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08/04/2025

Avez-vous besoin d’argent ? Je vous en aurai

... Promesse trumpienne ? Trompeuse, à coup sûr ! 

USA rich again ? Illusion de démagogue . 

Les pays les plus pauvres encore plus pauvres, ça c'est certain dans un monde déséquilibré par un président qui ne l'est pas moins : https://www.ladepeche.fr/2025/04/08/editorial-droits-de-douane-de-trump-la-promesse-dun-chaos-mondial-12622901.php

1 Ramsés (Cuba) 7.jpg

https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20250314-actu-...

 

 

« A Pierre-Paul Sirven, Féodiste 1, chez M. d'Espérandieu, château d'Aiguefonde, près Mazamet

À Ferney, 24 septembre 1769 2

Consolez-vous, mon cher Sirven, ne perdez point courage. Je vous enverrai vos filles s’il le faut, et je viendrai moi-même si ma santé me le permet. Avez-vous besoin d’argent ? Je vous en aurai. Je suis sûr de votre innocence comme de mon existence. J’espère tout de la raison et de l’équité de votre juge. Je sais que monsieur le procureur général est très bien intentionné ; il a trop de lumières et trop de vertu pour ne pas vous faire rendre justice. Plus vous avez été malheureux, plus vous aurez de mérite devant Dieu et devant les hommes. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Voltaire. »

1 Un féodiste ou plutôt un feudiste est un « homme versé dans la matière des fiefs », Littré .

2 Le manuscrit olographe est passé à la vente Capelle, chez Laverdet à Paris le 6 juin 1849 . Ed. Beaune. L'adresse est prise des « Lettres inédites », 1878.

« Mon ami, fais le signe de la croix, car tu vois bien que j’ai les deux mains occupées. »

...

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1,2,3 ...soleil

 

« A Gottlob Louis , comte de Schomberg

22 septembre 1769

Les vieux malades, monsieur, n’écrivent pas quand ils veulent ; mais j’en connais un qui a le cœur bien sensible pour toutes vos bontés.

Je profite de l’avis que vous m’avez donné de vous adresser quelques paquets sous l’enveloppe du petit-fils d’Henri IV 1. Il m’a paru que Les Guèbres n’étaient point indignes de paraître aux yeux d’un prince dont le grand-père a fait l’édit de Nantes. Henri IV parla au Parlement à peu près comme l’empereur s’exprime dans cette tragédie. Je ne sais si on ne pourrait pas s’en amuser à Villers-Cotterets 2. Il y a une bonne troupe de citoyens qui jouent cette pièce auprès de Paris, à Orangis. J’imagine que cette petite société se rendrait volontiers aux ordres de monseigneur le duc d’Orléans. M. et Mme de La Harpe sont les principaux acteurs ; je puis vous assurer qu’ils vous feraient grand plaisir.

Vous aurez bientôt M. le marquis de Jaucourt. Je souhaite que les eaux savoyardes aient fait du bien à ses oreilles. M. de Bourcet est venu tracer la nouvelle ville de Versoix. Il dit que la Corse est un bon pays qui peut nourrir trois cent mille hommes, s’il est bien cultivé ; en ce cas, le pays que j’habite est bien loin de ressembler à la Corse. Tous ceux qui reviennent de Corse prétendent que la réputation de Paoli était un peu usurpée. S’il s’est mêlé d’être législateur, il ne s’est pas mêlé d’être héros. Quoi qu’il en soit, cette conquête fait beaucoup d’honneur à M. le duc de Choiseul . Il gagne un royaume d’une main, et il bâtit une ville de l’autre. Il pourrait dire comme Lully à un page, pendant qu’il tonnait : « Mon ami, fais le signe de la croix, car tu vois bien que j’ai les deux mains occupées. »

Conservez-moi vos bontés, monsieur ; elles consolent ma solitude et mes souffrances ; comptez à jamais sur mes tendres et respectueux sentiments. »

2 C'est dans son château de Villers-Cotterets que le duc d'Orléans avait l'un des plus célèbres théâtres d’amateurs de France ; on y représenta plusieurs pièces de Marivaux qui je furent jamais représentées à la Comédie-Française .

