11/02/2025
je ne sais point les usages de ce pays-ci
... Demandez au chef du protocole, Président . Je n'aimerais pas être à votre place, ni avoir à payer votre note de téléphone, quand on voit tous les contacts à l'étranger avec des dirigeants peu fréquentables , pour ne pas dire plus : https://www.elysee.fr/toutes-les-actualites
Y resterè-je ?
« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin fils
Avocat au Parlement
à Saint-Claude
4è auguste 1769
M. de Voltaire, monsieur, vous est très obligé . Il a envoyé votre avis au jeune homme qui l'avait prié de vous consulter, et il a été bien persuadé que ce jeune homme n'avait rien à craindre .
Voudriez-vous bien avoir la bonté de nous dire , si une veuve et ses enfants ont le droit de réclamer les droits de la communauté de leur village, droits dont le défunt jouissait ? La veuve et les enfants ne demeurent plus dans leur village, mais tout auprès , et sous le même curé, quoique ce ne soit pas la même paroisse . Peuvent-ils avoir part aux bénéfices de la communauté ? N. B. La veuve n'est plus tutrice de ses enfants . Elle demande si en qualité de veuve et ne s’étant point remariée, elle peut prétendre aux droits et bénéfices de la communauté ; je ne sais point les usages de ce pays-ci 1.
Nous avons perdu le compte de l'orfèvre ; s'il veut l'envoyer on lui fera tenir son argent qui est tout prêt, ou bien on lui enverra une lettre de change .
Nous sommes tous ici très fâchés d'être si longtemps sans vous voir ; nous vous faisons tous les plus tendres compliments. »
1 Le nota bene est ajouté en marge sur le manuscrit original .
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
10/02/2025
je sais trop qu’il y a des circonstances où il faut absolument se taire.
... Je ne sais si M. Macron s'est tu sur certains sujets embarrassants pour lui . L'intelligence naturelle reconnait une "révolution" par l'IA, laquelle ne reconnait rien d'autre que ce qu'on veut bien lui apprendre .
La valse des milliards continue surveillée par le président gestionnaire investisseur . Je suis désormais bien rassuré à propos de mon "double numérique", c'est le président médecin qui le promet, et les artistes n'ont rien à craindre de l'IA c'est le président Sacem qui protège . Régulons, régulons , et adieu les terroristes et les racistes dit le président policier douanier . Et tout ça grâce à l'IA !
J'ai fait le test Chat GPT : écrire une lettre dans le style de Voltaire à Macron :https://talkai.info/fr/chat/ et ne soyez pas surpris outre mesure de voir une allusion à l'abbé Pierre modèle de solidarité, ce qui montre que la base de données n'est pas parfaitement mise à jour, sans parler du style cul-cul de sa réthorique boiteuse ; IA 0- Humain 1 !
https://www.cartooningforpeace.org/editos/intelligence-ar...
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
4è auguste 1769
Mon cher ange, parlez-moi, je vous prie, du rhume de Mme d’Argental. Comment est-on enrhumé au mois d’août ou d’auguste ? Il est vrai que la nature m’avertit quelquefois de mon âge et de ma faiblesse ; mais je la laisse dire, et quand elle a tout dit, elle me laisse faire. Comme Mme d’Argental est plus jeune et plus sage que moi, elle se tirera mieux des tours que sa santé lui joue quelquefois.
Vous me parlez, dans votre lettre du 22, de certains papiers dont un curieux s’est emparé. Vraiment je n’en ai parlé à personne, et je suis très éloigné de faire une tracasserie qui pourrait perdre un jeune homme 1, et qui d’ailleurs ne me ferait que du mal. Dupuits le vit emporter de ma bibliothèque beaucoup de papiers . J’en ai perdu de très importants . J’ai été puni de mon trop de confiance. C’est un malheur qu’il faut oublier ; j’en ai essuyé de plus grands, et je sais trop qu’il y a des circonstances où il faut absolument se taire.
