Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/07/2025

êtes-vous toujours bien content de Toulouse ?

... Couci couça ! https://www.ladepeche.fr/communes/toulouse,31555/

 

 

« A l'abbé Joseph Audra

Baron de Saint-Just, Professeur en

philosophie

place Mage

à Toulouse

14è février 1770

Je suis plus étonné que jamais, mon cher philosophe, de n’avoir aucune nouvelle de Sirven. M. de La Croix avait eu la bonté de me mander 1 qu’il travaillait à un mémoire en sa faveur, mais que ce Sirven voulait faire l’entendu, et qu’il dérangeait ses mesures. Je commence à croire qu’il a pris son parti, et qu’il ne songe qu’à rétablir le petit bien qu’on lui a rendu. Il a ses deux filles à quelques lieues de moi. S’il veut avoir ses deux filles auprès de lui, je leur donnerai de quoi faire leur voyage honnêtement. Si le père a besoin d’argent, je lui en donnerai aussi pour achever de réparer ses malheurs.

Je vous demande en grâce de vouloir bien faire mes compliments et mes remerciements à M. de La Croix, et l’assurer de la véritable estime que je conserverai pour lui toute ma vie.

Qu’est devenue votre Histoire universelle 2? Est-elle imprimée 3 ? êtes-vous toujours bien content de Toulouse ? avez-vous reçu un petit paquet que j’adressai pour vous à Lyon il y a quelques mois, à l’adresse que vous m’avez donnée ?

Je vous embrasse sans cérémonie, en philosophe et en ami.

V. »

2 Histoire générale à l'usage des collèges, depuis Charlemagne jusqu'à nos jours, 1770, annoncée par une lettre d'Audra du 13 septembre 1769 .Voir : https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&opi=89978449&url=https://academie-sbla-lyon.fr/Dictionnaire/entree/460/pdf&ved=2ahUKEwj05-qY0tCOAxWnRKQEHd_XIxIQFnoECBgQAQ&usg=AOvVaw1OCn4msut4o-NVkKK0msXN

ce qu'on a jamais imprimé de plus plat et de plus ennuyeux

... Sans doute les discours de Bayrou imprimés dans le Journal Officiel ( recueil fidèle de tous les discours et interventions, même les plus minables, au sein des Assemblées ), dont l'un des plus récents : https://www.vie-publique.fr/discours/299543-francois-bayr...

Pour info : https://www.journal-officiel.gouv.fr/pages/accueil/...

 

 

 

« A Paul-Claude Moultou

On dit, mon cher philosophe, que l'Abauzit de Vernet 1 est ce qu'on a jamais imprimé de plus plat et de plus ennuyeux . Il faut qu'il y ait terriblement de Vernet dans cet ouvrage .

N'auriez-vous point pour me consoler quelques articles à nous donner pour l’Encyclopédie ? Nous vous garderions le secret si vous le voulez, et nous vous rendrions la justice qui vous est due si vous le permettez .

J'embrasse de tout mon cœur mon cher philosophe .

V.

13 février [1770]. »

1 Erreur de V* ou de Moultou ; il s'agit ici de Végobre et non de Vernet ; voir lettre du 5 mars 1768 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/10/24/assurement-il-n-est-fecond-qu-en-dissensions-et-en-sophismes-6467611.html

21/07/2025

Il est bien flatteur pour la France que l'Italie, la mère des beaux-arts, daigne nous traiter en sœur

... Si 61% des Français.es ont les yeux de Chimène pour l'Italie, seuls 53% des Italien.nes ont une opinion favorable pour la France et les Français : perché ? https://lepetitjournal.com/milan/actualites/ipsos-ce-que-...

 

 

 

« A Giovanni Marenzi

à Bergame

Italie

12è février 1770 à Ferney 1

Monsieur,

Je vous aurais remercié plus tôt de l'honneur que vous me faites, si j'avais été assez heureux pour être en état de lire la traduction dans laquelle vous m'embellissez 2 . Des fluxions très dangereuses qui me tombent sur les yeux dans le temps des neiges me privent alors entièrement de la vue .

Dès que je les ai pu ouvrir ils m'ont servi à lire votre belle traduction . Je suis partagé entre l'estime et la reconnaissance . Je compte bien faire imprimer votre ouvrage à Genève . Il est bien flatteur pour la France que l'Italie, la mère des beaux-arts, daigne nous traiter en sœur, mais elle sera toujours notre sœur aînée . Pour moi, je la regarderai toujours comme ma mère .

