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21/11/2017

Victoire, triomphe, Te Deum !

... Voltaire a , ce jour, 323 ans et pas une ride .

Bon anniversaire à lui et tous ceux qui l'aiment .

Et une pensée affectueuse pour LoveVoltaire qui m'encourage à poursuivre ce blog et que j'ai hâte de revoir en bonne forme pour continuer MonsieurdeVoltaire . Cet anniversaire nous est précieux à plus d'un titre .

 https://www.youtube.com/watch?v=ofM3Kr2Ly5E

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«Voltaire et Marie-Louise Denis

à Jacob Tronchin, Conseiller

à Genève

A Ferney 7è janvier 1763

Victoire, triomphe, Te Deum ! Nous allons faire un feu de joie à Ferney . Cependant, il est honteux de se tant réjouir d'une chose si naturelle et si simple 1.

V. et D. »

quoi qu'il en soit, on ne peut refuser la révision, ou bien il faudrait qu'il n'y eût ni pudeur, ni justice, ni honneur sur la terre . C'est sur quoi nous serons éclaircis

... dès aujourd'hui , pour ce remaniement ministériel . Aura-t-on une ou des nouvelles têtes tout aussi inconnues que celles qu'elles remplaceront ?

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Cheese ! ouistiti ! saucisson !  But don't forget : "It is dangerous to be right when the government is wrong." Voltaire .

 

 

« A Philippe Debrus

7è janvier 1763 à Ferney

Je doute fort , monsieur, que ce soit M. le duc de Bedfort, qui ait obtenu la relaxation de Mlles Calas ; mais je ne doute point que le parlement de Toulouse ne soutienne que Calas et toute la famille est coupable, et qu'il n'a prévariqué qu’en ne faisant pas rouer la famille entière . Il n'a que cette honteuse et abominable ressource ; soyez 1 qu’elle ne servira qu'à le couvrir d’opprobre .

Il se pourrait bien faire que le père Bourges 2 fût un fripon ; je soupçonne un peu, parce qu'il n'a point répondu à la lettre que Donat Calas lui avait écrite ; quoi qu'il en soit, on ne peut refuser la révision, ou bien il faudrait qu'il n'y eût ni pudeur, ni justice, ni honneur sur la terre . C'est sur quoi nous serons éclaircis ce mois-ci . On jugera sur le mémoire très judicieux de M. Mariette, il porte la conviction dans les esprits, et la vue d'une mère et de deux filles en crêpe et en larmes redemandant le sang d'un époux et d'un père, porteront la pitié dans tous les cœurs .

Cette affaire devient de jour en jour plus intéressante 3. J'ai l'honneur de vous renvoyer vos lettres . »

1Wagnière a oublié un mot , sans doute sûr .

2 Les deux dominicains présents lors de la mise à la question de Jean Calas proclamèrent qu’il avait été ferme jusqu'à la mort . Mais l'un d'entre eux, Bourges, contribua plus tard à faire entrer Pierre Calas dans un couvent .

3 A l'époque, le terme a un sens fort, et n'est donc pas à négliger ici .

20/11/2017

Je tâcherai de faire de que vous me demandez, mais il faudra probablement attendre un peu de temps

... A l'heure d'un remaniement gouvernemental, il est fort probable que les mieux intentionnés des futurs élus peuvent penser ainsi . Je dis bien , "les mieux intentionnés", pour les autres, je ne réponds de rien . A suivre ...

Quant à Christophe Castaner, saura-t-il se taire en temps utile et avoir un peu plus de jugeotte que dans son emploi mal tenu de porte-parole du gouvernement ?

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Un roi de la diagonale

 

 

« A Joseph-Marie Balleidier, Procureur

à Gex

7è janvier 1763, à Ferney 1

Je tâcherai de faire de que vous me demandez, mais il faudra probablement attendre un peu de temps . Je me ferai une vrai plaisir de vous obliger ; mais en attendant, il faut que vous m'obligiez .

Vuaillet ne m'a point rendu les provisions de Tournay ; je ne sais s'il était procureur général de cette terre, ou s'il y avait quelque autre emploi ; en un mot, il faut que je sois bien sûr qu'il ne me demande rien, que je ne lui dois rien, sinon, je le ferai incessamment assigner pour le paiement des mille écus qu'il me doit ; il n'en a pas bien usé avec moi, et je ne veux pas qu'on me manque .

