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24/02/2010

quelques justes haussent les épaules et se taisent

http://www.greatsong.net/TRADUCTION-LOUIS-ARMSTRONG,WHAT-...

http://www.greatsong.net/CLIP-LOUIS-ARMSTRONG,WHAT-A-WOND...

http://www.youtube.com/watch?v=c5IIXeR5OUI

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Pierre_Bayle_by_Louis_Ferdinand_Elle.jpg

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bayle_(philosophe)

 

 

 

 

 

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental

 

             Je ne vous écris point de ma main, mon cher et respectable ami. On dit que vous êtes malade comme moi ; jugez de mes inquiétudes. Voici le temps de profiter des voies du salut que le clergé ouvre à tous les fidèles. Si vous avez un Bayle dans votre bibliothèque, je vous prie de me l’envoyer par la poste afin que je le fasse brûler, comme de raison, dans la place publique de la capitale des Hottentots où j’ai l’honneur d’être. On fait ici de ces sacrifices assez communément, mais on ne peut reprocher en cela à nos sauvages d’immoler leurs semblables comme font les autres anthropophages. Des révérends pères jésuites fanatiques ont fait incendier ici sept exemplaires de Bayle[f1]  , et un avocat général[f2]  de ce qu’on appelle le Conseil souverain d’Alsace a jeté le sien tout le premier dans les flammes, pour donner l’exemple, dans le temps que d’autres jésuites plus adroits font imprimer Bayle à Trévoux[f3]   pour leur profit . Je cours le risque d’être brûlé moi qui vous parle, avec la belle Histoire de Jean Néaulme[f4] . Nous avons un évêque de Porentru (qui eût cru qu’un Porentru fût évêque de Colmar !). Ce Porentru[f5]  est grand chasseur, est grand buveur de son métier, et gouverne son diocèse par des jésuites allemands[f6]  qui sont aussi despotiques parmi nos sauvages des bords du Rhin qu’ils le sont au Paraguay[f7] . Vous voyez quels progrès la raison a faits dans les provinces ; il y a plus d’une ville gouvernée ainsi ; quelques justes haussent les épaules et se taisent. J’avais choisi cette ville comme un asile sûr dans lequel je pourrais surtout trouver des secours pour les Annales de l’empire[f8] , et j’en ai trouvé pour mon salut plus que je ne voulais. Je suis près d’être excommunié solidairement avec Jean Néaulme. Je suis sans mon lit, et je ne vois pas que je puisse être enseveli en terre sainte. J’aurai la destinée de votre chère Adrienne[f9] , mais vous ne m’en aimerez pas moins. Je vous prie, mon cher ange, de dire à ma nièce qu’elle prend très mal son temps pour m’écrire des choses cruelles[f10] . Je vous ai présenté il y a quelque temps[f11]  une petite requête pour avoir un correspondant moitié belles-lettres et nouvelles, moitié affaires qui soit homme à aller chez mon procureur, chez mon notaire, et chez les libraires, et qui moyennant une rétribution que vous auriez bien voulu régler, serait mon petit correspondant. J’ai grand peur que ce ne soit que votre maladie qui vous ait empêché de me faire réponse.

 

             Portez-vous bien, je vous en prie, si vous voulez que j’aie du courage. J’en ai grand besoin. Jean Néaulme m’a achevé. Jeanne d’Arc viendra à son tour[f12] . Tout cela est un peu embarrassant avec des cheveux blancs, des coliques, et un peu d’hydropisie et de scorbut. Deux personnes[f13]  de ce pays-ci se sont tuées ces jours passés ; elles avaient pourtant moins de détresses que moi ; mais l’espérance de vous revoir un jour me fait encore supporter la vie. Je vous embrasse tendrement, mon cher ange. Je vous supplie encore une fois de faire des reproches à ma nièce d’avoir déchiré mes blessures d’une main qui devait les fermer.

 

             V.

