21/02/2024
La liberté est le premier de nos droits, et l’amitié la plus grande de nos consolations
... Pas mieux .
« A François-Louis Allamand 1
à Corzier
près de Vevey
A Ferney 8è juillet 1768
Il ne peut y avoir rien de neuf pour vous, monsieur, dans les petits écrits dont vous me parlez, pas même l'aventure d'Aaron, de la bonne femme et de sa brebis 2. Ainsi je soupçonne que ces bagatelles n'ont pas été faites pour vous, mais apparemment pour les jeunes garçons catholiques qu'on veut empêcher de se faire moines, et pour de jolies filles qu'on craint de voir s'enterrer toutes vivantes dans un cloître . J'imagine du moins que c'est là le projet des auteurs de ces plaisanteries . Pour moi, monsieur, qui ne suis qu'un vieux solitaire assez malade et point du tout plaisant, je serai charmé de m'instruire avec vous quand vous me ferez l'honneur de venir dans mon ermitage . Vous y serez libre comme chez vous . La liberté est le premier de nos droits, et l’amitié la plus grande de nos consolations .
J'ai l'honneur d'être, avec une grande envie d'être votre ami,
monsieur
votre très humble et très obéissant serviteur
V. »
1 Voir : https://lumieres.unil.ch/fiches/bio/18/
et : https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/025828/2001-04-25/
et : https://serval.unil.ch/resource/serval:BIB_4DE80EF447D8.P001/REF.pdf
2Voir la Profession de foi des théistes : https://fr.wikisource.org/wiki/Profession_de_foi_des_th%C3%A9istes/%C3%89dition_Garnier
11:02 | Lien permanent | Commentaires (0)
C'est la manière la plus sûre, la plus commode et la plus prompte
... selon l'avis de l'Inrae , pour réduire de 55% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 , le Green Deal est à mettre en route aussitôt : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-billet-vert/agroalimentaire-le-green-deal-juge-pertinent-par-des-chercheurs-en-ce-qui-concerne-le-climat-et-la-sante-des-consommateurs_6348841.html
« A Charles-Henri-Chrétien Rosé
Vous pouvez, monsieur, m'envoyer les sept mille francs en or par le carrosse de Bâle et de Berne à Versoix, qui passe à ma porte . C'est la manière la plus sûre, la plus commode et la plus prompte . Les frais en sont médiocres et vous les portez en compte à la chambre de Montbéliard, ainsi que les ports de lettres .
J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire.
Au château de Ferney pays de Gex par Versoix 5 juillet 1768. 1»
1 Original signé ; édition Mossmann . Endos : « Reçu le 14è / répondu le 16è étant à Bâle . »
Voir autres lettres de V* à Rosé : https://collections.geneve.ch/gazette-delices/15/pdf_15/15_voltaire.pdf
10:41 | Lien permanent | Commentaires (0)
Je suis tenté de jeter dans le feu tout ce que j’ai fait, quand je le relis
... Paroles d'influenceu.r.se qui revient à la réalité , s'il lui reste un once de bon sens ! Vite qu'il.elle cède à la tentation !
L'influenceur.ceuse , qu'est-ce que c'est aujourd'hui ? https://www.e-marketing.fr/Thematique/influences-1293/etude-barometre-2218/Breves/Portrait-robot-de-l-influenceur-en-2024-399786.htm

« A Michel-Paul-Guy de Chabanon, de
l'Académie des belles-lettres
rue du Doyenné Saint-Louis du Louvre
à Paris
4è juillet 1768 par Lyon et Versoix
Je devrais déjà, mon cher confrère, vous avoir parlé d’Hiéron, du Rhodien Diagoras et de tous les beaux écarts de votre protégé Pindare. Je vois, Dieu merci, qu’il en était de ce temps-là comme du nôtre. On se plaignait de l’envie en Grèce ; on s’en plaignait à Rome ; et je m’en moque quelquefois en France . Mais ce qui me fait plus de plaisir, c’est que je vois dans vos vers énergie et harmonie. Ce n’est pas assez, mon cher ami, pour la muse tragique, non satis est pulchra esse poemata ; dulcia sunto et quocumque volent animum auditoris agunto 1.
On dit que nous aurons des actrices l’année qui vient. Vous aurez tout le temps de mettre Eudoxie dans son cadre. Faites comme vous pourrez, mais je vous conjure de rendre Eudoxie prodigieusement intéressante, et de faire des vers qu’on retienne par cœur sans le vouloir. Ce diable de métier est horriblement difficile. Je suis tenté de jeter dans le feu tout ce que j’ai fait, quand je le relis : Jean Racine me désespère. Quel homme que ce Jean Racine ! comme il va au cœur toujours tout droit !
Je suis bien mauvais correspondant 2; les travaux et les maladies dont je suis accablé m’empêchent d’être exact, mais ne dérobent rien à la sensibilité avec laquelle je vous aimerai toute ma vie. »
1 Horace, Art poétique , v. 99-100 . Ce n'est pas assez que les poèmes soient beaux, il faut qu'ils soient intéressants et qu'ils mènent l'âme de l'auditeur là où ils le veulent .
