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08/03/2010

lapsus calami ! pour jour heureux ? ou calamiteux ?

jour de ma femme001.jpg
Journal "Le Pays Gessien"

 

Grâces soient rendues au journaliste qui prend ainsi soin de SA femme un jour par an .

Avec ça, il ne lui reste plus qu'à lui offrir des fleurs , un bijou, son coeur, son corps (là je m'engage peut-être un peu trop pour lui ! en tout cas , c'est personnellement ce que je ferais ;-) ) !

05/03/2010

Toutes les affaires sont longues, surtout quand il s’agit de rendre.

Cassandra, de Woody Allen ...

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18749333&a...

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18749337&a...

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18749342&a...

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18749344&a...

Je vous laisse libres du choix des séquences, mais celle qui me plait le plus est la quatrième . Mesdames et mesdamoiselles, je vous salue très respectueusement !...

http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000012381.html

Je ne veux pas jouer les Cassandre en mettant ce titre qui est terriblement d'actualité : Mesdames les compagnies d'assurance, je vous prie de faire mentir cet en-tête !!

 

 

 

 

 

«  A Jean Le Rond d’Alembert

 

5 mars [1774]

 

             Oui, vraiment, monsieur Bertrand, ce que vous dites là m’amuserait fort[f1]  . Mais croyez-vous que j’aie encore des pattes ? pensez-vous que ces marrons puissent se tirer gaiement[f2]  ? Si on n’amuse pas les Welches, on ne tient rien. Voyez ce Beaumarchais. Il a fait rire dans une affaire sérieuse, et il a eu tout le monde pour lui. Je suis d’ailleurs pieusement occupé d’un ouvrage plus universel[f3]  . Vous ne me proposez que de battre un parti de houzards, quand il faut combattre des armées entières. N’importe. Il n’y a rien que le pauvre Raton ne fasse pour son cher Bertrand. Je m’arrête, je songe ; et après avoir rêvé je crois que ce n’est pas ici le domaine du comique et du ridicule ; tout welches que sont les Welches, il y a parmi eux des gens raisonnables, et c’est à eux qu’il faut parler sans plaisanterie, et sans humeur. Je vais voir quelle tournure on peut donner à cette affaire, et je vous en rendrai compte. Il faudra s’il vous plait que vous m’aidiez un peu, nihil sine Theseo.

 

             Vous n’aurez qu’à envoyer vos instructions chez M. Bacon, substitut de M. le procureur général, place Royale. Elles me parviendront sûrement. Il serait plus convenable que nous nous vissions, mais il est plus plaisant que Jean-Jacques soit chez moi, et que je sois chez lui[f4]  .

 

             Je me sers aujourd’hui de mon ancienne adresse. Ayez la bonté de me dire si vous avez reçu le fatras de L’Inde[f5]  que j’envoie par le même canal avec cette lettre.

 

             On me mande de Rome que M. Tanucci[f6]  n’a point encore rendu Bénévent à st Pierre, et je n’entends point dire qu’il soit en possession d’Avignon. Toutes les affaires sont longues, surtout quand il s’agit de rendre.

 

             Catau n’est point du tout embarrassée du nouveau mari qui se présente dans la province d’Orembour. Elle m’a écrit une lettre assez plaisante sur cette apparition[f7] . Elle passe sa vie avec Diderot, elle en est enchantée. Je crois pourtant qu’il va revenir[f8] , et que vous avez très bien fait de ne point passer dix ans dans un climat si dur, avec votre santé délicate[f9] . Je vous aime mieux à Paris que partout ailleurs. Adieu mon très cher maître, ne m’oubliez pas auprès de votre ami M. de Condorcet.

 

             Encore un mot. Je ne suis point surpris de ce que vous me mandez d’un archevêque qui a fait mourir de chagrin ce pauvre abbé Audra[f10] .

 

             Encore un autre mot. Voici l’esquisse de la Lettre[f11]  que vous me demandez. Tâchez de me la renvoyer contresignée et voyez si on peut en faire quelque chose.

 

             Et puis un autre mot. Vous n’aurez pont L’Inde[f12]  cet ordinaire.

 

             Pour dernier mot écrivez-moi par M. Bacon.

