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22/01/2011

à force de peines et de dépenses

 

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manitas.jpg

 

 

Il n'y en a qu'un, Petites Mains d'Argent, Manitas de Plata , que j'ai eu le plaisir de cotoyer une soirée animée de juin 68 -(eh! oui , même à Montpellier on savait faire la fête, sans beuverie, avec juste ce qu'il faut  )- et que je réécoute quand je veux décoller la pulpe !

 

 

« A Georg Conrad Walther

libraire du roi à Dresde

 

A Berlin ce 22 janvier [1752]

 

J'ai réussi, mon cher Walther, à force de peines et de dépenses à rattraper l'exemplaire i qu'on ii m'avait volé et qu'on avait confié au sieur Lessing, étudiant en médecine à Wittemberg iii. Ainsi je vous épargne tous les mouvements que vous vous seriez donnés iv. Tous les exemplaires sont en ma possession, et en pleine sureté sans en excepter un seul . J'en confierai un si vous voulez à M. Stieven, qui est à Brunswick. C'est un honnête homme et qui est dans un poste de confiance. Je crois que vous serez bien aise d'avoir un aussi habile traducteur. Si vous avez fait quelques démarches auprès du sieur Lessing, regardez-les comme inutiles. J'espère que vous trouverez votre avantage dans le débit de l'original, et dans celui de la traduction. Je vous embrasse.

 

V. »


i Exemplaire du Siècle de Louis XIV.Walther va l'éditer : http://books.google.fr/books?id=LjgHAAAAQAAJ&pg=PR1&a...

ii  « On » = son secrétaire-copiste Richier (de Louvain).

iv Le 18, à Walther, V* demanda de « déterminer » Lessing «  à faire cette traduction » qu'il a entreprise « pour lui sur un exemplaire corrigé, complet et muni d'un grand nombre de cartons... »

 

21/01/2011

Je suis dans mon lit depuis un mois, fort peu instruit de ce qui se passe dans ce monde-ci et dans l'autre

 A Volti, moi, j'accorde le bon Dieu sans confession . Mais qu'il se méfie des anges blonds/blondes fatales  !

Le-Bon-Dieu-sans-confession-1953-1.jpg

 

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

 

21è janvier 1765 à Ferney

 

Mon héros, si vous prenez goût à l'empereur Julien i j'aurai l'honneur de vous envoyer quelque infamie de cette espèce pour éprouver votre foi, et pour l'affermir .

 

Je suis dans mon lit depuis un mois, fort peu instruit de ce qui se passe dans ce monde-ci et dans l'autre . La faiblesse du corps diminue toutes les passions de l'âme . Je ne me sens aucun zèle pour le tripot de la Comédie-Française . Je sens que si j'étais jeune j'aurais beaucoup de goût pour celui de l'Opéra-Comique . On y danse, on y chante, on y dit des ordures ; tous les contes de La Fontaine y sont mis sur la scène, et on m'assure qu'on y jouera incessamment Le Portier des Chartreux ii mis en vers par l'abbé Grizel .

 

Vous croyez bien , Monsieur le Maréchal, que je ne serai pas assez imbécile pour disputer contre vous sur la tracasserie concernant les indignités de la troupe du faubourg Saint Germain iii. Si j'étais un malavisé et un opiniâtre, je vous dirais que votre lettre du 17è septembre iv qui me donnait toute permission, était une réponse à mes requêtes . Je vous dirais que ces requêtes étaient fondées sur des représentations du tripot même, et je vous jurerais que Parme et Plaisance v n'y avaient aucune part . Mais Dieu me garde d'oser disputer avec vous ! Vous auriez trop d'avantage, non seulement comme mon héros et comme mon premier gentilhomme de la chambre, mais comme un homme sain, frais, gaillard et dispos, vis-à-vis d'un vieux Quinze-Vingt malade qui radote dans son lit au pied des Alpes .

