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04/10/2009

Ce malheureux qui veut violer tous les petits garçons et outrager tous les gens raisonnables

Titre percutant , non ?

Volti fâché .

Moi aussi ! quand je vois tout le foin que l'on fait suite à l'arrestation de Roman Polanski . As-t-il oui ou non abusé d'une adolescente de 13 ans  ?

Oui .

Alors c'est un salaud ! quoi qu'il ait fait professionnellement, quelque soit l'arrangement avec la victime et l'aura qu'il a obtenue par ses oeuvres .

Je vous le dis tout net, à vous qui lui accordez les circonstances atténuantes, le pardon : seriez-vous aussi indulgents si c'était votre fille ? Oui, alors vous êtes des dieux, ou des ministres !

Moi, je touche encore terre .

Le statut d'artiste ne met pas au dessus des lois, arrêtez de glapir ! Ce n'est tout de même pas un agneau pascal ! Je ne suis pas un fan de la Suisse, mais là, je leur dis "bravo" , c'est "propre en ordre". Ils sont encore capables, eux, de ne pas enfreindre la loi qu'il se sont choisie. Ils ne sont pas parfaits, mais sont corrects.

Je considère qu'on ne doit pas salir un enfant. Je ne garantis pas le calme si on touchait un de mes petits enfants.

Roman P., comme "pourri", même si vous vous en fichez, je n'irai plus jamais voir un de vos films. Basta !!

innocence outragée.jpg

« A Pierre-Joseph Thoulier d’Olivet

 

                            Quel procédé est-ce là ? pourquoi donc ne m’écrivez-vous point ? avez-vous, s’il vous plait, un plus ancien ami que moi ?[V* élève au collège Louis Le Grand] avez-vous un approbateur plus zélé de vos ouvrages ? Je vous avertis que ma colère contre vous est aussi grande que mon estime et mon amitié, et qu’ainsi je dois être terriblement fâché. En un mot je souhaite passionnément que vous m’écriviez, que vous me parliez de vous, de belles-lettres, d’ouvrages nouveaux. Je veux réparer le temps perdu, je veux m’entretenir avec vous. Premièrement je vous demande en grâce de me mander où je pourrais  trouver le livre pour lequel le pauvre Vanini fût brûlé [De admirandis naturae reginae deaeque mortalium arcanis, Lutetiae 1616]. Ce n’est point son Amphiteatrum [Amphiteatrum aeternae providentiae divino-magicum christiano-physicum, Lugduni 1615]. Je viens de lire cet ennuyeux Amphiteatrum, c’est l’ouvrage d’un pauvre théologien orthodoxe. Il n’y a pas l’apparence que ce barbouilleur thomiste soit devenu d’un coup athée. Je soupçonne qu’il n’y a eu nul athéisme dans son fait, et qu’il pourrait bien avoir été cuit comme Goffredi [Louis Gaufridi , prêtre marseillais brûlé pour sorcellerie le 30 avril 1611] et tant d’autres par l’ignorance des juges de ce temps là. C’est un petit point de l’histoire que je veux éclaircir, et qui en vaut la peine à mon sens

 

