03/09/2015
On m'envoie souvent de mauvais vers, de mauvaises brochures ; vos lettres me consolent
... Mis en ligne le 17/11/2020 pour le 3/9/2015
« A Etienne-Noël Damilaville
3 septembre 1760 1
Je vous envoie, monsieur, une lettre à cachet volant pour M. Diderot 2. Je crois que vous vous intéressez autant que lui à tout ce que mon cœur lui dit ; vous pensez tous deux de la même façon . C'est un grand bonheur pour moi que je vous aie connus tous deux ; ce n'est à la vérité que par vos lettres ; mais votre âme s'y peint, et elle enchante la mienne .
Je vis dans la retraite, mais je n'ai pas un moment de loisir . Je dois quatre lettres à M. Thieriot ; je ne lui écris qu'un petit billet , et je vous supplie monsieur, de vouloir bien vous en charger . Je fais mes lettres courtes, pour ne pas trop enfler le paquet .
On m'envoie souvent de mauvais vers, de mauvaises brochures ; vos lettres me consolent . Si vos occupations vous permettaient de me dire quelquefois des nouvelles de la littérature, et surtout de M. Diderot, ce serait une nouvelle obligation que je vous aurais . Comptez, monsieur, que je sens jusqu'au fond du cœur le prix de l'amitié que vous voulez bien me témoigner .
Oserais-je vous supplier de faire parvenir, par la petite poste, cette lettre à Mme Belot 3? »
1 La copie ancienne ne donne pas le quantième . Le texte du manuscrit est corrompu et fondu avec une partie d'une lettre postérieure . Le texte publié dans la Correspondance littéraire (qui n'identifie pas le destinataire) paraît correct et est ici suivi .
2 Lettre encore inconnue .
3 Lettre non retrouvée .
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Je n'aime point du tout que le singe me prenne pour le chat, et qu'il se serve de ma patte pour tirer les marrons du feu
... Mis en ligne le 17/11/2020 pour le 3/9/2015
« A Gabriel Cramer
Mercredi matin [3 septembre 1760]
Voici L’écossaise 1; il faut commencer par imprimer L’épître dédicatoire ; ensuite la Lettre de Jérôme Carré aux Parisiens, que monsieur Cramer doit avoir dans le petit recueil que je n'ai point , parce que le relieur ne me l'a pas encore rendu . Je suis obligé de dire avec douleur qu'il y a des pages entières dans l'histoire du Czar , où l'encre n'a point mordu sur le papier . Je soupçonne que c'est parce que le papier des exemplaires à moi envoyé est un peu trop gros . Monsieur Cramer m'avait promis du papier de Hollande pour les présents que je dois faire ; j'aurais voulu avoir à présenter à Mgr l’Électeur palatin un exemplaire relié ; si monsieur Cramer veut avoir la bonté de m'en envoyer un, je lui serai très obligé .
Je crois qu'il est nécessaire de tirer au moins deux cent cinquante exemplaires du petit mémoire envoyé de Paris touchant Fréron 2; il importe à la société que cet homme soit connu à Paris et dans les provinces, et que ses feuilles soient décriées . Monsieur Cramer y est d'autant plus intéressé que j’espère lui procurer avant qu'il soit un mois, l'impression du Journal encyclopédique 3.
Bardin m'a envoyé une petite brochure intitulée Dialogues chrétiens 4. Votre professeur Vernet, docteur en théologie, est cruellement déchiré dans le second dialogue, c'est-à-dire qu'il est peint trait pour trait ; je savais une partie des petites anecdotes rapportées dans ce 2è dialogue ; mais je ne sais point ce que c'est que son aventure à propos du livre de la vie heureuse de La Mettrie, dont il est question ; l'éditeur s'est avisé de mettre un gros M. V... à la tête de cette brochure, il aurait dû plutôt en faire honneur à M. C... Je n'aime point du tout que le singe me prenne pour le chat, et qu'il se serve de ma patte pour tirer les marrons du feu ; ce n'est pas que je ne sois fort aise avec tous les honnêtes gens que ce Vernet soit vilipendé, c'est un homme pour qui j'ai, comme vous , le plus profond mépris ; et si jamais je le rencontre devers Tournay, je lui en donnerai des preuves , mais je ne veux point d'un honneur que je ne mérite pas, et je ne veux pas absolument qu'on prenne le C... pour le V... Il y a répétition vers les trois heures à Tournay . Si je peux envoyer un carrosse j'en enverrai un . J'embrasse de tout mon cœur Caro Gabriele 5.
