Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/01/2016

ma mauvaise santé me force d'être court quand l'amitié voudrait me rendre long

... Et ça se soigne !

Sortie du contexte, que ne ferait-on pas dire à une phrase, qui prend un air canaille ; et ne me dites pas que vous n'y avez pas aussi pensé, bande de malotrous  .

 Afficher l'image d'origine

Revenons à plus de tendresse .

 

« A Jean-François Marmontel

Au château de Ferney 27 janvier 1761

Après avoir tant applaudi en vers à l'Académie 1, il faut que vous y soyez applaudi en prose , mon cher ami, dans un beau discours de réception . Vous fûtes d'abord mon disciple . Vous êtes devenu mon maître ; il faut que vous soyez mon confrère . Il me semble que cette place vous est due à plus d'un égard . Ce sera une récompense du mérite et une consolation de l'injustice que vous avez essuyée . Je ne regretterai Paris que le jour où je voudrais vous entendre et vous répondre . Je partagerai du moins tous vos succès du fond de mes retraites . Si ma plume pouvait suivre mon cœur, je vous en dirais davantage, mais ma mauvaise santé me force d'être court quand l'amitié voudrait me rendre long . Nous avons ici M. de Chimène votre confrère en poésie . Il me paraît n'avoir nulle envie d'être le Rodrigue de la Chimène que nous possédons . Sous le nom du père de Chimène mes respects à votre voisine 2 . »

2 Mlle Clairon, qui avait été sa maîtresse et restait son amie . Voir les Mémoires d'un père, de Marmontel, 1827, I, 141-... : http://archive.org/stream/mmoiresdemarmont26531gut/pg26531.txt

 

P-S. Alors que les taxis se mobilisent -comme disent les journaleux- pour immobiliser leurs concitoyens qui n'ont pas le loisir de travailler selon leur goût et selon des horaires librement choisis, Mme Taubira quitte un gouvernement qui est assez couillon pour se passer d'elle ; à ce rythme, j'en connais un qui se fera démissionner d'office l'an prochain, avec réaction en chaîne  .

 

26/01/2016

Messieurs les comédiens ordinaires du roi me feront un sensible plaisir

...

« A la Comédie-Française

Au château de Ferney en Bourgogne

par Genève 26è janvier 1761

Messieurs les comédiens ordinaires du roi me feront un sensible plaisir de vouloir bien accorder l'entrée à M. Mathon 1, soit au parterre, soit à l'amphithéâtre, toutes les fois qu'ils me feront l'honneur de représenter quelqu'un de mes ouvrages . Je mettrai ce plaisir au rang des plus grandes obligations que je leur aie . J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que je leur dois, leur très humble et très obéissant serviteur .

Voltaire. »

1 Personnage inconnu ; Mme Denis avait une femme de chambre de ce nom .

le roman de Jean-Jacques ! À mon gré il est sot, bourgeois, impudent , ennuyeux, mais il y a un morceau admirable sur le suicide qui donne appétit de mourir

... Surtout, Parisiens pris dans les bouchons provoqués par les taxis, ne lisez pas JJ Rousseau, vous subiriez la double peine et vous vous endormiriez sans rémission .

 Afficher l'image d'origine

Et prudemment , pour être sûrs d'arriver à bon port, nous fimes appel à un VTC  , Véritable Tombereau à Cheval .

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental,

conseiller d'honneur, envoyé

de Parme

rue de la Sourdière

à Paris

Au château de Ferney 26 janvier 1761

Et ces yeux que vous fermez quand vous êtes content, se portent-ils mieux mon cher ange ?

J'ai un besoin très grand d'être fortement recommandé à M. de Villeneuve 1. Est-il possible que je n'aie besoin de personne dans le pays étranger, et que j'aie besoin d'un intendant en France avec mes terres libres ? Je ferai une belle requête pour M. le duc de Choiseul mais je lui ai tant demandé de choses pour les autres que je n'ose plus rien demander pour moi .