                            Il y a dans Paris un homme beaucoup plus brûlable, c’est l’abbé Desfontaines. Ce malheureux qui veut violer tous les petits garçons et outrager tous les gens raisonnables vient de payer d’un procédé bien noir les obligations qu’il m’a. Vous me demanderez peut-être quelles obligations il peut m’avoir : rien que celle d’avoir été tiré de Bicêtre, et d’avoir échappé à la Grève [V* a contribué en 1725 à faire libérer l’abbé Desfontaines emprisonné à Bicêtre pour sodomie le 25 avril 1725, libéré le 24 mai, malgré les témoignages accablants d’un jeune homme de seize ans]. On voulait à toute force en faire un exemple. J’avais alors bien des amis (que je n’avais jamais employés pour moi). Enfin je lui sauvais l’honneur et la vie, et je n’ai jamais affaibli par le plus léger procédé les services que je lui ai rendus. Il me doit tout, et pour unique reconnaissance, il ne cesse de me déchirer. Savez-vous qu’on a imprimé une tragédie de César composée de beaucoup de mes vers estropiés, et de quelques uns d’un régent de rhétorique, le tout donné sous mon nom ? [V* avait confié sa pièce La Mort de César à l’abbé Asselin pour qu’elle fût jouée au collège d’Harcourt « avec promesse de sa part que copie n’en serait point tirée »  écrit-il à Thiriot le 1er septembre, ajoutant « non seulement on vient d’imprimer cet ouvrage mais … on l’a honoré de plusieurs additions et corrections qu’un régent de collège y a faites ».] . J’écris à l’abbé Desfontaines avec confiance, avec amitié à ce sujet, je le prie d’avertir en deux mots que l’ouvrage tel qu’il est n’est point de moi, [le 7 septembre] que fait mon abbé Des Chaufours ? [l’abbé Desfontaines assimilé à l’abbé Des Chaufours exécuté pour sodomie le 24 mai 1726] . Il broche dans ses malsemaines [Les Observations sur les écrits modernes, parution hebdomadaire, ici numéro du 16 septembre 1735 . A Thiriot (le 4 octobre ), il dit qu’il reproche également à Desfontaines ses critiques du Temple du Goût (numéro du 5 mars 1735), les critiques des Lettres philosophiques (numéro du 7 septembre 1735)] une satire honnêtement impertinente dans laquelle il dit que Brutus était un quaker, ignorant que les quakers sont les plus bénis des hommes, et qu’il ne leur est pas seulement permis de porter l’épée. Il ajoute qu’il est contre les bonnes mœurs de représenter l’assassinat de César, et après tout cela, il imprime ma lettre [ce qui révèle la cachette de V*, menacé de lettre de cachet a fuit à Cirey]. Quels procédés il y a [à] essuyer de nos prétendus beaux esprits ! que de bassesses ! que de misères ! Ils déshonorent un métier divin. Consolez-moi par votre amitié, et par votre commerce. Vous avez le solide des anciens philosophes, et les grâces des modernes. Jugez de quel prix vos attentions seront pour moi. S’il y a quelque livre nouveau qui vaille la peine d’être lu je vous prie de m’en dire deux mots. Si vous faites quelque chose, je vous prie de m’en parler beaucoup.

 

 

                            Voltaire

                            A Cirey par Vassy en Champagne ce 4 octobre 1735. »

03/10/2009

Les ouvrages de génie sont aux compilations ce que le mariage est à l’amour

Belle journée que ce samedi, préparée depuis hier, avec un travail très physique : faire la pressée des pommes du Verger Tiocan qui nous donnent un jus à en boire sans soif et sans modération (quoique, je dois le signaler aux gourmands, le "sans modération" entraine quelques mini problèmes de transit intestinal si on n'a pas l'habitude ! )

http://www.patrimoinedespaysdelain.fr/fr/annuaire/index.h...

 

Suite des festivités le samedi 10 octobre au verger lui-même, et le 11, dimanche, exposition, animations, boudin aux pommes (extra ! je vous le promets ). De ce fait, sachez-le, énorme besoin de main-d'oeuvre pour cueillir les pommes, les peler, le couper , les cuire pour avoir la meilleure marmelade qui soit . Et tout ça, à la main avec des fruits obtenus sans pesticides, sans engrais artificiels, juste à l'huile de coude et au savoir faire transmis par ceux qui connaissent la nature et veulent nous conserver de bons fruits et une bonne santé.

 

Cet après midi, autre activité, réalisation de toits pour des cibles d'archerie à Prévessin : grande partie de rigolade, mais les résultats sont visibles et espérons le , durables .

Là, comme avec le grand Georges, on a eu le temps des copains :

 

http://www.dailymotion.com/video/xjs62_brassens-les-copai...

 

 

 

 

 

Mon Volti, lui a été un peu casanier, si je le crois . Potsdam et Frédéric ne sont pas ce qu'il y a de mieux pour lui .

 

naufrage.jpg

 

"Ce monde est un naufrage. Sauve qui peut ..." : il est vraiment diminué physiquement et sur la défensive intellectuellement . Que ses adversaires ne se réjouissent pas trop, pas trop tôt ! Il va batailler (contre l'injustice ) et nous réjouir (je parle pour ceux qui aiment la liberté ) pendant encore 26 ans !

Yes he can !

