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05/09/2022

Nous partons, nous marchons de montagne en abîme

... Pendant que des centaines, et même milliers d'humains disent cela sur notre territoire, que font nos ministres dotés de logements luxueux ? https://www.francetvinfo.fr/france/ile-de-france/val-de-m...

 

 

« A Jacques Lacombe, Libraire

Quai de Conti

à Paris

20è mars 1767

Comme vous êtes beaucoup plus homme de lettres que libraire, monsieur, vous vous serez aisément aperçu d'une grosse sottise de ma façon ( page 8 ) . Cette sottise est géographique .

Nous partons dans la nuit, nous traversons le Phase

Elle affronte avec moi les glaces du Caucase.

Le Phase est à plus de cent lieues d'Ecbatane . Sozame lui tourne le dos aussi bien qu'au Caucase en allant vers l'Oxus .

Pour ne pas contrister M. d'Anville 1, MM. de Lisle, Buache et Vaugondy, voici comme j'ai corrigé ces deux vers

Nous partons, nous marchons de montagne en abîme,

Du Taurus escarpé nous franchissons la cime 2.

Vous devez avoir reçu la pièce des mains de M. Marin, et des corrections par la poste .

Je vous prie de tenir prêts trois exemplaires en maroquin pour M. le duc de Choiseul, Mme la duchesse de Gramont et M. le duc de Praslin . Il en faudra trois ou quatre en veau pour d’autres personnes .

Je vous prie de me mander comment et à qui vous avez adressé l'Histoire d'Italie . Vous savez qu'il n'y a nulle communication de Lyon à Genève .

Je finis toujours par l'amitié, et jamais par les compliments . »

1 Autre géographe du temps Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville ; voir : https://data.bnf.fr/fr/see_all_activities/15240877/page1

et : https://danville.hypotheses.org/

2 Les Scythes, I, sc. 3 .

04/09/2022

Il faut au moins parmi les variantes corriger cette balourderie ou, pour le mieux, mettre un carton

... rouge à Jean-Luc Mélenchon, ce va-t-en guerre abrutissant et complètement imbécile ; il devient vraiment puant d'orgueil et se prend pour un chef de guerre influant ; lui qui n'est pas même chef de sa basse-cour n'est qu'un harangueur de foire, un boni-menteur , un pousse-au-crime de la veine des meneurs de la Terreur de triste mémoire : https://www.ladepeche.fr/2022/09/03/a-la-braderie-de-lill...

 

 

 

« A Gabriel Cramer

Voici bien une autre sottise dans Les Scythes (page 12) . On s'est mépris d'environ cent cinquante lieues en faisant dire à Sozame ces deux vers-ci :

Nous partons dans la nuit, nous traversons le Phase

Elle affronte avec moi les glaces du Caucase.

Il faut au moins parmi les variantes corriger cette balourderie ou, pour le mieux, mettre un carton . Parce que si cette balourderie 1 ou balourdise tombe dans les mains de M. Abauzit 2, ou de M. Buache 3, ou de M. de Lisle 4, ou de M. de Vagondy 5, je suis perdu sans ressource . J'implore donc l’agrément d'une variante ou le secours d'un carton . Voici les deux vers substitués :

Nous partons, nous marchons de montagne en abîme,

Du Taurus escarpé nous franchissons la cime 6.

Mme Denis est toujours dans son lit, nous ne savons quand nous jouerons . On n'a jamais fait avec une tragédie .

Mercredi au soir [18 mars 1767]. »

1 Balourderie n'est pas attesté, le mot provient d’une contamination plaisante avec étourderie, que V* a aussi en tête .

2 Firmin Abauzit , géographe, qui meurt le 30 mars 1767 : https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article7479

Voir : https://data.bnf.fr/fr/12171111/firmin_abauzit/

3 Philippe Buache, géographe qui succéda à de Lisle à l'Académie des Sciences . Voir : https://data.bnf.fr/fr/12454137/philippe_buache/

et : https://www.persee.fr/doc/dhs_0070-6760_1971_num_3_1_963

5 Il s'agit sans doute de Gilles-Robert de Vaugondy qui est mort l'année précédente, ce que V* ignore sans doute . Mais ce pourrait être son fils Didier qui fut aussi un géographe connu .

