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26/08/2017

Vous ne m’avez point dit s’il en est bien mécontent

... Aurait demandé Emmanuel Macron à propos de Philippe Martinez et la nouvelle Loi Travail, le mécontentement cégétiste étant proportionnel à la qualité de la réforme, plus la loi est bonne plus Martinez crie, moustache rétro au vent, véritable baromètre inversé , politicard bas de plafond .

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Toujours, toujours, toujours prêt pour une grève ; il est vrai que c'est un expert de l'inactivité organisée, faute de savoir travailler . 

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et

à Jeanne -Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

Je réponds, ô mes anges gardiens, à votre bénéfique lettre dont Roscius [Lekain] a été le scribe, et je vous envoie la façon dont nous jouons toujours Zulime. Je peux vous répondre que cette fin est déchirante et que si on suit notre leçon on ne s’en trouvera pas mal.[Zulime sera reprise le 2 octobre à la Comédie française ; la dernière scène avait été écourtée lors des représentations de décembre 1761- janvier 1762 à la Comédie française ; on avait entre autres supprimé le : « J’en suis indigne. » dont V* était très fier. Elle a été reprise huit fois entre le 29 décembre 1761 et le 26 janvier 1762 ]

Ce n’est pas que j’aie jamais regardé Zulime comme une tragédie de premier ordre. Vous savez combien j’ai résisté à ceux qui avaient le malheur de la préférer à Tancrède qui est à mon gré un ouvrage très théâtral, un véritable spectacle, et qui a en plus le mérite de l’invention et de la singularité, mérite que n’a point Zulime.[V* signale que Zulime ressemble à d’autres pièces : à Bajazet en particulier, à l’Ariane de Thomas Corneille , à l’Ines de Houdar de La Motte, à la Callirhoé de Pierre-Charles Roy ( et dans la version de 1739-1740, au Cid)].

Je vous supplie très instamment de vous opposer à cette fureur d’écourter toutes les fins de pièces. Il vaut bien mieux ne les point jouer. Quel est le père qui voulût qu’on coupât les pieds de son fils ?

Lekain m’a envoyé la façon dont il dit qu’on joue Zaïre ! [reprise le 6 février 1762 pour une seule représentation, devait l'être à nouveau le 6 août 1763 ] Cela est abominable. Pourquoi estropier ma pièce au bout de vingt ans ? Il me semble qu’il se prépare un siècle d’un goût bien dépravé. Je n’ai pas mal fait de renoncer au monde. Je ne regrette que vous dans Paris.

Je n’aurai M. le maréchal de Richelieu que dans quelques jours.[le 1er octobre]. Notre tripot ne laisse pas de nous donner de la peine. Ce n’est pas toujours une chose aisée de rassembler une quinzaine d’acteurs au pied du mont Jura, et il est encore plus difficile de conserver ses yeux et ses oreilles à soixante et huit ans passés avec un corps des plus minces et des plus frêles.

Je vous ai écrit sur les Calas. Je vous ai adressé mon petit compliment à M. le comte de Choiseul [le 6 septembre V* avait félicité Choiseul de vouloir faire la paix : « les voix de beaucoup d’étrangers … disent qu’on doit vous bénir si vous faites la paix à quelque prix que ce soit. Permettez-moi donc … de vous faire mon compliment. Je suis comme le public, j’aime beaucoup mieux la paix que le Canada, et je crois que la France peut être heureuse sans Québec. Vous nous donnez précisément ce dont nous avons besoin. ». Des préliminaires de paix franco-anglo-espagnols vont être signés en octobre. La paix en Allemagne ne se fera qu’en février 1763. Voir lettre : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/08/03/t... ]. Vous ne m’avez point dit s’il en est bien mécontent.

