29/10/2010
Il serait bien beau à la philosophie de forcer l'ancienne magistrature à extirper ses atrocités, ou d'obtenir de la nouvelle troupe une réparation solennelle
Note rédigée le 13 août 2011 pour parution le 29 octobre 2010 .

« A Jean Le Rond d’Alembert
Mon cher et grand philosophe, je vous ai légué d'Etallonde 1, comme je ne sais quel Grec 2 donna en mourant sa fille à marier à je ne sais quel autre Grec . Il s'agit de savoir si on peut obtenir en France la grâce d’un brave officier prussien accusé d'avoir chanté à l'age de seize ans une vieille chanson de corps de garde, et d'avoir récité l'Ode à Priape de Piron connu par cette seule ode à la cour, et récompensé par une pension du roi de 1500 livres sur la cassette 3. Certainement le poing coupé, la langue arrachée 4, la torture ordinaire et extraordinaire, la roue et le bûcher n'étaient pas en raison directe du crime .
J'avais supplié le roi de Prusse de vous envoyer ou un passeport pour d'Etallonde, dit Morival, ou une attestation de son général, qui servira de ce qu'elle pourra 5. Il me mande qu'il vous l'envoie 6, et peut-être avez-vous déjà reçu cette pancarte . Vous en ferez, après la Saint-martin, l'usage que votre bienfaisance et votre sagesse vous conseilleront ; rien ne presse . Ce jeune homme reste toujours chez moi, et Mme Denis le gardera si je meurs avant que son affaire soit consommée .
Le roi de Prusse m'a dit qu'il charge son ministre de recommander d'Etallonde au garde des Sceaux . Mme la duchesse d'Anville a déjà disposé M. de Miromesnil 7 à être favorable à d'Etallonde . Nous avons dans l'ancien parlement et dans le nouveau des hommes sages et justes , qui m'ont donné parole de faire réparer autant qu'il sera en eux l'arrêt des cannibales, qui d'un trait de plume ont assassiné La Barre en personne, et d'Etallonde en peinture 8, arrêt qui par parenthèse ne passa que de deux voix 9.
Il reste à voir s'il faut ou qu'il fasse juger son procès, ou qu'il demande des lettres honteuses de grâce . Je suis absolument pour la révision, parce que j'ai vu les charges . Une grâce n'est que l'aveu d'un crime . Il serait bien beau à la philosophie de forcer l'ancienne magistrature à extirper ses atrocités, ou d'obtenir de la nouvelle troupe une réparation solennelle des infamies punissables de l’autre tripot . Ce problème des deux corps est aussi digne d'être résolu par vous que le problème des trois corps .
Nous en parlerons dans quelque temps . Je recommande aux deux Bertrands 10 cette bonne œuvre ; Raton mourant n'est plus bon à rien.
Ne voyez-vous pas quelquefois M. d'Argental ? Il connait cette affaire, il a un grand zèle .
Tout cela n'est pas trop académique, mais cela est humain et digne de vous . Ce n'est plus Damilaville minor dont je vous parle, j'espère qu'il ne vous importunera plus 11.
Adieu, digne homme .
V.
N.B.- Un fils du comte de Romanzof vient de faire des vers français dont quelques-uns sont encore plus étonnants que ceux du comte de Chowalof . C'est un dialogue entre Dieu et le Révérend Père Hayer, auteur du Journal chrétien . Dieu lui recommande la tolérance, Hayer lui répond :
Ciel ! que viens-je d'entendre , ah ! ah ! je le vois bien,
Que vous-même, Seigneur, vous ne valez plus rien .
Tout n'est pas de cette force .
29 d'octobre [1774]»
1 Le 28 septembre, V* a écrit à d'Alembert et à Condorcet : « … je vous confie une affaire plus intéressante, et je la mets sous votre protection ... » ; voir page 375 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k800416/f380.image.r=.langFR
3 Ce n'est pas pour cette ode que Piron composa dans sa jeunesse qu'il reçut une pension de mille livres , mais pour le dédommager d'avoir été exclu de l'Académie française à la demande de Boyer, ancien évêque de Mirepoix (l' « âne de Mirepoix » comme disait V*).
Ode à Priape (NDLR : ode au langage cru, appréciée par Fontenelle entre autres) : page 9 : http://books.google.fr/books?id=wQ0_AAAAcAAJ&pg=PA9&a...
6 Le 8 octobre, Frédéric II avait répondu à V* qui lui avait demandé un témoignage qu'il ne pouvait intervenir personnellement, qu’il pouvait seulement « envoyer le témoignage du général à M. d'Alembert » et faire « écrire à mon ministre à Paris qu'il dise un mot en faveur du jeune homme au nouveau chancelier ». Le 20 octobre, il écrit qu'il envoie à d'Alembert un « attestat » du commandant de Wesel.
