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15/12/2017

Je n'ai pas osé, mais j'ose vous demander si je peux vous supplier de permettre

... , chers lecteurs, de faire un appel à Mam'zelle Wagnière, -bien connue par son beau blog MonsieurdeVoltaire, - afin qu'elle reprenne le moral, et la plume (ou du poil de la bête, selon ses préférences ) . Mille mercis pour ce cadeau .

 

« A Etienne-François de Choiseul-Stainville, duc de Choiseul-Stainville

et à

Béatrix de Choiseul-Stainville, duchesse de Gramont

Ferney 25 janvier 1763 1

Monseigneur et madame,

Je n'ai pas osé, mais j'ose vous demander si je peux vous supplier de permettre que votre beau nom décore le contrat de mariage de Marie Corneille . Vous êtes ses protecteurs, elle vous doit tout . Son nom est aussi fort beau dans son genre : serait-ce trop présumer au milieu des réformes et de tant d'affaires ? Deux mots de votre main : Nous commettons la marmotte Voltaire pour signer en notre nom au contrat de mariage de la nièce à Pierre .

Agréez le profond respect de la marmotte .

Voltaire . »

je me suis distillé la tête pour trouver de quoi les excuser, et je n’ai trouvé que de quoi les décimer.

... Je suis bien de l'avis de Voltaire : les harceleurs sexuels doivent être châtiés, éliminés .

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« A Etienne-Noël Damilaville

24 janvier 1763 1

Mon cher frère, on ne peut empêcher, à la vérité, que Jean Calas ne soit roué, mais on peut rendre ses juges exécrables, et c’est ce que je leur souhaite. Je me suis avisé de mettre par écrit toutes les raisons qui pourraient justifier ces juges, je me suis distillé la tête 2 pour trouver de quoi les excuser, et je n’ai trouvé que de quoi les décimer.

Gardez-vous bien d’imputer aux laïques un petit ouvrage sur la tolérance qui va bientôt paraitre [il l’annonçait déjà le 6 décembre 1762 : « on dit qu’il paraitra quelque chose à l’occasion des Calas et des pénitents blancs », en spécifiant qu‘ « on attendrait que la révision eût été jugée »]. Il est, dit-on d’un bon prêtre ; il y a des endroits qui font frémir, et d’autres qui font pouffer de rire ; car Dieu merci, l’intolérance est aussi absurde qu’horrible.

Mon cher frère m’enverra donc la petite feuille qu’on attribue à M. Le Brun [La Renommée littéraire ; V* écrira à Le Brun pour lui faire part des fiançailles de Mlle Corneille le 26, et lui propose de signer le contrat (par procuration). Il écrira à Damilaville le 1er février : « C’est une aventure assez comique que j’ai eue avec Pindare-Le Brun en vous envoyant un paquet pour lui dans le temps que vous me dépêchiez ses rabâchages contre moi … Je l’accable de politesses qui doivent lui tenir lieu de châtiment.]. Mais est-il possible que Le Brun qui m’adressait de si belles odes pour m’engager à prendre Mlle Corneille et m’envoie souvent de si jolis vers, ne soit qu’un petit perfide ?

Nous marions Mlle Corneille à un gentilhomme du voisinage, officier de dragons, sage, doux, brave, d’une jolie figure, aimant le service du roi et sa femme, possédant dix mille livres de rente, à peu près, à la porte de Ferney [Claude Dupuits de La Chaux]. Je les loge tous deux. Nous sommes tous heureux. Je finis en patriarche. Je voudrais à présent marier Mlles Calas à deux conseillers au parlement de Toulouse.

On dit la comédie de M. Dupuis [Dupuis et Desronais, comédie de Charles Collé, inspirée d’une nouvelle des Illustres Françaises de Robert Challe] fort jolie : cela est heureux. Le nom de notre futur est Dupuits [à Le Brun , il écrira que cette coïncidence « est d’un bon augure »]. Frère Thiriot doit être fort aise de la fortune de Mlle Corneille. Elle la mérite . Savez-vous que cette enfant a nourri longtemps son père et sa mère du travail de ses petites mains [Jean-François Corneille était « facteur de la petite poste dans les rues de Paris »] ? La voilà récompensée. Sa vie est un roman.

