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06/12/2019

Les gens dont le métier est de faire du mal pourraient abuser de cette conformité

... Philippe Martinez -encore lui- tente encore, chefaillon d'un syndicat à la ramasse, de recruter des grévistes . Que n'essaie-t-il  de recruter des chômeurs pour en faire des travailleurs ? Mais cet homme est plus doué pour la démolition que pour la construction, le mensonge que la vérité, l'illusion que la réalité . Et dire que ce profiteur/fainéant est mieux payé qu'une infirmière : https://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/remuneratio...

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« A Elisabeth-Sophie Gilly, marquise de Jaucourt

Madame la marquise de Jaucourt ayant acheté ce livre à Genève est très humblement suppliée de vouloir bien rendre justice à la vérité . Comme M. le chevalier de Jaucourt veut bien travailler à l'Encyclopédie, et que la persécution excitée contre le Dictionnaire philosophique peut s'étendre jusqu'au dictionnaire de l'Encyclopédie, il y a quelque intérêt de connaître et de faire voir combien on a tort de m'imputer le petit dictionnaire en question . Je proteste sur mon honneur que je n'ai aucune part à cette édition misérable .

L'article Moïse qui est dans le petit dictionnaire se trouve probablement dans les tomes de l'Encyclopédie qui n'ont pas encore paru . Les gens dont le métier est de faire du mal pourraient abuser de cette conformité .

J'ose supplier madame la marquise de Jaucourt de communiquer ce mémoire à monsieur son oncle . Je lui demanderais pardon de la liberté que je prends si je ne connaissais sa bienfaisance . Je la prie aussi bien que toute sa famille d'agréer mon respect et ma reconnaissance .

V.

Aux Délices 19 octobre [1764] 1»

1 Les pages 3 et 4 de ce manuscrit comportent le mémorandum (mis en note ) dans la lettre du 12 octobre à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2019/11/29/une-main-comme-la-votre-doit-servir-a-ecraser-les-monstres-d-6194369.html

05/12/2019

Jam proximus ardet Ucalegon / Déjà brûle la maison toute proche d'Ucalegon

... Il est triste de voir que ce n'est pas au sens figuré .

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Trop de mauvaises nouvelles

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

19 octobre 1764 1

Mon cher frère, je sais, à n’en pouvoir douter, que le procureur-général a ordre d’examiner le livre et d’en poursuivre la condamnation. Je sais bien qu’il est prouvé que je n’en suis pas l’auteur ; mais je n’en serai pas moins persécuté, et Dieu sait jusqu’où cette persécution peut aller. J’ai heureusement recouvré deux articles, dont l’un est tout entier de la main de l’auteur. Il est clair comme le jour que l’ouvrage est de plusieurs mains, et qu’on s’est servi de mon orthographe pour me l’attribuer ; n’importe, mon innocence ne me servira de rien. C’est toujours pour moi une consolation bien chère que vous me rendiez justice, et que la voix de nos frères se joigne à la vôtre pour publier la vérité. Je subis le sort de tous ceux qui se sont consacrés aux lettres : on les a opprimés ; mais tous n’ont pas trouvé un frère tel que vous.

Je joins ici un petit mémoire que je vous prie d’envoyer à Briasson pour le communiquer aux encyclopédistes 2, et surtout à M. le chevalier de Jaucourt, dont la nièce a acheté à Genève plusieurs exemplaires du Portatif. Les encyclopédistes doivent sentir qu’on ira du Portatif à eux. Jam proximus ardet Ucalegon 3. C’est un nommé l’abbé d’Estrées, petit généalogiste et un peu faussaire de son métier qui a donné le livre au procureur-général. On trouve partout des monstres. Cher frère, il faut savoir souffrir. »

1 L'édition Voltaire à Ferney termine la fin du premier paragraphe par un frère tel que vous .

2 C'est le mémoire qu'on voit en note de la lettre du 12 octobre 1764 à d’Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2019/11/29/une-main-comme-la-votre-doit-servir-a-ecraser-les-monstres-d-6194369.html

On voit l'usage que V* en fait .

3 Déjà brûle la maison toute proche d'Ucalegon ; l'Enéide, II, 311-312, de Virgile : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/V02-268-437.html

Cet appel de V* à la solidarité des philosophes à son endroit contraste avec les conseils d'audace qu'il leur donne souvent .

comme Castor et Pollux, nous ne devons pas paraître sur le même hémisphère

... Notre président Macron, Angela Merkel, Donald Trump le donneur de leçons, et Erdogan le lâche sont bien de cet avis .

