21/01/2015
faut-il plutôt laisser faire la nature ?
...

Après l'épilation, soins anti-rides et une petite liposuccion ?
« A Théodore Tronchin
professeur
[janvier 1760]
Dieu d'Epidaure, quelle est donc cette maladie qui attaque tant de monde ? J'ai neuf malades à Ferney, tous ayant la même fièvre .
Quelle est la méthode générale qu'il faut suivre dans ce mal endémique ?
Il m’est mort aux Délices un garçon de trente ans très vigoureux et de plus excellent sujet que je regrette .
L'enfant dont je vous ai importuné m'inquiète . Fièvre continue avec redoublements, ventre tendu comme un tambour, deux fois l'émétique, répugnance invincible au petit lait . Faudra-t-il une troisième dose de deux grains dans deux pintes ou chopines 1 d'eau de chicorée, faut-il plutôt de la manne 2, faut-il plutôt laisser faire la nature ? Que signifie ce ventre tendu comme un tambour de basque ?
Vous ne me parlez point de mademoiselle votre fille . Parlez-moi du moins de nos flottes . Vale et ama nos .3
V. »
1 Ou chopines est ajouté au dessus de la ligne .
2 Laxatif , fraximus ornus
3 Porte-toi bien et aime nous .
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20/01/2015
il est désagréable qu'on m'impute continuellement des sottises que je n'ai pas seulement lues, et que je méprise autant que la plupart des brochures de Paris
... Voila ce qu'aurait pu dire le monde musulman s'il avait été un tant soit peu civilisé et tolérant .
On a vu plutôt des bas-de-plafond faire parler les balles et les machettes . C'est trop leur demander que d'épargner des vies , ce sont des impuissants qui croient dominer le monde par la terreur ; je leur dit : "vos jours sont comptés", et tout comme il est écrit :
Dn 5,24. C'est pourquoi Il a envoyé l'extrémité de cette main, qui a écrit ce qui est marqué sur la muraille.
Dn 5,25. Or voici l'écriture qui a été tracée: Mané, Thécel, Pharès.
Dn 5,26. Et voici l'interprétation de ces mots. Mané: Dieu a compté ton règne et y a mis fin.
Dn 5,27. Thécel: tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé trop léger.
Dn 5,28. Pharès: ton royaume a été divisé, et donné aux Mèdes et aux Perses.
Et j'ajouterai que ce n'est pas LE prophète barbu qui est prétexte à guerre prétendue sainte , qui pourra y changer quoi que ce soit : vous périrez, vous pourrirez .

« A Michel Lambert 1
Libraire
proche la Comédie française
à Paris
[vers le 15 janvier 1760]2
Je suis obligé , monsieur, de me plaindre à vous, de ce que vous avez imprimé sous mon nom une comédie intitulée La Femme qui a raison, sans me consulter . Elle n'est certainement pas de moi dans l'état pitoyable où je l'ai vue ; et je n'ai pas mérité que vous me fissiez cet outrage , qui choque également les bienséances et les lois ; il n'est certainement pas permis de se servir du nom de qui que ce soit sans son aveu . On me mande aussi de Paris que vous imprimez souvent des injures contre moi dans un ouvrage périodique, intitulé l'Année littéraire . Comme je ne me suis attiré, monsieur, ni aucun de ces procédés, ni aucun de ces outrages, je crois que vous devez vous les reprocher . Je suis très loin d'y faire une attention sérieuse, mais il est désagréable qu'on m'impute continuellement des sottises que je n'ai pas seulement lues, et que je méprise autant que la plupart des brochures de Paris sont méprisables, vous pouvez gagner de l'argent par des voies plus dignes de vous et de votre profession.
