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07/03/2017

Vous oubliez notre nouveau tome tragique

... et vous votez pour moi " dit le Fanfoué II avec le soutien des finances du LR, ne l'oublions pas . Nous sommes une belle république démocratique censée donner sa chance également à tout citoyen : ô  ! la belle égalité quand il faut environ 10 millions d'euros ( au bas mot )  pour mener campagne présidentielle avec quelque chance de succès ! Tout ça pour entendre et voir sur le devant de la scène toujours les mêmes bobines ! La pièce parait interminable autant qu'incompréhensible .

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C'est beau la méthode Coué, c'est beau un sénateur qui se dégonfle publiquement (contrairement à ce que l'image peut laisser penser, il trouve in petto que Fillon le gonfle grave ! )

 

 

« A Gabriel Cramer

[mars-avril 1762]

Je vous prie Caro de me faire savoir si vous avez reçu par M. Olinshlager, banquier de Francfort, vingt-quatre louis d'or pour la souscription de Mme la duchesse de Gotha .

Vous oubliez notre nouveau tome tragique, mais je ne suis point jaloux de Pierre .

V. »

 

les conversations sont à la glace, et les conversations amoureuses sont à l'eau de rose

... Ce qui résume tout à fait les relations fillonistes-sarkozystes du LR .

Pour les conversations amoureuses aussi me demanderez-vous ? Oui, même celles-ci, et ce n'est pas l'inénarrable et superflu Larcher qui peut dire le contraire, amoureux contrarié au moins, faux cul à coup sûr . Et il n'est pas le seul rallié , cocu, et content .

Ah qu'il est bon de vivre de la politique, il faut juste avoir un bon estomac pour avaler les couleuvres, et l'échine assez souple pour baisser la tête en évitant les baffes .

 

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Ce qui reste du LR avec Fillon .

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

[vers le 30 mars 1762] 1

J'ai envoyé à mes frères cette petite relation , adressée à M. le duc de Villars 2, qui me vit esquisser Cassandre si vite, lorsqu’il était chez moi . Je prie mon cher frère, de dire au frère Platon, que ce qu'il appelle pantomime 3, je l'ai toujours appelé action . Je n'aime point le terme de pantomime pour la tragédie . J'ai toujours songé autant que j'ai pu à rendre les scènes tragiques pittoresques . Elles le sont dans Mahomet, dans Mérope, dans L'Orphelin de la Chine, surtout dans Tancrède . Mais ici toute la pièce est un tableau continuel . Aussi a-t-elle fait le plus prodigieux effet . Mérope n'en approche pas, quant à l'appareil et à l'action ; et cette action est toujours nécessaire, elle est toujours annoncée par les acteurs mêmes . Je voudrais qu'on perfectionnât ce genre qui est le seul tragique, car les conversations sont à la glace, et les conversations amoureuses sont à l'eau de rose […]»

1 L'édition de Kehl fond cette lettre incomplète dans celle du 4 avril 1762 , elle sera suivie par les éditions .Voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1762-partie-11-122935273.html

3 Voir l'essai De la poésie dramatique, XXI, de Diderot, composé pour servir de préface au Père de Famille . Voir : http://www.wikipoemes.com/poemes/denis-diderot/le-pre-de-famille-et-le-discours-de-la-posie-drama521771816.php

 

06/03/2017

Mandez-moi je vous prie, quel est le corps que vous méprisez le plus, je suis empêché à résoudre ce problème

... Si Voltaire hésitait , faute de preuves encore, de même j'hésite à savoir quel camp politique nous expose les plus méprisables candidats ou quels candidats s'imposent et prennent en otage leurs partis .

S'il est une seule chose à retenir de cette campagne présidentielle calamiteuse, c'est un moment de vraie  volonté de bien faire donnée par Alain Juppé ce jour . Il est regrettable que des élections primaires vaseuses en aient décidé autrement . E la nave va ! comme dit Fellini , en attendant le naufrage .

 

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Alain Juppé ne laisse aucun doute sur son choix et respecte sa parole , lui .

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

A Ferney 29 mars 1762 1

Mon cher et grand philosophe, vous avez donc lu cet impertinent petit libelle 2 d'un impertinent petit prêtre 3 qui était venu souvent aux Délices et à qui nous avions daigné faire trop bonne chère . Le sot libelle de ce misérable était si méprisé, si inconnu à Genève que je ne vous en avais point parlé . Je viens de lire dans le Journal encyclopédique 4 un article où l'on fait l'honneur à ce croquant de relever son infamie . Vous voyez que les presbytériens ne valent pas mieux que les jésuites, et que ceux-ci ne sont pas plus dignes du carcan que les jansénistes .