Voir : https://data.bnf.fr/fr/12380752/gilles_robert_de_vaugondy/

et : https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/706493

et voir : https://data.bnf.fr/fr/12380757/didier_robert_de_vaugondy/

et : https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/512569

6 Les Scythes, I, sc. 3 .

03/09/2022

je n’avais jeté sur le papier que des notes informes, de simples indications pour me faire souvenir de ce que je dois dire quand vous m’aurez envoyé le reste

... Pap  Ndiaye dixit [ou aurait pu le dire], à qui on rappelle la réalité du terrain, bêtement occultée par une tentative de mensonge ministériel : "La rentrée s'est bien passée, dans de bonnes conditions (...), c'est un sujet de satisfaction et de fierté", a-t-il indiqué depuis une école de Toulouse . C'est de l'auto-satisfaction puissance dix, de l'incompétence et de l'imbécilité puissance cent . Si de telles conditions réelles sont dites  "bonnes", je n'ose imaginer quand elles seront déclarées mauvaises . Ce ministre se contente de peu, mouche du coche en plus .

https://www.bfmtv.com/societe/education/pap-ndiaye-se-dit...

La « refondation » Ndiaye : en débattre ou la combattre ? - SNUDI-FO 53

 

 

 

« A Augustin Marie, marquis de Ximénès

18è mars 1767

Je vous ai déjà mandé, monsieur le marquis, que je n’avais jeté sur le papier que des notes informes, de simples indications pour me faire souvenir de ce que je dois dire quand vous m’aurez envoyé le reste. Si vous ne me l’envoyez pas, que puis-je faire ? Rien. Je sais bien que Racine est rarement assez tragique ; mais il est si intéressant, si adroit, si pur, si élégant, si harmonieux ; il a tant adouci et embelli notre langue, rendue barbare par Corneille 1, que notre passion pour lui est bien excusable. M. de La Harpe est tout aussi passionné que nous ; il s’indigne avec moi qu’on ose comparer le minéral brut de Corneille à l’or pur de Racine.

Vous savez qu’il a répondu à l’abbé de Rancé, et que l’épître du moine vaut beaucoup mieux que l’épître de l’abbé. Je présume qu’il vous a envoyé les corrections nécessaires qu’il a faites à ce bel ouvrage. Je me flatte que vous en ferez faire plusieurs copies, pour l’édification de ceux qui aiment la raison et les vers.

Si vous n’avez vu les Scythes que dans l’édition des Cramer, vous n’avez point vu la pièce. Je la corrige tous les jours, et j’y ai fait plus de cent vers nouveaux ; on n’a jamais fini avec une tragédie. Il est beaucoup plus aisé de faire toute l’histoire de Rollin qu’une seule pièce de théâtre. Je ne sais si on jouera les Scythes avant ou après Pâques et si même on les jouera jamais. J’ai fait cette pièce pour m’amuser, et pour la jouer à Ferney. Si elle peut servir à faire gagner quelque argent aux comédiens de Paris à la bonne heure. Nous fermons notre théâtre à Ferney tant que Mme la dauphine sera en danger. Je vous assure pourtant que je ne crois pas qu’elle meure ; et ma raison, c’est que les médecins l’ont condamnée.

Adieu, monsieur ; mille tendres respects du meilleur de mon cœur.

V. »

 

1 Certains estiment que c'est là un des plus injustes et des plus faux jugements de V* sur Corneille .

02/09/2022

tel qu’il est, il inspire la pitié et la conviction.

... N'oublions pas Franck Terrier : https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/attentat...

 

 

«  A Etienne-Noël Damilaville

18è Mars 1767

Voici, mon cher ami, une réponse à M. de Beaumont. Son mémoire réussit beaucoup. S’il avait conservé ce bel épiphonème 1 : Vous n’avez point d’enfants ! il aurait réussi davantage ; mais, tel qu’il est, il inspire la pitié et la conviction.

