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19/08/2021

J'ai trouvé des passages charmants et originaux

... et c'est le moins que je puisse dire à la lecture de l'oeuvre voltairienne, en particulier les pièces choisies et mises en ligne par Mam'zelle Wagnière-LoveVoltaire , qu'elle en soit remerciée chaleureusement  .

 

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Il y a onze ans passés

 

« Au comte Giorgio di Polcenigo e Fanne

[Château de Ferney, près de Genève, 28 mai 1766 1

Je prends l'avantage de la présence de porteurs de lettres fidèles, vos concitoyens, pour vous dire que je me suis fait lire le petit poème du comte Nolini 2, et les autres qui le suivent, que vous m'aviez fait l'honneur de m'envoyer . J'ai trouvé des passages charmants et originaux dans ces agréables pièces héroï-comiques . Permettez-moi de vous dire tout simplement qu'en de telles matières les citoyens du Frioul n'ont pas à envier à la Seine, et à la Tamise leur Boileau et leur Pope .]

1 Figure dans l'édition Quirico Viviani, Lettere inedite d'illustri frulani del secolo XVIII o scritte da altri celebri a personnaggi friulani, 1826 . Le texte donné par cette édition est un texte français retraduit d'une traduction italienne contemporaine ( à voir à la bibliothèque d'Udine) . Une autre traduction italienne est conservée à la bibliothèque communale de Côme . On a ici retraduit la version anglaise de Th. Besterman .

il y a deux ans que je ne sors plus de ma chambre, et c’est beaucoup que je sorte de mon lit

... Ô  grand virus ! que ta puissance est grande !

Mais, sacré nom de Zeus, le vaccin va te mettre la pâtée .

Humour et ironie – Covid 19 (MAJ régulières) | Rassemblement autour du doux

Avant la fin de l'été, j'espère

 

 

« A Cosimo Alessandro Collini, Secrétaire

intime et Historiographe de S . A. E.

Mgr l’Électeur palatin

à Manheim

Voici le temps, mon cher ami, où j’éprouve les regrets les plus vifs. Mon cœur me dit que je devrais être à Schwetzingen, et aller voir tantôt votre belle bibliothèque, tantôt votre cabinet d’histoire naturelle 1. Mais il y a deux ans que je ne sors plus de ma chambre, et c’est beaucoup que je sorte de mon lit. La fin de ma vie est douloureuse ; ma consolation est dans les bontés de monseigneur l’électeur dont je me flatterai jusqu’au dernier moment.

Il y a longtemps que vous ne m’avez écrit. Votre bonheur est apparemment si uniforme, que vous n’avez rien à m’en apprendre de nouveau. Votre cour est gaie et tranquille . Il n’en est pas de même à Genève. Votre auguste maître sait rendre ses sujets heureux, et les Genevois ne savent pas l’être ; il est plaisant qu’il faille trois puissances 2 pour les accommoder au sujet d’une querelle d’auteur. Leurs tracasseries m’ont amusé d’abord, et ont fini par m’ennuyer.

Adieu, mon ami ; portez-vous mieux que moi, et aimez-moi.

V.

A Ferney 28è mai 1766.3 »

1 V* a d'abord dicte cabinet de physique .

2 La France, Berne et Zurich .

3 L'édition Collini donne une version incomplète et peu soignée . L'original porte la mention « f[ran]co Canstat »

Ce billet est très bref ; mais à grands seigneurs peu de paroles

... Chers lecteurs, je n'ajoute qu'une chose : vous êtes tous, à mes yeux, de grand.e.s seigneur.e.s  .

 

« A César-Gabriel de Choiseul, duc de Praslin

26è mai 1766 à Ferney

Sextus Pompée 1 était secrétaire d’État de la marine, par conséquent il a droit de s'adresser à Mgr le duc de Praslin, mais le paquet est bien gros, et probablement bien ennuyeux, et je ne veux pas ennuyer mon protecteur .

