16/07/2015
j'ai fait le bien pour l'amour du bien même, et le ciel m'en récompensera ; je vivrai longtemps parce que j'aime la justice
...
« A Charles de Brosses, baron de Montfalcon 1
Je conçois, monsieur, que M. l'intendant de Bourgogne, ou son subdélégué à Gex vous ai communiqué les pièces 2 par lesquelles il est démontré que le seigneur de Tournay n’a pas plus de juridiction sur l'arpent et demi appelé La Perrière que sur le ville de Pézenas . Jamais problème n' a été résolu en plus de façons . Vos propres pièces prouvent d'abord que vos auteurs 3 achetèrent la juridiction des seigneurs de La Bâtie : or , la justice de La Bâtie ne s'étendit jamais jusqu'au grand chemin ; la province de La Perrière est au delà du grand chemin ; ergo .
2° Par vos aveux et dénombrements, il conste 4 que vous n'avez jamais rendu foi et hommage de cette justice.
3° On a produit plusieurs pièces par lesquelles la juridiction de Genève était établie sur cette province .
4° Le conseil de Genève, extraordinairement assemblé en dernier lieu, a donné un certificat authentique, par lequel il affirme que la République a toujours eu omnimode 5 juridiction sur La Perrière, laquelle omnimode juridiction elle a cédée au roi en 1749, par le traité fait entre cette république romaine et le roi de la Gaule transalpine .
C'était un beau sujet de guerre
Qu'un logis où lui-même il n'entrait qu'en rampant .6
Voilà une belle ambition d'être seigneur du trou de Jeannot Lapin ! À l'égard des six cents livres pour le procès de Panchaud, ce procès ne devait pas coûter six écus, et cet abus est un de ceux qui me font préférer les Délices au pays de Gex .
Cette affaire me conduit tout naturellement à celle du petit bois de Tournay, que Girod nomme forêt, comme les Bohèmes appelaient la maison de Ragotin, château 7; vous pouvez être sûr, monsieur, que les ingénieurs du roi qui ont arpenté la France par ordre du roi, et qui n'ont point payé au cabaret par ordre du roi, n'ont jamais trouvé d'autres dimensions à votre immense forêt que celle de quarante-trois arpents et demi 8.
De ces quarante-trois arpents et demi, vous en avez vendu la moitié en divers temps pour en avoir de l'argent comptant . Chouet, plus ivrogne que moi, et non moins imbécile, qui vous avait donné trois mille livres d'une terre qui n'en vaut pas deux mille, qui s'est ruiné à ce marché de fou, et qui va mourir insolvable ; Chouet qui s'était fait votre fermier pour faire enrager son père le syndic ; Chouet a ravagé le reste de votre forêt Hercinie, a laissé dépérir les prés et les vignes : j'ai tout raccommodé, parce que j'aime l'ordre ; j'ai planté des arbres dans votre forêt ; j'ai fait porter de la terre neuve et meuble dans ce champ maudit, auprès de la forêt, et j'ai rendu fertile une pièce de terre qui n'avait pas donné un grain d'orge depuis le déluge . Vous ne m'en savez nul gré, je le sais bien , et je m'y suis très bien attendu ; j'ai fait le bien pour l'amour du bien même, et le ciel m'en récompensera ; je vivrai longtemps parce que j'aime la justice . Les fermiers généraux ne l'aiment point, aussi sont-ils maudits dans saint Matthieu et dans le factum de Ramponeau .
Lefranc de Pompignan, natif de Montauban, est plus maudit encore pour avoir été orgueilleux .
Lefranc de Pompignan dit à tout l'univers,
Que le roi lit sa prose, et même encor ses vers 9.
Ne faites point l'honneur au ministère d'avoir fait couper la queue au chien d'Alcibiade pour détourner l'attention publique ; il a été servi très heureusement mais il n'a rien mis du sien dans cette affaire, et il ne s'est mêlé que de faire nourrir aux dépens du roi, dans le château de la Bastille, le théologal de l'Encyclopédie 10 pour avoir très mal à propos fourré la fille du maréchal de Luxembourg dans la querelle de Palissot . Les gens de lettres peuvent fort bien se jeter des pommes cuites au visage, mais il ne faut pas qu'ils en jettent aux Montmorency . Je ne me mêle point de ces querelles . Madame la marquise et M. le duc de Choiseul m'honorent de leurs bontés; le roi me protège, et je vis gaiement .
Luc est aux abois ; la nouvelle a couru ce matin dans Genève que le duc de Broglie avait été battu, mais je n'en crois rien, et je crois qu'il battra . Je vous renouvelle , monsieur, mon attachement et mon respect .
16 juillet [1760] »
1 De Brosses aurait porté sur l'original : « A sotte lettre, point de réponse » ; il répondit pourtant une dizaine de jours plus tard .