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Photo de classe pour les grands

 

 

« A Cosimo Alessandro Collini

19 octobre [1764]

Mon cher ami si le zèle peut donner des forces, je viendrai assurément vous embrasser avant de mourir . Je vous adresse cette lettre pour votre adorable maître . Avez-vous encore Fréron chez vous ? Nous devons être lui et moi comme Castor et Pollux, nous ne devons pas paraître sur le même hémisphère 1.

Evviva mio caro 2. »

2 Vivat, mon cher !

à la cour, on n’est pas si bien informé. La calomnie y arrive en poste, et la vérité, qui ne marche qu’à pas comptés, a la réputation de n’y être pas trop bien reçue

... On en a la confirmation en ce jour pourri par des syndicats qui ne répugnent jamais à travestir la vérité pour prouver qu'ils existent en prétendus défenseurs des salariés, n'est-ce pas M. Martinez ! https://www.lepoint.fr/economie/retraites-les-petits-arra...

Et d'autre part, comment ne pas pleurer sur le sort de ces "pauvres" cheminots usés avant l'âge , tant et tant, qu'il est bien juste qu'ils reçoivent plus qu'ils n'ont donné, non ? https://www.lepoint.fr/economie/le-regime-de-retraite-des-cheminots-est-il-si-special-04-12-2019-2351459_28.php

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T'ar ta gueule à la récré !

 

 

« A Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

19è octobre 1764 aux Délices

Vous avez écrit, madame, une lettre charmante à madame Denis ; j’y ai vu la beauté de votre âme et la bienfaisance de votre caractère : tous les Corneille seront heureux. Il ne m’appartient pas de l’être à mon âge de soixante-onze ans, malingre et presque aveugle au pied des Alpes ; cependant je le serais, je conserverais encore ma gaieté, et je travaillerais avec l’ex-jésuite pour vous plaire, si je n’étais un peu assommé par la persécution. La clique Fréron, la clique Pompignan crie que je suis l’auteur de je ne sais quel Dictionnaire philosophique portatif, tout farci de citations des Pères de l’Eglise et des rêveries des rabbins. On sait très bien, dans le pays que j’habite, que c’est un recueil de plusieurs auteurs, rassemblés par un libraire ignorant qui a fait des fautes absurdes ; mais à la cour, on n’est pas si bien informé. La calomnie y arrive en poste, et la vérité, qui ne marche qu’à pas comptés, a la réputation de n’y être pas trop bien reçue.

Cependant, comme M. d’Argental est à Fontainebleau, la vérité a là un bon appui. Je compte sur les bontés de M. le duc de Praslin. Pourquoi m’attribuer un livre que je renie , un recueil de dix ou douze mains différentes ? Condamne-t-on les gens sans preuve, et sur des soupçons aussi mal fondés ? Le roi est juste, il ne me jugera pas sans doute sur des présomptions si légères ; et puisqu’il fait élever une statue à Crébillon, il ne me fera pas brûler au pied de la statue, car enfin ce Crébillon a fait cinq tragédies, et j’en ai fait environ trente, et sûrement je n’ai point fait le Portatif.

Il est si vrai que le livre est de plusieurs auteurs, que j’ai en main l’original d’un des articles connus depuis quelques années.

On dit qu’un nommé l’abbé d’Estrées, autrefois associé avec Fréron, depuis généalogiste et faussaire, et qui a un petit prieuré dans mon voisinage, a donné le Portatif au procureur-général, lequel instrumente. Je vous supplie, madame, de communiquer cette lettre à M. d’Argental, qui est à Fontainebleau.

Je n’ai pas un moment à moi ; mais tous les moments de ma vie vous sont consacrés à tous deux avec le plus tendre respect. 

V.»

 

 

04/12/2019

Par là ils invitent le parlement à donner de nouveaux arrêts ; ils embouchent la trompette de la persécution 

... Tel est le sentiment que j'ai à l'écoute des syndicats appelant à la grève , vrais Caliméros "ô c'est trop inzuste !" et Satanas, tout à tour . Je n'y vois rien de constructif .

