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21/09/2018

il faut que tout le public le croie, rien ne sera plus capable de déterminer les juges en sa faveur

... En faveur de qui me direz-vous ? de Marine Le Pen bien évidemment, car comment excuser son comportement autrement que par un dérangement psychiatrique ? Seuls des zinzins sont capables d'élaborer et vouloir appliquer complètement un programme FN/RN .

CQFD .

https://actu.orange.fr/france/marine-le-pen-s-indigne-d-u...

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Comme un ravi de la crèche, elle croit au père Noël !

 

 

« A Charles-Manoël de Végobre

Avocat

à Genève

A Ferney, 27 septembre 1763

J'ai reçu, monsieur, une lettre de messieurs vos neveux, dont j'ignore actuellement la demeure, et que je vous supplie de remerc[ier] pour moi .

Si l'aventure de l'Anglais et de Mlle Calas n'est pas vraie, il faut qu'elle le soit 1, il faut que tout le public le croie, rien ne sera plus capable de déterminer les juges en sa faveur, mais en vérité, ils doivent condamner le parlement de Toulouse à payer la dot . Mille tendres compliments à M. Debrus . Soyez bien persuadé, monsieur, de mon très fidèle attachement . »

1 La nouvelle de cette aventure peut avoir été vraie, mais ce qui est certain, c'est qu’Anne (Nanette) Calas épousera un pasteur suisse, Jean-Jacques Duvoisin le 25 février 1767 . Voir page 408 : https://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1962_num_74_60_4076

20/09/2018

Si vous avez le temps, vous lirez ces chiffons ; si vous ne l'avez pas, mes anges vous en amuseront quand vous les verrez

... Ce qui est dit est dit : https://www.youtube.com/watch?v=o9HmxG3p_UE

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« A César-Gabriel de Choiseul, duc de Praslin

Aux Délices 27è septembre 1763 1

Monseigneur,

Étant dans mes jours de taupe, je ne peux employer ma main à vous remercier des bontés dont mon cœur est pénétré .

Je prends la liberté de vous adresser un paquet pour mes anges 2, qui regarde la conspiration des roués à la tête desquels vous avez la bonté de vous mettre . Si vous avez le temps, vous lirez ces chiffons ; si vous ne l'avez pas, mes anges vous en amuseront quand vous les verrez .

C'est aujourd’hui la quatrième représentation des citoyens genevois à leur petit Conseil 3 ; ils prétendent toujours que Jean-Jacques a le droit de l'apostolat, et que le Conseil n'a pas celui de le condamner sans l'entendre . Tout cela est extrêmement plaisant, et les remontrances de vos parlements ne le sont pas . 

Voltaire.»

1 Original signé passé à la vente Sotheby à Londres le 11 juin 1968 .

3 Cette démarche eut en effet lieu le 29 septembre 1763 .

Est-il possible que tout l'esprit des Italiens, nos maîtres dans les arts, n'ait servi qu'à les mettre sous le joug dont la raison humaine s'indigne !...Quel gouvernement que celui qui veut crever les yeux à ceux qu'il gouverne !

... Mon cher Voltaire, ces propos sont d'une dangereuse actualité , et pas seulement en Italie . Le poison nationaliste et populiste est en vente libre , pire qu'Ebola .

 

 

« Au marquis Francesco Albergati Capacelli

Senatore di Bologna

à Bologna

A Ferney 27 septembre 1763 1

Vous êtes, monsieur, dans les plaisirs della villegiatura, et vous y joignez celui de prendre les eaux avec une très aimable dame. Ces eaux ne seront pas pour vous celles de la fontaine de l’enchanteur Merlin, qui rendaient le buveur amoureux et la buveuse indifférente, et elles seront de plus celles d’Hippocrène.