 

 

 

 

 

 

 

 


 [f1]Le 26 janvier, d’Alembert a signalé qu’il y avait « un projet de rétablir (les jésuites) en France sous un autre nom » et conclut « Voilà … un sujet bien intéressant, et qui mériterait bien autant d’exercer votre plume que les Morangiès et les La Beaumelle. Vous allez dire que je fais encore le Bertrand, et que j’ai toujours recours à Raton ; mais songez donc que Bertrand a les ongles coupés. Ce que je désire et que j’attends de vous  serait l’ouvrage d’un bon citoyen, et d’un bon Français, attaché au roi et à l’Etat. Vous pouvez répandre à pleines mains sur ce projet l’odieux et le ridicule dont vous savez si bien faire usage. Vous pouvez faire voir qu’il est dangereux pour l’Etat, pour l’Eglise, pour le pape et pour le roi, que les jésuites regarderont toujours comme leurs ennemis, et traiteront comme tels, s’ils le peuvent… »

 

 [f2]Cf. lettres des 1er et 4 janvier 1773 à d’Alembert.

 

 [f3]L’Histoire de l’établissement du christianisme ou La Bible enfin expliquée.

 

 [f4] Rousseau en France, et V* près de Genève.

 

 [f5]Les Fragments historiques sur l’Inde

 

 [f6]Premier ministre de Naples. Le roi de Naples s’était emparé de Bénévent et le roi de France d’Avignon en 1768, en représailles de l’excommunication prononcée contre le duc de Parme, un Bourbon comme eux.

 

 [f7]Le 19/:30 janvier, elle écrivit : « Je m’attends à y voir (à Silistrie) les oisifs fort occupés d’un voleur de grand chemin qui pille le gouvernement d’Orembourg, et qui tantôt pour effrayer les paysans prend le nom de Pierre III et tantôt celui de son employé. » (Pougatchev)

 

 [f8]Elle écrit le 7 /18 janvier : « … Diderot dont la santé est encore chancelante restera avec nous jusqu’au mois de février qu’il retournera dans sa patrie. »

 

 [f9]Catherine lui avait proposé d’être le précepteur de son fils.

 

 [f10]D’Alembert écrivait : « … j’ai appris avec douleur que kl’archvêque de Toulouse, qui, comme je le lui ai cent fois entendu dire à lui-même, n’aime ni n’estime ces marauds, … est à la tête de ce beau projet (de rétablissement des jésuites), parce qu’il en espère  apparemment ou le cordon bleu, ou le chapeau, ou la feuille des bénéfices, ou l’archevêché de Paris. » Audra utilisait l’Histoire de V* dans son enseignement et en avait fait un manuel .  V* le 23 novembre 1770 avait déjà dit :de l’archevêque : «… Il a fait un mandement cruel contre lui, et a sollicité sa destitution de sa place de professeur en histoire… Cette aventure a donné la fièvre et le transport au pauvre abbé, et il est mort au bout de quatre jours . » 

 

 [f11]La Lettre d’un ecclésiastique sur le prétendu rétablissement des jésuites dans Paris, datée du 20 mars 1774.

 

 [f12]La deuxième partie de ses Fragments sur l’Inde

03/03/2010

Je sais que ce spectacle est aujourd’hui le favori de la nation ; mais je sais aussi à quel point la nation s’est dégradée

 

Mon cher Volti, que dirais-tu en voyant les "spectacles" télévisés du XXième siècle !

Très élégamment, tu parles "d'excréments du grand siècle", Jean-pierre Coffe, dans un autre registre sait très bien dire "c'est de la merde", ce qui malheureusement ne fait plus seulement allusion à la mauvaise bouffe ! Opéra-bouffe ? Ô père rat ! bouffe !

 

 

« A Anne-Madeleine-Louise-Charlotte-Auguste de La Tour du Pin de Saint Julien

 

A Ferney ce 3 mars 1769

 

             Minerve papillon, le hibou à qui vous avez fait l’honneur d’écrire a été enchanté de votre souvenir. Il en a secoué ses vieilles ailes de joie, il est tout fier de vous avoir si bien devinée : car dès le premier jour qu’il vous vît, il vous jugea solide plus que légère, et aussi bonne que vous êtes aimable.

 

             Soyez bien sûre, Madame, que mon cœur est pénétré de tout ce que vous me dites ; mais il faut laisser les aigles, les rossignols et les fauvettes dans Paris, et que les hiboux restent dans leurs masures. J’ai soixante et quinze ans ; ma faible machine s’en va en détail ; le peu de jours que j’ai à respirer sur ce tas de  boue doit être consacré à la plus profonde retraite. Les enfants [les Dupuits] qui sont revenus sont chez eux, et je reste chez moi ; ma maison n’est plus faite pour les amuser. Je l’ai fermée à tout le monde, bien heureux de pouvoir vivre avec moi-même dans le triste état où je suis. Regardez-moi, Madame, comme un homme enterré, et ma lettre comme un De profundis.

