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27/01/2025

Que faire donc encore une fois ? Ne se plaindre de personne pour ne se point faire de nouveaux ennemis

... Bref résumé de ce que Linagora déclare après des débuts pénibles et indésirables de leur lucie.chat : pas de miaulements ni ronrons mais des couacs ! https://lucie.chat/

Voir : https://www.francetvinfo.fr/internet/intelligence-artificielle/erreurs-factuelles-absence-de-moderation-les-debuts-rates-de-l-intelligence-artificielle-francaise-lucie-moquee-sur-les-reseaux-sociaux_7037849.html

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Pas de petits fours, mais un four complet, poor Lucie

 

 

"A Marie-Louise Denis

22 juillet [1769]1

Ma chère amie, mon indignation redouble chaque jour sur l’aventure des lettres et des derniers chapitres . Comment n'avez-vous pas remarqué que dans une de ces lettres il semble que le comte du Châtelet soit mon fils ? il était pourtant né avant que je connaisse sa mère . Vraiment, ce serait là le dernier coup dans les circonstances où la fortune se plaît à me placer . Plus je réfléchis sur cette complication d'infidélités et de dangers, plus je me dis qu’il faut me taire car si je crie "On m'a volé, on m'a falsifié ! ... -- Ah Ah, me répondra -t-on, ces choses-là sont donc de vous !" Que faire donc encore une fois ? Ne se plaindre de personne pour ne se point faire de nouveaux ennemis , mieux serrer ses papiers ; condamner hautement des chapitres détestables auxquels il est impossible qu'un homme instruit et qui sait un peu écrire ait la moindre part .

Peut-être faudra-t-il un jour engager doucement l'infidèle 2 à rendre d'autres papiers plus importants dont il s'est emparé . mais je suis très sûr qu'à présent il ne faut pas le pousser à bout. Il faut même avoir pitié de lui . M. le duc de Choiseul lui ôterait la pension dont il l'honore et qui est sa seule ressource pour lui et pour sa femme . L'indiscrétion, la mauvaise éducation, la pauvreté et non la mauvaise volonté lui ont fait commettre une assez méchante action .Ensevelissons nous dans le plus profond oubli . Il sera comme Crispin 3 , quelquefois honnête homme et quelquefois fripon . D'ailleurs je n'ai que ma certitude, mais nulle preuve que je puisse alléguer . Quand j'en aurais, je me tairais encore . Ce serait un fracas de tracasseries, une source d'horreurs qu'on ferait naître, si on laissait seulement tomber sur lui des soupçons . Tout cela est triste, me direz-vous . Oui sans doute, mais il me semble qu’on peut s'en tirer avec son innocence, des amis, et un peu d'attention. Il me semble qu'on peut tout réparer en peu de temps ; et qu'on a pris toutes les précautions nécessaires . MM. de Jaucourt et de Schomberg, favoris de M. le duc de Choiseul, lui ont écrit de Ferney sans même m'en prévenir 4 . M. Marin parlera sans doute à M. de Sartines et monsieur le chancelier .

Votre neveu peut aisément désabuser ses confrères . Mon petit billet à M. Marin me parait très convenable . On en peut faire cent copies . Il en faut surtout aux avocats généraux 5 . Voilà, je crois, , les emplâtres qu'on doit mettre sur les blessures que ma facilité et le hasard m'ont faites . J'ajuste sans peine l'affaire de la Duchesne .

J’espère qu'on n'annoncera 6 rien . Je n'aurais pas à présent de quoi me faire enterrer . Je prie Messieurs d’attendre . Bonsoir ma chère amie . J'oubliais de vous dire que j'ai fait pour M. d'Argental ce que j'ai pu ."

