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25/05/2023

Ce maraud et ses semblables veulent absolument que Dieu soit aussi méchant qu'eux. Vous savez bien que les hommes ont toujours fait Dieu à leur image

... La liste des marauds est horriblement longue , ceux qui se réfèrent à un dieu tout aussi longue, et le peuple est sommé d'obéir à ces guignols . Dieu, s'il existait, devrait ouvrir sa boîte à baffes sans tarder .

Amazon.fr - Et l'homme créa Dieu à son image: La science à la rescousse du  bonheur - Gagnon ing., Romain, Dallaire M. Ps., Yvon - Livres

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« A Claude-Henri de Fuzée de Voisenon

19 octobre [1767]

Je n'osais me plaindre de votre silence, mon cher ancien évêque de Montrouge, mais j'en étais affligé. Vous sentez bien que, dans la décadence où nous sommes, et dans la barbarie dont nous approchons, vous m'êtes nécessaire pour me consoler. Si Mme de Saint-Julien prend des cuisiniers à l'Opéra, vous pourriez bien prendre des marmitons à la Comédie française. Si vous aviez été homme à venir faire un pèlerinage à Ferney, vous auriez été étonné d'y voir des tragédies mieux jouées qu'à Paris. Nous avons depuis un an M. et Mme de La Harpe, et M. de Chabanon, qui sont d'excellents acteurs. Il y a des rôles dont la descendante de Corneille se tire très bien, et elle récite quelquefois des vers comme l'auteur de Cinna les faisait. Mme Denis a joué supérieurement dans une bagatelle intitulée La Comtesse de Givry, ou Charlot. Monsieur l'évêque de Montrouge 1 aurait donné sa bénédiction à toutes nos fêtes.

Je ne sais si vous êtes docteur de Sorbonne . Si vous l'êtes, vous ne prendrez pas assurément le parti de Riballier contre Marmontel. Ce maraud et ses semblables veulent absolument que Dieu soit aussi méchant qu'eux. Vous savez bien que les hommes ont toujours fait Dieu à leur image. Je vous parle votre langage de prêtre. Je suis trop vieux et trop hors de combat pour vous parler la langue de la bonne compagnie, qui vous est plus naturelle que celle de l'Église.

Conservez-moi vos bontés, comme vous avez conservé votre gaieté. Mme Denis et tout ce qui est à Ferney vous fait ses compliments de tout son coeur. »

 

1 Voisenon lui-même, nommé ainsi par plaisanterie car on le voit également beaucoup chez le duc de La Vallière dans son château de Montrouge, si bien que Voltaire l'appelle plaisamment « Monseigneur de Montrouge ».

Voir : https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/claude-henri-de-fusee-de-voisenon

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude-Henri_de_Fus%C3%A9e_de_Voisenon

24/05/2023

C'est à vous qu'il appartient de juger des talents.

... Avertissement au jury du Festival du Cinéma de Cannes , qui, bien sur ne sera pas totalement du même avis que le public  et vice versa . Bonne toile à tous !

LA BONNE TOILE ! (podcast) - Zoltan Zidi | Listen Notes

https://www.listennotes.com/fr/podcasts/la-bonne-toile-zo...

 

 

« A Claire-Josèphe-Hippolyte Léris de La Tude Clairon

8 octobre [1767]

Vous m'apprenez, mademoiselle, que vous revenez du pays où j'irai bientôt. Si j'avais su votre maladie, je vous aurais assurément écrit. Vous ne doutez pas de l'intérêt que je prends à votre conservation ; il égale mon indifférence pour le théâtre que vous avez quitté. Il fallait, pour que je l'aimasse, que vous en fissiez l'ornement.

Si vous voulez vous amuser à faire la Scylhe 1 chez Mme de Villeroi, j'ai l'honneur de vous en adresser un exemplaire par M. Jeannel. Une bagatelle intitulée Chariot ou la Comtesse de Givry a été exécutée à Ferney d'une manière qui peut-être ne vous aurait pas déplu . C'est à vous qu'il appartient de juger des talents.

Tout ce qui est à Ferney vous fait les plus sincères compliments. Je n'ai pas besoin des arts qui doivent nous unir l'un et l'autre, pour vous être tendrement attaché pour le reste de ma vie.