C’est la faute de Marin s’il n’a pas mieux fait son marché. Il s’en est rapporté au libraire 2, dont je n’avais jamais exigé que cent écus pour Lekain, et qui s’en est tenu à cet usage.
Il faut espérer que les représentations vaudront davantage, car on me mande que quelques amateurs veulent absolument que l’on joue la pièce. M. de Chimène m’a déjà envoyé une distribution des rôles . Il n’y a point eu de défense formelle . M. Moreau 3 est le seul qui ait prétendu que l’ouvrage était une satire de nos prêtres . Il me semble qu’on peut aisément faire entendre raison à ce M. Moreau. Tous les gens qui veulent avoir du plaisir doivent se liguer contre lui.
Pandore et Les Guèbres sont de petits bâtards qu’il est difficile d’élever. Si M. le duc d’Aumont ne protège pas Pandore, il faudra bien qu’il favorise Les Guèbres. On ne peut exclure tant de gens à la fois.
La santé de Mme d’Argental vous permettra-t-elle de faire un tour à Compiègne ? se met-elle au lait ? est-ce M. Bouvard qui la gouverne ? Je ne m’accoutume point a la mort de Fournier 4. Cela devrait détromper des médecins . J’en ai enterré cinq ou six pour ma part . Mais ce n’est pas d’eux que je voudrais qu’on fût le plus détrompé.
À vos pieds, mes chers anges.
V. »
1 La Harpe.
2 L'ex avocat Lacombe .
3 Procureur du roi au Châtelet ; voir page 484 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvre...
Voir lettre du 3 mai 1769 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/11/06/i...
4 Le médecin de Mme d'Argental ; voir lettre du 26 mars 1757 à Thieriot : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411355v/f197.image...
10:50 | Lien permanent | Commentaires (0)
09/02/2025
s’ils ne se trouvent pas assez flattés, on les peindra tels qu’ils sont
... Tel est le juste lot de tous ceux et toutes celles qui se flattent d'être sujets de biographies de leur vivant , généralement autobiographies, sujettes à caution tant l'humain est avide de gloire . Pour les défunts on se plait à raconter ce qu'on veut, avec parfois l'opposition de leurs héritiers , sans plus .
« A Bernard-Joseph Saurin
3è auguste 1769 1
Je m’intéresse plus que personne, mon cher confrère, au triste état d’Abélard 2. Soixante et quinze ans font à peu près le même effet que le rasoir de monsieur le chanoine. Horace a bien raison de dire, et Boileau après lui 3, que les plus tristes sujets peuvent réussir en vers 4. Les vôtres sont bien agréables et bien attendrissants.
Vous savez qu’on a imprimé Les Guèbres du jeune Des Mahis 5. Cette pièce m’a paru fort sage : il serait à souhaiter qu’elle l’eût été moins ; elle aurait fait une plus grande impression. Je conseillerais aux prêtres de demander qu’on la joue telle qu’elle est, car, s’ils ont la sottise de s’y opposer, il arrivera que les héritiers de Des Mahis remettront la pièce dans toute son ancienne horreur. On m’a dit que l’auteur en avait adouci presque tous les traits, et qu’il avait passé quelques couleurs sur l’extrême laideur de ces messieurs ; mais, s’ils ne se trouvent pas assez flattés, on les peindra tels qu’ils sont. Je crois qu’il est de l’intérêt de tous les honnêtes gens qu’on joue quelquefois de pareilles pièces . Cela vaut pour le moins une grand-messe de votre archevêque, et beaucoup mieux sans doute que tous ses billets de confession.
J’ai essuyé plus d’une affaire et plus d’une maladie ; c’en est trop à mon âge. Plaignez-moi, si je vous écris si rarement et si laconiquement.