Je conçois bien à toute force qu’on soit fripon pour devenir pape ou roi ; je conçois qu’on se permette quelques petites perfidies pour devenir la maîtresse d’un roi ou d’un pape ; mais les méchancetés inutiles sont bien sottes

... Brame toujours Marine mais avoue qu'au fond tu es soulagée de ne pas risquer d'être présidente , incapable que tu serais de mettre en route un programme qui n'est basé que sur des "contre" , destructeur ; et ta fumeuse majorité, dont tu rebats les oreilles, n'est que relative et le RN n'est qu'une planche pourrie . Malhonnête tu es, malhonnête tu restes . 

Marre de voir ces singeries ! https://www.tf1info.fr/justice-faits-divers/verif-la-moitie-des-decisions-de-premiere-instance-sont-elles-revoquees-en-appel-comme-l-assure-marine-le-pen-2363722.html

RNistes vous êtes des naïfs couillonnés, quand vous réveillerez-vous ? Trop tard , je le crains .

 

« A Marie de Vichy de Chamrond, marquise Du Deffand

20è septembre 1769 1

Oui, madame, je veux vous adresser mes idées sur le style d’aujourd’hui, sur l’extinction du génie, et sur les abus de ce qu’on appelle esprit . Mais avant d’entreprendre cet ouvrage, il faut que je vous parle de cette Histoire du Parlement que vous vous êtes fait lire. Vous vous apercevrez aisément que les deux derniers chapitres ne peuvent être de la même main qui a fait les autres ; ils sont remplis de solécismes et de faussetés. Le barbouilleur qui a joint ce tableau grimaçant aux autres, qui paraissent assez fidèles, dit autant de sottises que de mots.

Il prend le président de Bésigny pour le président de Nassigny. Il dit que le roi a donné des pensions à tous les juges de Damiens, et il est public qu’il n’en a donné qu’aux deux rapporteurs. Il se trompe sur toutes les dates, il se trompe sur M. de Machault 2.

Si vous vous souvenez de ce petit ouvrage que M. de Belestat s’attribuait 3, et qu’il était incapable de faire, vous trouverez que ces deux chapitres sont du même style. Je ne veux pas approfondir cette nouvelle iniquité ; mais je vous répéterai ce que je viens d’écrire à votre grand-maman . Il y a autant de friponneries parmi les gens de lettres, ou soi-disant tels, qu’à la cour. Je ne veux pas les dévoiler, pour l’honneur du corps . Je suis comme les prêtres, qui sauvent toujours, autant qu’ils le peuvent, l’honneur de leurs confrères. Il y a pourtant tel confrère 4 que j’aurais fait pendre assez volontiers.

La Beaumelle fit autrefois une édition de La Pucelle 5, dans laquelle il y avait des vers contre le roi et contre Mme de Pompadour ; et malheureusement ces vers n’étaient pas mal tournés. Il les fit parvenir à Mme de Pompadour elle-même, avec un sinet 6 qui marquait la page où elle était insultée . Cela est plus fort que les deux derniers chapitres.

On joua de pareils tours à Racine ; et Le Misanthrope de Molière en cite un de cette espèce 7. Ce qui m’étonne, c’est qu’on fasse de ces horreurs sans aucun intérêt que celui de nuire, et sans y pouvoir rien gagner. Je conçois bien à toute force qu’on soit fripon pour devenir pape ou roi ; je conçois qu’on se permette quelques petites perfidies pour devenir la maîtresse d’un roi ou d’un pape ; mais les méchancetés inutiles sont bien sottes. J’en ai vu beaucoup de ce genre en ma vie ; mais, après tout, il y a de plus grands malheurs, et je n’en sais point de pires que la perte des yeux et de l’estomac. Par quelle fatalité faut-il que la nature soit notre plus cruelle ennemie ? Je commence déjà à redevenir votre confrère quinze-vingt, parce qu’il est tombé de la neige sur nos montagnes. Je pourrais bien aller passer mon hiver dans les pays chauds, comme font les cailles et les hirondelles, qui sont beaucoup plus sages que nous.

