27/08/2009
Ils se sont dit : Vivons heureux
What's new Pussy Cat ?
http://www.youtube.com/watch?v=VBdSqk78nHw

Et maintenant quoi de neuf au château de Volti ? Son nouvel administrateur nommé le 24 août 2009, M. François-Xavier Verger, en charge de Cluny et Ferney à la fois (par mesure d'économie, un administrateur pour deux ou trois monuments nationaux est la règle maintenant pour le CMN; reste à en juger la pertinence ).
L'hypothèse :Volti, se retourner dans sa tombe ? Non, le connaissant, il doit plutôt se marrer !
Jésus, ton tombeau est plus vide que celui du patriarche à Ferney, tu me pardonneras de trouver que celui-ci fut un de tes meilleurs ouvriers . Il avait compris le message; l'appliquait et n'avait plus besoin de messager .
Messager - mensonger (comme traduction - trahison), j'ai parfois de singulières associations d'idées... Il faut que je sorte, la cocotte commence à siffler !...

« A Louise-Honorine Crozat du Châtel, duchesse de Choiseul,
et à Etienne –François de Choiseul-Stainville, duc de Choiseul
Madame, après avoir embelli votre royaume de Chanteloup par vos bienfaits, vous venez encore, M. le duc de Choiseul et vous, d’étendre vos grâces sur notre hameau de Ferney.
Peut-être apprendrez-vous tous deux avec quelque satisfaction que nos émigrants ont donné pour la saint Louis une petite fête qui a consisté en un très bon souper de cent couverts, avec illumination, feux d’artifice, et des Vive le roi sans fin. Peut-être même monsieur le duc ne sera pas fâché d’apprendre au roi qu’il est aimé et célébré par se nouveaux sujets comme par les anciens.
Vos noms, Madame, n’ont été oubliés ni en buvant ni dans le feu d’artifice.
Nous étions tous fort attendris
Voyant du fond de nos tanières
Des Choiseul les beaux noms écrits
En caractères de lumières
Sur nos vieux chênes rabougris
Et parmi nos sèches bruyères.
C’était un plaisir de voir nos huguenots et nos papistes être tous de la même religion en montrant à leurs bienfaiteurs la même reconnaissance.
Rien n’est plus selon mon humeur
Que de voir de bons hérétiques
Boire et chanter de si grand cœur
Avec nos pauvres catholiques.
Dans cet asile du bonheur
Le prêche est ami de la messe ;
Ils se sont dit : Vivons heureux
Et tolérons avec sagesse
Ceux qui se moquent de nous deux.
Que j’aime à voir notre vicaire
Appliquer assez pesamment
Un baiser près du sanctuaire
A la femme du prédicant.
On voit bien après cela, Monseigneur, qu’il n’y a pas moyen de refuser un édit de tolérance.
Nos colons, vos protégés, se mettent à vos pieds et nous supplions tous notre bienfaiteur et notre bienfaitrice d’agréer nos profonds respects et notre reconnaissance.
Le vieil ermite, de Ferney, secrétaire
Ferney 27è auguste 1770. »

18:08 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : voltaire, choiseul, ferney, hérétique, catholique
26/08/2009
Pourquoi faut-il que je sois éternellement la victime de la calomnie ?
Amusez-vous d'abord et essayez de deviner quels ont été mes choix sur : http://www.youtube.com/watch?v=RZzlezxLu7s&NR=1&f...

"Vous êtes l’homme du siècle, l’homme de la France, celui qui soutient son honneur, celui que tout le monde voudrait imiter et que personne n’égale" : NON ! je ne ferai pas cette dédicace à quelque homme qui soit au pouvoir en ce moment !
Volti est vraiment un flatteur né .
Richelieu le lisait-il en souriant ? Si oui, il avait de l'humour qui amène à de bonnes intentions, et le but était atteint . Si non, pris au premier degré ces termes peuvent donner la grosse tête .
Volti, ton amitié inaltérable me fait envie .