Je vous embrasse tendrement, mon cher frère. Écrasez l’Infâme. »

1 L'édition de Kehl qui abrège (et abrègera systématiquement et souvent supprimera ) la formule écrasez l'infâme en écr. l'inf. Avec cette note : « Il faut désigner ainsi ces deux derniers mots qui reviennent souvent dans les lettres à Damilaville . »

14/12/2017

Venez mon cher monsieur m'éclairer et m'échauffer ou plutôt me modérer

... afin que je puisse prendre enfin une décision qui soit définitive pour ce fichu projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui va me pourrir les fêtes de fin d'année " disent, chacun de son côté, Nicolas Hulot et Emmanuel Macron .

* NDLR - James, en qualité de contribuable, veut que ce soit la solution la moins onéreuse qui l'emporte, et signale qu'il y a encore peu d'années il situait Notre Dame des Landes, logiquement (?) au sud de Bordeaux ; pas vous ? Que deviendront les ZADistes si on ne fait pas l'aéroport à NDdL, des anciens combattants sans pensions ?

 

Pourquoi un nouvel aéroport ? on va très bien comme ça !

 

« A Paul-Claude Moultou

Venez mon cher monsieur m'éclairer et m'échauffer ou plutôt me modérer car je vous avoue que l'horreur de l'arrêt de Toulouse m'a un peu allumé le sang ; et il faut être doux en prêchant la tolérance . Pourriez-vous venir coucher mercredi auprès d'une église qui est dédiée à Dieu seul en grosses lettres , et dans un petit château où l'on sent tout votre mérite ? Si votre frère l'antiathanasien Vernes veut être de la partie nous ne dirons pas grand bien des évêques d'Alexandrie, et même encore moins des juges de Toulouse .

Dimanche au soir [23 janvier 1763 ?] 1»

1 L'édition Taillandier propose de dater la lettre de décembre 1762 ; elle présente des affinités avec celle du 20 janvier 1763 à Vernes, et le ton assez familier par rapport aux premières lettres de 1763 au même montre qu’elle n'appartient pas au début des relations . Voir : https://books.google.fr/books?id=Nrs7AAAAcAAJ&pg=PA31...

 

Vous savez belle âme, combien il est doux de faire des heureux

...

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« A Claude-Philippe Fyot de La Marche

A Ferney 23 janvier [1763] 1

Je reçois dans le moment une lettre de M. Tronchin le fermier général par laquelle il me demande le billet et le double du billet pour vous les remettre lui-même . J'écris à Lyon mon aimable et respectable magistrat, je mande à l’associé de M. Tronchin qu'il envoie sur-le-champ ces billets que je comptais vous faire parvenir en droiture . À leur défaut je vous renvoie la procuration qui n’aura plus lieu moyennant l'arrangement que vous prenez . Les vingt mille livres serviront toujours de dot à Mlle Corneille . Nous la marions selon toutes les apparences à un autre Bourguignon, un fils d'un maître des comptes de Dole, notre voisin, jeune officier très aimable . On dit que vous n'étiez pas trop content de la famille Cormont 2. Je ne veux point d'un gendre qui vous déplaise . Si vous étiez à la Marche la noce viendrait danser dans votre parc .

Les yeux me font mal, les neiges m'aveuglent, je ne peux écrire longtemps, sans cela je vous écrirais huit pages . Vous savez belle âme, combien il est doux de faire des heureux . Je cherche à vous imiter de loin .

V. »

1 L'édition Correspondance inédite (1836) omet les deux dernières phrases de même que les éditions suivantes .

les ministres n'aiment point que leurs démarches soient pressenties .