Voir page 378 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k800416/f383.image.r=.langFR
et page 382 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k800416/f387.image.r=.langFR
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Frère Rhubarbe à frère Gaillard, salut
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« A Jean-Martin de Prades
[à Monsieur l'Abbé de Prades lecteur du Roi à Potsdam
(endossé)par l'adresse de votre très humble et très obéissant serviteur Leipsic ce 8 9bre 1755 . Ami Dumont.]
Aux Délices près de Genève
29 octobre [1755]
Frère Rhubarbe à frère Gaillard, salut,
Je suis très fâché que frère en Belzébuth, frère Isaac [i] soit malingre et mélancolique. C'est la pire des damnations. Conservez votre santé et votre gaieté. J'enverrais de tout mon cœur aux pieds du très révérend père prieur [ii] le seizième chant de scandale [iii] qu'il demande. Mais je n'en ai point fait [iv]. Une douzaine de jeunes Parisiens plus gais que moi s'amusent tous les jours à remplir mon ancien canevas, chacun y met du sien. On dit qu'on imprime l'ouvrage de deux ou trois façons différentes [v]. Tout ce que je peux faire, c'est de protester en face de la sainte Église . Si le très révérend père prieur voulait mettre dans son cabinet de livres un exemplaire corrigé de L'Orphelin de la Chine, j'aurais l'honneur de le lui adresser en toute humilité, car malgré l'excommunication que l'exaltation de l'âme, les frictions de poix-résine, et la dissection des cerveaux de géant [vi] m'ont attirée, je crois que sa noble paternité a des entrailles de charité ; et elle doit savoir que j'étais un frère servant très attaché au père prieur, pensant comme lui et disant mon office à son honneur et gloire. J'ai un petit monastère auprès de Lausanne sur le chemin de Neuchâtel, et si ma santé me l'avais permis j'aurais été jusqu'à Neuchâtel pour voir milord Maréchal [vii], mais j'aurais voulu pour cela des lettres d'obédience.
Il m'est venu ici deux jeunes gens de Paris [viii], qui m'ont dit qu'il y a un nommé Poinsinet [ix] à qui on a fait accroire que le roi de Prusse l'avait choisi pour être précepteur de son fils, mais que l'article du catholicisme était embarrassant. Il a signé qu'il serait de la religion que le roi voudrait.
Il apprend actuellement à danser et à chanter pour donner une meilleure éducation au fils de Sa Majesté, et il n'attend que l'ordre du roi pour partir. Pour moi, j'attends tout doucement la fin de mes coliques, de mes rhumatismes, de mes ouvrages et de toutes les misères de ce monde. Je vous embrasse.
V. »
i D'Argens.
ii Frédéric.
iv En 1755, il y eut trois éditions pirates avec six états typographiques différents.
http://www.eroticabibliophile.com/books_pucelleorleans.php
www.frissonesthetique.com/revue/no5/pdf/54voltaire.pdf
v V* soupçonna Frédéric d'être à l'origine de la fuite ;
cf. lettre du 15 juin 1755 à d'Argental : pages 656-657 : http://books.google.be/books?id=7SQtAAAAYAAJ&pg=PA795...
vi Références aux théories de Maupertuis dont V* se moqua en 1752-1753 (cf. Diatribe du docteur Akakia :
http://www.voltaire-integral.com/Html/23/08DIAL.htm#DIATRIBE DU DOCTEUR AKAKIA): « il a imaginé le moyen de connaître la nature de l'âme ... en disséquant des têtess de géants », « il conseille d'enduire un malade de poix-résine », « il espèrequ'un peu plus de chaleur et d'exaltation dans l'imagination pourra servir à montrer l'avenir... »
vii Envoyé de Prusse, gouverneur de Neuchâtel ; V* n'aura pas les lettres demandées.
http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Keith
http://books.google.be/books?id=ERI6AAAAcAAJ&printsec...

viii Pierre Patu (26 ans) et Charles Palissot (25 ans).
Patu : http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude-Pierre_Patu
Palissot : http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Palissot_de_Montenoy
ix Antoine-Alexandre-Henri Poinsinet, auteur comique à qui il semble que l'on ait fait croire que Frédéric a un fils .
http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine-Alexandre-Henri_Poin...
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28/10/2010
votre Majesté comme le modèle de toutes les nations, et en cela l’auteur ne se trompe point
Note rédigée le 16 août 2011 pour parution le 28 octobre 2010 .
