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16/08/2018

il faut discuter ses raisons modestement avec lui, et ne pas le juger sans l’avoir entendu, etc

... Ce qui semble n'avoir pas été le soucis premier de ce fonctionnaire autrichien qui se contente de juger d'après ses a priori de ce que doit être "un gay" afghan 

https://www.20minutes.fr/monde/2321343-20180816-autriche-...

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Comment est le monde, fonctionnairement parlant ?

 

 

« A César-Gabriel de Choiseul, duc de Praslin

Ferney, 21 auguste 1763 1

Monseigneur, vous voulez des assassinats, vous en aurez. En voici une paire 2 dans le paquet de M. d’Argental. Si vous voulez, vous lirez ces rogatons avant mes anges, ou bien vous les lirez avec mes anges.

Pendant que je vous envoie des tragédies, M. de Montpéroux vous fait sans doute le récit de la farce de Genève. Vous verrez comme les enfants de Calvin ont changé. Il est assez plaisant de voir tout un peuple demander réparation pour Jean-Jacques Rousseau. Ils disent qu’il est vrai qu’il a écrit contre la religion chrétienne, mais que ce n’est pas une raison assez forte pour oser donner une espèce d’assigné pour être ouï à un citoyen de Genève ; que si un citoyen de Genève trouve la religion chrétienne mauvaise, il faut discuter ses raisons modestement avec lui, et ne pas le juger sans l’avoir entendu, etc.

Vous entendrez parler bientôt de la cité de Genève, et je crois que vous serez obligé d’être arbitre entre le peuple et le magistrat ; car vous êtes garant des lois de cette petite ville, comme du traité de Westphalie. Cela vous amusera, et vous aurez le plaisir d’exercer vos talents de pacificateur de l’Europe.

Je me flatte toujours que vous daignerez aussi être mon juge, et que Mariette vous présentera une requête pour le traité d’Arau . Je serai jugé par vous en vers et en prose ; mais il m’est plus aisé de changer deux actes de tragédie que de faire un factum contre l’Église.

Je suis avec un profond respect,

monseigneur,

votre très humble et très obéissant serviteur.

L’aveugle V. »

1 Le manuscrit original signé est passé en vente par le marquis Filippo Raffaeli da Cingoli le 19 novembre 1863 . L'Amateur d'autographes, du 1er novembre 1863 , et l'éditeur Gabriel Charavay, donnent à tort Richelieu comme destinataire . Or la seule personne à qui Montpéroux puisse faire un rapport sur les troubles de Genève est évidemment le ministre des Affaires étrangères, le duc de Choiseul-Praslin . Voir aussi la lettre du 23 aout 1763 à d'Argental : « Mes anges doivent avoir reçu un gros paquet adressé à M. le duc de Praslin . »

2 Le Triumvirat .

15/08/2018

il est permis à tout citoyen d'écrire ce qu'il veut sur la religion, qu'on ne peut le condamner sans l'entendre, qu'il faut respecter les droits des hommes

... Sait-il cela celui qui a tenté d'assassiner des Londoniens hier ?

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

21è auguste [1763]

Il est bon que nos frères sachent, qu'hier, six cents personnes vinent pour la troisième fois, protester en faveur de Jean-Jacques contre le Conseil de Genève 1, qui a osé condamner Le Vicaire savoyard . Ils disent qu'il est permis à tout citoyen d'écrire ce qu'il veut sur la religion, qu'on ne peut le condamner sans l'entendre, qu'il faut respecter les droits des hommes, et on prétend que cela pourrait bien finir par une prise d'armes . Je ne serais pas fâché de voir une guerre civile pour Le Vicaire savoyard . Je ne crois pas qu'il y en ait dans Paris pour Saül et David .

J’espère que mon cher frère aura la charité de m'envoyer cette pièce édifiante que je ne connais point du tout .

Voici encore un petit mot pour M. Mariette . J'importune beaucoup mon frère, mais quand on a un certain procès contre la sainte Église, il faut bien s'adresser aux sages . J'embrasse mon sage frère .

