12/03/2011
Voila bien une occasion où la voix du peuple est la voix de Dieu
http://www.deezer.com/listen-5803946
Personne n'est irremplaçable ! pas même moi !!

Nous sommes en période de carême , mais pas pour tout, (lorsque nous serons en période de ramadan, je ne manquerai pas de le signaler, pour ne pas me faire taxer de prosélyte chrétien par tous les aigris détenteurs de la seule vrai foi - barbus-poils aux ... doigts - ), je devrais plutôt dire à une époque, une ère de sondages qui ne sont que le reflet de la trouille des politiciens en mal de reconnaissance .
Les gars de la Marine font peur, ou plutôt on cherche à faire peur au vulgum pecus pour qu'il vote "utile" (il y a donc un vote inutile ? ) : ça c'est un bel argument qui vaut mieux qu'un programme réfléchi ! Non ? Enfin, je dis "réfléchi" parce que j'ai un fond idéaliste ; si je veux être réaliste, je dois avouer que je crois que tout programme politique en période électorale doit se faire sur un coin de zinc entre la consultation des résultats de la Bourse et le cochage des bonnes cases pour l'Euromillions .
De l'extrême droite, jusquà l'extême gauche que nous offre-t-on ? Je suis bien en peine de vous le dire à ce jour . Et ça me navre .
Le carême alimentaire ne semble pas être un carême des couillonnades, ceci peut-être pour vérifier le dicton :"à ventre creux, tête vide" .
Un petit coup de gueule contre certains clips TV, avec aujourd'hui une mention particulière pour celui de Michel Drucker en smock blanc dans une limousine de m'as-tu-vu : à vomir . Vu la taille du paquebot, il aurait pu être mis à la place du bouchon de radiateur sans déparer . Je ne regarde plus ses émissions TV qui sont pléthoriques, et qui vous collent d'une manière imbécile sur votre canapé, tout comme ses émissions de carbone vous collent la migraine . Circulez ! y'a rien à voir !!
Le règne de l'humanité s'annonce ... depuis 1763 ..., ça fait un bail mon cher Volti

« A Paul-Claude Moultou
Monsieur le ministre Moultou à Genève
Samedi 12è mars 1763
C'est un vilain jour pour moi, Monsieur, que celui où j'étais à Ferney quand vous me faisiez l'honneur de venir aux Délices ; mais c'est un bien beau jour, malgré la bise et la neige que celui où nous apprenons l'arrêt du Conseil 1, et la manière dont le roi a daigné se déclarer contre les dévots fanatiques qui voulaient qu'on abandonnât les Calas . Nous devons beaucoup à M. le duc de Choiseul, et surtout à M. le duc de Pralin . Le règne de l'humanité s'annonce . Ce qui augmente ma joie et mes espérances, c'est l'attendrissement universel dans la galerie de Versailles . Voila bien une occasion où la voix du peuple est la voix de Dieu . Je parie que vous avez pleuré de joie en apprenant cet heureux succès .
Je vous demande pardon de vous avoir fait lire mes esquisses informes 2, mais je crois vous devoir des prémices, comme un tribut que mon cœur et mon esprit paient au vôtre . »
1 Voir lettre à Jean Ribote-Charron du 12 mars 1763 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2011/03/10/c...
2 Il s'agit sans doute de chapitres de la Philosophie de l'histoire qu'il lui soumet ;
voir lettre du 15 septembre 1764 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/09/15/c...
et juin 1764 :
http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/06/28/t...
La Philosophie de l'histoire par feu l'abbé Bazin : http://www.archive.org/stream/laphilosophiedel01volt#page...
En fin de journée, comme il ne faut pas mourir idiot, j'ai regardé un replay d'émission et vu avec un grand plaisir comment des ministres peuvent se rendre ridicules en pontifiant :

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11/03/2011
Cette assemblée du Conseil d'État du roi à Versailles vaut bien celle de la basoche à Toulouse

Saut dans le temps passé , la comédie musicale/opéra-comique du temps de nos anciens :http://www.deezer.com/listen-8069757
Ah ! ça dépote , même sans micro !!