V. »
1 Original ; éd. Supplément au recueil, II, 145-146, sans destinataire ; voir note 2 .
2 Saurin venait de publier une imitation de l’Épître d’Héloïse à Abélard, de Pope [ https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109237z.image ] : Épître d'Héloïse à Abélard imitée de Pope, qui ne semble avoir été publiée seulement dans les Lettres et épîtres amoureuses d'Héloïse et d'Abélard ( au Paraclet, vers 1785 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64242457 ).
3 Ce n’est pas d’après Horace que Boileau a dit les vers cités ci-dessous .
4Allusion au début du chant III de l'Art poétique :
Il n’est pas de serpent ni de monstre odieux
Qui, par l’art imité, ne puisse plaire aux yeux.
18:17 | Lien permanent | Commentaires (0)
Vous avez une grande réputation dans l’Europe, et je prédis que vous ne vous en tiendrez pas à la place que vous occupez à présent
... Je ne saurais à qui dire cela, aussi faisons un petit tour dans le passé :
https://www.touteleurope.eu/societe/douze-petits-portraits-de-grands-europeens-et-europeennes/
« Au cardinal François-Joachim de Pierre de Bernis
3è auguste 1769 à Ferney 1
Par pitié pour l’âge caduque
D’un de mes sacrés estafiers,
Vous abritez sa vieille nuque :
Quand on est couvert de lauriers,
On peut donner une perruque.
Prêtez-moi quelque rime en uque
Pour orner mes vers familiers.
Nous n’avons que celle d’eunuque.
Ce mot me conviendrait assez ;
Mais ce mot est une sottise,
Et les beaux princes de l’Église
Pourraient s’en tenir offensés.
Je remercie très tendrement Votre Éminence de la perruque de mon pauvre aumônier 2 qui ne verra pas ma lettre. Mais souffrez qu’il vous rende de très humbles actions de grâces : il ne les dit jamais à table, et j’en suis fâché.
On dit que vous faites des merveilles à Rome, et que vos pieds, tout potelés qu’ils sont, marchent sur des épines sans se blesser. Je suis très fâché que votre Saint-Père soit peu versé dans l’Histoire 3, il se croira encore au treizième siècle ; mais vous le remettrez au courant, et vous viendrez plus aisément à bout d’un homme d’esprit que d’un sot. Vous avez une grande réputation dans l’Europe, et je prédis que vous ne vous en tiendrez pas à la place que vous occupez à présent. Vivez seulement, et laissez faire au temps. Je fais actuellement de la soie, tout comme si j’avais l’honneur d’être de votre diocèse 4.
Je jouis d’une retraite qui serait agréable, même dans le voisinage de Rome ; mais, quand le temps viendra où
De l’urne céleste
Le signe funeste
Domine sur nous,
Et pour nous commence
L’humide influence
De l’Ourse en courroux 5,
alors je deviendrai un des plus malheureux agriculteurs qui respirent ; alors, si j’étais seul, si ma nièce ne venait pas dans ma Sibérie, je volerais en tapinois dans votre climat, je vous ferais ma cour par un escalier dérobé, et je verrais Saint-Pierre. Mais à moi n’appartient tant d’honneur. Je suis comme Mahomet second, qui fit graver sur son tombeau : « Il eut un grand désir de voir l’Italie. 6»
J’en ai un plus grand, c’est que le plus aimable, le plus instruit, le plus brillant et le plus véritablement sage des Septante 7 agrée toujours mon tendre respect et me conserve ses bontés.
P. S. Vraiment, en relisant le chiffon de M. de Philippopolis 8, je trouve qu’il renvoie mon aumônier à son évêque 9, malgré la formule du non obstantibus contrariis 10. Cet évêque est l’ennemi mortel des perruques ; il refusera net. Cela ferait un procès, ce procès ferait du bruit et produirait du ridicule. Un ex-jésuite et moi, voilà des sujets d’épigrammes, et de quoi égayer les gazetiers. On n’a déjà que trop tympanisé ma dévotion. Je ne ferai donc rien sans un ordre de Votre Éminence . Je jetterais dans le feu les perruques du Père Adam et les miennes, plutôt que de compromettre Votre Éminence.
