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07/04/2023

si vous pouviez faire effacer la note d'infamie qu'un sot préjugé attache encore à des talents précieux et rares

... C'est heureusement fait, et les comédiens ne sont plus excommuniés . Dans le même temps, un nombre pharamineux d'ecclésiastiques se rendent indignes de leur fonction, l'excommunication n'est plus prononcée : pourquoi ? Comprenne qui peut dans cette Eglise , autres temps, autres moeurs . Silence ! les cloches se rendent à Rome .

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

17è auguste 1767, à Ferney

Celle-ci, monseigneur, est bien autant pour le premier gentilhomme de la chambre que pour le souverain d'Aquitaine. Je mets à vos pieds deux exemplaires des Scythes de l'édition de Lyon l'un pour vous, et l'autre pour votre troupe de Bordeaux. Cette édition est, sans contredit, la meilleure. Les Scythes se recommandent à votre protection pour Fontainebleau. J'avoue que nous avons de meilleurs acteurs que le roi. M. le comte de Coigny 1, M. le chevalier de Jaucourt, et M. de Melfort 2, en sont bien étonnés. Il ne tiendrait qu'à vous d'en avoir d'aussi bons, si vous pouviez faire effacer la note d'infamie qu'un sot préjugé attache encore à des talents précieux et rares.

M. Hennin, résident du roi à Genève, a dû avoir l'honneur de vous écrire sur Gallien. Il m'en paraît content; il espère le former ; cette place est bonne. Les passeports et les certificats de vie des Genevois vaudront au moins à Gallien mille francs par an. Je donnerai les dix louis d'or en question, sur le premier ordre que je recevrai de vous. Vous me permettez de ne pas vous écrire de ma main quand ma détestable santé me tient sur le grabat . C'est l'état où je suis aujourd'hui, avec la résignation convenable, et avec le plus tendre et le plus respectueux attachement. »

 

06/04/2023

réduit à la mendicité avec un revenu considérable

... C'est l'Etat français passé, présent et à venir ... Merci les casseurs !

 

 

« A Alexandre-Marie-François de Paule de Dompierre d'Hornoy, Conseiller au

Parlement

rue d'Anjou au Marais

à Paris

A Ferney 17 auguste 1767

N. B. – Aoust est bien welche.

La tante et le vieil oncle sont bien sensibles au souvenir amplissimi conciliarii in parlamento 1. Nous le prions instamment de nous tirer par son éloquence d'un étrange embarras . Nous subsistons par la bonté de M. de La Borde qui nous avance de quoi payer le boucher de Genève et les violons de Condé 2 , au 1er de chaque mois . M. de Laleu qui avait remboursé exactement M. de La Borde, est en arrière de quatre mois entiers . Nous ne pouvons plus abuser des bontés de M. de La Borde . Cette détresse , jointe à l'oubli de M. le duc de Virtemberg, nous réduit à la mendicité avec un revenu considérable . Maman donne des fêtes et le vieux malade n'a pas de quoi les payer . Si M. de Laleu ne paye pas M. de La Borde, il faut que je m'enfuie ou que je me jette dans le lac . Il faut bien accepter l'arrangement de M. de Lézeau 3, et cet arrangement même est encore une nouvelle gène . Dans cette extrémité, nous avons recours à notre cher conseiller . Nous le prions, Mme Denis et moi, de vouloir bien parler au Laleu, de l'engager à payer le banquier du roi et de ne pas nous faire perdre le seul crédit qui nous fait subsister . Je vous demande en grâce que je sache par vous sur quoi je peux compter . Laleu n'écrit jamais . Il me laisse dans l’ignorance et dans l'inquiétude . S'il ne paye pas le banquier du roi il faudra que j'emprunte à Genève, car je ne veux pas me brouiller avec le premier homme de la cour . Adieu, mon très cher neveu, je me recommande à votre très bon cœur .

V. »

1 Latin de cuisine : du très éminent conseiller au parlement .

2 Payer les violons signifie régler les dépenses relatives aux distractions d'autrui ; de Condé fait référence aux grandes dépenses que Condé fit pour traiter magnifiquement Louis XIV à Chantilly .

3 Sur ce personnage, voir lettre du 11 mai 1767 à l'abbé Moussinot : https://fr.m.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1737/Lettre_746

et lettre du 12 janvier 1759 à  Cideville : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1759/Lettre_3748

et du 10 mai 1764 à Cideville : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1764/Lettre_5643

05/04/2023

rendre les cuistres bien odieux et bien ridicules

... Merci Voltaire d'avoir si bien travaillé à cela .

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

16 auguste 1767

Si vous croyez, mon cher ami, qu'il soit bon de faire courir cette lettre pour rendre les cuistres bien odieux et bien ridicules, donnez-lui des actes . Copie à Protagoras ; encore à Marmontel .

Comment va Mme d'Argental ? Joue-t-on Cosroès ? Avez-vous la bonté d'envoyer à Laleu mon certificat menteur ? Je n'en peux plus . Je vous aime autant que je souffre . »

Plût à Dieu que vous pussiez donner la nouvelle édition

... - Des Trois Mousquetaires ?

... - Voeu exaucé !

