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19/07/2010

Le sang pétille dans mes vieilles veines en vous parlant de lui

Il ne s'agit pas ici de mes propres veines qui n'ont qu'une vieillesse future !

Quand à l'age de mes artères, je reste discret sur cette part de mon histoire anatomique .

Mon souhait est de garder un esprit ouvert et pétillant comme celui de Volti.

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental


 

19è juillet 1776


 

Mon cher ange, j'apprends que Mme de Saint Julien arrive dans mon désert avec Lekain [cf. lettre du 24 juin]. Si la chose est vraie, j'en suis tout étonné et tout joyeux. Mais il faut que je vous dise combien je suis fâché pour l'honneur du tripot contre un nommé Tourneur [Pierre-Prime-Félicien Le Tourneur], qu'on dit secrétaire de la Librairie [le 6 cotobre, Condorcet lui apprendra que Le Tourneur n'est plus secrétaire de la Librairie et eszt devenu le bibliothécaire du comte de Provence], et qui ne me paraît pas le secrétaire du bon goût. Auriez-vous lu deux volumes de ce misérable [Shakespeare traduit de l'anglais, 1776-1782], dans lesquels il veut nous faire regarder Shakespear comme le seul modèle de la véritable tragédie ? Il l'appelle : le dieu du théâtre . Il sacrifie tous les Français, sans exception à son idole, comme on sacrifiait autrefois des cochons à Cérès. Il ne daigne pas même nommer Corneille et Racine ; ces deux grands hommes sont seulement enveloppés dans la proscription générale, sans que leurs noms soient prononcés. Il y a déjà deux tomes imprimés de ce Shakespear, qu'on prendrait pour des pièces de la Foire faites il y a deux cents ans.


 

Ce maraud a trouvé le secret de faire engager le roi, la reine, et toute la famille royale à souscrire à son ouvrage.


 

Avez-vous lu son abominable grimoire dont il aura encore cinq volumes [il y en aura vingt]? Avez-vous une haine assez vigoureuse contre cet impudent imbécile ? Souffrirez-vous l'affront qu'il fait à la France ? Vous, et M. de Thibouville , vous êtes trop doux . Il n'y a point en France assez de camouflets , assez de bonnets d'âne, assez de piloris pour un pareil faquin. Le sang pétille dans mes vieilles veines en vous parlant de lui . S'il ne vous a pas mis en colère, je vous tiens pour un homme impassible. Ce qu'il y a d'affreux, c'est que le monstre a un parti en France ; et pour comble de calamité et d'horreur, c'est moi qui autrefois parlai le premier de ce Shakespear [dans la 18ème Lettre philosophique], c'est moi qui le premier montrai aux Français quelques perles que j'avais trouvées dans son énorme fumier. Je ne m'attendais pas que je servirais un jour à fouler aux pieds les couronnes de Racine et de Corneille pour orner le front d'un histrion barbare.


 

Tâchez, je vous en prie, d'être aussi en colère que moi,sans quoi je me sens capable de faire un mauvais coup.


 

Je reviens à Lekain. On dit qu'il jouera six pièces pour les Genevois ou pour moi. J'aimerais mieux qu'il eût joué Olympie à Paris [D'Argental répondra le 24 juillet qu'il « n'a pas tenu à Lekain qu'on remit Olympie », qu'il « l'avait demandé » et qu'on en était convenu »] ; mais il n'aime point à figurer dans un rôle lorsqu'il n'écrase pas tous les autres.


 

Je ne sais si M. de Richelieu fait paraître le précis de son procès qui sera son dernier mot [Contre Mme de Saint Vincent qui a fait des faux billets au nom de Richelieu, et réclame le remboursement d'une énorme somme ; elle a été libérée par la cour des pairs qui a ordonné un nouvel examen du dossier; cf. lettres du 5 avril à d'Argental, 5 septembre et 24 novembre 1774]. Il m'avait promis de me l'envoyer. Je ne lui ai point assez dit combien il est important pour lui de ne point ennuyer son monde. Il avait choisi un avocat qu'il croyait fort grave, et qui n'était que pesant. Il y a beaucoup de ces messieurs qui font de grands factums, mais il n'y en a point qui sache écrire.