2 Le 11 juillet, V* faisait approuver par le Conseil de Genève un « certificat accordé au sieur de Voltaire sur sa demande, au sujet d'une maison appelée La Perrière »
Pézenas est la ville des débuts de Molière .
3 Voir la lettre du 3 mai 1760 à Jean-François Joly de Fleury : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/05/02/j...
4 Terme juridique équivalent à il appert .
5 Pur latinisme, non enregistré par les dictionnaires, signifiant ici « une juridiction de toute nature ».
6 Rappel de la fable de La Fontaine , Le Chat, la belette et le petit lapin : https://www.youtube.com/watch?v=22zhekvTTvA
7 Dans le Roman comique, de Scarron, au moment de la réception de la troupe des Bohémiens ; http://philo-lettres.fr/litterature_francaise/scarron_roman_comique.htm
8 Par la suite V* parlera de 40 (lettre à Ruffey du 30 septembre 1761 : voir : https://archive.org/stream/voltaireetlasoc12desngoog/volt... ) . selon une « copie exacte du plan du bois du château de Tournay relevée sur l'original fait et signé par M. Calon de Beaulieu, ingénieur du roi, le 1er mars 1760 », le bois mesurait 39 arpents et soixante perches carrées, plus ou moins un menu bouquet de 32 perches carrées:soit environ 5 hectares .
9 Le Russe à Paris , vers 71-72 .
10 L'abbé Morellet .
16:41 | Lien permanent | Commentaires (0)
15/07/2015
Hôlahhhhh ! victimes du dégroupage abusif , unissons-nous !
... Merci à Orange qui a mis huit jours pour rétablir ma ligne téléphonique et depuis je vois rouge !
Merci à Free qui va en mettre autant pour une intervention que je ne comprends pas !
Et je ne vous parle pas des heures (ou au moins 2,5) pour joindre ledit Orange (dont le centre des appels 1013 et 1014 doit justement se trouver au pays des oranges, au delà du détroit de Gibraltar ).
A cet égard, Free répond dans les cinq minutes maxi .
Mais que peut faire un quidam comme moi dans ce monde électronique : ronger son frein et accumuler le maximum de lettres de Voltaire à mettre en ligne dès le coup de starter Free .
Free, I want to be free nearly !

Mam'zelle Wagnière, j'ai hâte de vous revoir .
17:58 | Lien permanent | Commentaires (1)
Faites -moi l'aumône de six pauvres Diables
... Quel pays , si ce n'est Monaco ou Le Vatican ou le Lichtenstein, pourrait faire une telle prière pour recueillir quelques réfugiés ?
Ou alors ces pauvres diables sont tout bêtement les hommes : https://www.youtube.com/watch?v=zxSofUvsb-g
« A Gabriel Cramer
[vers juillet 1760]
Fate mi la carità, sex pauperum Diabolorum, expecto des épreuves 1. »
1Manuscrit sur le dos d'une carte à jouer .
Phrase mi italienne , mi latine : Faites -moi l'aumône de six pauvres Diables, j'attends ...
06:29 | Lien permanent | Commentaires (0)
il se passe à Paris sourdement une chose qui pourrait faire tort aux intérêts de mon cher Gabriel
... Sussurre l'aphone Carla Bruni en se remémorant ses jeunes années d'artiste fricotant avec d'autres artistes avant de passer à l'art-triste Nicolas .
« A Gabriel Cramer
à Genève
Mon cher Gabriel ne songe point aux facéties 1, mon cher Gabriel a tort ; il se passe à Paris sourdement une chose qui pourrait faire tort aux intérêts de mon cher Gabriel ; il serait aisé je crois d'y remédier , mais il faudrait que mon cher Gabriel eût la bonté de venir causer avec moi .
Est-il vrai que le courrier de Berne a dit à Genève qu’à son départ de Berne, la nouvelle était venue que les Hanovriens avaient battu les aimables Français ?
15 juillet [1760] »
1 Voir lettre du 7 juillet 1760 à Thieriot : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/07/06/ayant-sous-son-nez-80-mille-autrichiens-et-100-mille-russes-5732407.html
05:26 | Lien permanent | Commentaires (0)
14/07/2015
Quand la guerre ne ferait autre chose que d'empêcher des livres de parvenir à leur destination , je la détesterais . Jugez madame combien je l'abhorre quand elle ruine tant de villes, et fait couler tant de sang
...