A Colmar 24 février [1754]. »

 Bayle_dico.jpg

 

 

 

 

 


 [f1]Le 3 mars (à d’Argens), il dit que un « jésuite nommé Aubert » est responsable de cet autodafé qui eût lieu il y a 4 ans (à d’Argenson le 20 février), il y a 5 ans (à d’Argental le 3 mars).

 [f2]George Isaac Müller

 [f3]1734

 [f4]Sur cette édition « pirate » de son Histoire universelle, cf. lettres des 5 et 17 février à Mme Denis et 10 mars à d’Argental.

 [f5]Porentru(y) est un nom de lieu (Jura suisse). Ici, c’est Rinck von Baldenstein, prince évêque de Bâle qui résidait dans un château à Porentruy, Colmar faisant partie de ce même évêché.

 [f6]Le 14 février, V* demande à d’Argenson d’intervenir : « Un missionnaire jésuite nommé Ménar (Mérat) est venu prêcher à Colmar. Et il s’est avisé de me désigner un peu fortement dans ses sermons … (Il) a poussé son zèle jusqu’à écrire … à l’évêque de Porentru qui a Colmar dans son diocèse. Ce digne prince de l’empire a écrit après boire au procureur d’Alsace, et ce procureur général après boire a résolu de déférer à son parlement le livre de la prétendue Histoire universelle. »

A la duchesse de Saxe-Gotha, v* décrit le 27 ce qu’on lui reproche: « les vérités que la loi de l’histoire (l’)a forcé de dire sur les papes ».

Il aura aussi des démêlés avec le père jésuite Menoux cf. lettre du 26 mars à la duchesse de Lutzelbourg.

 [f7]En contribuant à l’armement d’un navire nommé le Pascal, V* plaisantera sur la part qu’il prend à l’expédition des Espagnols contre les jésuites du Paraguay

 [f8]Il se félicitera de l’aide obtenue de professeur d’histoire Schoepflin et de l’avocat Sébastien Dupont.

 [f9]Adrienne Lecouvreur, dont d’Argental fut amoureux.

 [f10]Voir lettre du 10 mars à d’Argental

 [f11]Le 7 février.

 [f12]Lettre du 27 janvier, il soupçonne toujours que « le libraire du roi de Prusse qui a imprimé cette … Histoire universelle imprimera bientôt La Pucelle. »

 [f13]Sans doute Decker, beau-frère de Schoepflin qui imprime Les Annales de l’empire, et « une fille de dix-huit ans  à qui les jésuites avaient tourné la tête, et qui pour se défaire d’eux est allée dans l’autre monde. » lettre du 3 mars à Mme du Deffand.

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Rooyt3ptNco&eurl=http://manoucheka22.spaces.live.com/&feature=player_embedded

22/02/2010

je vais bientôt paraître devant ce Dieu créateur de tous les mondes

http://www.dailymotion.com/video/xovzq_claude-nougaro-amstrong_music

Avant de voir le créateur de tous les mondes et de tous les êtres ...chantons cette bénédiction-programme de vie voltairienne : "Dieu, et la Liberté."

Benjamin_Franklin_by_Joseph_Siffred_Duplessis.jpg

 

 

 

 

 

« A Louis-Laurent Gaultier

 

             Votre lettre, Monsieur, me parait celle d’un honnête homme, et cela suffit pour me déterminer à recevoir l’honneur de votre visite, le jour, et le moment qu’il vous plaira de me la faire. Je vous dirai la même chose que j’ai dite en donnant ma bénédiction au petit-fils de l’illustre et sage monsieur Franklin [le 4 avril, il accompagnera V* à La Loge des Neuf Soeurs, et V* sera reçu apprenti franc-maçon], l’homme le plus respectable de l’Amérique, et peut-être de l’’Europe, qui me demandait instamment cette bénédiction. Je ne prononçai que ces mots : Dieu, et la Liberté. Tous les assistants versèrent des larmes d’attendrissement. Je me flatte que vous êtes dans les mêmes principes. J’ai quatre-vingt-quatre ans et je vais bientôt paraître devant ce Dieu créateur de tous les mondes. Si vous avez quelque chose de particulier à me communiquer, et qui en vaille la peine, je me ferai un devoir et un honneur de recevoir votre visite, malgré les souffrances qui m’accablent.