1 Manuscrit olographe . La date est de la main de Mme Denis .

3 Rôle du personnage de la Comédie-Française qu'on dit avoir été inventé par Raymond Poisson ; c'est celui d'un valet ingénieux et pas très scrupuleux . V* peut penser spécialement au Crispin de Crispin rival de son maître, de Le Sage, 1707 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Crispin_rival_de_son_maître

et https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&opi=89978449&url=https://www.goodreads.com/book/show/22679745-crispin-rival-de-son-ma-tre-com-die&ved=2ahUKEwjx0NLyrpSLAxW0xQIHHY9eJA0QFnoECBcQAQ&usg=AOvVaw3wjd5mVvgnRgKbwVORGqat

4 Cette lettre n'est pas connue .

5 Les mots Il en faut surtout aux avocats généraux sont placés en interligne ; voir lettre à d'Argental du 22 juillet 1769 .

6 V* semble utiliser le mot au sens légal "en vue d'une saisie".

26/01/2025

Théologal insupportable, Quel dogme nous annonces-tu ! Moins de dogme, et plus de vertu : Voilà le culte véritable

... Entends-tu Trump, faux jeton, chrétien en peau de lapin ?

 

 

"A Paul-Claude Moultou

à Genève

22è juillet 1769 1

Mon cher philosophe, notre Zurichois 2 ira loin. Il marche à pas de géant dans la carrière de la raison et de la vertu. Il a mangé hardiment du fruit de l’arbre de la science, dont les sots ne veulent pas qu’on se nourrisse, et il n’en mourra pas. Un temps viendra où sa brochure sera le catéchisme des honnêtes gens. On dira à tout théologien :

Théologal insupportable,
Quel dogme nous annonces-tu !
Moins de dogme, et plus de vertu :
Voilà le culte véritable .3

Je vous embrasse toujours en Zaleucus, en Confucius, en Platon, en Marc-Aurèle, et non en Augustin, en Jérôme, en Athanase.

V."

1 Manuscrit olographe sauf l’adresse . Moultou a porté sur le manuscrit : "Voilà mon cher ami la lettre de M. de Voltaire. Elle est de sa propre main . Je vous embrasse de tout mon cœur. N'oubliez pas mon cher Garcin. Il est à Paris. Embrassez-vous bien pour moi et en moi comme les deux meilleurs amis de mon cœur et Mme de V. Qu’elle se trompe sur mon compte ! elle ne m'est que trop chère . Le 22 juillet ." . Il adressait sa lettre à "Mme de Vermenoux la jeune pour M. Meister / rue des Petits-Champs vis-à-vis / de M. Saint-Julien / à Paris."

3 Voltaire a déjà cité ces vers dans une autre version dans ses Remontrances du corps des pasteurs de Gévaudan à A.-J. Rustan ; voir  : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_Œuvres_com...

25/01/2025

On s’en est servi, on a suppléé, on a ajouté, on a broché, brodé comme on a pu . On a vendu le tout

... Paroles de sénateur après avoir adopté le projet de loi des finances : https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/textes-legisl...

Qu'on se le dise !

 

 

"A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

22 juillet [1769]

Mon cher ange, sur votre lettre du 13, je vous renvoie à Mme Denis. Je lui ai confié une partie du mystère d’iniquité 1. Je ne l’ai su que par elle. En vérité tout est un jeu de hasard dans ce monde, ou peu s’en faut.

La Duchesne, bonne imbécile, consulte Mme Denis sur un recueil de mes lettres 2 qu’on lui a vendu, et qu’elle veut imprimer. Je ne reçois ce beau recueil par Mme Denis 3 que le 19 du mois. Je vois alors qu’on m’a volé beaucoup de manuscrits, et entre autres ces lettres, peu faites assurément pour voir le jour, et un gros manuscrit de recherches sur l’histoire, par ordre alphabétique. La lettre P était fort ample 4. On s’en est servi, on a suppléé, on a ajouté, on a broché, brodé comme on a pu . On a vendu le tout.

