28/02/2024
le mauvais goût paraît enraciné
...Dans la construction d'un nouveau gouvernement . Il n'est qu'à voir le choix de Rachida Dati pour ministre de la Culture, en cours d'examen pour corruption passive et autres délits, et de Mme Oudéa-Castéra modèle étalon de ce qu'il ne faut ni dire ni faire . Sans compter fatalement sur quelques autres bugs à venir .
« A Jacques Lacombe
Libraire Quai de Conti
à Paris
A Ferney par Versoix et Lyon 22 juillet 1768
Enfin donc, monsieur, nous avons un bon Mercure 1. L'ennui que l'autre m'avait causé m''avait forcé d'y renoncer depuis cinq ans : mais puisque vous vous en mêlez je reprends mes engagements . Je vous prie de me compter au nombre de vos souscripteurs . Je sais qu'il y a plusieurs gens de lettres qui ont des pensions sur ce bénéfice ; il n'est pas juste qu'on diminue leur portion . Votre commis pourra quand il voudra se faire payer chez M. de Laleu, secrétaire du roi, notaire, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie .
Il me semble que vous ne perdrez pas votre temps ; le Mercure, L'Avant-Coureur 2, les livres nouveaux, en voilà bien à la fois. Je souhaite que vous ayez autant de succès que vous avez d'esprit et de goût .
Je ne sais si M. de La Harpe a part au Mercure . Je crois que vous ne pourriez avoir un meilleur second .
Si après avoir ressuscité le Mercure avec vous il veut ressusciter le théâtre, ce sera rendre de grands services à la nation ; mais il semble qu'elle ne les mérite guère, tant le mauvais goût paraît enraciné . Je vous exhorte tous deux à combattre courageusement, vous êtes faits pour exterminer les barbouilleurs de mauvaise prose et de mauvais vers .
Je finis ma lettre, de peur de leur ressembler . Comptez, monsieur, sur l'estime et l’amitié d'un solitaire qui n'est plus bon à rien qu’à sentir votre mérite.
V. »
1Voir lettre du 27 mai 1768 à Lacombe : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/01/18/on-n-est-flatte-que-des-suffrages-de-ceux-qu-on-estime-6480900.html
2 Sur l'Avant-Coureur, voir lettre du 10 août 1760 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/11/15/vous-saurez-que-v-se-moque-de-tout-cela-qu-il-rit-tant-qu-il-6277273.html
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27/02/2024
Je vous suis très obligé de m’avoir fait apercevoir de ma faute
... Oui, merci M. Bardella, votre sainteté m'a démasqué, je bats ma coulpe et vous baise les pieds !" Non, on est loin de ce que pense le président Macron .
Ne cherchons plus, nous avons aussi notre Trump national, avec juste le poil mieux peigné et la gueule rasée de près, vrai masque de faux-jeton : admirons son sourire , sur commande, crispé, de commedia dell' arte . Jusqu'à quand ses sympathisants vont ils continuer à l'encenser, et être les enfumés ?

Baratin de camelot, auto-satisfaction
« A Nicolas Christiern de Thy, comte de Milly
A Ferney, 20 Juillet 1768 1
Il y a un mois, monsieur, que je vous dois des remerciements de la lettre dont vous m’avez honoré, si ma vieillesse et mes maladies, qui la rendent très décrépite, me l’avaient permis. Je vois avec un grand plaisir que vous joignez l’étude des lettres à celle de la guerre et que vous rendez l’une et l’autre encore plus respectables par la plus saine morale. Quoique je sois très touché, monsieur, des choses obligeantes que vous me dites, je le suis encore plus de votre philosophie humaine. Il est vrai que j’ai eu l’inadvertance condamnable d’oublier le père Renaud de l’Oratoire 2. Je vous suis très obligé de m’avoir fait apercevoir de ma faute. Je vais la réparer dans une nouvelle édition que l’on fait du Siècle de Louis XIV et du Siècle de Louis XV. Pardonnez, monsieur, à mon triste état, qui a retardé si longtemps les témoignages de tous les sentiments respectueux avec lesquels j’ai l’honneur d’être, etc. »
1 « Trois lettres de Voltaire à M. le comte de M***, lieutenant-colonel d'infanterie », Almanach littéraire, 1785, p. 91.