 

 

« A Jacques Lacombe

[août 1767]

J'espère, mon cher éditeur, que vous pourrez imprimer ce mémoire ou du moins l'insérer dans l'Avant-Coureur . Plût à Dieu que vous pussiez donner la nouvelle édition de Louis XIV . »

songez bien aux cartons et aux titres, aux maudits titres

... Par exemple, faites votre choix : https://news.google.com/topics/CAAqJggKIiBDQkFTRWdvSUwyMH...

 

 

« A Gabriel Cramer

[août 1767]

Caro je suis bien embarrassé, les yeux me font grand mal, je n'ai point de clerc . Wagnière ne sera sur pied de longtemps . Caro songez bien aux cartons et aux titres, aux maudits titres . »

04/04/2023

menacé du cachot s'il continuait ses insolences calomnieuses

... Donald Trump devrait bien y faire un séjour,  le plus tôt si possible (on peut rêver ! ) : https://www.huffingtonpost.fr/international/article/donal...

 

 

« A Jean Ribote Charron etc.

à Montauban

Il est triste, monsieur, qu'un homme tel que La Beaumelle soit devenu le gendre de M. de Lavaysse, et le beau-frère de M. de Lavaysse de Vidou. C'est un monstre qui s'est introduit dans une famille d'honnêtes gens. Vous me feriez plaisir de me dire quels sont les magistrats de Carlat et de Mazères, et les autres personnes, soit protestantes, soit catholiques, auxquelles il conviendrait d'envoyer le mémoire adressé aux ministres. M. de Gudanes a déjà parlé à ce malheureux par ordre du roi, et l'a menacé du cachot s'il continuait ses insolences calomnieuses.

Vous me ferez plaisir, monsieur, de vouloir bien m'instruire des suites de l'affaire de Sainte-Foy . Je ne doute pas que la protection et le crédit de M. le maréchal de Richelieu ne fassent rendre justice à l'innocence persécutée.

Voudriez-vous bien aussi m'apprendre s'il y a dans le Carlat, dans Mazères, et dans les environs, quelques personnes à qui l'on pût envoyer le mémoire ? 1

J'ai l'honneur d'être, bien véritablement, monsieur,

votre très humble et très obéissant serviteur.

V. 

14è auguste 1767»

 

1 Après la lettre que V* vient de recevoir de la duchesse de Saxe-Gotha, on est frappé de voir avec quel acharnement il tente encore de nuire à La Beaumelle dans l'entourage de celui-ci, notamment en le faisant passer pour un ancien ministre protestant alors qu’il occupe une charge publique .

03/04/2023

pour moi, je suis trop petit pour ne me pas défendre

... Qu'on se le dise !

 

 

« A Louise-Dorothée von Meiningen, duchesse de Saxe-Gotha

14è auguste 1767, à Ferney.

Madame,

Je suis pénétré jusqu'au fond du cœur des lettres dont Votre Altesse sérénissime m'honore 1. Vos bontés devraient sans doute bannir de mon esprit toute idée d'un La Beaumelle. S'il n'était question que de moi, je n'y penserais pas; mais daignez songer, madame, que je dois répondre au tribunal de l'Europe des vérités que j'ai dites dans le Siècle de Louis XIV, siècle heureux, où toute la branche Ernestine, dont vous êtes aujourd'hui l'ornement, était la meilleure alliée de la France. Je trahirais lâchement mon devoir si je laissais subsister les calomnies que La Beaumelle réimprime contre presque tous ceux qui ont illustré ce beau siècle. Je sais que Votre Altesse sérénissime est trop instruite et trop juste pour se laisser séduire par ces impostures, mais combien de lecteurs, madame, ne sont ni justes ni éclairés ! Considérez, madame, qu'il n'y a pas une seule cour qui ne s'empresse de réfuter, dans les papiers publics, les mensonges des gazettes. Ces combats durent quelquefois des mois entiers. Voudriez-vous ravir aux particuliers le droit de se défendre? Non, sans doute, et ce n'est pas même comme simple particulier que je dois agir, mais comme un homme qui a été chargé de la cause publique. Je dirai plus encore. Votre Altesse sérénissime sait avec quelle insolence La Beaumelle a parlé de votre auguste maison. Voudriez-vous que je l'oubliasse, parce que vous lui pardonnez? Je ne le puis, madame. La vérité ne pardonne point mais elle ne punit qu'en se montrant. C'est par sa lumière qu'elle confond ceux qui veulent l'obscurcir. Les princes auxquels ce misérable a jeté de la boue feront ce que leur grandeur et leur clémence pourront leur dicter; mais, pour moi, je suis trop petit pour ne me pas défendre.

La reconnaissance que je dois à toutes vos bontés, madame est le sentiment le plus profond qui m'occupe. Vous êtes ma protectrice et ma consolation. Je suis également dévoué à la vérité et à Votre Altesse sérénissime, avec le plus profond respect et la plus vive reconnaissance.

Votre vieux Suisse. »

1 La duchesse a écrit à V* le 10 août 1767 où elle blâme sévèrement ses attaques contre La Beaumelle .

Voir : https://www.persee.fr/doc/dhs_0070-6760_2002_num_34_1_2489