V. »

1 C'est-à-dire jouer le rôle d'Obéide dans la tragédie des Scythes.

Je suis bien loin d'avoir après mes semences de quoi faire venir trois cents coupes de blé pour ma maison

... Eternel souci du cultivateur, le rendement, soumis aux aléas climatiques, ne fait qu'empirer . Quand décidera-t-on de cesser de gaspiller en nourrissant outre mesure des bestiaux aux dépends d'une population affamée ?

 

 

« A Louis-Gaspard Fabry

Maire et subdélégué, etc.

à Gex

Aux Délices 16 octobre [1767 ?]

J'ai donné ordre sur-le-champ, monsieur, qu'on fit un découlement aux eaux dont vous parlez à Mme Denis, et tout ce que vous trouverez convenable sera exécuté sur-le-champ .

Je suis bien loin d'avoir après mes semences de quoi faire venir trois cents coupes de blé pour ma maison . Je ferai venir le peu qui m'en reste, et je serai obligé d'acheter du blé médiocre à Gex pour mes domestiques qui coûtent plus à nourrir cette année que les terres ne valent . Je vous supplie de vouloir bien permettre à mes domestiques d'en prendre dans l'occasion une cinquantaine de coupes . J'ai l'honneur d'être bien véritablement

monsieur

votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire . »

qu'un seul homme soit le propriétaire de toutes les terres, c'est une idée monstrueuse, et ce n'est pas la seule de cette espèce

... Entends-tu détestable petit Poutine ?

Les dessinateurs de presse sanctionnent la Russie

 

https://www.courrierinternational.com/diaporama/guerre-en-ukraine-les-dessinateurs-de-presse-sanctionnent-la-russie

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

16è octobre 1767 1

Je reçois, mon cher ami, votre lettre du 10 avec un exemplaire de Charlot auquel il manque la feuille D. Je vous prie de me suppléer cette feuille D, et d'y ajouter encore la faveur d'un autre exemplaire . Vous avez sans doute fait à ma nièce Florian, l'amitié de lui faire tenir cette bagatelle en Champagne où la scène s'est passée .

Je n'ai encore rien écrit sur mon cher Henri IV 2, mais j'ai tout dans ma tête et, s'il arrivait que la mémoire de ce grand homme fût assez chère aux Français pour qu'ils pardonnassent aux fautes de ce petit ouvrage; si, malgré les cris des Fréron et des autres Welches, il s'en faisait une autre édition après celle de Genève, je vous enverrais une petite diatribe sur Henri IV vous n'auriez qu'à parler.

J'ai lu une grande partie de L'Ordre essentiel des Sociétés 3; cette essence m'a porté quelquefois à la tête, et m'a mis de mauvaise humeur. Il est bien certain que la terre paye tout ; quel homme n'est pas convaincu de cette vérité ? Mais qu'un seul homme soit le propriétaire de toutes les terres, c'est une idée monstrueuse, et ce n'est pas la seule de cette espèce dans ce livre, qui d'ailleurs est profond, méthodique, et d'une sécheresse désagréable. On peut profiter de ce qu'il y a de bon, et laisser là le mauvais . C'est ainsi que j'en use avec tous les livres.

J'ai été bien étonné, en lisant l'article « Ligature »4 dans le Dictionnaire encyclopédique, de voir que l'auteur croit aux sortilèges. Comment a-t-on laissé entrer ce fanatique dans le temple de la vérité? Il y a trop d'articles défectueux dans ce grand ouvrage, et je commence à croire qu'il ne sera jamais réimprimé. Il y a d'excellents articles mais, en vérité, il y a trop de pauvretés.