« A Jean-Ribote-Charron
à Montauban
Aux Délices 12è mars 1763
Mardi 1er mars, le bureau des cassations jugea la requête des Calas admissible .
Lundi 7 mars, les deux semestres du Conseil d'État assemblés, le chancelier y présidant, tous les ministres d'État y assistant 1, il a été ordonné d'une voix entièrement unanime 2, et approuvée par le roi, que le parlement de Toulouse enverrait toute la procédure au Conseil, de plus , qu'il serait tenu d'envoyer les motifs de son jugement .
Cette assemblée du Conseil d'État du roi à Versailles vaut bien celle de la basoche à Toulouse . »
1 « Ce qui n'arrive presque jamais » écrira-t-il le 16 mars en donnant des détails à Ribote-Charron .
2 Même lettre du 16 mars : « La séance du Conseil dura trois heures et un quart, l'affaire fut jugée sur le rapport de M. Mariette, avocat au Conseil ... M. de Crosne , maître des requêtes, rapporteur de l'affaire, parla avec l'éloquence la plus touchante ... Toutes les voix se réunirent ... Le roi a donné son approbation à la décision du conseil ... »
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10/03/2011
vous ne pouvez pécher, mon cher ami, que par excès de bonté

« A Gabriel Cramer
[vers le 10 mars 1759]
Justice est faite : les avoyers, le conseil, les curateurs ont donné l'ordre de saisir tout 1, Grasset est découvert, et ne sera point citoyen de Berne . C'est un malheureux que vous auriez dû faire pendre . Mais vous ne pouvez pécher, mon cher ami, que par excès de bonté . Marc vous salue . Je suis embaumé 2.
V. »
1 Le bailli de Lausanne a écrit le 27 février et le 9 mars au Conseil de Genève que les Curateurs ont ordonné de supprimer La Guerre littéraire et de défendre de la débiter sous peine d'amende, et il lui conseille de faire de même .
Le 12, le Conseil de Genève décide de renvoyer à Lausanne tous les exemplaires qui sont à Genève .
Voir : http://www.voltaire-integral.com/Html/24/15_Requete_Lausa...
2 V* a été déçu par son ami le pasteur Pollier de Bottens dont il dit à Constant d'Hermenches le 26 : « Notre ami de Bottens n'a pas la fermeté que j'attendais de sa mine noble et de sa taille de cinq pieds sept pouces et de son caractère. »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine-No%C3%A9_de_Polier_d...
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09/03/2011
Allons, courage,...mettez la philosophie, l'humanité à la mode
Tout d'abord un appel qui me tient à coeur : devenez donneurs de moëlle osseuse ; c'est vital ;
http://www.bonjour-docteur.com/actualite-sante-mobilisati...
Faites la démarche pour vous incrire auprès de l'Etablissement Français du Sang le plus proche de chez vous (qu'on appelait autrefois Centre de transfusion) . N'oubliez pas que vous avez plus de risque d'avoir besoin un jour de cettre tranfusion que de chance d'avoir à donner ce petit peu de vous-même . Le nombre de donneurs potentiels est encore trop faible en France.
"Allons, courage" comme le dit si bien Volti ...

Ce choix d'illustration en pensant très très fort à B-H L (Bête Hableur Littéraire, vous voyez qui ! ), à qui je souhaite de rester le plus longtemps possible en Lybie . Il en a les moyens . Et questions mirages, il n'a pas besoin d'aller dans le désert pour nous en décrire . Il gâche régulièrement une page du Point, à mon grand dam .
« A Marie-Elisabeth de Dompierre de Fontaine, marquise de Florian
Le 3 mars [1770]
Je vous prie, ma chère nièce, de me faire un très grand plaisir . J'implore surtout l'assistance de M. le grand écuyer de Cyrus i, qui est un homme ingambe et serviable .
J'ai le plus grand et le plus pressant besoin des livres dont vous trouverez la note sur un petit billet . Je ne sais pas où ils se vendent . M. de Florian en allant à la comédie peut aisément les acheter, et donner ordre qu'on me les envoie par les guimbardes de Lyon .