 

             Il est vrai que mes De profundis sont quelquefois fort gais, et que je les change souvent en Alléluia. J’aime à danser autour de mon tombeau, mais je danse seul comme l’amant de Ma mie Babichon qui dansait tout seul dans sa grange [à Thiriot, il avait déjà écrit le 29 août 1760 : « Il est comme l’amant de ma mie Babichon qui aimait tant à rire, que souvent tout seul il riait dans sa grange. ».

 

             J’estime trop l’homme principal [Choiseul qui défendait La Bletterie face aux grief puis épigrammes de Voltaire contre La Bletterie et son Tibère ou les six prmiers livres des Annales de Tacite traduits… ] dont vous me faites l’honneur de me parler, pour penser qu’il ait pris sérieusement l’ordre que m’a donné l’abbé de La Bletterie de me faire enterrer au plus vite, et les petites gaietés avec lesquelles je lui ai répondu. Il faudrait que la tête lui ait tourné pour voir gravement des bagatelles. S’il veut faire quelque attention sérieuse à moi, il ne doit considérer que ma passion pour son bonheur et pour sa gloire. Il serait très ingrat s’il faisait la moindre fêlure à la trompette qui s’est embouchée pour lui.

 

             Si quelque autre personne, fort en-dessous, en tout sens, du caractère de grandeur et du génie de votre ami, veut déplumer le hibou, il ira tout doucement mourir ailleurs. Je suis un être assez singulier, Madame ; né presque sans bien, j’ai trouvé le moyen d’être utile à ma famille et de mettre cinq cent mille francs à peupler un désert[Ferney]. Si la moindre persécution y venait effrayer mon indépendance, il y a partout des sépulcres, rien ne se trouve plus aisément.

 

             J’ai lu la petite esquisse que vous avez eu la bonté de m’envoyer [sans doute de la musique de Grétry pour Le Baron d’Otrante]. Je pense donc qu’on en pourrait faire quelque chose de fort noble et de fort gai pour les noces de monseigneur le Dauphin. Ce serait même une très bonne leçon pour un jeune prince, et les personnes de votre espèce pourraient voir avec plaisir qu’elles sont faites pour rendre quelquefois de plus grands services que les hommes d’Etat. Ce ne serait point aux bateleurs de l’opéra-comique qu’il faudrait abandonner cet ouvrage. L’opéra-comique n’est  autre chose que la foire renforcée. Je sais que ce spectacle est aujourd’hui le favori de la nation ; mais je sais aussi à quel point la nation s’est dégradée. Le siècle présent n’est presque composé que des excréments du grand siècle de Louis XIV. Cette turpitude est notre lot presque dans tous les genres ; et si le grand homme dont vous me parlez a des lubies, je donne le siècle à tous les diables sans exception, en vous exceptant pourtant vous, Madame Minerve papillon, pour qui j’ai un vrai respect, et que je prends même la liberté d’aimer.

 

             V. »

 

02/03/2010

il est d’une nécessité indispensable que vous parliez

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

 

2 mars 1768

 

             Mon cher ami, vraiment ne doutez pas de ma discrétion sur l’affaire de La Harpe ni même de mon indulgence ; mais il est d’une nécessité indispensable que vous parliez à M. d’Alembert avant que La Harpe ait embouché cet Antoine [cf. lettre du 1er mars 1768]. Il est nécessaire que vous vouliez bien vous joindre à moi pour engager M. d’Alembert à faire à ce jeune homme une exhortation paternelle ; car en  vérité La Harpe a de furieux torts, et il a cruellement blessé mon amitié. Encore une fois je lui pardonne tout, mais je souhaite qu’il se repente, et qu’il se corrige. Parlez à M. d’Alembert, je vous prie.

 

             Qu’est-ce qu’une Lettre de l’archevêque de Cantorberi à votre archevêque [La Lettre de l’archevêque de Cantorbery à M. l’archevêque de Paris, est de V*]? Qu’est-ce qu’un mandement d’un évêque suffragant de Strasbourg pour manger gras le carême ? On parle aussi d’une Relation de l’expulsion des jésuites de la Chine [Relation du bannissement des jésuites de la Chine, de V*, évidemment ]. La presse hollandaise fournit tous les huit jours de ces plaisanteries. Cela amuse les gens oisifs.

 

             Voici, mon ami, ma réponse à M. de Bret. Les gazettes disent qu’il n’y aura plus de directeurs particuliers des vingtièmes : que deviendrez-vous ?[Damilaville, premier commis au vingtième, pouvait briguer le poste de directeur devenu vacant] Parlez donc de vous à votre ami. Erc[asez] l’Inf[âme].

