05/06/2025
il met à ses pieds le petit amusement qu’il a l’honneur de lui envoyer
... Indémodable Pierre Desproges : dédié à Trump, Ciotti, Mélenchon pour ne citer que ceux qui brillent le plus en ce moment : https://www.youtube.com/watch?v=MQng78lYrQU&ab_channel=InaPierreDesproges.%C3%89tonnant%2Cnon%3F
et : https://www.youtube.com/watch?v=uayg3eNvu5o&ab_channel=InaPierreDesproges.%C3%89tonnant%2Cnon%3F
« A Joseph-Michel-Antoine Servan
20è décembre 1769 à Ferney
L’ermite du mont Jura présente ses tendres respects au Cicéron du Dauphiné, et qui doit l’être de la France.
Le vieux malade de Ferney est très inquiet de la santé de l’ermite de Romans ; il met à ses pieds le petit amusement qu’il a l’honneur de lui envoyer.
M. Dupuits lui a parlé du plus beau discours qu’on ait encore fait à la rentrée. Il lui a parlé aussi d’une lettre et d’un extrait dont il dit que M. de Servan avait bien voulu l’honorer, mais qu’il n’a point reçus.
L’ermite de Ferney dit pour seule prière à Dieu : « Que M. Servan vive ! »
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
04/06/2025
porter à mon crédit sur votre livre
... ma volonté de vouloir bien rencontrer Poutine à tout moment !" dit Volodymyr Zelensky : https://www.20minutes.fr/monde/ukraine/4156822-20250604-direct-guerre-ukraine-secretaire-conseil-securite-russe-pyongyang-rencontrer-kim-jong
« A Gaspard-Henri Schérer
Voici, monsieur, deux petites lettres de change que je vous supplie d'avoir la bonté de faire recevoir, et de porter à mon crédit sur votre livre .
J'ai l'honneur d’être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire.
20è décembre 1769 à Ferney. 1»
1 Original signé . Le manuscrit est endossé : « £ 1868-ensemble » et « reçue le 21 decbre ».
17:34 | Lien permanent | Commentaires (0)
Pourvu que je remplisse cette condition il n'a nul droit de m’inquiéter
... Ainsi parle le Premier ministre bulgare, Rossen Jeliazkov qui se réjouit de la décision du Parlement européen pour la rentrée prochaine de la Bulgrie dans la zone euro : https://www.euractiv.fr/section/economy-jobs/news/la-bulg...

« A Charles de Brosses, baron de Montfalcon
Au château de Ferney 20è décembre 1769 1
Je suis bien sûr, monsieur, que ce n'est pas de votre aveu que le sieur Girod veut m'empêcher de me chauffer . Il doit savoir que par mon contrat je dois laisser soixante arbres par arpent dans le bois de Tournay dont j'ai la pleine jouissance . Pourvu que je remplisse cette condition il n'a nul droit de m’inquiéter .
Votre fermier prenait six moules de bois par an, et moi qui ai acheté la terre à vie, je n'y ai pas pris un fagot depuis dix ans .
Aujourd'hui je fais ébrancher les arbres, et le sieur Girod veut me troubler dans cet exercice de mon droit incontestable . C'est bien le moins, monsieur, que je puisse me chauffer du bois d'une terre que j’ai si chèrement achetée . Vous savez que je m'en rapporterai uniquement à vous . Vous fîtes mettre dans le contrat qu'elle valait trois mille cinq cents livres de rente . Vous savez que je ne l'ai pu affermer que douze cents livres avec quelques chars de fourrage et de vin estimés trois cents livres . Je vous ai payé comptant trente-cinq mille livres . Vous exigeâtes pour douze mille livres de réparations, j'en ai fait pour vingt mille livres dont j'ai les quittances . Ainsi pour cinquante mille livres j'ai eu quinze cents livres de rente viagère à l'âge de soixante-six ans . Je ne m'en repens pas, monsieur, puisque j'ai tout fait sur votre parole . Mais il serait bien cruel qu'on abusât de ma bonne foi, de ma facilité et de ma vieillesse jusqu’à se servir de votre nom pour vouloir me priver d'un droit expressément stipulé dans notre contrat . Je demande justice à vous-même, et je vous supplie d'avoir la bonté d'ordonner à votre procureur Girod de ne me pas molester davantage ; je vous serai très obligé, et je regarderai cette justice comme une faveur.
J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
1 Original signé ; éd. Emile Deberre, La Vie littéraire à Dijon au XVIIIè siècle, 1902 . De Brosses a porté sur le manuscrit : « Volt, ébranchage ».
17:14 | Lien permanent | Commentaires (0)
Vous devriez bien, quand vous aurez du loisir, ne pas oublier A,B,C,D,E,F, de la Jurisprudence
... Conseil amical au Garde des Sceaux par delà les siècles .
« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin fils
Avocat en Parlement
à Saint-Claude
16è décembre 1769 1
Le solitaire de Ferney fait mille compliments au philosophe de Saint-Claude . S'il se portait mieux il pourrait faire donner les étrivières au carme, mais il est trop malade pour entrer dans ces petites discussions . La sottise, et l'insolence du carme aurait été dangereuse au quatorzième siècle, mais dans celui-ci on peut prendre le parti d'en rire . Je me trouve d'ailleurs entre le bon et le mauvais larron, entre Bayle et Jean-Jacques .