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

19 d'octobre [1764]

Non, vous ne brairez point, mon cher et grand philosophe, mais vous frapperez rudement les Welches, qui braient 1. Je vous défie d’être plus indigné que moi de la maligne insolence de ces malheureux, qui, dans leurs lettres sur l’Encyclopédie 2, vous ont attaqué si mal à propos si indignement et si mal. Je voudrais bien savoir le nom de ces ennemis du sens commun et de la probité. Ils sont assez lâches pour réimprimer à la fin de leur livre les arrêts du conseil contre l’Encyclopédie. Par là ils invitent le parlement à donner de nouveaux arrêts ; ils embouchent la trompette de la persécution ; et, s’ils étaient les maîtres, il est sûr qu’ils verseraient le sang des philosophes sur les échafauds.

Vous souvenez-vous en quels termes s’exprima Omer dans son réquisitoire ? On l’aurait pris pour l’avocat-général de Dioclétien et de Galérius : on n’a jamais joint tant de violence à tant de sottises. Il prétendait que, s’il n’y avait pas de venin dans certains articles de l’Encyclopédie, il y en aurait sûrement dans les articles qui n’étaient pas encore faits . Les renvois indiquaient visiblement les impiétés des derniers volumes ; au mot Arithmétique, voyez Fraction ; au mot Astre, voyez Lune ; il était clair qu’aux mots Lune et Fraction la religion chrétienne serait renversée : voilà la logique d’Omer.

Votre intérêt, celui de la vérité, celui de vos frères, ne demande-t-il pas que vous mettiez dans tout leur jour ces turpitudes, et que vous fassiez rougir notre siècle en l’éclairant ?

Il vous serait bien aisé de faire quelque bon ouvrage sur des points de philosophie intéressants par eux-mêmes, et qui n’auraient point l’air d’être une apologie ; car vous êtes au-dessus d’une apologie. Vous exposeriez au public l’infamie de ces persécuteurs ; vous ne mettriez point votre nom, mais ils sentiraient votre main, et ils ne s’en relèveraient pas. Permettez-moi de vous parler encore de ce Dictionnaire portatif ; je sais bien qu’il y en a peu d’exemplaires à Paris, et qu’ils ne sont guère qu’entre les mains des adeptes. J’ai empêché jusqu’ici qu’il n’en entrât davantage, et qu’on ne le réimprimât à Rouen ; mais je ne pourrai pas l’empêcher toujours. On le réimprime en Hollande. Vous me demandez pourquoi je m’inquiète tant sur un livre auquel je n’ai nulle part : c’est qu’on me l’attribue, c’est que par ordre du roi le procureur-général prépare actuellement un réquisitoire ; c’est qu’à l’âge de soixante et onze ans, malade, et presque aveugle, je suis prêt à essuyer la persécution la plus violente ; c’est qu’enfin je ne veux pas mourir martyr d’un livre que je n’ai pas fait. J’ai la preuve en main que M. Polier, premier pasteur de Lausanne, est l’auteur de l’article Messie ; ainsi c’est la pure vérité que ce livre est de 3 plusieurs mains, et que c’est un recueil fait par un libraire ignorant.

Par quelle cruauté a-t-on fait courir sous mon nom, dans Paris, quelques lignes de cet ouvrage ? Enfin, mon cher maître, je vous remercie tendrement d’élever votre belle voix contre celle des méchants. Je vous avertis que je serais très fâché de mourir sans vous revoir.

N.B. – Un abbé d’Estrées 4, jadis confrère de Fréron, a donné un Portatif au procureur-général. »

1 D'Alembert concluait sa lettre du 10 octobre 1764 par :  « Adieu, mon cher confrère, soyez tranquille, comptez que je vais braire comme un âne ... » , voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/2015/02/correspondance-avec-d-alembert-partie-33.html

2 Lettres sur l’Encyclopédie, pour servir de supplément aux sept volumes de ce dictionnaire (par l’abbé Saas). L’Encyclopédie, comme on l’a vu, avait été arrêtée au septième volume. (Georges .Avenel.)

3Ce de est omis dans l'édition Besterman .

4 Jacques Destrées, dont parle V* dans les Honnêtetés littéraires, XVIII 

03/12/2019

Ainsi j'avais rempli toutes mes promesses avant d'avoir de vos nouvelles

... Ainsi dit Emmanuel Macron lorsqu'il intervient aux Assises de la mer à Montpellier , confirmant le renforcement de notre marine .