J'ai de terribles affaires sur les bras . Je chasse les jésuites d'un domaine usurpé par eux . Je poursuis criminellement un curé . Je convertis une huguenote, et ma besogne la plus difficile est d'enseigner la grammaire à Mlle Corneille qui n'a aucune disposition pour cette sublime science .

Est-il vrai monsieur et madame anges tutélaires, est-il vrai qu'on joue Tancrède 2? Est-il vrai qu'on joue aux Italiens une parade intitulée Le Comte de Boursoufle 3 sous mon nom ? Justice, justice . Puissances célestes, empêchez cette profanation, ne souffrez pas qu'un nom que vous avez toujours daigné aimer soit prostitué dans une affiche de la Comédie-Italienne . J'imagine qu'il est aisé de leur défendre d'imputer dans les carrefours de Paris à un pauvre auteur une pièce dont il n'est pas coupable ?

J'estime mes anges qu'il faut retrancher Lefranc de ce panteodos à Mlle Clairon 4. Nous le retrouverons bien une autre fois . Il ne faut pas souiller par une satire les louanges de Melpomène . En ôtant Lefranc tout va, tout se lie .

Et le roman de Jean-Jacques ! À mon gré il est sot, bourgeois, impudent , ennuyeux, mais il y a un morceau admirable sur le suicide qui donne appétit de mourir 5.

Avez-vous vu celui de La Popelinière ou Pouplinière ?6 Est-ce vous qui avez envoyé à M. de La Marche notre Tancrède ?

Nous avons ici Chimène ! Oui le marquis Chimène 7. Hélas nous ne vous aurons pas . Nous baisons le bout de vos ailes .

V. »

4 L’Épître A Daphné, ou Épître de M. de Voltaire à Mlle Clairon, dont le sous-titre est « Pantaodaï, étrennes à Mlle Clairon » ; voir lettre du 6 juillet 1760 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/12/05/il-faut-qu-ils-sachent-que-je-suis-heureux-et-qu-ils-crevent-5732403.html

; et lettre du 11 janvier 1761 à Thieriot : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2016/01/09/je-me-moque-de-tout-le-reste-et-meme-assez-violemment-j-ai-s-5742289.html

. La forme panteodos fait difficulté , voir aussi le début de la lettre du 2 février 1761 aux d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2011/02/02/on-mourra-volontiers-apres-avoir-tire-sur-les-betes-puantes.html

5 La Nouvelle Héloïse, III, 26.

7 Ces quatre mots sont ajoutés au-dessus de la ligne .

25/01/2016

vous allez à la chasse aux prêtres . Dieu vous le rende

...

 

« A Gabriel Cramer

[vers le 25 janvier 1761]1

Vous êtes un Gabriel 2, un caro ; vous allez à la chasse aux prêtres . Dieu vous le rende . Le b. désertera la province, ou je ne suis pas V.

CORPUS POETARUM3

Memento de m'envoyer nouvelle épreuve du 5è 4 et de l’épître a[l] Senatore bolognese 5.

Memento du carton acte 2 .

Non meministi 4 du petit changement à l'addition . Mais peu importe, où diable trouver l'archevêque Turpin 5? Quoi pas un livre curieux à Genève ! N'avez-vous que le catéchisme de Vernet ?

Vale amice .

V.

Prenez garde 3è vers de l’acte 5 :

à lui seul la gloire

mettez

à lui seul est la gloire. »

1 Lettre datée d'après le cours de l'impression de Tancrède et la lettre à Albergati Capacelli .

2 Donc un ange ; le b. [NDLR :à mon sens le bordel ou le bandit] est Ancian, le curé de Moens .

3 Voir lettres de décembre 1760 et suivantes à Cramer  .

4 Tu ne t'es pas souvenu : précédemment memento = souviens-toi .

5 A savoir l'Historia de vita Caroli magni et Rolandi, attribuée à l'archevêque Turpin (XVIIIè siècle), mais en réalité apocryphe, bien que déclarée authentique par le pape Calixte II ; https://books.google.fr/books?id=BGFiAAAAcAAJ&pg=PA1&lpg=PA1&dq=Historia+de+vita+Karoli+magni+et+Rolandi&source=bl&ots=5OCgmHH55e&sig=0QN3rdgOWDAc0JxFalaKW8gDm-A&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiBnOKXqcXKAhUDGA8KHSOSB10Q6AEIOjAD#v=onepage&q=Historia%20de%20vita%20Karoli%20magni%20et%20Rolandi&f=false