 

Le chevalier de Boufflers est une des singulières créatures qui soient au monde ; il peint en pastel fort joliment ; tantôt il monte à cheval tout seul à cinq heures du matin, et s'en va peindre des femmes à Lausanne vi, il exploite ses modèles vii; de là il court en faire autant à Genève, et de là il revient chez moi se reposer des fatigues qu'il a essuyées avec des huguenotes .

 

J'aurai l'honneur de vous dire que je suis si dégoûté des tripots que je me suis défait du mien . J'ai démoli mon théâtre, j'en fais des chambres à coucher et à repasser le linge viii. Je me suis trouvé si vieux que je renonce aux vanités du monde . Il ne me manque plus que de me faire dévot pour mourir avec toutes les bienséances possibles . J'ai chez moi, comme vous savez je pense, un jésuite ix, à qui on a ôté ses pouvoirs dès qu'on a su qu'il était dans mon profane taudis . Son évêque savoyard est un homme bien malavisé, car il risque de me faire mourir sans confession, malheur dont je ne me consolerai jamais . En attendant, je me prosterne devant vous . »

 

 

 

 

i Le 19 décembre 1764, V* lui promettait de lui envoyer la Défense du paganisme par l'empereur Julien en grec et en français avec des dissertations et des notes... par M. le marquis d'Argens, 1764 . Voir page 120 : lettre à Richelieu : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k80037z/f125.image.r...

et : http://books.google.fr/books?id=k-QPAAAAQAAJ&pg=PA75&...

V* publiera lui-même une nouvelle édition de cet ouvrage intitulée Discours de l'empereur Julien contre les chrétiens ... avec de nouvelles notes, 1769 .Voir : http://fr.wikisource.org/wiki/Discours_de_l%E2%80%99empereur_Julien/%C3%89dition_Garnier

ii Histoire de dom N ... portier des Chartreux, œuvre pornographique de J.-C. Gervaise de Latouche, publiée vers 1745 .

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Charles_Gervaise_de_Lat...

iiiConcernant la répartition des rôles à la Comédie-Française . Voir la lettre du 19 décembre sur ce différend avec « le tyran »  Richelieu : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/12/22/l...

iv Est-ce une erreur pour « I septembre » par duplication du 7, la date étant ici notée « 17 7bre » et V* évoque dans sa lettre du 19 décembre une lettre de Richelieu du 1 septembre ?

v A savoir, d'Argental, ambassadeur du duc de Parme, et sa femme . V* soupçonnera « un fou de Bordeaux » nommé Treyssac de Vergy - qui avait parlé en mal de d'Argental dans ses Lettres à Mgr le duc de Choiseul, 1764-, de lui avoir fait du tort auprès du maréchal . Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Henri_de_Treyssac_de_...

vi C'est à peu près ce qu'écrit le chevalier à sa mère vers le 30 décembre 1764 . Il avait fait entre autres « un petit dessin » de V* « pendant qu'il perd une partie aux échecs ».

Voir pages 269-274 : http://books.google.fr/books?id=2_AFAAAAQAAJ&pg=PA269...

vii Réminiscence de J.-B. Rousseau : Épigramme XL (Remède contre la chair) : voir page 396 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k209398x/f399.image

viii Et il entreprend la construction de deux ailes supplémentaires au château de Ferney .

ix Le père Adam .

Le travail et la bonne compagnie sont les deux meilleurs précepteurs que l'on puisse avoir

 

Je recommande à nos grands pondeurs de réformes de l'éducation nationale ces quelques lignes d'un homme sensé, du XVIIIè siècle, qui les dépasse de la tête et des épaules .

Je sais, pour l'avoir entendu dans le privé, que des enseignants sont d'accord avec ces idées voltairiennes, mais, mais , mais ... la trouille de la réforme véritable fait se racornir ces velléitaires . Ils gardent, ancré au fond d'eux-mêmes, la conviction qu'on peut tout apprendre à tout le monde, ou plus exactement, que si tout le monde n'apprend pas la même chose c'est la faute de l'élève et non du maître . Cette dernière option n'est pas très loin de la vérité du terrain ; mais de remède , point !