Pourriez-vous me faire l’amitié de demander au grenier à sel combien on a fourni de sel pour le château de Ferney cette année passée 1762 ? on m'en compte si prodigieusement que je ne puis croire que j'en aie consommé cette quantité . Je ne demande cette information qu’en cas qu'elle soit dans la règle, et qu’on tienne registre des délivrances . »

1 Sur le manuscrit original, le dernier paragraphe est autographe . Quelques mots de cette lettre, sous une date erronée, sont cités par Vézinet A.

19/11/2017

la paix, le concours des étrangers, le nombre de ceux qui seront touchés de son mérite lui pourront être utiles . C’est ce que je souhaite passionnément

... Ce sont tous mes voeux pour notre président, il en a bien besoin , et la France aussi .

 

 

«  Au marquis Francesco Albergati Capacelli

senatore di Bologna

à Bologna

per Milano

7è janvier 1763, à Ferney 1

Je voudrais sans doute, monsieur, voir un homme de votre mérite et quitter mes neiges pour les vôtres, ou bien avoir le bonheur de vous voir quitter les vôtres pour les miennes ; mais vous êtes attaché à la dotta é grassa Bologna 2, et moi, je ne peux, à l’âge de soixante et dix ans, passer le mont Cenis pendant l’hiver. Je suis dans mon lit depuis les premiers froids. Ma consolation est de lire notre cher Goldoni, et de m’amuser à des ouvrages qui ne valent pas les siens. Je suis obligé de dicter toujours ; je ne peux écrire ; voilà pourquoi j’ai tardé si longtemps à vous dire, monsieur, combien je suis sensible à vos offres obligeantes, et quel est mon regret de ne pouvoir les accepter.

Je compte dans quelque temps vous faire un petit envoi : mais ce ne sera, je crois, que dans le mois de mars ; j’ai été si malade, si faible, si paresseux, que je n’ai pu écrire depuis longtemps à M. Goldoni. D’ailleurs que lui mander du fond de ma retraite ? Il m’a écrit qu’il serait longtemps à Paris . Je ne doute pas que ses ouvrages ne lui fassent des admirateurs, et son caractère des amis ; la paix, le concours des étrangers, le nombre de ceux qui seront touchés de son mérite lui pourront être utiles . C’est ce que je souhaite passionnément.

Pour vous, monsieur, je ne vous souhaite que la continuation de votre félicité ; vous avez tout le reste . On ne peut être plus pénétré que je le suis de tout ce que vous valez et de l’amitié dont vous m’honorez. Comptez, je vous en conjure, sur mon très tendre attachement pour le temps qui me reste à vivre. »

1 La lettre à laquelle répond V* ne nous est pas parvenue ; il ne peut s'agir de celle que Besterman place à la date du 5 janvier, date qu'elle porte effectivement(sans doute par erreur pour 5 février ), car Albergati y fait allusion au « petit envoi » prévu pour mars 1763 .

2 Docte et grasse Bologne .

18/11/2017

Il faut un peu se presser d'envoyer cet ouvrage à Paris

... Mais sincèrement je doute que l'ouvrage dont je vais vous parler supporte le voyage , jugez-en : http://actu.orange.fr/societe/insolite/un-pilote-dessine-...

Si j'étais recruteur pour l'Armée de l'air je peux vous assurer que j'engagerais ce pilote, qui, victime de grenouilles de bénitier hypocrites comme seul(e)s savent l'être les Ricain(e)s, risque d'être mis à pied . Ce puritanisme imbécile , source de l'élection d'un Donald Trump, autrement malfaisant que ce pilote, me met en rage et me donne une furieuse envie d'ouvrir la boite à baffes .

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Oh quel dangereux terroriste ! qui horrifie les petits enfants (and so proud mothers) , lesquels n'ont qu'un malheureux Colt 45 dans leur poche pour chasser le Malin. Un pénis couillu dans le ciel devrait donner une idée de Dieu et comment il a créé le monde, non ?

 

 

« A Gabriel Cramer

[vers le 6 janvier 1763]

Monsieur Cramer est supplié de vouloir bien renvoyer la dernière feuille des remarques sur l'Histoire, et d'y ajouter les titres des articles . Il faut un peu se presser d'envoyer cet ouvrage à Paris . Il peut contribuer au prompt débit de l'édition de l'Histoire . »

17/11/2017

il n'y a d'autre moyen d'obtenir la tolérance, que d'inspirer beaucoup d'indifférence pour les préjugés, en montrant pourtant pour ces préjugés même un respect qu'ils ne méritent pas

...Résultat de recherche d'images pour "préjugés religieux humour"

"Il est plus difficile de briser un préjugé qu'un atome" : Albert Einstein dixit .