Écr l'inf . »

1 Cette nouvelle donnée par V* est confirmée de façon précise par une mention des registres du Conseil de Genève : « Monsieur le Premier a rapporté que samedi dernier entre une et deux heures après midi le sieur Vieussieux accompagné de 25 à 26 citoyens ou bourgeois vint chez lui et lui remit un papier dont il lui fit lecture, qu'ensuite il lui dit qu'un grand nombre de citoyens étant dans les sentiments exprimés dans cet écrit viendraient chez lui ; mais successivement pour lui causer moins d’incommodité, qu'il le priait de les recevoir et qu'ils vinrent en effet successivement au nombre d'environ 450 et que ce matin, le sieur Antoine Joly avec environ trente personnes est encore venu pour appuyer cet écrit . »

14/08/2018

Un mot de sa main suffira pour m'éclairer

... et je cesserai mon espionnage , dit aimablement Google à chaque possesseur de smartphone se plaignant d'être épié sans trêve , il suffit de trouver la bonne rubrique et d'appuyer sur la bonne touche !

http://www.lepoint.fr/high-tech-internet/google-vous-suit...

 Mais peut-on faire confiance au milliardaire dont le big data né de notre activité est le gagne-pain ? Il a plus d'un tour dans son sac .

 

 

 

« A Pierre Mariette

21è auguste [1763]

Je supplie monsieur Mariette de me faire réponse à mi-marge aux questions qu'il a dû recevoir de moi . Un mot de sa main suffira pour m'éclairer . J'attends ce mot avec impatience . 

V.»

13/08/2018

Les Français n’ont encore jamais osé dire la vérité toute entière. Nous sommes de jolis oiseaux à qui on a rogné les ailes. Nous voletons, mais nous ne volons pas

...

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Pas encore !

 

 

« A Marie de Vichy de Chamrond, marquise du Deffand

L’aveugle voltaire a l’aveugle marquise du Deffand.

Les gens de notre espèce, madame, devraient se parler au lieu de s’écrire, et nous devrions nous donner rendez-vous aux Quinze-Vingts, d’autant plus qu’ils sont dans le voisinage de M. le président Hénault. On m’a mandé qu’il avait été dangereusement malade ces jours passés, mais qu’il se porte mieux. Je m’intéresse bien vivement à votre santé et à la sienne . Car enfin il faut que ce qui reste à Paris de gens aimables vive longtemps, quand ce ne serait que pour l’honneur du pays.

Etes-vous de l’avis de Mécène, qui disait : Que je sois goutteux, sourd, et aveugle, pourvu que je vive, tout va bien ?1 Pour moi, je ne suis pas tout à fait de son opinion, et j’estime qu’il vaut mieux n’être pas que d’être si horriblement mal ; mais, quand on n’a que deux yeux et une oreille de moins, on peut encore soutenir son existence tout doucement.

J’ai eu une grande dispute avec M. le président Hénault, au sujet de François II 2, et je vous en fais juge. Je voudrais que, quand il se portera bien, et qu’il n’aura rien à faire, il remaniât un peu cet ouvrage, qu’il pressât le dialogue, qu’il y jetât plus de terreur et de pitié, et même qu’il se donnât le plaisir de le faire en vers blancs, c’est-à-dire en vers non rimés. Je suis persuadé que cette pièce vaudrait mieux que toutes les pièces historiques de Shakespeare, et qu’on pourrait traiter les principaux événements de notre histoire dans ce goût . Mais il faudrait pour cela un peu de cette liberté anglaise qui nous manque. Les Français n’ont encore jamais osé dire la vérité toute entière. Nous sommes de jolis oiseaux à qui on a rogné les ailes. Nous voletons, mais nous ne volons pas.

Je vous supplie, madame, de lui dire combien je lui suis attaché. Je le supplie de vous en dire autant quand j'ai l'honneur de lui écrire .

Adieu, madame ; je ne sais si nous avons jamais bien joui de la vie, mais tâchons de la supporter. Je m’amuse à entendre, sauter, courir, déraisonner mademoiselle Corneille, son petit mari, sa petite sœur, dans mon petit château, pendant que je dicte des commentaires sur Agésilas et Attila . Et vous, madame, à quoi vous amusez-vous ? Je vous présente mon très tendre respect.

V.

A Ferney 19è august 1763 car il est trop barbare d'écrire aoust et de prononcer ou.3 »

2 Hénault a écrit le 29 juin 1763 à V* : « […] Je dois vous faire part du succès d'un ouvrage qui vous doit en partie sa réputation, et que vous avez eu le courage d'adopter des premiers . Il a été traduit en italien, en allemand, on dit en chinois , et enfin il vient de paraitre en anglais [A new chronological abridgment of the history of France …] […] il me reste encore une chose à désirer ce serait que la pièce de François II fût traduite en anglais . Si j'ai mérité quelque réputation, il me semble que c'est pour un ouvrage qui n'est pas assez connu […]. » . François II est une tragédie en cinq actes et en prose .