D'autre part, il fait fort bien aussi  de mettre Trump en face de la réalité en parlant de "mort cérébrale de l'OTAN" . Je pense que subconsciemment ou malicieusement notre président parle du cerveau de comptable de Donald qui rabâche une suite de chiffres de dépenses sans aucune justification humaine .

 

 

« A François-Louis Jeanmaire

16è octobre 1764 à Ferney

Il y a longtemps monsieur que M. Camp a 79 995 livres en dépôt pour vous et M. Dupont a pu vous remettre une lettre de change de la même somme de 79 995 livres payable au 12 octobre préfix à votre ordre par M. Camp à Lyon .

Les 20 005 livres restantes pour compléter vos 200 000 livres ont été prêtes dès le 1er octobre, ainsi que l'argent déposé chez M. Camp .

Ne recevant point de vos nouvelles, j'ai adressé par la messagerie de Genève à Strasbourg les 20 005 livres savoir 833 louis d'or, et le reste en écus . Ils devaient partir il y a huit jours, mais j'apprends qu'ils ne sont partis qu’aujourd’hui  de Genève . Le paquet est de toile cirée, ficelé, avec deux cachets de mes armes et deux cartes, portant que le group contient 833 louis d'or et 2 écus de six francs pour être rendus à Strasbourg , à l’ordre de M. Jeanmaire receveur de Mgr le duc de Virtemberg .

Ainsi j'avais rempli toutes mes promesses avant d'avoir de vos nouvelles .

Je reçois aujourd'hui votre lettre du 4 octobre par laquelle vous me mandez de vous faire tenir à Montbéliard la lettre de change sur Lyon . Vous voyez bien que cela est impossible, puisqu’elle vous attend à Colmar depuis si longtemps . Je pense monsieur que le plus court moyen et le plus convenable de toute façon, est de vous transporter à Colmar et d'y faire venir le paquet d'or de Strasbourg . C'est bien dommage que nous soyons si éloignés l'un de l'autre . Si j'avais pu m'établir auprès de Montbéliard comme j'en avais grande envie, notre affaire aurait été consommée en un jour . Je me flatte que votre amitié me dédommagera de cet éloignement .

Au reste monsieur si vous n'avez pu toucher la moitié des deux cent mille livres aussitôt que nous l'aurions désiré, M. le comte de Montmartin verra aisément que ce n'est ni votre faute ni la mienne, et il rendra toujours justice à votre diligence et à votre zèle .

Ne doutez pas de la sincère amitié avec laquelle je serai toute ma vie

monsieur

votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire. »

On veut persécuter un vieillard

... C'est l'opinion de Bernard Tapie qui  garde toujours son côté commerçant / rapace, et que j'ai entendu, -après qu'il ait clamé sa foi chrétienne,- dire qu'il mérite indubitablement une place au paradis en récompense de ses bonnes actions . Nanard toujours intéressé, catholique en peau de lapin, tu ne changeras jamais, pognon ou paradis tu es prêt à tout pour le gagner : faux jeton !

 

« A Antoine Malvin de Montazet 1

[octobre 1764]

[Désavoue le Dictionnaire philosophique] On veut persécuter un vieillard et mettre une malheureuse famille qui ne peut subsister sans lui dans le cas de désirer d'entrer dans le tombeau où on veut le forcer de descendre [...] 2»

2 Ce fragment de lettre à l'archevêque de Lyon, dont V* fait souvent l'éloge, nous est connu par une lettre de Marie-Louise-Madeleine de Brémond d'Ars, marquise de Verdelin, à JJ Rousseau du 6 novembre 1764 ; voir J.-J. Rousseau, ses amis et ses ennemis, 1865 de G. Streckeisen-Moultou . On peut douter que la citation soit exacte ; outre que la marquise parle d'après une tierce personne, on observera qu'une expression comme mettre […] dans le cas est lourde et que , quoique fréquente à l'époque, elle est évitée par les bons écrivains . Mais le fond de la lettre est certainement authentique .

Voir : http://valmorency.fr/75.html

et : https://fr.wikisource.org/wiki/Livre:Streckeisen-Moultou_-_J.-J._Rousseau,_ses_amis_et_ses_ennemis,_t1,_1865.djvu

et : page 517 : https://books.google.fr/books?id=7RcUAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=nl&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q=6%20novembre&f=false