Merci à Mam'zelle Wagnière qui m'a permis de copier la lettre qu'elle avait mise en ligne le 30 janvier 2010, et je vous invite à vous rendre sur son site sans tarder :

« A Catherine II, impératrice de Russie
A Ferney, 28 Octobre 1777.
Madame,
Si votre Majesté impériale a le temps et la bonté de jeter un coup d’œil sur les trois feuillets que je mets à ses pieds, les deux premiers contiennent le sujet du prix de cent louis d’or 1, dont je donne la moitié, pour celui qui osera imiter votre jurisprudence. Le troisième n° 32, cite votre Majesté comme le modèle de toutes les nations, et en cela l’auteur ne se trompe point.
Le roi de Prusse en use dans ses États comme votre Majesté dans les siens 2. Plusieurs princes font le même changement dans les lois de leur pays. Cette révolution s’étendra jusqu’à Rome et jusqu’aux pays d’Inquisition 3. C’est un siècle nouveau qui va naître et dont vous aurez été la créatrice.
Je fais partir pour Pétersbourg des exemplaires complets que je mets à vos pieds 4. Je vous supplie de pardonner à ma hardiesse en faveur de mes intentions. Je ne puis finir mes jours par un hommage plus pur et plus sincère que celui que je rends à votre Majesté Impériale.
Daignez agréer, Madame, le profond respect et la reconnaissance de votre très humble admirateur et adorateur.
Le vieux malade de Ferney. »
1 Il s'agit du prix proposé par la Société économique de Berne dont il est question dans la lettre au landgrave de Hesse-Cassel du 16 juillet : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2011/07/16/c...
Le 25 juillet, V* avait demandé à Catherine de « favoriser cette entreprise de deux cents roubles ». V* disait qu'il ajouterait lui-même cinquante louis d'or et qu'il proposait « aux concurrents le plan d'une nouvelle loi contraire à tout ce qui se pratique autour de nos provinces et conforme à tout ce qu'il sait des lois émanées de Vote majesté Impériale . » ; il lui demandait à cet effet le recueil de ses lois.
2 Frédéric II a écrit à cette occasion, le 11 octobre,une lettre où il exposait ses idées en matière de jurisprudence .Voir page 114 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k80043w/f119.image.r=.langFR
3 Voltaire avait écrit à Frédéric − qui ne s’en étonnait pas (le 5 septembre ; page 101 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k80043w/f106.image.r... )- que l’Inquisition, jugulée par d’Aranda, avait été rétablie en Espagne.
4Le Prix de la justice et de l’humanité; Catherine parle à Grimm de cet envoi le 22 décembre (date « vieux style »)
et le texte : http://books.google.com/books?id=RTQHAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false
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il est bien étrange qu'on craigne d'être cité quand il s'agit de secourir une malheureuse famille qui demande justice de la mort abominable de son père .
Note rédigée le 17 août 2011 pour parution le 28 octobre 2010
« A Jean Le Rond d'Alembert
28 octobre [1769]
Mme Denis, mon très cher et très grand philosophe, m'apporte votre lettre du 15 1. J'aurais encore mieux aimé causer avec vous dans Paris, mais le triste état où je suis ne m'a pas permis de voyager 2, et je crois, entre nous que ni messieurs ni les révérends pères n'auront plus désormais de querelle avec moi .
Soyez très sûr que l'histoire de Martin est dans la plus exacte vérité 3. Martin fut condamné il y a environ trois ans , à Paris, comme je vous l'ai mandé . Les annales du pays ne m'ont point encore annoncé la date de sa mort, mais je vous ai mandé celle de la déclaration que fit le coupable de l'innocence de Martin . On a rassemblé la pauvre famille dispersée . On a fait un mémoire actuellement en sa faveur . Je suis bien sûr que vous ne me citerez pas, mais il est bien étrange qu'on craigne d'être cité quand il s'agit de secourir une malheureuse famille qui demande justice de la mort abominable de son père .
Mme Denis m'a parlé d'une pièce de vers intitulée Michaut, ou Michon et Michelle 4; elle dit que c'est une pièce satirique contre les conseillers du parlement, mais qu'elle ne l'a pas vue . Elle ajoute qu'on a la fureur de me l'attribuer . Je suis si malade que je ne puis me livrer à une juste colère, ces infâmes calomnies m'empêcheront de revenir à Paris, quand même j'aurais la force de soutenir la vie qu'on y mène, et qui ne me plait point du tout .