Croiriez-vous qu'un docteur de Sorbonne ii, ami et parent de l'abbé Morellet, professeur d'histoire à Toulouse, enseigne publiquement mon Histoire générale, que tout le parlement vient l'écouter, qu'il l'a fait imprimer pour l'usage des collèges en y retranchant seulement quelques petites libertés philosophiques, qu'un prêtre fanatique l'a brûlée devant sa porte pour faire amende honorable à la Sainte Église , que le premier président l'a fait prendre par deux huissiers et l'a menacé du cachot en pleine audience, que la fille du premier président iii m'a écrit d'assez jolis vers, que Sirven va demander la permission de prendre ses premiers juges à partie iv, que la philosophie expie v au bout de huit ans l'assassinat de Calas ?
Allons, courage, monsieur le Turc vi, monsieur du parlement de Paris vii, mettez la philosophie, l'humanité à la mode . Que fera-t-on pour Martin viii?
J'ai obtenu deux mille écus des créanciers de Durey ix par les bons offices de M. de Beaumont . J'ai marié Mlle Nollet qui l'avait suivi dans tous ses malheurs depuis douze ans, et que l'abbé Nollet, son oncle, reniait comme un beau diable . Durey dans le fond, n'est pas à beaucoup près aussi coupable qu'on le dit . C'est un bon homme très serviable, très faible, qui a fait de très mauvais marchés, et dont le plus grand crime est d'avoir demandé, par écrit, à sa femme, en grâce, de le faire cocu . Je vous jure d'ailleurs qu'il n'a jamais empoisonné personne x.
Avez-vous lu le dernier mémoire d'Elie xi? n'est-il pas bien fort, bien convaincant, bien utile ? La Harpe vous a-t-il récité sa Religieuse xii? avez-vous pleuré ? avez-vous vu l'opéra-comique de Marmontel xiii? Comment vous portez-vous tous tant que vous êtes ? J'ai une enflure à la gorge qui n'est point du tout plaisante au milieu de quarante ou cinquante lieues de neige . Sur ce je vous donne à tous ma bénédiction .
Fr. François, Capucin indigne . »
i Le marquis de Florian qui s'était intéressé au projet de char de guerre « assyrien » de V* en 1756 .
ii L'abbé Audra .
iii Mlle Calliope de Vaudeuil, à qui en réponse il a envoyé un huitain par l'intermédiaire de l'abbé Audra le 10 décembre 1769 .
Voir page 510 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4113622/f513.image....
iv Voir lettre à l'avocat Christin du 11 décembre 1769 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/12/11/1...
v = qui fait expier .
vi L'abbé Mignot qui travaille à une histoire de l'Empire ottoman .
vii Son neveu d'Hornoy .
viii Sur cette affaire d'erreur judiciaire, voir lettre du 28 octobre 1769 à d'Alembert : page 479 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4113622/f482.image....
et du 11 décembre à Christin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/12/11/1...
ix Joseph-marie Durey de Morsan, frère de Mme de Sauvigny, renié par sa famille . V* l'avait pris sous sa protection et provisoirement recueilli chez lui, ce qui avait déplu à Mme Denis .
Voir Durey dans : http://c18.net/dp/dp.php?no=175
x Il était accusé d'avoir empoisonné son père . Mme Denis écrivait de Paris au résident Hennin le 11 septembre 1769 qu'elle « craignait fort ses bouillons ».
xi Le mémoire d'Elie de Beaumont en faveur de Mme Perra , de Lyon accusée injustement d'avoir tué la fille d'une de ses voisines et contre qui on faisait déposer son propre fils de cinq ans et demi .
xii Mélanie, drame publié à Amsterdam en 1770, qui ne sera représenté qu'en 1791 .
xiii Sylvain, représenté la première fois le 19 février 1770.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54738470.r=.langFR et suivants .
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08/03/2011
l'intolérance est si odieuse, qu'elle mérite qu'on lui donne sur les oreilles

OK ! OK!! OK !!!
8 mars Journée de la Femme ou des Femmes (selon vos convictions mono ou pluri-conjugales )
Mais n'en abusez pas , svp ! Et là je parle aux deux camps sexués opposés/ accolés selon les moments .