 

Quand à mon ami M. le cocher Gilbert, je souhaite qu'il aille au carcan à bride abattue [il est alors accusé de vol et de faux, lui qui avait témoigné contre Morangiès].


 

Si vous voulez, mon cher ange, me guérir de ma mauvaise humeur, daignez m'écrire un petit mot. »

Ce pauvre diable traine une vie misérable et le pape est souverain avec quinze millions de revenu. Voilà comme va le monde.

http://www.voltaire-integral.com/VOLTAIRE/Catechi.htm#Not...


http://www.dailymotion.com/video/x7pehf_syd-barrett-pink-...

Let's go !

Que ceux qui ont eu les oreilles écorchées (par les Pink F .) se disent que c'est moins douloureux que les injustices de la vie .

Bon ! il ne manquerait plus que je devienne philosophe  !

 



 

 

« A Louise-Dorothée von Meiningen, duchesse de Saxe-Gotha


19 juillet [1763]


Madame,


On n'est pas si raisonnable à Genève que l'est Votre Altesse Sérénissime. Il y a beaucoup de philosophes à la vérité qui ont un profond mépris pour les infâmes superstitions que le vicaire savoyard semble avoir détruites dans l'Emile de ce pauvre Rousseau. L'article de ce vicaire vaut mieux sans doute que tout le reste du livre. Il est goûté des grands et des petits, et cependant il est anathématisé par le Conseil qui est un peu l'esclave des prêtres. [L'Emile a été condamné le 19 juin 1762 par le Petit Conseil de Genève].Tout est contradiction dans ce monde, ce n'en est pas une petite de condamner ce qu'on estime, et ce qu'on croit dans le fond de son cœur. Deux cents citoyens ont réclamé contre l'arrêt du Petit Conseil de Genève,[#] mais bien moins par amitié pour Jean-Jacques que par haine contre les magistrats. Leur requête n'a rien produit et Jean-Jacques ayant renoncé à son beau titre de citoyen [il a abdiqué son droit de bourgeoisie le 12 mai 1763] n'a plus de titre que celui de Diogène. Il va transporter son tonneau en Écosse avec milord Maréchal [Écossais devenu gouverneur du territoire de Neuchâtel qui dépendait du roi de Prusse. La duchesse, le 9 juillet a écrit que milord Maréchal fait de Rousseau « son idole »]. Ce pauvre diable traine une vie misérable et le pape est souverain avec quinze millions de revenu. Voilà comme va le monde.


Nous autres français, nous chassons les jésuites mais nous restons en proie aux convulsionnaires. Je ne connais que les princes protestants qui se conduisent raisonnablement. Ils tiennent les prêtres à la place où ils doivent être, et ils vivent tranquilles (quand la rage de la guerre ne s'en mêle pas).


Madame, j'ai l'honneur de vous envoyer un petit catéchisme qui m'a paru assez raisonnable [Catéchisme de l'honnête homme ou dialogue entre un caloyer et un homme de bien, de V* qui se conclut ainsi : « (je sers Dieu) selon ma conscience. Elle me dit de le craindre, d'aimer les caloyers, les derviches, les bonzes et les talapoins, et de regarder tous les hommes comme mes frères. »].


Agréez mon profond respect.


v. »

#Il y eut plusieurs protestations en faveur de Rousseau, ce qui est enregistré dans les registres du Conseil, les 18 juin, 8 et 20 août. Les protestataires posent le problème général du droit de Représentation et des attributions du Conseil général.

Ces avantages avec beaucoup d'argent comptant ont tenté un cœur ambitieux

http://www.dailymotion.com/video/x27ld9_pink-floyd-money_...

 

"Ces avantages avec beaucoup d'argent comptant ont tenté un cœur ambitieux..." : décidément, cette constatation de Voltaire reste d'actualité, seule est variable l'identité de celui ou celle qui en est l'objet, président de la république, ministre, député, sénateur, votre patron,etc. ...

argent-comptant.jpg

 

 

Oublions ce monde de Money-money ... pour un monde où je suis très bon public .

