11/03/2010
Vous devriez bien venir coucher chez nous quand vous serez de loisir.
« A Pierre-Michel Hennin
[11 mars 1770]
Je vous supplie, Monsieur, de vouloir bien me mander s’il est vrai que M. Cramer le Conseiller [Philibert Cramer] soit envoyé par le magnifique Conseil, au petit duc de Choiseul, dans la petite cour de France, pour représenter au Roi l’insolence de ses ministres. Je ne doute pas que s’il va donner des ordres à Versailles, il ne soit reçu avec toute la soumission que doit un roi à la république romaine. En attendant il s’agit d’avoir à Versoix du bœuf, du mouton, du bois et de la chandelle ; cela est plus important que l’ambassade de Flamminius Cramer [allusion à Titus Quintus Flamininus (souvent dit Flaminius) qui alla en ambassade auprès de Prusias négocier la fin d’Hannibal].
Je suis toujours dans mon lit, d’où je contemple tranquillement les orages[f1] ; mais je vous avoue que mon orgueil est bien flatté de voir un de mes libraires aller donner des ordres à votre cour.
Vous devriez bien venir coucher chez nous quand vous serez de loisir.
V. »
[f1]Depuis le 18 février, on avait proscrit huit chefs chez les Natifs, par un édit du 23 février et on avait demandé aux autres de prêter serment ou de partir. Dès le 16 février V* offrait asile à Ferney à tous ceux qui le souhaiteraient. Le 12 mars, il va encore signaler à Choiseul que "le 7 mars trois pauvres ouvriers ont été assaillis et blessés dès qu'ils eurent dit qu'ils étaient français ... Les Bourgeois ... avaient laissé faire".
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10/03/2010
des blessures que la mort seule peut guérir
http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://rde.revues.o...

- Lettre autographe, signée « Voltaire », adressée à sa nièce, mme Denis. Bruxelles, 8 janvier 1741 ; 1 page in-4°, adresse sur le 4° feuillet. « J’arrive à Bruxelles, je vous fais mille tendres compliments sur votre attachement au bon St Louis. [...] Mais compliments à part mes chers enfants, il faut que je vous voye. Monsieur Du Chastelet va à Paris, nous l’acompagne-rons madame Du Chastelet et moy, nous arriverons jeudy vers les trois ou quatre heures [...] J’ay rapporté de Prusse une fluxion sur les yeux qui me rend un fort vilain aveugle ; mais ma chere niece comme ce n’est pas pour mes baux yeux que vous m’aimez, votre oncle le quinze vingt viendra hardiment vous faire la cour. »
Les années ont passé, la "chère nièce" (très "chère" nièce dorénavant ) a des réflexions un peu vexantes et irrévérencieuses . Trop , c'est trop, mais comme d'habitude ce cher homme va encore pardonner .
Adorable Voltaire ami !
Il est bon de souhaiter à tous un(e) ami(e) tel(le) que lui .
http://www.youtube.com/watch?v=_x0R0vFBHdE&NR=1
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental
A Colmar 10 mars 1754
Mon cher et respectable ami, je ne peux que vous montrer des blessures que la mort seule peut guérir. Me voilà exilé pour jamais de Paris, pour un livre qui n’est pas certainement le mien dans l’état où il parait, pour un livre[f1] que j’ai réprouvé et condamné si hautement. Le procès-verbal authentique de confrontation que j’ai fait faire[f2] , et dont j’ai envoyé sept exemplaires à Mme Denis ne parviendra pas jusqu’au roi[f3] ; et je reste persécuté.
Cette situation aggravée par de longues maladies ne devait pas, je crois, être encore empoisonnée par l’abus cruel que ma nièce a fait de mes malheurs.
