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05/05/2023

Priez vos auteurs de ne citer que des faits avérés

... Avis à tous les médias dits d'information .

 

 

« A Charles-Joseph Panckoucke, Libraire

rue et près de la Comédie-Française

à Paris

A Ferney 25è septembre 1767 1

J’ai enfin reçu, monsieur, les deux premiers volumes de votre Vocabulaire 2. Tout ce que j’en ai lu m’a paru exact et utile : rien de trop ni de trop peu ; point de fades déclamations. J’attends la suite avec impatience . Votre entreprise est un vrai service rendu à toute la littérature.

Vous me feriez plaisir de m’apprendre les noms des auteurs à qui nous aurons tant d’obligations. J’ai l’honneur d’être bien véritablement, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur 3.



Il ne serait pas mal de mettre, dans votre errata, que nous prononçons auto-da-fé par corruption, et que les Espagnols disent auto de fé. Il y a une grosse faute à la page 423 :Les dieux mêmes, éternels arbitres 4, il faut lire les dieux même, sans s. Cet s donne une syllabe de trop au vers.

Il y a une plus grande faute à la page 422 :

 Plaçât tous bienfaiteurs au rang des immortels ; 5

C’est un barbarisme. On dit tous les bienfaiteurs, et non tous bienfaiteurs. On n’entendrait pas un homme qui dirait j’ai mis tous saints dans le catalogue.

D’ailleurs il faut tâcher, dans un dictionnaire, de ne citer que de bons vers, et ne point imiter en cela l’impertinent Dictionnaire de Trévoux. Les vers cités en cet endroit sont trop mauvais : Bonté fertile 6 est ridicule.

Priez vos auteurs de ne citer que des faits avérés. Le viol d’une dame par un marabout, à la face et non en face de tout un peuple 7, est un conte à dormir debout, digne de Léon d’Afrique 8. »

1 L'édition Kehl donne à tort pour destinataire Guyot, à la suite d'une erreur d’interprétation de la copie Beaumarchais, Panckoucke ayant noté sur la lettre « pour M. Guyot ; »

3 On croit deviner ici la signature de V* sous cette mention de Panckoucke : « Cette lettre et de M ; de Voltaire . »

4 J.B. Rousseau a dit : « Plaçât leurs bienfaiteurs. » (G.Avenel) . Vers dans Odes, III, ii, 181 . La correction est faite dans la seconde édition du Grand Vocabulaire, I, 423 .

5 Ibid., IV, ii, 78 ; Rousseau avait écrit leurs pour tous . La correction est faite dans la seconde édition , I, 422.

6 C'est le texte de Rousseau, Odes, III, ii, 188 . la seconde édition supprime la citation, I, 422.

7 Le passage subsiste dans la seconde édition, I, 498, mais est signalé dans l'errata .

8Hassan Ibn Muhammad al-Wassan al-Fasi [Leo Africanus], Africae descriptio, III,(section relative à Fez ).

Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_l%27Africain

04/05/2023

que toute l'Europe soit livrée à l'agriculture sous la forme de champs séparés par des haies . On aurait plus de cultivateurs et moins de soldats

... Même les écologiste de nos jours ne disent pas mieux . Les marchands de canons , eux dont la fortune s'accroit sans cesse,  ne sont pas d'accord .

 

 

« A Éthis de Novéau 1

Commissaire provincial des guerres

à Besançon

[Il souhaite que toute l'Europe soit livrée à l'agriculture sous la forme de champs séparés par des haies .] On aurait plus de cultivateurs et moins de soldats […]. »

1 Le manuscrit olographe est passé à la vente August Pattberg, chez Henrici, Berlin 21-22 juin 1926 .

Note de Beuchot : «  Lettre de Voltaire (dictée à Wagnière), à M. Éthis, commissaire provincial des guerres à Besançon, Ferney, 25 septembre 1767, signalée dans un catalogue d'autographes. Voltaire exprime le désir que de dix en dix arpents tout fût haie ou plantation dans toute l'Europe, afin d'empêcher les batailles rangées. « On aurait plus de cultivateurs et moins de soldats. »

Réponse après avoir reçu un mémoire : https://c18.net/vll/vll_fiche.php?id_vo_vll=7111

A propos d'Ethis voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_%C3%89this_de_Corny

et https://www.gazette-drouot.com/article/l-esprit-incarne-dans-le-marbre/8782

03/05/2023

J'ai bien peur que cette affaire ne s'en aille en fumée

... C'est ce que les parlementaires de l'opposition de gauche auraient dû pressentir s'ils n'étaient pas aussi bornés et menés par un gugusse comme Mélenchon .

Exit pour la deuxième fois  : RIP ((Requiescat in pace ) pour le  RIP (Référendum d'Initiative Partagée ) : https://www.liberation.fr/politique/retraites-le-conseil-...