 

             J’ai l’honneur d’être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

 

 

                    Voltaire

gentilhomme orde de la chambre du roi   

 

20 fév[rier] 1778.

            

 

21/02/2010

on aura soin d’elle si elle tombe malade

http://www.dailymotion.com/video/x41i29_claude-nougaro-le-jazz-et-la-java_music

Il fait beau et ça donne des envies de se dégourdir les gambettes et pas seulement les neurones, alors écoutez en boucle et vous vous trouverez plus légers !!

Carmontelle_-_Calas.jpg

 

 

 

« A Philippe Debrus [négociant à Genève]

 

[vers le 20 février 1763]

 

             Je pense qu’il est absolument nécessaire que la servante [Jeanne Viguière] de M. Calas vienne chez moi . Elle y sera très bien, on lui assurera des gages plus forts qu’à Toulouse . On les lui assurera pour la vie, on aura soin d’elle si elle tombe malade.

 

             Elle pourra répondre devant mon juge que je ferai déléguer par le Conseil pour recevoir ses dépositions.

 

             Alors on pourra en vertu de ses dépositions faire un nouveau mémoire qui résumant tous les autres achèvera de convaincre le Conseil et le public. [ Debrus a envoyé à V* un extrait de la lettre d’un habitant de La Salle (Cévennes) qui disait : « (elle) est dans l’usage de confesser deux fois la semaine ;… sans doute … que le confesseur lui a parlé de cette affaire . Si elle lui eût dit que Calas père eût pendu son fils, ce confesseur lui eût refusé l’absolution jusqu’à ce qu’elle en eût fait la déclaration aux juges. De là, on peut conclure qu’elle a dit vrai dans ses réponses ; et le témoignage de cette fille … a autant de force, à mon avis, que jamais en ait eu celui de Caton. »]

 

20/02/2010

je dois vous supplier de faire cesser un si horrible scandale.

vengeances hatives carton-pic.jpg

Oui ! parfois !

http://www.youtube.com/watch?v=b9GBeXa7Gq8&feature=related

Ou tardives, comme celle de Volti contre ce vraiment détestable individu : Desfontaines...

 

 

 

 

« A René Hérault

 

A Cirey ce 20 février [1739]

 

    Monsieur,

 

             Je ne peux empêcher [sic ! voir lettre à Moussinot du 18 février] que plusieurs gens de lettres vous présentent des requêtes contre l’abbé Desfontaines, aussi bien que tout le public. Mes parents peuvent s’y joindre pour l’honneur de toute une famille outragée[f1] . Mais moi, Monsieur, qui regarde plus ma réputation que ma vengeance, j’ai l’honneur de vous supplier instamment de me faire accorder un désaveu des calomnies du sieur Desfontaines, qui soit aussi authentique que son libelle. Vous avez entre les mains, Monsieur, la lettre de Mme de Bernières [« … où elle avoue hautement tout ce que j’ai fait, …, tout les services que j’ai rendus à Desfontaines ;… »], celle du sieur Thiriot, celle du libraire Prault, le certificat de Dumoulin, la lettre du sieur de Lyon[f2]  , enfin celle de l’abbé Desfontaines même écrite au sortir de Bicêtre. Puis-je moins demander, Monsieur, que le désaveu de ces calomnies si horribles et si prouvées, et quand vous êtes prêt à punir le coupable, n’aurez-vous pas quelque bonté pour le citoyen offensé ? Je parle à l’homme autant qu’au juge, je parle à mon protecteur aussi bien qu’au magistrat. Songez que le moment où j’ai servi l’abbé Desfontaines est l’époque de ses fureurs contre moi. Voyez la lettre du sieur de Lyon, voyez celle de Thiriot, du 16 août 1726, dans laquelle il m’avertit que Desfontaines pour récompense a fait contre moi un libelle ; considérez, Monsieur, je vous en conjure, qu’il m’a persécuté, calomnié pendant dix années, écoutez la voix publique, songez qu’un écrit intitulé Le Préservatif que[f3]  je n’ai ni imprimé, ni fait, a été le  prétexte de son libelle, qu’il a fait et imprimé, distribué, et avoué publiquement. Je sais ses récriminations ; mais, Monsieur, est-ce un crime de se plaindre d’un ingrat et d’un calomniateur ? Je porte à votre tribunal les mêmes plaintes qu’à tous les honnêtes gens. Est-ce à lui à m’accuser d’avoir écrit il y deux ans qu’en effet il avait payé mes bienfaits d’un libelle[f4] ? Oui, Monsieur, c’est précisément de quoi je demande vengeance, je la demande et de ce libelle fait en 1726, et de vingt autres et surtout du dernier. Je la demande avec tous les gens de lettres, avec tout le public qui vous en aura obligation, mais cette vengeance n’est autre chose qu’un désaveu nécessaire à mon honneur. Il ne m’appartient pas de vous prier de punir, mais je dois vous supplier de faire cesser un si horrible scandale.