And you ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental

 

 

                            Mon cher  ange, Le Siècle (c'est-à-dire la nouvelle édition, la seule qui soit passable), était déjà presque tout imprimé, il m’est par conséquent impossible de parler cette fois-ci de la petite épée que cacha monsieur votre oncle sous son cafetan [D’Argental avait demandé à V* d’ajouter une allusion à son oncle Charles de Ferriol qui avait insisté pour porter son épée à la cour de Turquie, sur ordre de Louis XIV sans doute, mais « contrairement à un usage très raisonnable ».]. J’ai rayé bien exactement cette épithète de petit, attribuée au concile d’Embrun [ce qu’avait demandé le cardinal de Tencin, autre oncle de d’Argental]. J’ai recommandé à ma nièce d’y avoir l’œil [elle est chargée de faire supprimer ce « petit » dans la nouvelle édition de Paris, (édition Lambert) ,  c’est ce qu’écrit V* le 28 et il ajoutera « Il est malheureusement dans un douzaine d’autres dont la France est inondée et surtout dans celle que l’abbé Pernetti a fait imprimer à Lyon sous les yeux du père du concile. »], et je vous prie de l’en faire souvenir.[le 8 septembre, il se montrait agacé par « les plaintes de trente personnes qui trouvent qu’(il) n’a pas dit assez de bien de leurs arrière-cousins » dans le Siècle]. Je voudrais de tout mon cœur qu’il fût regardé comme le concile de Trente, et que toutes les disputes fussent assoupies en France. Mais il parait que vous en êtes assez loin. Le siècle de la philosophie est aussi le siècle du fanatisme. Il me parait que le roi a plus de peine à accorder les fous de son royaume qu’il n’en a eu à pacifier l’Europe. [Lutte entre le parlement et le clergé à propos des billets de confession, que V* résume ainsi dans ce qui sera le Précis du siècle de Louis XV, en date du 11 aout 1752 : « Le roi recommanda toujours la paix, sans que les ecclésiastiques cessassent de refuser les sacrements et sans que le Parlement cessât de procéder contre eux. Enfin le roi permit… »] Il  y a en France un grand arbre, qui n’est pas l’arbre de vie, qui étend ses branches de tous côtés, et qui produit d’étranges fruits. Je voudrais que Le Siècle de Louis XIV pût produire quelque bien. Ceux qui liront attentivement tout ce que j’y dis des disputes de l’Église pourront, malgré tous les ménagements que j’ai gardés, se faire une idée juste de ces querelles ; ils les réduiront à leur juste valeur, et rougiront que dans ce siècle-ci, il y ait encore des troubles pour de pareilles chimères. Un petit tour à Potsdam ne serait pas inutile à vos politiques, ils y apprendraient à être philosophes.

 

Mon cher ange, les beaux-arts sont  assurément plus agréables que ces matières. Une tragédie bien jouée est plus faite pour un honnête homme. Mais me demander que je songe à présent au Duc de Foix et à Rome sauvée c’est demander à un figuier qu’il porte des figues en janvier. Car ce n’était pas le temps des figues [Evangile St Marc]. Je me suis affublé d’occupations si différentes, toute idée de poésie est tellement sortie de ma tête, que je ne pourrais pas actuellement faire un pauvre vers alexandrin. Il faut laisser reposer la terre. L’imagination gourmandée ne fait rien qui vaille. Les ouvrages de génie sont aux compilations ce que le mariage est à l’amour. L’hymen vient quand on l’appelle. L’amour vient quand il lui plait. [Atys, opéra de Quinault ] Je compile à présent, et le dieu du génie est allé au diable.

 

                            En vous remerciant de la note pour l’abbé de St Pierre. J’avais deviné juste, qu’il était mort en 43. Je lui ai fait un petit article assez plaisant. Il y en a un pour Valincourt qui ne sera pas inutile aux gens de lettres, et qui plaira à la famille. Je n’ai point de réponse de M. Secousse. Il est avec les vieilles et inutiles ordonnances de nos vieux rois [V* avait joint « un petit mémoire «  pour lui à la lettre à d’Argental du 5 août . Le neuvième volume des Ordonnances des rois de France de la troisième race, de Denis Secousse paraitra en 1755.] . Mais il a pour rassembler ces monuments d’inconstance et de barbarie six mille livres de pension. Il n’y a qu’heur et malheur en ce monde.

 

                            Mes anges, ce monde est un naufrage. Sauve qui peut est la devise de chaque individu. Je me suis sauvé à Potsdam, mais je voudrais bien que ma petite barque pût faire un petit trajet jusque chez vous. Je remets toujours de deux mois en deux mois à faire ce joli voyage. Il ne faut pas que je meure avant d’avoir eu cette consolation. Je ne sais pas trop ce que je deviendrai. J’ai cent ans, tous mes sens s’affaiblissent, et il y en a d’enterrés. Depuis huit mois  je ne suis sorti de mon  appartement que pour aller dans celui du roi ou dans le jardin. J’ai perdu mes dents. Je meurs en détail. Je vous embrasse tendrement, je vous souhaite une santé constante, une vieillesse heureuse. Je me regarderai comme très malheureux si je ne passe pas mes derniers jours, ô anges !  auprès de vous et à l’ombre de vos ailes.