2 Charles-René Reyneau, dont le nom fut effectivement ajouté à la page 1 de la feuille d'errata à la fin de l’édition de 1768 du Siècle de Louis XIV, vol. 1. Voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3199597/f224.image.r=reyneau
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vos registres valent toutes les signatures
... C'est ce que les élus corses aimeraient qu'on leur dise autour d'une table bien mise à l'invitation de Gérald Darmanin : https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/autonomie-d...
et : https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-su...
Voltaire a connu le rattachement de la Corse à la France, que dirait-il en voyant sa population demander une autonomie qui a pour prétexte des motifs culturels et en réalité obéit à des volontés de cheffaillons qui veulent leur part de gâteau désormais sans contrôle métropolitain . Bella mansa di culi falsi .
« A Guillaume-Claude de Laleu
J’eus l'honneur, monsieur, de vous écrire il y a un mois une longue lettre sur mes affaires 1 dans lesquelles vous avez la bonté de me rendre tant de bons offices . Ayant mis cette lettre avec d’autres dans un paquet dont un Genevois se chargea pour Mme Denis, j'ai lieu de craindre que ce paquet que ma nièce n'a point encore reçu, n'ait été perdu irréparablement . Dans cette crise, je suis obligé de vous répéter qu’ayant promis à ma nièce une pension de vingt mille francs, à commencer au mois de mars de cette année, elle a déjà touché environ vingt-cinq mille livres . Ainsi comme elle m'a laissé pour quinze mille livres de dettes pressantes à payer pour les dépenses journalières de la maison que nous tenions, et que de mon côté j'en dois tout autant, je suis obligé de continuer jusqu'en mars 1769, en cas que je vive, à prendre les trois mille livres par mois que vous avez de rembourser à M. de Laborde .
Je vous marquais, et je vous redis que la générosité de M. de Laborde consiste à m'épargner les frais du change et de la commission qui sont très considérables à Genève, et que vous et M. de Laborde vous êtes les deux hommes de Paris à qui j'ai le plus d'obligation .
On m'a mandé d'Anjou que ce n'est point M. de Maulevrier le père qui me doit la rente que j'avais sur M. d'Estaing, mais que c'est M. de Maulevrier le fils, que les biens du père sont en direction , mais que les biens du fils n'y sont pas . J'ignore combien d'années M. de Maulevrier le fils me doit . Si vous vouliez bien me le mander, monsieur, vous me tireriez d'un grand embarras . Et selon ce qu'on me mande d'Anjou je pourrais être payé . Un mot de vous me mettra au fait .
Il faut encore que je vous dise que ce n'est qu'au mois de mars 1769 que je dois être payé de M. le duc de Virtemberg . Cet arrangement est très solide, tant pour moi que pour ma famille . J'ai fait à la fois son avantage et le mien . Mais en attendant, permettez-moi de vous demander si je pourrais tirer sur vous seulement trois mille livres, une fois payées, indépendamment des mille écus que je reçois par mois des correspondants de M. de Laborde . En ce cas, je tirerais sur vous une lettre de change vers le 1er septembre ; mais ne vous gênez point, et mandez-moi si ces mille écus vous dérangeraient .
Quand à la bonté que vous avez de vouloir terminer un compte, je le tiens tout terminé puisque ce compte est fait par vous, et que vos registres valent toutes les signatures . Mais si vous voulez absolument que M. d'Hornoy le signe, mandez-moi seulement s'il faut que je lui donne une procuration en forme, ou que je lui fasse une simple prière par écrit . Cela me parait fort égal . Tout ceci n'est qu'un arrangement d 'amis .
J'ajoute que je vous envoie un certificat de vie, et que je ne vous en fournirai pas longtemps de pareils .
J'ai l'honneur d'être avec la plus sensible reconnaissance, monsieur votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire.
Au château de Ferney, par Versoix et Lyon, 20è juillet 1768. »
1 Voir lettre du 22 juin 1768 à Laleu : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/02/05/faut-il-une-procuration-en-forme-une-simple-priere-par-ecrit-6483901.html
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26/02/2024
ces persécutions continuelles font perdre un temps précieux
...