Comme le dit si bien Volti : "pas d'intolérance" , sinon ...
Et une petite citation pour remettre les pendules à l'heure :

Qu'on ne l'oublie pas ! qu'on se le dise ! qu'on le répète jusqu'à application parfaite .
Mais aussi pourquoi pas ceci :http://www.deezer.com/listen-2802021
Et celà : http://www.deezer.com/listen-4622143
Le choix est large ! Non ?
« A Frédéric II, roi de Prusse
Du 3 mars [1767]
Sire,
J'entends très bien l'aventure des Deux chiens i, et je l'entends d'autant mieux que je suis un peu mordu . Mes petites possessions touchent aux portes de Genève . Tout commerce est interrompu par cette ridicule guerre ii, elle n'ensanglante pas encore la terre, mais elle la ruine . Vos chiens répondent très pertinemment à nos héros français et bernois . Il est certain que si les animaux raisonnaient avec les hommes ils auraient toujours raison, car ils suivent la nature, et nous l'avons corrompue .
A l'égard du Violon iii, je crains de n'entendre pas le mot de l'énigme. Est-ce le roi de Pologne, qui, ne pouvant pas lui-même venir à bout de ses évêques, s'est voulu secrètement appuyer de Votre Majesté, de la Russie, de l'Angleterre, et du Danemark, et qui n'est actuellement appuyé que de la Russie ? Est-ce l'impératrice de Russie, qui soutient seule à présent le fardeau qu'elle avait voulu partager avec trois puissances ?
Il me parait que je tourne autour du pot de l'énigme ; mais je peux me tromper ; vous savez que je ne suis pas grand politique .
Votre alliée l'impératrice a eu la bonté de m'envoyer son mémoire iv justificatif, qui m'a semblé bien fait . C'est une chose assez plaisante, et qui a l'air de la contradiction, de soutenir l'indulgence et la tolérance les armes à la main ; mais aussi l'intolérance est si odieuse, qu'elle mérite qu'on lui donne sur les oreilles . Si la superstition a fait si longtemps la guerre, pourquoi ne la ferait-on pas à la superstition ? Hercule allait combattre les brigands, et Bellérophon les Chimères ; je ne serais pas fâché de voir des Hercule et des Bellérophon délivrer la terre des brigands et des Chimères catholiques .
Quoiqu'il en soit, vos deux contes sont bien plaisants ; votre génie est toujours le même, votre raison supérieure est toujours ingénieuse et gaie . J'espère que Votre Majesté daignera m'envoyer quelque nouveau conte sur la folie de ne vouloir pas qu'un prince afferme son bien lorsqu'il est permis au dernier paysan d'affermer le sien : cela ne me parait pas juste, et mérite assurément un troisième conte .
J'ai eu l'honneur de vous parler, dans ma dernière lettre, du nommé Morival v, cadet dans un de vos régiments à Vesel ; c'est un jeune homme très bien né, et dont on rend de fort bons témoignages . Est-il convenable qu'il ait été condamné à être brûlé vif chez des Picards, pour n'avoir pas salué une procession de capucins, et pour avoir chanté deux chansons ? L'inquisition elle-même ne commettrait pas de pareilles horreurs . Pour peu qu'on jette les yeux sur la scène de ce monde, on passe la moitié de sa vie à rire, et l'autre moitié à frémir .
Conservez moi, Sire, vos bontés, pour le peu de temps que j'ai encore à végéter et à ramper sur ce malheureux et ridicule tas de boue. »
i La fable intitulée Les deux chiens et l'homme qu'on trouve dans les Oeuvres posthumes de Frédéric II, roi de Prusse .
Page 50 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2014845/f52.image.r...
ii Les « querelles de Genève » pour lesquelles le roi de France intervient et ordonne un blocus qui gène davantage les frontalierqs français que les Genevois.
iii Conte Le Violon page 48 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2014845/f50.image.r...