On dit qu'on juge le procès d'Obéide le 23 . J'espère que Mme la dauphine gagnera le sien . Elle est condamnée par les médecins, elle vivra .

On me parle d'une lettre de l'abbé Mauduit ; je ne sais ce que c'est .

Je vous embrasse tendrement . É L .

Voici une réponse d’un moine à une héroïde de l’abbé de Rancé , 2. Le moine vaut mieux que l’abbé. C’est, à mon gré, le meilleur ouvrage de M. de La Harpe. Faites en faire tant de copies qu’il vous plaira, et ensuite ayez la bonté d’envoyer cet exemplaire, avec la lettre ci-jointe, à M. Barthe, secrétaire de l’abbé de La Trappe. »

1 C'est « une sorte d'exclamation sentencieuse par laquelle on termine un récit . » Littré .

01/09/2022

J’imagine que rien ne sera décidé qu’après Pâques

... Comme il est d'usage quand , en  France, on traite une affaire urgente touchant les mesures pour réguler nos dépenses .

 

 

« A Jean-Baptiste-Jacques Élie de Beaumont

Avocat au parlement

à Paris

Je doute fort, mon cher Cicéron, que le conseil de Berne ajoute rien à la modique pension qu’il fait aux Sirven ; c’est beaucoup s’il la continue. M. Seigneux de Correvon 1, à qui vous écrivez, ne peut nous être d’aucun secours ; il n’a que sa bonne volonté.

Je sens bien que la réconciliation du premier président 2 avec le parlement de Toulouse peut nous être défavorable ; mais j’espère que le conseil ne voudra pas se relâcher sur le droit qu’il a de prononcer des évocations que la voix publique demande, et que l’équité exige. Les conseillers d’État et les maîtres des requêtes paraissent penser unanimement sur cette affaire. Votre mémoire vous fait beaucoup d’honneur . Il a consolé ce pauvre Sirven. Je vous l’enverrai dès que le tribunal qui doit le juger sera nommé. Cinq années de désespoir ont un peu affaibli sa tête ; il ne répondra peut-être qu’en pleurant ; mais, après votre mémoire, je ne sais rien de plus éloquent que des pleurs.

M. Seigneux de Correvon voulait l’engager à faire travailler M. Loiseau ; vous pensez bien qu’il n’en fera rien. J’imagine que rien ne sera décidé qu’après Pâques. J’exécuterai tous vos ordres ponctuellement, et au moment que vous prescrirez.

Bien des respects à madame de Canon 3.

18è Mars 1767. »

2 Bastard. .

3 Madame Élie de Beaumont. .

31/08/2022

Il n'est pas permis à un bon sujet de se donner des plaisirs quand la cour est dans les alarmes

... A quoi va servir ce nouveau bidule mis au jour par notre président omniprésent et omniscient ?

https://www.ladepeche.fr/2022/08/30/conseil-de-defense-en...

 

 

 

« Au chevalier Jacques de Rochefort d'Ally

16 mars [1767]

Je vous dois depuis longtemps une réponse, mon cher ami . J'amusais mes maux et ma décrépitude en faisant jouer Les Scythes à Ferney ; mais , sur la nouvelle de l'état de Mme la dauphine, nous avons tout interrompu . Il n'est pas permis à un bon sujet de se donner des plaisirs quand la cour est dans les alarmes et peut-être dans le deuil .

Je vous supplie de faire mes tendres compliments à M. de Chennevières .

S'il y a quelque chose de nouveau, ayez la bonté de nous le mander . Nous prions la […] de se souvenir toujours de nous . »

L’histoire et la bibliographie sont son fait ; mais on risque avec cela de mourir de faim, si on n’a pas quelque chose d’ailleurs

... Ce ne sont pas les professeurs qui sont en ordre de marche actuellement qui diront le contraire, hélas !