 

                            Voltaire

                            A Potsdam 3 octobre 1752. »

01/10/2009

Nous sommes tous devenus ici poètes et musiciens sans pourtant être devenus bizarres.

Amis du rock, n'oubliez pas Eddie Cochran dans vos prières !

http://www.youtube.com/watch?v=CJn984u4hos

 

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Pourquoi lui ?

Pourquoi ici et maintenant ?

Parce qu'en ce moment je retrouve des émois dignes de mes jeunes années !

Ce morceau, je suis encore capable de l'écouter ne boucle , ça déménage et j'aime ça .

 Je ne sais toujours pas danser le rock 'n roll (quoique, si on se réfère à l'origine de ce terme, dans ce sens là, je sais le faire ! Allez vous renseigner seuls, je ne veux pas d'ennuis avec la censure !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici , notre "ministre des niaiseries" fait un rapport de ce qui l'occupa une partie de sa vie : amuser, s'amuser, se moquer , courtiser .

Se moquer, oui mais notre roturier va sentir le poids de la vengeance d'un noble ( Rohan-Chabot) , ou plutôt d'un ig-noble : six mois après, environ, il part en exil pour deux ans et demi en Angleterre et s'y adaptera remarquablement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« A Marie-Anne de Bourbon, appelée Mademoiselle de Clermont

 

 

                            Les citoyens de Bélébat [château mis à la disposition de Mme de Prie, favorite du duc de Bourbon, près de Fontainebleau] ne peuvent vous rendre compte que de leurs divertissements et de leurs fêtes. Ils n’ont d’affaires que celles de leurs plaisirs, bien différents en cela de monsieur votre frère ainé [Louis-Henri de Bourbon , premier ministre] qui ne travaille tout le jour que pour le bonheur des autres. Nous sommes tous devenus ici poètes et musiciens sans pourtant être devenus bizarres. Nous avons ici de fondation un grand homme qui excelle en ces deux genres : c’est le curé du village de Courdimanche. Ce bonhomme a la tête tournée de vers et de musique, et on le prendrait volontiers pour l’aumônier du cocher de M. de Vertamon [Le « cocher de M. de Vertamon » = Estienne, compositeur de chansons populaires .] . Nous le couronnâmes hier poète en cérémonie dans le château de Bélébat. Et nous nous flattons que le bruit de cette fête magnifique excitera partout l’émulation et ranimera les beaux arts en France.

 

                            On avait illuminé la grande salle de Bélébat au bout de laquelle on avait dressé un trône sur une table de lansquenet, au-dessus du trône pendait à une ficelle imperceptible une grande couronne de laurier où était enfermée une petite lanterne allumée qui donnait à la couronne un éclat singulier. M. le comte de Clermont et tous les citoyens de Bélébat étaient rangés sur des tabourets, ils avaient tous des branches de laurier à la main, de belles moustaches faites avec du charbon, un bonnet de papier sur la tête fait en forme de pain de sucre et sur chaque bonnet on lisait en grosses lettres le nom des plus grands poètes de l’Antiquité. Ceux qui faisaient les fonctions de grands-maitres des cérémonies avaient une couronne de laurier sur la tête, un bâton à la main et étaient décorés d’un tapis vert qui leur servait de mante.

 

                            Tout était disposé et le curé étant arrivé dans une calèche à six chevaux qu’on avait envoyée au-devant de lui, il fut conduit à son trône ; dès qu’il fut assis l’orateur lui prononça à genoux une harangue dans le style de l’Académie, pleine de louanges, d’antithèses et de mots nouveaux. Le curé reçut tous ces éloges avec l’air d’un homme qui sent bien qu’il en mérite d’avantage, car tout le monde n’est pas de l’humeur de notre reine qui hait les louanges autant qu’elle les mérite. Après la harangue, on exécuta le concert dont on vous envoie les paroles, les chœurs allèrent à merveille et la cérémonie finit par une grande pièce de vers pompeux à laquelle ni les assistants ni le curé ni l’auteur n’entendirent rien. Il faudrait avoir été témoin de cette fête pour en bien sentir l’agrément. Les projets et les préparatifs de ces divertissements sont toujours agréables, l’exécution rarement bonne, et le récit souvent ennuyeux.