Magique !

http://www.youtube.com/watch_popup?v=hwVy_2eOfsE#t=78

Merci a l'ami qui m'a transmis ce lien !

Bonne manière pour commencer une journée que de regarder des exploits pacifiques!

http://www.youtube.com/watch_popup?v=hwVy_2eOfsE#t=78

Jaunes qui étonnent ....

 

Parcours particulier d'un médecin du XVIIIème :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Anne_La_Virotte


 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

Aux Délices 19 juillet [1757]



Mon héros, c'est à vous de juger des engins meurtriers [projet de char d'assaut, auquel il tient « plus qu'à Zulime » ; cf. lettres à Mme de Fontaine 3 avril et Florian 15 mai], et ce n'est pas à moi d'en parler. Je n'avais proposé ma petite drôlerie que pour les endroits où la cavalerie peut avoir les coudées franches ; et j'imagine que partout où un escadron peut aller de front, de petits chars peuvent aller aussi, mais puisque le vainqueur de Mahon renvoie ma machine aux anciens rois d'Assyrie, il n'y a qu'à la mettre avec la colonne de Folard [le chevalier Jean-Charles de Folard a proposé de remplacer la ligne de bataille par des masses de troupes en colonnes profondes] dans les archives de Babylone. J'allais partir, Monseigneur, j'allais voir mon héros ; et je m'arrangeais avec votre médecin La Virotte, que vous avez très bien choisi autant pour vous amuser que pour vous médicamenter dans l'occasion. Mme Denis tombe malade, et même assez dangereusement. Il n'y a pas moyen de laisser toute seule une femme qui n'a que moi au pied des Alpes, pour un héros qui a trente mille hommes de bonne compagnie auprès de lui. Je suis homme à vous aller trouver en Saxe [par le passé, V* est déjà allé voir Richelieu aux armées : au camp de Philipsbourg en 1734, Richelieu va remplacer le maréchal d'Estrée (qui sera victorieux à Hastembeck le 28 juillet) en Hanovre à la tête de l'armée du Rhin qui doit forcer les Anglais à faire la paix, puis faire la jonction avec l'armée française de l'Est]; car j'imagine que vous allez dans ces quartiers-là. Faites, je vous en prie le moins de mal que vous pourrez à ma très adorée Mme la duchesse de Gotha, si votre armée dîne sur son territoire. Si vous passiez par Francfort, Mme Denis vous supplierait très instamment d'avoir la bonté de lui faire envoyer les quatre oreilles de deux coquins, l'un nommé Freitag, résident sans gages du roi de Prusse à Francfort et qui n'a jamais eu d'autres gages que ce qu'il nous a volé ; l'autre est un fripon de marchand, conseiller du roi de Prusse. Tous deux eurent l'impudence d'arrêter la veuve d'un officier du roi voyageant avec un passeport du roi ; ces deux scélérats lui firent mettre des baïonnettes dans le ventre ou sur le ventre, et fouillèrent dans ses poches [cf lettres du 20 juin et 8 juillet 1753]. Quatre oreilles en vérité ne sont pas trop pour leurs mérites.