 

             A propos vous ai-je dit qu’il n’y a pas un mot de vrai dans l’aventure prétendue de L’Honnête criminel[f1]  et qu’il me l’a écrit lui-même ? On ne peut jouer [La copie de cette lettre à la Bibliothèque historique de Paris porte « jouir », ce qui est certainement fautif] de Gabriel Cramer.

 


 [f1]L’Honnëte criminel (1767), mélodrame de Charles-Georges Fenouillot de Falbaire de Quingey. Fenouillot de Falbaire enverra une copie d’une lettre de V* à l’auteur, -du 11 avril 1768,- aux éditeurs de Kehl , où V* le félicitait d’avoir « ajouté à l’histoire du jeune Fabre tout ce qui peut la rendre plus touchante » . Fenouillot ajoute une note : « M. de Voltaire avait été mal informé … L’histoire du héros … est exactement telle qu’elle fut imprimée à la tête de le seconde édition que M ; de Falbaire donna de cette pièce en mars 1768 … ; M. le maréchal-prince de Beauvau … a entre les mains le certificat du sergent qui permit l’échange et reçut le fils à la place  du père … Cette jeune victime de l’amour filial et de l’intolérance religieuse ayant passé sept ans aux galères … en était sortie en 1762… ; il lui était , selon l’usage, défendu d’approcher de plus de six lieues » « de Paris et de tous lieux où le roi fait  son séjour … ».

01/03/2010

Il y a une destinée sans doute, et souvent elle est bien cruelle

- Partir à la cloche de bois, quelle inélégance Mme Denis !!

- Oh ! c'est bien vrai ça !!

- Bon ! faute avouée est à demi-pardonnée  (seulement à demi ) .

 

« A Marie-Louise Denis

 

A Ferney mardi 1er mars

à 2 heures après midi [1768]

 

             Il y a une destinée sans doute, et souvent elle est bien cruelle. Je suis venu trois fois à votre porte, vous avez frappé à la mienne. J’ai voulu promener ma douleur dans le jardin. Il était 10 heures, je mettais l’aiguille sur 10 heures au globe solaire, j’attendais que vous fussiez éveillée. J’ai rencontré M. Mallet. Il m’a dit qu’il était affligé de votre départ. J’ai jugé qu’il sortait de votre appartement. J’ai cru que vous dîneriez au château comme vous l’aviez dit. Aucun domestique ne m’a averti de rien, ils croyaient tous que j’étais instruit. J’ai fait venir Christin[f1]  et  père Adam. Nous nous sommes entretenus jusqu’à midi. Enfin je retourne chez vous. Je demande où vous êtes. Wagnière me dit : « Eh quoi ! Vous ne savez pas qu’elle est partie à 10 heures : » Je me retourne plus mort que vif vers père Adam. Il me répond comme Wagnière : « J’ai cru que vous le saviez ! » Sur le champ j’envoie chercher un cheval dans l’écurie. Il n’y avait personne. Ainsi dans la même maison avec vingt domestiques nous nous sommes cherchés sans nous voir. Je suis au désespoir, et cette obstination de mon malheur m’annonce un avenir bien sinistre. Je sais que le moment de la séparation aurait été affreux ; mais il est plus affreux encore que vous soyez partie sans me voir, tandis que nous nous cherchions l’un l’autre. J’ai envoyé vite chez Madame Racle pour pleurer avec elle. Elle dîne avec Christin, Adam et son mari[f2]  ; et moi je suis très loin de dîner. Je me dévore et je vous écris. J’espère que ma lettre et les paquets pour M. de Choiseul et pour Marmontel vous seront rendus vendredi matin par M. Tabareau. Je les tenais tout prêts. J’avais encore d’autres papiers à vous communiquer quand vous êtes partie !

 

             Voici bien une autre preuve des persécutions de ma destinée. La Harpe est cause de mon malheur[f3]  . Qui m’aurait dit que La Harpe me ferait mourir à cent lieues de vous  n’aurait pas été cru. Enfin tout est avéré. Damilaville est allé chez cet Antoine qui demeure rue Hautefeuille. Cet Antoine que La Harpe disait lui avoir donné la copie de cette misère en question, cet Antoine qui ne lui avait donné qu’une copie infidèle sur laquelle il rectifia celles que lui La Harpe fit courir (parce que apparemment La Harpe en avait une copie fidèle). Remarquez bien tout cela ; Antoine a répondu que La Harpe en avait menti ; et n’a pas ajouté à son nom des épithètes bien honorables. La Harpe ne s’en est guère mieux conduit dans sa tracasserie avec Dorat[f4]  . Enfin voilà l’origine de mon malheur. Voilà ce qui ouvre à Ferney le tombeau que j’y ai fait bâtir. Je ne me plaindrai point de La Harpe ; je n’accuserai que cette destinée qui fait tout, et je pardonne entièrement à La Harpe.

