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11/06/2009

au nom du genre humain protégez-la !

 

Tendresse et douceur , magie du désert qui nous tente pour mieux nous perdre , aller plus loin, aller trop loin,…

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Comme tous les humains, sur notre pirogue-terre, au milieu du fleuve-voie lactée, perdue dans l’univers sans limite

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En souvenir d’un ami malgache, mort trop jeune pour avoir le temps de revoir son pays natal , salut à toi Jean-Noël :

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Force tranquille, retour à la maison

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 Quittons le rêve, attaquons l'infâme, et rêvons encore, à des jours meilleurs...

 

 

«  A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental, envoyé de Parme etc., rue de la Sourdière Paris

 et à Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d’Argental

 

 

                            Mes divins anges, je me jette réellement à vos pieds et à ceux de M. le comte de Choiseul. La veuve Calas est à Paris dans le dessein de demander justice. L’oserait-elle si son mari eût été coupable ? Elle est de l’ancienne maison de Montesquieu par sa mère (ces Montesquieu sont de Languedoc). Elle a des sentiments dignes de sa naissance et au dessus de son horrible malheur. Elle a vu son fils renoncer à la vie et se pendre de désespoir ; son mari accusé d’avoir étranglé son fils, condamné à la roue et attestant Dieu de son innocence en expirant ; un second fils accusé d’être complice d’un parricide, banni, conduit à une porte de la ville et reconduit par une autre porte dans un couvent, ses deux filles enlevées, elle-même enfin interrogée sur la sellette, accusée d’avoir tué son fils, élargie, déclarée innocente, et cependant privée de sa dot. Les gens les plus instruits me jurent que la famille est aussi innocente qu’infortunée. Enfin si malgré toutes les preuves que j’ai, malgré les serments qu’on m’a faits, cette femme avait quelque chose à se reprocher, qu’on la brûle. Mais si c’est, comme je le crois, la plus vertueuse et la plus malheureuse femme du monde, au nom du genre humain protégez-la.[le même jour lettre à Ribote-Charron :  « …nos sommes très peu informés du fond de l’affaire. Ceux qui devraient nous donner le plus de lumières gardent un silence bien lâche, et qui même est suspect… On se donnera tous les mouvements possibles pour faire rendre justice à l’innocence ; mais il faut savoir pleinement la vérité. »]. Que M. le comte de Choiseul daigne l’écouter. Je lui fais tenir un petit papier qui sera son passeport pour être admise chez vous. Ce papier contient ces mots : la personne question vient se présenter chez M. d’Argental, conseiller d’honneur du parlement, envoyé de Parme, rue de la Sourdière.

 

 

                            V.

 

                            Mes anges, cette bonne œuvre est digne de votre cœur.

 

                            V.

                            11 juin 1762. »

09/06/2009

vivre avec d’honnêtes gens au jour la journée, ne penser ni à la mort, ni aux méchancetés des vivants

                   Encore un gros lot en Espagne !

Non, pas un Euromillionnaire, mais ce que je nomme un footeux : Kaká. Je ne sais pas comment ça se prononce, mais sans doute a-t-il marché dedans du bon pied pour avoir autant de veine (si vous trouvez que j’exagère, jetez-moi votre dernière paire de chaussettes sales de votre dernier match en derby contre Trifouillis-les Oies !) .

 

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Jugez plutôt  –non, ne jugez pas –  et admirez jusqu’où va l’ego de certains dirigeants dits sportifs : soixante huit millions d’euros pour quatre vingt kilos de muscle et d’os, crampons compris !!! 850 000 euros le kilo, belle bête !

Rugissant, denture impeccable, il en veut c'est sûr !

Il aurait tort de ne pas en profiter . Quoique … au pays de la corrida, il risque de finir sans queue ni … oreilles .

L’A.C. Milan va avoir assez d’argent pour en faire bénéficier les victimes du séisme quelques uns qui ont du mal à changer de Ferrari !... voilà que je m’égare encore,  je suis fait comme un rat, vous savez maintenant que je n’apprécie guère le foot et son monde !...