Je crois que le roi de Prusse se défendra jusqu'à la dernière extrémité [#]. Je souhaite que que vous le preniez prisonnier, et je le souhaite pour vous et pour lui, pour son bien et pour le vôtre. Son grand défaut est de n'avoir jamais rendu justice ni aux rois qui peuvent l'accabler, ni aux généraux qui peuvent le battre. Il regardait tous les Français comme des marquis de comédie, et se donnait le ridicule de les mépriser, en se donnant celui de les copier. Il a cru avoir formé une cavalerie invincible que son père avait négligée, et avoir perfectionné encore l'infanterie de son père, disciplinée pendant trente ans par le prince d'Anhalt. Ces avantages avec beaucoup d'argent comptant ont tenté un cœur ambitieux et il a pensé que son alliance avec le roi d'Angleterre le mettait au dessus de tout. Souvenez-vous que quand il fit son traité et qu'il se moqua de la France [##] vous n'étiez point parti pour Mahon. Les Français se laissaient prendre tous leurs vaisseaux, et le gouvernement semblait se borner à la plainte. Il crut la France incapable même de ressentiment ; et je vous réponds qu'il a été bien étonné quand vous avez pris Minorque [prise de Port-Mahon le 28 juin 1756 ; cf. lettre du 14 juin 1756]. Il faut à présent qu'il avoue qu'il s'est trompé sur bien des choses. S'il succombe, il est également capable de se tuer, et de vivre en philosophe. Mais je vous assure qu'il disputera le terrain jusqu'au dernier moment. Pardonnez-moi, Monseigneur, ce long verbiage, plaignez-moi de n'être pas auprès de vous. Mme Denis qui est à son troisième accès d'une fièvre violente vous renouvelle ses sentiments. Comptez que nos deux cœurs vous appartiennent.



Voltaire. »


#Frédéric a été battu à Kolin le 18 juin et a évacué la Bohème ; il est menacé par les Français de l'armée du Rhin et d'autre part par les Français de l'armée de l'Est et les Autrichiens, par les Russes, et par les Suédois alliés officiellement aux Français et aux Autrichiens depuis le 21 mars.


## Allusion au traité avec l'Angleterre ennemie de la France, ratifié le 16 janvier 1756 à Londres et le 16 février en Prusse.

18/07/2010

Il est juste que l'admiration des étrangers se signale dans ce temps de merveilles.

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« A Marie-Thérèse Geoffrin

rue Saint-Honoré à Paris.


 

18 juillet [1760]


 

 

Oui, Madame, c'est Alexis Kouranskoy qui a eu l'honneur de vous envoyer les dernières volontés de son cousin Alétof.[de V* :Le Russe à Paris, Petit poème en vers alexandrins composé à Paris au mois de mai 1760, par M. Ivan Alethof ; cf. lettre du 30 juin . Vorontsov en accusât réception : « Je viens de recevoir de M. Alethof, cousin de M. Kouranskoy, le discours dont M. Kouranskoy l'avait fait dépositaire. »]. Ce Russe a su de vos nouvelles, Madame ; M. de Marmontel lui en avait beaucoup parlé dans son dernier voyage en Orient, au pays des lacs et des montagnes [il est venu aux Délices de fin mai à fin juin 1760]. Alexis Kouranskoy était instruit de plusieurs merveilles de votre bonne ville de Paris ; il savait ce qui s'était passé sur les tréteaux au faubourg qu'on appelle Saint-Germain, à une certaine représentation d'une comédie gaie, tendre, touchante, et tout à fait honorable pour la France [de Palissot : Les Philosophes ; D'Alembert écrit le 6 mai que 450 billets ont été donnés à la claque pour la première représentation]. Il avait été très édifié de l'honneur que M. Lefranc de Pompignan avait fait à sa patrie dans sa harangue à l'Académie. Il savait positivement que le roi avait été enchanté du Mémoire de Lefranc de Pompignan [fait en réponse aux Quand de V*, qui répondait à l'agressif Discours de réception à l'Académie de Pompignan ; Mémoire présenté au roi le 11 mai 1760, à la suite de quoi il battit en retraite et se réfugia dans son château] ; qu'il se le fait lire tous les jours à son souper, et qu'il regarde actuellement Montauban comme la première ville de son royaume, puisqu'elle a produit Lefranc de Pompignan.


 

Alexis Kouranskoy a vu avec un extrême plaisir une ou deux pages d'un nommé Fréron [dans l'Année littéraire], et il ne sait si ce Fréron n'est pas pour le moins un aussi grand homme que Pompignan, mais l'un et l'autre mis ensemble ne pourront jamais égaler Ramponeau [cabaretier très populaire qu'un entrepreneur de spectacles, Gaudon, en 1760, voulut montrer sur son théâtre, conclut un marché avec lui, mais Ramponeau n'honora pas son contrat ; Élie de Beaumont, avocat, fit un Mémoire contre Ramponeau ; le procès qui n'eut jamais lieu donna lieu à de nombreuses facéties ; en juin 1760, V* écrit Plaidoyer de Ramponeau] . Il est juste que l'admiration des étrangers se signale dans ce temps de merveilles. M. Alétof, en mourant recommanda très expressément à son cousin d'envoyer un exemplaire à Madame de Geoffrin, attendu qu'elle doit être pénétrée de respect et de reconnaissance pour l'auteur de la charmante comédie qui a fait courir tout Paris [Les Philosophes de Palissot, jouée le 2 mai 1760 pour la première fois].