J’aurais bien voulu vous envoyer Olympie ; mais le paquet est trop gros pour la poste et trop petit pour la messagerie. J’espérais trouver quelque voyageur qui vous la rendrait en passant par Boulogne ; mais j’ai été trompé dans mes espérances. C’est une chose bien désagréable, dans votre belle Italie, que cette difficulté de faire entrer des livres. On prive chez vous l'âme de sa nourriture, autant qu'on le peut ; on craint que les hommes ne pensent . J'habite un petit pays bien inférieur au vôtre ; mais du moins, l'âme y est en pleine liberté . Les prêtres n'y peuvent empêcher les progrès rapides de la philosophie . Est-il possible que tout l'esprit des Italiens, nos maîtres dans les arts, n'ait servi qu'à les mettre sous le joug dont la raison humaine s'indigne ! Un homme qui écrirait aujourd'hui ce que Cicéron écrivait autrefois serait mis dans les prisons du Saint Office . Cette idée n'est-elle pas accablante ? Quel gouvernement que celui qui veut crever les yeux à ceux qu'il gouverne !

Je n’écris point à M. Goldoni ; mais je l’attends à son passage, quand il sera las de la vie de Paris. La mienne est uniforme et tranquille, partagée entre la lecture et les amusements de la campagne. J’espère qu’il viendra philosopher avec moi après avoir badiné avec le théâtre italien de Paris. Il me paraît, par ses ouvrages, qu’il a plus d’une sorte d’esprit, et qu’il peut instruire les hommes aussi bien que leur plaire. Quand je le verrai, je sentirai davantage le regret de ne vous point voir. Plus il me parlera de vous, plus il augmentera des désirs qui ne peuvent être satisfaits.

Adieu, monsieur ; ma misérable santé, mon âge et mon esprit de retraite ne dérobent rien aux sentiments qui m’attachent à vous pour jamais. 

V.»

1 Le manuscrit original porte la mention « f[ran]co Milano ». La date a toujours été lue 17 au lieu de 27 . Toute la fin du 2è paragraphe manque dans les éditions à parti de On prive chez vous […].

V* répond ici à une lettre du 3 août 1763 dans laquelle Albergati lui annonce qu'il se trouve aux eaux avec une dame jusqu'au 20 du mois . Il espère que pour la fin de l'année paraitra le recueil de huit tragédies traduites en italien . Il lui enverra quelques exemplaires des deux tomes . Si l'ouvrage plait, d'autres tomes suivront l'année d'après .

19/09/2018

N’allongeons point en cent mots superflus Ce qu’on dirait en quatre tout au plus

... Tel est le crédo de Gérard Collomb, avec le résultat que l'on connait auprès du président : http://www.leparisien.fr/politique/apres-la-sortie-de-col...

Ou "Comment se défiler en accusant son supérieur Pour les Nuls " .

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Deux bleus !

Debleu, debleu ! comme disent mes amis suisses .

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'ArgentaI

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'ArgentaI

27è septembre 1763 aux Délices

Je reçus hier les ordres de mes anges concernant la conspiration des roués, et j’envoie sur-le-champ tous les changements qu’ils demandent pour les assassins et assassines. Il faut assurément que M. le duc de Praslin ait une âme bien noire, pour vouloir qu’une femme égorge son mari dans son lit ; mais puisque mes anges ont eu cette horrible idée, il la faut pardonner à un ministre d’État. Mettez le feu aux poudres de la façon qu’il vous plaira, faites comme vous l’entendrez ; mais ne me demandez plus de vers, car vous m’empêchez de dormir, et je n’en peux plus. Laissez-moi, je vous prie, ce vers :

 L’ardeur de me venger ne m’en fait point accroire 1.

 Il ne faut pas toujours que Melpomène marche sur des échasses ; les vers les plus simples sont très bien reçus, surtout quand ils se trouvent dans une tirade où il y en a d’assez forts. Racine est plein à tout moment de ces vers que vous réprouvez. Une tragédie n’aurait point du tout l’air naturel, s’il n’y avait pas beaucoup de ces expressions simples qui n’ont rien de bas ni de trop familier.

