09/09/2015
Il est nécessaire d'arrêter la source des poisons qui vont infecter votre ville
... Que ce soient des poisons microbiens ou des éléments extrémistes, tout autant terroristes les uns que les autres . Masques, lotions hydro-alcooliques, savon contre les microbes, expulsion des islamistes ( entre autres indésirables ). Le Covid-19 tue déjà bien assez sans y ajouter les assassinats pour prétendus motifs religieux .
Mis en ligne le 18/11/2020 pour le 9/9/2015
« A Michel Lullin de Châteauvieux
Du 9 septembre [1760] au soir
Monsieur, cette affaire n'est pas prête à finir . Je rends compte à M. le duc de Choiseul et à monsieur le chancelier 1; j'écris à Lyon ; j'envoie deux lettres de Rigolet ; il est d'ailleurs important d'avoir le manuscrit que ce malheureux a imprimé, et dont il a envoyé des exemplaires à Bardin . Il est nécessaire d'arrêter la source des poisons qui vont infecter votre ville . J'ignore si le Conseil communique aux juges de Lyon l'interrogatoire de Bardin 2; mais s'il ne juge pas convenable de faire cette démarche, le Magnifique Conseil voudra-t-il bien avoir la bonté de me faire communiquer copie de cet interrogatoire afin que je la produise comme pièce authentique, en vertu de laquelle les juges de Lyon puissent empêcher désormais Rigolet et autres de faire passer à Genève des libelles scandaleux ; et me faire tenir le manuscrit de ces infâmes Dialogues paraphé et signé du lieutenant de police de Lyon ? Lequel manuscrit j'aurai l'honneur de vous remettre, me bornant à cette démarche, et m'en remettant à la prudence du magnifique Conseil . J'ai l'honneur d'être, avec bien du respect etc. »
1 Les lettres à Choiseul et Lamoignon ne nous sont pas parvenues ; en revanche les deux lettres adressées à Lyon semblent bien être celle du même jour à Jean-Robert Tronchin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/11/18/je-vous-supplie-de-ne-pas-perdre-un-moment-et-d-employer-tou-6278195.html
et celle du 10 septembre 1760 à Christophle de Laffrusse de Seynas : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/11/18/la-conduite-de-ce-malheureux-doit-etre-sans-doute-reprimee-e-6278193.html
2 Il est fait mention de l'interrogatoire de Bardin parmi les pièces reproduites par Bestermann .
04:32 | Lien permanent | Commentaires (0)
il eût été fort triste pour les rosecroix que la petite drôlerie d'un des adeptes eût été sifflée
...Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rose-Croix
![]()
Bel homme, non ? Un rosecroix qui ne cache rien (pour le côté pile, placez-vous derrière l'écran ).
« A Jean-François Marmontel
9 septembre 1760 1
Dieu soit loué mon cher ami, il eût été fort triste pour les rosecroix que la petite drôlerie d'un des adeptes eût été sifflée . Les Fréron, les Pompignan, le Journal de Trévoux auraient dit que non seulement nous sommes tous des athées, mais encore de mauvais poètes .
Mandez-moi je vous prie tout ce que vous saurez, et surtout ce que vous croyez que je doive corriger . Je ne peux voir par mes yeux, et j'aime bien à voir par les vôtres .
Mettez-moi aux pieds de Mlle Clairon . Je lui écrirai, mais je n'ai pas un moment à moi .
Le roi Stanislas m'a écrit une lettre pleine de la plus grande bonté 2 quod notandum 3. Je crois que c'était la meilleure façon de servir les philosophes .
Je vous embrasse bien tendrement .
V. »
1 Une autre main a ajouté sur le manuscrit, à la suite de l'adresse : « M. … rue Neuve-Saint-Eustache » .
2 Cette lettre , réponse à celle du 15 août 1760, n'est pas connue .
3 Chose notable .
03:44 | Lien permanent | Commentaires (0)
C'est rendre service à la nation de rendre les persécuteurs des philosophes ridicules
... Avis à tous les petits chefs insignifiants qui font péter leurs pseudo-grades, tant dans le civil que sous l'uniforme . Cabu, merci pour tes beaufs .