Jeanne l'abandonnée se lamente de n'avoir pas d'anciens romans pour sa préface , et l'Histoire générale a besoin de la perpétuité de la foi,6 et de la réponse du ministre Claude 7. Ista debuit facere, et illa non omittere . Quid novi hodie mane?8 »
1 Ceci se réfère non au Café (Cramer, 1760), mais au texte publié dans la Collection complète des œuvres de M. de Voltaire, 1761 .
2 Voir la lettre du 20 août 1760 à Thieriot : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/11/16/continuez-a-combattre-en-faveur-du-bon-gout-et-du-sens-commu-6277712.html
3 Voir la lettre du 27 août 1760 à Pierre Rousseau : et les propositions que V* y fait au directeur du Journal encyclopédique : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/11/16/ce-n-est-pas-un-bon-moyen-de-faire-connaitre-un-ouvrage-que-6277700.html
4 Voir la lettre du 1er septembre 1760 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/11/17/vous-ne-pouvez-pas-souffrir-cette-familiarite-plate-cette-fa-6277977.html
5 Cher Gabriel .
6 Pierre-Nicolas-Barthélémy et Antoine Arnauld : La perpétuité de la foi de l’Église catholique touchant l'eucharistie, avec les réfutations de l'écrit d'un ministre contre ce traité, 1664, etc. ; l'ouvrage réfuté était lui-même une réfutation : Jean Claude : Réponse au livre du père Nouët, jésuite, sur le sujet du saint sacrement de l'eucharistie, 1658 . Voir : https://books.google.fr/books?id=tjFKDwAAQBAJ&pg=PT141&lpg=PT141&dq=La+perp%C3%A9tuit%C3%A9+de+la+foi+de+l%E2%80%99%C3%89glise+catholique+touchant+l%27eucharistie,+avec+les+r%C3%A9futations+de+l%27%C3%A9crit+d%27un+ministre+contre+ce+trait%C3%A9,+1664&source=bl&ots=K32k6fRl9a&sig=ACfU3U0wd_udA_mKRiskMtYUPTFI-74BZQ&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwi5s9uOqYrtAhUkyIUKHZ4bDQIQ6AEwAHoECAEQAg#v=onepage&q=La%20perp%C3%A9tuit%C3%A9%20de%20la%20foi%20de%20l%E2%80%99%C3%89glise%20catholique%20touchant%20l'eucharistie%2C%20avec%20les%20r%C3%A9futations%20de%20l'%C3%A9crit%20d'un%20ministre%20contre%20ce%20trait%C3%A9%2C%201664&f=false
7 Jean Claude : Réponse aux deux traités intitulés « La Perpétuité de la foi de l'église catholique touchant l'eucharistie, 1665 .
8 Il devait faire ceci, et ne pas faire cela . Quoi de nouveau ce matin ?
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02/09/2015
souvent ce qui plait en France, ne plait qu'à des Français
... Mis en ligne le 17/11/2020 pour le 2/9/2015
« Au comte Alexandre Romanovitch Vorontsov, à Paris
1er septembre 1760
Monsieur, le cousin de M. Aléthof est presque aussi malade que M. Aléthof l'était pour avoir lu le discours de M. Lefranc ; mais il espère qu'il n'en mourra pas comme ce pauvre Aléthof ; le thé de l'empereur de la Chine fortifiera son estomac ; il ne s'attendait pas à recevoir une marque si touchante de vos bontés ; il aura l'honneur de vous envoyer incessamment un exemplaire de l'histoire de l'empereur, qui a fait , pour le moins, autant de bien à son pays, que les Yao, les Yu et les Fo-hi en ont fait au leur . Un Russe à Paris tel que vous, monsieur, est fait pour donner une grande idée de la nation que Pierre le Grand a formée, vous êtes, entre nous , un de ses meilleurs ouvrages . On dit qu'on va jouer à Paris un chevalier errant , nommé Tancrède . Je voudrais bien que vous fussiez à Paris, quand on donnera cette farce, et que vous voulussiez avoir la bonté de m'en dire votre avis, souvent ce qui plait en France, ne plait qu'à des Français, mais ce qui obtient votre suffrage doit obtenir celui de l'Europe ; si je n'étais pas malade, je vous en dirais bien davantage ; il faut que je m'en tienne à vous assurer, monsieur, de mon très sincère et tendre respect . »
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01/09/2015
vous ne pouvez pas souffrir cette familiarité plate ..., cette façon misérable de réciter des vers comme on lit la gazette . J'aimerais je crois encore mieux, l'ampoulé que je n'aime point
... Paroles d'auteur, metteur en scène, acteur qui sait de quoi il s'agit .
Mis en ligne le 17/11/2020 pour le 1/9/2015
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental, Envoyé
de Parme etc.