Les pays appelés à l'aide par le roi de Pologne étant les cordes du violon .
iv Manifeste sur les dissensions de Pologne, de Catherine II , envoyé à Voltaire le 9 janvier 1767 ; cf. lettres 9 et 10 : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-35175925.html
A cette époque se déroule l'affaire des dissidents. Il s'agit d'un groupe de la noblesse polonaise non catholique qui réclame du roi Stanislas-Auguste les lois égales à celles de tout noble catholique. Le roi, menacé par Rome de la rupture avec l'Eglise, est réticent. Les dissidents, de leur côté, sont soutenus par Catherine II qui présente cette affaire comme une intolérance flagrante de l'état polonais. Voltaire, sans bien connaître la situation, séduit par la rhétorique de Catherine, s'engage de son côté pour convaincre tout le monde que l'intervention militaire russe en Pologne est nécessaire.
Il écrira alors La Lettre sur les panégyriques, http://fr.wikisource.org/wiki/Lettre_sur_les_pan%C3%A9gyr...
« Vous voulez, monsieur, prononcer dans votre Académie le panégyrique de l’impératrice de Russie ; vous le pouvez... »
l'Essai historique et critique sur les dissensions des églises de Pologne : http://www.voltaire-integral.com/Html/26/23_Eglises_Polog...
et le Sermon prêché à Bâle ; voir note 109 : http://www.voltaire-integral.com/Html/26/34_Sermon.html...
v D'Etallonde de Morival, -condamné avec le chevalier de La Barre ,- mais qui a pu fuir, et que V* protège .
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07/03/2011
Le fond de mon amitié pour lui n'a point été altéré par les violents chagrins qu'il m'a causés
Amitiés particulières de Serge Lama , chanson que je ne connaissais pas :
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Un peu d'amour et d'amitié :
http://www.deezer.com/listen-2423099

Dans le domaine de l'amitié, Volti me laisse pantois par sa fidèle amitié à la limite du déraisonnable , et avec la plus grande sincèrité .
"Est-il possible que nous ne ferons du bien que dans les pays étrangers !"
Là, Volti pense aux intellectuels, à ceux qui travaillent pour la vérité et le bon goût, les Lumières qui éclairent l'Europe, et, par là, le monde de ce temps .
De nos jours j'applique cette citation aux efforts sans fin, nécessaires au soulagement des misères de pays parfois lointains .
Et terrible dilemme, comment aider ces pays et résoudre dans le même temps les problèmes de la pauvreté sur notre territoire ?
Comment donner le beurre et l'argent du beurre ?
De quel côté de la tartine se retrouve le clochard, celui qui doit encore et encore faire appel aux Restos du Coeur ? Comment faire du bien partout ?

Est-il possible que nous ferons du bien partout ?
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Rendez-vous, à Lyon ? http://www.deezer.com/listen-7311007
Oui, la harpe ...
« A Jean Le Rond d'Alembert
6è mars 1768, à Ferney
Jugez, mon très cher philosophe, si j'ai envie de faire du tort à M. de La Harpe, et si j'ai mérité qu'il m'en fît i. J'écrivis à monsieur le contrôleur général pour les affaires du pays de Gex au commencement du mois d'août . Je pris cette occasion pour le prier d'accorder à M. de La Harpe la moitié d'une ancienne pension que j'ai, et dont je n'avais point sollicité le paiement depuis le commencement de la guerre, et même depuis la paix . Monsieur le contrôleur général me répondit sur les affaires du pays, et non sur M. de La Harpe ; mais il dit à M. de Boullongne ii qu'il lui ferait accorder une gratification . M. de Boullongne me le manda par sa lettre du 14 août, et j'en ai toujours gardé le secret à M. de La Harpe jusqu'au jour de son départ .
Il sait qu'en envoyant à M. le duc de Choiseul son Éloge de Charles V,iii je lui représentai le mérite et le peu de fortune de l'auteur . Il sait que sur le champ M. le duc de Choiseul eut la générosité de lui donner une pension . Je suis toujours dans la même résolution par rapport à la pension sur le roi que je voulais lui faire partager . Le fond de mon amitié pour lui n'a point été altéré par les violents chagrins qu'il m'a causés .