Une race bien portante .
« A Nicolas-Claude Thieriot
9 septembre 1760
Cher correspondant, vous me fournissez de bons reliefs pour La Capilotade 1. Si j'ai santé et gaieté la sauce sera bientôt faite . C'est rendre service à la nation de rendre les persécuteurs des philosophes ridicules . Je vous demande en grâce d'aller chez Protagoras, et de lui dire énergiquement qu'il est le plus brave homme du parti , le plus aimable, le plus selon mon cœur, mais je ne lui pardonnerai de ma vie s'il n'a pas la bonté de m'envoyer le discours qu'il a prononcé à l'Académie . Je lui jure par Confucius, par Shaftsbury, par Bollingbroke qu'il ne sortira pas de mes mains .
Si quid novi scribe .2 »
1 On a là l'annonce de La Capilotade, « Chant détaché d'un poème épique de la composition de Jérôme Carré » publié pour la première fois dans les Contes de Guillaume Vadé, 1764, et plus tard incorporé comme chant XVIII de La Pucelle . On y trouve des allusions satiriques à Fréron, Guyon et autres .
2 S'il y a quelque chose de neuf écris-moi .
02:59 | Lien permanent | Commentaires (0)
Je donne mes pièces aux comédiens et aux libraires sans la moindre rétribution
... Je doute fort que BHL fasse de même !
Mis en ligne le 18/11/2020 pour le 9/9/2015
« A Etienne-Noël Damilaville
9 septembre 1760
Je suis, monsieur, plus touché que jamais de l'intérêt que vous voulez bien prendre à ce qui me regarde . Vous aimez les belles-lettres ; je les ai cultivées jusqu'à l'âge de soixnte-sept ans . Je donne mes pièces aux comédiens et aux libraires sans la moindre rétribution . Je mérite peut-être quelques bontés du public ; je n'ai recueilli que des persécutions . Fréron et Pompignan m'ont pousuivi jusque dans ma retraite ; ils m'ont forcé à être plaisant sur mes vieux jours, et j'en rougis . Je vous prie, monsieur,d'avoir la bonté de vouloir bien envoyer, par la petite poste, cette lettre à M. Thieriot, qui n'est pas assez riche pour supporter souvent les frais de la poste des frontières à Paris ; c'est d'ailleurs un homme qui aime les belles-lettres autant que vous . Je vous demande bien pardon . »
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
08/09/2015
Je trouve très bon que le diable m'écrive et me remercie : mais un mot de vous me fait plus de plaisir que tout l'enfer
... C'est fumant ! Un appel à commentaire ?
Mis en ligne le 18/11/2020 pour le 8/9/2015
« A Jean Le Rond d'Alembert
[vers le 8 septembre 1760] 1
Pour l'amour de Dieu envoyez-moi votre discours à l'Académie . Il n'y a que vous qui ayez du courage mon digne et charmant philosophe . Une demi-douzaine de gens de votre trempe feraient grand bien au monde . On dit que la race infâme des cagots est désespérée --Hyppolite aime et je n'en puis douter 2. Vous savez sans doute que ma lettre au roi de Pologne sur l'insolence des fanatiques a été approuvée du roi et de monsieur le dauphin . Courage, détruisez l'infâme, qu'elle subsiste chez les bedeaux et chez les badauds, et qu'elle soit anéantie chez les honnêtes gens . Je trouve très bon que le diable m'écrive et me remercie : mais un mot de vous me fait plus de plaisir que 3 tout l'enfer .
V.
