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12/04/2020

Si nous avions une douzaine d’âmes aussi zélées que la vôtre, nous ne laisserions pas de faire du bien au monde

... Je suis à deux doigts , urbi et orbi , d'attribuer ce compliment au pape, Pâques oblige . Mais il a l'énorme défaut d'être un chef religieux qui parle beaucoup, comme tous ses confrères  de toutes religions, et comme eux rabâche des voeux dignes d'une candidate Miss, avec le résultat qu'on connait : à bas la guerre , annulons la dette des pays pauvres . Petit aparté , Jésus est appelé à la rescousse, ce François 1er, représentant de St Pierre, ne craignant pas de le mettre à l'oeuvre, ça bouchonne aux portes du paradis .

Messe de Pâques | Chappatte.com

https://www.chappatte.com/images/messe-de-paques/

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

28è janvier 1765

Mon cher frère, mon cher philosophe, en vérité Jean-Jacques ne ressemble pas plus à Thémistocle que Genève ne ressemble à Athènes, et un rhéteur à Démosthène. Jean-Jacques est un méchant fou qu’il faut oublier . C’est un chien qui a mordu ceux qui lui ont présenté du pain. Tout ce que j’ai craint, c’est que son infâme conduite n’ait fait tort au nom de philosophe, dont il affectait de se parer. Les vrais sages ne doivent songer qu’à être plus unis et plus fermes ; mais je crains leur tiédeur autant que les persécutions. Si nous avions une douzaine d’âmes aussi zélées que la vôtre, nous ne laisserions pas de faire du bien au monde ; mais les philosophes demeurent tranquilles quand les fanatiques remuent . C’est là l’éternel sujet de nos saintes afflictions.

Il sera difficile de vous faire parvenir des Évangiles 1 ; j’ai ouï dire qu’il n’y en avait plus. Les auteurs du Portatif, qui sont très cachés, et qu’on ne connaît pas, vous enverront incessamment un exemplaire de la nouvelle édition d’Amsterdam ; mais ils veulent savoir auparavant si vous avez reçu un paquet de Besançon. Mandez-moi, je vous prie, si vous avez fait voir à M. d’Argental ma lettre à madame la duchesse de Luxembourg 2.

On m’a parlé d’un livre intitulé le Fatalisme 3 qui a paru il y a deux ans, et qu’on attribue à un abbé Pluquet. Je vous supplie de vouloir bien le faire chercher par l’enchanteur Merlin, et de l’adresser par la diligence de Lyon à M. Camp, banquier à Lyon, pour celui qui vous chérira tendrement jusqu’au dernier moment de sa vie.

Ecr l'inf. »

1 Évangile de la raison .

3 Examen du fatalisme, ou Exposition et réfutation des différents systèmes de fatalisme, 1757, de François-André-Adrien Pluquet : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96291036.texteImage ; https://www.edition-originale.com/en/antique-books-1455-1...

Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois-Andr%C3%A9-Adrien_Pluquet

comme je ne vois tout cela qu'avec une lunette de longue vue qui ne vaut rien , je ne peux guère faire que des conjectures ridicules

... Lesquelles conjectures inondent le Net en toute impunité, données par de francs imbéciles et malfaisants patentés, qui vous mènent directement au cimetière si jamais vous vous avisez de suivre leurs conseils de soins contre le Covid-19 , du niveau "la terre est plate" et Mohammed a voyagé sur un cheval ailé .

QU'EST-CE QUE LE FANATISME ? - la Franc Maçonnerie au Coeur

Ce n'est que trop vrai , on le voit chaque jour .

Merci Mam'zelle Wagnière : http://www.monsieurdevoltaire.com/2020/04/dictionnaire-ph...

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

28 janvier 1765 1

Mon cher ange, d’abord comment va la toux de madame d’Argental, et pourquoi tousse-t-elle ? Ensuite je remercie très humblement M. le duc de Praslin du passeport 2. Ensuite vous saurez que je bataille toujours avec le tyran du tripot ; mais vous sentez bien que je serai battu. Il y a de l’aigreur ; on ne m’en a jamais dit la raison. J'avais imaginé que cet étrange fou de Vergy qui avait été à Bordeaux, et qui est de Bordeaux, avait fait quelques tracasseries 3 ; mais comme je ne vois tout cela qu'avec une lunette de longue vue qui ne vaut rien , je ne peux guère faire que des conjectures ridicules .