Tronchin iv, procureur général de la petite république ma voisine, fut assailli hier au soir à la porte de sa maison par plus de cinq cents personnes, dont plus de la moité criait qu'il fallait le mettre en pièces. Les commissaires du peuple eurent beaucoup de peine à le tirer de leurs mains, et le firent garder toute la nuit par cinquante bourgeois . Il n'y a plus là de plaisanterie . Voyez combien il est cruel que le chant v où il est question des Tronchin très mal voulus à Genève paraisse pendant des mouvements si violents .
Si M. de La Harpe avait eu assez d'amitié pour moi pour m'avouer au moins dans son premier voyage à Paris qu'il avait emporté ce manuscrit de ma maison, qu'il vous l'avait donné à vous, à M. de Rochefort, à M. Dupuits et à une autre personne, il aurait prévenu le désagrément que j'éprouve . Je l'aurais conjuré de prier ceux à qui il avait donné cette plaisanterie devenue si dangereuse, de n'en point donner de copie . Ces balivernes sont d'ailleurs fort insipides pour Paris qui ne se soucie point du tout de Genève, et très désagréables pour moi dans le pays que j'habite . Mais M. de La Harpe, au lieu de réparer le mal qu'il avait fait , m'écrivît de sa chambre à la mienne une lettre fort dure dans laquelle il m'insultait sans se justifier vi. Je ne lui ai fait à son départ aucun reproche ni sur ses procédés envers moi, ni sur sa lettre . Voilà où nous en sommes .
Je l'avais chargé en partant d'un paquet pour vous dans lequel il y avait une partie des choses que vous demandiez vii, et une lettre pour vous dans laquelle je vous rendais un compte succinct de cette aventure, et que je vous priais même de lui montrer .
Je suppose que vous avez reçu le tout et que vous en aurez fait l'usage que vous aurez cru convenable .
Je vous réitère encore que j'oublie entièrement cette petite imprudence de M. de La Harpe qui m'a été si préjudiciable ; que je lui rendrai tous les services qui dépendront de moi ; que ma grande passion est que je veux que ceux qui cultivent les beaux-arts avec succès soient tous unis, et qu'il faut oublier tous les sujets de plainte en faveur de la vérité et du bon goût dont ils doivent être les soutiens . Est-il possible que nous ne ferons du bien que dans les pays étrangers !
Je vous embrasse avec douleur, et avec la plus vive amitié .
V. »
i Pour les torts de La Harpe, voir les lettres
du 1er mars à Mme Denis :
http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/03/05/5...
et du 2 mars à Damilaville :
http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/03/02/i...
ii Intendant des finances . On accorda 50 louis à La Harpe .
M. de Boullongne : voir page 20 : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/be...
iii Éloge de Charles V, roi de France, discours qui a remporté le prix de l'Académie française en 1767, par M. de La Harpe . Voir note 18 : http://www.ville-ge.ch/bge/imv/gazette/26/a_propos.html#_...
iv Jean-Robert Tronchin-Boissier .http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Robert_Tronchin
Une élection de syndics avait été programmée pour le 5 mars et il y eut une sorte d'émeute . Les Représentants refusaient notamment l'obligation d'élire les syndics parmi les membres du Petit-Conseil . Plusieurs mois auparavant, ils avaient « jeté dans quelques boutiques des billets portant qu'on pendra les Négatifs (patriciens réactionnaires) avec les boyaux des Tronchin. »
v Le deuxième chant de La Guerre civile de Genève, que La Harpe avait volé à V* et répandu dans Paris pendant son séjour à l'automne 1767.
http://www.voltaire-integral.com/Html/09/09GUERCI.htm#CHANT DEUXIÈME
vi Le 11 avril, à d'Alembert : « Vous m'alléguez que vous ne l'avez donné à personne (le 2è chant), je vous crois, mais quelle raison auriez-vous de ne pas me croire lorsque je vous dis que c'est à Paris qu'on me l'a donné ? ... Ce n'est pas un homme lié avec vous qui a du être le plus empressé à posséder ce manuscrit ... Si vous faisiez de moi des plaintes qui me fussent injurieuses, vous me forceriez d'avoir avec vous une sorte de procès public. »
vii Sans doute les dernières brochures que d'Alembert réclamait entre autre pour Boullongne .