... Jean-Jacques Urvoas et Thierry Solère  sont bien la preuve, comme le dit ci-avant Voltaire,  qu'ils auraient  aimé que leurs manoeuvres répréhensibles soient passées à la trappe , le ministre se rendant complice d'un député fraudeur fiscal !

 http://www.liberation.fr/france/2017/12/13/l-ex-garde-des...

 Image associée

L'opportunisme est une seconde nature chez certains politicards malhonnêtes .

 

 

« A Philippe Debrus

23 janvier 1763

Je vous remercie, monsieur, de la communication de la lettre de Mme Calas, du 18 janvier . J'en suis très content, mais je suis bien indigné que ce frère Bourges, et ce curé de Saint-Étienne 1 ne répondent pas à un avocat au Conseil . Dieu veuille que ce Bourges ne soit pas un fripon, et que ce curé ne soit pas un lâche !

Je tremble pour la santé de M. Gilbert de Voisin 2, il est vieux et infirme . Pour M. de Crosne, son mariage 3 ne fera que rendre son cœur plus tendre envers une mère et deux filles, dont le sort est entre ses mains . C'est proprement du rapporteur que tout dépend .

Je ne me console point que mon neveu qui est son ami et son allié soit à son abbaye, mais je peux vous répondre qu'il l'a laissé aussi bien disposé que nous pouvons le désirer .

Je vous prie de ne donner communication du petit mot touchant M . le duc de Praslin 4, qu'à des personnes très discrètes, les ministres n'aiment point que leurs démarches soient pressenties .

Je vous embrasse de tout mon cœur, vous et vos amis . »

1 St Etienne est l'église cathédrale de Toulouse et donc son « curé » est l'archevêque de Toulouse .

2 Il était membre du conseil du roi depuis 1740 . Voir : http://data.bnf.fr/15559852/pierre_gilbert_de_voisins/

3 Anne-Adélaïde , fille de La Michodière, le correspondant de V* était sur le point de devenir l'épouse de Louis Thiroux de Crosne ; le mariage a lieu le 24 janvier 1763 . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Thiroux_de_Crosne

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste-Fran%C3%A7ois_Delamichodi%C3%A8re

 

 

13/12/2017

or vous savez qu’il ne faut pas toujours condamner les filles sur les apparences

... Celle-ci par exemple ?

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/el...

 Péril imminent

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

23 janvier 1763 1

Divins anges, vous peignez les seigneurs genevois 2 du pinceau de Rigaud . Nous verrons si le prince 3 fera donner de bons ordres pour les souscriptions.

Je me hâte de justifier mademoiselle Corneille, que vous accusez avec toutes les apparences de raison, or vous savez qu’il ne faut pas toujours condamner les filles sur les apparences. Il est vrai qu’elle a fait plus de progrès dans la comète 4 et le trictrac que dans l’orthographe, et qu’elle met la comète pour neuf plus aisément qu’elle n’écrit une lettre . Mais le fait est qu’à l’aide de madame Denis, qui lui sert en tout de mère, elle est venue à bout d’écrire à son père, à sa mère, et à mesdemoiselles Félix et de Vilgenou 5. Nous avons chargé du paquet, il y a longtemps un citoyen de Genève ( c’est M. Micheli brevet de colonel suisse 6) qui s’en allait à Paris à petites journées, elle ne sait point la demeure de son père . Je crois aussi que mesdemoiselles Félix et de Vilgenou ont changé d’habitation : en un mot, on a écrit, cela est certain. (N.b. que la petite a écrit auparavant deux lettres à son père, à M. Corneille, directeur de la petite poste . Mais où ? elle n'en sait rien )

A présent disons un petit mot du tripot.

Il est bien difficile que je change d'avis sur Adélaïde ; je trouve une espèce de ridicule et de misère à mettre trois différents écriteaux l'un après l'autre sur ma porte . Je penserai toujours qu'il n'est pas possible d'attribuer en France à un prince de sang, une action horrible, à moins qu'elle ne soit bien constatée, et qu'il n'est pas plus permis de supposer que les Anglais aient demandé à l'un de nos princes le sang de son frère . En un mot, après avoir lu attentivement l'une et l'autre pièce, je ne fais nulle comparaison, et je trouve Le Duc de Foix moins mal écrit, et moins mal conduit qu'Adélaïde . La manière de juger ne dépend pas de nous ; vous savez que c'est un acte involontaire et nécessaire ; je ne peux voir que ce que je vois et sentir ce que je sens . Tant pis pour moi, si je sens, et si je vois mal .