Voici les propres mots de sa lettre du 20 février : « Le chagrin vous a peut-être tourné la tête. Mais peut-il gâter le cœur ? L’avarice vous poignarde. Vous n’avez qu’à parler … je n’ai pris de l’argent chez Laleu que parce que j’ai imaginé à tout moment que vous reveniez et qu’il aurait paru trop singulier dans le public que j’eusse tout quitté surtout ayant dit à la cour et à la ville que vous me doubliez mon revenu. »
Et ensuite elle a rayé à demi l’avarice vous poignarde, et a mis l’amour de l’argent vous tourmente.
Elle continue : ne me forcez pas à vous haïr … vous êtes le dernier des hommes par le cœur, je cacherai autant que je pourrai les vices de votre cœur.
Voilà les lettres que j’ai reçues d’une nièce pour qui j’ai fait tout ce que je pouvais faire, pour qui j’étais revenu en France autant que pour vous, et que je traite comme ma fille.
Elle me marque dans ces indignes lettres que vous êtes aussi en colère contre moi qu’elle-même. Et quelle est ma faute ! de vous avoir suppliés tous deux de me déterrer quelque commissionnaire sage et intelligent qui puisse servir pour elle et pour moi. Pardonnez, je vous en conjure, à l’excès de ma douleur si je répands dans votre sein généreux mes plaintes et mes larmes.
Si j’ai tort, dites-le moi, je vous soumets ma conduite. C’est à un ami tel que vous qu’il faut demander des reproches quand on a fait des fautes. Que Mme Denis vous montre toutes mes lettres, vous n’y verrez que l’excès de l’amitié, la crainte de pas faire assez pour elle, une confiance sans bornes, l’envie d’arranger mon bien en sa faveur, en cas que je sois forcé de fuir, et qu’on me confisque mes rentes (comme on le peut, et comme on me l’a fait appréhender), un sacrifice entier de mon bonheur au sien, à sa santé, à ses goûts. Elle aime Paris. Elle est accoutumée à rassembler du monde chez elle. Sa santé lui a rendu Paris encore plus nécessaire. J’ai pour mon partage la solitude, le malheur, les souffrances, et j’adoucis mes maux par l’idée qu’elle restera à Paris dans une fortune assez honnête que je lui ai assurée, fortune très supérieure à ce que j’ai reçu de patrimoine. Enfin, mon adorable ami, condamnez-moi si j’ai tort. Je vous avoue que j’ai besoin d’un peu de patience. Il est dur de se voir traiter ainsi par une personne qui m’a été si chère. Il ne me restait que vous et elle. Et je souffrais mes malheurs avec courage quand j’étais soutenu par ces deux appuis. Vous ne m’abandonnerez pas. Vous me conserverez une amitié dont vous m’honorez dès notre enfance. Adieu mon cher ange, j’ai fait évanouir entièrement la persécution que le fanatisme allait exciter contre moi jusque dans Colmar au sujet de cette prétendue Histoire universelle[f4] . Mais j’aurais mieux aimé être excommunié que d’essuyer les injustices qu’une nièce qui me tenait lieu de fille a ajoutées à mes malheurs. Mille tendres respects à Mme d’Argental.
V. »
[f2]Le 28 févier, il a écrit à La Gazette d’Utrecht : « … qu’ayant fait venir … de Paris » le manuscrit original de l’Histoire universelle, il « en a établi l’authenticité par devant les notaires de Colmar, Callot et Besson, le 25 février ; que ce manuscrit est de l’année 1740, qu’il contient 1254 pages, en deux tomes très usés, outre douze cahiers séparés ; qu’il est sept à huit fois plus ample que la prétendue Histoire Universelle … et due ces deux ouvrages ne se ressemblent pas ». Ce PV, dont une partie est datée du 24 février, l’autre du 27, est encore conservé à Colmar.
[f3]Le 28 février, V* demandait à Malesherbes à qui il avait envoyé le « procès-verbal authentique » de vouloir « bien faire parvenir au roi la vérité … »
[f4]CF. lettre du 24 février et note concernant les jésuites Mérat et Menoux, et lettre du 26 mars.