 

 

 

 

Volti estime suffisamment les femmes pour les entretenir de faits d'armes ; je souligne ceci, car je fais partie de cette génération qui a eu l'immense honneur (sic) de faire son service national armé (=service militaire) et qui me suis bien gardé d'évoquer mes hauts faits devant un auditoire féminin . Par expérience, je sais que c'est un pensum pour ces dames, même si le prestige de l'uniforme existe toujours dans un petit coin de leurs fantasmes ... Etre militaire, oui, en parler, cent fois non !

 

 

 

 

« A Marie-Ursule de Klinglin, comtesse de Lutzelbourg

 

 

                            Que Dieu protège Marie [l’impératrice Marie-Thérèse ; depuis le 6 mai une partie de l’armée autrichienne est prisonnière de Prague] et qu’il vous rende sœur Broumath [Mme Zuckmantel de Brumath, sœur de l’envoyé de Prusse à Mannheim] . Ne soyez pas surprise, Madame, que Frédéric ait eu tant d’avantage sur l’irlandais Brown, et sur le prince Charles [prince Charles de Lorraine, frère de l’empereur et le comte Ulysse-Maximilien von Brown général autrichien, enfermés dans Prague]. Le conseil des rats est détruit par le chat Raminagrobis [comme dans la fable de La Fontaine]. Si le maréchal d’Estrées [ commandant l’armée française du Rhin chargée d’envahir le Hanovre tenu par le duc de Cumberland] ne prévient pas le duc de Cumberland, soyez sure que le Raminagrobis enverra vingt mille de ses grands coquins qui tirent sept coups par minute, et qui étant plus grands, plus robustes, mieux exercés que nos petits soldats et de plus ayant des fusils d’une plus grande longueur, auront autant  d’avantage avec la baïonnette qu’avec la tiraillerie.

 

                            Que faire à tout cela, Madame ? Cultiver son champ et sa vigne, se promener sous les berceaux qu’on a plantés, être bien logé, bien meublé, bien voituré, faire très bonne chère, lire de bons livres, vivre avec d’honnêtes gens au jour la journée, ne penser ni à la mort, ni aux méchancetés des vivants. Les fous servent les rois, et les sages jouissent d’un repos précieux.

 

                            Mille tendres respects.

 

                            V.

                            Aux Délices 4 juin 1757 près de Genève. »

Pour apprécier notre monde, imitons autant que faire  se peut, ce brave matou rouquin (qui me rappelle d'excellents souvenirs et la grande peine à sa mort) et ce toutou confiant : http://www.zigonet.com/chat/un-chat-pratique-un-massage-s...

08/06/2009

nous choisirons un autre petit couvent puisque vous voulez bien prendre le voile avec moi, et recevoir ma bénédiction

Allez, je ne recule devant aucun sacrifice, juste pour vous montrer mon immense désarroi, ma grande détresse : il n’y a plus de gabonais au numéro que vous avez demandé !

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Couple à la Dubout ! Non? Alors, Laurel et Hardy ! Non ? Pardon madame, vous me rappelez Marie-Thérèse d'Autriche ; comprenne qui sait (qui a visité le chateau de Voltaire, sait ).

Oh ! Dieu, O-dieux, O-mar Bongo l’inamovible a cassé sa pipe ! Guerre de succession possible, ce mortel profiteur ayant gardé seul les rênes du pouvoir ; qui l’aime le suive ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Roland Garros , lui , a vu naitre un dieu helvétique, donc neutre, Roger Federer qui ne lance que des balles jaunes en caoutchouc velu .Sans danger pour les mortels que nous sommes.