Il me semble, au sujet des Roués, qu’il ne serait pas mal d’attendre Pâques. Peut-être l’acteur dont vous me parlez 4 aura déployé alors des talents qui encourageront le petit ex-jésuite.

Voulez-vous que je vous envoie un Portatif sous le couvert de M. le duc de Praslin ? Je ne m’aviserai pas de prendre ces libertés sans vos ordres précis. Les auteurs de cet ouvrage n’ont pas été assez loin ; ils n’ont fait qu’effleurer les premiers temps du christianisme ; vous savez bien que Paul était une tête chaude ; mais savez-vous qu’il était amoureux de la fille de Gamaliel ? Ce Gamaliel était fort sage ; il ne voulut point d’un fou pour son gendre. Il 5 avait à la vérité de larges épaules, mais il était chauve, et avait les jambes torses ; son grand vilain nez ne plaisait point du tout à mademoiselle Gamaliel. Il se tourna du côté de sainte Thècle, dont il fut directeur ; mais en voilà trop sur cet animal.

Mon cher ange, vivez gaiement, aimez le plus que borgne.

Permettez que je mette ici un petit billet pour l'ami Lekain .»

1 L'édition Cayrol ne comprend pas la phrase depuis « Il y a de l'aigreur […. ] conjectures ridicules. » ni la phrase finale biffée sur la copie .

2 Pour Moultou, père et fils .

4 Du Villiers ou Marsan, tous deux débutants.

5 Paul ; on a là l’essentiel de l'article « Paul » primitif du Dictionnaire philosophique .

11/04/2020

on m’accusera injustement d’avoir donné des préférences à des filles

... En tout bien tout honneur ! pas n'importe lesquelles  : mes petites filles .

Construire sa marque et son identité des maillons qui s'enchainent

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

A Ferney 27è janvier 1765

Mon héros, permettez que je prenne la liberté de me vanter auprès de vous de l’honneur que j’ai d’être ami de M. d’Hermenches, fils d’un gros diable de général au service de Hollande, qui s’est battu pendant quarante ans contre les Français . Le fils a mieux aimé se battre pour vous. Il est actuellement dans votre service, et il a désiré, comme de raison, d’être présenté au général qui a le mieux soutenu la gloire de la France. Vous pouvez d’ailleurs le faire votre aide de camp auprès de Mlle d’Epinay, ou de Mlle Doligny, ou de Mlle de Luzy 1, attendu que vous ne pouvez pas tout faire par vous-même. De plus, je dois vous certifier que c’est l’homme du monde qui se connaît le mieux en bonne déclamation. J’ai eu l’honneur de jouer le vieux bonhomme Lusignan avec lui. Il faisait Orosmane à mon grand contentement, et je le prends pour arbitre quand on m’accusera injustement d’avoir donné des préférences à des filles. Il sait plus que personne avec quel enthousiasme je vous suis attaché. Il sait que vous êtes la première de toutes mes passions, et combien je lui envie le bonheur qu’il a de vous faire sa cour.

Agréez, monseigneur, le tendre et profond respect de votre vieux courtisan.

Voltaire. »

10/04/2020

Je voudrais ne vous entretenir jamais que d'écraser l'infâme

... A tous ceux qui hurlent à la perte de liberté et la mainmise de l'Etat via une application de surveillance informatique, je dis "bandes d'ânes batés, râleurs sans cervelle" de quoi avez-vous peur, vous qui à longueur de temps postez vos scories de vies banales pour signaler vos hauts faits [sic], au monde entier ? Votre inutilité est donc  respectable parce que venant de vous ? Vous êtes bien abrutis pour croire que vous êtes libres, vous qui ne savez plus vivre sans votre dose de médiatisation, contrôlés par vos fournisseurs d'accès qui vous/nous écrêment .

En est-il quelques-uns qui savent encore réfléchir, ou est-ce une espèce en voie d'extinction ? Qui comprend le combat de Voltaire et de ses émules ?

 

Voltaire, écraser l'infâme: Amazon.fr: Borel, Jean-Baptiste ...

https://www.amazon.fr/Voltaire-%C3%A9craser-linf%C3%A2me-...