 

             Vous verrez MM. de Choiseul, de Richelieu, d’Argental. Vous adoucirez mes malheurs ; c’est encore là votre destinée. Vous réussirez à Paris dans vos affaires et dans les miennes[f5]  , vous reverrez votre frère et votre neveu. Si je meurs je meurs tout entier à vous, si je vis ma vie est à vous. J’embrasse tendrement M. et Mme Dupuits[f6]  . Je les aime, je les regrette, j’ai le cœur percé.

 


 [f1]Avocat de Saint-Claude

 [f2]Architecte à Ferney entre autre des ailes nord et sud du château de V*.

 [f3]µ lui reproche d’avoir volé et repandu dans Paris pendant son voyage de l’automne 1767 le deuxième chant de La Guerre civile de Genève que Théodore Tronchin en particulier n’apprécia pas. Et Mme Denis a soutenu La Harpe.

 [f4]La Harpe avait composé une épigramme sur Dorat se treminant par : « Il est , si je l’en crois, un heureux petit-maître ; / Mais si j’en crois ses vers, ah ! qu’il est triste d’être / Ou sa maîtresse ou son lecteur ! » 1er novembre 1767. On attribua ces vers à V* ; il écrit à Damilaville le 18 février 1768 que La Harpe les a « mis sur son compte », et le 22, qu’il les a « faits ou laissés courir sous (s)on nom. Il protesta auprès de Dorat le 1er mars.

 [f5]Elle sera chargée en particulier de récupérer l’argent dû par le duc de Richelieu, par feu son beau-père le duc de Guise, et par le marquis de Lézeau.

 [f6]Marie-Françoise Corneille et son mari partis avec Mme Denis.

26/02/2010

La précipitation nuit à toutes les affaires.

Don't go away !! http://www.youtube.com/watch?v=P8U72ATbaQw&feature=related

Je ne connaissais pas du tout ce  groupe suèdois . A part ABBA, les musiciens nordiques sont bien loin de faire partie de mes connaissances, plus que fragmentaires, en ce domaine .

C'est une (heureuse ? ) retombée de mes recherches sur Charles XII !

Voyez où va se nicher la curiosité d'un internaute qui aime à penser qu'il suit la voie de Voltaire !

Voici le "sujet" des soucis voltairiens de ce jour, Charles XII, qui eut une vie assez remuante .

Volti est sans doute l'un de ses plus remarquables historiens, certains, comme moi, disent le meilleur .

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_XII_de_Su%C3%A8de

 

charles_XII_1706.jpg

 

 

 http://catalogue.nla.gov.au/Search/Home?lookfor=histoire+de+charles+XII&type=all&limits=&submit=Find&sort=sort_date_asc&page=4&sort=&page=1

OK ! Pour les curieux patients : bonne chasse, le choix ne manque pas !

Mais surtout , voir le lien suivant :

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k37531x.r=histoire+de+charles+XII.langFR.swf

Telle que Volti ne pourra plus la corriger !

 

« A Georg Conrad Walther

 

A Lunéville en Lorraine ce 26 février [1748]

 

             Je  vous envoie le cinquième livre de l’Histoire de Charles XII corrigé, c’est-à-dire que je vous envoie les corrections et additions, présupposant que vous êtes muni de l’édition d’Amsterdam 1739 comme je vous l’ai recommandé par mes précédentes. Dès que je serai de retour à Paris, je travaillerai aux trois derniers livres, n’ayant pas les matériaux nécessaires à la cour où je suis.

 

             Je reçus il y a deux jours les parties des trois volumes que vous m’aviez adressées par M. de La Reynière. Je les ai déjà parcourues : il y a beaucoup de fautes essentielles qui exigent des cartons [feuilles d’impression supplémentaires destinées à remplacer les pages], et qui discréditeraient votre édition.