Qu'il lise , ou qu'il ne lise pas ce fatras, je le supplie de vouloir bien l'envoyer à mes anges . Je lui présente mon très rendre et très profond respect .

V.

Ce billet est très bref ; mais à grands seigneurs peu de paroles . »

18/08/2021

le peu qu'on en lit excite l'indignation

... Tel est l'avis de la gauche politicienne et de quelques autres donneurs de leçons bienheureux de n'avoir rien à décider et de laisser quelqu'un d'autre s'exposer, à savoir le président Macron qui dit tout haut ce que pense en réalité le monde des Tartuffe : https://www.valeursactuelles.com/politique/il-fait-honte-...

Combien de ces inquisiteurs indignés sont prêts à ouvrir leurs portes aux migrants ?

 

 

« A Paul-Claude Moultou le fils

à Genève

26è mai 1766

Mon cher philosophe, il faudrait être aussi sot que Vernet pour lire tout son livre 1. Mais le peu qu'on en lit excite l'indignation . Il mériterait d'être puni publiquement de ce qu'il a écrit très obscurément, et tout vieux que je suis je pourrais bien faire un exemple 2.

Je vous demande en grâce de n'avoir point à vous reprocher d'avoir acheté cet indigne fatras . Je vous supplie très instamment de me mander ce qu'il coûte ; ce sera sûrement plus qu'il ne vaut .

Quand nous ferez-vous l'honneur et le plaisir de venir dans notre retraite ? Vous savez que vous y êtes aimé et estimé autant que nous méprisons les Vernet . Je vous embrasse du meilleur de mon cœur .

V. »

1 Jacob Vernet : Lettres critiques d'un voyageur anglais sur l'article du Dictionnaire encyclopédique, 1766 ; https://books.google.ch/books?id=ffUOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

2 V* se met immédiatement à la rédaction vengeresse paraissant sous le titre de Lettre curieuse de M. Robert Covelle […] à la louange de M. le professeur Vernet , 1766 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome25.djvu/501

17/08/2021

J'aurai l'honneur de vous en dire davantage une autre fois

... Un temps de réflexion .

Motus .

Mo-mo-motus

Pas de boule noire perdante !

 

 

« A Jacques Lacombe

Quai de Conti

à Paris

26è mai 1766 1

Je vois bien monsieur, que vous n'avez point renoncé au barreau puisque vous voulez avoir la bonté de plaider ma cause, mais je pense qu'il ne faudra nommer ni le nom du plaideur ni celui de l'avocat . Le dictionnaire que vous avez en trois cent huit pages 2 n'est pas le bon . La dernière édition est en deux volumes de plus de trois cents pages chacun . Si on ne vous en apporte pas un exemplaire chez vous, je vous en ferai tenir deux par le sieur Boyard de Forterre, négociant à Auxerre 3. Je vous ferai tenir incessamment l'ouvrage dont je vous ai parlé . Je n'y ai aucune part que d'y avoir fait quelque notes et quelques corrections ; mais je prendrai beaucoup de part à la reconnaissance qu'on vous devra . J'aurai l'honneur de vous en dire davantage une autre fois . »

1 L'édition de Kehl suivie des éditions n'imprime pas cette lettre mais, à sa place , datée du 26 mai ,met la lettre du 25 juin 1766 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1766/Lettre_6354

2 On ne connait pas d'édition de ce type ; on peut imaginer que 308 est mis pour 328, ce qui pourrait correspondre à peu près à l'édition de Londres, 1764 qui a 324 pages : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626129s/f14.item

3 Peut-être FORTERRE (Pierre-Louis Boyard de), écuyer, conseiller secrétaire du roi. - Commerçant en vins très considérable d'Auxerre... Voir : file:///C:/Users/james/AppData/Local/Temp/Boyard.pdf

16/08/2021

Je suis toujours en peine que quelque malin ne mette le nez dans notre correspondance littéraire, qui est assurément bien innocente

...  La malin est protéiforme : simple hacker bordélique, escroc ou institution gouvernementale , l'espionnage croit à vitesse exponentielle facilité par cette magnifique-merveilleuse-indispensable (sic. sic. sic.) Intelligence Artificielle . Les murs ont désormais des yeux et des oreilles sur le Net , vive le courrier papier !