Par contre cet éloge conviendrait très bien à l'abbé Pierre qu'il me plait de comparer à Volti lors de mes visites quand j'évoque le défenseur des Calas et le pourfendeur d'injustices qui ne sera arrêté dans son combat que par la mort.
« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu
Vous ne m’avez jamais mandé, mon héros, si vous avez reçu le petit paquet contresigné. Vous avez dédaigné l’hommage de mes magots [V* lui a offert la dédicace de l’Orphelin de la Chine, sans réponse]. On leur a cassé le nez et les oreilles sur votre théâtre [jouée le 20 août à a Comédie Française ; en 1755, Richelieu est premier gentilhomme de la chambre chargé des spectacles]. Scènes et noms et vers ont été changés, tout a été estropié excepté par Mlle Clairon. On a fait jouer le rôle d’un mari aimé par un bonhomme de 74 ans [Sarrazin ; V* critique aussi : Grandval « dur et n’a point de nuances », Mlle Dumesnil « s’enivre trop souvent », et note que Lekain, chez lui, avait « très mal joué la déclaration d’Orosmane ». Lekain qu’il appellera pourtant son « grand ami » fin septembre.] qui n’a pas plus de dents que moi. Lekain n’a pas été entendu, et il est fort propre pour les rôles muets. On voit bien que vous ne vous souciez guère des spectacles à la manière dont ils vont. J’ai dû présumer que vous ne faites pas plus de cas de ma dédicace puisque vous ne m’avez pas répondu [lettres du 31 juillet et 13 août]. Je vous l’envoie pourtant. Voyez, Monseigneur, si vous voulez me permettre d’en faire usage. Le reste sera une dissertation sur les tragédies de la Chine, que probablement vous ne lires point. Je suis dans la nécessité de faire imprimer sur le champ à Genève ma pièce telle que je l’ai faite [par les Cramer, pour « les pays étrangers » et par Lambert « pour Paris »), puisque les comédiens ont eu la ridicule insolence de la jouer à Paris telle que je ne l’ai pas faite. Si vous agréez la dédicace, daignez donc me donner vos ordres sur le champ [lettre à Lambert avec « une épitre dédicatoire à M. le maréchal de Richelieu et une lettre qu’il faut mettre à la fin de la pièce » (lettre de JJ Rousseau), qui sont « la seule chose importante pour lui ». « Les petits boucliers qui repoussent les coups qu’on lui porte »]. Sinon, vous jugez bien que je ne prendrai pas la liberté d’aller fourrer là votre nom et d’abuser de vos bontés sans votre permission expresse. En ce cas la pièce paraitra toute nue. Et l’auteur ne vous la dédiera que dans le fond de son cœur.
Je vous redis et je vous assure très positivement que je vous ai envoyé le fatras historique et mal digéré où votre gloire personnelle est pour quelque chose [La Guerre de 1741]. Il est arrivé à ce rogaton la même chose qu’à l’Histoire universelle. Un fripon l’a vendu 25 louis d’or à un imprimeur nommé Prieur à Paris [Mme Denis lui apprendra : « Chimène (=marquis de Ximenes) a volé (ses brouillons) chez Mme Denis. La Morlière les a vendus de sa part au libraire Prieur ; et ce … La Morlière est encore en dernier lieu allé à Rouen les vendre une seconde fois. C’est une chose dont Lambert peur (l’) instruire ; V* a fait saisir l’édition à Paris chez Prieur en faisant intervenir Mme de Pompadour.], et monsieur de Malesherbes a eu la faiblesse de permettre l’édition [V* lui écrira le 12 septembre]. Ne m’attribuera-t-on pas encore cette prévarication, comme on a eu la barbarie et la sottise de m’attribuer l’Histoire universelle telle qu’on a eu l’impertinence de l’imprimer ? Pourquoi faut-il que je sois éternellement la victime de la calomnie ? Vos bontés me consolent de tout.