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09/03/2010
un moment a tout détruit : nous n’avons à présent qu’une perspective très triste
Après la journée de la Femme, mesdames, il serait bon que vous chantiez ainsi !
http://www.youtube.com/watch?v=3hd4Mi-UeXc&feature=re...
http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.worldtem...

« A de La Ponce
[mars 1771]
Si vous allez à Chanteloup je me recommande à vos bons offices. Je vous prie de me mettre aux pieds de M. le duc, de Mme la duchesse de Choiseul, et de Mme la duchesse de Gramont. Leurs bontés seront toujours gravées dans mon cœur. Il me semble que je suis comme la France, je dois beaucoup à ce grand ministre.
S’il a fait pacte de famille [traité d’alliance entre les Bourbons de France et d’Espagne en 1761] , s’il vous a donné la paix [terminé la Guerre de Sept ans en 1763], si la Corse est au roi [en 1768], je lui dois aussi l’établissement de Mlle Corneille, les franchises de mes terres, et les grâces dont il a comblé toutes les personnes que j’ai pris la liberté de lui recommander. Ainsi, Monsieur, je crois qu’il peut très raisonnablement compter sur les cœurs de la France, sur le vôtre et sur le mien.
Ce n’est pas que je ne trouve l’érection des six nouveaux conseils admirable[f1] , ce n’est pas que je ne sois persuadé que nous avons besoin d’une nouvelle jurisprudence, mais cela n’a rien de commun avec les services que M. le duc de Choiseul a rendus à l’État, ni avec la reconnaissance que je lui dois.
Je vous remercie bien sensiblement, Monsieur, du service essentiel que vous venez de rendre à ma petite colonie, en assurant par vos bontés et par vos soins l’envoi de la petite caisse adressée à M. le marquis d’Ossun [une caisse de montres destinées à l’Espagne, qu’il annonce le 6 mars au marquis]: vous ne pouviez mieux favoriser ces pauvres gens dans une circonstance plus critique . Ils sont maltraités de tous les côtés. Ils n’ont encore rien pu obtenir de ce qu’ils demandaient [entre autres, l’exemption de droits ], et notre petit pays qui se flattait, il y a quelques mois, de la protection la plus signalée [celle de Choiseul bien sûr] est bien près de retourner dans son ancienne barbarie. Je m’étais épuisé entièrement pour le vivifier un peu, un moment a tout détruit : nous n’avons à présent qu’une perspective très triste avec la famine dont nous avons bien de la peine à nous délivrer.
[f1]Soutien de V* à la réforme du chancelier Maupéou, ennemi de Choiseul qui a une responsabilité dans la disgrâce d'icelui. La duchesse qui n'admet pas cette approbation écrira à Mme du deffand : "Qu'il est pitoyable, ce Voltaire, et quil est lâche ! Il s'excuse, il s'accuse, se noie dans son crachat pour avoir craché sans besoin. Il chante la palinodie, il souffle le froid et le chaud . Il ne sait ce qu'il dit ; il fait dégoût et pitié." L'édit de Maupéou, du 23 février 1771 supprime la vénalité des charges, les épices, décentralise la justice et restreint le ressort du parlement de Paris en créant des conseils supérieurs ; il simplifie aussi la procédure.
http://www.youtube.com/watch?v=uFfD1Ke7_dM
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08/03/2010
Je voulais hasarder de faire voir une femme mourant de douleur
http://www.youtube.com/watch?v=Q1cKPn-xBbw&feature=re...

Journée de la femme ! centième anniversaire !
Allez ! je mets un titre provocateur en hommage (sic) à Coline Serrault .
Pour dire le vrai, très franchement, je l'ai trouvée gonflante . Et me trouvant gonflé, je me permets d'accoucher sur le papier cette pensée .
Cette féministe convaincue m'a fait découvrir à la radio ce matin, un terme assez peu usité : "anthropoculture", entendez par là, tout simplement le fait que les femmes "cultivent" les enfants en leur sein, ou encore plus prosaïquement font des enfants .