 

Ainsi dans les plaisirs d’une vie innocente

Nous attendons [tous] l’heureux jour

Où nous reverrons le séjour

De cette reine aimable et bienfaisante

L’objet de nos respects, l’objet de notre amour

Le plaisir de vivre à sa cour

Vaut la fête la plus brillante.

 

                            Le curé de Courdimanche parut élevé sur un trône dressé sur une table de pharaon qui servait d’estrade, tous les habitants de Courdimanche vinrent en cérémonie le haranguer. M. …[sur la copie on indique dans la marge qu’il s’agit du président Hénault] portait la parole, la harangue finie la cérémonie commença ainsi. [la copie conservée à la B.N. donne à la suite de la lettre le texte du divertissement proprement dit – ballet intitulé La Fête à Bélébat – dont V* composa certainement quelques couplets, et qui figure dans se Œuvres. »]

 

 

                            Voltaire

                            Octobre – novembre 1725. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme je ne touche plus terre depuis quelques jours, je suppose que les paysans font encore la grève du lait (un de mes cousins, concerné par le problème, a des vaches conciliantes qui font solidairement la grève : en termes techniques elles sont "agouttées", en attendant qu'elles vêlent ) : je leur dédie ceci (aux vaches d'abord, à leurs propriétaires ensuite ) :

Milk cow blues : http://www.youtube.com/watch?v=WKxG-6qmW6U&NR=1

Avec ça, on aura directement beurre et yaourts si ces braves bêtes arrivent à suivre le rythme.

 

S'ils manquent de monde à leurs manif qu'ils chantent : C'mon everybody !

http://www.youtube.com/watch?v=lyU5bsfRdpE&feature=re...

les CRS ne pourront pas sévir, ils rejoindront les rangs des manifestants, j'en suis sûr !

 

30/09/2009

La discorde et l’envie sont faites pour la médiocrité

Il n'y a pas d'heure pour les braves. En suis-je ? J'ose l'espèrer , en tout cas je fais tout pour .

Le coeur passe avant l'esprit, ce qui explique ma mise en page tardive.

Une tendre amie méritait la priorité sinon je n'aurais même pas mérité la corde pour me pendre, et pour tout vous dire , bande de curieux avides de Secret Story, elle est trop belle pour vous ! Elle me bouleverse et j'en suis heureux.

Saurai-je lui rendre la pareille ? Suis-je encore capable de cet élan ? Dites "oui", lecteurs, ou je ne vous parle plus !!

Qui a dit :"enfin" ?

Ne vous réjouissez pas trop, un seul oui suffira pour que je continue ma coupable occupation , vous faire connaître un homme du XVIIIème siècle que je vois comme un frère des hommes du XXIème ; son esprit n'a pas une ride et son rire me met en joie .

Il m'accompagnera jusqu'à ce que mes neurones me lachent .

Qui a crié :"ça commence déjà ! ".

"La locomotive de vos sarcasmes patine sur les rails de mon indifférence !!": Hugh ! j'ai dit .

 

loco vapeur.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"La discorde et l'envie sont faites pour la médiocrité" : de ce fait je ne vous parlerai plus (-je ne vous citerai plus-) des activités, ou plutôt des inactivités d'un agent, dit d'Etat, qui franchement ne mérite pas un mot autre que ... Oui, je crois que vous avez trouvé sans mon aide !

Adieu M. H.... (comme la bombe, aussi nocif ! ).

 

 

 

 

 

 

 

 

Poursuivons ...

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x2qwj0_jacques-brel-au-s...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«  A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental

 

 

                            Je ne comprends, mon cher ange, ni votre lettre ni vous. J’ai suivi de point en point la distribution que Lekain m’avait indiquée, comme par exemple de donner Alzire à Mlle Durancy, et Zaïre à Mlle Dubois, etc.

 

Comme je ne connais point les talents ni de l’une ni de l’autre, je m’en suis tenu uniquement à la décision de Lekain, que j’ai confirmée deux fois.