Vous savez peut-être que Panckoucke m'a proposé de travailler à la partie littéraire du supplément de l'Encyclopédie 5. Je m'en chargerai avec grand plaisir, si la nature m'en donne le temps et le force ; j'ai même des matériaux assez curieux . Il se vante que vous travaillez à tout ce qui regarde les mathématiques et la physique . Comment ferez-vous quand il faudra combattre les molécules organiques, les générations sans germe, et les anguilles de blé ergoté ?6 Laissera-t-on subsister dans l'Encyclopédie des exclamations ô mon cher ami Rousseau ?7 deshonorera-t-on un livre utile par de pareilles pauvretés ? laissera-ton subsister cent articles qui ne sont que des déclamations insipides ? et n’êtes vous pas honteux de voir tant de fange à côté de votre or pur ?
Je vous demanderais aussi de retrancher un petit mot, à la fin d'un article concernant Maupertuis 8. Il n'est pas bien sûr qu'il eût raison, mais il est très sûr qu'il a été fou et persécuteur . Mme Denis m'a bien étonné en m'apprenant le déplorable état où se sont trouvées les affaires de Damilaville à sa mort . Je plains beaucoup son pauvre domestique . Permettez que je vous adresse ce petit billet 9 qui me coûte beaucoup plus qu'il ne coûte d'argent, car à peine puis-je me servir de ma main .
Si je puis travailler à la partie littéraire, il faudra toujours que je dicte .
Vous m'avez fait un vrai plaisir, en réduisant dans plus d'un article l'infini à sa juste valeur 10.
Je vous prie, mon cher philosophe, de me mander si, dans mille cas, les diagonales des rectangles ne sont pas aussi incommensurables que les diagonales des carrés . C'est une fantaisie de malade .
Voici une chose plus intéressante . Grimm assure que l'Empereur est des nôtres 11; cela est heureux, car la duchesse de Parme, sa sœur, est contre nous 12. Saepe, premente deo, fert deus alter opem .13
Fers mihi opem quand vous m'écrivez . Ce n'est pas seulement parce que je vous regarde comme le premier écrivain du siècle, mais parce que je vous aime de tout mon cœur . »
2 Il avait été question de permettre à V* de revenir à paris ; voir lettre du 10 octobre à Richelieu ( http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/10/10/j... ), mais Mme Denis, le 15 , lui écrivait : « … notre grande affaire [celle de son retour à Ferney] est si longue et vous me paraissez vous soucier si peu de sa réussite que je prends le parti de la planter là . . J'ai reçu une lettre de M. de La Sourdière [=Richelieu] qui m'a mandé qu'il ne peut me donner de réponse de sitôt . Cela me détermine à partir . »
3 V* donne des détails sur cette affaire à son petit-neveu d'Hornoy vers le 20 décembre : « … Ce fut le 26è juillet de cette année qu'un scélérat avoua sur la roue que c'était lui qui avait commis le meurtre pour lequel Martin avait été condamné et exécuté auparavant . C'est le juge du bailliage de La Marche qui fit rouer Martin … Il y a environ trois ans que Martin a été roué, et son innocence n'a été reconnue que depuis deux mois . Voici les deux motifs de sa condamnation . Ses souliers et un mot qui lui échappa ... »
4 Michaut et Michel, satire de Condorcet dirigée contre Michau de Montaran, Michau de Montblin et Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, conseillers au parlement .Voir page 32 : http://books.google.fr/books?id=NgbudRvP71YC&pg=PA32&...
5 V* a répondu à Panckoucke le 29 septembre : « … je pourrai dans deux ou trois mois commencer à vous faire les articles suivants : ... » ; voir page 374 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k80039n/f379.image.r...
Beaucoup de ces article parurent dans les Questions sur l'Encyclopédie .
6 Le « Jésuite Needham … s'imagina avoir produit des anguilles avec de la farine et du jus de mouton ... » écrivait V* le 26 août 1768 , et il ajoutait le 20 août 1770 par exemple, que Buffon, Maupertuis et le traducteur de Lucrèce Lagrange avaient « adopté » ces anguilles .
7 Diderot avait écrit dans l'article Encyclopédie : « Ô Rousseau, mon cher et digne ami ; je n'ai jamais eu la force de me refuser à ta louange ... » ; voir aussi : http://caphi.univ-nantes.fr/IMG/pdf/F-_Guenard-_L_ordre_d...
8 D’Alembert, dans l'article « cosmologie » se montrait favorable aux idées de Maupertuis et se terminait par : « M. de Maupertuis n'a jamais répondu aux injuresqu'on a vomies contre lui à cette occasion [la querelle avec Koenig]. » Voir pages 294-297 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k50536c/f299.image.r...
9 D’Alembert, le 15 octobre avait écrit à V* : « Damilaville avait un pauvre domestique, qui l'a logé pendant longtemps, et à qui son maître avait promis de lui procurer pour cette boenne oeuvre quelque gratification... » V* lui fait remettre trois louis d'or par son notaire parisien Laleu .