 

             Il est absolument nécessaire que votre édition soit correcte pour faire tomber toutes les  autres [de Nourse, à Londres, 1746 ; à Genève, 1742 ; à Rouen, prétendue d’Amsterdam 1748 ;de Ledet, de 1738 à 1745 ; d’Arkstée et Merkus, à Amsterdam, 1743-1745 ]. Deux choses seulement rendront votre édition préférable : la correction, et la quantité de pièces nouvelles qui ne se trouveront point ailleurs. Je vous répète plus que jamais qu’il faut donner à la fois les huit volumes. Il serait impossible que vous eussiez à Pâques la préface historique qui doit être un des morceaux les plus intéressants de cet ouvrage [elle sera signée de H. du Mont et J. Bertaut, 1748], et que j’eusse corrigé tous vos volumes. Les seules parties des trois tomes que j’ai exigent beaucoup de cartons  et un très ample errata. Jugez du reste. La précipitation nuit à toutes les affaires. Vous prétendez recueillir immédiatement après avoir semé. Vous feriez une bien mauvaise moisson. Vous courriez le risque de perdre vos frais, et vous me désobligeriez. Croyez-moi, je vous rendrai service mais ne vous nuisez point à vous-même. Imprimez le sixième  et le septième tome avec soin, tandis que je me donnerai toutes les peines nécessaires pour vous procurer un huitième volume [il y aura effectivement 8 volumes édition 1748], ne débitez rien sans que j’aie revu et corrigé toutes les feuilles. L’édition est une grande entreprise dont il ne faut pas que vous perdiez le fruit ; et vous le perdrez sûrement si vous n’agissez pas suivant mes intentions. J’ai donné ordre qu’on vous envoyât à Paris une planche gravée à la place du ridicule portrait dont vous vouliez faire usage. Comptez sur mon attention.

 

             Tout à vous.

 

             Voltaire. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=thZIM7OlRCE&feature=re...

 

 

 

25/02/2010

la Gaussin, elle a les fesses trop avalées

 

http://www.dailymotion.com/video/xwu4o_beethoven-triple-c...

http://www.youtube.com/watch?v=KmTSfHbbSgo

http://www.tudou.com/programs/view/h2qK3MOtU9s/

 

zadig.png

 

Mlle Gaussin a "les fesses trop avalées" !

 

D'abord, quand on porte un bonnet comme ça, il vaut mieux se taire !

 

Volti ! quel manque de reconnaissance envers une charmante maîtresse qui vous charma vers votre quarantaine et ranima un temps votre cinquantaine, au grand dam de Mme du Châtelet, avant de ceder aux charmes de Marie-Louise Denis.

 

Certe, Volti n'est pas le roi de la galipette, mais je me permets de souligner sa discourtoisie !

Il l'a encensée pourtant, mais il a eu sous les yeux "la belle-fille du marquis de Langalerie "belle comme le jour..." et adieu "la gentille Gaussin" ! Goujat !!

 

Messieurs, permettez que je me désolidarise de la gent masculine sur ce point.

Que vous le permettiez ou non, je ne changerai pas ! 

"Ah ! les hommes ! Vous êtes tous pareils" ai-je entendu il y a peu ! Et ça m'a fait mal, car vous le savez, quand une femme dit ceci, ce n'est pas un compliment . Sous entendu, si une plus jeune, si une supposée plus jolie est dans les environs, alors comme un certain me l'avait dit à propos de lui-même : "c'est la p'tit' tête qui mène la grosse tête". Mesdames, mesdamoiselles, croyez-le et rassurez-vous, chez les hommes aussi il y a un coeur, et qui ne bat pas que pour ce qui est au-dessous de la ceinture .

En tout cas, chez moi, c'est ainsi que j'aime .

Fidèle ? Sentimental ?

Oui ! Et ce n'est pas maintenant que je vais changer !

 

Petite bio express sur Mlle Gaussin :

 http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://upload.wikim...

 

 

 

 

 

 

 

 

« « A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental

 

A Lausanne 25 février[f1]  [1758]

 

             Il ne s’agit point, mon cher et respectable ami, des articles  qu’on m’avait demandés pour le 8è tome de l’Encyclopédie[f2]  . Ils sont à présent entre les mains de d’Alembert. Il s’agit de papiers que Diderot a entre se mains au sujet de l’article Genève, et des Kakouacs , il s’agit de lettres[f3]   que je lui ai écrites auxquelles il n’a pas répondu, et que j’exige qu’il me rende ? Après sa lettre que j’ai reçue aujourd’hui 26 au bout de deux mois, je voudrais seulement qu’il brûlât devant vous le petit billet que je lui écrivis  au sujet du libelle des Kakouacs, libelle que je croyais alors fait par les jésuites[f4] . Il a presque désavoué d’Alembert sur l’article Genève. Il a  abandonné son ami et son associé qui avait très grande raison, et qui n’a dit que l’exacte vérité, vérité même dont les prédicants genevois conviennent assez dans la profession de foi qu’ils viennent de publier[f5]  . Il faut d’ailleurs que Diderot soit le plus mou[f6]   et le plus faible des hommes pour continuer à travailler à l’Encyclopédie sous la potence. Si lui, le chevalier de Jaucourt et les autres déclarent qu’ils cesseront tout jusqu’à ce qu’on leur ait rendu la justice qu’on leur doit, et la liberté qu’ils méritent, on sera bien obligé de revenir à eux, et les coquins dont on encourage aujourd’hui les libelles seront obligés de se taire. D’Alembert se conduit en homme libre. Et Diderot en esclave. Vous pouvez, mon cher ange, ne lui pas reprocher sa mauvaise comédie du Bâtard[f7]   et sa mauvaise foi de n’avoir pas cité le Guldoni dont il l’a prise presque tout entière. Mais en vérité son procédé avec moi est inexcusable. Je veux qu’il me rende mes lettres et je vous prie, puisque vous le connaissez d’avoir la bonté de les retirer de ses mains. Je ne veux pas qu’il reste aucun vestige de ce que j’ai pensé sur cette sottise des Kakouacs. Aidez-moi à être tranquille. Car je trouve qu’il n’y a que cela de bon.