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

[vers le 25 janvier 1765] 1

J'ai été obligé d'envoyer mon exemplaire de Corneille à l'Académie française . Le négligent frère Gabriel n'en a plus . J’ai fait partir le mien par la diligence de Lyon , adressé à M. Duclos ; il sera probablement à la chambre syndicale . Pouvez-vous avoir la bonté de le faire retirer par l'enchanteur Merlin, qui le présentera à M. Duclos ? Vous savez que M. de Laleu rembourse tous ces petits frais . Je vous demande bien pardon de vous parler de ces guenilles . Je voudrais ne vous entretenir jamais que d'écraser l'infâme, et de ma tendre amitié pour vous .

Si vous voyez M. Le Clerc de Montmercy 2, je vous prie de lui faire de ma part les plus tendres compliments . »

1 L'édition Clogenson fond cette lettre avec celle du 5 février 1765 ; Cayrol place ce texte en février, alors qu'elle est manifestement contemporaine de celle du 25 janvier 1765 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/04/08/dechainez-des-dogues-d-angleterre-contre-le-monstre-qu-il-faut-assaillir-de.html

09/04/2020

le [rend] plus piquant, c’est de comparer la différente façon de penser des hommes, et les motifs qui les font agir : souvent ces motifs ne font pas honneur à l’humanité

... Je ne citerai pas de noms, juste un petit survol de l'actualité internationale : https://news.google.com/topics/CAAqJggKIiBDQkFTRWdvSUwyMH...

 

 

« A Jean-Jacques Gilbert, marquis de Fraigne

Ferney, le 25 janvier 1765 1

[.  .  .] Nous avons, dans ce moment-ci, une petite esquisse à Genève de ce qu’on nomme liberté, qui me fait aimer passionnément mes chaînes. La république est dans une combustion violente. Le peuple, qui se croit le souverain, veut culbuter le pauvre petit gouvernement, qui assurément mérite à peine ce nom. Cela fait, de Ferney, un spectacle assez agréable. Ce qui le rend plus piquant, c’est de comparer la différente façon de penser des hommes, et les motifs qui les font agir : souvent ces motifs ne font pas honneur à l’humanité. Le peuple veut une démocratie décidée ; le parti qui s’y oppose n’est point uni, parce que l’envie est le vice dominant de cette petite ruche, où l’on distille du fiel au lieu de miel. Cette querelle n’est pas prête à finir, la démocratie ne pouvant subsister quand les fortunes sont trop inégales. Ainsi je prédis que la ruche bourdonnera jusqu’à ce qu’on vienne manger le miel . C’est Rousseau qui a fait tout ce tapage. Il trouve plaisant, du haut de sa montagne, de bouleverser une ville, comme la trompette du Seigneur qui renversa les murs de Jéricho .

Ma réponse aurait suivi votre lettre de plus près, si je n'avais pas attendu que je pusse vous envoyer tous les écrits qui [ont 2] animé cette petite république . Qui veut aussi être quelque chose ; je souhaite que vous soyez meilleur prophète que moi . Je suis avec toute la reconnaissance, et le respect,

monseigneur, etc. »

1 L'édition Correspondance littéraire donne une lettre réduite au premier paragraphe . La première édition, publiée à Dublin est encore plus corrompue que d'habitude, comme on verra , par exemple par la faute signalée en note 2 ; elle date la lettre des Délices et la dit adressée au duc de Choiseul ; or celle-ci ne peut avoir été écrite des Délices, et le nom du destinataire fait aussi difficulté . La Correspondance littéraire donne la lettre comme écrite au marquis de Fraigne, mais dans ce cas le Monseigneur qui la termine ne peut être exact . Les éditeurs de la Correspondance littéraire doutent, du reste, de l'authenticité de toute la lettre, et peut-être n'ont ils pas tort, quoiqu'elle repose sans doute sur quelque document authentique .