Voltaire
gentilhomme ordinaire du roi
l'un des 40 de l'Académie »
2 Pour la suite des relations avec Michel Lambert, citons un extrait d'une lettre de Gabriel Cramer à Grimm, du 4 février 1760 : « Si M. Lambert nous eût fait il y a trois ou quatre ans, l'ouverture qu'il nous fait aujourd'hui par votre canal , il aurait et nous aussi beaucoup d'argent qui a passé en d’assez mauvaises mains ; car à vous en parler vrai , nos relations avec Robin ne m'ont jamais plu ; je ne sais comment diable tout cela s'est enfilé, car je n'ai jamais compris la nécessité de faire à mes dépens, la fortune d'un homme à qui elle ne va pas du tout . Si donc M. Lambert est de bonne foi dans l'intention de se lier avec nous, et de ne rien contrefaire de ce que je lui enverrai, je consens de tout mon cœur à rompre avec Robin, avec lequel je puis terminer dans quinze jours . Nous pourrions commencer M. Lambert et moi sous des auspices assez passables : le czar, l'infâme ,,,[La Pucelle] , et des petits chapitres . Le czar (je parle du premier volume) est en magasin depuis plusieurs mois ; les cartes de M. Danville sont arrivées ici, l'exemplaire envoyé à Pétersbourg n'est point parvenu, on en renvoiera un autre, et l'on n'attend qu'une approbation du grand chambellan pour achever l'ouvrage ; lequel sera mis sous presse sur-le-champ, puis expédié à Paris en tel nombre que l'on jugera convenable . Il y aura une édition en 8° et une édition 12° . la chère infâme est toute prête à paraître au grand jour, sa parure est la plus élégante du monde ; nous attendons des gravures délicieuses (quoiqu'honnêtes) que nous avons fait faire pour rendre la chose plus touchante . Quant au volume de mélanges je compte qu'au premier jour je le mettrai sous presse ; mais il me semble que pour celui-là je serais embarrassé à refuser à Robin un nombre d'exemplaires pour compléter ce qui peut lui rester des œuvres . L'analyse de l'Esprit est partie depuis quinze jours ; j'ai donné ordre à Robin de vous remettre tous les exemplaires que vous aurez la bonté de lui demander . […] vous ne connaissez pas encore le Voyage de frère Garassise à Lisbonne ; il est sous presse à la suite de la Bertiade ; si nous nous arrangeons avec M. Lambert, ce sera la dernière chose que recevra Robin . »
Le 27 avril 1760, dans sa lettre à d'Argental, V* écrit : « Faudra-t-il qu'un libraire, tel que Michel Lambert, qui a l'insolence d'imprimer toutes les pauvretés que Fréron débite contre moi, gagne cent louis d'or à imprimer malgré moi mon ouvrage? Cela est-il juste ? »
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19/01/2015
Il faut, en vérité, aller dans un nouveau monde pour avoir du plaisir par le temps qui court
... Heureusement Voltaire ne nous envoie pas dans "l'autre" monde comme ont tendance à le faire trop souvent à mon goût, quotidiennement pour être vrai, les cinglés terroristes mahométans ou autres . Le "nouveau" monde offre en effet plus de plaisir, il n'est qu'à le demander aux participants du Dakar, ce fameux Paris-Dakar qui a dû s'exiler pour éviter les voleurs et assassins . Pourquoi faut-il que des minorités mettent le monde à feu et à sang ?

« A Louise-Dorothée von Meiningen, duchesse de SAXE-GOTHA
Aux Délices, 15 janvier 1760, en réponse à la lettre
dont V. A. S. m'honore, du 3 janvier.