Rue de la Sourdière
à Paris
1er septembre 1760
La charité étant une vertu angélique, un pauvre malade compte sur celle de ses divins anges ; vous croyez bien que ce n'est pas par mauvaise volonté que je n'ai pas fait à Tancrède et à sa chère Aménaïde tout ce que je voudrais leur faire ; mes anges n'imaginent pas quel est le fardeau d'un homme très faible, et un peu vieux qui a quatre campagnes à gouverner à la fois, qui s'avise de faire bâtir un château et une église, qui ne peut suffire à une correspondance forcée, qui pour l'achever de peindre se trouve assez embarrassé avec l'empire de toutes les Russies . Il est fort doux d'être occupé, mais il est dur d'être surchargé, le corps en souffre . Tancrède aussi ; j'implore la clémence de Mme Scaliger ; je n'en peux plus . Des vers et moi, ne peuvent se rencontrer ensemble d'ici à plus de trois mois ; n’exigez rien de moi, mes divins anges, car je ne ferais que des sottises ; il me reste à peine assez de tête pour vous dire que s'il y a dans Tancrède la simplicité , la noblesse, l'intérêt, la nouveauté que vous y trouvez, cette pièce pourra être aussi bien reçue que L’Écossaise . Mlle Clairon pleure et fait pleurer, dites-vous ; que demandez-vous de plus ? Il se trouvera quelques raisonneurs qui après avoir pleuré , diront à souper, que le courrier qui portait la lettre d'Aménaïde au camp des Maures devrait avoir parlé avant de mourir ; d'autres répondront qu'il devait se taire ; on demandera s'il y a assez de raisons pour condamner Aménaïde ; les gens de bonne volonté diront qu'il n'y en a que trop, que son courrier allait au camp des Maures, que Solamir avait osé la demander en mariage dans Syracuse, que Solamir l'avait aimée à Constantinople ; il est encore très naturel et même indispensable que Tancrède la croie coupable, puisque son père même avoue à Tancrède, qu'il n'est que trop sûr du crime de sa fille ; toute l'intrigue est donc de la plus grande vraisemblance, et ce serait une chose bien inutile et bien déplacée, de faire parler un postillon qui ne doit point parler . Il me semble que quand on a pour soi la vraisemblance et l'intérêt, on peut risquer de jouer à ce jeu dangereux de cinq actes contre quinze cents personnes . Permettez moi de vous dire , mon cher ange, qu'il faut que Lekain mette beaucoup de passion dans son rôle ; cette passion doit être noble je l'avoue, mais il faut que le désespoir perce toujours à travers de cette noblesse .
Je souhaite que Brisard joue le bonhomme comme j'ai eu l'honneur de le jouer ; croyez que ma nièce et moi, nous faisons pleurer les gens quand nous voulons .
Que vous me faites plaisir de me dire que vous ne pouvez pas souffrir cette familiarité plate que le bonhomme Sarrazin prenait quelquefois pour le naturel, cette façon misérable de réciter des vers comme on lit la gazette . J'aimerais je crois encore mieux, l'ampoulé que je n'aime point .
Au reste, vous savez bien que vous êtes le maître absolu de vos bienfaits, ainsi que de la pièce et de l'auteur . Je vous ai envoyé par le dernier ordinaire, mon édifiante lettre au roi Stanislas ; je chercherai ces dialogues 1 que vous voulez voir ; j'en ferai faire une copie ; tout est à vos ordres, comme de raison ; permettez-moi de vous remercier encore d'avoir vengé le public en donnant L’Écossaise ; vous avez décrédité ce malheureux Fréron dans Paris et dans les provinces , et il était nécessaire qu'il fût décrédité . Donnez la bataille de Tancrède quand il vous plaira, vous êtes un excellent général ; si M. Daun avait conduit ses troupes, comme vous conduisez les vôtres, le roi de Prusse ne lui aurait pas dérobé tant de marches . Adieu mon divin ange, en voilà beaucoup pour un malingre qui n'en peut plus, mais qui adore ses anges .
V. »
1 Dialogues chrétiens ou préservatif contre l'Encyclopédie, 1760, de Voltaire . Voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9613536t.texteImage
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Je me meurs de lassitude, de vers, de prose, d'église, de grange, de maçons, de laboureurs etc, etc.
... Rien d'autobiographique me concernant .
Mis en ligne le 17/11/2020 pour le 1/9/2015
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental et à Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental
[août-septembre 1760]
[…] Je me meurs de lassitude, de vers, de prose, d'église, de grange, de maçons, de laboureurs etc, etc.
