20/09/2015
il faut dans ma convalescence me tuer pour le plaisir des autres
... Quel homme ! Heureusement le plaisir d'agir est son meilleur remède , la mort passe son chemin .
Mis en ligne le 19/11/2020 pour le 20/9/2015
« A Cosimo Alessandro Collini, Secrétaire
intime de Son Altesse Sérénissime Électorale
à Manheim
20è septembre 1760
J'ai été bien malade, mon cher Collini, et il faut dans ma convalescence me tuer pour le plaisir des autres . J'ai chez moi M. le duc de Villars avec grande compagnie . On joue la comédie . Ma très mauvaise santé, et l'obligation de faire les honneurs de chez moi, m'ont mis dans l'impossibilité de faire le voyage . J'ai écrit à Son Altesse Électorale 1 il y a environ quinze jours, et j'ai eu l'honneur de lui adresser un assez gros paquet que j'ai confié à M. Defresney de Strasbourg . Si le paquet n'a pas été rendu, ne manquez pas, je vous prie, d'en informer M. Defresney ; l'affaire que vous savez est entamée, j'espère qu'elle réussira, pour peu que nos armées aient du succès .
Je vous embrasse de tout mon cœur .
V. »
1 Lettre non connue .
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19/09/2015
il est dit expressément, qu'aucun chevalier ne violera jamais une infante sans le consentement d'icelle . Comptez que je suis navré de douleur de ne pouvoir jouer le premier rôle dans une telle aventure
... Mis en ligne le 19/11/2020 pour le 19/9/2015
« A Claire-Josèphe-Hippolyte Léris de Latude Clairon
Aux Délices le 19 septembre 1760
Nous sommes trois que même ardeur excite,
Egalement à vous plaire empressés ;
L'un vous égale et l'autre vous imite,
Et le troisième avec moins de mérite,
Est plus heureux, car vous l'embellissez .
Je vous dois tout . Je devrais entreprendre
De célébrer vos talents, vos attraits ;
Mais quoi ! Les vers ne plaisent désormais
Que quand c'est vous qui les faites entendre .
Celui qui vous égale quelquefois, mademoiselle, c'est M . le duc de Villars quand il daigne nous lire quelque morceau de tragédie . Celle qui vous imita parfaitement hier dans Alzire, c'est Mme Denis, et le vieil ermite que vous embellissez, vous vous doutez bien qui c'est .
Nous jouâmes hier Alzire devant M. le duc de Villars, mais nous devrions partir pour venir voir la divine Aménaïde . Si jamais les pays méridionaux de la France ont le bonheur de vous posséder quelque temps, nous tâcherons de nous trouver sur votre route et de vous enlever . Nous avons un acteur haut de six pieds et un pouce 1 qui sera très propre à ce coup de main . Nous vous supplierons de nous informer du chemin que vous prendrez car par la première loi de cette ancienne chevalerie que vous faites réussir à Paris, il est dit expressément, qu'aucun chevalier ne violera jamais une infante sans le consentement d'icelle . Comptez que je suis navré de douleur de ne pouvoir jouer le premier rôle dans une telle aventure . Ne comptez pas moins sur l'admiration et le tendre attachement du claironien et antifréronien 2.
V.
Mme Denis et toute la troupe se mettent aux pieds de leur modèle . »
1 Le « géant » est François-Pierre Pictet .
2 Nouveaux néologismes de la fructueuse liste de 1760 .
11:29 | Lien permanent | Commentaires (0)
Qu'il est doux de recevoir vos figues, madame !
... Un peu de douceur dans ce monde de brutes !
Avec un peu de pseudo-ésotérisme, lecture des rêves presque freudienne ( je dis presque puisque il n'y a pas d'allusion sexuelle ) : http://www.dictionnaire-reve.com/interpretation-reve/752/reve-de-figue.html
Mis en ligne le 19/11/2020 pour le 19/9/2015
« A Louise-Suzanne Gallatin
[19 septembre 1760 ?]
Qu'il est doux de recevoir vos figues, madame ! qu'il est triste de ne les pas manger avec vous ! si vous avez été contente hier 1 nous faisons la figue à tout le monde. »
1 Sans doute à l'occasion de la représentation d'Alzire ; c'est sur cette hypothèse qu'est datée cette lettre . C'est dans la seconde semaine de septembre du reste que les figues sont mures ; voir billets de août-septembre 1759 :
05:04 | Lien permanent | Commentaires (0)
Pour payer ces 35 mille livres, j'ai l'honneur de vous faire parvenir une lettre de change de cent francs et plus
... C'est à la monnaie près ce que le gouvernement peut faire pour boucher (camoufler plutôt ) les dettes conséquentes de tous ceux qui ont perdu tout revenu pendant les confinements . Tant que la Banque Centrale Européenne tient le coup ....

Est-ce rassurant de ne pas être seuls dans ce cas ?