Autre post-scriptum.
Comme en qualité de cardinal et d’archevêque vous êtes à la tête des bienséances, je crois qu'il n'est pas mal que j'aie l'honneur de vous envoyer le petit certificat ci-joint 11 . J'aurais fait plus de bien, mais pour en faire soit en grand soit en petit, il faut être absolument le maître. »
1 Original ; éd. Bourboing. Le second post-scriptum manque dans les éditions .
2 Le Père Adam ; voyez lettres du 12 juin 1769 à Bernis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/12/11/si-je-n-obtiens-pas-ce-que-je-demande-je-m-en-prendrai-a-vous.html
et du 19 juillet de Bernis .
3 Voir lettre du 19 juillet 1769 de Bernis : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1769/Lettre_7601
4 Alby, dont le cardinal de Bernis était archevêque.
5 Voltaire, en citant ces vers, les croyait de Bernis, sous le nom duquel ils ont été imprimés. On les trouve même dans quelques éditions de ses Œuvres ; mais l’Épître sur l’hiver, dont ils font partie, est de Gentil-Bernard.
Voir aussi : https://www.persee.fr/doc/caief_0571-5865_1989_num_41_1_1711
6 Pièce de Marivaux . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahomet_second
7 C’est le nombre des cardinaux, dont six cardinaux-évêques, cinquante cardinaux prêtres, et quatorze cardinaux-diacres. (Beuchot.)
8 C’était le secrétaire des brefs. Il avait succédé à l’archevêque de Calcédoine.
9 C’était Biord, évêque d’Annecy, qui, fils d’un maçon, n’avait pas le mortier liant, comme dit Voltaire, et avec qui Voltaire avait eu, en 1768, une petite correspondance. (Beuchot.)
10 Nonobstant toutes oppositions .
11 Ce certificat est connu sous différentes formes peu différentes . Une copie fut envoyée à Mme Denis ; une autre, trouvée à Ferney en 1780 passa à la vente Dubrunfaut en 1884 et se trouve actuellement conservée à Ferney, etc. Les différents documents passés à des dates diverses furent réunis en une seule pièce notariée dont voici la teneur :
« Nous soussignés certifions que M. de Voltaire, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, l'un des quarante de l'Académie française, seigneur de Ferney, Tournay, Prégny et Chambésy au pays de Gex, près de Genève, a non seulement rempli les devoirs de la religion catholique dans la paroisse de Ferney où il réside, mais qu'il a fait rebâtir et orner l'église à ses dépens, qu'il a entretenu longtemps un maître d’école, qu'il a défriché à ses frais les terres incultes de plusieurs habitants, a mis ceux qui n'avaient point de charrue en état d'en avoir, leur a bâti des maisons, leur a concédé des terrains, et que Ferney est aujourd'hui plus peuplé du double, qu'il ne l'était avant qu'il en prit possession, qu'il n'a refusé ses secours à aucun des habitants du voisinage .
« Requis d'en rendre le témoignage, nous le donnons comme la plus exacte vérité : signés Gros, curé, Sauvage de Verny, syndic de la noblesse, Fabry, premier syndic général et subdélégué de l'intendance, Christin avocat, David prieur des Carmes de Gex, Adam prêtre et Fournier curé . Contrôlé à Gex le 28 avril 1768 . reçu treize sols . Signé de La Chaux .
« Je soussigné Claude Raffox notaire royal au bailliage de Gex résidant à Ferney, déclare avoir extrait et collationné mot à mot sur son original le certificat ci-devant à moi exhibé par M. de Voltaire et en même temps retiré : le tout fait à sa réquisition à Ferney le 28 avril 1768 . Signés Voltaire et Raffox
« Contrôlé à Gex le 28 avril 1769, reçu six sols, six deniers. Signé de La Chaux.