Les comédiens de Paris auraient grand besoin de dépendre uniquement de vos ordres. Je leur ai fait présent de ma pièce, et ils ont eu la bassesse de dire à mon secrétaire qu’il n’y entrerait que pour son argent [Collini envoyé à Paris par V* et qui veut voir la pièce]. Voilà des procédés un peu tartares.
Je suis fâché que la France se barbarise malgré vous de jour en jour ; sauvez-la donc de la décadence, conservez-moi vos bontés et pour Dieu daignez m’instruire si vous avez mon paquet.
26 août 1755 à mes prétendues Délices.
Pardon du verbiage inutile, vous avez reçu mon paquet. Voici le croquis de la dédicace que vous daignez accepter. On dit que j’ai gagné mon procès dans le public. Je me flatte que vous gagnerez plus pleinement le vôtre au Parlement [il s’agit de l’interprétation du testament du cardinal de Richelieu. V* regrettera le 12 septembre la perte de ce procès]. Vous en gagnez un plus considérable dans le temps présent et dans la postérité. Vous êtes l’homme du siècle, l’homme de la France, celui qui soutient son honneur, celui que tout le monde voudrait imiter et que personne n’égale.
Madame Denis et moi, nous vous présentons nos plus tendres respects.
V.
27 août. »
La pluie étant au rendez-vous, c'est en écoutant cette radio que j'ai rédigé cette petite bafouille : www.divertis.com/radio/radio1259_Bach_Radio
Note : do you speak english ?
No ?
Alors réjouissez-vous , oreilles au vent et coeur ouvert, revivez de bons moments : http://www.dailymotion.com/video/x1b1kj_jacques-brel-ces-...
05:15 | Lien permanent | Commentaires (1)
25/08/2009
Vous savez qu’il faut peu croire.
Vie amoureuse hors du commun ? : http://www.dailymotion.com/video/x2m4p0_lalineasexy_creat...
« A Jean Le Rond d’Alembert
Connaissez-vous, mon cher philosophe, un Siméon La Valette ou Siméon Vallette ou Simon Valet [Siméon Valette, auteur de La Trigonométrie sphérique résolue par le moyen de la règle et du compas, 1757, séjournera ches V* à le fin 1759 . « La Valette » : nom du jésuite banqueroutier ]? lequel fait des lignes courbes et de petits vers. Il se renomme de vous, mais j’ai perdu sa lettre. Je ne sais où le prendre. Où est-il ? et quel homme est-ce ?
Que dites-vous de Maupertuis mort [le 27 juillet] entre deux capucins ? Il était malade depuis longtemps d’une réplétion d’orgueil, mais je ne le croyais ni hypocrite ni imbécile.
Je ne vous conseille pas d’aller jamais remplir sa place à Berlin [président de l’académie des sciences]. Vous vous en repentiriez. Je suis Astolphe qui avertit Roger de ne pas se fier à l’enchanteresse Alcine [= Frédéric ; référence au Roland furieux de l’Arioste], mais Roger ne le crut pas.
Votre livre est charmant [Mélanges de Littérature, d’histoire et de philosophie, 5 vol. 1759], il fait mes délices, au point que je vous pardonne d’avoir vu des prêtres à Genève [allusion aux conversations qu’a eues d’Alembert en août 1756 avec des pasteurs pendant son séjour à Genève, à l’article « Genève » et à la polémique qui s’ensuivit ; V* écrivit le 15 janvier 1758 à Théodore Tronchin : « Tous vos ministres… chez qui d’Alembert dinait tous les jours se sont expliqués hautement avec lui. »].
Je mène tous ces faquins là assez bon train. J’ai un château à la porte duquel il y a quatre jésuites [ceux d’Ornex]. Ils m’ont abandonné frère Berthier [ allusion ( ?) à sa « Relation de la maladie… et de l’apparition du jésuite Berthier » qui va paraitre . Berthier figurera sous le nom du pédant Bertillon dans une scène de Socrate ajoutée en 1761], je leur fais de petits plaisirs et ils me disent la messe quand je veux bien l’entendre. Mes curés reçoivent des ordres, et les prédicants genevois n’osent me regarder en face. Je brave M. Catbrée [pédant cité dans la préface de Socrate] autant que je le méprise, et je plains Diderot d’être à Paris.
