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04/04/2019

I am no way concern'd in the business of poligamy or bigamy or even monogamy

... That's all folks !

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Dénonce ton porc !

 

 

« A Arthur Hill-Trevor 1

This is my answer to the anonime letter I have receiv'd .

If it is reported in a pamphlet impos'd upon me, that a minister of state Charles the second, was a candid and good husband to two wives at once, and that he wrote a pretty book on those patriarcal good manners, I know neither that pamphlet nor that statesman, but I should be very glad to peruse the pretended book on the plurality of wives, tho I am no way concern'd in the business of poligamy or bigamy or even monogamy .

Voltaire

gentleman ordr of the King chamber.

At the castle of Ferney 8 March , n. st. 1764. 2»

1 V* a écrit dans l'édition de 1761 de l'Essai sur les mœurs, CXXX : « Trevor, chancelier d'Angleterre du temps de Charles II, épousa secrètement une seconde femme, avec le consentement de la première ; il fit un petit livre en faveur de la polygamie, et vécut heureusement avec ses deux épouses . »

Dans les éditions ultérieures, le nom de Trevor fut changé en Cowper, et, reprenant la même histoire dans les Honnêtetés littéraires, 1767, V* ajoute, parlant de l'erreur qu'il a commise sur le nom : « La famille Trevor l'a redressée avec une extrême politesse. » Le seul personnage de cette famille à qui V* puisse s'adresser est Arthur Hill-Trevor , fait vicomte Dungannon le 27 avril 1765, ce qui fixe le destinataire de cette lettre . C'est Swift qui, dans l'Examiner, XVII et XXII, a donné cours à l'histoire de la bigamie de William Cooper, premier comte Cowper . Il est douteux qu'elle soit authentique, et de toute façon, Cowper n'a écrit aucun ouvrage en faveur de la polygamie .Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Essai_sur_les_m%C5%93urs/Chapitre_130

2 « Voici ma réponse à la lettre anonyme que j'ai reçue . On dit , dans une brochure qui m'est attribuée, qu’un ministre d’État, sous le règne de Charles II, fut un mari bon et loyal pour deux femmes à la fois , et qu'il écrivit un agréable ouvrage sur ces bonnes manières patriarcales . Je ne connais ni la brochure ni l'homme d’État, mais je serais très heureux de lire le prétendu livre sur la pluralité des femmes, quoique je ne sois en aucune façon concerné par le problème de la polygamie, de la bigamie ni même de la monogamie . Voltaire , gentilhomme ordinaire de la chambre du roi Au château de Ferney, 8 mars, nouveau style, 1764. »

03/04/2019

Nos femmes assignées sont malades

... très très très malades après l'application de la charia qui devient la législation à Brunei grâce au sultan Hassanal Bolkiah dès ce jour . Les carriers et les couteliers reprennent du service .

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/04/03/a...

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« A Joseph-Marie Balleidier

Nos femmes assignées sont malades, Forestier assigné m'est nécessaire . Il faut suspendre jusqu'à nouvel ordre .

Voltaire.

Jeudi [8 mars 1764] au soir 1. »

1 Manuscrit sur lequel Balleidier a noté : « De M. de Voltaire / sans date. / Reçue le 9è mars 1764. »

ne pas perdre un moment pour assigner les témoins

... Car Carlos Ghosn, le "pauvre" justiciable, prétend dire la vérité prochainement : le Grand Guignol continue son spectacle .

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/04/03/carlos...

 

 

 

« Voltaire et Marie-Louise Denis

à Joseph-Marie Balleidier, Procureur

à Gex 1

M. de Voltaire et Mme Denis prient monsieur Balleidier de ne pas perdre un moment pour assigner les témoins dont on lui a donné la note . Ces témoins iront à Gex, les frais seront exactement payés . On garde copie de cette lettre, afin de faire voir qu'on a demandé justice à Gex, et qu'il n'y ait aucun prétexte de ne la pas rendre.

Voltaire pour Mme Denis.

A Ferney 7è mars [1764] au soir . »

1 Mention de Balleidier : « De M . de Voltaire du 7è mars 1764 /p[ou]r agir contre les mariés Trottard ».

puisque j’ose vous envoyer de telles fadaises. J’ose même me flatter que vous n’en direz du mal qu’à moi

... Les fadaises étant les commentaires que je commets plus ou moins à propos de l'actualité, je vous laisse la parole à volonté . Vous et moi serons seuls dans la confidence, étant entendu que le net est le meilleur moyen d'être discret, tout le monde , y compris vous et moi, sait ça .