Mes anges, priez Dieu pour moi . »
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30/08/2015
Je ne crois pas monsieur, qu'il y ait dans le monde un plus mauvais correspondant que moi
... A ma grande confusion, Mam'zelle Wagnière peut en témoigner , je suis son Thieriot . Par ailleurs, ne me cherchez pas sur un quelconque réseau dit social , je n'ai pas de temps à perdre .
Mis enligne le 17/11/2020 pour le 30/8/2015
« A [Pierre-Jean Grosley ?] 1
29è auguste 1760
Je ne crois pas monsieur, qu'il y ait dans le monde un plus mauvais correspondant que moi ; je ne vous ai point encore accusé la réception du paquet que vous m'avez envoyé par M. Bouret ; mais comment voulez-vous que je fasse tenir ce paquet à Berlin ; je n'écris dans ce pays-là que quand le roi de Prusse m’en donne l'occasion , je crois vous l'avoir déjà mandé ; je mets alors les gros paquets dans le sien, et il a la bonté de payer le port ; mais il faut lui épargner les petites dépenses, attendu que son trésor est un peu écorné ; je ne lui écris point depuis l'ouverture de la campagne . Celle de Fréron, à ce qu'on me mande, n'a pas été heureuse à Paris, et qu'un certain Jérôme Carré l'a battu à plate couture 2. Si Fréron a un fils, je ne lui conseille pas d'acheter la charge de son père ; je ne sais à qui vous donnerez la place de l'abbé Trublet ; quoique vous vouliez la rendre héréditaire, elle a tout l'air de tomber aux parties casuelles . Votre idée de rendre les gens ridicules de père en fils est fort plaisante ; je la transmettrai à Formey quand je pourrai ; car je crois qu'il a des enfants ; pour moi je suis fort aise de n'en point avoir .
Votre très humble et obéissant serviteur
V. »
1 Sur l'identité du destinataire, voir lettre du 1er mars 1760 à Formey : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/03/04/ajoutez-y-quelques-centaines-de-mille-pauvres-diables-de-mon-5571336.html
2 Par une anacoluthe assez extraordinaire, cette proposition complétive est complément de on me mande .
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29/08/2015
la punition est douce , s'il est coupable de toutes les choses dont on l'accuse
... Je vous laisse choisir votre victime .
Mis en ligne le 17/11/2020 pour le 29/8/2015
« A Etienne-Noël Damilaville
29 d'auguste 1760
Je réponds, monsieur, à votre lettre du 12 . Je vois avec plaisir l'intérêt que vous prenez à l'honneur des belles-lettres . Plus la place que vous occupez semblait devoir vous interdire le goût de la littérature, plus vous y avez de mérite . La publication de l'Histoire de Russie sous Pierre le Grand est une nouvelle prématurée . Vous me feriez plaisir, monsieur, de me dire quel est ce M. Do... dont vous n'achevez pas le nom : les Suisses comme moi ne sont pas au fait de l'histoire de Paris et n'entendent pas à demi-mot . Je n'ai point encore vu l'imprimé qui a pour titre Requête de Jérôme Carré aux Parisiens . Vous me feriez plaisir de me l'envoyer ; on dit qu'il est différent de celui qui courait en manuscrit . On m'a mandé qu'on jouait L’Écossaise à Lyon, à Bordeaux et à Marseille avec le même succès qu'à Paris . Je ne sais pas pourquoi le sieur Fréron s'est obstiné à se reconnaître dans le Frélon de M. Hume . Il est certain que ce n'est pas la faute de Jérôme Carré, qui n'est qu'un simple traducteur, et qui est l'innocence même . Il ignorait absolument qu'on eût jamais parlé d'envoyer le sieur Fréron aux galères . C'est le sieur Fréron lui-même qui a appris cette anecdote au public : il doit savoir ce qui en est .
En attendant il est exécuté sur tous les théâtres de France ; la punition est douce , s'il est coupable de toutes les choses dont on l'accuse . On m'a envoyé des mémoires sur sa vie 1, dont il y a, dit-on, plusieurs copies dans Paris . Il paraît par ces mémoires que cet homme appartient plus au Châtelet qu'au Parnasse . Au reste je ne l'ai jamais vu ; je n'ai lu que deux ou trois de ses misérables feuilles qu'on oublie à mesure qu'on les lit .
Je m'occupe bien plus agréablement de vos lettres et des sentiments que vous me témoignez que des sottises de ce gredin . Comptez, monsieur, sur la vive sensibilité de votre etc. »
1 Voir lettre du 20 août 1760 à Thieriot : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/11/16/continuez-a-combattre-en-faveur-du-bon-gout-et-du-sens-commu-6277712.html
10:47 | Lien permanent | Commentaires (0)