 

Mlle Dubois m’a écrit en dernier lieu une lettre lamentable à laquelle j’ai répondu par une lettre polie. Je lui ai marqué que j’avais partagé les rôles de mes médiocres ouvrages entre elle et Mlle Durancy ; que si elles n’étaient pas contentes, il ne tiendrait qu’à elles de s’arranger ensemble  comme elles voudraient. Voilà le précis de ma lettre ; vous ne l’avez pas vue sans doute. Si vous l’avez vue, vous ne me feriez  pas les reproches que vous me faites.[à Damilaville le 12 octobre : « Soyez très persuadé que je n’ai nulle part à la retraite de Mlle Durancy ; M. d’Argental a été très mal informé. »]

 

                            M. de Richelieu m’en fait de son côté de beaucoup plus vifs s’il est possible [V* répondait à Richelieu le 9 septembre : « La petite Durancy avait joué chez moi, aux Délices, à l’âge de quatorze ans. Je ne lui ai donné quelques rôles que sur la réputation qu’elle  s’est faite depuis. J’ai fait un partage assez égal entre elle et Mlle Dubois. Il me paraît que ce partage entretient une émulation nécessaire. Si Mlle Durancy  ne réussit pas, les rôles reviendront naturellement aux actrices  qui sont plus au goût du public et vos ordres décideront de tout. »].Il est de fort mauvaise humeur. Voilà entre nous, la seule récompense d’avoir soutenu le théâtre pendant près de cinquante années, et d’avoir fait des largesses de mes ouvrages depuis environ quinze ans.

 

                            Je ne me plains pas qu’on m’ôte une pension que j’avais, dans le temps qu’on en donne une à Arlequin [l’acteur Carlin de la Comédie Italienne]. Je ne me plains pas du peu d’égard que M. de Richelieu me témoigne sur des choses plus essentielles. Je ne me plains pas d’avoir sur les bras un régiment [la veille , il écrivait à S. Dupont : « Les dissensions de Genève m’ont attiré un régiment entier en garnison dans mes terres. ». Sur la manière dont il a traité ce régiment et sur la reconnaissance qu’on lui en témoigne, voir la lettre écrite à Choiseul le 16 mars 1768, en simulant une lettre à lui adressée par le ministre.] sans qu’on me sache le moindre gré de ce que j’ai fait pour lui. Je ne me plains que de vous, mon cher ange, parce que plus on aime, plus on est blessé.

                           

Il est plaisant que presque dans le même temps je reçoive des plaintes de M. de Richelieu et de vous [On sait que d’Argental et Richelieu n’étaient pas en bons temes ; le 9 septembre V* avait écrit au duc que « le pauvre M. d’Argental a été bien loin de se mêler dans ces tracasseries. »] Il y a sûrement une étoile sur ceux qui cultivent les lettres, et cette étoile n’est pas bénigne. Les tracasseries viennent me chercher dans mes déserts. Que serait-ce si j’étais à Paris ? Heureusement notre théâtre de Ferney n’éprouve point de ces orages. Plus les talents de nos acteurs sont admirables, plus l’union règne parmi eux. La discorde et l’envie sont faites pour la médiocrité. Je dois me renfermer dans les plaisirs purs et tranquilles que mes maladies cruelles me laissent encore  goûter quelquefois. Je me flatte que celui qui a le plus contribué à ces consolations ne les mêlera pas d’amertume  et qu’une tracasserie entre deux comédiennes ne troublera pas le repos d’un homme de votre considération et de votre âge, et n’empoisonnera pas les derniers jours qui me restent à vivre.

 

                   Vous ne m’ayez  point parlé de Mme de Grolée [la riche tante de Lyon, sœur du cardinal de Tencin, dont d’Argental pourrait hériter .], vous croyez qu’il n’y a que  les spectacles qui me touchent. Vous ne savez pas qu’ils sont mon plus léger souci, qu’ils ne servent qu’à remplir le vide de mes moments inutiles, et que je préfère infiniment votre amitié à la vaine et ridicule gloire des belles-lettres qui périssent dans ce malheureux siècle.

 

                            Voltaire

                                  30 septembre 1767. »

29/09/2009

Quel est le père qui voulût qu’on coupât les pieds de son fils ?

-Et si je pétais un peu les plombs ?

-Non, pas ce soir, pas devant tout le monde quand même !

-OK ! alors braillez avec moi : http://www.youtube.com/watch?v=HesqzeopgEg&feature=re... et vous verrez que ça va mieux après (et même pendant ). Il n y a pas de raison que je sois le seul à avoir cette chanson qui trotte (ou plutôt galope ) dans la tête .

Et comme je suis encore un adepte de la galette de vinyl , en voici quelques uns qui m'en ont mis plein les yeux : http://www.koreus.com/video/vinyle-freestyle.html

 

 

 

 

 

crash-of-the-titans.jpg

 

 

 

 

Tout ça n 'a rien à voir avec Volti me dites-vous !