Agréez mes sincères remerciements, et tous les sentiments avec lesquels j'ai l'honneur d'être,

monsieur,

votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire

gentilhomme ordinaire

de la chambre du roi. »

1 Original, mention de service « franco Milano » et « Romano » ; éd. Giuseppe Meltramelli : Elogio des cavaliere Girolamo Tiraboschi, 1752 .

2Cette traductio de La Henriade, envoyée en manuscrit par Marenzi avec une lettre du 18 septembre 1769 , ne sera pas publiée . Une copie du manuscrit est conservée à la Biblioteca civila de Bergame .

20/07/2025

je vous remercie de l'extrême plaisir que vous avez bien voulu me faire

... De Thierry Ardisson à Laurent Baffie et amis réunis pour ses obsèques : voir https://www.msn.com/fr-fr/divertissement/celebrites/avant...

45414804.jpeg

https://www.lunion.fr/id733499/article/2025-07-18/lactual...

 

 

« Au comte Alessandro Carli

à Vérone

Italie

12 février 1770 1

Monsieur,

Ce n'est que depuis peu de jours que j'ai pu lire votre belle tragédie des Lombards 2. D'horribles fluxions sur les yeux qui me persécutent tous les ans dans le temps des neiges m'ont privé longtemps de cette satisfaction , j'ai oublié tous mes maux en vous lisant, et je vous remercie de l'extrême plaisir que vous avez bien voulu me faire .

Pardonnez à mon âge et à mes maladies si ces remerciements ne sont pas plus longs, ils n'en sont pas moins vifs .

J'ai l'honneur d'être avec toute l’estime et la reconnaissance possible

monsieur,

votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire.

gentilhomme ordinaire

de la charme du roi . »

1Copie ( Biblioteca civica, Verona ) ; éd. Franco Piva, « Voltaire e la cultura veronese nel settecento, : il conte Alessandro Carli », 1968 .

19/07/2025

Il me semble que cet arrangement est beaucoup plus net et plus commode

... L'UE contre Poutine et ses oligarques , capitalisme de l'ouest contre celui de l'est : https://www.france24.com/fr/europe/20250718-guerre-ukraine-sanctions-sans-precedent-ue-russie-secteur-petrolier-prix

Mais qu'en est-il du capitalisme, que faire et ne pas refaire  ? Petite lecture éclairante : https://theconversation.com/polanyi-un-auteur-pour-mieux-comprendre-ce-qui-nous-arrive-257393

 

 

« A Charles-Henri Chrétien Rosé

Je vous envoie, monsieur, mes deux quittances, et je vous remercie . C'est à M. Jeanmaire à vous allouer les quatorze mille livres qu'il a pris 1 pour compléter le principal qu'il me rembourse en quatre années . Il me semble que cet arrangement est beaucoup plus net et plus commode .

J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire

A Ferney 11è février 1770. »

1 Pas d'accord du participe passé comme il arrive à l'époque lorsqu'il ne termine pas le groupe de mots .

 

18/07/2025

Dites-moi laquelle de vos défuntes maîtresses vous voulez que je tire du purgatoire

... La discrétion et la bonne éducation font que je ne vous citerai aucun nom, d'autant qu'elles ont vécu déjà l'enfer sur terre .

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

9è février 1770 1

Je présume, monseigneur, que vous reçûtes en son temps le petit livre de Mme de Caylus 2 que j’eus l’honneur de vous envoyer. Vos occupations et vos plaisirs ne vous ont pas laissé le temps de m’en instruire. C’est un livre fort rare ; je ne crois pas qu’il y en ait encore à Paris d’autre exemplaire que le vôtre. Vous y aurez vu que monsieur le duc votre père mettait les portraits de ses anciens serviteurs au grenier ; mais si j’étais dans votre grenier, je me tiendrais encore très heureux.

Je suis très fâché de mourir sans avoir pu vous donner ma bénédiction. Vous êtes tout étonné du terme dont je me sers, mais il me sied très bien . J’ai l’honneur d’être capucin. Notre général, qui est à Rome, m’a envoyé mes patentes signées de sa vénérable main. Je suis du tiers ordre, mes titres sont fils spirituel de saint François, et père temporel.