« A Michel-Paul-Guy de Chabanon 1
J’ai l’air d’être un ingrat, mon cher ami, mon cher confrère . Vous m’avez envoyé des vers charmants, et je ne vous en ai pas remercié sur-le-champ. Mais songez toujours combien je suis vieux, et par l’âge, et par les maladies. L’envie et la calomnie poursuivent encore ma pauvre vieillesse. On ne m’a point laissé en repos dans ma retraite. Ce qu’il y a de pis, c’est que ces persécutions continuelles font perdre un temps précieux. Je n’en ai pas été moins sensible au charme de vos vers. Il n’y a peut-être qu’une personne qui en puisse être plus touchée que moi, c’est celle à qui ils sont adressés. Si j’étais son mari, je me défierais fort d’un pareil faiseur de compliments.
Vous devez avoir une Princesse de Babylone. Elle viendra sans doute vous voir à votre lever. Si vous voulez bien lui apprendre par quelle voiture il faut qu’elle parte, et à quel intendant des postes il faut qu’elle présente requête, son père vous aimera de toutes ses forces tant qu’il respirera.
V.
20è juillet 1768 par Versoix et Lyon. »
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25/02/2024
personne de son espèce ne vous donnera jamais une parole positive
... Mentir en visitant le Salon de l'agriculture est une seconde nature pour un Bardella , bête à manger du son, tête à claques .
« A Gabriel Cramer
[juillet 1768]
[…] Je vous l'avais bien dit, ni M. de Sar...1 ni personne de son espèce ne vous donnera jamais une parole positive, mais M. Marin vous servira mieux que personne au monde .
Je vous conseille d'envoyer à Rouen, à Bordeaux, à Marseille, en Angleterre, en Allemagne si vous avez des correspondants, et de faire vos affaires sans dépendre de personne .
Ne faites plus de Nouveaux Mélanges, cela est aussi dangereux qu’ennuyeux. »
1 Sans doute Sartines, l'habile lieutenant de police à qui on doit précisément à cette époque ( 1766 ) l'éclairage des rues de Paris . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_de_Sartine
et : https://www.pariszigzag.fr/insolite/histoire-insolite-paris/les-reverberes-une-invention-parisienne
19:35 | Lien permanent | Commentaires (0)
ne me jamais compromettre de quelque manière que ce puisse être
...en évitant de suivre ces abrutissants partis d'extrême droite ou de gauche , et pesant le pour et le contre des autres propositions, sans me faire étiqueter .
« A Gabriel Cramer
Monsieur Cramer m'avait promis qu'il me ferait avoir les lettres et les mémoires de Duplessis-Mornay 1. Il y a un mois que je les attends . Je le supplie de vouloir bien s'en souvenir .
Je me flatte que Chirol se garde bien d'envoyer sous son nom à Paris les malheureux rogatons qu'il reçoit de tous côtés . Je le crois trop honnête homme et trop sage pour me compromettre si mal à propos et si injustement . Je sais qu'il envoie toutes ces misères à M. de Saint-Florentin et à M. de Sartines ; sans doute qu’ils ne les lisent pas . J'attends de l'amitié de monsieur Cramer qu'il exigera du sieur Chirol de ne me jamais compromettre de quelque manière que ce puisse être . Je lui serai infiniment obligé .
Je lui réitère la prière que je lui ai faite, de me faire avoir douze exemplaires brochés du Siècle de Louis XIV.
V.
Mille compliments à monsieur et à madame Cramer.
Dimanche au soir [vers juillet 1768]. »
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Le public veut avoir de la marchandise pour son argent
... Il serait donc bon qu'on ait la possibilité de prendre le train sans interruption compte tenu de la cherté des billets , d'autant plus que bien des grévistes sont indemnisés par leur (riche ) syndicat : https://www.capital.fr/votre-carriere/pendant-la-greve-ce...
« A Gabriel Cramer
[juillet 1768]
Il n'y a rien, Dieu merci, à corriger dans la feuille X . Ainsi on peut la tirer .
Panckoucke m'écrit une lettre lamentable . Il dit qu'on décrie l'édition in-4° mais comment ne pas la décrier ? Le public veut avoir de la marchandise pour son argent . Je crains bien que cette édition n'aille chez la beurrière 1. Si monsieur Cramer avait daigné me consulter ce malheur ne serait pas arrivé . »
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