27/09/2009
vous m’empêchez de dormir, et je n’en peux plus
J'ai encore pu vérifier les lois de l'attraction universelle, comme Newton, en constatant que toute pomme va de l'arbre à la cagette, de la cagette au lavage, du lavage au tri, du tri au rapage et de là, rapidement au pressoir . Mon esprit aimant les cliquetis de la mécanique horlogère a retrouvé les clics de la vis du pressoir et le travail d'équipe : l'union fait la force et l'huile de coude fait du bon jus de pommes.
Ce jour, j'ai été mis au coing ! pour indiscipline ? non, par gourmandise .
Je connais un coin où il y a de beaux coings, des petits coings à l'odeur attirante ( et évité les petits coins tels qu'ils étaient au XVIIIème siècle ! ). Si le saint patron des gourmands -St Jelly- est avec moi, je compte régaler quelques ami(e)s . A suivre ...

La Charmille est encore bordée des jolis cyclamen de Naples, blancs et rose-mauve qui ont vu passer une belle fleur cette semaine ... doucement, sans les meutrir ...
http://www.youtube.com/watch?v=T2NEU6Xf7lM&feature=re...
Allez, Volti défend tes droits . Et vous , rondelette Mme Denis prenez la plume sans embarras ...
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental
et à
Jeanne –Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d’ Argental
Je reçus hier les ordres de mes anges, concernant la conspiration des roués [Octave ou Le Triumvirat], et j’envoie sur le champ tous les changements qu’ils demandent pour les assassins et les assassines. Il faut assurément que M. le duc de Praslin ait une âme bien noire pour vouloir qu’une femme égorge son mari dans son lit ; mais puisque mes anges ont eu cette horrible idée, il faut la pardonner à un ministre d’État. Mettez le feu aux poudres de la façon qu’il vous plaira, faites comme vous l’entendez ; mais ne me demandez plus de vers, car vous m’empêchez de dormir, et je n’en peux plus ; laissez-moi je vous prie, ce vers :
L’ardeur de me venger ne m’en fait point accroire.
Il ne faut pas toujours que Melpomène marche sur des échasses ; les vers les plus simples sont très bien reçus, surtout quand ils se trouvent dans une tirade où il y en a d’assez forts. Racine est plein à tout moment de ces vers que vous réprouvez. Une tragédie n’aurait point du tout l’air naturel, s’il n’y avait pas beaucoup de ces expressions simples, qui n’ont rien de bas ni de trop familier.
Divertissez-vous mes anges, de la niche que vous allez faire. Je ne sais s’il faut intituler la pièce Le Triumvirat ; le titre me ferait soupçonner, et on dirait que je suis le savetier qui raccommode toujours les vieux cothurnes de Crébillon. [Crébillon a fait représenter en 1754 Le Triumvirat ou La Mort de Cicéron].Cependant, il est difficile de donner un autre titre à l’ouvrage. Tirez-vous de là comme vous pourrez. Tout ce que je puis vous dire, c’est que cette pièce ne sera pas du nombre de celles qui font répandre des larmes ; je la crois très attachante, mais non attendrissante. Je crois toujours qu’Olympie ferait un bien plus grand effet, elle est plus majestueuse, plus auguste, plus théâtrale, plus singulière ; elle fait verser des pleurs toutes les fois qu’on la joue ; et les comédiens de Paris me paraissent aussi malavisés qu’ingrats de la pas représenter.