 

             Il faut surtout que mon âme soit bien à son aise pour retravailler Fanime[f8]  dans la multiplicité de mes occupations et de mes maladies. Nous la jouâmes hier et avec un nouveau succès. Je jouais Mohadar. Nous étions tous habillés comme les maîtres de l’univers. Je vous avertis que je jouai le bonhomme de père mieux que Sarrazin. Ce n’est point vanité. C’est vérité ! Quand je dis mieux, j’entends si bien que je ne voudrais pas de Sarrazin pour mon sacristain. J’avais de la colère et des larmes, et tantôt une voix forte tantôt tremblante et des attitudes ! et un bonnet ! Non jamais il n’y eut de si beau bonnet. Mais je veux encore donner quelques coups de rabot à mon loisir, si Dieu me prête vie.

 

             Oui vous êtes des sybarites fort au-dessous des Athéniens dans le siècle présent. La décadence est arrivée chez vous beaucoup plus tôt que chez eux. Mais vous leur ressemblez par votre inconstance. Vous traitiez le roi de Prusse de Mandrin[f9]   il y a six mois. Aujourd’hui c’est Alexandre. Dieu vous bénisse, Alexandre n’a point fui dix lieues à Molvits[f10]  , et n’a point crocheté les armoires de Darius[f11]   pour avoir un prétexte de prendre l’argent du pays. Peut-être Alexandre aurait récompensé l’Iphigénie en Crimée[f12]  comme il a récompensé Cherile[f13]  .

 

             Je vous remercie, mon divin ange, de ce que vous faites pour ces Douglas[f14]  . C’est vous qui ne démentez jamais votre caractère, et qui êtes toujours bienfaisant.

 

             Voulez-vous bien faire mes compliments à M. Chauvelin ? Je suis toujours fâché qu’il s’en retourne par Lyon[f15]  . M. l’abbé de Bernis trouverait fort bon qu’il passât par les Délices. J’ai reçu trois lettres de lui dans lesquelles il me marque toujours la même amitié. Mme de Pompadour a toujours la même bonté pour moi. Il est vrai qu’il ya toujours quelques bigots qui me voient de travers, et que le roi a toujours sur le cœur ma chambellanie[f16]  . Mais je n’en suis pas moins content dans la retraite que j’ai choisie. Je n’aime point votre pays dans lequel on n’a de considération qu’autant qu’on a acheté un office et où il faut être janséniste ou moliniste pour avoir des appuis. J’aime un pays où les souverains viennent souper chez moi. Si vous aviez vu hier Fanime, vous auriez cabalé pour me faire avoir la médaille[f17]  . Mais qui donc jouera Enide ? Si c’est la Gaussin, elle a les fesses trop avalées, et elle est trop monotone. Mme Dhermanges[f18]   l’a très bien jouée. Et que dirons-nous de la belle-fille du marquis de Langalerie ? Belle comme le jour ; et elle devient actrice. Son mari se forme. Tout le monde joue avec chaleur. Vos acteurs à Paris sont à la glace. Nous eûmes après Fanime des rafraichissements pour toute la salle, ensuite le très joli opéra des Troqueurs[f19]  , et puis un grand souper. C’est ainsi que l’hiver se passe. Cela vaut bien l’empire de Mme Geoffrin etc. Brûlez cette lettre.

 

 

 

             Il faut ajouter à ma lettre que la déclaration des prêtres de Genève justifie entièrement d’Alembert. Ils ne disent point que l’enfer soit éternel, mais qu’il y a dans les Ecritures des menaces de peines éternelle. Ils ne disent pont que J.-C. soit égal à Dieu le père. Ils ne l’adorent point, ils disent qu’ils ont pour lui plus que du respect. Ils veulent apparemment dire du goût. Ils se déclarent en un mot chrétiens déistes.