Vous aviez fait à la ville de Genève un honneur qu’elle ne méritait pas . Je ne me suis vengé qu'en amusant ses citoyens . On joua Cassandre ces jours passés sur mon théâtre de Ferney, non le Cassandre que vous avez vu croquis 5, mais celui dont j'ai fait un tableau suivant votre goût . Les ministres n'ont pas osé y aller, mais ils y ont envoyé leurs filles . J'ai vu pleurer Genevois et Genevoises pendant cinq actes , et je n’ai jamais vu pièce si bien jouée, et puis un souper pour deux cents spectateurs, et puis le bal . C'est ainsi que je me suis vengé .

On venait de pendre un de leurs prédicants à Toulouse, cela les rendait plus doux, mais on vient de rouer un de leurs frères accusé d'avoir pendu son fils en haine de notre sainte religion pour laquelle ce bon père soupçonnait dans son fils un secret penchant . La ville de Toulouse, beaucoup plus sotte et plus fanatique que Genève, prit ce jeune pendu pour un martyr . On ne s'avisa pas d'examiner s'il s’était pendu lui-même, comme la chose est très vraisemblable . On l'enterra pompeusement dans la cathédrale, une partie du parlement assista pieds nus à la cérémonie, on invoqua le nouveau saint, après quoi la Chambre criminelle fit rouer le père à la pluralité de huit voix contre cinq . Ce jugement était d'autant plus chrétien qu'il n'y avait aucune preuve contre le roué . Ce roué était un bon bourgeois, bon père de famille, ayant cinq enfants en comptant le pendu . Il a pleuré son fils en mourant, il a protesté de son innocence sous les coups de barre . Il a cité le parlement au jugement de Dieu . Tous nos cantons hérétiques jettent les hauts cris, tous disent que nous somme une nation aussi barbare que frivole, qui sait rouer et qui ne sait pas combattre et qui passe de la Saint-Barthélémy à l’opéra-comique . Nous devenons l'horreur et le mépris de l'Europe . J'en suis fâché car nous étions faits pour être aimables .

Je vous promets de n'aller ni à Genève ni à Toulouse . On n'est bien que chez soi .

Pour l'amour de Dieu, rendez-moi aussi exécrable que vous le pourrez le fanatisme qui a fait pendre un fils par son père, ou qui a fait rouer un innocent par huit conseillers du roi .

Mandez-moi je vous prie, quel est le corps que vous méprisez le plus, je suis empêché à résoudre ce problème .

Interim vous savez combien je vous aime, estime et révère . »

2 Cet « impertinent petit libelle » était les Lettres critiques décrites dans la note ci-dessus . Il était en réalité l’œuvre de J.-J. Vernet, 1761 .

3 Pour V*, le « petit prêtre » était Robert Brown qui avait signé la préface ; c'est à lui qu'il continua d'attribuer l'ouvrage jusqu'à la troisième édition de 1766 ; voir Eugène Ritter : « Voltaire et le pasteur Brown », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, mars-avril 1904 : https://www.jstor.org/stable/i24286668

5 L'emploi de ce mot est récent en ce sens : il date seulement de 1752, d'après le Französisches etymologisches Wörterbuch de W. von Wartburg, 1946 .

 

05/03/2017

les modes changent en France : c’était autrefois la mode de faire des campagnes glorieuses, d’être le modèle des autres nations

... Autrefois , oui !

Maintenant , c'est une autre affaire, ou plus exactement, d'autres affaires qui remplacent les orchestres symphoniques par des batteries de casseroles, ce qui est beaucoup moins euphonique mais plus approprié .

Je pense que vous avez bien saisi qu'il s'agit de campagne électorale, et non de campagne militaire, on fait couler de l'encre, pas du sang, il n'y aura pas de morts au champ d'honneur, l'honneur n'étant plus de mise depuis que la légalité tient lieu de seul argument pour camoufler des bassesses .

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 Et vive la Belgie une et indivisible !

 

 

« A Henri Lambert d'Herbigny, marquis de Thibouville

rue des Saints-Pères

à Paris

Vous mandez, mon cher marquis, à ma nièce que ma lettre était bien extraordinaire 1; mais comme dans ce temps-là il se passait des choses beaucoup plus extraordinaires dans votre infâme ville de Paris, ma lettre était très sage. Certain discours 2 prononcé contre les encyclopédistes, certaines cabales, certaines persécutions, sont des orages auxquels un homme de mon âge ne doit pas s’exposer. La personne 3 dont vous parlez dans votre lettre à madame Denis ne peut pas, ou du moins ne doit pas, dire qu’elle a vu ce qu’elle n’a jamais vu. Ce serait une très grande infidélité et un crime dans la société d’accuser un homme dont on doit être très content, et de l’accuser après avoir eu sa confiance. Mais ce serait dans ce cas-ci un mensonge affreux. Ce que je vous dis est très exact, très vrai, et la personne en question n’a rien vu ni rien pu voir.