 

             Je vous demande ce désaveu, Monsieur, et par cette lettre et par ce placet ci-joint.

 

             Je serai toute ma vie avec respect et reconnaissance,

                 Monsieur,

                          Votre humble et très obéissant serviteur,

                     Voltaire. »

 

 

 

 


 [f1]V* a été très sensible que Desfontaines dans sa Voltairomanie le disait issu d’un paysan ; il reprendra ce grief dans ses Mémoires  Présentement, il l’utilise pour essayer de mobiliser son neveu Mignot « officier de la chambre des comptes, dont le grand-père est traité de paysan » écrit-il à Hérault le 2 mars.

 

 [f2]Du Lyon, le 7 janvier a écrit à V* qu’il avait essayé de dissuader Desfontaines d’écrire contre V* des pamphlets qui déshonoreraient leur auteur.

 

 [f3]Le chevalier de Mouhy avait accepté de passer pour l’auteur.

 

 [f4]Dans la lettre à Maffei de septembre 1736

Lutter toujours,ça Volti l'a fait jusqu'à son dernier de souffle .

J'aimerais en être capable, comme cet "Homme de la Mancha", Don Quichotte-Brel qui me fait arriver au bord des larmes et dresser les poils d'émotion : http://www.youtube.com/watch?v=npkrfnoU0X4&feature=re...

19/02/2010

Je me console en vous écrivant encore

chat et jambes.gif

Plaisir partagé !

 voilà le titre que je donnerais à cette image .

Connaissant les chats, je dirai qu'il se moque bien que ces deux jambes soient  surmontées d'une femme sublime, d'un laideron ou d'un barbu comme moi !

Connaissant les femmes (là, je me vante et je parle par ouï-dire ! ), je dirai qu'elle apprécie la caresse du chat qui lui, l'aime plus que son amant qui lui, ose regarder d'autres femmes ! Enfin, je suppose !...

En réalité, dans cette gentille tête de chat, peu de pensée quand même, tout comme dans celle de sa maîtresse qui lui dit :"fiche le camp, tu vas faire filer mes bas !"

Tout ça pour en venir à une dédicace : "Vraiment vous êtes bien bonne d’avoir pris mes plaisanteries à la lettre."

Un peu tiré par les poils ! Non ?