Vous m’avez parlé quelquefois d’un petit livre sur la raison des animaux 8. Je pense comme l’auteur. Les essaims de mes abeilles se laissent prendre une à une pour entrer dans la ruche qu’on leur a préparée ; elles ne blessent alors personne, elles ne donnent pas un coup d’aiguillon. Quelque temps après, il vint des faucheurs qui coupèrent l’herbe d’un pré rempli de fleurs qui convenaient à ces demoiselles ; elles allèrent en corps d’armée défendre leur pré, et mirent les faucheurs en fuite.

Nos guerres ne sont pas si justes ; il s’en faut de beaucoup. Si on se contentait de défendre son bien, on n’aurait rien à se reprocher ; mais on prend le bien d’autrui, et cela n’est point du tout honnête.

Cependant il faut avouer que nous sommes un peu moins barbares qu’autrefois ; la société est un peu perfectionnée. Je m’en rapporte à vous, madame, qui en êtes l’ornement.

Je me mets à vos pieds.

V. »

1 Original ; éd. Kehl . La lettre à laquelle répond V* n'est pas connue, mais curieusement Mme Du Deffand écrivait à V* ce même 20 septembre 1769 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1769/Lettre_7672

4 L'évêque Biord .

6 Un signet , c'est l'ancienne prononciation du mot .

07/04/2025

Si on rend une justice complète à cette famille innocente et opprimée

... Rions un peu ! Alors , en toute justice valable pour tous les citoyens délinquants, les Le Pen devraient coucher incessamment derrière les barreaux . Marine et ses partisans sont puants de mensonges . Quelle somme le RN va-t-il payer pour essayer de sauver la couenne de Marine ? Selon que vous serez puissant ou misérable ..., espoir ridicule de nanti . Cette imbécile ne se rend pas compte que , comme le dit si bien Michel Sardou "L'ambition ça bouffe la vie !" , elle va faire comme la grenouille qui veut devenir plus grosse que le boeuf, elle va en crever ; personne ne la pleurera !

 

 

« A Joseph Audra

20 septembre 1769

Mon cher philosophe, je reçois en ce moment votre lettre du 13 septembre. Le projet de faire un abrégé de l’Essai sur l’Esprit et les Mœurs des nations 1 est une très bonne idée, et vous l’exécuterez en habile homme. Je vais recommander à Cramer de vous envoyer la nouvelle édition in-4°, qui sera achevée dans quelques jours . Elle est très augmentée.

J’attends le détail que M. de La Croix doit m’envoyer sur l’affaire de Sirven. Si on rend une justice complète à cette famille innocente et opprimée, si les magistrats de Toulouse voient sans chagrin dans leur ville le défenseur des Calas, si le théâtre nouvellement établi peut profiter de mes soins, le plaisir de vous revoir me rendra peut-être assez de forces pour entreprendre ce voyage.

Je viendrais dans une espèce de litière 2, et je passerais l’hiver à Toulouse ; mais ce serait à condition que je mènerais ma vie de malade . Il faudrait que mon âge et mes maux me dispensassent de faire aucune visite, et qu’on me pardonnât ma vie solitaire. Je partirai probablement dès que je serai certain d’être bien reçu et de n’avoir rien à craindre des vieux restes du fanatisme.

J’ai oublié le nom du conseiller qui protège Sirven ; je vous prie de me le dire. Il ne serait pas mal qu’il me donnât des assurances positives qu’on approuverait mon voyage.