 

On la soupçonne d'être en effet, comme elle le dit, dans un coin de sa chambre quand tant de gens sortent de chez eux pour aller admirer tant de merveilles. Les sages restent dans leurs coins tandis que les autres jouissent en public de leur beau triomphe.


 

Madame de Geoffrin est très humblement suppliée de vouloir bien demander à Marmontel des nouvelles de la goutte qu'il a à la main droite. Mme Denis s'attendait à une petite lettre d'honnêteté de ce voyageur [suite à sa venue aux Délices]; il avait promis d'écrire des nouvelles de tout ce qu'il y a de bon et d'excellent dans Paris ; apparemment que chat échaudé craint l'eau froide [Marmontel a été embastillé fin décembre 1759 et a perdu sa place au Mercure . Thiriot le 30 juillet écrit qu'une lettre de Marmontel dit avoir écrite à V* a fait décacheter toutes les lettres de V* et de ses amis et a fait refuser le contreseing des fermiers généraux]; mais encore faut-il être avec ses amis , quand on n'ose pas être bavard.


 

Alexis se met aux pieds de Madame de Geoffrin. »

17/07/2010

Arlequins anthropophages, je ne veux plus entendre parler de vous... Je ne veux pas respirer le même air que vous.

http://news.fr.msn.com/m6-actualite/article.aspx?cp-docum...


"...un pays où l'on commet de sang-froid et en allant dîner des barbaries qui feraient frémir des sauvages ivres."

Un pays où l'on commet, toute réflexion faite et en ayant suivi une cérémonie de prière, des actes d'agression qui font frémir ...

Ce pays qui en certains lieux, qui s'étendent très vite, devient un pays de non droit, limite république bananière où c'est la pègre qui fait sa loi .

Je fais allusion ici à cette invraisemblable violence grenobloise.

Mon cher imam, ta prière pour ce regretté mais non regrettable délinquant à qui il n'a manqué que d'être assassin, ta prière, dis-je, soit est tombée dans l'oreille de sourds, soit a mis de l'huile sur le feu . Tu ne pouvais ignorer que ces jeunes salauds (je ne crains pas d'utiliser ce terme ! ) avaient promis de se venger !

Venger quoi ? Venger qui ?

Un hors-la-loi ?

Et bien s'ils sont de son bord qu'ils en subissent les conséquences !

Voltaire vous aurais haï !

Et moi, je vous traite de bestiaux imbéciles et dangereux !

Basta !!

Je ne veux plus que vous respiriez le même air que moi !

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« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental



Aux eaux de Rolle en Suisse par Genève 16è juillet 1766



Je me jette à votre nez, à vos pieds, à vos ailes, mes divins anges. Je vous demande en grâce de m'apprendre s'il n'y a rien de nouveau . Je vous supplie de me faire avoir la Consultation des avocats [affaire de La Barre]; c'est un monument de générosité, de fermeté et de sagesse dont j'ai d'ailleurs un très grand besoin. Si vous n'en avez qu'un exemplaire et que vous ne vouliez pas le perdre, je le ferai transcrire, et je vous le renverrai bientôt.



L'atrocité de cette aventure me saisit d'horreur et de colère . Je me repens bien de m'être ruiné à bâtir et à faire du bien dans la lisière d'un pays où l'on commet de sang-froid et en allant dîner des barbaries qui feraient frémir des sauvages ivres. Et c'est là ce peuple si doux, si léger, si gai ! Arlequins anthropophages, je ne veux plus entendre parler de vous. Courez du bûcher au bal, de la Grève à l'opéra-comique, rouez Calas, pendez Sirven, brûlez cinq pauvres jeunes gens qu'il fallait, comme disent mes anges, mettre six mois à Saint-Lazare[#]. Je ne veux pas respirer le même air que vous.