Je suis encore plus inflexible sur l'idée de faire épouser Olympie par Cassandre, sans qu'il la connaisse . Je trouve cela faible, commun, nullement tragique, incompatible avec mon plan . Je me sens la plus mortelle aversion pour cette tournure ; ce n'est pas ma faute ; je me donne à vous comme Dieu m'a fait .

Des préfaces à Zulime, vous en aurez, mes anges, et c’est à mon grand regret ; car, sans me flatter, Zulime est un Bajazet tout pur, sans qu’il y ait un Acomat. Je suis plus difficile que vous ne pensez. Figurez-vous que quand j’envoyai Olympie pour être jouée à Manheim, je faisais correction sur correction, changement sur changement, carton sur carton, vers sur vers, précisément comme autrefois j’allais donner à mademoiselle Desmares des corrections par le trou de la serrure 7.

Donnez-moi quelques jours de délai encore, car je n’ai pas le temps de me reconnaître ; je vous l’ai déjà dit, vous ne me plaignez point ; je suis vieux comme le temps, faible comme un roseau, accablé d’une douzaine de fardeaux. Figurez-vous un ver à soie qui s’enterre dans sa coque en filant ; voilà mon état . Un peu de pitié, je vous prie.

Voilà un bien digne homme que M. le duc de Praslin ! Je suis à ses pieds : je vois que son bon esprit a été convaincu par les raisons des avocats, et que son cœur a été touché. Mais quoi , cette affaire sera donc portée à tout le Conseil, après avoir été jugée au bureau de M. d'Aguesseau ? Je n’entends rien aux rubriques du Conseil. A propos de Conseil, savez-vous que je crois le mémoire de Mariette le meilleur de tous pour instruire les juges ? Les autres ont plus d’itos et de pathos 8, mais celui-là va au fait plus judiciairement : en un mot, tous les trois sont fort bons 9. Il y en a encore un quatrième que je n’ai pas vu .10

Voici bien autre chose. Je marie mademoiselle Corneille, non pas à un demi-philosophe dégoûté du service, mal avec ses parents, avec lui-même, et chargé de dettes, mais à un jeune cornette de dragons 11, gentilhomme très aimable, de mœurs charmantes, d’une très jolie figure, amoureux, aimé, assez riche. Nous sommes d’accord, et en un moment, et sans discussion, comme on arrange une partie de souper. Je garderai chez moi futur et future ; je serai patriarche . Si vous nous approuvez mes bons anges, vous savez qu’il faut, je ne sais comment, le consentement des père et mère Corneille. Seriez-vous assez adorables pour les envoyer chercher, et leur faire signer : Nous consentons au mariage de Marie avec N. Dupuits, cornette dans colonelle-générale ? et tout est dit.

Que dira M. le duc de Praslin de cette négociation si promptement entamée et conclue ? Il m’a donné de l’ardeur. Je pense qu’il conviendrait que Sa Majesté permît qu’on mît dans le contrat qu’elle donne huit mille livres à Marie, en forme de dot et 12 pour paiement de ses souscriptions. Je tournerais cette clause ; elle me paraît agréable ; cela fait un terrible effet en province . Le nom du roi dans un contrat de mariage au mont Jura ! figurez-vous ! et puis cette clause réparerait la petite vilenie de M. le contrôleur-général. J’en écris deux mots à M. le duc de Choiseul et à madame la duchesse de Gramont 13. La petite est charmée, et le dit tout naïvement . Elle ne pouvait pas souffrir notre demi-philosophe 14. Au reste, vous sentez bien que mariage arrêté n’est pas mariage fait, qu’il peut arriver des obstacles, comme mort subite ou autre accident ; mais je crois l’affaire au rang des plus grandes probabilités équivalentes à certitude.