C’est tout ce que je puis vous dire à présent. Je n’ajoute rien de nouveau en vous disant combien je vous aime et combien j’ai envie de vous embrasser. 

V.»

1 Contre « la superstition et le fanatisme », l'abbé Audra est en train de composer une Histoire générale à l’usage des collèges, depuis Charlemagne jusqu'à nos jours, qui paraîtra sous l'anonymat en 1770 ; il l'a annoncé à V* par une lettre du 13 septembre .

Voir : https://www.persee.fr/doc/rnord_0035-2624_1973_num_55_217_3178

2 C'est la « dormeuse » dont il est question dans la lettre du 16 août 1769 à Mme Denis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/02/27/m-6537385monsieur-le-chancelier-a-bu-publiquement-a-ma-sante.html

06/04/2025

le marché a été mal fait, on ne peut plus y revenir : j’en suis fâché

... Et c'est ainsi que les bourses dégringolent ( normal me direz-vous messieurs, c'est l'attraction terrestre ) quand les taxes grimpent inconsidérément sans assistance , on est dans un chamboule-tout mondial et c'est le militaire qui va gagner le kilo de sucre . Qui n 'a pas joué n'a pas gagné !

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

20è septembre 1769

Mon cher ange, on veut que je vous prie de recommander M. de Mondyon 1 à M. le duc de Praslin. Je vous en prie de tout mon cœur, vous et Mme d’Argental. M. le duc de Praslin sait de quoi il s’agit, il connaît M. de Mondyon, il le protège, et vous ne ferez qu’affermir M. le duc de Praslin dans ses bontés pour lui.

Quoique je sois actuellement dans un département qui n’a rien de commun avec les vers, cependant je viens de relire cette scène de Pandore. Je la trouve assez bien filée, et les raisons de Mercure très bonnes ; mais je n’aime point le couplet de Némésis :

Je ne veux que vous apprendre
À plaire, à brûler toujours.
2

Le mot de brûler me choque, et n’est point officieux pour la musique . Je suis tenté de tourner ainsi ce couplet :



Némésis ( sous la figure de Mercure.)

Confiez-vous à moi ; je viens pour vous apprendre
Le grand secret d’aimer et de plaire toujours

Pandore.

Ah ! si je le croyais !

Némésis.

C’est trop vous en défendre :
J’éternise vos amours.
Et vous craignez de m’entendre,
etc.

Je suis encore dans une profonde ignorance sur cet ordre donné par M. le maréchal de Richelieu de représenter à Fontainebleau Les Guèbres. M. de Chimène est le seul qui m’en ait parlé . La chose devrait être, mais c’est probablement une raison de croire qu’elle ne sera pas. C’est beaucoup qu’on donne à Fontainebleau le divertissement de La Princesse de NavarreLes ScythesMèrope et Tancrède.

Lacombe doit avoir vendu plus de Guèbres qu’il ne dit ; mais le marché a été mal fait, on ne peut plus y revenir : j’en suis fâché pour Lekain ; mais dans quelque temps je tâcherai de l’indemniser.

Je viens à des affaires plus graves : c’est le succès de l’avis que vous donnâtes à Sirven ; vous aviez seul raison. Tout le parlement de Toulouse est pour Sirven, si j’en crois les nouvelles que je reçois aujourd’hui. On remettra cette famille aussi innocente que malheureuse dans tous ses droits. Je vous le dis et le redis, il s’est fait depuis dix ans une prodigieuse révolution dans tous les parlements du royaume, excepté dans la grand-chambre de Paris. Il faut laisser mourir les vieux assassins du chevalier de La Barre, qui sont en horreur dans l’Europe entière. Un grand souverain 3  me mandait, il y a quelques jours, qu’il les aurait fait enfermer dans les Petites-Maisons de son pays pour toute leur vie.