Divertissez-vous, mes anges, de la niche que vous allez faire. Je ne sais s’il faut intituler la pièce le Triumvirat ; le titre me ferait soupçonner, et on dirait que je suis le savetier qui raccommode toujours les vieux cothurnes de Crébillon . Cependant il est difficile de donner un autre titre à l’ouvrage. Tirez-vous de là comme vous pourrez ; tout ce que je puis vous dire, c’est que cette pièce ne sera pas du nombre de celles qui font répandre des larmes ; je la crois très attachante, mais non attendrissante. Je crois toujours qu’Olympie ferait un bien plus grand effet ; elle est plus majestueuse, plus auguste, plus théâtrale, plus singulière : elle fait verser des pleurs toutes les fois qu’on la joue ; et les comédiens de Paris me paraissent aussi malavisés qu’ingrats de ne la pas représenter.

Permettez que je mette dans ce paquet les affaires temporelles avec les spirituelles : voici un petit mémoire pour M. le duc de Praslin, en cas que mon affaire sacerdotale ne soit pas encore rapportée. Nous lui devons bien des remerciements, madame Denis et moi, de la bonté qu’il a eue de se charger de ce petit procès, qui était d’abord dévolu à M. de Saint-Florentin. Il est vrai que cette affaire, toute petite qu’elle est, étant fondée sur les traités de nos rois, appartient de droit aux affaires étrangères ; mais j’aime encore mieux attribuer la peine qu’il daigne prendre à l’amitié qu’il a pour vous, et aux bontés dont il honore madame Denis et moi.

Comme je prends la liberté de lui adresser votre paquet 2, je suppose qu’il se saisira du mémoire qui est pour lui ; il est court, net, et clair, point de verbiage .

Pour un esprit de sa trempe

N’allongeons point en cent mots superflus

Ce qu’on dirait en quatre tout au plus.3

Qu’est-ce que la défaite des Bernardins ? cela est-il plaisant ?

Respect et tendresse. »

1 Vers disparu d'Octave, sacrifié lui aussi .

2 Lettre du même jour au duc, mais le mémoire ne nous est pas parvenu .

18/09/2018

On se rappelle toujours avec quelque attendrissement son enfance et sa patrie

... Les enfants de la patrie !... vive Nino Ferrer :

https://www.youtube.com/watch?v=vYDmTZ_LjlY

 

enfant patrie.png

Coq haricot !

 

 

« A de Bresle

Ferney, 22 septembre 1763 1

[…] On se rappelle toujours avec quelque attendrissement son enfance et sa patrie […]

Voltaire

gentilhomme ordinaire du roi. »

1 Manuscrit original passé à la vente George Denholm, chez Sotheby le 30 janvier 1918 .

17/09/2018

Il chérit ses sujets comme il est aimé d’eux : C’est un père entouré de ses enfants heureux .

... - Combien d'heureux, au fait ?

 --34 %

- En quel pays ?

--La France !

-Dommage . Peut/doit mieux faire .

 http://www.lepoint.fr/politique/sondage-la-cote-de-popula...

 https://www.youtube.com/watch?v=5ZvKdWpa3Rs

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 Le Président et ses douze apôtres

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

21è septembre 1763

Mes divins anges, c'est bien dommage que la Gazette littéraire, si elle existe, se soit laissée prévenir sur le compte qu'elle pouvait rendre des Lettres de Milady Montaigu 1 , qui paraissent en Angleterre depuis six mois et que je n'ai que depuis cinq ou six jours . Les Lettres de Mme de Sévigné sont faites pour les Français, et celles de Milady Montaigu sont pour toute les nations . Si jamais elles sont traduites, ce qui est fort difficile, vous serez enchanté de voir des choses curieuses en nouvelles embellies par la science, par le goût et par le style . Figurez-vous que depuis plus de mille ans nul voyageur à portée de s'instruire, n'avait été à Constantinople par les pays que Mme de Montagu a traversés ; elle a vu la patrie d'Orphée et d’Alexandre ; elle a diné en tête à tête avec la veuve de l'empereur Mustapha ; elle a traduit des chansons turques, et des déclarations d’amour qui sont tout à fait dans le goût du Cantique des cantiques ; elle a vu des mœurs qui ressemblent à celles qu'Homère a décrites, et elle a voyagé avec son Homère à la main . Nous apprenons d'elle à nous défaire de bien des préjugés . Les Turcs ne sont ni si brutes ni si brutaux qu'on le dit . Elle a trouvé autant de déistes à Constantinople qu'il y en a à Paris et à Londres . J'avoue que j'ai été fâché qu'elle traite notre musique et notre sainte religion avec le plus profond mépris ; mais nous devons nous accoutumer à cette petite mortification .

