29/12/2021
il fait plus de cas d’un ramoneur de cheminées, qui exerce un métier utile, que de tous ces petits écornifleurs du Parnasse
... Pour tous les morpions, écornifleurs qui ne savent vivre que de leurs baratins politiques, n'oublions pas que nous avons le pesticide naturel : le bulletin de vote .
«A Etienne-Noël Damilaville
24 septembre 1766 1
Je vous remercie, mon cher ami, mon cher frère, de votre noble et philosophique déclaration 2 sur l’insolence de ce faussaire qui a fait imprimer ses sottises sous mon nom. La canaille littéraire est ce que je connais de plus abject dans le monde. L’auteur du Pauvre Diable 3 a raison de dire qu’il fait plus de cas d’un ramoneur de cheminées, qui exerce un métier utile, que de tous ces petits écornifleurs du Parnasse. Il est bon de faire un petit ouvrage 4 qu’on insérera dans les journaux, et qui servira de préservatif contre plus d’une imposture.
Un beau préservatif sera le factum de notre ami Élie 5. Vous ne m’avez point mandé si vous l’aviez lu. J’ai bien à cœur que l’ouvrage soit parfait. Un factum, dans une telle affaire, doit se faire lire avec le même plaisir qu’une tragédie intéressante et bien écrite. Il n’y a plus moyen de reculer sur M. Chardon ; je crois que M. le duc de Choiseul trouverait fort mauvais qu’après lui avoir demandé ce rapporteur on en demandât un autre ; mais il faudra nécessairement tâcher de captiver M. Le Noir 6, qui est, dit-on, le meilleur criminaliste du royaume : sa voix sera d’un très grand poids ; et nous courons beaucoup de risque 7, s’il ne prend pas notre parti.
Vous aurez incessamment toutes les choses que vous me demandez, mon cher ami. Il y a un nouveau livre, comme vous savez, de feu M. Boulanger 8. Ce Boulanger pétrissait une pâte que tous les estomacs ne pourraient 9 pas digérer : il y a quelques endroits où la pâte est un peu aigre ; mais, en général, son pain est ferme et nourrissant. Ce M. Boulanger-là a bien fait de mourir, il y a quelques années, aussi bien que La Mettrie, Dumarsais, Fréret, Bolingbroke, et tant d’autres. Leurs ouvrages m’ont fait relire les écrits philosophiques de Cicéron ; j’en suis enchanté plus que jamais. Si on les lisait, les hommes seraient plus honnêtes et plus sages.
Je me flatte que le petit ballot est parti. Mes compliments à l’auteur voilé du dévoilé 10. Je l’embrasse mille fois. Écr. l’inf. »
1Copie contemporaine Darmstadt B. sans les trois derniers mots ; ici, édition Kehl .
2 C’est le Certificat qui est page 580 : https://fr.m.wikisource.org/wiki/Appel_au_public/%C3%89dition_Garnier
3 Dans son Pauvre Diable , Voltaire a dit, vers 386 et suivants :
J’estime plus ces honnêtes enfants
Qui de Savoie arrivent tous les ans, etc.
4 C’est l’Appel au public, etc., voir page 579 : https://fr.m.wikisource.org/wiki/Appel_au_public/%C3%89dition_Garnier
5 Pour les Sirven.
6 Le Noir (Jean-Charles-Pierre), né en 1732, maître des requêtes en 1765, lieutenant général de police en 1774, mort en 1807.
7 Le mot risque s'emploie le plus souvent au singulier au XVIIè siècle et encore au XVIIIè .
8 Voir lettre du 23 avril 1766 à Marmontel : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/07/19/il-est-tres-vrai-que-la-raison-perce-meme-en-italie-et-que-l-6327918.html . L’Antiquité dévoilée, etc., ouvrage posthume de Boulanger (refait sur le manuscrit, par le baron d’Holbach), 1766, un volume in-4°, ou trois volumes in-12. V* a dû être informé de l'existence de l'édition de « Londres » ( en fait Nancy) , 1767dont il acquit un exemplaire .
9 Les éditions portent peuvent à la suite de la copie Beaumarchais .
10 Le Christianisme dévoilé du baron Paul-Henri Thiry d'Holbach Voir : http://atheisme.free.fr/Atheisme/Bibliographie_christianisme_devoile.htm
17:17 | Lien permanent | Commentaires (0)
28/12/2021
Ses querelles sont petites et longues
... On dirait bien le constat de la vie politique française, tous bords confondus .
