [Valori, envoyé de France en Prusse écrit le 5 à de Chaillou : « Un avis m’est venu… que le roi de Prusse cherchait les moyens de le brouiller (V*) avec la cour pour le réduire à la nécessité de se jeter dans ses bras. Pour y parvenir, ce prince a pris de mesures pour faire passer en France quelques vers … qui portent sur ceux qui l’ont traversé pour son entrée à l’Académie. »] n’est que trop vrai. [On a les lettres écrites ouvertement par Frédéric à Rothenburg, son envoyé à la cour de France, les 17 août, 27 août, 1er septembre ; il envoyait à Rothenburg le fragment (aggravé, augmenté de prétendus vers de V*) qui concernait Boyer dans la lettre que lui avait adressée V* le 15 juin, pour qu’il le fit parvenir à Boyer.] . Vous savez de quel nom et de quel prétexte je m’étais servi auprès de lui pour colorer mon voyage [Il avait allégué les « persécutions » dont il était l’objet en France, notamment de la part de Boyer, et en particulier son échec à l’Académie]. Il m’a écrit plusieurs lettres sur l’homme qui servait de prétexte, et je lui en ai adressé quelques-unes qui sont écrites avec la même liberté [V* et Frédéric plaisantaient aux dépens de Boyer : « l’âne de Mirepoix »]. Il y a dans ses billets et dans les miens quelques vers hardis qui ne peuvent faire aucun mal à un roi, et qui en peuvent faire à un particulier. Il a cru que si j’étais brouillé sans ressource avec l’homme qui est le sujet de ces plaisanteries je serais forcé alors d’accepter les offres que j’ai toujours refusées de vivre à la cour de Prusse. Ne pouvant me gagner autrement il croit m’acquérir en me perdant en France , mais je vous jure que j’aimerais mieux vivre dans un village suisse que de jouir à ce prix de la faveur dangereuse d’un roi capable de mettre de la trahison dans l’amitié même. Ce serait en ce cas un trop grand malheur de lui plaire. Je ne veux point du palais d’Alcine [ Roland furieux de l’Arioste] où l’on est esclave parce qu’on a été aimé et je préfère surtout vos bontés vertueuses à une faveur si funeste. Daignez me conserver ces bontés, et ne parler de cette aventure curieuse qu’à M. de Maurepas. Je lui ai écrit de Bareith mais j’ai peur que le colonel Mentzel n’ait ma lettre.
Voltaire
5 octobre 1743. »
21:07 | Lien permanent | Commentaires (0)
04/10/2009
Ce malheureux qui veut violer tous les petits garçons et outrager tous les gens raisonnables
Titre percutant , non ?
Volti fâché .
Moi aussi ! quand je vois tout le foin que l'on fait suite à l'arrestation de Roman Polanski . As-t-il oui ou non abusé d'une adolescente de 13 ans ?
Oui .
Alors c'est un salaud ! quoi qu'il ait fait professionnellement, quelque soit l'arrangement avec la victime et l'aura qu'il a obtenue par ses oeuvres .
Je vous le dis tout net, à vous qui lui accordez les circonstances atténuantes, le pardon : seriez-vous aussi indulgents si c'était votre fille ? Oui, alors vous êtes des dieux, ou des ministres !
Moi, je touche encore terre .
Le statut d'artiste ne met pas au dessus des lois, arrêtez de glapir ! Ce n'est tout de même pas un agneau pascal ! Je ne suis pas un fan de la Suisse, mais là, je leur dis "bravo" , c'est "propre en ordre". Ils sont encore capables, eux, de ne pas enfreindre la loi qu'il se sont choisie. Ils ne sont pas parfaits, mais sont corrects.
Je considère qu'on ne doit pas salir un enfant. Je ne garantis pas le calme si on touchait un de mes petits enfants.
Roman P., comme "pourri", même si vous vous en fichez, je n'irai plus jamais voir un de vos films. Basta !!