Madame, pourquoi n'y suis-je pas? Pourquoi ne suis-je pas le témoin des plaisirs et des talents de votre illustre famille? Votre Altesse sérénissime fait en tout temps mes regrets. Madame la princesse votre fille se fait donc Américaine 1 ? Le prince aîné est Zamore ! Il faut, en vérité, aller dans un nouveau monde pour avoir du plaisir par le temps qui court. Je vois la grande maîtresse des cœurs qui leur donne des leçons : car il me semble que je l'ai entendue très-bien réciter, et mieux sans doute que le maître de langue, quel qu'il soit. Nous n'avons ici, madame, dans la ville de Jean Calvin, aucun dessinateur capable de dessiner un habit de théâtre, pas même un surplis; mais je vais y suppléer. Une espèce d'habit à la romaine pour Zamore et ses suivants, le corselet orné d'un soleil, et des plumes pendantes aux lambrequins ; un petit casque garni de plumes, qui ne soit pas un casque ordinaire. Votre goût, madame, arrangera tout cet ajustement en peu d'heures. Si on peut avoir pour Alzire une jupe garnie de plumes par devant, une mante qui descende des épaules et qui traîne, la coiffure en cheveux, des poinçons de diamant dans les boucles, voilà la toilette finie. Pour Alvarès et son fils, le mieux serait l'ancien habit à l'espagnole, la veste courte et serrée, la golille 2, le manteau noir doublé de satin couleur de feu, les bas couleur de feu, le plumet de même. Montèze, vêtu comme les Américains. Voilà, madame, tout ce que votre tailleur peut dire ; mais, en qualité d'auteur, Votre Altesse sérénissime est bien convaincue que je voudrais être le maître de langue.
J'ignore quel est le bel homme qui s'est donné pour le médecin Tronchin 3 ; le véritable est encore à Genève, et peut-être n'en sortira pas. Pour Mlle Pertriset 4, j'ai eu l'honneur de lui écrire, madame, et de lui envoyer le compte qu'on m'a remis pour le banquier 5 que Votre Altesse sérénissime protège. Je me flatte qu'elle m'aura mis aux pieds de Votre Altesse sérénissime, et de toute votre auguste maison.
Freytag doit être bien étonné d'être trépassé d'une mort naturelle 6. Hier il vint chez moi un Prussien, fils du général Brédau. Je lui demandai des nouvelles de tous ceux que j'avais vus chez le roi ; madame, il n'y en a pas un en vie. Ô monde, que tu es néant !
Daignez, madame, agréer les profonds respects de V. »
1 Elle allait jouer Alzire . La duchesse écrivait à V* le 3 janvier 1760 : « Mes enfants se sont proposés de jouer Alzire que j'aime tant, et ils ignorent tout comme moi comment ils doivent s'habiller ? J'ose donc vous conjurer de nous mettre au fait [...] le plus simple serait si vous vouliez sur un petit bout de papier me faire dessiner l'habillement et y ajouter à côté l'explication […] Mes enfants n'ont jamais encore joué la tragédie mais plusieurs petites pièces de comédies […] D'ailleurs nous avons ici un maître de langue français qui déclame très joliment et qui se donne beaucoup de peine pour les instruire . Ma fille apprend le rôle d'Alzire et mon fils aîné celui de Zamore . » L'action d'Alzire se passe au Pérou : http://www.theatre-classique.fr/pages/programmes/edition.php?t=../documents/VOLTAIRE_ALZIRE.xml
2 Espèce de collet porté en Espagne (Littré)
3 « Selon toutes les apparences M. Tronchin a passé par ici incognito pour se rendre à Berlin . Nous apprîmes cette nouvelle par les gazettes et en même temps par des lettres particulières de Frankfurth » écrit la duchesse le 3 janvier 1760 . Voir aussi lettre du 7 janvier 1760 à Mme d'Epinay : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/01/15/antecedentem-scaelestum-persequitur-pede-poena-claudo-le-crime-a-beau-prend.html
4 Voir page 169 et suiv. : http://www.liberius.net/livres/Voltaire,_sa_vie_et_ses_oeuvres_%28tome_2%29_000001156.pdf
5 II s'agit d'une réponse de Choiseul à Frédéric II.
6 « […] ce vilain Freytag a passé le pas par un coup d'apoplexie : je crois qu'il est mort à Hambourg », toujours lettre du 3 janvier 1760 à V*.
