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Rechercher : Tâchez de vous procurer cet écrit; il n'est pas orthodoxe, mais il est très bien raisonné

je vous donne sur ce qui me reste de corps le même pouvoir que vous avez sur ce qui me reste d'âme

Je pense que Volti aurait pu vous l'écrire , Mam'zelle Wagnière : "mon cœur est à vous, Madame, comme si j'avais vingt-cinq ans, et le tout avec un très sincère respect" ; en tout cas , il me fait son heureux messager aujourd'hui .

Et kitchissime illustration chantée :   http://www.deezer.com/listen-6745284

Ou muette, ce qui me semble plus parlant  :     http://www.deezer.com/listen-6776638

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« A Suzanne Necker

 

Ma juste modestie, Madame, et ma raison me faisaient croire d'abord que l'idée d'une statue était une bonne plaisanterie ; mais puisque la chose est sérieuse, souffrez aussi que je vous parle sérieusement 1.

 

J'ai soixante et seize ans, et je sors à peine d'une grande maladie qui a traité fort mal mon corps et mon âme pendant six semaines . M. Pigalle doit, dit-on, venir modeler mon visage . Mais , Madame, il faudrait que j'eusse un visage, on en devinerait à peine la place ; mes yeux sont enfoncés de trois pouces ; mes joues sont du vieux parchemin mal collé sur des os qui ne tiennent à rien . Le peu de dents que j'avais est parti . Ce que je vous dis là n'est point coquetterie, c'est la pure vérité . On n'a jamais sculpté un pauvre homme dans cet état . M. Pigalle croirait qu'on s'est moqué de lui, et pour moi j'ai tant d'amour propre que je n'oserais jamais paraître en sa présence . Je lui conseillerais, s'il veut mettre à fin cette étrange aventure, de prendre à peu près son modèle sur la petite figure en porcelaine de Sèvres 2. Qu'importe, après tout, à la postérité qu'un bloc de marbre ressemble à un tel homme ou à un autre . Je me tiens très philosophe sur cette affaire . Mais comme je suis encore plus reconnaissant que philosophe, je vous donne sur ce qui me reste de corps le même pouvoir que vous avez sur ce qui me reste d'âme . L'un et l'autre sont fort en désordre, mais mon cœur est à vous, Madame, comme si j'avais vingt-cinq ans, et le tout avec un très sincère respect.

 

Mes obéissances, je vous en supplie, à Monsieur Necker .

 

21è mai 1770, à Ferney »

 

1 On disait que le projet de faire exécuter la statue de V* par Pigalle était né dans le salon littéraire de Suzanne Necker, femme du banquier.

2 De 1767 .

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mes curiosités sont des charrues et des semoirs ; mais il faut que les princes aient ce que les autres hommes n'ont pas

... Comme des équipes de foot ou des écuries de dromadaires de course ! Pourvu qu'on parle d'eux, ils se fichent pas mal du nombre de pattes de ceux qu'ils payent grassement et enverront à l'abattoir sans murmure au moindre faux pas , car qui paye cash/casse .

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 Futur propriétaire du PSG ?

 

« A Élie BERTRAND.
Au château de Tournay, 14 mars.
Le planteur de choux et le semeur de grains n'a pas oublié, monsieur, d'envoyer en son temps votre lettre à M. de La Tourrette 1. Vous me parlez de fossiles et de curiosités naturelles 2; si je pouvais trouver quelque chose de rare pour le cabinet de monseigneur l'électeur palatin, vous me feriez grand plaisir de me l'indiquer. Je me souviens d'avoir vu à Berne du sable d'une petite rivière qui donne dans l'Aar ; ce sable, vu au microscope, est un amas de pierres précieuses ; n'y aurait-il point encore quelques autres colifichets pour amuser les curieux. Je fais plus de cas, dans le fond, d'un bon champ de blé et d'une belle prairie ; mon cabinet de physique est ma campagne ; mes curiosités sont des charrues et des semoirs ; mais il faut que les princes aient ce que les autres hommes n'ont pas : de belles coquilles du temps du déluge, de belles pierres qui enfermaient un poisson, lequel n'a jamais existé, des congélations qui ne bonnes à rien, quelque animal né avec deux têtes, quelque belle maison de colimaçon. On a raison de rechercher toutes ces drogues, si elles font plaisir.
Je ne crois pas que le Bonneville qui est à Pierre-Encise y soit pour les vers du roi de Prusse ; on le soupçonne de quelque prose; et, pour le roi de Prusse, on le soupçonne d'être fort mal dans ses affaires.
Cet impudent Grasset fruitur diis iratis 3, et, malgré la défense de Leurs Excellences 4, imprime tout ce qu'il veut à Lausanne, sous le nom d'un autre. Ce malheureux m'écrivit, il y a cinq ou six mois, la lettre la plus punissable, signée de son nom, d'une écriture contrefaite et qui n'est pas la sienne. Si jamais je fais un tour à Lausanne, il entendra parler de moi. Adieu, monsieur; ne m'oubliez pas auprès de M. et de Mme de Freüdenrick.