« A Pierre-Joseph Thoulier d’Olivet
Quel procédé est-ce là ? pourquoi donc ne m’écrivez-vous point ? avez-vous, s’il vous plait, un plus ancien ami que moi ?[V* élève au collège Louis Le Grand] avez-vous un approbateur plus zélé de vos ouvrages ? Je vous avertis que ma colère contre vous est aussi grande que mon estime et mon amitié, et qu’ainsi je dois être terriblement fâché. En un mot je souhaite passionnément que vous m’écriviez, que vous me parliez de vous, de belles-lettres, d’ouvrages nouveaux. Je veux réparer le temps perdu, je veux m’entretenir avec vous. Premièrement je vous demande en grâce de me mander où je pourrais trouver le livre pour lequel le pauvre Vanini fût brûlé [De admirandis naturae reginae deaeque mortalium arcanis, Lutetiae 1616]. Ce n’est point son Amphiteatrum [Amphiteatrum aeternae providentiae divino-magicum christiano-physicum, Lugduni 1615]. Je viens de lire cet ennuyeux Amphiteatrum, c’est l’ouvrage d’un pauvre théologien orthodoxe. Il n’y a pas l’apparence que ce barbouilleur thomiste soit devenu d’un coup athée. Je soupçonne qu’il n’y a eu nul athéisme dans son fait, et qu’il pourrait bien avoir été cuit comme Goffredi [Louis Gaufridi , prêtre marseillais brûlé pour sorcellerie le 30 avril 1611] et tant d’autres par l’ignorance des juges de ce temps là. C’est un petit point de l’histoire que je veux éclaircir, et qui en vaut la peine à mon sens
Il y a dans Paris un homme beaucoup plus brûlable, c’est l’abbé Desfontaines. Ce malheureux qui veut violer tous les petits garçons et outrager tous les gens raisonnables vient de payer d’un procédé bien noir les obligations qu’il m’a. Vous me demanderez peut-être quelles obligations il peut m’avoir : rien que celle d’avoir été tiré de Bicêtre, et d’avoir échappé à la Grève [V* a contribué en 1725 à faire libérer l’abbé Desfontaines emprisonné à Bicêtre pour sodomie le 25 avril 1725, libéré le 24 mai, malgré les témoignages accablants d’un jeune homme de seize ans]. On voulait à toute force en faire un exemple. J’avais alors bien des amis (que je n’avais jamais employés pour moi). Enfin je lui sauvais l’honneur et la vie, et je n’ai jamais affaibli par le plus léger procédé les services que je lui ai rendus. Il me doit tout, et pour unique reconnaissance, il ne cesse de me déchirer. Savez-vous qu’on a imprimé une tragédie de César composée de beaucoup de mes vers estropiés, et de quelques uns d’un régent de rhétorique, le tout donné sous mon nom ? [V* avait confié sa pièce La Mort de César à l’abbé Asselin pour qu’elle fût jouée au collège d’Harcourt « avec promesse de sa part que copie n’en serait point tirée » écrit-il à Thiriot le 1er septembre, ajoutant « non seulement on vient d’imprimer cet ouvrage mais … on l’a honoré de plusieurs additions et corrections qu’un régent de collège y a faites ».] . J’écris à l’abbé Desfontaines avec confiance, avec amitié à ce sujet, je le prie d’avertir en deux mots que l’ouvrage tel qu’il est n’est point de moi, [le 7 septembre] que fait mon abbé Des Chaufours ? [l’abbé Desfontaines assimilé à l’abbé Des Chaufours exécuté pour sodomie le 24 mai 1726] . Il broche dans ses malsemaines [Les Observations sur les écrits modernes, parution hebdomadaire, ici numéro du 16 septembre 1735 . A Thiriot (le 4 octobre ), il dit qu’il reproche également à Desfontaines ses critiques du Temple du Goût (numéro du 5 mars 1735), les critiques des Lettres philosophiques (numéro du 7 septembre 1735)] une satire honnêtement impertinente dans laquelle il dit que Brutus était un quaker, ignorant que les quakers sont les plus bénis des hommes, et qu’il ne leur est pas seulement permis de porter l’épée. Il ajoute qu’il est contre les bonnes mœurs de représenter l’assassinat de César, et après tout cela, il imprime ma lettre [ce qui révèle la cachette de V*, menacé de lettre de cachet a fuit à Cirey]. Quels procédés il y a [à] essuyer de nos prétendus beaux esprits ! que de bassesses ! que de misères ! Ils déshonorent un métier divin. Consolez-moi par votre amitié, et par votre commerce. Vous avez le solide des anciens philosophes, et les grâces des modernes. Jugez de quel prix vos attentions seront pour moi. S’il y a quelque livre nouveau qui vaille la peine d’être lu je vous prie de m’en dire deux mots. Si vous faites quelque chose, je vous prie de m’en parler beaucoup.