Mis en ligne le 19/11/2020 pour le 19/9/2015
« A Jean-Robert Tronchin
Banquier
à Lyon
Mon cher maître, pardon de vous avoir embâté 1 des Rigolet et des Bardin . Vous êtes trop bon .
Le grand point comme vous le dites est de ne se ruiner ni en chateaux, ni en églises, ni en jardins . Mais vous qui êtes mon directeur, vous saurez que j'ai eu la bêtise honnête, de tirer de prison un pauvre homme 2 de mes vassaux dont Mme de La Bâtie a fait saisir le domaine pour dettes . Je prends mes précautions mais je paie pour lui . Il vous en coûtera 5000 livres de cet article . Ou je les tirerai sur vous, ou je les prendrai chez M. Cathala, ou je vous prierai de me les envoyer .
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ci |
5000 |
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plus un marais à saigner |
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environ |
4000 |
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Pictet Varambé fils haut de six pieds et un pouce veut que je lui prête 10 000 3 pose |
10000 |
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lesquels je tirerai sur vous en bref de l'autre part |
19000 19000 |
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de petites acquisitions de prés et de champs |
4000 |
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vers la Toussaint pour le courant |
12000 |
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en tout |
35000 |
tout au plus |
Cela ne laissera pas de durer jusqu'en janvier et février .
Pour payer ces 35 mille livres, j'ai l'honneur de vous faire parvenir une lettre de change de cent francs et plus . Mais comme cela ne suffit pas absolument je compte au mois d'octobre vous envoyer pour environ 30 mille livres de dettes . Partant il me restera de quoi me marier . L'exemple du résident ne me tente pourtant pas 5. Je le marierai à Ferney demain, et je n'en serai point jaloux .
Bonjour mon cher ami . Je vous embrasse bien fort .
V.
19 septembre [1760] »
1 A proprement parler, charger d'un bât, employé au sens d'importuner par Saint Simon .
2 Bétems .
3 Sur ce prêt, voir Bestermann, app. D 194 du 22 septembre 1760 .
4 C'est ici la fin de la première page .
5 Voir lettre du 13 septembre 1760 à JR Tronchin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/11/18/il-n-y-a-plus-moyen-d-etre-malade-avec-cette-horrible-guerre-6278265.html
03:54 | Lien permanent | Commentaires (0)
18/09/2015
Encore une fois je n'aime point la guerre, mais quand on est obligé de la faire, il ne faut pas se battre mollement
... Ne pas pinailler, rentrer dans le lard de l'adversaire, c'est franc, après on discute . Assez de "on risque de choquer" brandi par des mollassons dès qu'on veut se moquer d'extrêmistes qui mériteraient même pire . Vive Charlie Hebdo et Le Canard Enchaîné .
Mis en ligne le 19/11/2020 pour le 18/9/2015
« A Pierre-Robert Le Cornier de Cideville
ancien conseiller du parlement de Rouen
rue Saint Pierre
à Paris
et s'il n'y est pas, renvoyez
à Rouen à sa terre de
Launay
22è septembre 1760
Mon ancien ami, il est bien doux que mes fruits d'hiver soient encore de votre goût, mais il est triste que nous ne les mangions pas ensemble . Vous voyez bien que ma table n’est pas toujours chargée de poires d'angoisse pour les Trublet, les Chaumeix, les Fréron, et les Lefranc de Pompignan . Je n'aime pas trop la guerre . Je n'ai attaqué personne en ma vie . Mais l'insolence de ceux qui osent persécuter la raison était trop forte . Si on n'avait pas couvert Lefranc d'opprobre, l'usage de déclamer contre les philosophes dans les discours de réception à l'Académie allait passer en loi, et nous allions passer par les armes toutes les années . Encore une fois je n'aime point la guerre, mais quand on est obligé de la faire, il ne faut pas se battre mollement . Comptez que cela n'a rien dérobé ni à mes occupations, ni à mes plaisirs ni à ma gaieté . Je n'en fais pas moins bâtir un très joli château et une petite église . Je joue même quelquefois le bonhomme de père avec Mme Denis . Je joue passablement, et Mme Denis divinement . M. le duc de Villars qui est chez moi et qui s'entend à merveille au théâtre est enchanté . Dieu m'a donné à un quart de lieue des Délices un château dont j'ai changé la grande salle en tripot de comédie . On peut y aller à pied . On y soupe ; le lendemain on va à Ferney qui est une terre belle et bonne ; et dans aucune de ces terres on n'entend point parler d'intendant, on est libre, on ne doit au roi que son cœur . Des philosophes viennent nous y voir de cent lieues ; mais vous mettez votre philosophie à n'y point venir . Vous y verriez qu'à soixante et sept ans avec une faible santé, on peut être mille fois plus heureux qu'à trente et vous rendriez ce bonheur parfait . Je ne sais si l'abbé du Resnel est aussi content de la vie que moi . Comment va sa santé ? Mais surtout donnez-nous des nouvelles de la vôtre, et songez qu'il y a dans un petit pays riant et libre deux cœurs qui sont à vous pour jamais .