Voir le commentaire de Grimm : « Je ne garantis point l'authenticité de, cette lettre, qui a couru depuis quelques jours. Au reste, M. de Voltaire vient de se fixer pour toujours à Ferney. Il a rendu lés. Délices à M. Tronchin, fermier-général, dont il tenait cette maison à vie. Les troubles de Genève peuvent l'avoir dégoûté d'avoir une maison sur le territoire de la république; le dérangement de ses affaires peut y avoir contribué. M. de Voltaire ne connaît point de bornes à sa bienfaisance depuis qu'il est à Genève, et sa nièce ne connaît ni l'ordre ni l'économie dans la conduite d'une maison. Lorsque cet homme célèbre alla s'établir près de Genève, il avait plus de cent mille livres de rente, et dans une seule maison de commerce à Lyon un capital de huit cent mille livres. Ce capital est aujourd'hui presque mangé. Je crois que M. de Voltaire ne se doute guère que je sois si bien au fait de l'état de ses finances. Le duc de Wurtemberg lui doit près de trente mille, livres de rente viagère tous les ans, et cette rente n'est pas payée depuis quelque temps, quoique M. de Voltaire ait prêté de nouveau finement, et sans consulter personne, une somme de cinquante mille écus; il prétend que quand il demande de l'argent à ce prince il lui renvoie en réponse le programme de ses fêtes, avec de pompeux éloges de sa magnificence et de son bon goût. Toutes ces raisons peuvent avoir engagé M. de Voltaire à s'en tenir à sa maison de Ferney, où il vient de" faire abattre le joli théâtre » qu'il y avait fait construire. Ainsi, plus de spectacles non plus,, au moins jusqu'à nouvel ordre. Toute cette réforme me ferait peur pour le patriarche, si je ne remarquais dans ses lettres particulières toujours le même fonds de gaieté. » Grimm : page 218 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5719205h/texteBrut

2 Dans les Lettres curieuses qui, comme on l'a dit, donnent seules ce paragraphe, le texte est qui a au lieu de qui ont . La correction s’impose manifestement .

08/04/2020

Déchaînez des dogues d’Angleterre contre le monstre qu'il faut assaillir de tous côtés

... dit Boris Johnson, depuis son lit de malade confiné, jurant mais un peu tard qu'on ne l'y prendrait plus : https://www.lci.fr/international/covid-19-boris-johnson-d...

Coronavirus : Boris Johnson prolonge sa quarantaine | Urtikan.net

Sans vouloir la mort du pécheur, que ça lui serve de leçon (voilà de ce que c'est que d'avoir des idées aussi nazes que sa coiffure )

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

25è janvier 1765 1

Mon cher frère, chaque feuille imprimée qu'on m'apporte de la destruction m'édifie de plus en plus . Ce petit ouvrage fera beaucoup de bien, ou je suis fort trompé . Voilà de ces choses que tout le monde entend . Vous devriez engager vos autres amis à écrire dans ce goût . Déchaînez des dogues d’Angleterre contre le monstre qu'il faut assaillir de tous côtés .

Avez-vous reçu quelque chose de Besançon ? Je vous embrasse bien tendrement . Ecr l'inf . »

1 L'édition Correspondance littéraire, I, iv, 451 n'identifie pas le destinataire .

amusez-vous à détruire successivement toutes nos sottises welches

... et internationales également . Merci : https://www.francetvinfo.fr/vrai-ou-fake/

Le Covid-19 suffit à notre peine, n'y ajoutons pas les boeufferies des crétins et malveillants de tous bords .

Fake news

https://www.gouvernement.fr/fake-news-guide-des-questions...

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

25 de janvier [1765]

Vous devez, mon cher philosophe, avoir reçu une lettre satisfaisante de ce joufflu de Gabriel Cramer. Il est bien heureux d’imprimer la Destruction : cette Destruction suffirait pour bien établir un libraire de Paris. La quatrième feuille est déjà imprimée. Je vous remercie de m’avoir fourré là, j’en suis tout glorieux. Je me trouve enchâssé avec des diamants que vous avez répandus sur le fumier des jansénistes et des molinistes.

Votre ami le roi de Prusse, à qui j’ai été obligé d’écrire, m’a félicité d’être toujours occupé à écraser l’inf…1 . Hélas ! je ne l’écrase pas, mais vous la percez de cent petits traits dont elle ne se relèvera jamais chez les honnêtes gens. Le bon de l’affaire, c’est qu’étant percée à jour de votre main forte et adroite, elle n’osera pas seulement se plaindre.

Je vais faire partir mon exemplaire de Corneille pour l’Académie. Gabriel m’en rendra un de la seconde édition.

Vous voilà en train de détruire, amusez-vous à détruire successivement toutes nos sottises welches ; un destructeur tel que vous sera un fondateur de la raison. »



1 Le ministre français, sur le bruit que le roi de Prusse était malade, avait écrit à Voltaire pour savoir ce qu’il en était. Voltaire, qui n’avait plus commerce avec le roi de Prusse, se hâta de renouer afin de pouvoir satisfaire les ministres, et Frédéric lui répondit sur sa santé le 1er Janvier 1765. (Georges Avenel)