L’auteur 5 de toute cette manœuvre m’est assez connu, mais je dois absolument me taire. On me dirait : « Vous avouez qu’on vous a volé ces lettres : donc elles sont de vous ; vous avouez qu’on vous a volé le recueil P : donc il est de vous. » De plus, que de noirceurs nouvelles on ajouterait à la première ! on ne s’arrête pas dans le chemin du crime. Cette affaire deviendrait un labyrinthe horrible dont je ne pourrais me tirer. Je n’ai que la certitude entière qu’on a trahi l’hospitalité. Je n’ai point de preuves juridiques, et, quand j’en aurais, elles ne serviraient qu’à me plonger dans un abîme, et les cagots m’y égorgeraient à leur plaisir.

Je n’ai donc d’autre parti à prendre que celui de me justifier sans accuser personne.

Je vous jure, mon cher ange, que je n’ai pas la moindre petite part à ces derniers chapitres. Je les trouve croqués, plats, faux, ridicules, insolents, et je le dis, et je ferai encore plus.

Ce petit mot écrit a M. Marin 6 me paraît déjà un léger appareil sur la blessure qu’on m’a faite. Il me semble qu’on ne peut trop faire courir mon billet à M. Marin chez les personnes intéressées. Je voudrais que M. l’abbé de Chauvelin en eût 7 des copies, et qu’on en donnât aux avocats généraux. Mon neveu d’Hornoy 8 peut y servir beaucoup. On a déjà prévenu les coups que l’on pourrait porter du côté de la cour. Je compte sur la voix de mes anges, beaucoup plus que sur tout le reste. Elle est accoutumée à soutenir la vérité et l’amitié ; elle a toujours été ma plus grande consolation. J’ai résisté à des secousses plus violentes. J’ai pour moi mon innocence et mes anges ; je puis paraître hardiment devant Dieu.

Ah ! mon cher ange, que me dites-vous sur le bonheur que j’ai eu de vous offrir 9 un petit service . Vous êtes mille fois trop bon.

V."

2 Je n’ai pas connaissance que ce recueil de lettres ait été imprimé. (Beuchot.)

3 Ces trois mots sont une addition interligne sur le manuscrit.

4 L’Histoire du Parlement de Paris.

5 Voltaire veut parler de La Harpe, qui, en 1768, lui avait dérobé quelques manuscrits ( voir page 17 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_Œuvres_complètes_Garnier_tome27.djvu/ ); mais La Harpe n’était pour rien dans la publication de l’Histoire du Parlement.

Voir lettre du 8 juillet à Mme Denis .

6 Lettre à Marin du 5 juillet 1769 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/01/06/la-multitude-des-ouvrages-inutiles-est-si-immense-que-la-vie-6529896.html

7 V* a corrigé en eût en et que les avocats généraux en eussent . Il est revenu ensuite au texte initial .

8 Conseiller au parlement.

9 Voltaire lui avait prêté 10,000 francs.

Voir lettre du 7 juillet 1769 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/01/08/vous-ne-sauriez-croire-quelle-consideration-le-ministere-de-france-a-chez-l.html

24/01/2025

Cette aventure est une noirceur effroyable

... Je n'ose en citer une plus qu'une autre tant il y en a chaque jour relatées dans les media , lesquels media vivent de ces horreurs .

 

 

"Au chevalier Jacques de Rochefort d'Ally

20 juillet 1769

Je n’ai que le temps, monsieur, de vous envoyer ce papier, que je reçois dans le moment au départ de la poste. J’aurai l’honneur de vous écrire incessamment plus en détail. Cette aventure est une noirceur effroyable. La lettre à M. Marin 1 le fait voir assez, et j’en ai d’ailleurs les preuves les plus indubitables. Je suis indigné autant que vous de l’injustice qu’on fait à notre ami. Il ne faut pas souffrir une pareille injustice. Il m’a mandé qu’il aurait l’honneur de vous écrire incessamment ; mais je sais qu’il est actuellement si malade qu’il faut lui pardonner s’il ne vous écrit pas par cet ordinaire.