Toutes les lettres de Vienne disent le marquis de Brandebourg écrasé [prise de Francfort-sur-l’Oder par les Russes et pertes subies par Frédéric à Kanersdorf le 12 août], quelques lettres de Saxe [effectivement le duc de Deux-Ponts marche sur Dresde en août] le disent vainqueur et je ne crois ni l’un ni l’autre. Vous savez qu’il faut peu croire. Soyez pourtant certain que l’oncle et la nièce vous aiment de tout leur cœur. Point de philosophie sans amitié.
V.
Aux Délices 25è août 1759. »
Votre Simon Valette, ou Valet, ou la Valette, paraît assez bon diable, mais je veux savoir qui est ce diable, où l'avez-vous connu ? qui répond de lui ? Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando ? [Qui ? quoi ? avec quels moyens ? pourquoi ? comment ? quand ?]
Voltaire, à d'Alembert.

05:05 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : voltaire, alembert, valette, denis, vienne, philosophie
24/08/2009
Vous verrez quelles peines j’ai prises

Premier air en mettant le contact ce matin, très swinging, http://www.clipzik.com/fool-s-garden/lemon-tree.html , écrit ,d'après ce que j'ai appris, suite à la mort de la petite amie du chanteur .

Bien des citrons, oui, mais mon humeur n'est pas acide . Le jaune me plait particulièrement, c'est la couleur du centre des cibles anglaises au tir à l'arc, j'ai donc un tropisme positif pour ce type de fruit évocateur pour moi du 10 qui gagne !
J'aimerais moi aussi que ma mort soit suivie d'une chanson gaie et entrainante !
Pas vous ?
Je ne suis sans doute pas le sujet idéal pour ça me direz-vous ; tant pis ou tant mieux ?
Volti, mon modèle préféré donc unique, dans un de ses exercices déplaisants mais nécessaires : la correction des erreurs.
« A Georg-Conrad Walther
Je vous envoie, mon cher Walthers, le second volume [édition de 1752 de ses Œuvres par Walther ; première édition Walther en 1748 : 8 volumes]. Vous verrez quelles peines j’ai prises.
Recommandez l’exactitude au correcteur, il y a bien des fautes d’impression qui m’ont échappé. Je n’ai point corrigé celles de La Henriade. Je n’ai songé qu’aux additions et aux changements que j’ai faits. Dans les autres volumes je corrige les fautes d’impression autant que je le peux, elles sont innombrables.
En vérité vous ne devez pas avoir regret à sacrifier ce qui vous reste d’une édition si fautive. Envoyez-moi le cinquième chant de La Henriade de votre nouvelle édition. Je vous embrasse.
V.
A Berlin ce 24 août 1751. »
Pêche à "ma" ligne maligne : http://www.dailymotion.com/video/x1inwk_la-linea-001_fun qui n'est pas sans rapport avec ma ligne de vie : réelle ou supposée ? Qui sait ?
12:47 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : voltaire, walther, henriade, berlin
23/08/2009
je me livre à vous en liberté au plaisir de voir réussir ce que vous avez approuvé
Il est toujours dit qu'il faut adopter une ligne de conduite et que d'autre part il ne faut pas franchir la bande blanche , je vous laisse apprécier celle -ci :
http://www.youtube.com/watch?v=k8gvO4_T4mE&feature=re...
Je suis un fan de la Linéa , vous comprenez évidemment pourquoi : humour et qualité poêtique ; vous aussi grapillez ces gentils ou grinçants moments ... Merci Oswaldo Canandoli !
Episode 1 :découverte de cet oiseau rare génial : http://www.youtube.com/watch?v=skb2gKR7rOk&eurl=http%...