10 « Je conçois bien mieux la nature bornée que la nature infinie » écrivit V* vers cette époque à un correspondant non identifié .
11 Le 31 octobre ; à Frédéric II, V* écrit : « … M. Grimm m'a mandé que vous aviez initié l'Empereur à nos saints mystères » . Frédéric II et Joseph II s'étaient rencontrés à Neisse les 25-28 août 1769 .
Voir page 387 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k80039n/f392.image.r...
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j'étais fourré dans la querelle du philosophe bienfaisant, et du petit singe ingrat
http://www.deezer.com/listen-2898793
http://www.deezer.com/listen-3118079
http://www.deezer.com/listen-2280052 : why not ?
http://www.deezer.com/listen-2719470
http://www.deezer.com/listen-5867968 : déjanté ! Toute ressemblance ... etc. etc.

« A Etienne-Noël Damilaville
28 octobre 1766
On aurait bien dû m'avertir, mon cher ami, que j'étais fourré dans la querelle du philosophe bienfaisant, et du petit singe ingrat [i]. Vous savez que je vous ai toujours dis que je ne connaissais pas cette lettre qu'on prétend que j'avais écrite à Jean-Jacques [ii]. Si vous la retrouvez faites-moi le plaisir de me l'envoyer, je veux voir si cette lettre est aussi plaisante que je le souhaite. Renvoyez-moi donc les trois lettres de ce Huron [iii] écrites à M. du Theil [iv].
Le projet de ce pauvre Boursier [v] ne reste sans exécution que parce que vous ne lui fournissez pas les secours nécessaires. S'il avait seulement deux personnes de votre caractère, il se flatterait bien de réussir. Ces deux personnes d'ailleurs ne risqueraient rien de faire le voyage. Est-il possible que personne ne veuille entreprendre une chose si importante et si aisée, lorsqu'on est sûr de la plus grande protection ![vi]
Point de nouvelles de Meyrin . Êtes-vous bien sûr que le paquet [vii] a été mis à a diligence ? Mes maladies augmentent tous les jours. Je m'imagine que l'élixir de Boursier pourrait seul me faire du bien, mais il faudrait que ce fût vous qui le préparât.
Je vous prie, mon cher ami, de faire mettre une enveloppe à la lettre de M. d'Alembert [viii], et d'envoyer l'autre à son adresse.
Comme je vous embrasse ! »
i Il s'agit de Hume et de JJ Rousseau ; cf. lettre du 14 juillet. Dans la lettre suivante :
http://www.voltaire-integral.com/Html/26/03_Hume.html : « Je me trouve impliqué dans cette affaire . Le sieur Rousseau m'accuse de lui avoir écrit en Angleterre une lettre dans laquelle je me moque de lui . Il a accusé M. d'Alembert du même crime. »
ii Lettre au docteur Pansophe :
http://www.voltaire-integral.com/Html/26/02_Pansophe.html
Cf. lettres du 2 et 23 juin à Damilaville . http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/06/02/c...
iii JJ Rousseau, bien sûr ! V* écrit L'Ingénu, conte qui paraitra dans l'été 1767, et dont le héros est un Huron.
http://www.audiocite.net/livres-audio-gratuits-romans/vol...
iv Lettres écrites par JJ Rousseau pendant son séjour à Venise, et qui, selon V* montrent qu'il était « domestique » de M. de Montaigu et non pas secrétaire d'ambassade comme il le prétendait ; cf. lettres du 17 septembre 1765 aux d'Argental et celle du 6 novembre 1766. JJ Rousseau était premier secrétaire de Montaigu.
http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/09/16/p...
http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/11/07/a...
Lettre 15 et lettre 97 : http://classiques.uqac.ca/classiques/Rousseau_jj/lettres_...
v= V* lui-même ! Il s'agit de son projet de « colonie » philosophique à Clèves; cf. lettres du 23 juillet à Diderot et d'Alembert et du 4 août à Damilaville.
http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/07/23/s...
http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/08/02/d...
vi Celle de Frédéric II.
vii La réponse de Diderot .
viii Celle qu'il a écrite à Beaumont, avocat des Sirven, et qui porte une adresse.
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27/10/2010
Ma bonne santé et ma mort sont également fausses.
MST non transmissible par le Net : http://www.deezer.com/listen-5573726
M. de Béthisy n'a jamais chanté ceci avec Volti, j'en suis sûr : http://www.deezer.com/listen-2258696

« A Marie-Louise Denis
rue Bergère, vis-à-vis l'hôtel des Menus à Paris
26 octobre [1768]
Je reçois la lettre de ma chère nièce du 21 . Je ne sais pas pourquoi M. de Béthisy [i] exalte tant ma bonne santé. Il ne m'a jamais vu qu'en bonnet de nuit, et je ne suis pas sorti du château depuis que vous en êtes partie [ii]. On me disait mort à Fontainebleau [iii]. Ma bonne santé et ma mort sont également fausses.