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«  A Marie-Louise Denis

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                            Je pars dans le moment, ma chère enfant. Je passerai deux jours à Senones [il y restera 3 semaines] avant d’arriver à Plombières. Vous ne connaissez pas l’abbé de Senones. C’est un  bénédictin de quatre-vingts ans, [né en 1672, en fait] qui a une bibliothèque de trente mille volumes, c’est dom Calmet. Avez-vous entendu parler de dom Calmet et de la Bible ? Il l’a commentée en quatorze tomes que j’ai dans notre cabinet de livres [Dissertations tirées du commentaire de dom Augustin Calmet. La Sainte Bible en latin et en français, 1750, 14 vol in-4°], et que vous pourriez fort bien vendre. L’auteur ni l’ouvrage ne sont trop faits pour vous. Mais je serai bien à mon aise dans la bibliothèque de Senones qui est une des plus belles du royaume. Je me ferai deux jours bénédictins, après quoi je viendrai vous attendre dans Plombières dont le séjour me serait insupportable sans vous. Croiriez-vous que je ne pars point de Colmar sans quelque regret ? Ma mauvaise réputation m’avait d’abord attiré un petit camouflet de la part de la Sainte Église, mais tous les honnêtes gens du pays ont bien réparé ce scandale.

 

 

                            Je vous prie, ma chère enfant, de m’écrire à Plombières avant votre arrivée et de me donner vos ordres, je n’ai rien à ajouter aux prières que je vous ai faites. Je suis toujours très indigné du titre de Colmar dont on a noirci cette nouvelle édition de cette maudite prétendue Histoire universelle. Il n’y a point de libraire qui ne hasardât de faire brûler un auteur pour gagner un écu. J’aimerais bien mieux que Lambert songeât à faire une édition honnête de mes petites œuvres [V* pensait que cette édition était faite par Lambert et le lui reproche le 1er juin ; en réimprimant l’édition Néaulme, Lambert met l’errata insuffisant donné à la hâte par V* ; il est dit que « le titre porte à Colmar, et qu’elle a été imprimée sous les yeux de l’auteur » ; V* le prie donc « de faire que cette fausseté soit supprimée »]. Je serais un peu consolé si vous pouviez mettre cette affaire en train avant votre départ. Quelle pitié de ne se voir qu’aux eaux dans un trou malsain où l’on dit que l’on va pour sa santé. Sachez, Héloïse, que sans vous Abélard se ferait moine à Senones pour six mois au moins, mais nous choisirons un autre petit couvent puisque vous voulez bien prendre le voile avec moi, et recevoir ma bénédiction. Je renonce au monde, et je ne suis qu’à vous.

 

 

 

                            V.

                            A Colmar 8 juin 1754

 

 

J’ai reçu en montant en carrosse votre lettre qui m’interdit Plombières [Maupertuis et La Condamine vont eux aussi à Plombières]. Je vous manderai ma marche, et ensuite, j’attendrai vos ordres. Adieu ma chère enfant.

 

                   9 juin

 

                   Je renvoie cette lettre à Colmar. »

 

 

 

 

 

"Quelle pitié de ne se voir qu’aux eaux dans un trou malsain où l’on dit que l’on va pour sa santé " : j'espère que cette phrase ne sera pas reprise par la Sécu qui rechigne tant et plus pour prendre en charge les soins en station thermale, et qu'elle ne sera pas prise au premier degré -trou malsain- par les dites stations. Etant proche de Divonne-les-Bains, station spécialisée dans les soins aux nerveux, je peux certifier qu'au moins celle-ci n'est pas un "trou", juste le bout du monde, ou plus simplement le bout oriental du Pays de Gex (oriental à double titre, géographiquement et par  les émirs et princes du pétrole qui y ont leurs résidences secondaires somptueuses ! ).

 

 

Sans oublier le casino, boite à gogos !divonne hotel-casino.gif

                           

07/06/2009

J’ai tâché au moins de ne point me contredire dans ma manière de penser

Oh ! la merveilleuse excuse pour ne point manifester mon attachement à quelque parti que ce soit : ce jour je travaille, ou plutôt, j'ai travaillé avec plaisir .

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Point d'isoloir pour moi, au contraire j'ai eu le plaisir de rencontrer des suédois,sri lankais,suisses, anglais,allemands,....

Européen oui, partisan non (au sens membre d'un parti), européen comme le concevait mon digne grand-père paternel qui ne concevait pas qu'on puisse se battre pour la conquête et qui désirait la suppression de toutes frontières. Il savait, lui qui a connu physiquement ce qu'est la guerre, qu'une ligne bleue fut-elle celle des Vosges, ne mérite pas tant de morts.