Tuus.

V. »

1 Claret de La Tourrette, naturaliste, né à Lyon en 1729 ; l'un des membres de l'académie de cette ville, et de la Société économique de Berne. Voltaire était en correspondance avec lui depuis la fin de 1754. (Clogenson.)

Voir lettre du 10 mars 1760 à Claret de la Tourrette : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/03/11/des-hommes-lorsqu-ils-suivent-la-pure-nature-sont-pour-la-pl-5581127.html

2 A la même époque, dans une lettre à Haller, Bertrand , se plaignant du silence de la comtesse de Bentinck à son égard, ajoutait : « Je lui avais fait une collection de fossiles : je l'avais instruite par les yeux ; elle était enchantée de pouvoir étaler sa science aux yeux du conseiller de Baillou [...] »

3 A contre lui les dieux irrités , Juvénal, Satires, I, 49-50 .

4 Le gouvernement de Berne .

 

 

 

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14/03/2015 | Lien permanent

On se met au-dessus des usages dans des cas aussi extraordinaires

... C'est sans doute ce que pensent Fillon , Marine, Macron, Mélenchon, Hamon, Cheminade, Poutou, and Co , qui tous estiment que leurs cas sortent du jugement ordinaire puisqu'ils sont, eux,  particulièrement remarquables, en tout cas aux yeux de leurs familles, concierges et séides, veaux, vaches , cochons, poneys .

Et si on en revenait plutôt  aux programmes ...

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Qui va finalement porter le chapeau ?

 

 

« [Destinataire inconnu]

Aux Délices, le 15 avril [1762]1

Il est vrai, mademoiselle, que dans une réponse que j'ai faite à M . de Chazel, je lui ai demandé des éclaircissements sur l’aventure horrible de Calas , dont le fils a excité ma douleur autant que ma curiosité . J'ai rendu compte à M. de Chazel 2 des sentiments et des clameurs de tous les étrangers dont je suis environné . Mais je ne peux lui avoir parlé de mon opinion sur cette affaire cruelle, puisque je n'en ai aucune . Je ne connais que les factums faits en faveur des Calas, et ce n’est pas assez pour oser prendre parti .

J'ai voulu m'instruire en qualité d'historien . Un événement aussi épouvantable que celui d'une famille entière, accusées d'un parricide commis par esprit de religion ; un père expirant sur la roue pour avoir étranglé de ses mains son propre fils sur le simple soupçon que ce fils voulait quitter les opinions de Jean Calvin ; un frère violemment chargé d'avoir aidé à étrangler son frère ; la mère accusée ; un jeune avocat 3 soupçonné d'avoir servi de bourreau dans cette exécution inouïe : cet événement , dis-je, appartient essentiellement à l'histoire de l'esprit humain et au vaste tableau de nos fureurs et de nos faiblesses, dont j'ai déjà donné une esquisse .

Je demandais donc à M. de Chazel des instructions, mais je n'attendais pas qu'il dût montrer ma lettre . Quoi qu'il en soit je persiste à souhaiter que le parlement de Toulouse daigne rendre public le procès de Calas, comme on a publié celui de Damiens . On se met au-dessus des usages dans des cas aussi extraordinaires . Ces deux procès intéressent le genre humain ; et si quelque chose peut arrêter chez les hommes la rage du fanatisme, c'est la publicité et la preuve du parricide et du sacrilège qui ont conduit Calas sur la roue, et qui laissent la famille entière en proie aux plus violents soupçons . Tel est mon sentiment .