Portez-vous mieux que moi, mon cher ami . Mon esprit est encore quelquefois un peu prompt, mais la chair est faible, et je dégringole furieusement . Je vous aimerai jusqu'à mon dernier soupir autant que je détesterai les fanatiques et les persécuteurs . »

1 Copie Beaumarchais-Kehl ; copie contemporaine B. H. ; édition de Kehl ; voir le lettre du 12 octobre 1767 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/05/17/ne-nomen-ejus-vilesceret-pour-que-son-nom-ne-soit-pas-avili-6443636.html

3 Sur cet ouvrage de Le Mercier de La Rivière, voir la lettre du 8 août 1767 à Damilaville : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/03/29/je-vous-l-avais-bien-dit-qu-il-fallait-passer-sa-vie-a-comba-6435778.html

4 L'article « Ligature (Divinat.) » considère effectivement comme prouvé le cas d'une « impuissance vénérienne causée par quelque charme ou maléfice » ( Encyclopédie, IX, 516 a) . Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Encyclop%C3%A9die/1re_%C3%A9dition/LIGATURE

Cet article est de Diderot, comme l'a montré R. N. Schwab «  Inventory of Diderot's Encyclopédie » , 1972 . Diderot avait pu être influencé par l'Histoire de Dupuis, la dernière histoire des Illustres Françaises, de Robert Challe, un roman qu'il connaissait assez bien pour s'en inspirer en composant l'histoire de M. des Arcis et de Mme de La Pommeraye , dans Jacques le fataliste.

Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Illustres_Fran%C3%A7aises

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_le_Fataliste_et_son_ma%C3%AEtre

et : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86133565/f11.item

et : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8613357k.r=jacques+le+fataliste.langFR

23/05/2023

Je me doutais bien qu'il y avait là quelque friponnerie

... Par exemple ici : https://www.francetvinfo.fr/societe/immigration/immigrati...

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

16è octobre 1767

Je jure par tous les anges, et par la probité, et par l'honnêteté, et par la vérité, que je n'ai jamais écrit un seul mot de l'étrange et ridicule phrase soulignée dans la lettre de mon ange, du 8è octobre. J'ai écrit tout le contraire; j'ai écrit que le partage fait entre Mlle Durancy et Mlle Dubois devait être regardé comme mon testament, et qu'après ma mort, si elles n'étaient pas contentes de leur partage, elles pourraient lire « Le Testament expliqué par Ésope »1, et prendre chacune ce qui lui conviendrait.

Je me doutais bien qu'il y avait là quelque friponnerie. Comme ma lettre n'était point de mon écriture, il est très vraisemblable qu'on en aura substitué une autre, en ajoutant à mes paroles, et en me faisant dire ce que je n'ai point dit. Celui à qui je dictai ma lettre se souvient très bien qu'il n'y a pas un seul mot de ce qu'on m'impute. Je le somme devant Dieu de dire la vérité.



« Je proteste, devant Dieu et devant M. d'Argental, que je n'ai jamais écrit un seul mot de la phrase soulignée par M. d'Argental dans sa lettre du 8è octobre, laquelle commence par ces mots : Vous devez regarder ce qui s'est passé comme un testament mal fait. En foi de quoi j'ai signé, ce 16 d'octobre 1767 à Ferney.

« Wagnière . »



Si j'avais écrit à Mlle Dubois ce qu'on prétend que je lui ai écrit, elle m'en aurait remercié et c'est ce qu'elle n'a eu garde de faire. Cependant voilà Mlle Durancy sacrifiée par sa faute, et cela, pour avoir pris une résolution trop précipitée, pour n'avoir point confronté l'écriture, pour avoir mal lu, pour n'avoir point pris de moi des informations. L'affaire est faite , l'artifice a réussi. Ce n'est pas le premier tour de cette espèce qu'on m'a joué; c'est, Dieu merci, le seul revenant bon de la littérature. L'auteur du beau poème intitulé Le Balai et de La Poule à ma tante 2 s'avisa un jour de falsifier et de faire courir une lettre que j'avais écrite à M. d'Alembert 3, et de me faire dire que les ministres étaient des oisons, et qu'il n'y avait que la Poule à ma tante et le Balai qui soutinssent l'honneur de la France. Cette belle lettre parvint à M. le duc de Choiseul, qui d'abord goba cette sottise, et qui bientôt après me rendit plus de justice que vous ne m'en rendez.