Permettez que je mette dans ce paquet des affaires temporelles avec les spirituelles : voici un petit mémoire pour M. le duc de Praslin, en cas que mon affaire sacerdotale ne soit pas encore rapportée [affaire des dîmes de Ferney, que V* veut faire juger par le Conseil du roi]. Nous lui devons bien des remerciements, Mme Denis et moi, de la bonté qu’il a eue de se charger de ce petit procès, qui était d’abord dévolu à M. de Saint-Florentin [le comte de Saint Florentin avait « le département de l’Eglise », le duc de Praslin « les affaires étrangères »]. Il est vrai que cette affaire, toute petite qu’elle est, étant fondée sur les traités de nos rois, [dans une lettre adressée au roi, Mme Denis et les anciens propriétaires se réfèrent entre autres au traité d’Arau conclut en juin 1658 entre le roi et les cantons et qui stipule que « tous les abergements et aliénations faites par la ville et canton de Berne, des biens ecclésiastiques et autres dans le pays de Gex subsisteraient … » et à des lettres du roi au Conseil de Genève des 17 juin 1642 et 30 mai 1643 portant « que Sa Majesté ne souffrira pas que les causes concernant les dîmes du Pays de Gex soient portées ailleurs que devant Elle en son conseil ».] appartient de droit aux Affaires étrangères ; mais j’aime encore mieux attribuer la peine qu’il daigne prendre, à l’amitié qu’il a pour vous, et aux bontés dont il honore Mme Denis et moi.
Comme je prends la liberté de lui adresser votre paquet, je suppose qu’il se saisira du mémoire qui est pour lui ; il est court, net et clair, point de verbiage.
Pour un esprit de sa trempe
N’allongeons point en cent mots superflus
Ce qu’on dirait en quatre tout au plus.[d’après L’Enfant prodigue]
Qu’est-ce que la Défaite des Bernardins ?[ à Damilaville le 4 octobre : « A-t-on imprimé le plaidoyer contre les Bernardins ? ». Citeaux leur appartenait .] Cela est-il plaisant ?
Respect et tendresse.
Voltaire
27è septembre 1763 aux Délices. »
19:32 | Lien permanent | Commentaires (0)
24/09/2009
ce que des malavisés m’ont imputé si injustement.
You know what ? I 'm happy !
L'auteur du beau blog :
http://www.monsieurdevoltaire.com/
est venu au château de Volti . J'en suis encore ému et il me semble que je le suis plus encore après deux jours .
Je recommande à cet auteur de méditer ceci : (NDLR : au lieu de quatre heures, peut-on transiger pour quatre heures et demi ? ; )) :

Merci à Volti qui est un homme maître "es relations" et qui est même est capable d'en favoriser encore alors que ses cendres reposent au Panthéon.
Revenons à mon menteur préféré jouant au chat et à la souris avec la censure .
« A Etienne-Noël Damilaville
Vous savez, je crois, mon cher frère, ce que c’est que ce Dictionnaire philosophique que des malavisés m’ont imputé si injustement. C’est un ouvrage qui me parait bien fort. Je l’ai fait acheter à Genève, il n’y en avait alors que deux exemplaires. Le consistoire des prêtres pédants sociniens l’a déféré aux magistrats. Alors les libraires en ont fait venir beaucoup. Les magistrats l’ont lu avec édification, et les prêtres ont été tout étonnés de voir que ce qui eût été brûlé il y a trente ans est aujourd’hui très bien reçu de tout le monde [Montpéroux, résident de France à Genève écrira au duc de Praslin le 26 septembre : « … la bourgeoisie a marqué (ici) tant d’indignation contre cet ouvrage que le Conseil n’a pu se dispenser de le condamner hier comme … un impie…, destructif de la révélation, avec très expresse défense à tous libraires … d’en imprimer, vendre ou distribuer à peine d’être poursuivis extraordinairement… En conséquence de ce jugement, le Dictionnaire fut lacéré et brûlé par l’exécuteur de la haute justice devant la porte de l’Hôtel de ville. » . V* écrira à ce propos à d’Argental le 5 novembre : « La sottise qu’on a faite à Genève n’a été qu’un sacrifice au parti de Jean-Jacques qui a toujours crié qu’il fallait brûler l’Évangile puisqu’on avait brûlé Émile. »]. Il me parait qu’on est beaucoup plus avancé à Genève qu’à Paris. Votre parlement n’est pas encore philosophe. Je voudrais bien avoir les factums des capucins [Il y avait conflit au couvent des capucins de Paris entre les frères définiteurs et les frères quêteurs ; ceux-ci avaient fait paraitre un mémoire plein de détails scandaleux.]. Mais pourquoi faut-il qu’il y ait des capucins ? Courage, le royaume de Dieu n’et pas loin ; les esprits s’éclairent d’un bout de l’Europe à l’autre. Quel dommage encore une fois que ceux qui pensent de la même manière ne soient pas tous frères ! que ne suis-je à Paris ! que ne puis-je mourir dans les bras de véritables frères ! Intérim écr[asez] l’Inf[âme].