Il y a une trentaine d'années, une psychologue, ex-enseignante, mère de famille avait déclaré lors d'un congrès de parents d'élèves, qu'elle faisait mettre sur son passeport , à la rubrique "métier" : ingénieur domestique, ce qui correspondait tout à fait fonctionnellement exactement, à "mère au foyer". Cette trouvaille avait été déclarée géniale, et j'approuvais et approuve encore, mais combien de femmes ont osé suivre ce modèle ? Je serais curieux de la savoir, n'hésitez pas à me le dire
http://www.youtube.com/watch?v=36qzWxBBXX8&feature=re...
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental
et à
Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d’Argental
Ferney 8 mars [1762]
Paire d’anges,
Madame Scaliger [surnom donné par V* à la comtesse] est plus que Scaliger [Philologue italien du XVIème, auteur d’une Poétique qui pose les fondements du classicisme], elle a du génie. Je suis plein de reconnaissance et de vénération. C’est encore peu que du génie, elle est bon génie. Assez de dames disent leurs dégoûts, assez disent en tournant la tête : ah !l’horreur ! et puis vont jouer et souper. Mais trouver le mal et le remède cela n’est pas du train ordinaire. Je ne peux encore prendre un parti sur ce qu’elle propose. J’avais fait ce Cassandre ou cette Olympie [changement de titre pour satisfaire Mlle Clairon qui doit jouer le rôle l’Olympie] uniquement pour le cinquième acte. Je voulais hasarder de faire voir une femme mourant de douleur. Je me disais : le président Hénault dans son petit livre [Le Nouvel abrégé chronologique de l’histoire de France] fait mourir vingt ministres de chagrin, pourquoi Statira n’en mourrait-elle pas ? En la peignant surtout dès le second acte accablée de ses douleurs, et languissante, et invoquant la mort, et n’attendant que ce moment, cela n’était-il pas cent fois plus naturel que de faire expirer de douleur en un seul vers, et d’une seule bouchée une sotte princesse dans Suréna ? Ah ! que cela est beau ! disaient les cornéliens que j’ai vus dans ma jeunesse : Non, je n’expire point, Madame ; mais je meurs [citation inexacte de Suréna]. Et moi je dis : que cela est froid ! que cela est pauvre ! Ah ! ce que je commente ne me plait guère [Commentaires sur Corneille].
Enfin pourquoi un bûcher ne vaudrait-il pas le pont aux ânes du coup de poignard ?
Pourquoi avant-hier un acteur qui lisait la pièce aux autres acteurs qui vont la jouer chez moi dans huit jours, nous fit-il tous fondre en larmes ? Attendons ces huit jours, laissez moi jouer la pièce telle que je l’ai achevée, laissez-moi reprendre mes esprits. Je n’en peux plus, je sors du bal, ma tête n’est point à moi. Un bal, vieux fou ? un bal dans tes montagnes ? et à qui l’as-tu donné ? aux blaireaux ? Non, s’il vous plait : à très bonne compagnie, car voici le fait. Nous jouâmes hier Le Droit du seigneur, et cela sur un théâtre[f1] qui est plus joli, plus brillant que le vôtre assurément. Notre théâtre est favorable aux cinquièmes actes. La fin du quatre fut reçue très froidement comme elle mérite de l’être. Mais à ces vers : Je vais partir, je ne partirai plus, Avouez donc la gageure perdue. J’aime, eh bien donc régnez, à ces vers si vrais, si naturels, si indignement retranchés, il partait des applaudissements des mains et du cœur. J’avoue que la pièce est bien arrondie, mais enfin c’est notre cinquième acte qui a plu. A des Allobroges, direz-vous. Non, à des gens d’un goût très sûr, et dont l’esprit n’est ni frelaté, ni jaloux, qui ne cherchent que leur plaisir, qui ne connaissent pas celui de critiquer à tort et à travers, comme il arrive toujours à Paris à une première représentation, comme il arriva à L’Enfant prodigue, à Nanine, à Sémiramis, à Mahomet, à Zaïre, oui, à Zaïre . On est assez lâche pour céder quelquefois à d’impertinentes critiques, on sacrifie des traits noblement hasardés, auxquels le public s’accoutumerait en quatre jours. Il y a un beau milieu à tenir entre l’obstination contre les critiques des sages, et l’esclavage de la critique des fous. Vous êtes mes sages, mais soyez fermes. Oui