« Et depuis au dit château de Ferney le trente-et-un mars 1769 par-devant le même notaire et en présence des témoins ci-après nommés est comparu ledit messire François-Marie de Voltaire, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, l'un des quarante de l'Académie française, seigneur de Ferney, Tournay, Prégny et Chambésy, demeurant à sondit château, lequel a déclaré que ledit Nonnotte ci-devant soi-disant jésuite et le nommé Guyot soi-disant abbé, ayant fait contre lui des libelles aussi insipides que calomnieux, dans lesquels ils accusent ledit M. de Voltaire d'avoir manqué de respect pour la religion catholique, il doit à la vérité, à son honneur et à sa piété, de déclarer que jamais il n'a cessé de respecter et de pratiquer la religion professée dans le royaume, qu'il pardonne à ses calomniateurs, que si jamais il lui était échappé quelques indiscrétion préjudiciables à la religion de l’État, il en demandait pardon à Dieu et à l’État qu'il a vécu et veut mourir dans l’observance de toutes les lois du royaume, et dans la religion catholique, étroitement unie à [la loi] . Fait et prononcé [...]
« Contrôlé à Gex le 6è avril 1769.
« Et depuis au château même de Ferney, à neuf heures du matin du 1er avril 1769, par-devant ledit notaire et en présence des témoins ci-après nommés, ledit M. de Voltaire, immédiatement après avoir reçu dans son lit, où il est détenu malade , la sainte communion de M. le curé de Ferney, a prononcé ces propres paroles : « Ayant mon Dieu dans ma bouche, je déclare que je pardonne sincèrement à ceux qui ont écrit au Roi des calomnies contre moi, et qui n'ont pas réussi dans leur mauvais dessein » de laquelle déclaration ledit M. de Voltaire a requis acte, que je lui ai octroyé en présence de R[évéren]d sieur Pierre Gros, curé dudit Ferney, d'Antoine Adam, prêtre, ci-devant soi-disant jésuite, Simon Bigex, Claude Joseph capucin du couvent de Gex, Claude-Étienne Mausier orfèvre et bijoutier, et Pierre Larchevêque syndic dudit Ferney, y demeurant, témoins soussignés, avec ledit M. de Voltaire, et moidit notaire audit château de Ferney, lesdits heure, jour, mois et an. »
00:44 | Lien permanent | Commentaires (0)
08/02/2025
à présent que la chose devient sérieuse, je pense que je dois la réfuter plus fortement
... C'est ce que pense Mme Elisabeth Borne à propos d'une modification constitutionnelle du droit du sol : https://www.francetvinfo.fr/societe/immigration/bayrou-darmanin-borne-le-debat-sur-le-droit-du-sol-reveille-les-divisions-au-sein-du-camp-gouvernemental_7061423.html
« A Marie-Louise Denis 1
[Ce 12 (vers le 1er ) auguste 1769 2]
Je reçois, ma chère nièce, votre gros paquet 3 au départ de la poste . À peine ai-je le temps de vous dire que celui qui m'a volé les lettres à Mme de La Neuville et à Mme de Champbonin, etc., pourrait bien avoir volé aussi quelques manuscrits concernant l'ouvrage dont vous me parlez . Les dernières feuilles ne sont certainement pas de moi . Elles sont remplie d’erreurs que je connais depuis longtemps . Elles ne sont pas assurément écrites du même style que le reste . Mais encore une fois je ne veux accuser personne .
J'écris un petit mot à M. le duc de Choiseul 4 sur cette ridicule calomnie par M. le comte de Schomberg qui va partir .
Je vous ai déjà mandé 5 que j'avais écrit à M. le maréchal de Richelieu qui n'est certainement fâché ni contre vous ni contre moi .
Je serais très fâché que la Duchesne imprime mes prétendues lettres, surtout dans le moment présent .