Je vous ai adressé un petit mémoire très politique qui ne me regarde pas.[le 23 septembre V* fait proposer par les d’Argental au comte de Choiseul l’entremise d’un membre de la famille Tronchin (dont il répond), beau-frère du secrétaire de l’ambassade anglaise qui « est … l’âme unique de cette négociation » qui « peut avoir quelques épines ». Voir lettre : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/08/19/p... ]

Je suis un peu en peine de mon impératrice Catherine. Vous savez qu’elle m’a engagé à obtenir des encyclopédistes persécutés par cet Omer de venir imprimer leur dictionnaire chez elle [à Diderot le 25 septembre , il écrit : « M. de Shouvalov me charge d’obtenir de vous que la Russie soit honorée de l’impression de votre Encyclopédie… Je doute que vos engagements pris à Paris vous permettent de faire à Riga la faveur qu’on demande ; mais goûtez la consolation et l’honneur d’être recherché par une héroïne tandis que des Chaumeix, de Berthier et des Omer osent vous persécuter. »]. Ce soufflet donné aux sots et aux fripons du fond de la Scythie était pour moi une grande consolation, et devait vous plaire. Mais je crains bien qu’Ivan ne détrône notre bienfaitrice [Ivan, petit neveu de l’impératrice Anne qui l’avait déclaré son successeur ; il fut emprisonné par Elisabeth, et à nouveau par Catherine.], et que ce jeune Russe élevé en russe, chez des moines russes, ne soit point du tout philosophe.

Je vous conjure, mes divins anges, de me dire ce que vous savez de ma Catherine.

Je baise le bout de vos ailes plus que jamais.

V.

28 septembre 1762. »

 

*** Lettre remise en ligne ce jour , notes complétées . Voir : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/09/29/q...

Je vous réitère monsieur la prière de ne point payer le sieur Franc...

... François Hollande , non plus Nicolas Sarkozy, ni Jacques Chirac, retraités de luxe  bénéficiaires de pensions qui laissent rêveur le commun des mortels , et d'avantages de nababs orientaux . Le beurre et l'argent du beurre, récompenses de quelques années d'un  travail prenant, certes, mais imbécilement surévalué . Voit-on les mêmes récompenses pour tous ceux qui sauvent des vies ? Non, bien sûr; avoir été quelque temps le PDG d'une énorme entreprise de fonctionnaires est nettement plus estimable, et tout comme dans le privé, le parachute doré et les stocks options sont de mise . Ecoeurant .

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Il y a des coups de pied -occultes- qui se perdent

 

 

« A Ami Camp

à Lyon

27 septembre [1762]

Je vous réitère monsieur la prière de ne point payer le sieur Franc qui m'a envoyé au bout d'un mois des glaces mal emballées et toutes brisées qu'il devait m'envoyer il y a un mois saines et entières .

Voici le petit billet pour M. de Laleu dont je vous parlai l'autre jour . Je suppose que M. de Laleu a payé le mois d'août à raison de 2200 livres . Tous les autres seront de 2880 excepté quand il y aura des déductions à faire, et c'est de quoi j’aurai toujours l'honneur de vous avertir dans l'occasion .

Vous trouverez peut-être des commodités pour m'envoyer de l'argent en octobre à votre loisir . La poste presse . Mille pardons et amitiés .

V. »

25/08/2017

à présent que les deux cents ne sont plus occupés pour des filles fouettées

...

 

« A Gabriel Cramer

[vers le 25 septembre 1762]

Mon cher Gabriel, à présent que les deux cents ne sont plus occupés pour des filles fouettées 1, vous souviendrez-vous que vous me devez le complément de deux exemplaires du volume 18è 2?

Encore une fois n'attendez pas sitôt le 19è . Débitez celui-ci . L'autre viendra quand il pourra . »

1 Les Archives de Genève en date du 20-24 septembre 1762, conservent trace d'une accusation d' « entreprises insolentes et obscènes » contre quatre femmes, mais les cas de ce genre n'étaient jamais déférés au Grand Conseil .

2 Ceci se rapporte au VIIIè volume de l'Essai sur l'histoire générale, vol. XVIII , daté de 1763, de la Collection complète , etc.

24/08/2017

Il n’y a jamais eu que les grands hommes qui aient fait fleurir les arts. L’impératrice sera regardée comme un grand homme

... En sera-t-il de même de notre épouse présidentielle ?

 En tout cas, Voltaire a vu juste en prévoyant la qualité de Catherine II.

Ne pourrait-on pas, un jour prochain, dire d'un homme de qualité : "il est/fut une grande femme "? 

 

En attendant cet heureux et juste  jour ... les hommes sont encore bien bêtes http://buzzly.fr/portraits-de-femme-qui-ont-fait-change-l...