Si j'avais encore un peu de forces, je prendrais mes mesures pour aller vivre ailleurs. Il règne ici une maladie horrible qui désole la moitié du village et du pays de Gex. C'est un mélange d'écrouelles et de lèpre. Ceux qui en sont attaqués ont la mauvaise honte de ne se montrer à aucun médecin, à aucun chirurgien. Les troupes qu'on nous a envoyées ont ajouté la vérole à ces deux horreurs, et ont fait gémir le malheureux paysan qui est ruiné.
La maladie des coquins dont vous me parlez n'est pas moins incurable. L'Homme aux quarante écus est un ouvrage sage et utile qui a plu au ministère et surtout à M. Bertin, mais on dit qu'on y combat le sentiment d'un conseiller au Parlement. Cela est effroyable [iv].
Le Siècle de Louis XIV part aujourd'hui pour Paris. Vous le recevrez bien tard, et encore faudra-t-il s'adresser à la chambre syndicale.
Je ne pouvais m'empêcher de prévenir le président Hénault, l'article où il est jugé et condamné est très bien fait [v]. On me l'attribuait. J'ai dû me justifier [vi]. Son amour propre est cruellement blessé. Il affecte de l'indifférence, et il est percé au fond du cœur. Ce scélérat de La Beaumelle a fait imprimer cette satire sous le nom du marquis de Bélestat, jeune homme de Languedoc de beaucoup d'esprit et de mœurs charmantes [vii]. C'est Chirol, l'homme de Cramer, qui a imprimé l'ouvrage. La Beaumelle est un ignorant audacieux qui écrit quelquefois des morceaux pleins de chaleur et de force.
Je m'intéresse davantage aux Guèbres de Linant [viii], et non moins aux Scythes que Lekain devrait bien rejouer. Il me doit à ce qu'il me semble cette justice.
C'est Jaco Tronchin qui a été dire que j'avais fait une tragédie. Ce bavard de Cramer l'avait imaginé parce qu'il avait vu des vers sur ma table. Il a fait vraiment bien d'autres indiscrétions. Mais il a parlé en l'air, et j'ai lavé la tête à Jaco, ainsi que la tête chauve et poudrée de Gabriel [ix]. J'aime la vôtre, j'aime votre cœur. Je vous embrasse tendrement. Me voilà las d'écrire de ma main, mais non pas de m'entretenir avec vous. Embrassez pour moi les deux enfants [x]. M. Dupuits doit avoir reçu à Hornoy un gros paquet par M. de Courcelles. Vous savez notre dernière déconfiture en Corse [xi]. »
i Eugène-Eustache comte de Béthisy . Colonel du régiment de Cambrésis à Gex.
Page 458-459 : Biographie nouvelle des contemporains ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la révolution française ... Tome II, de Antoine-Vincent Arnaud, Antoine Jay, Etienne de Jouy, J. Norvins
ii Depuis le mois de mars 1768, cf. lettres de mars.
iii Ce bruit a couru le 10 octobre.
iv Le 15 mars, à son neveu d'Hornoy, V* donne son avis sur les critiques sur l'Homme aux quarante écus : « Vous souvenez-vous d'une certaine qualification des Quarante écus , comme contraire au respect dû aux personnes en place , ... Ces personnes en place sont des faiseurs de brochures qui dans leurs greniers avaient proposé de nouveaux systèmes de finance. C'est de ces gredins qu'on se moquait dans l'Homme aux quarante écus. On les y appelle par dérision les anciens ministres, l'ancien gouvernement. Les gens qui trouvèrent ce livre entre les mains d'un nommé Josserand, en voyant ces mots : gouvernement, ministres, contrôleurs généraux, s'imaginèrent que c'était en effet du contrôleur général et des ministres réels qu'on parlait ». L'Homme aux quarante écus est une réponse contre l'ouvrage du physiocrate Le Mercier de La Rivière : L'ordre essentiel et naturel des sociétés politiques de juin 1767. Le conte fut condamné par le Parlement de Paris le 24 septembre 1768.