Voltaire
24è septembre 1764. »
J'ai suffisamment le coeur en fête pour ne plus m'intéresser à la vie politique, juste un peu à la vie sociale et même plus à la météo ( ce qui est un exploit pour un bon frenchy comme moi ! )....
http://www.youtube.com/watch?v=__gl5UC_21I&NR=1
Yes I need !!
19:19 | Lien permanent | Commentaires (3)
21/09/2009
moi qui suis à mon corps défendant un exemple de sagesse
Dimanche, 18h20, je raccompagne « ma » dernière visiteuse des journées du patrimoine 2009. Elle a le sourire, c’est pour moi le meilleur merci .
Je retrouve dans notre petite boutique du château de Volti les membres de l’équipe qui ont accueilli ce jour 999 visiteurs ( oui, je sais, ce chiffre donne un peu un côté Télé Achat, mais il est réel ; total sur deux jours : 1375 ! pas mal !! ).
J’ai les pieds usés jusqu’aux genoux et la gorge comme celle d’une grenouille qui a trop croassé .
Les vaillantes Charilla, Eilise, Babeth et l’accueillant et aimable Wahid connaissent aussi une saine (depuis quand une fatigue est-elle saine ? et jusqu’à quand ? ) grosse fatigue : rêves de bain, douches, dodo sous la couette .
Un repas en commun est envisagé : « là, tout de suite ? » ; non , remis à une date proche ; récupérer d’abord.
Moi, ce jour, j’ai l’arme absolue contre le blues du château vide : l’offrir à une amie (le chateau, pas le blues ! quoique ... ).
Dans quelques heures elle sera là . Yes !!
Welcome Mamzelle Wagnière !!
http://www.youtube.com/watch?v=oUCRqZbQRI0&feature=player_embedded
« A Charles –Augustin Ferriol, comte d’Argental
Mon cher et respectable ami, vous m’écrivez des lettres qui percent l’âme et qui l’éclairent. Vous dites tout ce qu’un sage peut dire sur les rois, mais je maintiens mon roi une espèce de sage. Il n’est pas un d’Argental, mais après vous, il est tout ce que j’ai de plus aimable. Pourquoi donc, me dira-t-on quittez-vous M. d’Argental pour lui ? Ah ! mon cher ami, ce n’est pas vous que je quitte, ce sont les petites cabales, et les grandes haines, les calomnies, les injustices, tout ce qui persécute un homme de lettres dans sa patrie. Je la regrette sans doute cette patrie, et je la reverrai bientôt. Vous me la ferez toujours aimer, et d’ailleurs je me regarderai toujours comme le sujet et comme le domestique du roi. Si j’étais bon Français à Paris à plus forte raison le suis-je dans les pays étrangers. Comptez que j’ai bien prévenu vos conseils, et que jamais je n’ai mieux mérité votre amitié, mais je suis un peu comme Chiampot la perruque. Vous ne savez peut-être pas son histoire. C’était un homme qui quitta Paris parce que les petits garçons couraient après lui. Il alla à Lyon par la diligence, et en descendant, il fut salué d’une huée de polissons. Voilà à peu près mon cas : d’Arnaud fait ici des chansons pour les filles, et on imprime dans les gazettes : Chansons de l’illustre Voltaire pour l’auguste princesse Amélie.[ce poème qui commence par « Je viens abjurer mon erreur / Aux pieds de l’Amour même. » lui fut attribué par la Spernesche Zeitung de Berlin le 15 septembre]. Un chambellan de la princesse de Bayreuth, bon catholique, ayant la fièvre, et le transport au cerveau, croit demander un lavement, on lui apporte le viatique et l’extrême-onction, il prend le prêtre pour un apothicaire, tourne le cul, et de rire. Une façon de secrétaire que j’ai amené avec moi, espèce de rimailleur, fait des vers de cette aventure, et on imprime : Vers de l’illustre Voltaire sur le cul d’un chambellan de Bayreuth et sur son extrême-onction.[ sont-ils de Tinois ? publiés en septembre, selon Droysen ] . Ainsi je porte glorieusement les péchés de d’Arnaud et de Tinois, mais malheureusement j’ai peur que les mauvais vers de Tinois portés par la beauté du sujet ne parviennent à Paris, et ne causent du scandale. J’ai grondé vivement le poète et je vous prie, si cette sottise parvient dans le pays natal de ces fadaises, de détruire la calomnie, car quoique les vers aient l’air à peu près faits par un laquais, il y a d’honnêtes gens qui pourraient bien me les imputer, et cela n’est pas juste. Il faut que chacun jouisse de son bien. Franchement il y aurait de la cruauté à m’imputer ces vers scandaleux, à moi qui suis à mon corps défendant un exemple de sagesse dans ce pays ci. Protestez-donc je vous en prie dans le grand livre de Mme Doublet [les Nouvelles à la main, élaborées dans le salon de Mme Doublet, avec Bachaumont comme habitué ] contre les impertinents qui m’attribueraient cette impertinence.