"Plus difficile, mais pas impossible ! : James (décidément optimiste ) dixit .

 

 

« A monsieur le ministre Paul-Claude Moultou

à Genève

Ferney 5è janvier 1763 1

J'ai lu avec attention, monsieur, une grande partie de L’Accord parfait 2. C'est un livre où je dirais qu'il y a de fort bonnes choses, si je ne m'étais pas rencontré avec lui, dans quelques endroits où il parle de la tolérance . Il y a , ce me semble, un grand défaut dans ce livre, et qui peut nuire beaucoup à votre cause ; c'est qu'il dit continuellement que les catholiques ont toujours eu tort , et les protestants toujours raison ; que tous les chefs des catholiques étaient des monstres, et les chefs des protestants des saints . Il va même jusqu'à mettre Spiphame, évêque de Nevers 3, au rang de vos apôtres irréprochables . C'est trop donner d'armes contre soi-même ; il est permis d'injurier le genre humain, parce que personne ne prend les injures pour lui ; mais quand on attaque violemment une secte en demandant grâce, on obtient la haine, et point de grâce .

Je vous répète qu'il est infiniment à désirer qu'un homme comme vous veuille écrire . Vous seriez lu, et L'Accord parfait ne le sera point ; il est beaucoup trop long et trop déclamateur, comme tous les livres de cette espèce ; il faut être très court, et un peu salé, sans quoi les ministres et Mme de Pompadour, les commis et les femmes de chambre, font des papillotes du livre .

Sous un autre gouvernement, je n'aurais pas osé hasarder quelques petites notes, dont il est très aisé de tirer d'étranges conséquences ; mais je connais assez ceux qui gouvernent, pour être sûr que ces conséquences ne leur déplairont pas . Je pense même qu'il n'y a d'autre moyen d'obtenir la tolérance, que d'inspirer beaucoup d'indifférence pour les préjugés, en montrant pourtant pour ces préjugés même un respect qu'ils ne méritent pas .

Je pense enfin , que l'aventure des Calas peut servir à relâcher beaucoup les chaînes de vos frères qui prient Dieu en fort mauvais vers . Je suis convaincu, que si d'ailleurs on a quelque protection à la cour, on verra clairement que des ignorants qui portent une étole, ne gagnent rien à faire pendre des savants à manteau noir, et que c'est le comble de l'absurdité comme de l'horreur .

Plus je relis les Actes des martyrs, pus je les trouve semblables aux Mille et une nuits, et je suis tenté de croire qu'il n'y a jamais eu que les chrétiens qui aient été persécuteurs, pour la seule cause de la religion .

Je vous supplie , monsieur, de vouloir bien envoyer chez MM. Souchay et Lefort le commentaire de Bayle sur le Contrains-les d'entrer 4, et la lettre de l'évêque d'Agen 5, par laquelle cet animal veut contraindre d'entrer .

J'ai encore une autre grâce à vous demander, comme à un docteur hébraïque, qui est pourtant un Français très aimable, c'est de vouloir bien m'écrire en caractères chrétiens, ces mots de la Vulgate, tibi jure debentur 6. C'est à l'occasion du dieu Chamos 7, vous savez ce que c'est ; il ne sera pas mal de mettre cet hébreu en marge, pour effrayer les ignorants qui prétendraient que ce passage est un argument ad hominem 8, et qu'il ne veut dire autre chose, sinon, vous pensez vous autres chamichiens que vous possédez de droit ce que Chamos vous a donné . Mais le jure debentur est formel, et un petit mot d'hébreu sera sans réplique .

On m'a mandé de Toulouse, qu'un jeune homme qui allait prier tous les jours à Saint-Étienne sur le tombeau du saint martyr Marc-Antoine Calas 9, est devenu fou, pour n'avoir pas obtenu de lui le miracle qu'il lui demandait, et ce miracle c’était de l'argent .

On ne peut rien ajouter, monsieur, ni à ma compassion pour les fanatiques, ni à ma sincère estime pour vous . »

1 L'édition Gaberel est limitée à des extraits, datée correctement ; l’édition Taillandier de même . Les Lettres inédites suppriment le 5è et le 7è paragraphe, suivie des autres éditions et toutes celles-ci datent à tort du 8 .