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Une frontière : quelles peurs garde -t-elle de chaque côté ?

 

 

 

 

 

 

 

« A Jean Le Rond d’Alembert

 

 

                            Il [le duc de Richelieu] me mande, mon cher ami, que c’est un malentendu et un mensonge infâme, débité par un histrion [Lekain, affaire des pièces de Voltaire refusées par Richelieu].Il y a d’ailleurs dans cette affaire de petits secrets très intéressants pour ce pauvre vieillard qui vous aime de tout son cœur.

 

                            Je vous ai déjà dit que je devais me taire et je me tais.

 

                            La grande femme [Catherine II à qui d’Alembert avait demandé la libération des Français faits prisonniers par les Russes en Pologne] est très irritée contre certains prisonniers qui ont dit d’elle des choses affreuses ; ils sont courageux, mais ils ne sont pas discrets : voilà tout ce qu’elle me fait entendre sur cette affaire, qui aurait fait un honneur infini à la philosophie et à vous.

 

                            Le jugement de ce pauvre Morangiés me paraît une de ces contradictions dont le monde est plein. S’il n’était pas suborneur de témoins, pourquoi le mettre en prison ? Si les juges sont assez romanesques pour croire qu’il a reçu les cent mille écus [il a signé le reçu avant de les avoir effectivement reçus, semble-t-il ; il est en prison pour dettes], pourquoi ne l’ont-ils pas condamné comme calomniateur, et comme ayant voulu faire pendre ceux dont il a volé l’argent ? Le feu et l’eau dont les comètes nous menacent, ne sont pas plus contradictoires [Lettre sur la prétendue comète, 17 mai 1773, « …une comète passerait aujourd’hui 20é de mai au bord de notre globule et le mettrait en miettes… Il me semble que Mesieurs de Paris jugnet de toutes choses comme de la prétendue comète que M. de Lalande n’a point annoncée. »].

 

                            Encore une fois il faut cultiver son jardin. Ce monde est un chaos d’absurdités et d’horreurs, j’en ai des preuves. J’ai tâché au moins de ne point me contredire dans ma manière de penser. Soyez sûr que je ne me contredirai jamais dans ma tendre amitié pour vous, et dans ma vénération pour vos grands talents et pur votre caractère ferme et inébranlable.

 

                            Mes compliments, je vous en prie, à ceux qui se souviennent de moi dans l’Académie .J’espère trouver un moyen d’envoyer des Crétois [ des Lois de Minos].

 

 

                            V.

                            A Ferney ce 7è juin 1773. »

 

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06/06/2009

je me tue pour être persécuté. C’est la destinée d’un homme de lettres qui aime la vérité.

En ce jour anniversaire de débarquement, jour de fureur et de mort avant une libération, je pense au grand Jacques qui est à Rouen (non pas pour être grillé comme une merguez pucelle ) à l'insu de son mal gré et qui aimerait bien débarquer de son lit pour faire une virée en mer .Espoir de notre côté à l'annonce de sa reprise de voix : "va'z y, râle un bon coup, ça dégage les poumons".

 

 

 

 

 

Longue lettre d'un Volti qui brûle ses vaisseaux parisiens et fait un pari sur l'amour que lui porte Marie-Louise sans lui cacher la vérité des faits. Bel engagement de Volti qui connait ses limites jusqu'à se comparer à Abélard (bien sûr après l'opération que l'on sait !). Mme Denis suivra Volti encore de nombreuses années, avec des heurts et bonheurs, comment les éviter ?

 

 

 

« A Marie-Louise Denis

 

 

                            Ma chère enfant, il y avait longtemps que je n’avais entendu parler de vous. Votre lettre vient bien à propos pour tirer mon âme de la langueur désespérée où les souffrances continuelles, et les travaux exécutés avec crainte l’ont jetée. Il y a de la douceur à avouer son abattement à celle qui nous soutient. Je suis dans un  état fort triste, mais je m’imagine que tous les malades sont dans mon cas, lorsque le chagrin, l’incertitude de la destinée, et un peu de persécution se mettent de la partie.