Mes anges, je vous conjure encore une fois de me dire tout ce que vous savez. L'Inquisition est fade en comparaison de vos jansénistes de Grand-Chambre et de Tournelle [chambre du parlement de Paris chargée des affaires criminelles]. Il n'y a que le diable qui soit capable de brûler les hommes en dépit de la loi. Quoi ! le caprice de cinq vieux fous [cinq juges qui firent la majorité pour la condamnation à mort : « Il y avait vingt-cinq juges, quinze opinèrent la mort et dix à une correction légère. »] suffira pour infliger des supplices qui auraient fait trembler Busisris ![roi légendaire d'Égypte qui faisait périr tous les étrangers qui entraient sur ses États] Je m'arrête , car j'en dirais bien davantage. C'est trop parler de démons, je ne veux qu 'aimer mes anges. »

 


#Dans une prétendue lettre datée du 7 juillet 1766, V* relate ce qu'il sait de l'affaire : « Un … lieutenant de l'Élection , … nommé Belleval, vivait avec la plus grande intimité avec l'abbesse de Vignancour, lorsque deux jeunes gentilshommes, parents de l'abbesse , … arrivèrent à Abbeville. L'abbesse …, trouvant … le plus jeune préférable à monsieur l'élu, … congédia celui-ci … Belleval , jaloux et chassé , résolut de se venger ; il savait que le chevalier de La Barre avait commis de grandes indécences quatre mois auparavant avec quelques jeunes gens de son age. L'un d'eux … avait donné en passant un coup d baguette sur un poteau auquel était attaché un crucifix … il sut que ces jeunes gens avaient chanté des chansons impies … on reprochait au chevalier de La barre d'avoir passé à trente pas d'une procession qui portait le Saint-Sacrement, et de n'avoir pas ôte son chapeau ...Belleval alla chez tous les témoins, il les menaça …; il força le juge d'Abbeville à le faire assigner lui-même en témoignage . Il ne se contenta pas de grossir les objets ... » Les cinq jeunes gens sont de La Barre, Gaillard d'Etallonde, Moinel, Douville de Maillefeu, Dumaisniel de Saveuse.

16/07/2010

Je présume qu'on ne [se] soucie point du tout à la cour d'humilier ...

http://www.deezer.com/listen-1332290

http://www.deezer.com/listen-1332265

http://www.deezer.com/listen-1332334

 

 

http://books.google.fr/books?id=qTgWAAAAYAAJ&pg=PA63&...

 

http://www.theatrales.uqam.ca/foires/cal/cal1764.html

 

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental



Voici , mes anges, la lettre du conjuré de Turin [Chauvelin , ambassadeur à Turin, intéressé par le Triumvirat] qui m'est venue après le récit que vous m'avez fait de notre défaite [joué le 5 juillet sans succès Octave ou Le Triumvirat, fut retiré après cinq représentations et non repris]. Je suis persuadé que M. de Chauvelin vous a écrit dans le même goût. Les conjurés en agissent rondement les uns avec les autres . Il me paraît bien difficile que mes anges, M. le duc de Praslin, M. de Chauvelin, maman [Mme Denis que Mlle F. Corneille appelait « maman »] et moi (qui sommes assez difficiles) nous nous soyons tous si grossièrement trompés. Mon avis serait qu'au voyage de Fontainebleau , M. de Praslin ourdît sous main une petite brigue pour faire jouer les Roués . Je présume qu'on ne [se] soucie point du tout à la cour d'humilier Poinsinet de Sivry [à qui on a attribué la pièce ; le 12 juillet V* écrit : « ...hasardez deux ou trois représentations, car ce pauvre Poinsinet ayant protesté que le délit n'a pas été commis par lui, il se pourra que le public soit moins barbare. »], et que le ton de la pièce ne déplairait pas à beaucoup d'honnêtes gens qui sont plus familiarisés que le parterre avec l'histoire romaine.