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

23 septembre 1767

Le malade de Ferney est bien en peine du malade de Paris, et il attend avec impatience de ses nouvelles. Il soupçonne qu'on a fait une faute dans la dernière lettre, où il est question de la Comtesse de Givry. On a fait dire à Charlot dans la dernière scène: Ô destins inouïs ! et c'est à la belle Julie de le dire. Le malade des champs recommande à la bonté du malade de la ville, la comtesse, Charlot, Julie, et l'intendant faiseur de contes. Puisse cette pièce vous amuser autant qu'elle nous amuse, et être utile à l'enchanteur Merlin

Que faut-il faire pour Sirven ? J'ai bien peur que cette affaire ne s'en aille en fumée. »



Vous verrez que mes dernières volontés sont la liberté de conscience pour tous les hommes

... Ce qui doit aller de pair avec la liberté de la presse , évidemment ! quoique pas si évident que ça puisque la France , patrie de Voltaire s'il est besoin de le rappeler, n'est que 24è au classement mondial : https://rsf.org/fr/classement

DROITS DE L'HOMME/ liberté de pensée, de conscience et de religion - YouTube

 

 

« Au comte Alexandre Romanovitch Vorontsov

22 septembre 1767 à Ferney

Monsieur, je reçois aujourd’hui la lettre dont vous m'honorez, du 12 septembre . J'étais fort malade, quand je reçus les mémoires en question . Je travaillai sur-le-champ, comme si je faisais mon testament . Je vous envoyai huit jours après mes petites idées imprimées 1, que j'adressai à La Haye . Je supplie Votre Excellence de les regarder comme mes dernières volontés . En voici un autre exemplaire que je vous adresse à tout hasard à Spa . Vous verrez que mes dernières volontés sont la liberté de conscience pour tous les hommes, et des statues pour l'impératrice . Puisse-t-elle vivre longtemps et augmenter vos honneurs et vos plaisirs !

J'ai l'honneur d'être avec les plus respectueux sentiments, monsieur,de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur .

Voltaire . »

exactitude et diligence

... Est-ce trop demander à nos fonctionnaires ?

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

21 septembre 1767 1

Le malade demande comment se porte le malade. Il le supplie de faire coller sur la pièce cette dernière leçon, qui est la meilleure. Il demande à Merlin exactitude et diligence. Le Huron du sieur du Laurens est défendu à Paris; mais on espère que la Comtesse de Givry aura permission de paraître.

Dernière leçon du commencement de la dernière scène du troisième acte :

Madame Aubonne

J'ai mérité la mort.

La comtesse

C'est assez, levez-vous.

Je dois tout pardonner, puisque je suis heureuse :

Tu m'as rendu mon sang.

Charlot (dans l'enfoncement )

Ô destinée affreuse !

Où me conduisez-vous?

La comtesse (courant à lui)

Dans mes bras mon cher fils .

Charlot

Vous, ma mère !

Le duc

Oui, sans doute.

Julie

Ô destins inouïs !

La comtesse, (l'embrassant )

Oui, reconnais ta mère ; oui, c'est toi que j'embrasse. »



1 Copies contemporaines Darmstadt B. et B. H. , limitées au premier paragraphe, amputé de sa deuxième phrase .

02/05/2023

elles pourraient lire le testament expliqué par Ésope , et régler le différend entre elles comme elles l'entendraient

... Si jamais différend il y avait entre celles-ci, la presse people en ferait ses choux gras : https://www.msn.com/fr-fr/divertissement/actualite/la-des...

 

 

« A Marie-Madeleine Blouin Dubois

[vers le 20 septembre 1767] 1

[ Il l'informe qu'il a partagé les rôles féminins de sa pièce entre elle et Mlle Durancy . Cela doit être regardé comme sa dernière volonté et son testament . Si, après sa mort, elles n'étaient pas satisfaites de leur part respective, elles pourraient lire le testament expliqué par Ésope 2, et régler le différend entre elles comme elles l'entendraient .]

2 La Fontaine, Fables, II, 20 : Le Testament expliqué par Ésope : https://www.youtube.com/watch?v=roF5KKfd5Qk&ab_channel=MonLivreAudio

Je commence à croire que vous serez libres . Conservez bien ce trésor qu'on ne trouve que parmi les rochers et dans les marais

... Encouragement pour une bonne partie de la population mondiale , il serait bon que ce futur ne soit pas trop lointain .

 

 

« A Paul-Claude Moultou fils

à Genève

J'ai été malade, mon très cher philosophe, comme tout le monde l'a été dans notre ville sainte et damnée ; mais je ne suis pas mort comme le conseiller Mallet 1. J’écrirai au jeune avocat toulousain dès que j'existerai . Je commence à croire que vous serez libres . Conservez bien ce trésor qu'on ne trouve que parmi les rochers et dans les marais .

L'affaire des Sirven est toujours prête à être rapportée et ne se rapporte point . N'importe, je vous réponds que je ne me découragerai pas plus que vous . Je vous embrasse en Platon, en Aristide, et naturellement en Paul .

V.

20 [septembre 1767 ] au soir . »

1 Abraham Mallet est mort ce 20 septembre 1767 ; «  I.9.2.3.1.2 - Abraham MALLET est né en 1716. Il épouse Andrienne GUINAND et décède en 1767. » ; voir : https://www.genea-bdf.org/BasesDonnees/genealogies/mallet.html

et : https://gw.geneanet.org/felins11?lang=fr&m=N&v=MALLET