Le principe d'égalité scolaire perdure : toute tête bien faite doit trouver sa casquette (quel que soit le sens de la visière ! Yo !! ) et avoir le bac .

Le « mammouth » continue à brouter jusqu'à l'indigestion, -ce n'est pas la matière qui manque,- ce qui nous promet de formidables bouses sans nombre ( à fossiliser ?).

 

 

« A Nicolas-Anselme Collenot i

 

A Ferney 21 janvier 1765

 

La personne que Monsieur Collenot a consultée sent très bien qu'elle ne mérite pas de l'être . Elle croit qu'il ne faut consulter sur l'éducation de ses enfants que leurs talents et leurs goûts. Le travail et la bonne compagnie sont les deux meilleurs précepteurs que l'on puisse avoir . L'éducation des collèges et des couvents a toujours été mauvaise, en ce qu'on y enseigne la même chose à cent enfants qui ont tous des talents différents. La meilleure éducation est sans doute celle que peut donner un père qui a autant de mérite que Monsieur Collenot . Voila tout ce qu'un vieux malade peut avoir l'honneur de lui répondre. »


i Négociant d'Abbeville qui avait consulté V* sur l'éducation à donner à ses enfants.

 

20/01/2011

Ce serait aujourd'hui une trop grande impertinence d'entreprendre de faire rire le public

 

 

 

« A Henri-Louis Lekain

 

20è janvier 1770

 

L'oncle et la nièce, mon cher ami, sont aussi sensibles à votre souvenir qu'ils doivent l'être. Nous savons à peu près ce que c'est que la petite drôlerie dont vous parlez i. C'est une ancienne pièce qui n'est point du tout dans le goût d'à présent. Elle fût faite par l'abbé de Châteauneuf quelque temps après le mort de Mlle Ninon Lenclos . Je crois même qu'elle ne pourrait réussir qu'autant qu'on saurait qu'elle est du vieux temps. Ce serait aujourd'hui une trop grande impertinence d'entreprendre de faire rire le public, qui ne veut, dit-on, que des comédies larmoyantes ii.

 

Je crois qu'il n'y a dans Paris que M. d'Argental qui ait une bonne copie du Dépositaire . Je sais de gens très instruits que celle qu'on a lue à l'Assemblée iii est non seulement très fautive, mais qu'elle est pleine de petits compliments aux dévots que la police ne souffrirait pas . L'exemplaire de M. d'Argental est, dit-on, purgé de toutes ces horreurs . Au reste, si on la joue on pourra très bien s'arranger en votre faveur avec Thieriot ; mais il faut que le tout soit dans le plus profond secret, à ce que disent les parents de l'abbé de Châteauneuf qui ont hérité de ses manuscrits.

 

Je ne sais encore ce qu'on fait des Guèbres en province iv, encore moins ce qu'on en fera à Paris, et pour Les Scythes je m'en rapporte à votre zèle, à votre amitié et à vos adorables talents. »

 

ii Référence aux « tragicomédies de La Chaussée » que l'on retrouve dans une lettre à d'Argental du même jour .Page 428 : http://books.google.fr/books?id=kRJEAAAAYAAJ&pg=PA428...

 

iii Assemblée des Comédiens-Français.

 

iv Lettre à d'Argental du 20 janvier 1770 (cf. ci-dessus): « J'ignore encore si on osera jouer à Toulouse la tragédie de La Tolérance ; ce serait prêcher l'Alcoran à Rome . Je sais seulement qu'on la répète actuellement à Grenoble, mais il n'est pas sûr qu'on l'y joue. »

 

mais suis-je sûr de deux mois de ma vie ?

NDLR .- Note rédigée le 24 avril 2011, jour de Pâques .

Bel oeuf pondu ce jour là .