3 Intéressante précision sur la prononciation de ce type de mots (saoul, août ) à l'époque .

12/08/2018

Vous ne pouviez choisir un plus mauvais médiateur que moi . Vous me paraissez d'autant plus à plaindre que vous avez beaucoup de mérite

... pourrait dire Alexis Kohler au vacancier présidentiel dont il doit un peu gâcher les loisirs estivaux . L'opposition semble bien vouloir mettre du sable, tiré du fond des maillots de bain, dans les rouages gouvernementaux , ce qui est diablement constructif selon ses normes de semeur d'embrouilles .

http://www.europe1.fr/politique/affaire-kohler-loppositio... 

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Un Kohler qui, lui,  ne souffre aucune critique

 

 

« [Destinataire inconnu] 1

18è auguste 1763 à Ferney

par Genève

Les Enfers ne rendent rien, monsieur, et je n'ai plus de commerce avec les Enfers quoique le diable m'ait adressé plusieurs épîtres . Vous ne pouviez choisir un plus mauvais médiateur que moi . Vous me paraissez d'autant plus à plaindre que vous avez beaucoup de mérite ; c'est une sauvegarde assez inutile dans ce monde . Si quelqu'un veut vous servir actuellement, c'est M. d'Alembert : je lui écrirai . En attendant je vous exhorte à la résignation, ne pouvant exhorter les vainqueurs dont vous me parlez à la restitution . Je suis bien véritablement monsieur etc. »

1 D'après deux copies contemporaines (P. M. Moreau ,et Mersebourg ) dont la seconde porte en tête cette mention : « Réponse de M. de Voltaire à un jeune homme qui avait perdu à la bataille de Rosbach pour 40000 ££ de livres et qui lui avait écrit pour l'engager à s'employer auprès du roi de Prusse, afin d'en obtenir sinon la restitution, au moins quelque indemnisation. »

11/08/2018

au bout du compte, puisque vous pensez comme eux sur bien des choses, pourquoi n'être pas unis avec eux ?

... Hein , pourquoi pas , gens de droite -y compris extrême- comme gens de gauche -y compris extrême- , grands créateurs de groupuscules politicards pour souligner des opinions apparemment différentes et au fond banalement identiques ?

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« A Charles Palissot de Montenoy

etc.

rue d'Enfer près du Luxembourg

à Paris

18è auguste 1763 à Ferney

Je deviens aveugle tout de bon, monsieur, me voilà comme le bonhomme Tobie, et je n'espère rien du fiel d'un poisson . Je suis bien aise qu'il n'y ait plus de fiel entre M. de Tressan et vous 1; et je voudrais que vous pussiez être l'ami de tous les philosophes ; car , au bout du compte, puisque vous pensez comme eux sur bien des choses, pourquoi n'être pas unis avec eux ? Il me semble que nous ne devons avoir que les sots pour ennemis . Je voudrais pouvoir vous voir à Ferney avec les Diderot, les d'Alembert, les Hume, les Jean-Jacques . Nous chanterions tous Mlle Corneille et son grand-oncle, mais Fréron n'en serait pas .

Sans compliment, et à vous de tout mon cœur .

V. »

1 La brouille entre Tressan et Palissot remontait à l'année 1756 : Palissot en rejette la faute sur d'Alembert ; voir la lettre de Palissot à Voltaire du 12 mars 1756  et : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1756/Lettre_3225

Expliquez-moi donc cela , je vous en conjure . Est-il fou ?

... Donald Trump, bien entendu ! Une armée de l'espace ! Coutant des milliards de dollars ! Dans le même temps que des milliers de pompiers luttent contre des incendies énormes depuis des temps infinis avec des moyens finis . Le président bas-de-plafond-décoloré a vu trop de films de série Z, Z comme zinzin (et non pas Zorro !) Résultat de recherche d'images pour "Plan 9 from Outer Space"

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'ArgentaI

et à

Jeanne-Grace Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

18è auguste 1763 1

Je reçois la lettre du 11è auguste, de mes divins anges, avec le gros paquet . J'entre tout du coup en matière, car je n'ai pas de temps à perdre .

D'abord , mes anges sauront que toutes les choses de détail ne sont point du tout comme elles étaient .