Le Droit du seigneur a enchanté trois cents personnes, de tout état et de tout âge, seigneurs et fermiers, dévotes et galantes. On y est venu de Lyon, de Dijon, de Turin. Croiriez-vous que Mlle Corneille a enlevé tous les suffrages ? Comme elle était naturelle ! vive ! gaie ! comme elle était maîtresse du théâtre, tapant du pied quand on la soufflait mal à propos ! Il y a un endroit où le public l’a forcée de répéter. J’ai fait le bailli ; et ne vous en déplaise, à faire pouffer de rire. Mais que faire de trois cents personnes au milieu des neiges, à minuit quand le spectacle a fini ? Il a fallu leur donner à souper à toutes, ensuite il a fallu les faire danser. C’était une fête assez bien troussée [ref. à Monsieur de Pourceaugnac, de Molière]. Je ne comptais que sur cinquante personnes. Mais passons, c’est trop me vanter.
Nous jouons Cassandre dans huit ou dix jours. Je vous dirai l’effet. Comptez que nous sommes très bons juges, parce que nous sommes la nature pure et éclairée. Fiez-vous à nous.
Je reviens de Cassandre à mon impératrice. Je savais bien qu’Ivan Chouvalow, mon favori et celui d’Elisabeth, avait raccommodé la princesse impériale avec la mourante, mais on me dit que dans le fond il est fort mal avec l’empereur germanico-russe aujourd’hui buvant et régnant [Pierre III, ami de Frédéric II]. C’est son cousin de l’artillerie [Pietr Petrovitch Shouvalov , grand maître de l’artillerie, mort le 16 janvier 1762] qui était en grâce. Il n’y est plus ; il vient de mourir.
Cet empire russe deviendra l’arbitre du Nord. Je vous en avertis, messieurs les Français.
Faut-il que les Anglais se moquent partout de vous ? Il y a là un Keat [Robert Keith, ambassadeur d’Angleterre à St Petersbourg de 1758 à 1762] qui sait boire, qui a captivé l’empereur, et votre Breteuil [fils du frère de Mme du Châtelet, ambassadeur de France à St Petersbourg de 1760 à 1763] n’a captivé personne. Ah ! pauvres Français avec vos vaisseaux de province ![chaque province devait fournir un vaisseau] Vous êtes dans le temps de la décadence, et vous y serez longtemps. Faites votre provision de café et de sucre, vous le payerez cher avant qu’il soit peu.
Mes anges, neige-t-il à Paris ?
Mille tendres respects.
V. La Créature »
[f1]Il est « mieux entendu, mieux orné, mieux éclairé que celui de Paris » : à Mme de Fontaine le 19 mars.
Au duc de Villars, le 25 mars : détails sur la mise en scène de Cassandre-Olympie jouée la veille (et où Gabriel Cramer a joué le Baron) : « notre salle est sur le modèle de celle de Lyon ; le même peintre a fait nos décorations ; la perspective en est étonnante, on n’imagine pas d’abord qu’on puisse entendre les acteurs qui sont au milieu du théâtre, ils paraissent éloignés de cinq cent toises. Ce milieu était occupé par un autel. Un péristyle régnait jusqu’aux portes du temple. La scène s’est toujours passée dans ce péristyle, mais quand les portes de l’intérieur étaient ouvertes, alors les personnages paraissaient être dans le temple, qui par son ordre d’architecture se confondait avec le vestibule ; de sorte que sans aucun embarras cette différence essentielle de position a toujours été très bien marquée. »
Au deuxième acte, « deux fermes sur lesquelles on avait peint des charbons ardents, des flammes véritables qui s’élançaient à travers les découpements de la première ferme percée de plusieurs trous, cette première ferme s’ouvrant pour recevoir Olympie, et se refermant en un clin d’œil, tout cet artifice a été si bien ménagé que la pitié et la terreur étaient au comble. »
12:27 | Lien permanent | Commentaires (0)
C’est un éphémère fait pour naitre et mourir en un jour
Pour plomber un peu ce jour ensoleillé, et neigeux pour certains, une musique d'un compositeur chevronné qui me plait toujours : Jacques Loussier :
http://www.youtube.com/watch?v=1bnzJipzF78
« A Gabriel Cramer
[vers 8 mars 1760]
La Lettre civile et honnête [réponse de V* à une anonyme Critique de l’Histoire universelle de M. de Voltaire au sujet de Mahomet et du mahométisme ] est en bien gros caractères. Mais la chose est faite.