3 L'auteur de L'Accord parfait a mis en effet Jacques-Paul Spiphame, évêque de Nevers, au rang des hommes de bien convertis au protestantisme en oubliant que Spiphame avait été décapité en 1566 sur l'ordre du Conseil de Genève pour « immoralité » .

4 C'est le fameux Commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus-Christ : Contrains-les d'entrer, de Pierre Bayle, 1686-1688 .

5 Lettres de M. l'évêque d'Agen à monsieur le contrôleur général, contre la tolérance des huguenots dans le royaume, 1et mai 1751, de Joseph-Gaspard-Gilbert de Chabannes .

6 Il te sont dus à bon droit .

7 Juges , XI, 24 .

8 Personnel .

16/11/2017

Tout ce que je crains c’est d'acquérir de l'indifférence avec l'âge – l'indifférence glace les talents

... et rend con ! -- je me le dis tout net .

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« A Bernard-Louis Chauvelin

Dans les neiges , 5 janvier [1763]

Ma main n'a point suivi mon cœur . Tout ce que je souhaite, c'est que Votre Excellence daigne être fâchée de ma paresse . J'ai été malade, j'ai travaillé, j'ai voulu vous écrire de jour en jour et je ne l'ai point fait . Je suis très coupable envers moi car je me suis privé d'un très grand plaisir . Si vous étiez à Paris j'aurais bien plus 1 d’amitié pour Olympie et pour Le Droit du Seigneur . Les entrailles paternelles s’émouvraient bien davantage pour mes enfants quand vous en seriez le parrain . Tout ce que je crains c’est d'acquérir de l'indifférence avec l'âge – l'indifférence glace les talents . Qui voit les choses de sang-froid, n'est bon que pour votre illustre métier .

Le ministère, à ce qu'on dit,

Veut une âme tranquille et sage,

Tandis que mon métier maudit

En veut une ardente et volage .

Vous n'employez que des raisons,
Quand il faut vous ouvrir, ou feindre,

Je ne peins que des passions :

Il faut les sentir pour les peindre .

Et les passions ! Il y a longtemps que je n'en ai plus . Vous monsieur qui en avez une si belle, et que la plus charmante ambassadrice du monde doit inspirer, c'est à vous de faire des vers .

Malgré mon âge décrépit

J'en ferais bien aussi pour elle

Si vous me donniez votre esprit

Et votre grâce naturelle .

J'aurai quelque chose à vous envoyer le mois prochain, mais comment m'y prendrai-je ? Ce mois-ci vous n'aurez rien . Je n'ai que des neiges ; j'en suis entouré, et elles passent dans ma tête . Peut-être en avez -vous autant à Turin ; et je ne sais si vous direz de la neige du Piémont ce que le cardinal de Polignac disait de la pluie de Marly 2. M. et Mme d'Argental ont cru que je plaisantais en vous suppliant de leur envoyer Le Droit du seigneur . Ils l'avaient en effet mais ils n'avaient pas une si bonne copie que la vôtre . Mes anges d'ailleurs me rendent la vie bien dure , ils me donnent des commissions comme on en donnait au diable de Papefiguière 3; et des corrections pour cette pièce-ci, et des changements pour cette pièce-là, et des additions, et des retranchements . Mes anges je ne suis pas de fer, ayez pitié de moi .

Je demande à Votre Excellence votre protection envers mes anges .

Je vous souhaite force années heureuses et je vous présente mon très tendre respect .

V. »

1 plus ajouté par V* au-dessus de la ligne .

2 Beuchot donne une explication en note dans son édition ; « Louis XIV lui faisait voir les jardins de Marly, et lui en faisait remarquer les beautés ; une averse survint ; le roi voulait interrompre la promenade : '' Sire , dit Polignac, la pluie de Marly ne mouille point.'' » Voir : https://books.google.fr/books?id=ejx_CgAAQBAJ&pg=PT1142&lpg=PT1142&dq=jardins+de+marly+polignac+louisXIV&source=bl&ots=uxPjpaSVe0&sig=EGosICfzo5tGrpRXzQtlgGC74VA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiLtZrDkMHXAhWKzRoKHZcZC6gQ6AEISjAH#v=onepage&q=jardins%20de%20marly%20polignac%20louisXIV&f=false