vC'est l'Examen de la nouvelle histoire de Henri IV, que V* attribue à La Beaumelle, et la lettre qu'il a écrite à ce sujet au président Hénault le 13 septembre ; cf. lettre du 18 septembre à d'Argental. V* dit qu'il « ne pouvait s'empêcher de prévenir le président Hénault » et dans une autre lettre du 17 octobre il proposa à Hénault « de combattre pour lui ». Mme du Deffand de son côté, le 29 novembre : « Vous auriez encore mieux fait de lui laisser ignorer l'offense ; il y avait plus de quatre mois que nous n'étions occupée qu'à lui dérober la connaissance de cette brochure, craignant l'effet qu'elle pourrait faire... »
vi Ce qu'il répondra à Mme du Deffand.
vii M. le marquis de Bélestat de Garduch revendiquera la paternité de l'ouvrage le 20 décembre dans une lettre à V*.
http://www.ville-ge.ch/bge/imv/gazette/25/a_propos.html...
viii V* attribue maintenant ses Guèbres à Linant.
ix Gabriel Cramer.
x Les Dupuits, Marie-Françoise Corneille et son mari.
xi Prise de Borgo par les Corses de Paoli ; Gènes avait cédé la Corse à la France le 15 mai 1768.
http://www.accademiacorsa.org/pontenovu.html

http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://2.bp.blogspot.c...
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26/10/2010
vous connaissez mon cœur et ma manière de penser . J'ai pleuré sa mort et je voudrais être avec elle
Version française de la lettre écrite en anglais à Thieriot le 26 octobre 1726, rédigée le 19 août 2011 pour parution le 26 octobre 2010 .
« A Nicolas-Claude Thieriot
[26 octobre 1726]
Je veux vous envoyer deux ou trois poèmes de M. Pope, le meilleur poète d'Angleterre et, pour le moment , du monde entier . J'espère que vous connaissez assez la langue anglaise pour être sensible à tous les charmes de ses ouvrages . Pour moi, je considère son Essai sur la critique comme supérieur à l'Art poétique d'Horace, et sa Boucle de cheveux enlevée, dans le genre comique, est à mon avis supérieure au Lutrin de Despréaux . Je n'ai jamais rencontré une imagination aussi aimable, des grâces aussi charmantes, une variété aussi grande, autant d'esprit et une connaissance aussi raffinée du monde que dans ce petit ouvrage .
Maintenant , mon cher Thieriot, après avoir répondu tout au long de vos questions sur les livres anglais, laissez-moi vous mettre au courant de cette mauvaise fortune qui me poursuit toujours . Je suis revenu en Angleterre vers la fin de juillet, fort désappointé de mon voyage secret en France 1, qui a été à la fois inutile et coûteux . Je n'avais sur moi que quelques lettres de change sur un juif au nom de Médina 2, pour la somme d'environ huit à neuf mille livres françaises, tout compris . En arrivant à Londres j'appris que mon diable de Juif avait fait banqueroute 3. Je n'avais pas un penny 4, j’étais malade à mourir d'une fièvre violente, personne ne me connaissait ; milord et milady Bolingbroke étaient à la campagne ; je n'osais me présenter à notre ambassadeur dans un état aussi misérable 5. Je n'avais jamais souffert une telle détresse ; mais je suis né pour subir toutes les vicissitudes de la vie . En ces circonstances, mon étoile qui , au milieu de ses influences les plus désastreuses, fait toujours descendre sur moi quelque douceur, dirigea vers moi les pas d'un gentleman anglais que je ne connaissais pas, qui me força d'accepter quelque argent dont j'avais besoin 6. Un autre habitant de Londres 7 que je n'avais vu qu'une fois à Paris, m'a emmené à sa maison de campagne, où, depuis, je mène une vie obscure et charmante, sans aller à Londres , et tout aux plaisirs de la paresse et de l'amitié . L'affection sincère et généreuse de cet homme qui adoucit l'amertume de ma vie , me porte à vous aimer de plus en plus . Tous les exemples d'amitié me rendent mon ami Thieriot plus cher encore . J'ai souvent vu milord et milady Bolingbroke ; j'ai trouvé que leur affection est toujours la même et avait même grandi an proportion de mon infortune ; ils m'ont tout offert leur argent, leur maison ; mais j'ai tout refusé parce qu'ils sont lords, et j'ai tout accepté de M. Faulkener parce que c'est un simple particulier .
J'avais l'intention tout d'abord d'imprimer notre pauvre Henri 8 à Londres à mes frais ; mais la perte de mon argent a fâcheusement mis fin à mon projet . Je me demande si je ferai l'essai d'une souscription patronnée par la Cour . Je suis fatigué des cours, mon cher Thieriot . Tout ce qui est roi ou dépend d'un roi épouvante ma philosophie républicaine . Je ne veux pas tremper mes lèvres à la coupe de l'esclavage sur la terre de la liberté .