Comme Volti, je dis "suis-je sûr de deux mois/semaines/jours/heures de ma vie ?" . Qui le sait ?

Il vivra, en fait, encore quatre mois, seulement . Je dis seulement, mais mon avis est d'un égoïste qui n'a pas eu  à souffrir comme lui .

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

 

A Ferney, le 20 de janvier [1778]

 

Mon cher ange, en voici bien d'une autre ! Il faut pour le coup que je me jette dans les bras de votre providence, de votre sagesse et de cette constante amitié qui fait la consolation de ma vie . Je suis trop jeune, je ne sais pas me conduire, à moins que je ne sois toujours à l'ombre de vos ailes .

 

J'ai cru qu'il était de mon devoir de vous envoyer la lettre que je reçois d'un de vos protégés i, et la réponse que je lui fais . Je ne doute pas que vous n'engagiez votre ami M. de Thibouville à mettre sous ses pieds cet oubli de toutes les bienséances ii. Je lui mande qu'autrefois M. de Ferriol, votre oncle l'ambassadeur à Constantinople, disait, s'il m'en souvient, qu'il n'y avait d'honneur ni à gagner ni à perdre avec les Turcs iii.

 

Si vous trouvez ma réponse à votre ancien protégé convenable et mesurée iv, puis-je vous supplier de la lui faire tenir aussi bien que celles que j'ai dû écrire à M. Suard v et à Mme Vestris, et à un M. Monvel vi qu'on dit avoir beaucoup d'esprit, beaucoup de sensibilité et beaucoup de talents, avec très peu de poitrine ?

 

Une chose encore bien importante pour moi, c'est de demander très humblement pardon à madame votre secrétaire de lui avoir fait écrire des choses qui certainement ne subsisteront pas, car tout ne sera fini que vers Pâques ; et c'est vers ce saint temps que je compte vous apparaître comme Lazare sortant de son tombeau .

 

Je vous conjure encore plus que jamais de faire retirer la copie qui est peut-être au tripot vii, et les rôles qui peuvent être chez les tripoteurs et les tripoteuses . Je suis réellement perdu, s'il reste dans le monde le moindre lambeau de ces haillons . Vous sentez que la publicité de ces misères est très à craindre : elle arrêterait tout à coup un jeune homme dans le commencement de sa carrière ; mais, soit au commencement, soit à la fin, il est certain que cela me ferait un tort irréparable .

 

Songez, mon divin ange, que je passe les jours et les nuits à remplir la tâche très difficile , mais très nécessaire, que vous m'avez donnée . Songez que je marche sur des charbons ardents . J'ose espérer que je ne me brûlerai pas la plante des pieds, parce que je vous invoquerai en subissant une épreuve qui surpasse mes forces .

 

Vous savez de plus combien il y avait de vers faibles à fortifier, de nuances à observer, d'expressions familières à supprimer, de petites choses à réparer pour les faire servir à de plus grandes ; enfin combien l'esquisse était indigne de vous viii. Vous avez été trop bon ; mais vous m'avez rendu difficile contre moi-même . J'ai deux mois, au moins par-devant moi, et je vais les employer à vous plaire ; mais suis-je sûr de deux mois de ma vie ?

 

Sub umbra alarum tuarum . »

i Lekain, qui a refusé de jouer le rôle d'Alexis dans Irène et qui avait écrit le 13 janvier pour se justifier qu'il « n'a plus les forces suffisantes pour soutenir un rôle jeune et vigoureux » surtout plusieurs fois par semaine ; il proposa de jouer un autre rôle dans la pièce . Il mourut le 8 février, alors que V* arrivera à Paris le 10.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lekain

ii Thibouville, chargé d'organiser la représentation avait critiqué sévèrement le refus de Lekain ; le 12 janvier, dans une lettre aux Comédiens, il avait parlé du « procédé indigne et révoltant de M. Le Kain pour son bienfaiteur » ; l'acteur s'était montré mécontent dans sa lettre à l'auteur.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri-Lambert_de_Thibouville

iii Irène se passe à Constantinople .