« A Louise-Dorothée von Meiningen, duchesse de Saxe-Gotha
Aux Délices 14 juillet [1760]
Madame, je suis comblé des grâces de Votre Altesse Sérénissime . Mme la comtesse de Bassevits me paraît charmante . On n'écrit point à Versailles comme elle écrit dans son château vandale . Comment n'est-elle pas à Gotha ? comment avec tant de mérite peut-elle être si éloignée de votre personne ? Tout est à rebours dans ce meilleur des mondes possibles . Patience, il faudra bien que les choses aillent mieux au lieu d'aller mal, et à force d'aller mal . Si la cousine avait voulu finir ses affaires cet hiver par un bon mariage, elle ne serait pas à présent réduite à faire un si mauvais ménage . Mais les mariages sont écrits dans le ciel . Vos Hernutes 1, madame, vos Moraves sont de bonnes gens, et ne sont guère plus fous que les autres . Leur folie du moins est très douce, elle ne nuit à personne . Ils ne répandent point le sang humain, ils ne se soucient point de savoir à qui appartiendra la Silésie, et quel dédommagement on exigera pour la Saxe .
Pourvu qu'on les laisse travailler en paix et aimer l'enfant Jésus, ils sont contents . Ils sont ignorants, ce qui est excellent pour des sots, car si jamais ils sont de sots savants, les voilà perdus .
Je commence à craindre, madame, pour le ballot que j'ai pris la liberté de faire partir à l'adresse de Votre Altesse Sérénissime ne se soit perdu 2. Quand la guerre ne ferait autre chose que d'empêcher des livres de parvenir à leur destination , je la détesterais . Jugez madame combien je l'abhorre quand elle ruine tant de villes, et fait couler tant de sang . Je me mets aux pieds de Monseigneur, et de toute votre auguste famille .
Je me mets surtout aux vôtres, je me recommande toujours aux bontés de Votre Altesse Sérénissime pour le Suisse V. »
1 Les Hernutes (Herrnhuter) ainsi nommés d'après la ville qu'ils construisirent en 1722 près de Bautzen, étaient des Moraves, issus eux-mêmes des Hussites .
2 Ne se soit perdu est ajouté par V* au dessus de la ligne comme s'il avait perdu le fil de sa phrase .
06:20 | Lien permanent | Commentaires (0)
j'aimerais mieux avoir à faire à des filles de chœur d'opéra qu'à des philosophes ; elles entendraient mieux raison
...
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'ArgentaI, Envoyé
de Parme
rue de la Sourdière
à Paris
14 juillet [1760]1
Je vous écrivis hier au soir, mon cher ange 2. Je reçois votre lettre du 9 . Je suis dans mon lit entouré de cent paquets ; on me presse pour czar Pierre Ier . Les philosophes me font enrager , ils ne savent ce qu'ils font . Ils sont désunis, j'aimerais mieux avoir à faire à des filles de chœur d'opéra qu'à des philosophes ; elles entendraient mieux raison .
J'ai à peine le temps de vous dire, mon divin ange, que vous me faites enrager sur L’Écossaise . Où est donc la difficulté de diviser en deux pièces le fond du théâtre ? de pratiquer une porte dans une cloison qui avance de 4 ou 5 pieds . L'avant-scène est alors supposée tantôt le café, tantôt la chambre de Lindane ; c'est ainsi qu'on en use dans tous les théâtres de l'Europe qui sont bien entendus . Le fond du théâtre représente plusieurs appartements : les acteurs sortent des uns et des autres, selon que le besoin l'exige ; il n'y a à cela nulle difficulté .
Pourquoi avez-vous la cruauté de vouloir que Lindane ennuie le public de la manière dont elle a fait connaissance avec Murrai ? Ce Murrai venait au café ; ce coquin de Frelon qui y vient aussi y a bien vu Lindane, pourquoi mylord Murrai ne l'aurait-il pas vue ? Ce sont ces petites misères, qu'on appelle en France bienséances, qui font languir la plupart de nos comédies . Voilà pourquoi on ne les peut jouer ni en Italie , ni en Angleterre , où l'on veut beaucoup d'action, beaucoup d'intérêt, beaucoup d'allées et venues, et point de préliminaires inutiles .
Mon cher ange, il est très plaisant de jouer L’Écossaise, mais il faut absolument imprimer deux ou trois jours auparavant la requête de ce pauvre Carré, traducteur de Hume . Songez je vous prie au paquet envoyé sous l'enveloppe de M. de Chauvelin . Je me mets à l'ombre de vos ailes .
V. »
1 L'année est portée par d'Argental sur le manuscrit .
2 Voir lettre du 13 juillet 1760 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/07/13/ordonner-de-la-part-de-dieu-a-tous-ceux-qui-voudraient-etre.html
05:25 | Lien permanent | Commentaires (0)
Je n'ai dit qu'un mot, et ce mot a fait éclore vingt brochures parmi lesquelles il y en a quelques unes de bonnes et beaucoup de mauvaises
... Qu'en serait-il à l'heure du tweet qui ne ferait que brasser du vent médiatique en pure perte ?