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18/01/2015
J'ai vu en ma vie bien des hiboux se croire aigles.
... Et récemment, un coquelet nommé Sarkozy, tenter de faire briller ses plumes en premier rang, pour épater ses poules sans doute, à la limite de faire la roue (comme Lepaon ?), et de se dresser sur ses petits ergots, et de tendre le col comme pour coquericoter . Je lui prédits un avenir de volaille : la casserole (il ne sera pas besoin d'en chercher , il en traine assez pour équiper Top Chef).

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'ARGENTAL.
11 janvier 1760
Je conçois très-bien, mon divin ange, que vous enverrez plus d'un courrier pour raccommoder la balourdise de ce monsieur, soi-disant d'Aragon, qui stipula si mal les intérêts du duc de Parme dans le traité croqué d'Aix-la-Chapelle 1. Cet homme cependant passait pour un aigle. J'ai vu en ma vie bien des hiboux se croire aigles. Et que dirons-nous de ceux qui nous ont attiré cette belle guerre avec l'Angleterre, en ne sachant pas ce que c'était que l'Acadie ? Mon cher ange, le monde va comme il peut.
Je n'ai d'espérance que dans M. le duc de Choiseul. Mes annuités, actions, billets de loterie, font mille vœux pour lui.
Le tripot consolerait un peu de toutes les misères qui nous accablent ; mais, divin ange, j'ai fait bien des réflexions. Si la pièce réussit, peu de plaisir m'en revient, comme je vous l'ai déjà dit ; si elle tombe, force tribulations me circonviennent : parodies, brochures, foire, épigrammes, journaux, tout me tombe sur le corps. J'ai soixante et six ans, comme vous savez, et je ne veux plus mourir de la chute d'une pièce de théâtre.
Je vous enverrai, n'en doutez pas, la Chevalerie, à laquelle je ne peux plus rien faire ; mais je vous supplierai de ne la donner qu'à bonnes enseignes, supposé même que vous daigniez vous amuser encore à ces bagatelles, après les impertinences d'Auguste et de Cinna. J'ai lu cette sottise, et j'ai été bien étonné qu'on l'attribuât à Marmontel 2.
A l'égard de Luc, je n'ai fait autre chose qu'envoyer à M. le duc de Choiseul les lettres qu'il m'écrivait, pour lui être montrées.
Je n'ai été qu'un bureau d'adresse. Il voit d'un coup d'œil ce qu'il peut faire de ces épîtres, si tant est qu'on en puisse faire quelque chose. Mais j'ai demandé à M. le duc de Choiseul une autre grâce,
qui n'a nul rapport à Luc : voici de quoi il est question. Il faut plaire aux gens avec qui l'on vit. Le conseil de Genève a condamné à 10 000 livres d'amende un citoyen qu'il aime, et qu'il a condamné malgré lui, sur une contravention faite par son commis, dans son commerce avec la France. Son procès a été fait à la réquisition du résident du roi à Genève 3. Le coupable en question se nomme Prévost : il est le moins coupable de tous ceux qui étaient dans le même cas ; ce cas est la contrebande. Ce Prévost est ruiné : il a une femme qui pleure, des enfants qui meurent de faim. Le conseil veut bien lui remettre une partie de sa peine, mais il ne peut pas avoir cette condescendance sans savoir auparavant si M. le duc de Choiseul le trouve bon 4. Il ne veut pas en parler à M. de Montpéroux, résident de France, de peur de se compromettre, et de compromettre même le résident. On s'est donc adressé à moi. J'ai pris la liberté d'en écrire à M. le duc de Choiseul, et je vous conjure seulement d'obtenir qu'il vous dise qu'on peut faire grâce à ce pauvre diable, et qu'il n'en saura rien. Faites cette bonne œuvre le premier mardi, mon divin ange ; on ne peut mieux employer un mardi.