Tout ce qui reste, ce me semble, à faire après cette petite infamie, c'est d'abandonner le théâtre pour jamais. Je mourrai bientôt, mais il mourra avant moi. Ce siècle des raisonneurs est l'anéantissement des talents ; c'est ce qui ne pouvait manquer d'arriver après les efforts que la nature avait faits dans le Siècle de Louis XIV. Il faut, comme le dit également Pierre Corneille,

céder au destin, qui roule toutes choses 4.

Pour moi, qui ai vu empirer toutes choses, je ne regretterai rien que vous.

Je me doutais bien que Mme de Grosley vous jouerait quelque mauvais tour; c'est bien pis que Mlle Dubois. Ces collatéraux-là ne sont pas votre meilleur côté.

Adieu, mon cher ange; achevons notre vie comme nous pourrons, et ne nous fâchons pas injustement. Il y a dans ce monde assez de sujets réels de chagrin. Tous les miens sont plus adoucis par votre amitié qu'ils n'ont été aigris par vos reproches. Comptez que je vous aimerai tendrement jusqu'au dernier moment de ma vie.

V. »

1 La Fontaine Fables, II, xx : Le Testament expliqué par Ésope : http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/testasop.htm

4 D'après Corneille, Pompée, ac. I, sc. 1 , vers 190 ; mais il faut lire torrent au lieu de destin .

22/05/2023

J'ai besoin d'avoir toutes les feuilles sous les yeux pour les comparer

... Compter les élèves absents à leurs cours le jour de l'Aïd el Fitr est-il illégal ? honteux ? répréhensible ? Ou simples statistiques ? Voir https://www.midilibre.fr/2023/05/22/comptage-deleves-musulmans-absents-pendant-laid-une-evaluation-plutot-quun-fichage-justifie-linterieur-11211307.php

Petit rappel légal , les musulmans ne sont pas seuls à célébrer  diverses fêtes , et rappelons que tous les travailleurs sont forts heureux d'avoir des jours chômés  grâce à la tradition chrétienne . Pour de plus amples renseignements voir : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34534

L'Aïd el-Fitr, une fête célébrée en famille - midilibre.fr

Difficile de quitter une telle ambiance pour quelques heures de cours tristounets !

 

 

« A Gabriel Cramer

[octobre 1767] 1

J'ai trouvé la date de la mort du maréchal d'Asfeld ; j'ai quelques doutes sur celle du maréchal de Noailles . Monsieur Cramer pourrait s'en informer à M. de Virieu 2. J'ai corrigé l'article de Christine et d'autres .

Je prie qu'on m'envoie toujours la feuille précédente quand on m'envoie l'épreuve . J'ai besoin d'avoir toutes les feuilles sous les yeux pour les comparer, et pour voir s'il n'y a point de répétitions . »

1 L'édition Gagnebin place la lettre en août 1767 . or V* reçoit maintenant les épreuves qu'il réclamait vers le mois de septembre ( voir lettre : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/04/27/comptez-que-cette-longue-dissension-deplait-beaucoup-a-un-au-6440344.html ) après avoir remis le manuscrit en juillet (voir lettre : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/03/13/l... ).

Il ne serait pas mal que vous daignassiez faire un petit mot d'avertissement

...

 

« A Henri Rieu

[octobre 1767] 1

Je crois, mon cher corsaire, qu'il faut se hâter de faire cette édition, de peur qu'on ne vous prévienne à Lyon . Vous avez des changements qu'on n'a ni à Lyon ni à Paris . Je me chargerai de faire passer très aisément la plus grande partie de l'édition à Lyon . Mais encore une fois il faut que cela soit fait en quatre jours .

Le titre qui porte « jouée en 1767 à Genève » jure un peu avec la préface qui dit que cette pièce n'a point été faite pour être jouée en public . Il ne serait pas mal que vous daignassiez faire un petit mot d'avertissement .

Je vous embrasse, mais quand vous verrai-je ? »

1 Édition Moland qui propose la date du 9 avril 1767, ce qui n'est guère possible . Cette lettre se réfère à une édition de Charlot inconnue de Bengesco . Cette édition est semblable , à tous égards, à celle que l'on trouve à la fin du volume V du Théâtre français, 1767 ; voir lettre du 18 avril 1767 à Rieu : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2022/10/18/vous-me-ferez-un-plaisir-extreme-de-faire-depecher-les-feuil-6407183.html