Dans le commencement du fracas que faisait cette Histoire du Parlement, j'ai cru d'abord ne pouvoir pas traiter cette calomnie autrement que je traite toutes les autres. Mais à présent que la chose devient sérieuse, je pense que je dois la réfuter plus fortement . Voici un petit mot pour votre neveu 6 que je lui écris à la hâte .
Je joins ici une copie de la lettre 7 que j'écris à M. Marin. Tout ceci est un mystère d’iniquité affreux ainsi que le recueil de mes lettres vendu à la Duchesne . »
1 Original, le dernier paragraphe autographe . La date du 12 août a été portée par Mme Denis mais elle est impossible . Ainsi Schomberg a quitté Ferney le 1er ou le 2 août . La présente lettre prend place entre celle du 31 juillet ( http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/02/03/je-fremis-d-un-cocher-de-paris-6533760.html
) et celle du 7 août .
2 Date ajoutée par Mme Denis .
3Il s'agit d'un paquet contenant une lettre – perdue- de Mme Denis, du 25 juillet à peu près .
4Cette lettre n'est pas connue .
5 Autre lettre perdue .
6 Encore une lettre égarée .
7 Lettre du 19 juillet 1769 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/01/22/j-ai-toujours-remarque-qu-on-ne-lisait-point-qu-on-parcourai-6532129.html ; lettre déjà ancienne mais tout à fait ostensible, à faire circuler .
10:02 | Lien permanent | Commentaires (0)
07/02/2025
En vérité, il faudrait un peu de liberté dans toute sorte de commerce et surtout dans celui de la vie
... Cet idéal voltairien est infiniment loin de ce qu'on vit en ce moment, lois et règlements semblent être les principaux soucis et intérêts du monde , le commerce imposant ses conséquences à notre vie au jour le jour . Quelle liberté reste-t-il quand se loger et se nourrir sont un souci quotidien ?
« A Paul-Claude Moultou etc.
à Genève
A Ferney ce 1 auguste 1769
Vendredi à dîner, mon cher philosophe. Vraiment je sais qui est M. Richard 1. Gratior et pulchro veniens in corpore virtus 2 . Ah ! Le beau livre que Vernet a écrit sur le contrains-les d'entrer 3 et sur le contrains-les d'entendre . En vérité, il faudrait un peu de liberté dans toute sorte de commerce et surtout dans celui de la vie .
Je vous aime de tout mon cœur, mon cher philosophe, et je ne suis pas comme vous qui écrivez des compliments .
V. »
1 Peut-être le destinataire de la lettre du 10 janvier 1768 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/08/05/permettez-que-je-lui-fasse-mes-compliments-6455434.html
2 Virgile, L'Enéide, V, 344 . Plus charmante est la vertu quand elle se présente sous une belle enveloppe .
3 J. Vernet , Réflexions sur les mœurs, la religion, et le culte, 1769 . Sur la page de titre de son exemplaire, V* a écrit 'très ennuyeux bavard ». Voir : https://books.google.nl/books?id=G6IUAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=de&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
09:50 | Lien permanent | Commentaires (0)
06/02/2025
On redemande « Inquisition »
... Mais oui, Donald, "on"* c''est toi : "in God we trust very well and we pray for white men only ."
* Petit rappel du dicton : "On" est un con .
"L’Inquisition est, comme on sait, une invention admirable & tout à fait chrétienne, pour rendre le Pape & les moines [ à savoir, traduire en : " tous les oligarques et tous les théocrates du dieu dollar" ] plus puissants & pour rendre tout un royaume hypocrite."
« A Gabriel Cramer
[juillet-août 1769]
On envoie « Torture » que monsieur Cramer a demandé . On redemande « Inquisition »1.
L'exemplaire sur lequel monsieur imprime est rempli de fautes de typographie . S'il pouvait envoyer un exemplaire de toutes les feuilles qui sont tirées, il ferait grand plaisir . »
10:10 | Lien permanent | Commentaires (0)