Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/01/2014

Une terre reste . Tout autre bien peut être englouti .

... Avant le déluge, avant la hausse des océans, gardons bien les pieds sur terre . Mais attention , nous n'avons qu'UNE terre !

 

DSCF0040 (2) filtré+.jpg

 

 

 

 

« A Jean-Robert Tronchin

à Lyon

Aux Délices 27 décembre [1758]

Une balle de café encore ! Que dira le docteur ? Mais n'importe mon cher monsieur il faut céder à l'usage . Cette balle n'est pas pour moi mais pour mes convives . Le sucre est très à propos car quoi que fasse M. Berger il renchérira . On dit que Borde ou Laborde 1 est brouillé avec Crésus Montmartel . Dans quelle abbaye enverra-t-on Borde ? Qu'on remplisse la loterie, et les rentes viagères tant qu'on voudra . Moi je veux du blé, du bois, du vin et des fourrages . Une terre reste . Tout autre bien peut être englouti . Je veux mourir laboureur et berger .

S'il en est temps encore, si je ne lasse pas vos bontés et vos complaisances, 4 fusils je vous en prie, très simples, très bons . Point de fusil à deux coups, engin lourd et difficile à manier 2. Grand pardon, et grande reconnaissance .

Votre très humble et très obéissant serviteur .

V. »

1 Jean-Joseph de Laborde , fameux banquier parisien .Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Joseph_de_Laborde

 

je suis devenu laboureur, vigneron, et berger cela vaut cent fois mieux que d'être à Paris homme de lettres.

... L'une de ces professions étant en voie de disparition, je vous laisse le choix pour votre avenir ...

 DSCF0731 berger moutons.png

 

 

« A Bernard-Joseph SAURIN. 1

rue Guénégaud, ou chez Prault-fils libraire quai de Conti

à Paris

Aux Délices, 27 décembre 1758

route de Genève

Ah! ah! vous êtes donc de notre tripot 2, et vous faites de beaux vers 3, monsieur le philosophe ? Je vous en félicite, et vous en remercie. Les prêtres d'Isis n'ont pas beau jeu avec vous; l'archevêque de Memphis vous lâchera un mandement, et les jésuites de Tanis vous demanderont une rétractation. Quelle est donc cette Adèle dont vous parlez ? Est-ce qu'il y a eu une Adéle 4 ? Dites-moi, je vous prie, ce que devient M. Helvétius 5. J'aurais un peu à me plaindre de son livre , si j'avais plus d'amour-propre que d'amitié. Je suis indigné de la persécution qu'il éprouve.

Non-seulement l'article 6 en question est imprimé dans la seconde édition des Cramer , mais il a excité la bile des vieux pasteurs de Lausanne. Un prêtre 7, plus prêtre que ceux de Memphis, a écrit un libelle à cette occasion. Les ministres se sont assemblés: ils ont censuré les trois bons et honnêtes 8 pasteurs que j'avais fait signer en votre faveur; je les ai tous fait taire 9. Les avoyers de Berne ont fait sentir leur indignation à l'auteur du libelle contre la mémoire de votre illustre père, et nous sommes demeurés, votre honneur et moi, maîtres du champ de bataille. Au reste, je suis devenu laboureur, vigneron, et berger cela vaut cent fois mieux que d'être à Paris homme de lettres.

Je vous embrasse du fond de mon tombeau et de mon bonheur . »

2 Le tripot tragique et comique, ou la Comédie française.

3 Aménophis, jouée le 11 décembre 1750 , ne fut imprimée qu'en 1758.Voir : http://cesar.org.uk/cesar2/titles/titles.php?fct=edit&script_UOID=110644

et : http://books.google.fr/books?id=MVdbAAAAQAAJ&pg=PA55&...

4 Dans la lettre du 18 mai 1757 à Cideville , Voltaire a fait mention de l'Adèle de Ponthieu de La Place, représentée le 28 avril 1757, dont Saurin parle dans sa préface d'Aménophis : page 4 : http://books.google.fr/books?id=MVdbAAAAQAAJ&pg=PA55&lpg=PA55&dq=am%C3%A9nophis+bernard+joseph+saurin&source=bl&ots=dZHrIJsGhv&sig=wu44a_X76r3xUKGWEzFTqK0qNYo&hl=fr&sa=X&ei=4JjWUtKIE4a-0QXmjIDYCw&ved=0CEsQ6AEwBA#v=onepage&q=adele&f=false

. Voir : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2012/10/30/titre-de-la-note.html

5 Helvétius faisait à Saurin une pension de 3,000 livres. Lors du mariage de Saurin, il lui en assura le capital (60,000).

6L'article « Saurin » du Siècle de Louis XIV dont il a été question à propos de la lettre du 20 novembre 1758 à Elie Bertrand : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2008/11/21/un-gessien-fache-de-plus.html

8 Signataires du certificat rapporté ici : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4113308/f152.image

page 135.