J’ai l’honneur d’être avec tous les sentiments que vous me connaissez, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

V."

1 La lettre du 19 juillet 1769 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/01/22/j-ai-toujours-remarque-qu-on-ne-lisait-point-qu-on-parcourai-6532129.html. La présente lettre à Rochefort est aussi relative à l’Histoire du Parlement.

il vaut encore mieux cultiver son jardin que d'admirer ceux des rois

... Et ainsi pratiquer une culture raisonnée et participer à la lutte contre le réchauffement climatique, même si c'est à une mesure modérée, c'est toujours ça de fait .

 

 

"A Marie-Jeanne Pajot de Vaux 1

A Ferney 20 juillet [1769]

J'ai l'air d'un ingrat madame ; je vous jure que je ne le suis pas . J'avais égaré votre lettre et je croyais vous avoir répondu . Je m'imaginais que je n'avais pu manquer à un devoir qui m’est si cher . Je vous demande en grâce de me pardonner mon péché d'omission et d'être bien persuadée que mon cœur ne sera jamais coupable envers vous . Le cœur est tout ce qui reste aux pauvres vieillards et le mien est encore jeune pour l'amitié . Vous avez vu Paris et Versailles mais il vaut encore mieux cultiver son jardin que d'admirer ceux des rois, c'est ainsi qu'en use monsieur votre frère avec sa femme . Ils font valoir Maconney comme je fais valoir Ferney . Mme Denis est toujours à Paris où ses affaires la retiennent jusqu'à ce que je puisse la rejoindre . Voila je crois bientôt le temps où M. de Vaux pourra demander la vétérance . Mais le moment n'est pas encore venu . J'espère qu'un jour le chancelier ne sera pas si difficile que la garde des Sceaux son père . Peut-être dans six mois je serai à portée de solliciter cette grâce . Ce sera la plus pressante de mes affaires .

Je n'ose plus me recommander aux bonnes grâces de mon cher Pâté, je me mets aux pieds de madame de Vaux .

V."

1 Sœur de Pierre-Jacques-Claude Dupuits .Voir : https://www.wikidata.org/wiki/Q103883327

23/01/2025

Je ne suis pas homme d’ailleurs à demander un billet pour assister à la fête ; je ne vous parle qu’en bon citoyen qui ne songe qu’au plaisir des autres

... C'est ce que disent hypocritement tous les politicards ( en tout cas les Français ) qui n'ont pas été invités à assister à l'intronisation trumpienne . Ils ne pourront pas bicher comme des poux en l'évoquant, et c'est tant mieux . Trump en grand Guignol a montré ce qui lui importe et ses effets de manches ne trompent pas la justice qui va corriger ses dictatures  : https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/trump-decrets-choc-entre-application-immediate-et-obstacles-juridiques-28764761.html

Il y a des limites , même au Great again !

 

 

 

"A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

À Ferney, 19è juillet 1769

Ce n’est point aujourd’hui à monsieur le doyen de notre Académie, c’est au premier gentilhomme de la chambre que je présente ma requête. Je vous jure, monseigneur, que la musique de Pandore est charmante, et que ce spectacle ferait le plus bel effet du monde aux yeux et aux oreilles . Il n’y avait certainement qu’un grand opéra qui pût réussir dans la salle du Manège, où vous donnâtes une si belle fête aux noces de la première dauphine ; mais la voûte était si haute que les acteurs paraissaient des pygmées ; on ne pouvait les entendre. Le contraste d’une musique bruyante avec un récit qui était entièrement perdu faisait l’effet des orgues qui font retentir une église quand le prêtre dit la messe à voix basse. Il faut, pour des fêtes qui attirent une grande multitude, un bruit qui ne cesse point, et un spectacle qui plaise continuellement aux yeux. Vous trouverez tous ces avantages dans la Pandore de M. de La Borde, et vous aurez de plus une musique infiniment agréable, qui réunit, à mon gré, le brillant de l’italien et le noble du français.