See you later, disais-je ce matin de bonne heure (euh ! n'exagère pas James ! il était déjà 9h passées...)
Here I am ! Now ...

« A Pierre-Robert Le Cornier de Cideville,
Conseiller au parlement,
rue de l’Écureuil à Rouen
et
à Jean-Baptiste-Nicolas Formont
Mes chers et aimables critiques, je voudrais que vous puissiez être témoins du succès de Zaïre, vous verriez que vos avis ne m’ont pas été inutiles et qu’il y en a peu dont je n’aie profité. Souffrez, mon cher Cideville, que je me livre à vous en liberté au plaisir de voir réussir ce que vous avez approuvé. Ma satisfaction s’augmente en vous la communiquant. Jamais pièce ne fut si bien jouée que Zaïre à la quatrième représentation [première le 13 août : succès « prodigieux », mais Formont a noté des négligences dans cette pièce écrite en 22 jours ; V* fit des corrections qu’il put faire admettre à l’acteur Dufresne ; la 4ème représentation et les six suivantes firent salle comble et Zaïre sera reprise en novembre]. Je vous souhaitais bien là. Vous auriez vu que le public ne hait pas votre ami. Je parus dans une loge et tout le parterre me battit des mains. Je rougissais, je me cachais, mais je serais un fripon si je ne vous avouais pas que j’étais sensiblement touché. Il est doux de n’être pas honni dans son pays. Je suis sûr que vous m’en aimerez davantage.
Mais, Messieurs, renvoyez moi donc Eriphyle dont je ne peux me passer et qu’on va jouer à Fontainebleau [Eriphyle ne sera jamais jouée à la cour]. Mon Dieu ce que c’est que de choisir un sujet intéressant ! Eriphyle est bien mieux écrite que Zaïre mais tous les ornements, tout l’esprit et toute la force de la poésie ne valent pas à ce qu’on dit un trait de sentiment. Renvoyez-moi cependant mon paquet par le coche. J’en ai un besoin extrême. J’en ai encore plus de vos avis. Adieu mes chers Cideville et Formont.
Quod si me tragicis vatibus inseres,
Sublimi feriam sidera vertice.
[Si tu me donnes une place parmi les tragiques inspirés,
je frapperai là-haut de ma tête les astres.]
Je vous demande en grâce de passer chez Jore, et de vouloir bien le presser de m’envoyer les exemplaires de l’édition de Hollande [l’édition Ledet des ses Œuvres complètes, dont il disait à Formont le 10 juillet : « Je n’ai pu me dispenser de fournir quelques corrections et quelques changements au libraire qui avait déjà mes ouvrages et qui les imprimait sur des copies défectueuses qui étaient entre ses mains. Mais ne sachant pas précisément quelles pièces fugitives il avait de moi, je n’ai pu les corriger toutes. Non seulement je ne réponds point de l’édition, mais j’empêcherai qu’elle n’entre en France. Nous en aurons bientôt une corrigée avec plus de soin… »] .
Adieu, je vous embrasse bien tendrement.
V.
23 août 1732. »
De même que Volti heureux du son succès, je suis assez satisfait de mes visites de ce jour, et requinqué je me dédicace ceci (d'abord pour le titre, -immense autosatisfaction direz-vous, à juste titre-, justement !!) : http://www.youtube.com/watch?v=wFb7lJ38cXw&feature=re...
09:21 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : voltaire, cideville, formont, zaïre, eriphyle, fontainebleau
22/08/2009
A Mlle Wagnière
Dédicace à quelqu'une qui m'est chère : un petit air entrainant et des personnages qui ont ravi mes enfants ; je retombe en enfance ! Youpie !!!
http://www.youtube.com/watch?v=7z3x--Z5tBQ

Volti, aujourd'hui, je suis trop occupé à faire peu de choses pour blogger fidèlement .
Demain, sans doute ?!
19:17 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chapi chapo, voltaire
20/08/2009
Je sers Dieu et le diable tout à la fois assez passablement
-Cui-cui! fait l'oiseau !