Je vous écris un peu moins sérieusement qu’à mon ordinaire, c’est que je suis plus gai. Je vous reverrai bientôt, et je compte passer ma vie entre Frédéric, le modèle des rois, et vous, le modèle des hommes. On est à Paris en trois semaines, et on travaille chemin faisant, on ne perd point son temps. Qu’est-ce que trois semaines dans une année ? Rien n’est plus sain que d’aller. Vous m’allez dire que c’est une chimère. Non, croyez tout d’un homme qui vous a sacrifié le pape [en venant en France plutôt qu’en Italie comme il l’envisageait souvent ].
Nous jouâmes avant-hier Rome sauvée. Le roi était encore en Silésie. Nous avions une compagnie choisie Nous jouâmes pour nous réjouir. Il y a ici un ambassadeur anglais [sir Charles Hanbury Williams ] qui sait par cœur les Catilinaires. Ce n’est pas mylord Tirconel [envoyé de France, d’origine irlandaise], c’est l’envoyé d’Angleterre. Il m’a fait de très beaux vers anglais sur Rome sauvée. Il dit que c’est mon meilleur ouvrage. C’est une vraie pièce pour des ministres. Mme la chancelière en est fort contente [femme de Cocceji]. Nos Daguessau aiment ici la comédie, en réformant les lois. Adieu, je suis un bavard, je vous aime de tout mon cœur.
Voltaire
A Berlin ce 21 septembre 1750. »
Adieu, je suis un bavard : à voir et vérifier, pour celà : Rendez-vous : http://www.youtube.com/watch?v=i7zwp_-CAA4&feature=re...
À pied, à cheval ou en voiture , j’y serai ... Ne retenez que : Aux marches du palais...

17:13 | Lien permanent | Commentaires (0)
17/09/2009
ces misérable bienséances françaises et de ces petitesses d’un peuple qui est assez ignorant et assez fou pour vouloir qu’on pense à Pékin comme à Paris
Colchiques dans les prés .....
Rétro ? oui-da !
Kitch ? oui derechef !
Mais en tout cas c’est de saison : http://www.youtube.com/watch?v=hdZb6wO8LrA
Un peu sopo ?
Ah ! alors là, plus personne ne réagit ! Nous sommes dans un autre monde, la quatrième dimension de la chanson , le rêve !!