J'ai l'honneur d'être etc. »

1 Edition de Kehl . Cette lettre du début de la campagne en faveur des Calas, est d'une authenticité douteuse . La date semble un peu tardive .

3 François-Alexandre Gauvert Lavaysse de Vidou

 

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16/03/2017 | Lien permanent

Est-il recteur, professeur ?

... Que non !

ELLE -- Najat Vallaud-Belkacem-- est ministre de l'Education nationale et fait de l'autosatisfaction à l'égal des présidents de la république successifs ( qui sont maîtres dans cet art, depuis l'origine, en indignes successeurs de nos rois de droit divin ) .

 http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coi...

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« A Etienne-Noël Damilaville

et à

Nicolas-Claude Thieriot

[9 janvier 1762] 1

Frère V., est tout ébahi de recevoir dans l'instant une pancarte du roi adressée aux gardes de son trésor royal avec un bon, rétablissant une pension que frère V. croyait anéantie depuis douze ans 2. Que dira à cela Catherin Fréron, ? Que dira Lefranc de Pompignan ? V. embrasse les frères et soutient toujours que Thieriot est un pare[sseux].

J'espère que je contribuerai avec les états de Bourgogne (dont mous avons l'honneur d'être) à donner un vaisseau au roi . Mais si les Anglais me le prennent, je ferai contre eux une violente satire .

Je vous prie de me dire où demeure ce pédant de Crevier 3. Est-il recteur, professeur ? Je lui dois mille tendres remerciements . »

1 Copie Beaumarchais qui ajoute l'essentiel de ce texte à celui de la lettre du 18 janvier aux mêmes ; l'édition de Kehl a peut-être emprunté le dernier paragraphe à une autre lettre .

2 Le 12 janvier 1762, Du Pan annonçait la nouvelle à Freudenreich ainsi : « Voltaire eut samedi une lettre sur bureau de M. de Saint Florentin, avec une patente du roi pour une pension de 2000 livres . C'est sans doute la pension qu'il avait eue ci-devant comme historiographe du roi . C'est le duc de Choiseul, son ami, qui l'a fait renouveler, sans lui en rien dire . La pension n'est rien pour Voltaire, mais cette marque de faveur du roi lui fait autant de plaisir qu'elle a fait de peine à ses ennemis . Il ira peut-être faire un tour à Paris . » Voir aussi le début de la lettre du 10 janvier 1762 aux d'Argental .

 

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05/01/2017 | Lien permanent

Puisse la paix donner à l’Europe le loisir de cultiver les arts de toute espèce !

... Hier ...

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Aujourd'hui ...

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 Pourvu que ça dure !

 

 

 

« A Louise-Dorothée von Meiningen, duchesse de Saxe-Gotha

Au château de Ferney par Genève

26 juin 1761

Madame, mon silence doit avoir dit à votre Altesse Sérénissime que je n’étais pas en état d’écrire. J’avais presque perdu la vue, en conservant la plus forte envie de revoir Gotha et sa souveraine. J’occupe ma vieillesse, et je trompe mes maux par un travail très agréable pour lequel je demande votre protection.

L’Académie française agrée que je fasse une édition des bonnes tragédies du grand Corneille, avec des notes sur la langue et sur l’art qu’elle a créés. Cet ouvrage sera principalement utile aux étrangers. Il se fait par souscription, et l’édition sera magnifique. Le produit de cette entreprise est pour tirer de la misère les restes de la famille du grand Corneille, famille noble, et qui languit dans la pauvreté. Nous imprimons les noms des souscripteurs : je supplie Votre Altesse Sérénissime de permettre que son nom honore cette liste. Chaque académicien souscrit pour six exemplaires. Ce livre sera du moins un monument de générosité, si de ma part ce n’est pas un monument de science et de goût. Puisse la paix donner à l’Europe le loisir de cultiver les arts de toute espèce ! Ce long fléau détruit tout. Hélas ! au premier coup de canon, je dis : En voilà pour sept ans ! Puissé-je me tromper au moins d’une année !

M. Stanley 1 est à Paris ; il est assidu à nos spectacles ; il voit nos géomètres. Il ne parle point de paix : c’est apparemment par politesse qu’il ne nous parle point de nos besoins.

Je me mets à vos pieds, madame, et à ceux de toute votre auguste famille. Grande maîtresse des cœurs, recevez mes hommages, et présentez-les à la divine Dorothée.