-Cuit, cuit ! répond le guide !

En ce beau jour, le père Noël est passé au château de Volti : nous avons reçu une commande qui commençait à trainer, avec en prime son lot de merveilles !
Jugez- en !
Nous avons désormais des Nounours blancs qui ne craignent pas la fonte de la banquise et qui ont une curieuse maladie éruptive : les symboles du logo du CMN, petits châteaux de toutes couleurs et pour que leurs parents adoptifs ne les perdent pas et être en règle avec les recommandations vétérinaires, un superbe "tatouage" sous la plante d'une patte : Centre Des Monuments Nationaux .
Qui dit mieux en matière de promotion ?
Je ne ferai que citer pour mémoire le Nounours mini (porte clé) qui oscille à ma vue entre le chien et l'ours ; chacun peut adopter l'un ou l'autre selon ses affections !
Par contre, je vous prie de bien noter que ce château est ouvert tous les jours sauf le lundi et que vous êtes les BIENVENUS, ô touristes si peu nombreux !
Venez, nous vous aimons .... (si après une telle déclaration nous ne sommes pas envahis, je mettrai une photo des guides féminines pour les messieurs et une de moi datant d'il y a vingt ans pour les dames !...)
L'ex-amant de la présidente de Bernières commence à prendre l'habitude de voir la place prise par un autre, tout en évoquant ce qu'il aimerait et ce qu'il regrette ; détails ô combien réaliste chez ce Volti qui appelle un chat un chat : Il faut que je sois bien maudit de Dieu pour n’avoir vécu avec vous que quand j’ai eu la gale, et vous la goutte ; et pour être loin de vous lorsque nous nous portons bien tous les deux.
« A Marguerite-Madeleine du Moutier, marquise de Bernières
Depuis un mois entier je suis entouré de procureurs [il a attaqué le testament de son père du 19 aout 1721 qui fait de la part de Voltaire une part « substituée » : il en a l’usufruit et dépend d’un tuteur ; un codicille ajouté le 26 décembre supprimant la substitution n’est pas reconnu valable car non signé], de charlatans, d’imprimeurs [on « l’assassine » d’éditions pirates de la Henriade et de Mariamne ; il doit donc faire imprimer cette pièce lui-même], et de comédiens. J’ai voulu tous les jours vous écrire et n’en ai pas encore trouvé le moment. Je me réfugie actuellement dans une loge d’une comédienne pour me livrer au plaisir de m’entretenir avec vous pendant qu’on joue Mariamne et L’Indiscret [créé le 18 août] pour la seconde fois. Cette petite pièce fut représentée avant-hier samedi avec assez de succès. Mais il me parut que les loges étaient encore plus contentes que le parterre [selon Le Mercure d’août, les deux pièces « furent fort applaudies par une très nombreuse et très belle assemblée ».]. Dancourt et Le Grand ont accoutumé le parterre au bas comique et aux grossièretés, et insensiblement le public s’est formé au préjugé que les petites pièces en un acte doivent être des farces pleines d’ordures et non pas des comédies nobles où les mœurs soient respectées. Le peuple n’est pas content quand on ne fait rire que l’esprit, il faut le faire rire tout haut, et il est difficile de le réduire à aimer mieux des plaisanteries fines que des équivoques fades, et à préférer Versailles à la rue Saint-Denis. Mariamne est enfin imprimée de ma façon, après trois éditions subreptices qui en ont paru coup sur coup. Je vous envoie un paquet de Mariamne par le messager. Il y en a une reliée que je vous prie de mettre dans votre bibliothèque. Je vous supplie de donner les autres que je n’ai pas eu le temps de faire relier à MM de Cideville et M. de Brevedent malgré leur goût pour les vers de M. Houdart. Vous donnerez les autres en mon nom aux personnes dont vous voudrez bien m’assurer la bienveillance. Comme je crois M. et Mme de Lézeau à la campagne, je mets aussi une Mariamne pour eux ou plutôt pour monsieur votre neveu dans le paquet qui est au messager. Il est à votre adresse, ayez la bonté de l’envoyer retirer. Que ne puis-je vous aller offrir moi-même Mariamne ? Il faut que je sois bien maudit de Dieu pour n’avoir vécu avec vous que quand j’ai eu la gale, et vous la goutte ; et pour être loin de vous lorsque nous nous portons bien tous les deux. Mes maladies, et ma santé sont venues bien mal à propos.