Je vous donne maintenant une version qui me plait davantage et je vous le dis : "N'oubliez pas Dorothée, elle a ravi bien des enfants (dont les miens) et mérite qu'on se souvienne d'elle affectueusement ." En tout cas elle me convient agréablement : http://www.youtube.com/watch?v=DMHuVEqmYJw&NR=1

« A Charles –Augustin Ferriol, comte d’Argental
Je fais passer par vos mains, cher et respectable ami, ma réponse à monsieur le comte de Choiseul, ne sachant pas son adresse. Collini vient d’arriver, et je reçois trop tard vos avis et ceux des anges. On vend déjà dans Paris en manuscrit L’Orphelin comme La Pucelle, et tout aussi défiguré. L’état cruel où les nouvelles infidélités touchant l’Histoire de la guerre dernière, et les dangers où me mettaient les copies abominables de La Pucelle avaient réduit ma santé ne me permettait pas de travailler. Il s’en fallait de beaucoup. Tout ce que j’ai pu faire a été de prévenir par une prompte édition [de l’Orphelin de la Chine] le mal que m’allait faire une édition subreptice dont j’étais menacé tous les jours. Tout le mal vient de donner des tragédies à Paris quand on est au pied des Alpes. Cela n’est arrivé qu’à moi. Je ne crois pas avoir mérité qu’on me forçât à fuir ma patrie ; je m’aperçois seulement qu’il faut être auprès de vous pour faire quelque chose de passable, et que si l’on veut tirer parti des talents il ne faut pas les persécuter.
Je compte sur quelque souvenir de la part de madame de Pompadour et de monsieur d’Argenson. Mais je perdrais absolument leurs bonnes grâces, si on avait publié cette Guerre de 1741 et que l’un et l’autre m’avaient recommandé de ne pas donner au public, et le roi m’en aurait su très mauvais gré malgré les justes louanges que je lui donne. Je risquais d’être écrasé par le monument même que j’érigeais à sa gloire.
Jugez du chagrin que m’a causé la conduite de M. de Malesherbes, [qui a permis l’édition par Prieur du manuscrit volé à V* par le marquis de Ximenes] et son ressentiment injuste contre mes très justes démarches.
Enfin, voila la pièce imprimée avec tous ses défauts qui sont très grands. Il n’y a autre chose à faire qu’à la supprimer au théâtre, et à attendre un temps favorable pour en redonner deux ou trois représentations [il faudra attendre octobre 1757]. Comptez que je suis très affligé de ne m’être pas livré à tout ce qu’un tel sujet pouvait me fournir. C’était une occasion de dompter l’esprit de préjugé qui rend parmi nous l’art dramatique encore bien faible. Nos mœurs sont trop molles. J’aurais dû peindre avec des traits plus caractérisés la fierté sauvage des Tartares et le morale des Chinois : il fallait que la scène fût dans une salle de Confucius, que Zamti fût un descendant de ce législateur ; qu’il parlât comme Confucius même ; que tout fût neuf et hardi, que rien ne se ressentît de ces misérable bienséances françaises et de ces petitesses d’un peuple qui est assez ignorant et assez fou pour vouloir qu’on pense à Pékin comme à Paris. J’aurais accoutumé peut-être la nation à voir sans s’étonner des mœurs plus fortes que les siennes, j’aurais préparé les esprits à un ouvrage plus fort que je médite [sans doute L’Essai sur les mœurs], et que je ne pourrai probablement exécuter. Il faudra me réduire à planter des marronniers et des pêchers. Cela est plus aisé, et n’est pas sujet aux revers que les talents attirent. Il faut enfin vivre pour soi, et mourir pour soi, puisque je ne peux vivre pour vous et avec vous. Je vous embrasse bien tendrement, mon cher ange.
V.
17 septembre 1755. »
20:57 | Lien permanent | Commentaires (0)
16/09/2009
vous les femmes
Une réponse du XXème siècle à Volti qui malgré tout son savoir (lacunaire, comme celui de tous les hommes, il faut bien le reconnaitre ), écoutez Mesdames et vous aussi Messieurs : http://www.youtube.com/watch?v=kGeBTvsfuFM
J'ai d'abord parlé de réponse, car je viens de lire pour mon grand plaisir l'article "F comme Femme" : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-36117250.html
En note de cet article instructif, pour le côté normatif , je propose à la CEE, ces différents labels :
- FF = Frêle Femme = "femme normale"
- FFF = Frêle Femme Forte = femme normale avec un compagnon
- FFFF = Frêle Femme Forte Fidèle = femme normale avec compagnon voltairien (ceux qui connaissent le vie de Volti me comprennent )
- FFFFF = Frêle Femme Forte Fidèle Fortunée = no comment !