 

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                            Je ne pourrai être que vers le douze à Plombières. Je vous l’ai déjà  mandé. Je vous conseille de vendre tout ce que vous pourrez et d’arriver vers le 20 avec beaucoup d’argent. Pourquoi ne vendriez-vous pas toute la vaisselle ?[vaisselle d’argent] Il faut se faire tout d’un coup un fonds avec lequel on puisse prendre sans embarras son parti en philosophe. Vous savez que le prince de Hesse est allé à Aix-la-Chapelle, qu’il ne paraît pas dans le dessein de prendre nos tableaux. Vous pourrez d’ici au 20 vous défaire de beaucoup de choses, et laisser le reste à vendre au portier ou à votre femme de chambre en leur indiquant les prix. En un mot faites tout comme il vous plaira.

 

                            J’envoie à M. De Malesherbes le troisième volume de l’Histoire universelle [la parenthèse est écrite en marge de la lettre ](c’est à condition qu’il ne le montrera à personne, car on l’imprimerait bien vite à Paris, comme les deux premiers, et cela ferait à mes libraires [Schoepflin, de Colmar et Walther de Dresde ; impression à Dresde et parution en France par Schoepflin, à l’étranger par Walther] un tort qu’ils pourraient me reprocher. Je vous en apporte un exemplaire aux eaux), que je donne uniquement pour faire voir que j’écris l’Histoire avec quelque exactitude. Je regarde ce 3ème tome comme mon apologie contre les deux premiers [publiés par Néaulme et d’après l’édition de Néaulme]. Je le soumets au goût, à l’esprit philosophique de M. de Malesherbes, je le recommande à ses bontés. Il peut y faire insérer les cartons qu’il jugera à propos. J’ai un quatrième volume tout prêt, un cinquième commencé, et si j’avais de la santé et la bibliothèque du roi, je renouerais bientôt le fil de toute cette Histoire universelle au Siècle de Louis XIV. Mais quand il s’agira d’imprimer ce qui regarde les guerres de religion, où faudra-t-il habiter ? Je ne peux à présent travailler aux deux premiers tomes quand le public est surchargé de neuf éditions faites en moins d’un an. Il faut du temps, il faut au moins une bibliothèque de moines [qu’il trouvera en séjournant à l’abbaye de Senones ] si on ne peut jouir de celle du roi. Cet ouvrage est immense, et je me tue pour être persécuté. C’est la destinée d’un homme de lettres qui aime la vérité.

 

                            Je suis fâché qu’on veuille dans l’Encyclopédie des articles si longs. Mais je rendrai celui de Littérature aussi ennuyeusement inutile qu’on voudra. [ il avait déjà fourni un petit « essai de quatre ou cinq pages » ; on lui demande de s’étendre ; V* répond : « Ne suffit-il pas dans un dictionnaire de définir, d’expliquer, de donner quelques exemples ? Faut-il discuter les ouvrages de tous ceux qui ont écrit sur la matière dont on parle ? »] .Si j’étais sur les lieux, je me ferais volontiers compagnon dans l’atelier de l’Encyclopédie.

 

                            Ma chère enfant, M. Liébault [Nicolas Liébault, proche de Mme de Graffigny] de Lorraine n’est point à portée de procurer des ouvertures et ce pays ne me convient guère. Je ne trouverais à Montpellier rien de ce qui m’est nécessaire pour l’Histoire universelle à laquelle je suis condamné.[il le dira à Richelieu, gouverneur du Languedoc]. Je vous ferai juge de ma situation et de ma conduite quand nous boirons des eaux dans ces montagnes cornues [Plombières]. J’ai reçu une scène de la tragédie [Amalazonte, jouée le 30 mai] de M. de Chimène dans un paquet énorme qui ressemble à un mémoire de bureau de ministre. Je vais pourtant le remercier.