 

« A Marie-Louise Denis

 

Ce 19 au soir [février 1752]

 

             Non, ma chère enfant, je ne vais point à Potsdam, je suis encore trop malade. Je me console en vous écrivant encore. Je ne vous ai point répondu sur quelques articles de notre n°20 du 3 février. Quoi ! vous vous imagineriez sérieusement que je vous ai jeté le chat aux jambes[f1]  , et que je me suis excusé à vos dépens envers les anges sur la Gaussin ! Je leur ai écrit au contraire qu’ayant fait un nez à la romaine à Aurélie, il n’y avait pas moyen de charger Mlle Gaussin d’un tel rôle[f2]  . Vraiment vous êtes bien bonne d’avoir pris mes plaisanteries à la lettre. A présent que je vous écris, Rome a eu probablement son arrêt [Jouée le 24 février à la Comédie française]. Vous me rassurez sur la réputation du Siècle, mais il nous faut Corbi [Représentant en librairie]. En cas que Rome ait été honnêtement reçue, je voudrais bien la dédier au roi [Elle sera bien reçue, mais non dédiée au roi]. Faites-en  demander la permission par Mme de Pompadour ou par M. d’Argenson. Il me semble que cette démarche serait décente. Faites-la réussir. Vous devez faire réussir tout. Peut-être après tant d’obligations vous devrai-je un jour la santé. J’en ai bien besoin, et je ne sais plus que devenir. Je vous embrasse tendrement.

 

             V.

 


 [f1]= suscité des embarras

 

 [f2]Le 6 février, il a écrit aux  D’Argental : « Je mettrai dans ma confession générale … que j’ai affligé Mlle Gaussin ; je m’en accuse très sérieusement devant mes anges … mais pourquoi m’a-t-on forcé de changer le rôle tendre que j’avais fait pour elle ? …M. le maréchal de Richelieu a été las pour la première fois des femmes tendres et complaisantes … Il est clair que ce gros rôle d’Amazone n’est pas fait pour les grâces attendrissantes de Mlle Gaussin … Je vous prie de lui montrer cet article de ma lettre »

http://www.dailymotion.com/video/x1ng5g_chat-qui-joue-du-...

J'ai eu un chat qui ressemblait à celui-ci, mais c'est plutôt moi qui jouait du piano comme ça !

 

18/02/2010

Ne parlez point de ce que j’écris mais agissez, ameutez

Pas trop de café ! mais du pousse café à la place , ça surement !! Jean Carmet, cher Jean Carmet, je suis heureux de te revoir et t'entendre .

http://www.youtube.com/watch?v=7fwCXvPzuSs

On est encore loin des brèves de comptoir dans les premiers cafés des XVII et XVIIIème siecles.

Le Sicilien Procope a eu le nez creux pour se lancer dans ce nouveau "commerce" de luxe .

procope432 XVIIIeme.jpg
procope_voltaire.jpg

 

 "Offrez lui des carrosses, le paiement de tous ses faux frais mais point d’argent." : certains se sont retrouvés devant les juges pour avoir accepté cela ! Je ne vous fais pas la liste ... 

 

 

 

 

« A Bonaventure Moussinot

 

Ce 18 [février 1739]

 

             Mon cher abbé, je vous adresse cette lettre pour mon neveu [abbé Alexandre Mignot], je vous prie de la lui faire rendre sur le champ et de vous joindre à lui et à Mme de Champbonin. Je vous fais à tous les mêmes prières . Ne parlez point de ce que j’écris (à mon neveu sur Mme de Champbonin, sur Thiriot, sur Mouhy) mais agissez, ameutez les Procope, les Andry rue de Seine, et même l’indolent Pitaval rue d’Anjou, les abbé de La Tour Seran [Seran de La Tour], les Castera du Perron . Qu’ils voient M. d’Eon, M. Hérault, qu’ils signent une nouvelle requête . Ne négligeons rien ; poussons le scélérat [Desfontaines, auteur de La Voltairomanie] par  tous les bouts.

 

             Je prie mon neveu d’ameuter quelques-uns de mes parents pour se joindre à lui, pour signer cette nouvelle requête à M. Hérault . Cela est important . Parlez-lui en . Offrez lui des carrosses, le paiement de tous ses faux frais avec votre adresse ordinaire . J’ai fait tenir 100 livres tournois à Mouhy . Trollez-le,[terme de vénerie : la trolle est « une manière de chasser au hasard du lancer quand on n’a pas détourné le cerf avec un limier »] mais point d’argent.