NDLR : et jeune pendant qu'on peut le demander ( J'ai cru entendre "goujat !!" . Est-ce bien à moi que vous vous adressez, Madame ? ).
Le label 4F vaut la peine d'investir de s'investir . Que celui qui trouve mieux me le fasse savoir !!
Très XVIIIème : La Femme Fidèle :

http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://upload.wikim...

14:48 | Lien permanent | Commentaires (2)
11/09/2009
un prince philosophe, c’est un homme et par conséquent une chose bien rare
Il est venu, nous sommes tous là, même James venu du pied de la montagne. Notre nouvel administrateur est jeune et plein d’allant. Le château va prendre un nouvel élan.
Il aura déjà eu un premier mérite, celui de faire en sorte qu’un collègue arrive à faire un semblant de travail, et que un peu lèche-cul courtisan, il apporte un plat de pâtisseries marocaines avec thé à la menthe ( faites maison, dit-il, mais il n’a pas dit laquelle ;-)). Inutile de vous dire que je déteste ce style carpette (ou tapis de prière pour les plus honorables, ce qu’il n’est pas ).
Bon assez de venin déversé, repensons à des personnes plus estimables, comme ces 98 donneurs de sang, dont un bon nombre de primo-donneurs qui ont répondu favorablement à l’appel lors d’une collecte exceptionnelle hier au centre commercial de Val Thoiry (Thoiry 01710).
http://www.rhonealpes.dondusang.net/#
Je croise les doigts (y compris ceux des pieds ) pour que les donneurs soient encore nombreux lundi 14 septembre à Gex et inaugurent les nouveaux locaux mis à disposition dans l’hopital local (qui fait aussi maison de retraite, ex – hospice où je finirai peut-être mes jours si je deviens gâteux ! ).
"Continuez", ma chère amie, "à m’écrire ces lettres charmantes" : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-35934398.html

Et sans transition , juste parce que ça me plait : http://www.dailymotion.com/video/x49i9a_michel-berger-que..., et peut-être aussi à Mamzelle Wagnière ....
« A Berger
Mon cher ami, vous êtes l’homme le plus exact et le plus essentiel que je connaisse. C’est une louange qu’il faut toujours vous donner. Je suis également sensible à vos soins, à vos conseils, à votre exactitude.
J’ai reçu une lettre bien singulière du prince royal de Prusse [datée du 8 août]. Je vous en enverrai une copie. Il m’écrit comme Julien écrivait à Libanius. C’est un prince philosophe, c’est un homme et par conséquent une chose bien rare. Il n’a que vingt-quatre ans ; il méprise le trône et les plaisirs, et n’aime que la science et la vertu. Il m’invite à venir le trouver ; mais je lui mande qu’on ne doit jamais quitter ses amis pour des princes et je reste à Cirey. Si Gresset [Louis Gresset auteur de, entre autres, Vert-Vert, histoire d’un perroquet de Nevers 1734] va à Berlin, apparemment qu’il aime moins ses amis que moi. J’ai envoyé à notre ami Thiriot la réponse de Libanius à Julien [Libanius, professeur de rhétorique, eut Julien pour élève]. Il doit vous la communiquer. Vous aurez incessamment la préface ou plutôt l’avertissement de Linant, puisque ni vous ni Thiriot n’avez voulu faire la préface de La Henriade [pour l’édition de 1737, portant l’adresse de Londres qui comportera effectivement une préface de Linant ]. Continuez, mon cher ami, à m’écrire ces lettres charmantes qui valent bien mieux que des préfaces. Embrassez pour moi les Crébillon, les Bernard et les la Bruère [sans doute Leclerc de La Bruère]. Adieu.
Voltaire
A Cirey, le 10 septembre 1736. »
16:34 | Lien permanent | Commentaires (1)
09/09/2009
Il y a prodigieusement de baïonnettes et fort peu de livres.