On ne peut pas assembler les hommes dans la plaine de Grenelle pour leur prêcher la raison ; mais on éclaire, par des livres de plus d’un genre, les jeunes gens qui sont dignes d’être éclairés, et la lumière se propage d’un bout de l’Europe à l’autre. Les Welches sont toujours les derniers à s’instruire, mais ils s’instruisent à la fin : j’entends les honnêtes gens, car pour les convulsionnaires, les bedeaux de paroisse et les porte-Dieu, il ne faut pas s’embarrasser d’eux.

Adieu, mon divin ange ; rien n’est plus doux que de faire un peu de bien.

V. »

1 Sans doute le baron de Montyon, intendant d'Auvergne, destiantaire d ela lettre du 9 janvier 1767 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2022/04/19/n-ayant-rien-on-ne-peut-rien-m-oter-j-ai-tout-donne-6377302.html

2 Voltaire ne le changea pourtant pas ; voir l’acte V de Pandore. : https://fr.wikisource.org/wiki/Pandore_(Voltaire)/1768#AC....

3 L’impératrice Catherine II ; voyez lettre du 25 juillet (n.s.) reproduite dans : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/03/13/on-ne-peut-guere-forcer-les-hommes-a-l-admiration-sans-excit-6539566.html

04/04/2025

il m'a donné sa soumission

... Affirmation de la délinquante malotrue Marine Le Pen concernant le bien mal engagé Jordan Bardella : https://www.lunion.fr/id703552/article/2025-04-02/lactual...

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B, comme bordelique

Voir https://www.youtube.com/watch?v=M6AXm2hBALw&ab_channe...

 

 

 

« A Sébastien Dupont, Avocat au

Conseil souverain d'Alsace

franco

à Colmar

19è septembre 1769

Mon cher ami, j'ai du moins obtenu un diplôme montbéliardin 1 pour recevoir du sieur Rosé sept mille livres tous les trois mois, et il m'a donné sa soumission . J'ai aussi promesse de passer contrat à Colmar à ma volonté . Par ce contrat on me subrogera aux droits du sieur Dietrich . Ce sera à vous d'en dicter l'acte . Je ne veux pas que vous perdiez cette petite aubaine . En attendant, je vous prie de vouloir bien préparer le sieur Rosé à m'envoyer quatorze mille livres en or au mois d'octobre prochain . Cela est un peu lourd . Le voilà chargé de me payer cinquante-six mille livres par an . Je doute beaucoup qu'Horbourg et Riquewihr puissent fournir cette somme .

Je suppose que la caisse de Montbéliard versera dans la sienne de quoi me payer . En tout cas j'ai dû demander un payeur que je puisse contraindre ; et il est à croire que la régence de Montbéliard ne laissera pas Rosé exposé à recevoir des assignations .

C'est avec mes rentes de Montbéliard que je compte payer ce que j'ai promis à ma famille ; et je n'aurais que des embarras nouveaux si Rosé n'était point exact . Je vous supplie de l'en avertir . Me voilà, comme vous voyez, possesseur de Riquewihr et d'Horbourg .

Je ne sais pas comment se nomme la terre que le baron s'est approprié ; ayez la bonté de me le mander . Il faut bien que la régence ait de quoi rembourser Dietrich, puisqu'elle s'est engagée au nom de M. le duc de Virtemberg à me passer contrat de subrogation . Si j'étais plus jeune je viendrais signer à Colmar .

Je vous embrasse, mon cher ami, du meilleur de mon cœur.

V. »

03/04/2025

Je me tais quand je n’ai rien à dire

... M. Bayrou le "troublé" de service, que n'appliquez-vous cette sage attitude au lieu de débiter encore une ânerie supplémentaire à une trop longue liste en si peu de temps de premier ministre . C'est inadmissible . Est-ce un signe de lâcheté face au RN qui peut vous faire disparaitre facilement ? Je le crois . On vous garde alors que Michel Barnier s'est fait jeter sans avoir fait autant de boeufferies  .