9 En publiant la Réfutation d'un écrit anonyme; voir lettre du même jour à Durand : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/01/14/voici-monsieur-une-petite-feuille-litteraire-qu-on-a-debitee-5271533.html

 

14/01/2014

Voici, monsieur, une petite feuille littéraire qu'on a débitée dans le pays que j’habite

... Au cas où la prestation télévisée présidentielle face aux journalistes vous laisse sur votre faim, voyez et écoutez Leny Escudero : http://www.youtube.com/watch?v=9IoqjUbENUM

... Déchirant et beau !

 J'ajoute : http://www.youtube.com/watch?v=2bcGQSG2wJU

 

DSCF0947 feuille parue.png

 

« A Durand

directeur du « Journal Encyclopédique »1

Aux Délices 27 décembre [1758]

Voici, monsieur, une petite feuille littéraire 2 qu'on a débitée dans le pays que j’habite . J'imagine que vous pourriez en faire usage dans votre journal et que ce serait une nouvelle obligation que je vous aurai .

Je présume que votre correspondant de Paris aura reçu le paiement des journaux chez M. de Laleu notaire : je vous souhaite une heureuse année .

Votre très humble et très obéissant serviteur .

V. »

2 Peut-être la « Réfutation » parue dans le Journal helvétique de décembre 1758 ; voir lettre à Bertrand du 20 novembre 1758 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2008/11/21/un-gessien-fache-de-plus.html

Voir page 617 : http://books.google.fr/books?id=V6EGAAAAQAAJ&pg=PA617...

 

13/01/2014

les anciens amis sont les seuls qui tiennent au fond de notre être, les autres ne les remplacent qu'à moitié

... En est-il de même pour les amours anciennes ?

Si oui pourquoi en chercher de nouvelles , mister president of France, car si je compte bien (une moitié de moitié) vous en seriez désormais à un quart d'amourette ?

 http://www.youtube.com/watch?v=h4Bi6S-sY2E

J'attendais mieux , par exemple ceci : http://www.youtube.com/watch?v=HpNCrL0hii8

 

31_3_2013_2045 amis anciens.png

 

« A Marie de Vichy de Chambond, marquise du DEFFAND

Aux Délices, 27 décembre [1758]

J'apprends, madame, que votre ami et votre philosophe Formont a quitté ce vilain monde 1. Je ne le plains pas; je vous plains d'être privée d'une consolation qui vous était nécessaire. Vous ne manquerez jamais d'amis, à moins que vous ne deveniez muette; mais les anciens amis sont les seuls qui tiennent au fond de notre être, les autres ne les remplacent qu'à moitié. Je ne vous écris presque jamais, madame, parce que je suis mort et enterré entre les Alpes et le mont Jura; mais, du fond de mon tombeau, je m'intéresse à vous comme si je vous voyais tous les jours. Je m'aperçois bien qu'il n'y a que les morts d'heureux. J'entends parler quelquefois des révolutions de la cour, et de tant de ministres qui passent en revue rapidement, comme dans une lanterne magique. Mille murmures viennent jusqu'à moi, et me confirment dans l'idée que le repos est le vrai bien, et que la campagne est le vrai séjour de l'homme.

Le roi de Prusse me mande quelquefois que je suis plus heureux que lui: il a vraiment grande raison; c'est même la seule manière dont j'ai voulu me venger de son procédé avec ma nièce et avec moi. La douceur de ma retraite, madame, sera augmentée, en recevant une lettre que vous aurez dictée; vous m'apprendrez si vous daignez toujours vous souvenir d'un des plus anciens serviteurs qui vous restent.

Vous voyez sans doute souvent M. le président Hénault, l'estime véritable et tendre que j'ai toujours eue pour lui me fait souhaiter passionnément qu'il ne m'oublie pas.

Je ne vous reverrai jamais 2, madame; j'ai acheté des terres considérables autour de ma retraite; j'ai agrandi mon sépulcre. Vivez aussi heureusement qu'il est possible; ayez la bonté de m'en dire des nouvelles. Vous êtes-vous fait lire le Père de famille?3 cela n'est-il pas bien comique? Par ma foi, notre siècle est un pauvre siècle auprès de celui de Louis XIV; mille raisonneurs, et pas un seul homme de génie; plus de grâces, plus de gaieté; la disette d'hommes en tout genre fait pitié. La France subsistera mais sa gloire, mais son bonheur, son ancienne supériorité. qu'est-ce que tout cela deviendra ?