Mes divins anges, mettez tout cela à l’ombre de vos ailes.

N.B. - Hier il parut que les deux parties s’aimaient. Depuis ma lettre écrite, j’ai signé les articles. Si nous avions le consentement de la petite poste 15, je ferais le mariage demain . Ce n’est pas la peine de traîner, la vie est trop courte. »

1Manuscrit avec date autographe, ainsi que les deux parenthèses du paragraphe 2 (ajouts en bas de page), et toute la fin à partir de Voici bien autre choses ; l'édition de Kehl omet , d'après la copie Beaumarchais les paragraphes 4 et 5, de même que les autres éditions ; voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/2014/06/correspondance-annee-1763-partie-3.html

2 Les Cramer .

3 Philibert Cramer .

4 La comète est un ancien jeu de cartes dans lequel les as sont supprimés, le 9 de trèfle est remplacé par une comète rouge, le 9 de carreau par une comète noire .

5 Les nièces de Titon du Tillet, qui avaient d'abord pris soin de Mlle Corneille .

6 Certainement François-Gratien Micheli qui pourtant ne semble pas avoir atteint le grade de colonel ; le nom de cette famille se prononce à l'italienne , et V* l'écrit Miqueli .

7 Pour le rôle de Jocaste dans Oedipe ; sur la Desmares, voir lettre du 22 octobre 1759 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/11/06/je-n-ai-point-cette-roideur-d-esprit-des-vieillards-mon-cher-ange-je-suis-f.html

8 Les Femmes savantes, III, 5 ; Molière .

9 Ceux d'Elie de Beaumont, Loyseau et Mariette .

10 Celui de Sudre .

12 et ajouté par V* au dessus de la ligne .

13 S'agit-il de la lettre du 25 janvier 1763 au duc et à la duchesse de Choiseul ? Il paraît plus probable que V* a déjà écrit une lettre antérieure à celle-ci où il évoque spécialement le rôle qu'il attribue au roi .

14 Vaugrenant .

15 Corneille père , voir lettre du 26 janvier 1763 à Cideville : http://www.monsieurdevoltaire.com/2014/06/correspondance-annee-1763-partie-3.html

12/12/2017

Après tout ne soyons en peine de rien ; nous aurons assez d'autres ressources

... et nous chanterons bien encore, même sans Johnny !

Un plus grand que lui me plait davantage, et est moins exotique dans son dernier logis :

https://www.youtube.com/watch?v=iS46IzvCemI

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Georges Brassens, éternel

 

 

« A Philippe Debrus

à Genève

22è [janvier 1763] au soir à Ferney 1

Voici ce que M. d'Argental me mande du 15 janvier .

« Le vent du bureau est très favorable ; M. le duc de Praslin veut aller au Conseil le jour qu'on jugera l'affaire ; il fait cette démarche, et pour cette affaire dont il sent l'importance, et par rapport à vous qui y prenez le plus grand intérêt . »

Tout cela me donne les espérances les mieux fondées . J'ai écrit aux Cramer pour les exemplaires des factums .

Après tout ne soyons en peine de rien ; nous aurons assez d'autres ressources . Je vous avoue que je ne dormirai guère jusqu'à la décision du Conseil .

Bonsoir, monsieur, tâchez de dormir, si vous pouvez car vous êtes aussi vif que moi, attendu que vous êtes languedochien 2. »

1 Debrus a noté sur le manuscrit « Re[çu] le 23 » et une autre main a ajouté « 22 janvier1764 » ce qui est erroné .

2 On peut croire à un calembour, ce qui n’est pas le cas car cette prononciation est bien attestée ( voir lettre du 6 mars 1759 à Jean-Robert Tronchin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/04/11/j-aime-fort-les-pays-libres-mais-j-aime-encore-mieux-etre-le-5344503.html . V* utilise la même orthographe aussi dans le Pot pourri .