Je vous aurai beaucoup d’obligation, mon cher Gabriel, si vous voulez bien presser l’impression de ce rogaton. Cela n’a qu’un temps. C’est un éphémère fait pour naitre et mourir en un jour.
Allègre-gros !? May be !
And now : Allegro : http://www.youtube.com/watch?v=RfXscggZmtg&feature=related
10:31 | Lien permanent | Commentaires (0)
lapsus calami ! pour jour heureux ? ou calamiteux ?

Grâces soient rendues au journaliste qui prend ainsi soin de SA femme un jour par an .
Avec ça, il ne lui reste plus qu'à lui offrir des fleurs , un bijou, son coeur, son corps (là je m'engage peut-être un peu trop pour lui ! en tout cas , c'est personnellement ce que je ferais ;-) ) !
09:33 | Lien permanent | Commentaires (0)
05/03/2010
Toutes les affaires sont longues, surtout quand il s’agit de rendre.
Cassandra, de Woody Allen ...
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18749333&a...
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18749337&a...
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18749342&a...
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18749344&a...
Je vous laisse libres du choix des séquences, mais celle qui me plait le plus est la quatrième . Mesdames et mesdamoiselles, je vous salue très respectueusement !...
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000012381.html
Je ne veux pas jouer les Cassandre en mettant ce titre qui est terriblement d'actualité : Mesdames les compagnies d'assurance, je vous prie de faire mentir cet en-tête !!
« A Jean Le Rond d’Alembert
5 mars [1774]
Oui, vraiment, monsieur Bertrand, ce que vous dites là m’amuserait fort[f1] . Mais croyez-vous que j’aie encore des pattes ? pensez-vous que ces marrons puissent se tirer gaiement[f2] ? Si on n’amuse pas les Welches, on ne tient rien. Voyez ce Beaumarchais. Il a fait rire dans une affaire sérieuse, et il a eu tout le monde pour lui. Je suis d’ailleurs pieusement occupé d’un ouvrage plus universel[f3] . Vous ne me proposez que de battre un parti de houzards, quand il faut combattre des armées entières. N’importe. Il n’y a rien que le pauvre Raton ne fasse pour son cher Bertrand. Je m’arrête, je songe ; et après avoir rêvé je crois que ce n’est pas ici le domaine du comique et du ridicule ; tout welches que sont les Welches, il y a parmi eux des gens raisonnables, et c’est à eux qu’il faut parler sans plaisanterie, et sans humeur. Je vais voir quelle tournure on peut donner à cette affaire, et je vous en rendrai compte. Il faudra s’il vous plait que vous m’aidiez un peu, nihil sine Theseo.
Vous n’aurez qu’à envoyer vos instructions chez M. Bacon, substitut de M. le procureur général, place Royale. Elles me parviendront sûrement. Il serait plus convenable que nous nous vissions, mais il est plus plaisant que Jean-Jacques soit chez moi, et que je sois chez lui[f4] .
Je me sers aujourd’hui de mon ancienne adresse. Ayez la bonté de me dire si vous avez reçu le fatras de L’Inde[f5] que j’envoie par le même canal avec cette lettre.