A suivre : https://www.lopinion.fr/politique/condamnation-de-marine-le-pen-francois-bayrou-trouble-son-propre-camp-en-desaccord

 

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

18è septembre 1769 à Ferney

Je vous écris, monseigneur, quand j’ai quelque chose à mander que je crois valoir la peine de vous importuner. Je me tais quand je n’ai rien à dire, et quand je songe que vous devez recevoir par jour une quarantaine de lettres, je crains de faire la quarante et unième.

Vous me demandez où est la gloire . Je vais vous le dire. Un homme qui revient de Gênes me contait hier qu’il y avait vu un homme de la cour de l’empereur. Cet Allemand, en regardant votre statue, disait : « Voilà le seul Français qui, depuis le maréchal de Villars, ait mérité une grande réputation. » Un pareil discours est quelque chose. Ce seigneur allemand ne se doutait pas que vous le sauriez par moi.

Vous m’accusez toujours d’avoir une confiance aveugle en certaines personnes 1. Comment voulez-vous que je consulte des gens qui ont fourré ces vers-ci, de leur cru, dans la tragédie de Tancrède ?

Voyant tomber leur chef les Maures furieux

L'ont accablé de traits dans leur rage cruelle 2

Les comédiens n'ont pas manqué de réciter ces beaux vers du Pont-Neuf . Cependant je respecte une amitié de cinquante années ; et je la respecte si fort que je prie instamment mon héros de me garder le secret 3.

Je ne connais aucun comédien, excepté Lekain. Il y a vingt et un ans que je n’ai vu Paris, et tous les acteurs ont été reçus depuis ce temps-là. J’ai une autre nièce que Mme Denis, qui se mêle aussi de jouer quelquefois la comédie dans son castel. Elle a distribué une ou deux fois de mes rôles. J’ai aussi un neveu conseiller au parlement, qui est sans contredit le meilleur comique des enquêtes. Je voudrais que la grand’chambre ne fit que ce métier-là, tout en irait mieux.

À propos de grand’chambre, vous devez bien voir, monseigneur, par l’énorme brigandage qui régnait dans l’Inde, que ce n’était pas votre ancien protégé Lally qui était coupable. Il y a des choses qui me font saigner le cœur longtemps. Je suis un peu le don Quichotte des malheureux. Je poursuis sans relâche l’affaire des Sirven, qui est toute semblable à celle des Calas, et j’espère en venir à bout dans quelques semaines. Ces petits succès me consolent beaucoup de ce que les sots appellent malheur.

J’ignore toujours si M. le marquis de Chimène ne s’est pas trompé quand il m’a mandé que vous ordonniez qu’on jouât Les Guèbres. Ordonnez ce qu’il vous plaira ; je vous serai sensiblement obligé de tout ce que vous ferez. J’ai la vanité de croire Les Guèbres très dignes de votre protection. Il n’y a qu’un fat de robin 4 qui ait dit que Les Guèbres étaient dangereux ; où a-t-il pris cette impertinente idée ? craint-il qu’on ne se fasse guèbre à Paris ? M. de Sartines est bien loin de penser comme cet animal.

Je me mets aux pieds de mon héros, et je le remercie de toutes ses bontés.

V. »

1 Les d'Argental .

2 V* revient plusieurs fois sur les corrections malheureuses de Tancrède ; voir lettre du 28 octobre 1760 à d'Argental : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1760/Lettre_4316

et du 17 février 1767 à Lekain : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2022/07/11/j-espere-qu-il-ne-m-arrivera-plus-ce-qui-m-arriva-6391404.html

3 L'édition de Kehl ne garde que la première phrase de tout ce paragraphe . Elle remplace la suite par : Qui voulez-vous que je consulte ? L'ingratitude de V* à l'égard des d'Argental, pour un motif aussi futile a paru peu excusable, à un moment où il les mettait encore à contribution .