Aujourd’hui, petit passage par les mains de la coiffeuse, juste le temps de constater que j’ai décidément un front des troupes pileuses qui recule (sans peur et en ordre régulier ) et une tendance à passer de la couleur au noir et blanc (heureusement, je ne passe pas par le sépia, trop pisseux pour une tignasse ! ).
Et instinctivement me vient en tête ceci : http://www.dailymotion.com/video/xd396_brassens-quand-on-...
et le commentaire du titre de cette note : quand le budget de l'armée sera-t-il inférieur à celui de l'éducation et de la culture ?
Je crois que je serai chauve comme le capot d'une Twingo ou mes cendres dispersées à tous les vents lorsque celà arrivera, je le crains . Je parle pour la France, je n'ose envisager cette hypothèse pour l'Iran, la Palestine, Israël ou le Pakistan ( je ne peux pas nommer tous les pays du monde, j'y serai encore demain !)...

Au ciel ce gaillard là doit chanter quelques poêmes de Volti dédiés à de jolies femmes ! Je suis prêt à prendre les paris !...
« A Jean Le Rond d’Alembert
de l’Académie des Sciences etc.
Vraiment, Monsieur, c’est à vous à dire :
Je rendrai grâce au ciel, et resterai dans Rome [Rome sauvée].
Quand je parle de rendre grâce au ciel, ce n’est pas du bien qu’on vous a fait dans votre patrie, mais de celui que vous lui faites. Vous, et M. Diderot, vous faites un ouvrage qui sera la gloire de la France, et la honte de ceux qui vous ont traversés [l’Encyclopédie a été condamnée]. Paris abonde de barbouilleurs de papier, mais de philosophes éloquents je ne connais que vous et lui. Il est vrai qu’un tel ouvrage devait être fait loin des sots et des fanatiques sous les yeux d’un roi aussi philosophe que vous, mais les secours manquent ici totalement. Il y a prodigieusement de baïonnettes et fort peu de livres. Le roi a fort embelli Sparte, mais il n’a transporté Athènes que dans son cabinet ; et il faut avouer que ce n’est qu’à Paris que vous pouvez achever cette grande entreprise. J’ai assez bonne opinion du ministère pour espérer que vous ne serez pas réduit à ne trouver que dans vous-même la récompense d’un travail si utile.
J’ai le bonheur d’avoir chez moi l’abbé de Prades, et j’espère que le Roi, à son retour de Silésie, lui apportera les provisions d’un bon bénéfice [le 18 juillet V* écrit à l’abbé que le roi lui a promis « le premier bénéfice vacant en Silésie »]. Il ne s’attendait pas à ce que sa thèse dût le faire vivre du bien de l’Église, quand elle lui attirait de si violentes persécutions [Jean-Martin de Prades avait soutenu en Sorbonne une thèse intitulée « Jerusalem coelesti, quaestio theologica : Quis es ille, cuius in faciem deus inspirauit spiraculum uitae ? L’université avait accepté la thèse, puis était revenue sur sa décision quand de Prades avait été attaqué par l’Eglise et par le parlement qui condamna la thèse au feu . Il s’était alors enfui en Hollande puis en Prusse.]. Vous voyez que cette Église est comme la lance d’Achille qui guérissait les blessures qu’elle avait faites. Heureusement les bénéfices ne sont point en Silésie à la nomination de Boyer ni de Couturier [dans une note ajoutée au Mondain, V* accuse Couturier, prêtre ami du cardinal de Fleury, d’avoir contribué à faire condamner Le Mondain et de l’avoir ainsi obligé à fuir]. Je ne sais pas si l’abbé de Prades est hérétique, mais il me parait honnête homme, aimable et gai.
Comme je suis toujours très malade, il pourra bien m’exhorter à mon agonie, il l’égayera et ne me demandera point de billet de confession. Adieu, Monsieur ; s’il y a peu de Socrate en France, il y a trop d’Anitus et de Melitus [accusateurs de Socrate], et surtout trop de sots. Mais je veux faire comme Dieu qui pardonnait à Sodome en faveur de cinq justes. Je vous embrasse de tout mon cœur.
Voltaire
A Potsdam, 9 septembre 1752. »
17:38 | Lien permanent | Commentaires (2)