Point de roman de Jean-Jacques s'il-vous-plait ; je l'ai lu pour mon malheur

... Ou plus précisément j'ai failli aller au delà de la (et tralala ! ) trentième page de cette fichue Julie ou La Nouvelle Héloïse, mais n'ayant pas une vocation de psychanalyste ni de midinette j'ai préféré jeter ce bouquin dans un fond de carton d'où il ne ressortira sans doute que dans la main d'un de mes héritiers, dans longtemps j'espère . Je n'ose pas en faire don à quelque maison de retraite qui soit, je risque d'être accusé de maltraitance à personnes dépendantes .   

Ah ! chère Colette Renard, que vous êtes vivante cent fois plus que ce vieil empesé JJ Rousseau :

https://www.youtube.com/watch?v=gvqKCun3yVU

 Afficher l'image d'origine

 

« A Etienne-Noël Damilaville

et à

Nicolas-Claude Thieriot

Mille tendres remerciements à monsieur Damilaville et à monsieur Thieriot . Point de roman de Jean-Jacques s'il-vous-plait 1 ; je l'ai lu pour mon malheur ; et c'eût été pour le sien si j'avais le temps de dire ce que je pense de cet impertinent ouvrage . Mais un cultivateur, un maçon et le précepteur de Mlle Corneille et le vengeur d'une famille accablée par des prêtres n'a pas le temps de parler de romans .

Voici pourtant , mes amis, une petite réponse que j'ai eu le temps de faire à M. Deodati 2. Vous me rendrez un important service en la faisant imprimer, en la donnant à tous les journaux 3. Ni M. de Richelieu, ni le prince de Soubise, ni le maréchal de Broglie, ni M. Diderot n'en seront fâchés . J'estime qu'il conviendrait assez que M. d'Aquin imprimât dans son hebdomadaire 4 cette petite réponse et qu'il en envoyât des exemplaires à tous les intéressés . En voici deux exemplaires, l'un pour M. Deodati, l'autre pour M. d'Aquin .

Mille remerciements encore une fois . Joue-t-on Tancrède 5? Joue-t-on Le Père de famille 6? O mon cher frère Diderot je vous cède la place de tout mon cœur et je voudrais vous couronner de lauriers . Mon ancien ami Thiriot saura que Daumart mon parent n'a point la vérole . J'ai de l'admiration pour M. Bagieu, il a deviné tout ce que Tronchin a vu et tout ce qu'il a dit . N'aurai-je point la feuille 7 contre M. Le Brun, contre Mlle Corneille, et contre moi ?

J’ai envoyé à M. Jannel le Pallade 8 du roi pour M. Capperonnier, bibliothécaire 9. J'ai écrit à l'un et à l'autre .

Ainsi M. Thieriot peut m'envoyer le roman Popelinière 10 qui me fera sans doute plus de plaisir que celui de Jean-Jacques .

Au château de Tournay 25 janvier [1761] »

1 La Nouvelle Héloïse ; voir lettre du 22 janvier 1761 à d'Olivet : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/01/23/manu-carole-frere-et-soeur-de-coeur.html

3 Elle fut en effet réimprimée dans le Journal encyclopédique, Bouillon, 1er février 1761, I, 3, 89-98 .

5 La pièce fut représentée le 26 janvier 1761, puis il y eut une série de représentations du 7 mars au 25 avril .

6 Pièce jouée le 18 février 1761, elle n'eut que sept représentations .

9 Capperonnier était conservateur de la Bibliothèque du roi .

10 Roman de Alexandre-Joseph Le Riche de La Popelinière : Daïra, 1760 : http://books.google.be/books?id=kloGAAAAQAAJ&printsec...

http://www.memo.fr/Dossier.asp?ID=431