Vous devriez bien, quand vous aurez du loisir, ne pas oublier A,B,C,D,E,F, de la Jurisprudence .Voila tout ce qu'on vous demanderait pour le présent, vous auriez tout le temps que vous voudriez pour le reste .
Mme Denis et moi vous souhaitons la bonne année ; nous aurions bien voulu la finir et la commencer avec vous . »
1 Original ; éd. Kehl qui amalgame des versions abrégées de la présente et de la lettre du 11 décembre : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/05/31/pourvu-que-dans-un-mois-on-ait-quelques-morceaux-de-jurispru-6550081.html
00:10 | Lien permanent | Commentaires (0)
en vertu de ces promesses on n'a rien trouvé
... que des tenues, des non tenues, des presque tenues ô M. Macron : https://www.luipresident.fr/emmanuel-macron/
« Marie-Louise Denis et Voltaire
à Gabriel Cramer
[décembre 1769]
Mme Denis a envoyé chez Jacob chercher les volumes du Siècle de Louis XIV, en vertu de la promesse que monsieur Cramer lui avait faite, et en vertu de ces promesses on n'a rien trouvé . Comme on envoie ce qu'on appelle une barotte 1 à Genève, si ce qu' a promis monsieur Cramer était prêt, cette barotte pourrait le ramener aujourd'hui mercredi . Mme Denis lui fait bien ses compliments .
Le vieil oncle en fait autant et recommande très fort à monsieur Cramer de prendre vite un parti pour l’édition du supplément de l'Encyclopédie 2, attendu que la vie est courte . J'entends la vie de l'oncle, car pour celle d'un homme aussi dodu et aussi gai que monsieur Cramer elle sera celle de Mathusalem. »
1 Patois genevois et romand , du pays de Gex et Savoie : une brouette ; moyen de transport étonnant pour une telle distance . Mme Denis veut sans doute dire un barrot, à savoir une charrette à bras .
Voir Jean Humbert, Nouveau Glossaire genevois, 1852 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k50673v/f69.image.r=barrot
2 Apparemment la publication projetée par Panckoucke qui désormais a pris dans l'esprit de V* la forme des Questions sur l'Encyclopédie ; voir lettre d'octobre-novembre 1768 à Panckoucke : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/05/10/dans-une-histoire-il-y-a-toujours-plusieurs-choses-mal-sonna-6497784.html
et 24 mai 1769 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/11/29/on-dit-que-nous-aurons-bientot-des-choses-tres-curieuses-qui-6525103.html
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
03/06/2025
cette passion et mes regrets
... Quelques-uns des jours meilleurs : https://www.youtube.com/watch?v=JghXPMixC80&ab_channe...
« A Giovanni Marenzi
15 décembre, au château de Ferney, par Genève.
Monsieur,
J’ai soixante-seize ans, je suis très malade ; j’ai été sur le point de mourir ; ainsi vous aurez la bonté de m’excuser si je ne vous ai pas remercié plus tôt. Vous nous avez ressuscités, Zaïre et moi 1 ; vous faites des vers italiens comme j’en voudrais faire de français, si j’avais encore la force de m’amuser à ce charmant badinage ; mais l’état où je suis ne me permet tout au plus que de vous remercier en prose du fond de mon cœur. J’ai toujours désiré vainement de voir l’Italie ; on ne peut avoir une passion plus malheureuse ; vous augmentez, monsieur, cette passion et mes regrets. Autrefois mes compatriotes faisaient un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette ; j’en ferais un au tombeau de messer Ariosto, si je n’étais pas trop près du mien ; mais je viendrais surtout voir celui qui m’a bien voulu embellir.
J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
1 Il avait traduit la tragédie de Voltaire. (G.Avenel).
Mais on ne connaît pas cette traduction italienne .
11:40 | Lien permanent | Commentaires (0)
Il y a beaucoup de gens dans ce monde qui persécutent les vivants et les morts
... No comment .

« A Guillaume Madur du Lac 1
Ferney 15 décembre 1769 2
Monsieur,
Si je n'avais pas été en train de tâter de mon cimetière, je vous aurais félicité plus tôt de votre victoire sur les ennemis des cimetières en plein air . Il y a beaucoup de gens dans ce monde qui persécutent les vivants et les morts ; vous me paraissez prendre en main la cause des uns et des autres .
Vous pensez bien juste sur les véritables pauvres et sur certains mendiants . Le dernier pape 3 canonisa, il y a deux ans, un de ces porte-besaces 4, et les gueux ses confrères y ont dépensé quatre cent mille écus que les peuples ont payés .
Voilà , monsieur, où nous en sommes dans le siècle de la raison . Jugez si nous avons besoin d'êtres pensants qui vous imitent dans votre courage et dans vos succès . Je suis vieux comme Moïse, et je ne peux que lever les mains au ciel, comme lui 5, pendant que vous vous battez contre les barbares . »
2 Copie contemporaine ; éd. Beuchot . Sur le manuscrit, le destinataire est désigné comme « bailli d'Ambert en Auvergne » . Il avait écrit le 22 novembre 1769 à V* pour lui annoncer qu'il avait, malgré le clergé, fait transférer le cimetière « hors des habitations ».
3 Clément XIII .
4 Allusion à la Canonisation de St Cucufin . Dans la première édition, le mot est remplacé par pauvres, suivi de et ses confrères, mendiants par état .
5 Exode, XVII, 11 : https://saintebible.com/exodus/17-11.htm
00:15 | Lien permanent | Commentaires (0)