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

À Ferney, ce 16 mars 1767

Votre lettre du 2 de mars, monseigneur, m’étonne et m’afflige infiniment. Mon attachement pour vous, mon respect pour votre maison, et toutes les bienséances réunies, ne me permirent pas de vous envoyer une pièce de théâtre le jour que j’apprenais la mort de Mme la duchesse de Fronsac. Je vous écrivis 1, et je vous demandai vos ordres. Voici la pièce que je vous envoie. Il se sera passé un temps assez considérable pour que votre affliction vous laisse la liberté de gratifier votre troupe de cette nouveauté, et que vous puissiez même l’honorer de votre présence.

M. de Thibouville va faire jouer à Paris Les Scythes ; c’est une obligation que je lui ai, car c’est une peine très grande, et souvent désagréable, que de conduire des acteurs.

J’ai chez moi actuellement M. de La Harpe et sa femme. Vous n’ignorez pas que M. de La Harpe est un homme de très grand mérite, qui vient de remporter deux prix à notre Académie, par deux ouvrages excellents 2. Il récite les vers comme il les fait . C’est le meilleur acteur qu’il y ait aujourd’hui en France. Il est un peu petit, mais sa femme est grande. Elle joue comme Mlle Clairon, à cela près qu’elle est beaucoup plus attendrissante. Je souhaite que la pièce soit jouée à Paris et à Bordeaux comme elle l’est à Ferney.

La petite Durancy est mon élève. Elle vint, il y a dix ans, à Genève ; c’était un enfant. Je lui promis de lui donner un rôle, si jamais elle entrait à Paris à la Comédie ; elle me fit même, par plaisanterie, signer cet engagement ; il est devenu sérieux, et il a fallu le remplir. Je lui ai donné le rôle d’Obéide. Je ne connais point Mlle Dubois ; je ne savais pas même quelle sorte d’emploi elle avait à la Comédie. Vous savez qu’il y a près de vingt ans que les Fréron me chassèrent de Paris, où je ne retournerai jamais. Vous savez aussi que les pièces de théâtre font mon amusement ; j’en fais présent aux comédiens, et je ne dois attendre d’eux que des remerciements, et non des tracasseries. C’était même pour arrêter toutes les querelles de ce tripot que j’avais fait imprimer la pièce, que je ne comptais pas livrer au théâtre, ainsi que je le dis dans la préface. Enfin la voici avec tous les changements que j’ai faits depuis, et avec les directions, en marge, pour l’intelligence de la pièce, et pour gouverner le jeu des acteurs. Je ne sais si vous serez en état de vous en amuser, mais vous le serez toujours de la protéger. Ces petites fêtes font l’agrément de ma vieillesse. Je vous envoie la pièce dans un autre paquet, et j’annonce sur l’enveloppe le titre du livre afin qu’il puisse servir de passeport.

Je me doutais bien que Galien 3, qui, dans ma tragédie, joue le rôle d’un jeune Scythe, ne jouerait pas dans votre réponse celui d’un futur inspecteur des toiles . Mais vous êtes assez puissant pour lui procurer autre chose. L’histoire et la bibliographie sont son fait ; mais on risque avec cela de mourir de faim, si on n’a pas quelque chose d’ailleurs. Il attend tout de vos bontés. Il travaille toujours beaucoup, et il a déjà plusieurs portefeuilles remplis de bons matériaux sur le Dauphiné, où il voudrait bien aller faire un tour pour voir ses parents près Grenoble, qui n’est pas loin d’ici.

Comme il se connaît en livres rares, il en a acheté un petit nombre de ce genre, et que vous n’avez pas. Il veut vous les offrir ; mais comme ce sont de ces livres sur lesquels on n’entend pas raillerie en France, je ne suis point du tout d’avis qu’il vous les envoie . Il y aurait du danger, et les conséquences en pourraient être fâcheuses . Il vaut mieux qu’il les garde jusqu’à ce que vous m’ayez fait connaître vos ordres sur ces deux derniers articles.

Agréez, monsieur, les sentiments inaltérables du respect et de l’attachement que je conserverai pour vous jusqu’au dernier moment de ma vie.

V. »