Le Suisse V. »

1 Hans Stanley, chargé par le cabinet de Saint-James de conférer avec le cabinet de Versailles . Voir lettre du 1er juin 1761 à Chennevières : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2016/05/01/j-ai-ete-accable-de-mille-petites-affaires-qui-font-mourir-e-5795742.html

Voir : https://en.wikipedia.org/wiki/Hans_Stanley et : https://en.wikisource.org/wiki/Stanley,_Hans_%28DNB00%29

 

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31/05/2016 | Lien permanent

je doute que cette requête, présentée par l’humanité à la puissance, obtienne l’effet qu’on s’est proposé : car je ne do

... S'agirait-il du cahier de doléances, qui faute de donner des solutions applicables immédiatement, n'est pour l'instant qu'une bête à soucis pour les maires ?

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Marianne peut être diablement plus sexy en bonnet phrygien qu'en gilet jaune

 

 

« A Charles Pinot Duclos

6 janvier 1764

Quelque répugnance que j’aie toujours eue, monsieur, à mettre mon nom à la tête de mes ouvrages, et quoique aucune de mes dédicaces n’ait été accompagnée de la formule ordinaire d’une lettre, quoique cette formule m’ait paru toujours très peu convenable, et que j’en sois l’ennemi déclaré, cependant, puisque l’Académie veut cette pauvre formule, inconnue à tous les anciens, puisqu’elle veut mon nom, elle sera obéie 1.

Je suppose que M. Cramer vous a envoyé sous enveloppe, à l’adresse de M. Jeannel, le livre 2 que vous demandez. Je sais que plusieurs personnes considérables, dont quelques-unes sont connues de vous, en ont été assez contentes. Mais je doute que cette requête, présentée par l’humanité à la puissance, obtienne l’effet qu’on s’est proposé : car je ne doute pas que les ennemis de la raison ne crient très haut contre cet ouvrage. L’auteur, quel qu’il soit, fera plus de cas de votre suffrage qu’il ne craindra leurs clameurs. Quel homme est plus en droit que vous, monsieur, d’opposer sa voix aux cris des fléaux du genre humain ? »

1 Cependant le nom de Voltaire n'apparut pas . Voir dédicace sur les Commentaires : https://books.google.fr/books?id=jRoRAQAAMAAJ&pg=PA50...

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11/01/2019 | Lien permanent

ils seraient respectés du public s’ils se soutenaient les uns les autres

... Ceux qui font en sorte que les informations ne soient pas fausses, mensongères, malveillantes : https://www.20minutes.fr/societe/3312791-20220627-lutte-c...

Il n'est pas trop tard pour oeuvrer en ce sens .

 

 

« A Claude-Joseph Dorat

20 février 1767 à Ferney

Il est vrai, monsieur, que j’avais été flatté de la promesse que vous m’aviez faite, lorsqu’une lettre que j’avais écrite à M. le chevalier de Pezay 1 m’en attira une très obligeante de vous. Cette espérance adoucissait beaucoup le mal dont je ne connaissais qu’une partie. Des vers tels que vous les savez faire auraient plu davantage au public que la publication de quelques lettres qui ne sont pas faites pour lui.

Les procédés de Jean-Jacques Rousseau ne sont point des querelles de littérature ; ce sont des complots formés par l’ingratitude et par la méchanceté la plus noire, dont les médiateurs de Genève et le ministère de France sont assez instruits.

Au reste, personne n’a jamais souhaité plus passionnément que moi l’union des gens de lettres ; personne n’a mieux senti combien ils seraient utiles, et à quel point ils seraient respectés du public s’ils se soutenaient les uns les autres. Il faut laisser aux folliculaires, aux Desfontaines, aux Frérons, l’infâme métier de déchirer leurs confrères pour gagner quelque argent . Ce sont des misérables qui ont fait de la littérature une arène de gladiateurs. Vous avez redoublé mon estime pour vous, monsieur, en m’apprenant que vous n’aviez nul commerce avec ce vil Fréron, qui est, dit-on, l’opprobre de la société 2, et dont on ne prononce le nom qu’avec horreur et mépris. Cet homme, assurément, n’était fait ni pour apprécier vos agréables ouvrages, ni pour approcher de votre personne. S’il y avait encore des Chaulieu et des Lafare, ce serait leur société qui vous conviendrait, ainsi qu’à M. le chevalier Pezay, votre ami. Je vous répéterai 3 encore que j’ai été très-touché des lettres que vous m’avez écrites ; mais le public les ignore, il a vu la pièce que vous m’aviez promis de réparer. Je vous en parle pour la dernière fois. Je ne veux plus me livrer qu’au plaisir de vous dire combien j’ambitionne votre estime et votre amitié, et avec quels sentiments j’ai l’honneur d’être , monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur .

V. »

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16/07/2022 | Lien permanent

Mais plus elle est persécutée par la nature, par la fortune, et par l'injustice, plus vous daignerez employer votre mini

... "Il y a un [deux] an[s] , le 15 août 2021, les taliban sont entrés dans Kaboul, la capitale de l’Afghanistan, et ont pris le contrôle du pays " et depuis ce jour la femme afghane est à nouveau affreusement persécutée : https://www.unwomen.org/fr/nouvelles/gros-plan/2022/09/gr... 

J'ose espérer que la France saura agir pour faire abolir cet esclavage et soutenir toutes celles qui osent se rebeller . Il n'est pas possible que de sales barbus bas de plafond continuent de maltraiter, "chosifier" les femmes : https://www.radiofrance.fr/franceinter/deux-apres-la-chut...

https://www.amnesty.fr/actualites/afghanistan-la-guerre-d...

 

 

« A Daniel-Marc-Antoine Chardon

15è janvier 1768 à Ferney

Monsieur,

Souffrez qu'en vous renouvelant mes hommages et mes remerciements au commencement de cette année, je vous félicite sur la victoire que vous venez de remporter . Le roi en a usé avec vous comme il fallait . Il vous rend justice comme vous l'avez rendue . On m'apprend que cette petite tracasserie des chambres assemblées n'a pas ralenti vos bontés pour les Sirven . Tout a conspiré contre cette famille malheureuse, jusqu'à son avocat au Conseil qui est mort lorsque vous vous alliez rapporter cette affaire . Mais plus elle est persécutée par la nature, par la fortune, et par l'injustice, plus vous daignerez employer votre ministère et votre éloquence à la tirer d'oppression .

Je me flatte que vous avez enfin reçu cette apologie de l'arrêt de Toulouse contre les Calas . Elle ressemble à l’apologie de la Saint-Barthélémy 1 par l'abbé de Caveyrac, et au panégyrique de la vérole par M. Robbé 2.

La famille Sirven trouvera aisément un autre avocat au Conseil que M. Cassen, mais elle ne trouvera jamais un rapporteur et un juge plus capable de mettre au grand jour son innocence, et de consoler une calamité si longue et si déplorable .

J’ai l'honneur d'être, avec le plus grand respect et le plus sincère dévouement,

monsieur,

votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire. »

2 Pierre-Honoré Robbé de Beauveset n'avait pas imprimé son poème Le débauché converti (Poème connu aussi sous le nom de La vérole, ou La syphilis), voir : http://robbedebeauveset.blogspot.com/ ; il le fut par Pierre Dufay, éditeur du Recueil de poésies diverses de M. Robbé de Beauveset, 1921 .

Voir : https://data.bnf.fr/fr/see_all_activities/13005153/page1

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Honor%C3%A9_Robb%C3%A9_de_Beauveset

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15/08/2023 | Lien permanent

C’est du temps qu’il faut attendre la réforme. On parle comme on peut, on se conduit de même, et chacun vit avec ses déf

... Le gouvernement, au contraire est pressé de promulguer le décret d'application de la loi sur l'immigration ce qui fait hurler des grandes gueules de droite qui jouent aux vierges effarouchées stupides : https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/01/26/loi-imm...

 

 

 

« A D'Antoine 1

6 juin 1768

Ma vieillesse et mes maladies m’ont empêché, monsieur, de répondre plus tôt à votre lettre du 21 de mai ; mes yeux affaiblis distinguent à peine les caractères. Je suis peu en état de juger de la réforme que vous voulez faire dans les langues de l’Europe. Il en est peut-être de ces langues comme des mœurs et du gouvernement ; tout cela ne vaut pas grand’chose . C’est du temps qu’il faut attendre la réforme. On parle comme on peut, on se conduit de même, et chacun vit avec ses défauts comme avec ses amis.