Vous pourriez adresser votre discours à Chennevières, premier commis de la guerre à Versailles
ou a M. de l'Amilaville, premier commis du bureau du 20è, quai Saint Bernard à Paris . »
1 Préparée en vue de l'édition de Kehl, cette lettre fut finalement supprimée ; elle fut successivement datée de 1761, puis août 1760, changé en 20 septembre ; mais voir références au dauphin (lettre du 8 septembre 1760 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/09/08/o... ) , au discours de d'Alembert , lettre du 9 septembre 1760 à Thieriot : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1760/Lettre_4251
2Phèdre,IV, vi, de Racine
3 Une autre main a inséré ici les compliments de .
09:15 | Lien permanent | Commentaires (0)
07/09/2015
je suis indigné qu'on me croie assez timide pour me venger ainsi
... Mis en ligne le 18/11/2020 pour le 7/9/2015
« Au professeur Théodore Tronchin
[6 septembre 1760]
Mon cher Esculape, vous m'écrivez comme si vous me soupçonniez d'être le chrétien auteur des Dialogues 1. Vous avez trop d'esprit et trop de goût pour ne pas sentir que cette rapsodie ne peut être de moi . C'est outrager le bon goût et moi que de m'attribuer une telle sottise 2. L'auteur est bien lâche de n'oser se nommer, et bien méchamment fou de l'avoir fait imprimer avec un V. à la tête, sous le titre de Genève . Ni vous ni moi n'estimons Vernet . Il y a un Genevois qui s'avise d'imprimer que Vernet est un fripon ; mais je le serais moi, si je vous disais que je ne suis point l'auteur de cette brochure, après l'avoir faite . Je suis fâché pour Genève qu'on soit assez peu connaisseur pour me l'attribuer, et je suis indigné qu'on me croie assez timide pour me venger ainsi de Vernet par une brochure . Ce n'est pas Vernet qu'on outrage par cette feuille, c'est moi , quand on a l'insolence de mettre la première lettre de mon nom au-devant de la feuille . On dit que cela fait beaucoup de bruit ; il est à désirer que celui qui a abusé de mon nom, soit connu . Souvenez-vous je vous en prie mon cher Esculape que je vous ai mandé que je souhaitais que l'on brûlât l'ouvrage, et qu'on punît le libraire et l'auteur . Mme Denis est aussi indignée que moi . Nous croyons connaître l'auteur, mais nous sommes plus sages que lui . »
1 Ce soupçon de Tronchin fait pressentir l'hostilité qui va se développer peu à peu en lui à l'égard de V*, et qui se manifestera à la mort de ce dernier .
2 V* a d'abord écrit cette, remplacé par une telle .
09:14 | Lien permanent | Commentaires (0)
06/09/2015
quand on se porte pour accusateur d'un fripon, il faut avoir le courage de se nommer
... Dur, dur ! Il est des lieux où le risque de représailles empêche même la dénonciation, voyous et malfrats font corps, la crainte de la police inconnue , la justice débordée . Quel soutien efficace apporte-t-on à l'honnête homme face au délinquant qui se fait gloire d'aller en prison et n'en est pas à un délit, une agression près ?
Peut-être un jour la prévention sera-t-elle efficace ?
Mis en ligne le 18/11/2020 pour le 6/9/2015
« A Gabriel Cramer
6è septembre 1760
J'attends des bontés de monsieur Cramer quelques petites épreuves . Je suis indigné plus que jamais de l'honneur qu'on m'a fait, de mettre un V. à la tête de deux dialogues dont le premier est un lieu commun sans esprit ; et le second une accusation qui passe pour véritable ; mais quand on se porte pour accusateur d'un fripon, il faut avoir le courage de se nommer, et ne pas avoir la bassesse de mettre sa brochure sous le nom d'un autre . Nous sommes sûrs, Mme Denis et moi, que notre cher Gabriel et toute sa famille condamnent comme nous un si mauvais procédé . »
09:09 | Lien permanent | Commentaires (0)