ô pinaise !
« A George Keate
Nandos coffe-house
London
Je n'ai reçu, monsieur, que depuis peu de jours vos beaux vers sur la mort de Mlle Cibber 1. Ils m'ont fait tant de plaisir que si j'étais mort je vous prierais d'en faire autant pour moi ; mais je vous assure que j'aime encore mieux recevoir vos ouvrages dans ce monde-ci que dans l'autre . Vous êtes bien heureux de vous occuper des charmes de la poésie, tandis que la plupart de vos compatriotes ne se livrent qu'à l'esprit de parti ; les muses consolent l'âme, et les querelles l'affligent .
Genève est autant qu'elle peut le Gille de l'Angleterre ; elle cherche à l'imiter comme la grenouille voulait ressembler au taureau 2. Ses querelles sont petites et longues ; les Anglais auraient pris toute l'Amérique en moins de temps qu'il n'en faut pour concilier les Genevois .
Adieu, monsieur, j'aurai bientôt besoin d'une épitaphe ; je me recommande à vous . Votre très humble et très obéissant serviteur
V.
23è septembre 1766. »
1 Voir lettre du 13 juin 1766 à Keate : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/09/04/encore-dans-cette-ville-ils-y-donneront-des-lois-mais-ils-n-6335679.html
2 Allusion à la fable « La Grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf » de La Fontaine : https://www.iletaitunehistoire.com/genres/fables-poesies/lire/la-grenouille-qui-se-veut-faire-aussi-grosse-que-le-boeuf-biblidpoe_011#histoire
10:29 | Lien permanent | Commentaires (0)
… Je suis le maître de son sort : Si je n’étais que juge, il irait à la mort
... et ce ne serait que justice", disent chacun des membres du conseil de discipline de la FFF en condamnant le PFC et l'OL à l'élimination pure et simple de la Coupe de France . Les pseudo-supporters/véritables abrutis confirment leur nocivité envers le sport . Qu'attendent les dirigeants pour éliminer ces punaises ?

« A Jacques Lacombe
22è septembre 1766
Vous êtes trop bon, monsieur, de m’envoyer toutes les feuilles . On s’en rapporte entièrement à vous ; vous avez trop de goût, et vous écrivez trop bien pour ne pas faire une édition correcte. Mon ami est parti de chez moi ; ainsi vous n’aurez plus de changements. Vous pouvez continuer cette petite entreprise, sans vous gêner. Il vous prie seulement d’ajouter un petit mot dans la dernière scène ; c’est à ce couplet d’Octave :
… Je suis le maître de son sort :
Si je n’étais que juge, il irait à la mort, etc.
Il faut mettre en titre :
OCTAVE ( après un long silence .)
M. Panckoucke, votre confrère, qui me paraît un homme d’esprit très-instruit, m’a fait l’honneur de venir chez moi avec madame sa femme ; j’en ai été fort content. Je voudrais bien que quelque jour vous en puissiez faire autant. Je vous embrasse de tout mon cœur. »
09:48 | Lien permanent | Commentaires (0)
27/12/2021
Vous savez que, dans un temps de persécution, il faut opposer la discrétion à la méchanceté des hommes
... La discrétion n'étant pas la vertu cardinale des humains qui fréquentent les réseaux sociaux, il n'est absolument pas étonnant que la méchanceté naturelle de tous ces individus s'y déchaîne . Il ne reste que quelques ilots de bonne volonté sur cette mer agitée et puante . Qui aime Voltaire le suive .

Well ! well ! well ! what else ?
« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin fils
Avocat en parlement
à Saint-Claude
22è septembre [1766] au soir 1
Je vous prie, mon cher ami, de bien recommander à M. de Guiran 2 de ne me jamais nommer, et de ne parler de moi que comme d’un agricole 3 qui aime la vertu et la vérité autant que la campagne. Vous savez que, dans un temps de persécution, il faut opposer la discrétion à la méchanceté des hommes.