Exactement ! fichtrement exact, mais je ne suis qu'un homme ... qui rêve d'une femme ...

 

 

 

 

 

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et

 à Jeanne -Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

 

 

         Je réponds, ô mes anges gardiens, à votre bénéfique lettre dont Roscius [Lekain] a été le scribe, et je vous envoie la façon dont nous jouons toujours Zulime. Je peux vous répondre que cette fin est déchirante et que si on suit notre leçon on ne s’en trouvera pas mal.[Zulime sera reprise le 2 octobre à la Comédie française ; la dernière scène avait été écourtée lors des représentations de décembre 1761- janvier 1762 à la Comédie française ; on avait entre autres supprimé le : « J’en suis indigne. » dont V* était très fier.]

 

Ce n’est pas que j’aie jamais regardé Zulime comme une tragédie de premier ordre. Vous savez combien j’ai résisté à ceux qui avaient le malheur de la préférer à Tancrède qui est à mon gré un  ouvrage très théâtral, un véritable spectacle, et qui a en plus le mérite de l’invention et de la singularité, mérite que n’a point Zulime.[V* signale que Zulime ressemble à d’autres pièces : à Bajazet en particulier, à l’Ariane de Thomas Corneille , à l’Ines de Houdar de La motte, à la Callirhoé  de Pierre-Charles Roy ( et dans la version de 1739-1740, au Cid)].

 

Je vous supplie très instamment de vous opposer à cette fureur d’écourter toutes les fins de pièces. Il vaut bien mieux ne les point jouer. Quel est le père qui voulût qu’on coupât les pieds de son fils ?

 

Lekain m’a envoyé la façon dont il dit qu’on joue Zaïre ! [reprise le 6 février 1762] Cela est abominable. Pourquoi estropier ma pièce au bout de vingt ans ? Il me semble qu’il se prépare un siècle d’un goût bien dépravé. Je n’ai pas mal fait de renoncer au monde. Je ne regrette que vous dans Paris.

 

Je n’aurai M. le maréchal de Richelieu que dans quelques jours.[le 1er octobre]. Notre tripot ne laisse pas de nous donner de la peine. Ce n’est pas toujours une chose aisée de rassembler une quinzaine d’acteurs au pied du mont Jura, et il est encore plus difficile de conserver ses yeux et ses oreilles à soixante et huit ans passés avec un corps des plus minces et des plus frêles.

 

Je vous ai écrit sur les Calas. Je vous ai adressé mon petit compliment à M. le comte de Choiseul [le 6 septembre V* avait félicité Choiseul de vouloir faire la paix : « les voix de beaucoup d’étrangers … disent qu’on doit vous bénir si vous faites la paix à quelque prix que ce soit. Permettez-moi donc … de vous faire mon compliment. Je suis comme le public, j’aime beaucoup mieux la paix que le Canada, et je crois que la France peut être heureuse  sans Québec. Vous nous donnez précisément ce dont nous avons besoin. ». Des préliminaires de paix franco-anglo-espagnols vont être signés en octobre. La paix en Allemagne ne se fera qu’en février 1763.]. Vous ne m’avez point dit s’il en est bien mécontent.

 

Je vous ai adressé un petit mémoire très politique qui ne me regarde pas.[le 23 septembre V* fait proposer par les d’Argental au comte de Choiseul l’entremise d’un membre de la famille Tronchin (dont il répond), beau-frère du secrétaire de l’ambassade anglaise qui « est … l’âme unique de cette négociation » qui « peut avoir quelques épines ».]

 

Je suis un peu en peine de mon impératrice Catherine. Vous savez qu’elle m’a engagé à obtenir des encyclopédistes persécutés par cet Omer de venir  imprimer leur dictionnaire chez elle [à Diderot le 25 septembre , il écrit : « M. de Shouvalov me charge d’obtenir de vous que la Russie soit honorée de l’impression de votre Encyclopédie… Je doute que vos engagements pris à Paris vous permettent de faire à Riga la faveur qu’on demande ; mais goûtez la consolation et l’honneur d’être recherché par une héroïne tandis que des Chaumeix, de Berthier et des Omer osent vous persécuter. »]. Ce soufflet donné aux sots et aux fripons du fond de la Scythie était pour moi une grande consolation, et devait vous plaire. Mais je crains bien qu’Ivan ne détrône notre bienfaitrice [Ivan, petit neveu de l’impératrice Anne qui l’avait déclaré son successeur ; il fut emprisonné par Elisabeth, et à nouveau par Catherine.], et que ce jeune Russe élevé en russe, chez des moines russes, ne soit point du tout philosophe.