 

26 février.

 

             Enfin, au bout de six semaines je reçois une réponse de Diderot[f20]  . Voilà un plaisant correspondant. Je vais vous demander une grâce, c’est de daigner aller chez lui sur-le-champ et de lui montrer ce que je vais vous écrire. Soyez de mon avis, et protégez l’Encyclopédie en la faisant différer.

 

 

 

 

 

 


 [f1]Voir plus loin :  «… lettre reçue aujourd’hui 26 … » !

 

 [f2]Le 9 février, il dit à d’Argental qu’il avait « mandé à M. Diderot de (lui) renvoyer les articles et les papiers concernant cet ouvrage ».

Le 15, d’Alembert écrit que tous les articles sont entre ses mains ; cf. lettres à d’Alembert du 8 janvier et 13 février 1758.

 

 [f3]Les éditeurs de Kehl ont supprimé la fin du premier paragraphe, à partir de « il s’agit de lettres »

 

 [f4]Dans ce billet, vers le 5 janvier, V* écrit : « Quoi ! on permet aux Garasses d’insulter les Varron et les Pline !... Il sera permis à je ne sais quels pédants jésuites d’insulter leurs maîtres … Les nouveaux Garasse devraient être mis au pilori. Mandez-moi …  les noms de ces malheureux. Je les traiterai selon leur mérite dans la nouvelle édition qui se prépare de l’Histoire générale… Faut-il … que les ennemis de la raison, les persécuteurs des philosophes, les assassins de nos rois osent encore parler dans un siècle tel que le nôtre !. »

Les « libelles diffamatoires » de « ces monstres » « devraient servir à allumer les bûchers de leurs sodomites prêtres ».

V* faisait aussi allusion à « la rage » de « quelques ministres de genève » qui voulaient « justifier l’assassinat juridique de Servet ».

 

 [f5]Leur Déclaration a été publiée le 8 février à 1500 exemplaires et consignée dans les registres de la Vénérable Compagnie le 10 février 1758.

V* écrira à son sujet le 7 mars à d’Alembert : « Berne, Zurik et la Batavie crient que la Vénérable Compagnie qui s’est fait rendre compte de votre article et qui, ouï le rapport, a donné son édit, est plus que socinienne, mais cela ne fait aucune sensation ».

 

 [f6]« mou » a remplacé  « lâche ».

 

 [f7]Le Bâtard : Le Fils Naturel, qui s’inspire de la pièce de Goldoni Il vero amico ; la pièce de Diderot publiée en 1757 , ne sera jouée qu’en 1771.

 

 [f8]Zulime, provisoirement présentée comme Fanime.

 

 [f9]Le 15 décembre 1754, à Gauffecourt, V* écrit « … Il (le major Rock) a vu Mandrin à Nyon . J’espère avoir bientôt cet honneur. »

 

Le 14 janvier 1755, à la duchesse de Saxe-Gotha, V* écrivit : « Il y a trois mois ce n’était qu’un voleur, c’est à présent un conquérant … Ce brigandage peut devenir illustre et avoir de grandes suites  Les révolutions de la Perse n’ont pas commencé autrement » .

Mandrin sera roué vif en 1755.

 

 [f10]« fuite » de Frédéric II le 10 avril 1741 à Molwitz.

 

 [f11]A savoir le coffre du roi de Pologne, à Dresde le 10 septembre 1756, pour trouver dans les archives saxonnnes les documents qui justifieraient son agression.

 

 [f12]V* donne ce titre péjoratif à Iphigénie ne Tauride de Claude Guymond de La Touche, reprise le 12 décembre 1757.

 

 [f13]Choerilus d’Iassos recevait, dit-on, des pièces d’or pour les bons vers et des coups pour les mauvais.

 

 [f14]« des Ecossais francisés, des Douglas… »,  nouveaux acquéreurs du manoir de Montréal, pour qui V* le 12 décembre demande à d’Argental d’intervenir auprès de Courteilles, intendant des finances,et en faveur aussi de la famille Budé qui plaident contre un receveur du domaine.

 

 [f15]Bernard-Louis (alias François-Claude) de Chauvelin est ambassadeur à Turin.

 [f16]V* chambellan du roi de Prusse.

 

 [f17]Un auteur obtenait une médaille portant « Prix de l’art dramatique » quand ils avaient un deuxième succès.

 

 [f18]Mme d’Hermenches.

 

 [f19]De Jean-Joseph Vadé, joué la première fois en 1753.

 

 [f20]Datée du 18 février.