 

                            Pagni n’est ni un bon physicien, ni un honnête homme [il avait fourni des machines pour expériences de physique à V* à Paris]. Tirez-en tout ce que vous pourrez. Qu’il fasse au moins un billet payable au porteur. Avec cette précaution on n’a point de procès en son nom et on se fait payer.

 

                            Ne remettez rien à Laleu ; apportez tout avec vous comme Bias [Bias  de Priène, un des sept sages de la Grèce qui partit les mains vides en disant qu’il emportait tous ses biens avec lui]. J’ai le malheur d’être réduit à être bien philosophe, si c’est de la philosophie que de n’aimer à vivre que dans la retraite et le travail. Mais vous ! ma chère enfant, comment vous accomoderez-vous d’une telle vie ? Nous verrons jusqu’à quel point vous êtes détrompée du monde. Héloïse veut-elle se faire religieuse avec Abélard V. ?

 

 

                            8 juin 1754 encore à Colmar. »

 

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05/06/2009

594 147 383 270 102 938 219 382 894 333 519 830 26 juillet

Plus fort que James Bond et Hubert Bonisseur de La Bath , Volti dans un exercice d’agent secret, qu’il prend très au sérieux alors que l’adversaire le voit venir comme un paon dans sa cuisine !... Lettre codée que je vous laisse le soin de déchiffrer , bon courage !

 

 

 

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« A Jean-Jacques Amelot de Chaillou

 

 

                            Monseigneur,

 

                            Je suis obligé de me servir de ce chiffre pour avoir l’honneur de vous dire que le roi de Prusse ayant toujours voyagé , n’a pu

                                          594 147 383 270 102 938 219 382 894 

 m’écrire que le                à Magdebourg . Il me donne ordre de le

333  519  830     26 juillet   193 480 777 890 849 855 906 410 749 837

trouver à Aix-la-Chapelle au commencement d’août . Il réitère vivement

                          164 605 757 174 310 399 586 268 363 543 389 954

les offres qu’il m’a souvent faites et emploie même.

514 619 954 849 143 586 770 339 314 415 543 726 177 3

le mot d’amitié.

203 63i 853 913 895 730 268 322 909 610 , mais vous savez que je préfère à tout le bonheur de vous servir.

                                                                                     Je reste ici

 

                            Je vous supplie de me mander si vous ne jugez pas à propos que 900 945 317 enfermé en attendant le rendez-

                                       619 444 77 818 789 920 640

vous d’Aix-la-Chapelle.

820 874 885 605 214.

Je suis dans une liaison intime avec quelques étrangers

19 920 844 380 589 528 298 514 879 739 721 224 950

qui me font part de toutes les affaires  et qui me mettront

810 188 229 198 710 680 809 183 3 326 879 914 405

en état de le brouiller avec l’Angleterre.

77 704 353 290 40 843 594 488 770 417.

 

                   Je ne veux abuser ni de vos bontés ni de votre temps par une plus longue lettre, j’attends vos ordres et suis avec respect etc.

 

 

                   A La Haye chez M. l’ambassadeur ce 5 juin 1743 à 4 heures du soir. »

      

 

Moi aussi, j'ai un message codé pour vous :

http://www.monsieurdevoltaire.com/article-32262623.html

 

 

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 Pour la beauté du geste dans ce monde mercantile, -alors qu'on édicte des lois de plus en plus contaignantes au lieu de faire la réelle part des choses ( à savoir ne plus être esclaves de la loi du "pognon" de quelques nantis qui en veulent toujours plus ) -, merci Yann : http://www.youtube.com/homeprojectFR

 

                    

03/06/2009

si j’avais obligation au diable je dirais du bien de ses cornes.

 

Alleluiah ! Jésus n'est pas mort (car il bouge encore, me direz-vous, bande d'iconoclastes ), pas mort sur la croix d'infâmie (ou de rédemption, c'est vous qui voyez ). Qui donc a été crucifié ? Son frère, qui s'est sacrifié pour lui !...

Et Jésus ? En toute facilité et incognito, il est allé jusqu'au Japon -proche banlieue de la Palestine- y finir ses jours de riziculteur , père de famille, à plus de cent ans .