V. »
11:27 | Lien permanent | Commentaires (0)
17/09/2015
Tant qu'il y aura dans mon corps je ne sais quoi qu'on appelle mon âme, [battant ?] dans mon chétif corps 2, je planterai des arbres, et je ferai rouler la presse, et même quand je serai damné, vous aurez de quoi glaner
... Et il tint parole ce sacré bonhomme!
Mis en ligne le 19/11/2020 pour le 17/9/2015
« A Gabriel Cramer
[vers le 17 septembre 1760] 1
Je ne crois pas qu'ils soit convenable d'imprimer actuellement des Tancrède pour Paris .
Comme j'ai fait présent du privilège de l'édition parisienne à la Clairon et à Lekain, leur libraire serait en droit de crier ; je pense donc qu'il faut n'en tirer que le nombre d'exemplaires que monsieur Cramer peut débiter en Suisse, en Allemagne et dans la province .
Lorsqu’on aura débité le 18è volume on en donnera un dix neuvième au bout de six mois, ce 19è contiendra Tancrède, Fanime et deux autres pièces avec quelque petits chapitres assez intéressants .
Voilà mon cher ami quelle est ma sage résolution . Vous pourrez d'ailleurs réimprimer l'Histoire générale quand il vous plaira, en attendant le 2è volume du Czar qui ne tardera pas à être entre vos mains dès que j'aurai reçu mes instructions . Tant qu'il y aura dans mon corps je ne sais quoi qu'on appelle mon âme, [battant ?] dans mon chétif corps 2, je planterai des arbres, et je ferai rouler la presse, et même quand je serai damné, vous aurez de quoi glaner .
Je ne crois point du tout les exagérations qu'on débite à Genève sur Luc et le cunctateur, j'attends le boiteux 3.
Gardez-vous bien de mettre mon nom au 18è volume et envoyez-moi deux exemplaires des dernières feuilles pour compléter les 2 exemplaires que j'ai ; plus 3 exemplaires complets .
Vale.
V. »
1 Date proposée d'après la référence à l'impression de Tancrède et au « cunctateur » (Daun étant ainsi nommé à cause de ses temporisations .
2 Ces cinq mots ont été fortement biffés sur l'original, et le premier est hypothétique ; peut-on lire bandant ?
3 L'expression attendre le boiteux ( attendre la confirmation d'une nouvelle pour y croire, selon le Dictionnaire comique de Leroux) a été vue dans la lettre du 4 mai 1757 à J-R Tronchin . Cunctateur = temporisateur .
01:14 | Lien permanent | Commentaires (0)
Il paraît que vous détestez les cabales infâmes
... Eh bien ! vous n'avez pas fini de souffrir si vous consultez régulièrement les âneries parues sur les réseaux sociaux, recueils de détestables avis et mises au pilori , lâchement envoyés anonymement .
Fake news et tutti quanti ,"Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark ! ", "« Something is rotten in the state of Denmark » comme disait Marcellus, à ceci près que maintenant c'est le monde entier qui sent mauvais .
Mis en ligne le 19/11/2020 pour le 17/9/2015

Fake news : le nom est neuf, l'usage déjà ancien : https://www.histoire-en-citations.fr/citations/les-fake-n...
« A Claude-Joseph Clos
A Ferney , le 17 septembre 1760 1
Les sentiments que vous avez la bonté de me témoigner, monsieur, me font grand plaisir ; ils partent d'un cœur pénétré qui aime les arts véritablement, et qui pardonne à mes défauts en faveur de ces arts que j'ai toujours cultivés . Ils ont fait la consolation de ma vie ; ils en font plus que jamais le charme , puisqu'ils m'attirent des témoignages si vrais de votre sensibilité . Il paraît que vous détestez les cabales infâmes des Fréron ; on ne peut aimer les lettres sans haïr ceux qui les déshonorent . Je suis très flatté d'être estimé d'un homme qui m'inspire de l'estime . C'est avec ce sentiment que j'ai l'honneur d'être, monsieur,votre , etc. »
1 Claude-Joseph Clos (1736-1812), ancien magistrat, lieutenant civil de la Prévôté de l’Hôtel, intime du marquis de Villette et proche correspondant et ami de Voltaire . Clos avait inséré le manuscrit de cette lettre dans le volume LXIII de sa série d'exemplaires de l'édition de Kehl vendu à Paris le 14 novembre 1812 , acquis par Treutel probablement pour le comte de La Bédoyère . Voir : https://www.gazette-drouot.com/lots/6975052
00:55 | Lien permanent | Commentaires (0)