 

 

« A Ivan Ivanovitch Schouvalov

A Ferney 25 septembre [1762]

Monsieur, j’ai reçu votre lettre 1 à table, et nous avons tous pris la liberté de boire à la santé de Sa Majesté Impériale, et de lui souhaiter une vie aussi longue et aussi heureuse qu’elle le mérite. M. le duc de Villars, fils de l’illustre maréchal dont le nom a pénétré sans doute dans votre cour, était à la tête de nos buveurs. Nous avions quelques philosophes qui s’intéressent à l’Encyclopédie. Nous avons tous senti les transports que la magnanimité de votre auguste souveraine doit inspirer. Nous vous avons béni, monsieur ; et, sans manquer au respect que nous avons pour Sa Majesté, nous avons joint votre nom au sien, comme on joignait autrefois celui de Mécène à celui d’Auguste.

Je doute que les savants qui ont entrepris l’Encyclopédie puissent profiter des bontés de Sa Majesté Impériale , attendu les engagements qu’ils ont pris en France . Mais sûrement l’offre que Votre Excellence leur fait sera regardée par eux comme la plus digne récompense de leurs travaux, et votre nom sera célébré par eux comme il doit l’être.

Il faut avouer qu’il y a beaucoup d’articles, dans ce dictionnaire utile, qui ne sont pas dignes de MM. d’Alembert et Diderot, parce qu’ils ne sont pas de leur main. Il faudra absolument les refondre dans une seconde édition, et mon avis serait que cette seconde édition se fît dans votre empire. Rien ne serait plus honorable aux lettres , et j’ose dire que la gloire de votre illustre souveraine n’en serait pas diminuée. Il n’y a jamais eu que les grands hommes qui aient fait fleurir les arts. L’impératrice sera regardée comme un grand homme. J’écris fortement à M. Diderot 2 pour lui persuader, s’il est possible, d’achever la première édition sous vos auspices. Votre Excellence a dû recevoir, par la poste de Strasbourg, ma réponse 3 aux nouvelles heureuses dont vous m’avez honoré. Je vous réitère mes hommages, ma reconnaissance, et tous les sentiments que je vous dois. On commencera l’Histoire de Pierre-le-Grand dans peu de mois , on fait fondre de nouveaux caractères.

Il y a déjà six volumes imprimés du Corneille, et il n’est pas possible d’imprimer à la fois deux ouvrages, dont chacun demande la plus grande attention.

Puisse bientôt la paix, rendue à l’Europe, laisser aux esprits la liberté de cultiver les arts, et de vous imiter .

J’ai écrit à M. Boris de Soltikof 4. Je serais bien fâché qu’un homme de son mérite, et d’un mérite formé par vous, ne conservât pas pour moi un peu d’amitié.

Agréez le tendre respect avec lequel je serai toute ma vie, monsieur, de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur

Voltaire. »

1 Lettre du 20 août 1762 : « Sa Majesté Impériale […] a pensé depuis longtemps aux moyens propres à encourager l'Encyclopédie […] . Elle vient de m’ordonner […] de vous écrire pour savoir de vous, monsieur, si l'on ne pourrait pas en levant tout obstacle le faire imprimer en Russie, soit à Riga, soit dans quelque autre ville de cet empire . Nous ferons venir un libraire de Hollande ou de tel autre endroit que vous jugerez à propos [...] . J'attends votre réponse avec impatience […] . Je viens d’écrire à MM. d'Alembert et Diderot, comme étant chargés principalement de l’exécution de cet ouvrage ; mais je prends toujours recours à vous monsieur en toutes choses […]. »

3 Si V* songe ici à une réponse à la lettre précédente de Schouvalov, du 20 juillet 1762, annonçant la montée de Catherine II sur le trône, cette lettre ne nous est pas parvenue .

4 Cette lettre n'atteignit pas Saltnikov, et par conséquent ne nous est pas parvenue ; Saltnikov annonce à V*  le 30 novembre 1762 qu'il n'a reçu « pas une de [ses] lettres jusqu'à présent ».

23/08/2017

J'espère que votre nom suffira pour que ma lettre vous soit rendue

... Ce qui était, et est encore, possible par la voie postale du centre de tri  et les humains qui y travaillent, ne l'est certainement plus par courriel où toute erreur d'un seul signe dans l'adresse condamne notre courrier à un "undelivered mail" cinglant, sans délai, style "game over, try again" . Reste alors la bonne solution de contacter en direct, -tête à tête, téléphoniquement, par courrier papier,- le destinataire pour lui demander son adresse courriel, la recherche par nom sur  Fesse de bouc étant tout ce qu'on veut, -y compris une chasse au n'importe quoi,- sauf un gain de temps pour trouver le sésame voulu . Vive les PTT ! oups! pardon : les P & T ! non : LA Poste .