Dites-moi laquelle de vos défuntes maîtresses vous voulez que je tire du purgatoire, et je vous réponds sur ma barbe qu’elle n’y sera pas vingt-quatre heures.

Je dois vous dire qu’en qualité de capucin j’ai renoncé aux biens de ce monde, et que, parmi quelques arrangements que j’ai faits avec ma famille, je lui ai abandonné ce qui me revenait, tant sur la succession de Mme la princesse de Guise que sur votre intendant ; mais je n’ai point prétendu vous gêner, et je serais au désespoir de vous causer le moindre embarras. Ma famille recevra vos ordres, et les recevra comme des bienfaits.

Vous me parliez, monseigneur, dans votre dernière lettre, de votre beau jardin de Paris ; et je suis entouré actuellement de quatre-vingts lieues de neiges. J’aimerais mieux vous faire ma cour dans votre palais de Richelieu que dans tout autre ; mais vous n’habiterez jamais Richelieu. Vous êtes fait pour aller briller tantôt à Versailles, tantôt à Bordeaux. J’admire comme vous éparpillez votre vie. Souffrez que, du fond de ma caverne, je vous renouvelle mon très tendre respect, et que Mme Denis le fasse valoir auprès de vous.

Recevez la bénédiction de V., capucin indigne, qui n’a point de bonne fortune de capucin. »

1 Original ; éd. Lettres d'un père à un fils faisant l'auteur et le bel esprit à Paris, 1773 : https://books.google.fr/books?id=EqS8xQMjYXsC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false; Kehl .

17/07/2025

vous pensez comme moi ; mais vous ne devez pas me le dire ...je vous garderai le secret, même sur votre silence

... Botus et mouche cousue [sic] ! Dupond et Dupont .

 Au diable Tiktok et tous les bavards logorrhéiques des réseaux dit sociaux .

 

 

« Au cardinal François-Joachim de Pierre de Bernis

9è février 1770 à Ferney

Vous me tenez rigueur, monseigneur ; mais permettez-moi de vous dire que Votre Éminence a tort : tout fâché que je suis contre vous, je ne laisse pas de vous donner ma bénédiction ; recevez-la avec autant de cordialité que je vous la donne. Si vous êtes cardinal, je suis capucin. Le général 1 qui est à Rome m’en a envoyé la patente . Un gardien me l’a présentée. Je me fais faire une robe de capucin assez jolie 2. Il est vrai que la robe ne fait pas le moine, et que je ne peux m’appliquer ces vers charmants :

 

Je ne dis rien de mon sommeil ;
On sait bien que les gens du monde
N’en connaissent point de pareil.

 

À l’égard de Joad, vous pensez comme moi ; mais vous ne devez pas me le dire : aussi ne me le dites-vous pas, et vous devez être très sûr que je vous garderai le secret, même sur votre silence. Permettez seulement qu’un vieillard de soixante-seize ans vous aime de tout son cœur, indépendamment de son respect.

Vous êtes bien heureux dans la ville aux sept collines 3, dans le temps que je suis entre quarante montagnes glacées. Il ne me manque que la femme de neige 4 de saint François.

Frère V. capucin indigne. »

1 Voltaire le nomme à la fin de la lettre du 18 février à Choiseul : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7789

C’était le Père Aimé de Lamballe, mort à Paris le 17 mai 1773.

2 V* est tout à fait capable de s'être fait confectionner cette robe de capucin, quoiqu'il ne la mentionne plus ultérieurement .

3 On pense au « Vieux des sept collines » des Lettres d'Amabed presque contemporaines, ou plutôt à Rome ville aux sept collines où réside Bernis chargé d'affaires auprès du Saint -Siège depuis un an : Voir : https://septcollines.fr/project/les-villes-aux-7-collines/

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois-Joachim_de_Pierre_de_Bernis

4 Saint Bonaventure, chapitre v, page 61, de sa Vie de saint François d’Assise ( Legenda sancti Francisi ) qui fait partie du second volume d’octobre des Bollandistes, publié en 1768, parle d’une femme de neige qui apparut à saint François d’Assise pendant qu’il se flagellait pour vaincre sa concupiscence. (Beuchot.)

Voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105465024/f125.item et : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105465024/f126.item

V* revient à plusieurs reprises sur ce trait légendaire ; il vient notamment de le citer dans les Homélies prononcées à Londres, II, « Sur la superstition » (Mélanges ) : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome26.djvu/325