Voltaire
A Cirey par Vassy en Champagne ce 4 octobre 1735. »
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03/10/2009
Les ouvrages de génie sont aux compilations ce que le mariage est à l’amour
Belle journée que ce samedi, préparée depuis hier, avec un travail très physique : faire la pressée des pommes du Verger Tiocan qui nous donnent un jus à en boire sans soif et sans modération (quoique, je dois le signaler aux gourmands, le "sans modération" entraine quelques mini problèmes de transit intestinal si on n'a pas l'habitude ! )
http://www.patrimoinedespaysdelain.fr/fr/annuaire/index.h...
Suite des festivités le samedi 10 octobre au verger lui-même, et le 11, dimanche, exposition, animations, boudin aux pommes (extra ! je vous le promets ). De ce fait, sachez-le, énorme besoin de main-d'oeuvre pour cueillir les pommes, les peler, le couper , les cuire pour avoir la meilleure marmelade qui soit . Et tout ça, à la main avec des fruits obtenus sans pesticides, sans engrais artificiels, juste à l'huile de coude et au savoir faire transmis par ceux qui connaissent la nature et veulent nous conserver de bons fruits et une bonne santé.
Cet après midi, autre activité, réalisation de toits pour des cibles d'archerie à Prévessin : grande partie de rigolade, mais les résultats sont visibles et espérons le , durables .
Là, comme avec le grand Georges, on a eu le temps des copains :
http://www.dailymotion.com/video/xjs62_brassens-les-copai...
Mon Volti, lui a été un peu casanier, si je le crois . Potsdam et Frédéric ne sont pas ce qu'il y a de mieux pour lui .

"Ce monde est un naufrage. Sauve qui peut ..." : il est vraiment diminué physiquement et sur la défensive intellectuellement . Que ses adversaires ne se réjouissent pas trop, pas trop tôt ! Il va batailler (contre l'injustice ) et nous réjouir (je parle pour ceux qui aiment la liberté ) pendant encore 26 ans !
Yes he can !
And you ?
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental
Mon cher ange, Le Siècle (c'est-à-dire la nouvelle édition, la seule qui soit passable), était déjà presque tout imprimé, il m’est par conséquent impossible de parler cette fois-ci de la petite épée que cacha monsieur votre oncle sous son cafetan [D’Argental avait demandé à V* d’ajouter une allusion à son oncle Charles de Ferriol qui avait insisté pour porter son épée à la cour de Turquie, sur ordre de Louis XIV sans doute, mais « contrairement à un usage très raisonnable ».]. J’ai rayé bien exactement cette épithète de petit, attribuée au concile d’Embrun [ce qu’avait demandé le cardinal de Tencin, autre oncle de d’Argental]. J’ai recommandé à ma nièce d’y avoir l’œil [elle est chargée de faire supprimer ce « petit » dans la nouvelle édition de Paris, (édition Lambert) , c’est ce qu’écrit V* le 28 et il ajoutera « Il est malheureusement dans un douzaine d’autres dont la France est inondée et surtout dans celle que l’abbé Pernetti a fait imprimer à Lyon sous les yeux du père du concile. »], et je vous prie de l’en faire souvenir.