Preuve à l'appui de mes dires de mécréant : son tombeau est surmonté d'une croix, chose rare au pays du soleil levant .

Trop fort Jésus, comme on dit dans les banlieues !

Trop fort surtout ces japonais qui sont intimement persuadés de ces faits , nouvelle version des saintes écritures à paraître ! Que fait le Vatican ? Va-t-il lancer une fatwa comme tout intégriste qui se respecte ? Heureusement non . Pour une fois, la tolérance pour des croyances déviantes est respectée . C'est vrai que le sujet est tellement gros qu'il laisse sans voix mais non sans sourire ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

 

 

                        La lettre de mon héros m’a donné un tremblement de nerfs qui m’aurait rendu paralytique, si je n’avais pas le moment d’après reçu une lettre de M. le Chancelier [Maupéou] qui a remis mes nerfs à leur ton, et rétabli l’équilibre des liqueurs. Il est très content, il a seulement changé deux  mots et fait réimprimer la chose [brochure Les Peuples aux Parlements qui contient quelques allusions élogieuses à Choiseul, en deux lignes que Maupéou fera supprimer]. On en a fait quatre éditions dans les provinces. C’est la voix de Jean prêchant dans le désert et que les échos répètent.

 

                Mon héros sait que quand César releva les statues de Pompée, on lui dit : « Tu assures les tiennes. » Ainsi mon héros dans son cœur trouvera très bon qu’on montre de la reconnaissance pour un homme qu’on appelle en France disgracié [Choiseul], et qu’on relève ses statues, pourvu qu’elles n’écrasent personne.

 

                J’avoue que je suis une espèce de Don Quichotte qui se fait des passions pour s’exercer. J’ai pris parti pour Catherine seconde, l’étoile du Nord, contre Moustapha le cochon du croissant. J’ai pris parti contre nos seigneurs [le parlement de Paris, l’ancien] sans autre motif que mon équité et ma juste haine envers les assassins du chevalier de La Barre et du jeune Talonde [d’Etallonde, ami de La Barre, que V* recommandera auprès de Frédéric II en 1767]  mon ami, sans imaginer seulement qu’il y eût un homme qui dût m’en savoir gré.

 

                J’ai dans toutes mes passions détesté le vice de l’ingratitude, et si j’avais obligation au diable je dirais du bien de ses cornes.

 

                Comme je n’ai pas longtemps à ramper sur ce globe, je me suis mis  à être plus naïf que jamais. Je n’ai écouté que mon cœur ; et si on trouvait mauvais que je suivisse ses leçons, j’irai mourir à Astracan, plutôt que de me gêner dans mes derniers jours chez les Welches.

 

                J’aime passionnément à dire des vérités que d’autres n’osent pas dire, et à remplir des devoirs que d’autres n’osent remplir. Mon âme s’est fortifiée à mesure que mon pauvre corps s’est        affaibli.

 

                Heureusement mon caractère a plu à l’homme auquel il aurait pu déplaire [Maupéou]. Je me flatte qu’il ne vous rebute pas, et c’est ce que j’ai ambitionné le plus.

 

                Je sens vivement vos bontés. Je ne désespère pas de faire un jour, si je vis, un petit tour très incognito à Paris ou à Bordeaux pour vous faire ma cour, vous jurer que je meurs en vous aimant, et m’enfuir au plus vite. Mais je crois qu’il attendre que j’aie quatre-vingts ans sonnés. Je n’en ai que soixante et dix-huit, je suis encore trop jeune.

 

                J’ai d’ailleurs fondé une colonie [avec les émigrants fuyant Genève, il fonde une manufacture de montres ] que l’homme à qui je dois tout faisait fleurir, et qui me ruine à présent en exigeant ma présence.

 

                Ce que vous daignez me dire sur ma santé et Tronchin me fait cent fois plus de plaisir que votre vesperie [=admonestation] ne m’alarme ; aussi vous suis-je plus attaché que jamais avec le plus tendre et le plus profond respect, et le plus éloigné de l’ingratitude.

 

 

                        Voltaire

                        A Ferney 3ème juin 1771. »