J’ai fait mon compliment à M. Leriche 4, qui est le Beaumont de la Franche-Comté, et le protecteur de l’innocence. Faites mes tendres compliments, je vous prie, à M. de Guirand, et venez voir vos amis le plus tôt que vous pourrez. »
1 Voir lettre du 13 août 1766 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/11/08/vous-m-avez-envoye-un-singulier-monument-de-la-barbare-imbecillite-d-une-ce.html
et voir : https://c18.net/18img/vl-extraits.pdf
2 Ce nom est fortement biffé sur l'original, à ses deux apparitions .
3 Cet emploi comme nom est propre à V* ; on le retrouve dans Le Temps présent : « Choiseul est agricole et Voltaire est fermier. »
19:08 | Lien permanent | Commentaires (0)
On fait de la littérature un bien indigne usage
... Il n'est pour s'en convaincre qu'à tenter de lire la prose zemmourienne, particulièrement infecte pour le fond, et ampoulée pour la forme . Qu'on la jette au pilon ! Hélas cet affreux Eric n'est pas seul à polluer notre environnement, même cette pseudo-écologiste Hidalgo s'en mêle et s'emmêle sans vergogne : https://www.20minutes.fr/politique/3125091-20210915-presi...

Retour vers le futur : on prend les mêmes et on recommence ?
« A Adrien-Michel-Hyacinthe Blin de Sainmore
rue Neuve-des-Capucins
à Paris
Au château de Ferney, 22è septembre 1766 1
Je suis très éloigné de penser, monsieur, que vous ayez la moindre part à l'édition de mes prétendues lettres, données au public par un faussaire calomniateur qui pour gagner quelque argent falsifie ce que j'ai écrit et m'expose au juste ressentiment des personnes les plus respectables du royaume, en substituant des satires infâmes aux éloges que je leur avais donnés .
Les notes dont on a chargé ces lettres sont encore plus diffamatoires que le texte . Vous y êtes loué 2, et il est triste de l'être dans un tel recueil . L'éditeur sait en sa conscience qu'aucune de ces lettres n'a été écrite comme il les a imprimées . Si par hasard vous le connaissiez, il serait digne de votre probité de lui remontrer son crime, et de l'engager à se rétracter . On fait de la littérature un bien indigne usage . Imprimer ainsi les lettres d'autrui, c'est être à la fois voleur et faussaire .
Comme ces lettres courent l'Europe, je serai forcé de me justifier . Je n'ai jamais répondu aux critiques, mais j'ai toujours confondu la calomnie . Vous m'avez toujours prévenu par des témoignages d'estime et d'amitié , j'y ai répondu avec les mêmes sentiments . Je ne demande ici que ce que l'humanité exige . Votre mérite vous fait un devoir de venger l'honneur des belles-lettres .
J’ai l'honneur d'être, monsieur, avec les sentiments que j'ai toujours eu pour vous, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire . »
1 L'édition de Kehl et suivantes ne donnent pas le destinataire ; il est identifié par Charrot .
2 Voir Lettres de […] à ses amis du Parnasse , Blin de Sainmore étant loué dans une note, page 71 ; voir page 579 de https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome25.djvu/589
17:58 | Lien permanent | Commentaires (0)
Ce ne sera pas une petite poupée comme la plupart de nos courtisans , mais un digne Franc-Comtois
... Parmi tous les Francs-Comtois célèbres, --actualité pandémique actuelle oblige,-- permettez-moi de mettre en avant Louis Pasteur, auteur du vaccin contre la rage et , --actualité festive oblige--, celui qui déclara "le vin est la plus saine des boissons", ce qui en fait mon scientifique préféré, sans modération .
https://www.cr-franche-comte.fr/personnages-celebres/

« A Marie-Jeanne Pajot de Vaux, 1 Maîtresse
des comptes
à Lons-le-Saunier
Franche-Comté
Pardon, mille pardons, ma belle et jeune Dame ; je suis si vieux, si vieux, que je manque aux devoirs qui me sont les plus chers . J'aurais dû vous remercier très tendrement, il y a plus de huit jours, de votre souvenir .
Je reçois aujourd'hui une lettre charmante d'un officier qui est plus heureux que moi puisqu'il vous voit quelquefois à Lons-le-Saunier . Je crois que votre fils sera un brave guerrier, vous l'endurcissez de bonne heure à la fatigue, vous le faites voyager ; il tiendra de son père et de sa mère . Ce ne sera pas une petite poupée comme la plupart de nos courtisans , mais un digne Franc-Comtois .