Au reste ne croyez pas que je me borne dans Paris à faire jouer des tragédies et des comédies. Je sers Dieu et le diable tout à la fois assez passablement. J’ai dans le monde un petit vernis de dévotion que le miracle du faubourg Saint-Antoine m’a donné.[ Mme Lafosse aurait été guérie d’un « flux de sang » le 31 mai au passage d’une procession du Saint Sacrement. V* était en relation avec les Lafosse chez qui il alla plusieurs fois en juin en offrant une petite somme d’argent (qui fut refusée) et Mme Lafosse vint remercier V* le 20 août. On dit que V* avait été converti par le miracle ; Mathieu Marais compara V* à St Thomas et dit « Dieu l’a touché et converti… »] .La femme au miracle est venue ce matin dans ma chambre. Voyez-vous quel honneur je fais à votre maison [V* loue un appartement rue de Beaune appartenant aux Bernières], et en quelle odeur de sainteté nous allons être ? M. le cardinal de Noailles a fait un beau mandement à l’occasion du miracle. Et pour comble (ou d’honneur, ou de ridicule), je suis cité dans ce mandement.[en fait il est fait allusion à V* ; on parle « d’un homme connu dans le monde sur qui le miracle avait fait grande impression »] .On m’a invité en cérémonie à assister au Te Deum qui sera chanté à Notre Dame en actions de grâces de la guérison de Mme de La Fosse. M. l’abbé Couet, grand vicaire de Son Éminence, m’a envoyé aujourd’hui le mandement. Je lui ai envoyé une Mariamne avec ces petits vers ci :
Vous m’envoyez un mandement,
Recevez une tragédie
Et qu’ainsi mutuellement
Nous donnions la comédie.
Ah ! ma chère présidente qu’avec tout cela je suis quelquefois de mauvaise humeur de me trouver seul dans ma chambre et de sentir que vous êtes à trente lieues de moi. Vous devez être dans le pays de Cocagne. M. l’abbé d’Amfreville avec son ventre de prélat et son visage de chérubin ne ressemble pas mal au roi de Cocagne. Je m’imagine que vous faites des soupers charmants, que l’imagination vive et féconde de Mme du Deffand, et celle de M. l’abbé d’Amfreville en donnent à notre ami Thiriot et qu’enfin tous vos moments sont délicieux. M. le chevalier des Alleurs est-il encore avec vous ?[il a remplacé V* auprès de la marquise] Il m’avait dit qu’il y resterait tant qu’il y trouverait du plaisir. Je juge qu’il y demeurera longtemps. Mille respects, je vous en prie, au maître de la maison. Je n’ai pas le temps d’écrire à Thiriot mais il faut qu’il m’écrive, lui qui n’a point de procès à soutenir, de comédiens à conduire, ni de comédiens à corriger. Qu’il me mande de ses nouvelles, qu’il soit votre secrétaire, qu’il m’apprenne comment vont les projets qu’il avait. Adieu ma chère reine, conservez-moi toujours bien de l’amitié. Je pars incessamment pour aller à Fontainebleau. Si j’y trouve un gîte [« adresse chez Mme de Prie »], j’y ferai ma cour à la reine, si je ne suis point logé, j’irai à La Rivière-Bourdet. Je ne donne la préférence sur vous qu’à Marie de Leksinski. Adieu, adieu.
Voltaire
A Paris à la comédie, ce 20 aout 1725. »
19:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voltaire, bernières, dieu, diable, miracle, lafosse