Joue-t-on le Gladiateur 5 ? Espère-t-on quelque chose de M. Bertin 6? Avez-vous vu M. Tronchin de Lyon ? Avez-vous reçu quelque consolation de Cadix? Payera-t-on nos rentes? Madame Scaliger, comment vous portez-vous ? Je baise bien tendrement le bout de vos ailes; autant fait Mme Denis.
Vraiment, mon divin ange, j'oubliais l'abbé d'Espagnac. Je ne croyais pas qu'avec de l'argent vous eussiez besoin d'un pouvoir.
Votre nom seul est pouvoir ; mais voilà la pancarte que vous ordonnez. »
1 Du 18 d'octobre 1748, avec le comte Saint-Séverin d’Aragon, qui représenta la France au congrès d’Aix-la-Chapelle , avait accordé les duchés de Parme , Plaisance et Guastalla à Don Philippe ; sur des compensations en faveur de ce dernier, voir lettre du 14 janvier 1760 de Choiseul à V* , en note iv de la lettre du 26 janvier de V* à la duchesse de Saxe-Gotha : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2011/01/26/j-aurai-toujours-beaucoup-de-respect-pour-les-belles-et-tout.html
2 La parodie de la scène 1re de l'acte II de Cinna, de Bay de Cury, intendant des menus-plaisirs, qui, ayant, dans un prologue, tourné en ridicule les gentilshommes de la chambre, fut obligé de quitter sa charge. Quelque temps après, et en 1i59, il fit cette parodie de Cinna pour laquelle fut persécuté Marmontel, à qui on l'attribua. Cette parodie, dont les interlocuteurs sont le duc d'Aumont, d'Argental et Lekain, a été imprimée à la fin du tome second du Journal de Collé, mais n'est pas dans tous les exemplaires. ( Beuchot)
La parodie de Cinna dont Bay de Cury est l'auteur a été donnée par M. Maurice Tourneux dans son édition de la Correspondance de Grimm, tome IV, page 184; Paris, Garnier frères, 1878.
3 Montpéroux.
4 Choiseul était déjà intervenu en faveur de Jean Prévost .
5 Spartacus, de Saurin, qui devait être joué le 22 février 1760 ; voir lettre du 24 octobre 1759 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/11/06/j...
6 Henri-Léonard-Jean-Baptiste Bertin, lieutenant général de police en octobre 1757, et contrôleur général des finances le 21 novembre 1759, successeur de Silhouette, puis ministre d'État en 1762. Voir : http://data.bnf.fr/12491592/henri_leonard_jean-baptiste_bertin/
et : http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bertin
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On vous demande à combien peut aller l'entreprise du tabac
... C'est tout bonnement colossal ce que le commerce du tabac rapporte aux fabricants/cigarettiers et aux Etats, sans oublier évidemment, comme pour tout commerce de drogue, les contrebandiers et les mafias . Voir : http://www.tabac-liberte.com/tabac/aspect-economique-cigarettiers-debitants-etat/

Débit ! un mot que l'on n'aime pas voir sur son relevé bancaire .
Débit de tabac = débit de santé .
« A Louis-Gaspard Fabry
maire et subdélégué
à Gex
Monsieur, la compagnie prête à se former, peut aisément se dissoudre 1. Je crois qu'il faut profiter du moment où M. Tronchin, banquier de Lyon, est appelé à Versailles par M. le contrôleur général dont il a la confiance 2. Ce moment heureux ne se retrouvera peut-être jamais . La compagnie peut se charger , non seulement de traiter avec les fermiers généraux pour le sel et le tabac, mais de traiter aussi avec le roi pour les tailles, capitations et impositions de la province . Il s'agit de donner tout d'un coup une forte somme dans laquelle vous entrerez pour la somme qu'il vous plaira . Cette entreprise, à ce que je présume, doit se faire au nom de la province . Les syndics présenteront la soumission au contrôleur général . Ils traiteront avec la compagnie . Vous serez à la tête de tout . Il s'agit d'un avantage bien considérable pour vous et pour la province . Je suis déjà instruit par votre mémoire de ce que peut valoir la vente libre du sel .