2 C'est pourtant la septième lettre à Chabanon en trois mois .
01:14 | Lien permanent | Commentaires (0)
20/02/2024
Je crois qu’il restera dans mon voisinage, c’est du moins une victime arrachée à la gueule du fanatisme
... Il serait bon qu'enfin Julian Assange entende ces paroles britanniques et échappe définitivement aux mains des USA, champions du monde de l'hypocrisie et challengers top niveau pour le titre de menteurs officiels. Ils ont tellement de choses sordides à cacher que leur mise au grand jour les effraie , le bullshit pue et tache le drapeau étoilé . Poutine lui, tue directement ses opposants ; les USA bâillonnent les leurs et les enferme à vie , les tue à petit feu , ce qui n'est guère mieux . Ce qui au fond n'est guère étonnant d'un pays qui a élu un Trump sans sourciller et en redemande .
https://www.youtube.com/watch?v=AfpSRnahQig&ab_channe...
https://www.lemonde.fr/international/article/2024/02/20/j...
« A Jean-Baptiste-Jacques Élie de Beaumont
Avocat au Parlement
rue Pavée près de la rue Hautefeuille
à Paris
3è Juillet 1768 à Ferney par Lyon et Versoix 1
Je ne vous ai pas encore remercié, mon cher Cicéron ; ce n’est pas que mon cœur ne soit pénétré de vos bontés , mais c’est que j’ai été bien malade.
Vous avez donc deviné A et B 2. Personne assurément ne sait mieux son alphabet que vous. Il est très clair que B sera déshonoré dans sa compagnie, dans sa province, et auprès du Conseil du roi. Il y aurait assurément un factum très plaisant à faire contre M. le président. On pourrait le couvrir à la fois d’opprobre et de ridicule. Mais je tenterai auparavant toutes les voies de la conciliation. Je ne suis à craindre que quand je suis poussé à bout. J’ai actuellement des choses un peu plus pressées.
Quoi ! vous trouvez que c’est un mal d’exister, quand vous existez avec madame de Beaumont ? Il faut donc que vous ayez eu quelque nouveau chagrin que vous ne me dites pas. Mais une telle union doit changer tous les chagrins en plaisirs ; et que ferai-je donc, moi, qui ai la calomnie à combattre depuis environ cinquante ans, et qui suis persécuté par la nature autant que par la méchanceté des fanatiques ?
Je vois que vous voulez choisir un sujet qui puisse flatter un roi du Nord. La bienfaisance est une belle chose ; mais il y a des pays où l’on ne connaît guère les bienfaits et où l’on ne fait que des marchés.
Je voudrais bien savoir quel est notre concitoyen qui a remporté le prix à Pétersbourg ; le sujet était cette question : S’il est avantageux à un État que les serfs deviennent libres, et que les cultivateurs travaillent pour eux-mêmes. C’était là un sujet digne de vous ; mais quelque problème que vous vous amusiez à résoudre, vous rendrez toujours service aux hommes quand vous écrirez.
Je ne crois pas que Sirven puisse tenter par autrui la réhabilitation de sa femme, qu’il n’ose pas entreprendre lui-même. Il n’a point, du moins jusqu’à présent, trouvé de parent qui veuille s’exposer à se faire dire, par le parlement de Toulouse : « De quoi vous avisez-vous de prendre parti dans une affaire où les condamnés tremblent de paraître ? ». Je crois qu’il restera dans mon voisinage, c’est du moins une victime arrachée à la gueule du fanatisme.
Adieu, mon très cher Cicéron ; ma lettre est courte, mais je suis encore bien languissant. Un corps faible de soixante-quinze ans n’est pas fort alerte. Adieu, couple aimable, que j’ai eu le malheur de ne point voir, et auquel je suis attaché autant que ceux qui jouissent de ce bonheur. »
1 Original, cachet « de Lyon » ; édition Cayrol.
2 Voir lettre du 25 mai 1768 à Mme Denis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/01/16/rien-ne-presse-mais-vous-ferez-ce-qui-vous-paraitra-convenable.html
10:32 | Lien permanent | Commentaires (0)
Il consultera l'affaire qui lui est recommandée et il emploiera tout son zèle
... La balle est dans le camp de Stéphane Séjourné, ministre des Affaires étrangères qui vient de convoquer l'ambassadeur russe suite au meurtre poutinien d'Alexeï Navalny : https://www.20minutes.fr/monde/russie/4077163-20240219-mo...
Poutine, tu as tué un homme de trop , ton tour arrive plus vite que tu ne crois .
« A Jean-Jacques Clavière
[2 juillet 1768 ?] 1
Le malade de Ferney ne peut donner à monsieur Clavière et à son ami que le temps du dîner demain dimanche . Il consultera l'affaire qui lui est recommandée et il emploiera tout son zèle. »
1Minute au bas d'une autre minute (lettre du 29 juin 1768 à Dutens : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/02/11/il-y-a-encore-loin-de-la-a-la-verite-demontree-6484793.html )
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
19/02/2024
Je vous supplie ... de vouloir bien me continuer vos attentions obligeantes
... Volodymyr Zelensky à Emmanuuel Macron lors de son passage à l'Elysée .