 

            Quelle personne pourrait servir auprès du curé de Saint-Nicolas-des-Champs, qui est ami de M. Hérault ? Je lui ai écrit, je vous ai mandé . J’agis aussi vivement que si j’étais à Paris, et violenti rapiunt illud.[et les violents l’emportent.]

 

             Vale.

 

procope4 plaque mémoire voltaire.jpg

 Vision moderne de la philosophie et d'un "philosophe (?)" au nom de magasin, BHV, non, pardon, BHL :

http://www.youtube.com/watch?v=Db5wX0ogg-I&feature=re...

16/02/2010

Je conseille au Saint-Père d’attendre les grandes chaleurs pour faire cette procession

Dans le dernier bulletin municipal de Gex, il était question de l'éradication des chenilles processionnaires du pin qui envahissent progressivement la France, en passant par chez nous.

Ce qui évidemment a guidé mon choix pour la lettre du jour, puisque Volti, toujours aussi bon coeur, déconseille au pape de faire une procession nu-pieds en hiver ! Je suppose qu'il était loin d'imaginer le mode de procession imagé ci-dessous :

 

procession échasses.gif

Pour de plus amples renseignements, voir :

http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://img.over-blo...

Et comme j'aime les choses qui sortent un peu-beaucoup de l'ordinaire , voyez et écoutez :

http://www.flickr.com/photos/zen/2410606492/

http://www.flickr.com/photos/zen/2409744353/in/photostream/

Relax ! Relax ! Mais pas endormis, j'espère !

 

 

 

 

 

 

« Au comte Alexandre Romanovitch Vorontsov

 

16 février, 1768, à  Ferney

 

                            Monsieur, mon ami Bourdillon [Bourdillon = V*, dans son Essai historique et critique sur les dissensions des églises de Pologne avait parlé de l’évêque de Cracovie, Kajetan Soltyk comme d’un évêque tolérant. Le prélat fut emprisonné. D’où la « honte » de V* et la correction qu’il fer dans les éditions postérieurs de l’Essai …] est tout honteux de s’être trompé sur l’évêque de Cracovie. Il devait bien penser que cet homme se dédirait et jouerait quelque mauvais tour à la raison humaine, puisqu’il est prêtre. Ce vieux bonhomme de Bourdillon est même tout étonné que vous n’ayez pas eu la bonté de réparer sa faute en faisant mettre en marge quelque petite note honnête sur la perfidie épiscopale . Il dit que M. le prince Repnin [ambassadeur de Russie en Pologne et qui a signalé le fait] a très bien fait et qu’il l’en remercie de tout son cœur.

 

                            On dit que le pape veut faire une procession pieds nus pour implorer la vengeance divine contre une certaine impératrice qui remet la nature humaine dans ses droits en établissant la liberté de conscience [Elle avait imposé à la Diète polonaise, le 5 décembre 1767, l’égalité des droits des Dissidents, c’est-à-dire les non-catholiques] . Je conseille au Saint-Père d’attendre les grandes chaleurs pour faire cette procession. Rien n’est si malsain pour un vieux Vénitien que de marcher pieds nus pendant l’hiver.

 

                            Je vous envoie, Monsieur, un Sermon prêché à Bâle, [Sermon prêché à Bâle le premier jour de l’an 1768 par Josias Rossette, évidemment de V*] que peut-être vous ne connaissez pas encore. Il pourra bien être brûlé à Rome, mais je ne crois pas qu’il le soit à Moscou. Si on prêche encore quelques sermons dans ce goût-là, j’aurai l’honneur de vous en faire part, car je sais combien vous aimez la parole de Dieu.

 

                            J’ai l’honneur d’être, avec le plus tendre respect, Monsieur, de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur.

 

                            V. »

 

 

 

 

 

Procession : http://animal.discovery.com/videos/weird-true-freaky-oak-...