Amusez-vous, je vous en prie, à me dire ce qui le plus révolté ce cher parterre dans l'œuvre de Poinsinet de Sivry. Comment se porte Madame l'ange ?



Respect et tendresse.



16é juillet [1764]. »

 

15/07/2010

Je m'étonne que, parmi tant de démonstrations alambiquées de l'existence de Dieu, on ne se soit pas avisé d'apporter le plaisir en preuve.

 Pour la première fois depuis la période révolutionnaire, et celle de Voltaire qui la précéda,hier, un feu d'artifice a été tiré depuis le parc du château de Voltaire .

Très beaux feux accompagnés -et soulignant- de la musique de Rameau et le livret de Volti écrits pour la Princesse de Navarre .

http://www.youtube.com/watch?v=9tvN6KwMSCI&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=HBex8q0XSrw&NR=1

http://www.youtube.com/watch?v=wuoFMFIFqqM&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=qDbgTWtPrLc&feature=related

 

Plusieurs milliers de personnes ont donc franchi les grilles et profité du spectacle, non sans avoir, pour beaucoup, profité des frites et grilllades diverses, d'un petit orchestre très dynamique et de l'illumination de la façade du château.

Ah! j'allais oublier !

Temps superbe qui aurait fait baver d'envie le président (comment quel président ? le grand N.S. bien évidemment, qui se prend parfois pour l'autre N.S., Notre Seigneur ...) s'il n'avait pas eu le nez creux en annulant la garden party élyséenne.

Ici, les invités payaient leur nourriture et leur boisson ! Et ne cherchaient pas à se montrer devant la caméra .

 

Révolutionnaire !

"quand le prince enrichit ses sujets, il faut bien que leurs taxes augmentent.": petit détail, juste pour donner du coeur au ventre à ceux qui partent en vacances, une "mesurette" démesurée d'augmentations programmées pour les tax payers que nous sommes .Nous ne sommes plus au siècle de Voltaire, où philosophiquement il admettait de payer plus en gagnant plus ; de nos jours payons d'abord pour enrichir le(s) prince(s), et tâchons de nous enrichir, en nous serrant la ceinture.

Amusez-vous bien quand même ...

 

 

« A Frédéric, prince héritier de Prusse


 

[Vers le 15 juillet 1738]

Monseigneur,


 

Quand j'ai reçu le nouveau bienfait dont Votre Altesse Royale m'a honoré,[le 17 juin, Frédéric a envoyé en même temps que des réflexions métaphysiques, ses Considérations sur l'état présent du corps politique de l'Europe, et « un meuble » pour le cabinet de Mme du Châtelet] j'ai songé aussitôt à lui payer quelques nouveaux tributs. Car quand le prince enrichit ses sujets, il faut bien que leurs taxes augmentent . Mais, Monseigneur , je ne pourrai jamais vous rendre ce que je dois à vos bontés. Le dernier fruit de votre loisir est l'ouvrage d'un vrai sage, qui est fort au-dessus des philosophes ; votre esprit sait d'autant mieux douter qu'il sait mieux approfondir. Rien n'est plus vrai, Monseigneur, que nous sommes dans ce monde sous la direction d'une puissance aussi invisible que forte, à peu près comme des poulets qu'on a mis en mue pour un certain temps, pour les mettre à la broche ensuite, et qui ne comprendront jamais par quel caprice le cuisinier les fait ainsi encager ; je parie que si ces poulets raisonnent, et font un système sur leur cage, aucun ne devinera que c'est pour être mangés qu'on les a mis là. Votre Altesse Royale se moque avec raison des animaux à deux pieds qui pensent savoir tout ; il n'y a qu'un bonnet d'âne à mettre sur la tette d'un savant qui croit savoir bien ce que c'est que la dureté, la cohérence, le ressort, l'électricité, ce qui produit les germes, les sentiments, la faim, ce qui fait digérer, enfin qui croit connaitre la matière, et qui pis est l'esprit ; il y a certainement des connaissances accordées à l'homme ; nous savons mesurer, calculer, peser jusqu'à un certain point. Les vérités géométriques sont indubitables, et c'est déjà beaucoup ; nous savons à n'en pouvoir douter, que la lune est beaucoup plus petite que la terre, que les planètes font leur cours suivant une proportion réglée, qu'il ne saurait y avoir moins de trente millions de lieues de trois mille pas d'ici au soleil ; nous prédisons les éclipses, etc. Aller plus loin est un peu hardi, et le dessous des cartes n'est pas fait pour être aperçu. J'imagine les philosophes à systèmes comme des voyageurs curieux, qui auraient pris les dimensions du sérail du Grand Turc, qui seraient même entrés dans quelques appartements, et qui prétendraient sur cela deviner combien de fois Sa Hautesse a embrassé sa sultane favorite, ou son icoglan,[un page du Grand seigneur] la nuit précédente.