Apprenez-moi donc, je vous en prie mes chers anges, ce que devient cette Gazette littéraire . M. le duc de Pralin l'aura-t-il vainement protégée ? y travaille-t-on et y met-on un peu de sel ? car sans sel il n'y a pas moyen de faire bonne chère .

Je songe qu’une inscription ne peut être salée, c’est un grand malheur ; elle ne doit point être, à mon gré, en prose latine pour un roi de France ; elle ne peut être en prose française : le style lapidaire ne convient point à notre langue chargée d’articles, qui rendent sa marche languissante ; il faut deux vers, mais deux vers français détachés sont toujours froids ; c’est alors que la rime paraît dans toute sa misère. Pourriez-vous souffrir ce distique ?

Il chérit ses sujets comme il est aimé d’eux :

C’est un père entouré de ses enfants heureux .

Ou bien :

Heureux père entouré de ses enfants heureux .

Dites-moi, mes anges, je vous en supplie, s’il est vrai que M. le duc de Praslin a la bonté d’être notre rapporteur 2. L’affaire paraît être du ressort de M. le comte de Saint-Florentin, qui a le département de l’Église, mais M. le duc de Praslin a le département des traités et de la bienfaisance ; ainsi nous devons être entre ses mains. Pour moi, je me mets toujours sous vos ailes .

Que faites-vous de mes roués ? Quand je vous dis qu’il y a des vers raboteux, n’allez pas, s’il vous plaît, me prendre si fort au mot.

Toute notre petite famille se met aux ailes de mes anges. »

1Letters of the right honourable lady M[ar]y W[ortle]y M[ontag]u, written during her travels in Europe, Asia and Africa ; cette publication n'était pas autorisée . Voir : https://digital.library.lse.ac.uk/objects/lse:raw722gux

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mary_Wortley_Montagu

2 Pour l'affaire des dîmes . Crommelin écrit le 20 octobre 1763 à Lullin « qu'il va partir pour Versailles y remettre à Son Excellence M. le duc de Pralin la lettre du conseil concernant le procès du curé de Moens, et au sujet de la dîme ; que cette lettre arrive à propos ce ministre étant instruit à fond du procès du curé de Ferney concernant la dîme qu'il conteste au sieur Voltaire et aux héritiers de feu M. le comte de Montréal, lesquels procès sont de même nature . » Il lui rendra compte le 24 octobre de l'entretien, au cours duquel Praslin lui a dit que prendre la chose « dans le droit public » et en vouloir «  d'autre titre que les traités », c'est « bien prendre la chose » ; en conséquence il pense que l'affaire sera réunie à celle de Moens, portée au conseil d’État et rapportée par Praslin. Le duc de Praslin-Choiseul fera connaître à V* la « décision du roi » le 10 octobre 1763 ; voir lettre du 15 octobre à Jacob Favre : « […] Par ce moyen, votre curé sera contraint de vous laisser tranquille, et Mme Denis, ainsi que vous, monsieur, jouirez en toute assurance des privilèges qui vous ont été accordés . [...] »

16/09/2018

Adieu nos beaux-arts, si les choses continuent comme elles sont. La rage des remontrances et des projets sur les finances a saisi la nation . Nous nous avisons d’être sérieux, et nous nous perdons

... Dédicace, spéciale Journées du Patrimoine 2018,  à Stéphane Bern et aux parlementaires .