À l'égard de l'horreur que vous me proposez, et à laquelle Mme Denis n'a jamais pu consentir, cela prouve que vous êtes devenus très méchant depuis que vous êtes ministre 2. C'est ce que je mande à M. le duc de Praslin 3 ; le crime ne vous coûte rien ; nous avions jugé dans l'ignorance des champs, qu'il était abominable que Fulvie voulût assassiner Antoine, que ce n’était point l'usage des dames romaines quand on leur présentait des lettres de divorce, que deux assassinats à la fois, et tous deux manqués, pouvaient révolter les âmes tendres et les esprits délicats . Mais puisque ce comble de l'horreur vous fait tant de plaisir, je commence à croire que le public pourra la pardonner, mais je vous avertis que la combinaison de ces deux assassinats est horriblement difficile . Il est à craindre que l'extrême atrocité ne devienne ridicule . Un assassinat manqué peut faire un effet tragique . Deux assassinats manqués peuvent faire rire , surtout quand il y en a un hasardé par une dame . Toutes les combinaisons que ce plan exige, demandent beaucoup de temps . J'y rêverai, et j'y rêve déjà en vous contant la chose seulement .

Mes divins anges, mon affaire contre la sainte Église est entre les mains de M. Mariette ; cette affaire est terrible . Si nous la perdions, tous les droits, tous les avantages de notre terre nous seraient infailliblement ravis ; nous aurions jeté plus de cent mille écus dans la rivière . Tous nos droits sont fondés sur le traité d'Arau, il ne s'agit aujourd’hui que de savoir qui doit être juge du traité d'Arau, ou le roi qui le connait, ou le parlement de Dijon qui ne le connait pas .

La république de Genève, intéressée comme moi dans cette affaire, a chargé M.M. Crommelin d'en parler ou d'en écrire à M. le duc de Praslin, afin que ce ministre puisse faire regarder au Conseil cette affaire comme une affaire d’État, laquelle doit être jugée au Conseil des parties, comme tous les procès de ce genre y ont été jugés .

Mais aujourd’hui, il ne s'agit que de revenir contre un arrêt de ce même Conseil des parties, obtenu par défaut, et subrepticement contre MM. de Budé qui n'en ont rien su, et qui étaient dans leurs terres en Savoie, quand on a rendu cet arrêt ; il renvoie les parties à plaider au parlement de Dijon, selon les conclusions de l’Église, et contre les déclarations de nos rois que MM. de Budé n'ont pu faire valoir, dans l'ignorance où ils étaient des procédures que l'on faisait contre eux .

C’est à M. Mariette, chargé du pouvoir de MM. de Budé et du nôtre, à revenir contre cet arrêt, et à renouer l'affaire au conseil de parties .

Il sera peut-être nécessaire que préalablement, nous obtenions des lettres patentes du roi, au rapport de M. le duc de Praslin . C'est ce que j'ignore, et sur quoi probablement M. Mariette m’instruira .

On m'avait mandé des bureaux de M. de Saint-Florentin, que cette affaire dépendait de son ministère, parce qu’il a le département de l’Église ; mais M. le duc de Praslin a la département des traités .

Pompée et Fulvie disent qu'ils sont fort fâchés de cet incident qui vient les croiser, que le traité d'Arau n'a aucun rapport avec l'Empire romain et les proscriptions .

Mes anges, ma tête bout, mes yeux brûlent . Je me mets à l'ombre de vos ailes .

Encore un mot, pourtant . M. de Martel, fils de la belle Martel 4, ci-devant inspecteur de la gendarmerie, arrive ici sous un autre nom, par la diligence, avec une vielle redingote pelée, et une tignasse par-dessus ses cheveux ; il dit qu'il vous connait beaucoup . Expliquez-moi donc cela , je vous en conjure . Est-il fou ?

V.

M'est-il permis d'insérer ici ce petit paquet pour frère Damilaville ? Je ne vous parle point de Saül, j'aime mieux Pompée .

Respect, tendresse et reconnaissance .

V. »

1 L'édition de Kehl, suivie des autres, omet à la suite de la copie Beaumarchais tout ce qui suit la première initiale .

2 Pour mémoire, d'Argental est ministre de Parme à Paris .

3 Voir lettre du 21 août 1763 au duc de Praslin : « Je me flatte toujours que vous daignerez aussi être mon juge, et que Mariette vous présentera une requête pour le traité d'Arau. »

4 Mme de Fontaine-Martel :