Je présente mes très humbles obéissances à son père et à son oncle . Je maudis toujours les montagnes qui nous séparent . Je ne vois croître sous mes yeux que votre nièce, et je voudrais être témoin des progrès de votre fils, et de tous les agréments de la mère, que je n'ose plus appeler Paté, mais à qui je serai attaché jusqu'au dernier moment de ma vie avec le plus tendre respect.
V.
21è septembre 1766 à Ferney. »
1 Voir page 39 : https://books.openedition.org/pufc/3160?lang=fr
« A Marie-Jeanne Pajot de Vaux, 1 Maîtresse
des comptes
à Lons-le-Saunier
Franche-Comté
Pardon, mille pardons, ma belle et jeune Dame ; je suis si vieux, si vieux, que je manque aux devoirs qui me sont les plus chers . J'aurais dû vous remercier très tendrement, il y a plus de huit jours, de votre souvenir .
Je reçois aujourd'hui une lettre charmante d'un officier qui est plus heureux que moi puisqu'il vous voit quelquefois à Lons-le-Saunier . Je crois que votre fils sera un brave guerrier, vous l'endurcissez de bonne heure à la fatigue, vous le faites voyager ; il tiendra de son père et de sa mère . Ce ne sera pas une petite poupée comme la plupart de nos courtisans , mais un digne Franc-Comtois .
Je présente mes très humbles obéissances à son père et à son oncle . Je maudis toujours les montagnes qui nous séparent . Je ne vois croître sous mes yeux que votre nièce, et je voudrais être témoin des progrès de votre fils, et de tous les agréments de la mère, que je n'ose plus appeler Paté, mais à qui je serai attaché jusqu'au dernier moment de ma vie avec le plus tendre respect.
V.
21è septembre 1766 à Ferney. »
1 Voir page 39 : https://books.openedition.org/pufc/3160?lang=fr
16:48 | Lien permanent | Commentaires (0)
si je puis disposer de mon temps, je me ferai un vrai plaisir de vous dire la vérité
... En commençant , par exemple , sur la vaccination en France : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vac...
Petite recette en passant pour les antivax : je pense que le seul bon [sic] moyen d'éviter le vaccin est être atteint du/de la Covid . Ce n'est qu'une idée, avez-vous mieux à proposer ?

Peu s'en faut !
« A Georges-Louis Liomin, Pasteur de
Corgémont et de Sombeval
vallée de Saint-Imier près de Bienne
à Corgémont
Suisse 1
Monsieur,
Je n'ai pu répondre plus tôt à la confiance dont vous m'honorez . Ma vieillesse, mes maladies, et des fluxions sur les yeux, qui m'ont rendu longtemps presque aveugle, m’ont empêché de remplir ce devoir . Je ne suis plus en état de travailler, et je pense d'ailleurs que l'auteur d'un ouvrage est toujours seul capable d'y mettre la dernière main . Plus vous entrerez dans les détails de l’histoire de votre pays 2 , et plus vous l'instruirez . La distribution des chapitres, et l'ordre des évènements, la sagesse et la vérité qui règnent dans votre récit vous feront beaucoup d'honneur . Vous éclaircirez les faits, vous les rendrez intéressants, vous attendrez que la médiation de Genève soit conclue pour en parler, et alors, si je puis disposer de mon temps, je me ferai un vrai plaisir de vous dire la vérité sur le langage et sur le style, puisque vous l’exigez de moi .
J’ai l'honneur d'être,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire
gentilhomme ordinaire
de la chambre du roi.
Au château de Ferney par Genève, 19è septembre 1766.3 »
1 Voir : https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/017685/2006-06-23/
et : https://www.e-periodica.ch/cntmng?pid=asj-006:1947:51::17
2 Ceci se réfère probablement à l'ouvrage intitulé Description topographique de l'Erguël ; voir : https://archives-aaeb.jura.ch/detail.aspx?ID=116548
3 Edition J. Scholl « Une lettre de Voltaire », Actes de la Société d'émulation[...], 1873, XXIV, 79-80.
11:15 | Lien permanent | Commentaires (0)