Digérez, madame, conversez, prenez patience, et recevez, avec votre ancienne amitié, les assurances tendres et respectueuses de l'attachement du Suisse

Voltaire »

1 Sur le « portrait » de Formont par Mme du Deffand, voir Lewis, VIII,92-94 . La marquise répondra longuement à V* le 5 janvier 1759 .Voir (en particulier page 5 ): http://www.edebiyatdergisi.hacettepe.edu.tr/198852JaleErlat.pdf

2 Sur une copie manuscrite de cette lettre, Walpole a noté : « Il l'a vue encore plus de dix [plutôt vingt] ans après cette lettre . » [lorsque V* retourna à Paris]

3 De Diderot .

 

12/01/2014

les livres ne font ni bien ni mal. Cinq ou six cents oisifs, parmi vingt millions d'hommes, les lisent et les oublient

...De nos jours , les livres ont en effet un pouvoir limité, au delà de 140 signes le lecteur (si j'ose le qualifier ainsi) décroche ; le buzz positif ou négatif se doit d'être répandu sur le monde virtuel ou de ne pas être .

Les proportions restent cependant les mêmes mais, cette fois,  avec 20 millions de lecteurs superficiels pour cinq ou six cents lecteurs attentifs . Avec quel résultat ? Bon, mauvais ? Aléatoire , je le pense .

 L'écrit sur papier finit au feu avant que d'être tout  lu, mais je suis quand même persuadé que le net produit encore plus de scories illisibles et inutiles ( éventuellement comme mon présent avis  !).

Et aux mauvais esprits qui disent qu'il ne faut pas lire, qu'un livre peut faire du mal, simplement en se basant sur la chute d'un volume de l'Encyclopédie sur leur gros orteil , je dirai que Voltaire, sans être passé par cette épreuve, pronait l'édition de petits livres peu chers capables de toucher la majorité du peuple .

 Plaisir infini ?

 bibliotheque-infini.jpg

« A Marie-Anne Fiquet du BOCCAGE

Aux Délices, 27 décembre [1758]

Il est vrai, madame, qu'un jour, en me promenant dans les tristes campagnes de Berne avec un illustrissime et excellentissime avoyer de la république 1, on avait aposté le graveur de cette république, qui me dessina 2. Mais, comme les armes de nos seigneurs sont un ours, il ne crut pas pouvoir mieux faire que de me donner la figure de cet animal. Il me dessina ours, me grava ours. Comment ce beau chef-d'œuvre est-il tombé entre vos belles mains ? Pour vous, madame, quand on vous grave, c'est sur les Grâces, c'est sur Minerve qu'on prend modèle.

 

Dans ce charmant assemblage,

L'ignorant, le connaisseur,

L'ami, l'amant, l'amateur,

Reconnaissent du Boccage.

 Je suis très-touché de la mort de Formont 3, car je ne me suis point endurci le cœur entre les Alpes et le mont Jura.

Je l'aimais, tout paresseux qu'il était. Pour moi, j'achève le peu de jours qui me restent dans une retraite heureuse. Je rends le pain bénit dans mes paroisses je laboure mes champs avec la nouvelle charrue; je bâtis nel gusto italiano 4; je plante sans espérer de voir l'ombrage de mes arbres, et je n'ai trouvé de félicité que dans ce train de vie.

Je vous avoue que je trouve l'acharnement contre Helvétius aussi ridicule que celui avec lequel on poursuivit le Peuple de Dieu de ce Père Berruyer 5. Il n'y a qu'à ne rien dire; les livres ne font ni bien ni mal. Cinq ou six cents oisifs, parmi vingt millions d'hommes, les lisent et les oublient. Vanité des vanités, et tout n'est que vanité 6. Quand on a le sang un peu allumé, et qu'on est de loisir, on a la rage d'écrire. Quelques prêtres atrabilaires, quelques clercs, ont la rage de censurer. On se moque de tout cela dans la vieillesse, et on vit pour soi. J'avoue que les fatras de ce siècle sont bien lourds. Tout nous dit que le siècle de Louis XIV était un étrange siècle. Vous, madame, qui êtes l'honneur du nôtre, conservez vos bontés pour l'habitant des Alpes qui connaît tout votre mérite, et qui est au nombre des étrangers vos admirateurs. Mille amitiés, je vous en prie, à M. du Boccage.

Mes nièces et moi, nous baisons humblement les feuilles de vos lauriers. »

1 Cet avoyer de Berne, Steiger, avait envoyé à Voltaire les livres anglais dont il parle dans sa lettre du 2 novembre 1758 à de Brenles : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2013/12/01/je-parle-un-peu-en-homme-qui-a-des-tours-et-des-machicoulis-5235452.html

; et c'est ce qu'il appelle les bavards anglais; voir lettre du 27 décembre 1758 à de Brenles : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/12/26/comment-diable-peut-on-avoir-un-beau-frere-catechiste.html