http://www.voltaire-integral.com/Html/07/07IRENE.html

iv Le 19 janvier, V* propose à Lekain le rôle de « l'ermite Léonce » , et Lekain répondra à son tour : « Il est aisé de remarquer au ton de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire que l'on vous a prodigieusement aigri contre moi ; vous le déguisez quelquefois avec une politesse à laquelle je suis très sensible », et acceptera le rôle de « l'ermite » bien que n'ayant « ni le ton, ni le caractère, ni la tournure de ces sortes de rôles ». Voir page 150 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k80043w/f155.image.r=46.langFR

vi V* a appris que c'était Monvel qui avait « lu la chose » (Irène) à l'Assemblée des Comédiens ; c'était un auteur et un acteur . http://fr.wikipedia.org/wiki/Monvel

vii A la Comédie-Française.

viii V* reçoit les critiques et suggestions non seulement de Thibouville et des d'Argental, mais aussi de Condorcet conforté par Suard, Turgot, ...

il n'y a qu'à suspendre pour quelque temps le débit de ce livre qui aurait le crime d'être utile

 

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-grâce Bosc du Boucher, comtesse d'Argental

 

Aux Délices près de Genève

le 20 janvier 1764

 

Ce n'est pas un petit renversement du droit divin et humain que la perte d'un conte à dormir debout i et d'un 5è acte ii qui pourrait faire le même effet sur le parterre qui a le malheur d'être debout à Paris. J'ai écrit à mes anges gardiens une lettre ouverte que j'ai adressée à M. le duc de Praslin ; j'adresse aussi mes complaintes douloureuses et respectueuses à M. Jannel, qui étant homme de lettres doit favoriser mon commerce. Je conçois après tout que dans le temps que l'Antifinancier causait tant d'alarmes iii on ait eu aussi quelques inquiétudes sur L'Anti-intolérant iv. Ce dernier ouvrage est pourtant bien honnête, vous l'avez approuvé. MM. Les ducs de Praslin et de Choiseul lui donnaient leur suffrage , Mme de Pompadour en était satisfaite v. Il n'y a donc que le sieur évêque du Puy vi et ses consorts qui puissent crier . Cependant si les clameurs du fanatisme l'emportent sur la voix de la raison, il n'y a qu'à suspendre pour quelque temps le débit de ce livre qui aurait le crime d'être utile, et en ce cas je supplierais mes anges d'engager frère Damilaville à supprimer l'ouvrage pour quelques mois, et à ne le faire débiter qu'avec la plus grande discrétion. Ah! Si mes anges pouvaient m'envoyer la petite drôlerie vii de l'hiérophante de Paris viii, qu'ils me feraient plaisir ! Car je suis fou des mandements depuis celui de Jean-Georges ix. Mes anges me répondront peut-être qu'ils ne se soucient point de ces bagatelles épiscopales, qu'ils veulent qu'Olympie meure au cinquième acte, que c'est là l'essentiel. Je leur enverrai incessamment des idées et des vers. Mais pourquoi avoir abandonné la conspiration x? pourquoi s'en être fait un plaisir si longtemps pour y renoncer ? Si vous trouvez les Roués passables, que ne leur donnez-vous la préférence que vous leur aviez destinée ? Si vous trouvez les Roués insipides, il ne faut jamais les donner. Répondez à ce dilemme, je vous en défie ; au reste votre volonté soit faite en la terre comme au ciel ! Je me prosterne au bout de vos ailes.

 

N.B. - J'ai écrit une lettre fort bien raisonnée à M. le duc de Praslin sur les dîmes xi.