Le sang coule interminablement en Ukraine comme en cent autres pays : https://www.tf1info.fr/international/en-direct-guerre-ukraine-russie-la-situation-aujourd-hui-entre-zelensky-et-poutine-avdiivka-les-informations-du-dimanche-18-fevrier-2024-2286543.html

« A Gaspard-Henri Schérer
[à messieurs Schérer, Banquiers
à Lyon]
Voici, monsieur, une lettre de change de quinze cent vingt-six livres 12s 6d sur Lyon . On s'était trompé en vous envoyant une lettre qui était sur Genève . Je vous supplie de faire porter celle-ci sur votre livre et de vouloir bien me continuer vos attentions obligeantes.
J’ai l'honneur d'être,monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire.
2è juillet 1768 à Ferney par Versoix.1 »
1 Original signé, mention « Versoix ». Endos « reçue le 3 ».
10:46 | Lien permanent | Commentaires (0)
Quand il fut fouillé en entrant à Paris, il dit bêtement que ce paquet contenait des livres . Tout fut saisi
... On ne plaisante pas avec la douane, main armée de notre fisc national : https://www.youtube.com/watch?v=QgHMLQUe_eA&ab_channe...
« A Marie-Louise Denis
chez Monsieur d'Hornoy
Conseiller au Parlement
rue d’Anjou au Marais
à Paris
[Vers le 1er juillet 1768]1
La malédiction, ma chère nièce, est sur les paquets confiés aux Genevois qui vont à Paris . Vous aurez su probablement que ce neveu de Delorme que j'avais chargé d'une lettre pour vous avait enfermé cette lettre dans un paquet de brochures qu'un de ses amis lui avait confié à Genève pour MM. D’Alembert et Damilaville . Quand il fut fouillé en entrant à Paris, il dit bêtement que ce paquet contenait des livres . Tout fut saisi . Les livres ne me regardent pas, je n'en ai jamais envoyé ; je suis assez occupé du Siècle de Louis XIV, et de celui de Louis XV, mais je suis très affligé qu'une lettre qui n'était que pour vous soit tombée dans les mains des commis de la douane . Je sais que Damilaville est instruit de ce fait il y a plus d'un mois ; il ne m'en a rien mandé et je ne l'apprends que d'aujourd'hui . J'ai peur qu'il n'en arrive autant à M. Necker qui est chargé d'une lettre pour vous 2, d'une pour M. d'Hornoy 3 et d'une autre pour M. de Laleu 4. J'écris à son frère le banquier, rue de Cléry à Paris, et je le supplie de prendre les précautions nécessaires . Il se peut que les correspondants de Damilaville l'aient chargé de quelque brochure que je ne connais pas et que le tout soit ensemble . Je ne mêle point, encore une fois, des brochures, mais pour le paquet de lettres qui vous était adressé , il faut vous le faire rendre, soit par les commis de la douane, soit par la chambre syndicale des libraires . Briasson est de cette chambre, c'est mon ami , il demeure rue saint-Jacques, il pourra aisément vous servir si vous lui faites écrire un mot de ma part . Tous ces contretemps sont bien cruels, la poste est devenue un piège, on est privé de la consolation de dire ce qu'on pense à ses amis , cela empoisonne la vie . Je n'ai point encore reçu de réponse de M. de Saint-Florentin au sujet de la tracasserie ridicule qu'on m'avait faite 5. Les épines piquent de tous les côtés ; je ne m’en porte pas mieux . Une santé faible dans un âge avancé succombe bien vite . Jouissez ma chère nièce de Paris et du repos . Je me flatte que vous êtes quitte de ce malheureux rhumatisme qui ne peut être qu’une maladie passagère .
Adieu, il faut que j’écrive vingt lettres, je n'ai que le temps d'embrasser tout ce qui est avec vous le plus tendrement du monde . »
1 Original, les huit derniers mots avant l'adresse autographes, cachet « de Lyon » . Mme Denis a porté sur la lettre « ce 20 mai », confirmant son habituelle étourderie ; voir notes suivantes .
2 Voir lettre du 24 juin 1768 , avec mention du porteur : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/02/07/il-s-imagine-que-c-est-moi-qui-ai-souleve-tous-les-esprits.html
3 Voir lettre du 24 juin à Dompierre d'Hornoy : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/02/07/un-homme-assez-lache-pour-ajouter-a-tous-ses-infames-procede-6484189.html
4 Voir lettre du 26 juin 1768 à Laleu : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/02/08/je-lui-ai-promis-ce-paiement-et-je-serais-afflige-qu-il-me-t-6484344.html
5 Voir lettre du 29 juin 1768 à Richelieu : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/02/12/vous-savez-mieux-que-moi-ce-qu-il-faut-en-penser.html
La réponse de Saint-Florentin , très brève mais cordiale est datée du 1er juillet 1768 .
10:16 | Lien permanent | Commentaires (0)