Que risquent les truands voleurs de données ? Que dit la loi ?  https://www.ssi.gouv.fr/publication/legislation-en-matiere-doutils-despionnage/

Voici ce qui arrive quand on met son nez dans les affaires des autres -

Crime et châtiment

 

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

26 mai 1766 1

Il faut aujourd’hui, mon cher ami, que je vous parle d’une petite négociation typographique. Vous savez peut-être qu’un homme d’esprit, qui était de l’ordre des avocats, s’est mis de l’ordre des libraires. Il a rassemblé quelques morceaux de moi, qu’il a imprimés fort correctement. Je vous supplie de lui donner une marque de ma reconnaissance en lui envoyant une collection complète de mes œuvres.

Si vous avez deux exemplaires de la nouvelle édition avec des notes, à Amsterdam chez Varberg 1765, commençant par ces mots : Où allez-vous monsieur l'abbé 2 , je vous restituerai fidèlement cet exemplaire avec usure . Le libraire en question s'appelle Lacombe et demeure sur le quai de Conti . Il est bon d'avoir des philosophes dans tous les états .

Je suis toujours en peine que quelque malin ne mette le nez dans notre correspondance littéraire, qui est assurément bien innocente . Ayez donc la bonté, pour me rassurer, de m'accuser réception du petit buste d'ivoire, la lettre pour notre cher Élie, celle pour M. Du Molard, la Défense du président de Thou par Boursier et enfin le petit billet ci-joint pour l'avocat libraire .

J'attends de vos nouvelles . Je vous embrasse . Je vous souhaite une meilleure santé que la mienne . »

2 Allusion à l'édition Varberg, Amsterdam 1765, du Dictionnaire philosophique portatif, où ces mots se trouvent au début de l'article - Abbé ; voir : http://www.lechasseurabstrait.com/revue/IMG/pdf/Voltaire_-_Dictionnaire_philosophique.pdf

pour savoir des nouvelles de monsieur l'ambassadeur

... de France, François Richier à Kaboul, comment faire maintenant que les talibans sont de retour , nuisibles comme les nuées de criquets, pillards esclavagistes ? Il va donc falloir leur laisser la bride sur le cou, en attendant que comme tous mauvais fruits, ils pourrissent et soient jetés au ruclon . Combien d'années les Afghans vont-ils les supporter ? Combien vont en mourir ? combien vont fuir ?

On va immanquablement revoir la désolation qui sévissant en 2001 ; pour mémoire : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/voyage-au-coeur-de-la-barbarie_493373.html

Afghanistan : voyage au coeur de la barbarie - L'Express

Retour vers le futur

 

 

« Au chevalier Pierre de

Taulès etc.

à l'hôtel de France

à Genève

A Ferney 23è mai 1766

Le couvent de Ferney a souvent recours à M. le chevalier de Taulès, pour savoir des nouvelles de monsieur l'ambassadeur, s’il est entièrement guéri, s’il mange, s'il digère, s'il dort, s'il se promène . Nous nous intéressons à sa santé plus que tous les Genevois ensemble, dussent-ils en être jaloux . Mme Denis compte avoir l'honneur de le voir dès qu'elle pourra sortir . Pour moi, monsieur, qui n'ai point mis d'habit depuis trois mois, je suis privé du plaisir de remplir mes devoirs . Vous savez combien il me serait doux de profiter de vos moments de loisir, et de puiser dans vos conversations des connaissances nouvelles . Ne doutez pas des sentiments respectueux que je conserverai pour vous toute ma vie .

V. »