On me mande de Rome que M. Tanucci[f6] n’a point encore rendu Bénévent à st Pierre, et je n’entends point dire qu’il soit en possession d’Avignon. Toutes les affaires sont longues, surtout quand il s’agit de rendre.
Catau n’est point du tout embarrassée du nouveau mari qui se présente dans la province d’Orembour. Elle m’a écrit une lettre assez plaisante sur cette apparition[f7] . Elle passe sa vie avec Diderot, elle en est enchantée. Je crois pourtant qu’il va revenir[f8] , et que vous avez très bien fait de ne point passer dix ans dans un climat si dur, avec votre santé délicate[f9] . Je vous aime mieux à Paris que partout ailleurs. Adieu mon très cher maître, ne m’oubliez pas auprès de votre ami M. de Condorcet.
Encore un mot. Je ne suis point surpris de ce que vous me mandez d’un archevêque qui a fait mourir de chagrin ce pauvre abbé Audra[f10] .
Encore un autre mot. Voici l’esquisse de la Lettre[f11] que vous me demandez. Tâchez de me la renvoyer contresignée et voyez si on peut en faire quelque chose.
Et puis un autre mot. Vous n’aurez pont L’Inde[f12] cet ordinaire.
Pour dernier mot écrivez-moi par M. Bacon.
[f1]Le 26 janvier, d’Alembert a signalé qu’il y avait « un projet de rétablir (les jésuites) en France sous un autre nom » et conclut « Voilà … un sujet bien intéressant, et qui mériterait bien autant d’exercer votre plume que les Morangiès et les La Beaumelle. Vous allez dire que je fais encore le Bertrand, et que j’ai toujours recours à Raton ; mais songez donc que Bertrand a les ongles coupés. Ce que je désire et que j’attends de vous serait l’ouvrage d’un bon citoyen, et d’un bon Français, attaché au roi et à l’Etat. Vous pouvez répandre à pleines mains sur ce projet l’odieux et le ridicule dont vous savez si bien faire usage. Vous pouvez faire voir qu’il est dangereux pour l’Etat, pour l’Eglise, pour le pape et pour le roi, que les jésuites regarderont toujours comme leurs ennemis, et traiteront comme tels, s’ils le peuvent… »
[f6]Premier ministre de Naples. Le roi de Naples s’était emparé de Bénévent et le roi de France d’Avignon en 1768, en représailles de l’excommunication prononcée contre le duc de Parme, un Bourbon comme eux.
[f7]Le 19/:30 janvier, elle écrivit : « Je m’attends à y voir (à Silistrie) les oisifs fort occupés d’un voleur de grand chemin qui pille le gouvernement d’Orembourg, et qui tantôt pour effrayer les paysans prend le nom de Pierre III et tantôt celui de son employé. » (Pougatchev)
[f8]Elle écrit le 7 /18 janvier : « … Diderot dont la santé est encore chancelante restera avec nous jusqu’au mois de février qu’il retournera dans sa patrie. »
[f10]D’Alembert écrivait : « … j’ai appris avec douleur que kl’archvêque de Toulouse, qui, comme je le lui ai cent fois entendu dire à lui-même, n’aime ni n’estime ces marauds, … est à la tête de ce beau projet (de rétablissement des jésuites), parce qu’il en espère apparemment ou le cordon bleu, ou le chapeau, ou la feuille des bénéfices, ou l’archevêché de Paris. » Audra utilisait l’Histoire de V* dans son enseignement et en avait fait un manuel . V* le 23 novembre 1770 avait déjà dit :de l’archevêque : «… Il a fait un mandement cruel contre lui, et a sollicité sa destitution de sa place de professeur en histoire… Cette aventure a donné la fièvre et le transport au pauvre abbé, et il est mort au bout de quatre jours . »
[f11]La Lettre d’un ecclésiastique sur le prétendu rétablissement des jésuites dans Paris, datée du 20 mars 1774.
[f12]La deuxième partie de ses Fragments sur l’Inde
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