 

Je vous conjure, mes divins anges, de me dire ce que vous savez de ma Catherine.

 

Je baise le bout de vos ailes plus que jamais.

 

 

V.

28 septembre 1762. »

http://www.youtube.com/watch?v=OGWfLiEoG98&NR=1

Qui ne l'a jamais chanté ?

28/09/2009

L'abbé Desfontaines et JJ Rousseau : "sont des araignées qu’on ne trouve point dans les maisons bien tenues."

Pour bien vous montrer que je ne suis pas contre tout,( mais parfois tout contre ), je vous fais profiter d'un digne descendant de Volti : Pierre Desproges ; qui ne l'a entendu ou lu ne sait pas ce que c'est que l'humour , le bel humour !

 

http://www.youtube.com/watch?v=7BR4gXOe36k&feature=re...

 

 

 

 

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 Ce matou a sans aucun doute été inspiré par  le buste de "Voltaire en prière" qui a figuré à l'exposition de "Voltaire en têtes" cette saison au chateau de Volti.

Prie pour moi pour que je retombe toujours sur mes pattes !!

 

 

 

«  A Madame de Champbonin

 

 

                            Ma chère amie, Paris est un gouffre, où se perdent le repos et le recueillement de l’âme, sans qui la vie n’est qu’un tumulte importun. Je ne vis point. Je suis porté, entrainé loin de moi dans les tourbillons. Je vais, je viens, je soupe au bout de la ville, pour souper le lendemain à l’autre. D’une société de trois ou quatre intimes amis, il faut voler à l’Opéra, à la Comédie , voir des curiosités comme un étranger, embrasser cent personnes en un jour, faire et recevoir cent protestations, pas un instant à soi , pas le temps d’écrire, de penser, ni dormir. Je suis comme cet ancien qui mourut accablé sous les fleurs qu’on lui jetait. De cette tempête continuelle, de ce roulis de visites, de ce chaos éclatant, j’allais encore à Richelieu avec Mme du Châtelet, je partais  en poste ou à peu près, et nous revenions de même pour aller enterrer à Bruxelles toute cette dissipation. Mme la duchesse de Richelieu s’avise de faire une fausse couche, et voilà un grand voyage de moins. Nous partons probablement au commencement d’octobre, pour aller plaider tristement, [procès que fait Mme du Châtelet pour hériter du marquis de Trichâteau] après avoir été ballottés ici assez gaiement, mais pas trop fort. C’est avoir la goutte après avoir sauté. Voilà notre vie, mon cher gros chat ; et vous, tranquille dans votre gouttière, vous vous moquez de nos écarts ; et moi, je regrette ces moments pleins de douceur où l’on jouissait à Cirey de ses amis, et de soi-même. Qu’est-ce donc que ce ballot de livres arrivés à Cirey ? Est-ce un paquet d’ouvrages contre moi ? Je vous dirai en passant qu’il n’est pas plus question ici des horreurs de l’abbé Desfontaines [La Voltairomanie] , que s’il n’avait jamais existé. Ce malheureux ne peut pas plus se fourrer dans une bonne compagnie à Paris, que Rousseau à Bruxelles. Ce sont des araignées qu’on ne trouve point dans les maisons bien tenues. Mon cher gros chat, je baise mille fois vos pattes de velours.

 

 

                            Voltaire

                            De Paris 28 septembre 1739. »

 

 

 

 

 

Ne partez pas sans biscuit : la nuit ,ou le jour qui vous attend risque d'être long ; dans les deux cas attaquez par une pinte de rire et continuez sans modération à volonté : http://www.youtube.com/watch?v=j0sMzvvHwRs&feature=re... 

Oh ! esprits lucides, vous voyez bien qu'un tel président est fort capable, en tout manque de modestie, de pondre un roman à l'eau de rose .

Je dis "eau de rose" , c'est pour aérer, parfumer le sujet, car ce crâne d'oeuf romance comme un godillot de 14-18.

Je n'ose pas ! si , j'ose le dire car c'est une loi de la nature contre laquelle on ne peut rien , la ponte se fait bien par le trou du cul, sauf erreur de ma part . Grosse douleur vu la taille de l'oeuf ! Le pondeur se porte bien. Gloire à l'Académie ...