« A Marie de Vichy de Chamrond, marquise du Deffand
14 juillet [1760] 1
Si vous aviez voulu, madame, avoir Le Pauvre Diable et Le Russe à Paris et d'autres drogues, vous m'auriez donné vos ordres, vous auriez du moins accusé la réception de mes paquets . Vous ne m'avez point répondu , et vous vous plaignez . J'ai mandé à votre ami que vous êtes assez comme les personnes de votre sexe qui font des agaceries et qui plantent là les gens après les avoir subjugués .
Il faut vous mettre un peu au fait de la guerres des rats et des grenouilles 2. Elle est plus sérieuse que vous ne pensez . Lefranc de Pompignan a voulu succéder à M. le président Hénault dans la charge de surintendant de la reine et être encore sous-précepteur ou précepteur des enfants de France, ou mettre son frère l’évêque dans ce poste . Ce Moïse et cet Aaron pour se rendre plus dignes des faveurs de la cour, ont fait ce beau discours à l'Académie qui leur à valu des sifflets de tout Paris . Leur projet était d'armer le gouvernement contre tous ceux qu'ils accusent d'être philosophes , de me faire exclure de l'Académie 3, de faire élire à ma place l'évêque du Puy et de purifier ainsi le sanctuaire profané . Je n'ai fait que rire, parce que Dieu merci, je ris de tout . Je n'ai dit qu'un mot, et ce mot a fait éclore vingt brochures parmi lesquelles il y en a quelques unes de bonnes et beaucoup de mauvaises .
Pendant ce temps là est arrivé le scandale de la comédie 4 des Philosophes . Mme de Robecq a eu le malheur de protéger cette pièce et de la faire jouer . Cette malheureuse démarche a empoisonné ses derniers jours . On m'a mandé que vous vous étiez jointe à elle ; cette nouvelle m'a fort affligé . Si vous êtes coupable avouez-le moi et je vous donnerai l'absolution .
Si vous voulez vous amuser lisez Le Pauvre Diable et Le Russe à Paris . J'imagine que Le Russe vous plaira davantage parce qu'il est d'un ton plus noble .
Vous lisez les ordures de Fréron . C'est une preuve que vous aimez la lecture, mais cela prouve aussi que vous ne haïssez pas les combats des rats et des grenouilles 5.
Vous dites que la plupart des gens de lettres sont peu aimables et vous avez raison . Il faut être homme du monde avant d'être homme de lettres . Voilà le mérite du président Hénault . On ne devinerait pas qu'il a travaillé comme un bénédictin .
Vous me demandez comment il faut faire pour vous amuser ? Il faut venir chez moi . On y joue des pièces nouvelles . On y rit des sottises de Paris et Tronchin guérit les gens quand on a trop mangé . Mais vous vous donnerez bien de garde madame de venir sur les bords de mon lac, vous n'êtes pas encore assez philosophe , assez détachée, assez détrompée . Cependant vous avez un grand courage puisque vous supportez votre état, mais j'ai peur que vous n'ayez pas le courage de supporter les gens et les choses qui vous ennuient . Je vous plains, je vous aime, je vous respecte et je me moque de l'univers 6 à qui Pompignan parle .
V. »
1 V* répond à une lettre du 5 juillet 1760 par laquelle la marquise reprend son commerce épistolaire avec lui .
2 Mme du Deffand écrit : « […] je désapprouve si fort que vous soyez pour quelque chose dans la guerre des rats et des grenouilles (comme vous la nommez fort bien) que je ne puis consentir à flatter la vanité d'un des deux partis . », puis en conclusion : « Permettez-moi de finir par un conseil . Lisez la fable du Rat , de la grenouille et de l'aigle . » (voir La Fontaine : La grenouille et le rat : http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/grenrat.htm)
3 La nouvelle concernant une candidature possible de Jean-Georges Lefranc de Pompignan à l'Académie avait été donnée par d'Argental dans une lettre du 30 juin 1760 .
4 V* avait commencé à écrire l'académie .
5 Sur les reproches de V*, voir ce que lui écrivait d’Alembert , dans la lettre du 6 juillet 1760 à d'ArgentaI : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/12/05/il-faut-qu-ils-sachent-que-je-suis-heureux-et-qu-ils-crevent-5732403.html
La marquise s'en défendra dans sa lettre du 23 juillet 1760 /
6 Pour cette allusion, voir note de la lettre du 13 juin 1760 à Jean-François Joly de Fleury : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/06/13/on-voit-que-la-place-meme-ou-se-commit-le-petit-delit-dont-il-est-question.html
05:22 | Lien permanent | Commentaires (0)