On vous demande à combien peut aller l'entreprise du tabac, et à quoi se monte le total des impositions .
On attend de vous, monsieur, une réponse décisive .
J'envoie un exprès et je vous supplie d'instruire de vos volontés votre très humble et très obéissant serviteur . »
1 Voir lettre du 4 janvier 1760 au même : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/01/10/il-faudrait-que-vous-eussiez-la-bonte-de-venir-coucher-chez-5531025.html
2 Voir lettre du 22 décembre 1759 à Jean-Robert Tronchin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/01/01/il-me-semble-que-si-tous-ceux-qui-ont-ete-a-la-tete-des-affaires-avaient-et.html
00:14 | Lien permanent | Commentaires (0)
17/01/2015
Dès que je pourrai sortir je ne manquerai pas de venir vous voir dans votre beau château
... Brrrr !!

« A François Guillet, baron de Monthoux
à Annemasse
Je vous remercie monsieur […]1 vos bontés et de toutes les attentions auxquelles je suis infiniment sensible . Dès que je pourrai sortir je ne manquerai pas de venir vous voir dans votre beau château d’Annemasse 2 et de vous y renouveler tous mes sentiments pour vous . Bannissons les cérémonies et n'écoutons que notre cœur .
V.
Aux Délices 8 [janvier 1760 ?] »
1 Manuscrit dont un coin est déchiré .
22:09 | Lien permanent | Commentaires (0)
s'il se présente quelque occasion de vous marquer l'envie extrême que j'ai de vous être utile à quelque chose , je le la laisserai pas s'échapper
... Chère Mam'zelle Wagnière !

« A Louis-François Prault 1
7 janvier 1760
J'ai toujours eu, monsieur, beaucoup d'estime pour toute votre famille, et je vois que vous n'avez pas dégénéré . C'est un grand chagrin pour moi, dans la retraite où j'achève ma vie, de ne pouvoir être aussi utile que je le voudrais à un jeune homme de votre mérite ; s'il se présente quelque occasion de vous marquer l'envie extrême que j'ai de vous être utile à quelque chose , je le la laisserai pas s'échapper, et peut-être cette année vous en serez convaincu .
Je me flatte que votre Recueil D 2 contient des pièces plus intéressantes, et mieux faites, que l'abominable rhapsodie qui vous a paru si indigne de votre presse, et qui a l'air d'être faite par le laquais d'un gredin ; vous me ferez plaisir, monsieur, de m'envoyer votre recueil ; vous n’avez qu'à le faire remettre à la !! grande poste, à mon adresse : A monsieur de Voltaire, gentilhomme ordinaire du Roi, dans son château de Tournay, pays de Gex, par Genève, et par dessus cette adresse , à M. Bouret , fermier général, intendant des postes à Paris .
Je vous prie , monsieur, de faire mes compliments à monsieur votre père, et de me croire véritablement votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
1 Voir : http://data.bnf.fr/12325906/louis-francois_prault/
et à propos de son père Laurent-François Prault : http://data.bnf.fr/12325691/laurent-francois_prault/
2 Il s'agit d'un périodique publié sous le titre Recueil [A, B, C, etc.] de 1745 à 1762, sous couvert chaque fois d'un éditeur d'emprunt (Fontenoy, Luxembourg, Etc.) ; les éditeurs étaient Gabriel-Louis Calabre Pérau et autres . Prault qui venait de reprendre le commerce de son père « après avoir acquis de lui tout ce qu'il tenait » de Voltaire, avait écrit à ce dernier le 1er décembre 1759 pour lui faire savoir qu'au moment de publier le Recueil D il avait trouvé une pièce contre lui, libelle « infâme et sans vraisemblance » qu'il sacrifiait , en précisant : « […] pour ma tranquillité personnelle je brûlerai moi-même tout ce qui en existe. »
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