 

 

 

« A Marie de Vichy de Chamrond, marquise Du Deffand

Aux Délices 7è mars 1764

Vous dites des bons mots, madame, et moi je fais de mauvais contes ; mais votre imagination doit avoir de l’indulgence pour la mienne, attendu que les grands doivent protéger les petits 1. Vous m’avez ordonné expressément de vous envoyer quelquefois des rogatons . J’obéis, mais je vous avertis qu’il faut aimer passionnément les vers pour goûter ces bagatelles 2. Si ce pauvre Formont vivait encore, il me favoriserait auprès de vous ; il vous ferait souvenir de votre ancienne indulgence pour moi ; il vous dirait qu’un demi-quinze-vingts a droit à vos bontés . Il faut bien que j’y compte encore un peu, puisque j’ose vous envoyer de telles fadaises. J’ose même me flatter que vous n’en direz du mal qu’à moi. C’est là le comble de la vertu pour une femme d’esprit . Vous me direz que la chose est bien difficile, et que la société serait perdue si l’on ne se moquait pas un peu de ceux qui nous sont le plus attachés. C’est le train du monde ; mais ce n’est pas le vôtre, et nous n’avons, dans l’état où nous sommes, vous et moi, de plus grand besoin que de nous consoler l’un et l’autre . Je voudrais vous amuser davantage et plus souvent ; mais songez que vous êtes dans le tourbillon de Paris, et que je suis au milieu de quatre rangs de montagnes couvertes de neige. Les jésuites, les remontrances, les réquisitoires, l’histoire du jour, servent à vous distraire, et moi je suis dans la Sibérie . Cependant vous avez voulu que ce fût moi qui me chargeas[se]3 quelquefois de vos amusements ; pardonnez-moi donc quand je ne réussis pas dans l’emploi que vous m’avez donné ; c’est à vous que je prêche la tolérance . Un de vos plus anciens serviteurs, et assurément un des plus attachés, en mérite un peu. »

1 Diplomatiquement, V* fait en sorte de détourner les critiques de ses contes que Mme du Deffand peut faire dans le monde ; cette lettre est un modèle de l'art épistolaire mondain .

2 Les Trois Manières .

3 Le mot est écris chargeas dans le manuscrit original, ce qui fait difficulté puisqu'il faudrait chargeasse . Plusieurs explications sont possibles . On a supposé une faute d'orthographe de Wagnière . Mais V* pourrait aussi avoir dicté chargeât, en mettant le relatif à la troisième personne ce qui est un usage blâmé par les grammairiens du temps, mais encore correct au XVIIè et bien connu au XVIIIè par exemple dans les œuvres de jeunesse de Marivaux . On peut aussi songer à des formes aberrantes mais attestées d'imparfaits du subjonctif .

a menacé qu'on s'en repentirait si on poursuivait son père et sa mère

... Qui donc ? L'inénarrable Donald Trump, qui n'en est pas à un mensonge près, ose affirmer que ses parents sont nés en Allemagne . Si cela est, je suis le fils du pape !

https://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/donald-trump...

 

 

 

« A Joseph-Marie Balleidier

[7 mars 1764] 1

Il faut faire assigner Simon Clavel, granger du seigneur Mallet, qui a prêté son chariot pour mettre en sûreté les effets de Nicolas Truttard et de sa femme, et qui a chez lui la petite-fille desdits Truttard, âgée de dix ans . Il faudra interroger ladite fille . François 2 Truttard, âgé d'environ 25 ans, fils des prévenus, a menacé qu'on s'en repentirait si on poursuivait son père et sa mère . Cette famille étrangère est une famille de voleurs, et on peut du moins empêcher qu'aucun d'eux ne revienne .

Il s'agit de donner quelque terreur pour mettre un frein aux vols domestiques, et qui sont devenus trop fréquents . Il est inutile d'apporter à Gex les effets volés puisqu'ils ne pourront être confrontés aux coupables qui sont évadés .

Il ne s'agit que de donner un décret de prise de corps contre Nicolas Truttard et sa femme et leur fils François 3.

Il ne serait pas mal de faire afficher ce décret à Ferney et à Magny si cela est dans la règle . »

1 La date approximative est donnée par la mention de Balleidier : « De M. de Voltaire 7 R[épondu] le 9è mars 1764 » . la date exacte est fixée par le fait que la lettre au même du 7 mars porte la mention « au soir », ce qui signifie qu'il y en a déjà eu une dans la journée .

2 V* a d'abord écrit puis rayé François .

02/04/2019

Vraiment, c'est un imbécile . Si ses camarades sont aussi pauvres d'esprit, comme je le présume, ils sont aussi sûrs du paradis dans l'autre monde que des galères dans celui-ci

... Qui donc ? mais notre Fanfoué Hollande bien sûr ! et les rescapés du parti socialistes qui sont encore attachés à ses basques et qui rament pour les élections européennes . Au lieu de casser du sucre sur le dos du président Macron, comme n'importe quel Gilet jaune, qu'a-t-il de constructif à proposer ce niais patenté grassement payé à ne rien faire?

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Modèle unique ? non ! hélas !