Respect et tendresse. »

 

 

i Les Trois Manières : où l'on trouve : « ...n’exagérer rien, chose assez difficile / Aux femmes, aux amants, et même aux avocats. » ,  «... il n’était point là de prêtre / Et, comme vous pouvez penser, /Des valets on peut se passer  /Quand on est sous les yeux du maître. », « Les dieux sont bons, les prêtres sont cruels. »

http://www.voltaire-integral.com/Html/10/05_Trois_Ma.html

 

 

ii Du Triumvirat ; cf. lettre du 18 janvier .

 

iii Le 13 janvier, V* juge ainsi l'ouvrage : « il est violent et porte à faux d'un bout à l'autre . Comment un conseiller au parlement peut-il toujours prononcer la chimère de son impôt unique, tandis qu'un autre conseiller devenu contrôleur général est indispensablement obligé de conserver tant d'autres taxes ? » Ouvrage écrit par Darigrand, avocat, à Paris : voir page 90 : http://books.google.be/books?id=96d7IwtHmlgC&pg=PA90&...

 

iv = Traité sur la Tolérance.

 

v Le duc de Choiseul a écrit à V* le 27 novembre 1763 : « Mme de Pompadour, Mme de Gramont, tous ceux qui ont lu le livre ... en ont été enchantés... ».

 

vi Le frère de Simon Le Franc de Pompignan ; cf. lettre du 4 novembre 1763 à Damilaville : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/11/04/l...

 

vii Réf. au Bourgeois Gentilhomme.

 

viii L'Instruction pastorale de Mgr l'évêque de Paris sur les atteintes ... Cf. lettre à d'Alembert du 31 décembre : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2008/12/31/f...

 

ix L'évêque du Puy de 1742 à 1774 , Jean-Georges Lefranc de Pompignan ; cf. lettre du 4 novembre 1763 . Frère de Jean-Jacques Le Franc de Pompignan, adversaire des philosophes et de V*.

 

x  A savoir, abandonné le projet de donner Octave ou Le Triumvirat (ses « Roués ») à la Comédie Française sous le nom d'un jeune auteur ; cf. lettre aux d'Argental du 1er aout et 27 septembre 1763 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/09/27/v...

 

xi Toujours sur cette affaire avec le curé de Ferney, que V* veut faire juger par le Conseil du roi ; voir lettre du 1er août, 14 août, 27 septembre 1763 aux d'Argental.

faites présenter la requête au vénérable foutu Conseil ; il la refusera

 

 

 

 

« A Cosimo Alessandro Collini

 

[vers le 20 janvier 1759]

 

Voici, mon cher Collini, la lettre que vous pouvez écrire i. Gardez-vous bien de prétendre que vous étiez alors à moi . Ne demandez justice qu'en qualité de sujet de l'Empereur . Adressez-vous à Bohem ii chez qui vous protestâtes, faites présenter la requête au vénérable foutu Conseil ; il la refusera . Vous en appellerez au Conseil aulique iii, et je vous réponds que le scélérat sera condamné , vous n'aurez qu'à envoyer la requête à Mme de Bentick et la supplier de vous donner son avocat, M. le comte de Bauer iv peut vous servir. J'agirai fortement en temps et lieu.

 

N.b. que vous pouvez me citer comme témoin de vos effets volés. »

 

i Au prince de Soubise qui s'était emparé de Francfort le 2 janvier 1759 . Il y demandait « un mot » du maréchal pour « obliger le Conseil de Francfort à rendre justice (à Collini) », à prononcer « une sentence prompte, favorable ou injuste, afin qu'(il) puisse (s)e pourvoir au Conseil Aulique ». Il s'agissait de faire condamner Schmidt qui, comme spécifié dans le mémoire joint, l'avait emprisonné et volé ; cf. lettres du 20 juin et 8 juillet 1753. Collini renoncera aux poursuites : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/06/21/n...

et : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/07/08/b...

et note de lettre MMDCCLXVI page 208 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k80034x/f213.image.p...

et MMDCCLXXI page 212 .

 

ii Notaire Böhm .

 

iv De Sauer ; une lettre précédente est adressée à Collini « gouverneur de M. le comte de Sauer ».