Messieurs/Mesdames les râleurs systématiques, enragés, revenez un peu au calme et faites une juste part des choses , cessez de gaspiller du temps et de l'argent .

 

 

« A Bernard-Louis Chauvelin

18è septembre 1763 à Ferney

Non, monsieur, ce n’est pas moi qui écris des lettres charmantes, mais bien Votre Excellence ; et l’un de ses talents a toujours été de séduire.

On vous a dépêché un petit paquet qui contient, je crois, un peu d’histoire. Vous y verrez quelque chose du temps présent, mais non pas tout ; car malheur à celui qui dirait tout ! il faut  qu’un Français passe rapidement sur les dernières années. Il y a un éloge du duc de Sully 1 qu’on vous a peut-être envoyé, c’est un ouvrage de M. Thomas, secrétaire de M. le duc de Praslin, qui remporte autant de prix à l’Académie que nous avons perdu de batailles. Il loue beaucoup ce ministre d’avoir eu toujours à Sully un fauteuil plus haut que les autres. Cela n’est bon que pour Montmartel et pour madame sa femme, qui, ayant les jambes trop longues, sont obligés à cette cérémonie . Mais d’ailleurs Thomas fait un beau portrait de Rosny et de son administration.

J’ai vu ces jours-ci un vieux Florentin assez plaisant, qui prétend que tous les États de l’Europe feront banqueroute les uns après les autres. Le libraire de l’Académie a déjà commencé. Ce libraire est une femme 2 ; et je me doutais bien qu’elle serait à l’aumône dès qu’elle aurait achevé notre Dictionnaire ; cela n’a pas manqué ; et le pis de l’affaire, c’est qu’elle emporte huit mille francs à nos pauvres Corneille. Je ne sais si c’est cette aventure qui m’a donné de l’humeur contre Suréna, Agésilas, Pulchérie, et une douzaine de pièces du grand homme dont j’ai l’honneur d’être le commentateur ; je parie qu’il n’y a que moi qui aie lu ces tragédies-là ; et je prends la liberté de parier que vous ne les avez jamais lues, ni ne les lirez ; cela est impossible. Ah ! que Racine est un grand homme ! Madame l’ambassadrice n’est-elle pas de cet avis-là ?

Adieu nos beaux-arts, si les choses continuent comme elles sont. La rage des remontrances et des projets sur les finances a saisi la nation . Nous nous avisons d’être sérieux, et nous nous perdons . Nous faisions autrefois de jolies chansons, et à présent nous ne faisons que de mauvais calculs . C’est Arlequin qui veut être philosophe.

Avez-vous entendu parler d’un sénéchal de Forcalquier qui, en mourant,  a fait un legs au roi de l’Art de gouverner 3, en trois volumes in-quarto ? C’est bien le plus ennuyeux sénéchal que vous ayez jamais vu. Je suis bien las de tous ces gens qui gouvernent les États du fond de leur grenier. Voilà-t-il pas encore un conseiller du roi au parlement qui lui donne sept cent quarante millions tous les ans 4! Tâchez, monsieur d’en avoir le vingtième, ou du moins un pour cent ; cela est encore honnête.

Que Vos Excellences agréent toujours mon respect.

V. »

1Éloge de Maximilien de Béthune, duc de Sully, 1763 , par Antoine-Léonard Thomas : voir : http://reader.digitale-sammlungen.de/de/fs1/object/display/bsb10070154_00001.html

2La veuve Brunet .

3 La Science du gouvernement, 1761-1765, qui finit par comprendre huit volumes, de Gaspard de Réal de Curban ; voir : http://www.pba-auctions.com/html/fiche.jsp?id=3424847&...=

et : https://archive.org/details/lasciencedugouv03conggoog

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaspard_de_R%C3%A9al_de_Curban

4 Roussel de La Tour, comme on le voit dans la lettre du 15 juin 1763 à Damilaville : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2011/06/09/ils-prechaient-un-peu-trop-l-egalite-laquelle-ne-peut-ni-pla.html