Je vous en parle assurément en homme très désintéressé, car je suis aveugle tout l’hiver, et presque sourd le long de l’année. Je ne suis pas homme d’ailleurs à demander un billet pour assister à la fête ; je ne vous parle qu’en bon citoyen qui ne songe qu’au plaisir des autres.

De plus, il me semble que l’opéra de Pandore est convenable aux mariages de tous les princes 1, car vous m’avouerez que partout, il y a de grands malheurs ou de grands chagrins mêlés de cent mille petits désagréments. Pandore apporte l’amour et l’espérance, qui sont les consolations de ce monde et le baume de la vie. Vous me direz peut-être que ce n’est pas à moi à me mêler de vos plaisirs, que je ne suis qu’un pauvre laboureur occupé de mes moissons, de mes vers à soie, et de mes abeilles ; mais je me souviens encore du temps passé, et, si je ne peux plus donner de plaisir, je suis enchanté qu’on en ait.

Mme de Fontaine-Martel, en mourant, ayant demandé quelle heure il était, ajouta : « Dieu soit béni ! quelque heure qu’il soit, il y a un rendez-vous. »

Pour moi, je n’emporterai que le regret d’avoir traîné les dernières années de ma vie sans vous faire ma cour ; mais je vous suis attaché comme si je vous la faisais tous les jours.

Agréez le tendre respect de V."

1 Voir une note de la lettre du 31 juillet 1769 à d'Argental : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1769/Lettre_7616

Lors du mariage du dauphin et de Marie-Antoinette, dont il était question depuis longtemps (voir lettre du 16 décembre 1768 à Mme Denis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/06/20/je-ne-songe-a-present-qu-a-rebatir.html ) et qui n'eût lieu que le 16 mai 1770 .

22/01/2025

j’ai toujours remarqué qu’on ne lisait point, qu’on parcourait avec négligence, et qu’on jugeait au hasard

... On peut le dire au présent ; mon pauvre Voltaire si tu pouvais lire ce qui se dit à jet continu sur les réseaux-dits-sociaux, tu n'en reviendrais pas que tant d'énergie soit dépensée pour donner de si lamentables éructations .

 

 

"A François-Louis-Claude Marin

A Ferney 19 juillet 1769 1

Je n’avais point achevé, monsieur, la lecture de l’Histoire du Parlement, lorsque je vous mandais 2 que cet ouvrage me paraissait très superficiel, et d’ailleurs un plagiat presque continuel. Mais je vous avoue que les derniers chapitres m’ont paru aussi indécents que faux et mal écrits. Qu’est-ce qu’un supplice perpétré ? Qu’est-ce qu’un départ pour son exil ? Qu’est-ce qu’un procès à faire à Damiens 3 ? Je ne connais guère de plus mauvais style que celui de ces derniers chapitres : ils ne paraissent pas de la même plume 4 que les premiers ; et ils sont si mauvais en tout sens qu’ils ne méritent pas qu’on les réfute. Si on lisait avec quelque attention, si tous les lecteurs étaient aussi judicieux que vous, on ne m’imputerait pas de telles rapsodies ; mais j’ai toujours remarqué qu’on ne lisait point, qu’on parcourait avec négligence, et qu’on jugeait au hasard. Rien ne peut égaler l’indignation où je suis, ni ma sincère amitié pour vous."

1 Copie envoyée à Mme Denis ; autre copie envoyée à d'Hornoy . Ed. Lettres inédites . La date est donnée seulement par la seconde des deux copies .

3 Voltaire, qui relève ces phrases, n’a pas changé la seconde ; voir page 96 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_Œuvres_complètes_Garnier_tome16.djvu/106

4 Ed. : main