 

Mais, Monseigneur, pour un prince allemand, qui doit protéger le système de Copernic, Votre Altesse Royale me paraît bien sceptique ; c'est céder un de vos États pour l'amour de la paix ; ce sont des choses, s'il vous plait, qu'on ne fait qu'à la dernière extrémité ; je mets le système planétaire de Copernic, moi, petit Français, au rang des vérités géométriques, et je ne crois point que la montagne de Malabar puisse jamais le détruire.[le 17 juin, Frédéric écrit : « … tous ces systèmes (des « philosophes ») ont un degré de probabilité, cependant ils secontredisent tous. Les Malabares ont calculé les révolutions des globes célestes sur le principe que le soleil tournait autour d'une grande montagne de leur pays, et ils ont calculé juste. »]



 

J'honore fort messieurs du Malabar, mais je les crois de pauvres physiciens . Les Chinois, auprès de qui les Malabares sont à peine des hommes, sont de fort mauvais astronomes . Le plus médiocre jésuite est un aigle chez eux ; le tribunal des mathématiques de la Chine, avec toutes ses révérences et sa barbe en pointe, est un misérable collège d'ignorants, qui prédisent la pluie et le beau temps, et qui ne savent pas seulement calculer juste une éclipse ; mais je veux que les barbares du Malabar aient une montagne en pain de sucre, qui leur tient lieu de gnomon [= cadran solaire] . Il est certain que leur montagne leur servira très bien à leur faire connaître les équinoxes, les solstices, le lever et le coucher du soleil et des étoiles, les différences des heures, les aspects des planètes, les phases de la lune ; une boule au bout d'un bâton nous fera les mêmes effets en rase campagne, et le système de Copernic n'en souffrira pas.



 

Je prends la liberté d'envoyer à Votre Altesse Royale mon système du plaisir [cinquième Discours sur l'homme]; je ne suis point sceptique sur cette matière, car depuis que je suis à Cirey, et que Votre Altesse Royale m'honore de ses bontés, je crois le plaisir démontré.



 

Je m'étonne que, parmi tant de démonstrations alambiquées de l'existence de Dieu, on ne se soit pas avisé d'apporter le plaisir en preuve. Car , physiquement parlant, le plaisir est divin, et je tiens que tout homme qui boit de bon vin de Tokay, qui embrasse une jolie femme, qui, en un mot, a des sensations agréables, doit reconnaître un être suprême et bienfaisant ; voilà pourquoi les anciens ont fait des dieux de toutes les passions ; mais comme toutes les passions nous sont données pour notre bien-être, je tiens qu'elles prouvent l'unité d'un Dieu car elles prouvent l'unité de dessein. Votre Altesse Royale permet-elle que je consacre cette épître à celui que Dieu a fait pour rendre heureux les hommes,[le Discours comporte une adresse au « Grand prince, esprit sublime, heureux présent du ciel » (= Frédéric) que V* modifiera après la mésaventure de Francfort] à celui dont les bontés font mon bonheur et ma gloire ? Mme du Châtelet partage mes sentiments. Je suis avec un profond respect et un dévouement sans bornes,



 

Monseigneur, etc . »