Cependant si vous voulez absolument réformer les langues, vous pouvez m’adresser votre ouvrage 2 à Lyon, chez M. Lavergne, mon banquier, par les voitures publiques. En attendant que la langue française se corrige, et que tout le monde écrive français avec un a, et non pas avec un o, comme saint François d’Assise, mon cher patron, j’ai l’honneur d’être, selon la formule ordinaire des Français,

monsieur,

votre très humble. »

1 Copie Beaumarchais-Kehl avec en-tête «  à M. Dantoine à Manosque en Provence » ; édition de Kehl .

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26/01/2024 | Lien permanent

il était né avec quelques demi-talents et il aurait eu peut-être un talent tout entier s'il avait été docile et honnête

... Et de son propre aveu, il est "né hétérosexuel ", avec cette excuse foireuse : " je n'en ai aucun mérite", d'où je déduis que tout/e homosexuel/le  a, lui/elle, tout le mérite de son choix de vie . Et ce bavard irresponsable, Nicolas Sarkozy pour tout dire au cas où vous ne l'auriez pas reconnu, veut diriger la France encore une fois .

Avec l'argent des autres, n'importe quelle buse aura les moyens de se faire une cour servile qui voudra sa part du gâteau . On est loin du modeste talent, minimum demandé, à moins que,... à moins que  la tricherie financière à visées électorales ne soit pour de tels personnages qu'un remarquable talent enviable , et pas qu'à moitié .

Hey ! Nico, ça va la mise en examen ? Tu l'as bien méritée !

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Deux talentueux [sic] énergumènes 

 

« A Louise-Florence-Pétronille de Tardieu d'Esclavelles d'Epinay

Quoique ma belle philosophe n'écrive qu'à des huguenots, cependant un bon catholique lui envoie ces petites Lettres . On suppose en les lui envoyant, qu'elle est très engraissée . Si cela n'est pas, elle peut passer à la page 20, , où l'on reprend un peu vivement l'ami Jean-Jacques, d'avoir trouvé que les dames de Paris sont maigres ; il ajoute qu'elles sont un peu bises ; mais comme ma belle philosophe nous a paru très blanche, elle pourra lire cette page 20 sans se démonter ; à l'égard des autres pages, elle en fera ce qu'elle voudra .

On se flatte que Le Père de famille a été joué, et qu'il l'a été avec succès ; ce succès est bien nécessaire et bien important , il pourrait contribuer à mettre Diderot de l'Académie ; ce serait une espèce de sauvegarde contre les fanatiques et les hypocrites de la ville et de la cour, qui blasphèment la philosophie et qui insultent à la vertu . Pour Jean-Jacques ce n'est qu'un misérable qui a abandonné ses amis, et qui mérite d'être abandonné de tout le monde ; il n'a dans son cœur que la vanité de se montrer dans les débris du tonneau de Diogène , et d'ameuter les passants, pour leur faire contempler son orgueil et ses haillons ; c'est dommage, car il était né avec quelques demi-talents et il aurait eu peut-être un talent tout entier s'il avait été docile et honnête .

Je fais mes compliments à toute la famille, à tous les amis de ma belle philosophe . Je tiens qu'elle vaut beaucoup mieux que Mme de Wolmar 1 . Prend-elle son café, ou le café dans l'entresol 2? Je la supplie aussi de me dire si les jardins de la Chevrette ne sont pas plus beaux que ceux de l'Étange 3. Qu'elle sache, au reste, que ceux de Ferney ne sont pas sans mérite ; si elle voulait faire encore un petit voyage dans le pays, non de Vaux, mais de Gex, on lui donnerait un petit chapitre tous les matins . En prenant le chocolat ou du chocolat . Je lui recommande l'infâme 4; je prie le prophète de me prophétiser quelque chose de bon sur Le Père de famille . Mille respects ; et si la belle philosophe est paresseuse, mille injures .

19è février 1761 à Ferney. »

1 Personnage de La Nouvelle Héloïse .

2 Allusion à un passage des Lettres de M. de Voltaire, qui de son côté fait allusion à La Nouvelle Héloïse, V, 2 ; cette explication est donnée par R.A. Leigh.

3 Dans La Nouvelle Héloïse .

4 Ces mots précédents manquent dans les éditions ; le « prophète » suivant est Grimm .

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17/02/2016 | Lien permanent

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