J'ai écrit librement à l'abbé Desfontaines, c'est vrai, et j'agirai toujours de même, n'ayant aucune raison de me contraindre 9. Je ne crains , je n'espère rien de votre pays . Tout ce que je désire c'est de vous voir un jour à Londres . Je me plais à vivre dans cet espoir ; si ce n'est qu'un rêve, laissez-moi en jouir, ne me désabusez pas, laissez-moi croire que j’aurai le plaisir de vous voir à Londres, vous assimilant l'esprit vigoureux de cette inexplicable nation . Vous traduirez mieux leurs pensées étranges, lorsque vous vivrez au milieu d'eux . Vous verrez une nation dévouée à la liberté, savante , spirituelle, méprisant la vie et la mort, une nation de philosophes ; ce n'est pas qu'il n'y ait pas quelques sots en Angleterre, chaque pays a ses fous ; il se peut que la sottise française soit plus agréable que la folie anglaise, mais par Dieu la sagesse anglaise et l'honnêteté anglaise sont supérieures à ce que vous avez chez vous . Je vous ferai connaître un jour le caractère de cet étrange peuple 10, mais il est temps de mettre fin à mon bavardage anglais . Vous prendrez, je le crains, cette longue épître pour quelqu'un de ces ennuyeux livres anglais que je vous ai conseillé de ne pas traduire . Avant de fermer ma lettre, je dois vous dire pourquoi j'ai reçu la vôtre si tard ; c'est la faute de mon correspondant de Calais, maître Dunoquet . Aussi, désormais, vous devez m'adresser vos lettres chez lord Bolingbroke , à Londres . C'est plus court et plus sûr . Dîtes à tous ceux qui veulent m'écrire de se servir de cette adresse .
J'ai tant écrit sur la mort de ma sœur 11 à ceux qui m'avaient écrit à ce sujet que j'oubliais de vous en parler . Je n'ai rien à vous dire sur ce malheur, sinon que vous connaissez mon cœur et ma manière de penser . J'ai pleuré sa mort et je voudrais être avec elle . La vie n'est qu'un rêve avec de fréquents accès de folie et plein de misères réelles ou imaginaires . La mort nous réveille de ce rêve pénible et nous donne soit une existence meilleure, soit pas d’existence du tout 12 . Adieu . Ecrivez-moi souvent . Comptez sur mon exactitude à vous répondre lorsque je serai fixé à Londres .
Ecrivez-moi quelques lignes en anglais, afin que je puisse juger de vos progrès dans cette langue .
J'ai reçu la lettre du marquis de Villars 13 et celle qui est venue de Turquie par Marseille 14.
J'ai oublié le roman dont vous parlez ; je ne me souviens pas avoir jamais fait de vers à ce sujet ; oubliez cela, oubliez tous ces délires de ma jeunesse ; pour moi j'ai bu l'eau du Léthé ; je ne me souviens de rien sauf de mes amis . »
1 V* est venu clandestinement en France vers le 20 juillet pour tenter encore de se venger du chevalier de Rohan, responsable de son embastillement et de son exil, et aussi pour chercher de l'argent .
2 Anthony Mendes da Costa ; ici commence la rétrospective des débuts de son séjour en Angleterre à partir de mai 1726 .
7 Le négociant Everard Fawkener , un des dirigeants d'une importante maison d'import-export . En rentrant à Londres en 1725, celui-ci s'était arrêté à Paris et y avait rencontré V* . En 1726 il accueille dans sa propriété de Wandsworth l'exilé qui y reste de juin à octobre .
8 La Henriade ; sur l'impression,
voir lettres à Mme de Bernières du 7 octobre 1722 :http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/10/07/j-y-passe-ma-vie-entre-le-travail-et-le-plaisir.html
et du 20 décembre 1723 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/12/19/je-vais-vendre-tous-mes-meubles-cette-semaine-pour-payer-des.html
9 Dans sa lettre du 16 août, Thieriot l'avait mis en garde : « Ce scélérat d'abbé Desfont... dit que vous ne lui avez jamais parlé de moi qu'en termes outrageants … Il gagne par an plus de mille écus par ses infidélités … Il avait fait contre vous un ouvrage satirique dans le temps de Bicêtre que je lui fis jeter dans le feu et c'est lui qui a fait une édition du poème de La Ligue dans lequel il a inséré des vers satiriques de sa façon ... »
11 Mme Marguerite-Catherine Mignot, -mère du futur abbé Mignot, de celle qui deviendra Mme Marie-Elisabeth de Fontaine, et de la future Mme Marie-Louise Denis,- était morte le 10 août, la nouvelle parvenant à V* le 25 ou 26 août .

Desenfrenado Disparate (Sottise Déchainée), de Goya
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