 

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 Saluts à mon père et  à l'un de mes enfants porteurs de nouvelles 

 

 

« A Carlo Goldoni

25è septembre 1762 au château de Ferney

par Genève 1

J'ai hasardé, monsieur, une lettre que j'ai adressée à Paris 2, sans savoir si vous y étiez arrivé . Je hasarde encore celle-ci , sans savoir où vous demeurez . J'espère que votre nom suffira pour que ma lettre vous soit rendue . C'est seulement pour vous dire que j'ai reçu le paquet dont vous m'avez honoré, et que je manque de termes, soit en français, soit en italien pour vous dire à quel point je vous estime et je vous honore . Vous devez être excédé de compliments et d'empressement. Je ne veux pas joindre à la fatigue des plaisirs de Paris, celle d'une plus longue lettre .

Agréez les tendres sentiments du plus grand admirateur que vous avez dans le voisinage des Alpes .

Il povero ammalato non puote scrivere 3.

V. »

1Manuscrit autographe à partir de la phrase en italien .

3 Le pauvre malade ne peut écrire .

22/08/2017

Quelque parti que vous preniez je vous recommande l'infâme . Il faut la détruire chez les honnêtes gens, et la laisser à la canaille, grande ou petite, pour laquelle elle est faite

...

 

« A Denis Diderot

25 septembre [1762] 1

Eh bien illustre philosophe, que dites-vous de l'impératrice de Russie ? Ne trouvez-vous pas que sa proposition est le plus énorme soufflet qu’on pût appliquer sur la joue d'un Omer ? En quel temps sommes-nous ! c'est la France qui persécute la philosophie ! et ce sont les Scythes qui la favorisent ! M. de Shouvalow me charge d'obtenir de vous que la Russie soit honorée de l'impression de votre Encyclopédie . M. de Shouvalow est fort au dessus d'Anacharsis 2, et il a toute la ferveur de ce zèle que donnent les arts naissants et que nous avions sous François Ier . Je doute que vos engagements pris à Paris vous permettent de faire à Riga la faveur qu'on demande, mais goûtez la consolation et l'honneur d'être recherché par une héroïne tandis que des Chaumeix, des Berthier et des Omer osent vous persécuter . Quelque parti que vous preniez je vous recommande l'infâme . Il faut la détruire chez les honnêtes gens, et la laisser à la canaille, grande ou petite, pour laquelle elle est faite . Je vous révère autant que je la hais .

Voulez-vous m'envoyer votre réponse à M. de Shouvalow ? Il n'y a qu'à la donner à notre frère 3. »

1 Le manuscrit est daté 176. de la main de l'éditeur (Kehl), changé en 1759 qui apparaît dans tous les catalogues de vente ; mais Kehl mentionne sur la copie Beaumarchais : « renvoyée en 1762 ».

2 Anacharsis est le philosophe scythe qui visita Athènes au VIè siècle avant J.-C. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Anacharsis

3 Damilaville .

21/08/2017

Ce ne sera pas la peine dorénavant que je vous fatigue de billets pour les paiements du mois

... Voilà ce qui serait agréable à lire venant de son propriétaire et de son percepteur !

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« A Ami Camp, Banquier

à Lyon

Ferney 25è septembre 1762

Je suis un peu malade, monsieur, je ne peux avoir l'honneur de vous écrire de ma main . Je vous prie de ne point payer le sieur Defranc dont je n'ai pas reçu le dernier envoi, quoiqu'il y ait près d'un mois qu'il dise me l'avoir expédié .

Je me flatte que vous avez reçu les deux mille deux cents livres de M. de Laleu . Ce ne sera pas la peine dorénavant que je vous fatigue de billets pour les paiements du mois . Il sera mieux que M. de Laleu paie tous les premiers du mois à votre ordre, sans avoir besoin de nouveaux mandats .

Je vous suis bien obligé des nouvelles que vous m'avez données de M. de Richelieu ; il se réjouit sans doute à Lyon, car il ne m'a point encore fait avertir du jour qu'il doit venir à Ferney . Portez-vous mieux que moi, vous n'aurez pas de peine à y parvenir . J'ai l'honneur d'être de tout mon cœur, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire. »