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06/03/2011
voici le temps d'imprimer séparément cette pièce , de laquelle vous pourrez tirer un profit assez honnête
« A Georg Conrad Walther
libraire du roi à Dresde .
A Potsdam ce 6 mars [1752]
J'ai reçu votre paquet, mon cher ami . Vous pouvez être sûr que M. de Francheville fera toutes les choses que vous lui recommanderez . J'attends les trois cartons que vous m'avez promis . Vous aurez avant qu'il soit peu le grand ouvrage dont je vous ai parlé i, mais en attendant je suis bien aise de vous dire que la tragédie de Catilina ou Rome sauvée vient d'avoir à Paris un des plus heureux succès que j'aie jamais eus au théâtre ii et que ainsi voici le temps d'imprimer séparément cette pièce iii, de laquelle vous pourrez tirer un profit assez honnête . Voyez si vous voulez y ajouter le Catilina de Crébillon . Ces deux pièces de comparaison pourraient piquer la curiosité du public surtout lorsqu'elles seraient accompagnées de quelques remarques curieuses .
On pourra vous envoyer le tout avec une préface historique et critique . Cela pourrait faire un petit volume qui serait de défaite iv.
Au reste vous pourriez, tant pour l'emballage des ballots qu'on vous a fait tenir que pour la peine de ceux qui ont fait les remarques sur Catilina et autres menus frais et déboursés nécessaires, envoyer la somme de 100R v payable sur quelque banquier de Berlin . Cela ne vous gênerait pas beaucoup et paierait à peine les frais d'autant plus que de 1500 écus auxquels vous vous étiez accordés pour le Siècle de Louis XIV, on s'est contenté de 1400 vi. Ainsi vous aurez Rome sauvée absolument pour rien . C'est sur quoi nous attendons votre réponse . Si vous avez l'histoire chronologique de l'abbé Lenglet du Fresnoy vii, en deux tomes, vous me ferez plaisir de me l'envoyer sans délai . J'en ai un besoin pressant .
Je suis entièrement à vous, mon cher Walther, et vous embrasse de tout mon cœur .
Voltaire . »
i Le 15 janvier, V* va envoyer de quoi faire sept volumes des Œuvres complètes, et il lui annonçait pour le mois de juin « le La Fontaine pour premier auteur classique » de la série d'éditions commentées qu'il projette de faire( sans suite) ajoutant qu'il « ne ferai pas attendre pour le reste » ; ce reste est sans doute ce dont il s'agit bien qu'il continue à corriger Le Siècle de Louis XIV en tenant compte des critiques et documents qu'on lui envoie .
Voir aussi : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-le-siecle-de-lo...
ii A d'autres correspondants, V* parle d'ivresse « passagère du public » à Cideville et d'enthousiasme qui « passe » à d'Argental, les 10 et 11 mars .
Pages 369 et 370 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k800327/f374.image.r...
iii Le 18 mars il annoncera à Walther qu'il faut apporter des corrections .
iv = qui se débiterait facilement .
v = Reichsthaler . Voir : http://www.ma-shops.com/hoelscher/item.php5?id=90417009&a...
http://encyclo.voila.fr/wiki/Histoire_de_la_monnaie#Du_Th...
vi Ce marché a été négocié en janvier . Le 15, il lui écrit : « (des libraires hollandais) ont écrit à M. de Francheville et lui ont offert dix-huit cents écus de l'édition du Siècle de Louis XIV pour 2400 exemplaires . Vous auriez la préférence ..., on vous donnera les 2400 exemplaires pour 1500 écus, ce qui est à peu près les 500 ducats que vous offrez avec l'honoraire dû à M. de Francheville et au secrétaire » ; le 18 : « Quand M. de Francheville a mis le prix de quinze cents écus à l'édition qu'il vous offre ..., il a fait le compte juste de tout ce que l'ouvrage a coûté ... Cependant, si vous ne voulez pas entrer dans cette considération, on vous laissera les 2400 exemplaires pour quatorze cents écus . »
vii Tables chronologiques de l'histoire universelle de Lenglet du Fresnoy.
Voir par ex. : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k204271w.r=.langFR
et
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2042728.r=.langFR...
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