 2 On ne connait pas cette gravure .

4 Dans le goût italien .

5 L'Histoire du peuple de Dieu, du jésuite Joseph Berruyer, 1728, en sept volumes lui attira bien des moqueries, notamment celles des auteurs du Dictionnaire néologique ; mais c'est la suite de cet ouvrage en huit volumes, 1758, qui valut à son auteur la condamnation de la Sorbonne et celle du pape, sans compter un mandement de Beaumont, archevêque de Paris . Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac-Joseph_Berruyer

et : http://www.berruyer.fr/celebres/genealogie-3-3-isaac.html

et : http://books.google.fr/books?id=4GJAAAAAcAAJ&pg=RA1-PA203&lpg=RA1-PA203&dq=L%27Histoire+du+peuple+de+Dieu,+du+j%C3%A9suite+Joseph+Berruyer&source=bl&ots=zbxRX0HanJ&sig=Sp0uIeTGe3OxIkBDPKpNwidnMoY&hl=fr&sa=X&ei=Va3SUtudEfL40gWWooGYBA&ved=0CFUQ6AEwCA#v=onepage&q=L%27Histoire%20du%20peuple%20de%20Dieu%2C%20du%20j%C3%A9suite%20Joseph%20Berruyer&f=false

Voir aussi lettre du 30 avril 1756 à Thieriot : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2012/07/03/les-hommes-sont-inconsequents-c-est-qu-ils-sont-injustes-ce.html

et du 3 mai 1756 à d'Argental :http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2012/07/03/il-n-y-a-que-le-coeur-qui-soit-inepuisable-je-voudrais-bien.html

Dictionnaire néologique : 1727 , abbé Desfontaines: http://books.google.fr/books?id=ZLcUAAAAQAAJ&printsec...

et 1748 : abbé Desfontaines , Pierre-François Guyot et Louis Fuzelier : http://books.google.fr/books?id=zA4tAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

6 Ecclésiaste, I, 2.

 

les ouvriers font attendre, et le journal devient un almanach de l'année passée

.... Tout comme un Closer devient un reliquat de poubelle quand un président, soucieux de morale et bien davantage de discrétion,  fait attendre des sanctions pénales . 

 DSCF0190 reliquat de poubelle.png

 

 

« A Élie BERTRAND.

Aux Délices, 27 décembre 1758.

Ma foi, mon cher ami, je vous avoue que je n'ai pas lu un seul de ces journaux italiens 1. J'ai peu de moments à moi, il y a autant de journaux que de gazettes. Les livres que je lis, en petit nombre, sont du temps passé; et, pour le temps présent, je le mets à cultiver mes terres. D'ailleurs, il faut envoyer à Genève faire relier les feuilles; les ouvriers font attendre, et le journal devient un almanach de l'année passée. Je crois que je dois un louis d'or . M. Panchaud 2 veut-il bien le donner pour moi, sur cette lettre? je lui en tiendrai compte. Pardon, mille pardons; mais je suis un peu surchargé de maçons, charpentiers, jardiniers, laboureurs, Ex nitido fit rusticus 3 . Mais entièrement à vous du fond de mon cœur. »

2   Propriétaire de Montriond , -avec M. de Watteville,- que V* loua à Lausanne .

3   De petit-maître il se fait jardinier ; Horace, Épîtres, I, ii, 83 .

 

11/01/2014

on aurait en main de quoi présenter une requête à Dijon, et on tirerait de pauvres familles de la mendicité

... Dont peut-être la famille M'Bala M'Bala, si pauvre qu'elle ne peut pas payer ses amendes ni impôts ! Qui se nourrit exclusivement de quenelles (grandes comme le bras, tout de même ! ) sans écoeurement .

Me trompè-je ? M'abuse-t-on ?

 Que ce Dieu (donné) soit rendu s'il en est fait mauvais usage, et réunissons vite une cellule de crise avec aide psychologique pour les spectateurs frustrés , s'il en reste .

 

DSCF0906 savoir arrêter.png

Savoir arrêter

 

« A François Tronchin

[vers le 25 décembre 1758] 1

Les habitants de Ferney ont été condamnés pour avoir indûment et témérairement perçu conjointement avec la République de Genève le tiers des dimes de Collovrex .

Si on pouvait recouvrer le titre sur lequel le droit de Genève est fondé 2, on aurait en main de quoi présenter une requête à Dijon, et on tirerait de pauvres familles de la mendicité où les réduit le curé de Moëns par les vexations les plus scandaleuses . »

 

 

 

 

« A François Tronchin

conseiller d’État

[vers le 25 décembre 1758]3

Je vous supplie instamment, mon cher ami, de me faire avoir par M. le président de la chambre des fiefs, une copie de l'ancien dénombrement, et des droits de fief de la seigneurie pour Moëns, Collex et Collovrex . Je vous serai infiniment obligé et je rendrai sur le champ ces pièces qui me sont nécessaires . »

1 Manuscrit olographe sur une carte à jouer .

3 Manuscrit olographe au dos d'une carte .