[le 8 septembre, il se montrait agacé par « les plaintes de trente personnes qui trouvent qu’(il) n’a pas dit assez de bien de leurs arrière-cousins » dans le Siècle]. Je voudrais de tout mon cœur qu’il fût regardé comme le concile de Trente, et que toutes les disputes fussent assoupies en France. Mais il parait que vous en êtes assez loin. Le siècle de la philosophie est aussi le siècle du fanatisme. Il me parait que le roi a plus de peine à accorder les fous de son royaume qu’il n’en a eu à pacifier l’Europe. [Lutte entre le parlement et le clergé à propos des billets de confession, que V* résume ainsi dans ce qui sera le Précis du siècle de Louis XV, en date du 11 aout 1752 : « Le roi recommanda toujours la paix, sans que les ecclésiastiques cessassent de refuser les sacrements et sans que le Parlement cessât de procéder contre eux. Enfin le roi permit… »] Il y a en France un grand arbre, qui n’est pas l’arbre de vie, qui étend ses branches de tous côtés, et qui produit d’étranges fruits. Je voudrais que Le Siècle de Louis XIV pût produire quelque bien. Ceux qui liront attentivement tout ce que j’y dis des disputes de l’Église pourront, malgré tous les ménagements que j’ai gardés, se faire une idée juste de ces querelles ; ils les réduiront à leur juste valeur, et rougiront que dans ce siècle-ci, il y ait encore des troubles pour de pareilles chimères. Un petit tour à Potsdam ne serait pas inutile à vos politiques, ils y apprendraient à être philosophes.
Mon cher ange, les beaux-arts sont assurément plus agréables que ces matières. Une tragédie bien jouée est plus faite pour un honnête homme. Mais me demander que je songe à présent au Duc de Foix et à Rome sauvée c’est demander à un figuier qu’il porte des figues en janvier. Car ce n’était pas le temps des figues [Evangile St Marc]. Je me suis affublé d’occupations si différentes, toute idée de poésie est tellement sortie de ma tête, que je ne pourrais pas actuellement faire un pauvre vers alexandrin. Il faut laisser reposer la terre. L’imagination gourmandée ne fait rien qui vaille. Les ouvrages de génie sont aux compilations ce que le mariage est à l’amour. L’hymen vient quand on l’appelle. L’amour vient quand il lui plait. [Atys, opéra de Quinault ] Je compile à présent, et le dieu du génie est allé au diable.
En vous remerciant de la note pour l’abbé de St Pierre. J’avais deviné juste, qu’il était mort en 43. Je lui ai fait un petit article assez plaisant. Il y en a un pour Valincourt qui ne sera pas inutile aux gens de lettres, et qui plaira à la famille. Je n’ai point de réponse de M. Secousse. Il est avec les vieilles et inutiles ordonnances de nos vieux rois [V* avait joint « un petit mémoire « pour lui à la lettre à d’Argental du 5 août . Le neuvième volume des Ordonnances des rois de France de la troisième race, de Denis Secousse paraitra en 1755.] . Mais il a pour rassembler ces monuments d’inconstance et de barbarie six mille livres de pension. Il n’y a qu’heur et malheur en ce monde.
Mes anges, ce monde est un naufrage. Sauve qui peut est la devise de chaque individu. Je me suis sauvé à Potsdam, mais je voudrais bien que ma petite barque pût faire un petit trajet jusque chez vous. Je remets toujours de deux mois en deux mois à faire ce joli voyage. Il ne faut pas que je meure avant d’avoir eu cette consolation. Je ne sais pas trop ce que je deviendrai. J’ai cent ans, tous mes sens s’affaiblissent, et il y en a d’enterrés. Depuis huit mois je ne suis sorti de mon appartement que pour aller dans celui du roi ou dans le jardin. J’ai perdu mes dents. Je meurs en détail. Je vous embrasse tendrement, je vous souhaite une santé constante, une vieillesse heureuse. Je me regarderai comme très malheureux si je ne passe pas mes derniers jours, ô anges ! auprès de vous et à l’ombre de vos ailes.
Voltaire
A Potsdam 3 octobre 1752. »
22:19 | Lien permanent | Commentaires (0)