 

 

« A Louis Necker , Négociant

à Marseille

5è mars 1764 à Ferney

Je crains bien, monsieur, de ne pas m'élever plus haut que la cheville du pied, et d'être obligé de m'en tenir à la délivrance de ce pauvre cordonnier . Le moment qui était favorable il y a quelques semaines ne l'est pas aujourd'hui 1. Vous qui êtes dans un port de mer vous savez que les vents changent ; mais je vous réponds qu'au premier beau temps je mettrai à la voile pour ces pauvre malheureux . Je ne vous réponds pas de réussir . Il me semble que parmi ces pauvres martyrs de Guillaume Farel et de Jean Calvin, il y a quelques vieillards qu'on pourra faire jouir du bénéfice de l'âge, mais les autres qui peuvent travailler dans les chantiers sont regardés comme des gens utiles à qui on donne rarement la dignité de galériens honoraires .

J'ai vu votre cordonnier . Vraiment, c'est un imbécile . Si ses camarades sont aussi pauvres d'esprit, comme je le présume, ils sont aussi sûrs du paradis dans l'autre monde que des galères dans celui-ci . Votre très humble et très obéissant serviteur .

V. »

01/04/2019

in quantum possum, et in quantum indigent / Autant que je puis et autant qu'ils en ont besoin

... Telle devrait être la réponse de tout candidat à quelque élection lorsqu'on lui demande ce qu'il a l'intention de faire pour les citoyens défavorisés .

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

5è mars 1764, aux Délices 1

Je reçois la lettre du 27 Février, dont mes anges m’honorent. Je suppose qu’ils ont reçu l’épître aux auteurs de la Gazette littéraire . Je suppose aussi qu’ils ont reçu celle que j’ai pris la liberté de leur adresser pour M. de Cideville 2, qui probablement a quelquefois le bonheur de les voir, et qui demeure rue Saint-Pierre.

Je suppose encore qu’ils ont la lettre de M. le premier président de Dijon, qui est tout à fait encourageante, conciliante, qui tranche toute difficulté, qui met tout le monde à son aise.

Je suppose de plus , qu'ils me diront si M. le duc de Praslin veut que je fasse venir des livres d'Italie, attendu qu'étant à la porte je serai servi plus vite, et je servirai mieux : j'entends que je servirai en cas que je ne devienne pas aveugle .

Autre supposition, c'est que mes anges auront daigné faire lire à mon frère Damilaville Les Trois Manières, car mon frère mérite cette bonté de leur part, et cette attention de la mienne .

Mes anges m’ordonnent d’envoyer aux comédiens ordinaires du roi la disposition de mes rôles ; je l’envoie in quantum possum, et in quantum indigent 3. Si mes anges ne trouvent pas que ma lettre pour M. le duc de Duras suffise, il faudra bien en écrire une directement, car j’aime à obéir à mes anges ; leur joug est doux et léger.

Non, pardieu ! il n’est pas si doux ; ils voudraient que d’ici au 12 du mois, qu’on doit jouer cette Olympie, je leur fisse un cinquième acte. Je le voudrais bien aussi ; ce n’est pas la mort de Statira au 4 qui me fait de la peine, c’est la scène des deux amants au 5 . C’est une situation assez forcée, assez peu vraisemblable, que deux amants viennent presser mademoiselle de faire un choix, dans le temps même qu’on brûle madame sa mère ; mais je voulais me donner le plaisir d’un bûcher ; et si Olympie ne se jette pas dans le bûcher aux yeux de ses deux amants, le grand tragique est manqué. La pièce est faite de façon qu’il faut qu’elle réussisse ou qu’elle tombe telle qu’elle est. Ne croyez pas que je suis paresseux, je suis impuissant : et puis d’ailleurs comment voulez-vous que je fasse à présent des vers ? Savez-vous bien que je suis entouré de quatre pieds de neige ? j’entends quatre pieds en hauteur, car j’en ai quarante lieues en longueur ; et, au bout de cet horizon, j’ai l’agrément de voir cinquante à soixante montagnes de glace en pain de sucre. Vous m’avouerez que cela ne ressemble pas au mont Parnasse : les Muses couchent à l’air, mais non pas sur la neige. Mon pays est fort au-dessus du paradis terrestre pendant l’été ; mais pendant l’hiver il l’emporte de beaucoup sur la Sibérie, si je faisais actuellement des vers, ils seraient à la glace.

On dit qu’on tolérera un peu la Tolérance ; Dieu soit béni ! D’ailleurs je ne conçois rien à tout ce qu’on me mande de chez vous . Il semble que ce soit un rêve . Je souhaite qu’il soit heureux. Mes anges le seront toujours, quelque train que prennent les affaires ; ainsi je trouve tout bon.

Avez-vous lu le mandement de votre archevêque ? Je sais que la pièce est sifflée ; mais ne pourriez-vous pas avoir la bonté de me la faire lire ? Certes ce que vous avez vu depuis quelques années est curieux.

Respect et tendresse.

V.

Après cette lettre écrite et cachetée, des remords me sont venus au coin du feu. La scène d’Olympie entre ses deux amants, au 5è acte, m’a paru devoir commencer autrement. Voici une manière nouvelle ; je la soumets à mes anges , ils la jetteront dans le feu, si elle leur déplaît. »

1 Lettre amputée du 3è et du 4è paragraphe dans l'édition de Kehl et suivantes .

3 Autant que je puis et autant qu'ils en ont besoin .