Au reste, les modes changent en France : c’était autrefois la mode de faire des campagnes glorieuses, d’être le modèle des autres nations, d’exceller dans les beaux-arts : aujourd’hui on ne connaît plus que des querelles pour un hôpital 4, des cabriolets, des fêtes de catins sur les remparts 5, et des  persécutions contre des hommes sages et retirés. Si je ne suis pas sage, je suis au moins très retiré, et je ne veux pas donner lieu à des pédants de troubler ma retraite. Croyez que je suis instruit de bien des choses, et que j’ai dû écrire de façon à dérouter les curieux qui se trouvent sur les chemins ; mais croyez surtout que je vous aimerai toujours. Madame Denis vous en dira davantage ; mais elle ne vous est pas plus attachée que moi.

28 mars [1762]. »

1 On ne connait pas cette lettre qui peut être n'est pas récente .

2 Certainement le discours de Lefranc de Pompignan dont il a été souvent question , ou le réquisitoire d'Omer Joly de Fleury .

3 Nous ne savons pas de qui parle V* ici ; (Georges Avenel)

4 Voir l'Histoire du Parlement, chap. LXV (Georges Avenel ) . Voir lettre du 15 décembre 1760 à J. R. Tronchin :

et lettre du 13 août 1760 à d'Alembert et voir : Voir la Lettre de M. l'archevêque de Lyon [Antoine de Malvin de Montazet] primat de France, à M. l'archevêque de Paris, 1760 . Cette brochure traite de l'affaire des religieuses hospitalières du faubourg Saint-Martin-d’Hères, dont on reparlera  .

5 Les remparts , très larges vers la porte Saint-Antoine étaient des lieux de promenade et de distractions ; des boulevards furent tracés plus tard sur leur emplacement .

 

04/03/2017

On se rappelle tant de jugements iniques qui ont égorgé l'innocence avec le poignard de la justice

... Marine et Fanfoué II ne diraient pas mieux, eux qui adorent imager leurs propos sans vergogne .

Amis de Fanfoué II allez en nombre place du Trocadéro, ce lieu est habitué à recevoir les pickpockets et vous allez y soutenir l'un des meilleurs du genre . Je ne veux pas gâcher votre mérite, mais un voyage en bus gratuit ne demande qu'un effort dérisoire, et me rappelle ce type de sortie pour gogos, voyages gratuits avec visite obligatoire de divers magasins où l'égo de chacun le force à acheter au moins autant que son voisin de banquette . Troupeau panurgesque [sic] . Pathétique !

Tous avec Fillon rime avec Tous des couillons, comme le Bande d'abrutits sonnait  Bon appétit grâce à Coluche .

 

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Massacre des innocents : un rescapé , pas deux !

 Heureusement, un  peu plus de valeur dans ce monde grâce à cet homme : Sixto Rodriguez:  https://www.youtube.com/watch?v=kj5U4nfoPik

 

 

« A Balthasar Espeir de Chazel 1

Au château de Ferney par Genève

27è mars 1762

J'ai grand intérêt, monsieur, que les anciens camarades s'aiment toujours , je l'ai été de monsieur votre père et je m'intéresse tendrement à lui . Je vous prie de l'assurer que je serai son ami jusqu'au dernier moment de ma vie .

Je saisis les offres d'amitié que vous me faites pour vous demander une grâce . C'est de vouloir bien monsieur m'instruire de la vérité, si on la peut découvrir dans l'horrible aventure des Calas . Deux des enfants de ce malheureux sont dans mon voisinage . Ils attestent le ciel et la terre . Ils émeuvent tous les esprits . Ils jurent que leur père était innocent, que c’était le plus doux des hommes et le meilleur des pères . Il a , disent-ils, crié au ciel jusqu'au dernier moment contre la fureur superstitieuse dont il était la victime . Il a pardonné à ses juges . Le dominicain qu'on a mis auprès de lui, dit qu'il voudrait mourir aussi saintement que cet infortuné . On ne lui a pu confronter aucun témoin oculaire . Il paraît physiquement impossible qu'il ait pu pendre son fils dans les circonstances où on le suppose . Cinq juges ont opiné à l'absoudre, les huit autres étaient des pénitents blancs, séduits et enivrés de l'horrible superstition d’un peuple insensé qui mettait le pendu au nombre des martyrs . Un seul de ces huit juges qui aurait écouté la raison en se rangeant à l'opinion des cinq juges raisonnables, aurait sauvé la vie à un innocent . Voilà monsieur ce qu'on dit, ce qu'on écrit, et qui remplit tous les étrangers d'indignation et de pitié . On se rappelle tant de jugements iniques qui ont égorgé l'innocence avec le poignard de la justice . On crie que nous sommes une nation odieuse, intolérante, superstitieuse, aussi atroce que frivole, qui passe des Saint Barthélémy à l'opéra-comique, qui sait rouer les innocents, et qui ne sait combattre ni sur mer ni sur terre . J'entends avec douleur tous ces reproches affreux . Le silence du parlement dans une occasion où il devrait publier son arrêt motivé, ferme la bouche à quiconque veut soutenir l'équité de son jugement . Enfin, monsieur, je vous supplie de me dire une vérité qui importe au genre humain .

Je dirais aux Cramer libraires à Genève que vous voulez bien que votre nom soit dans la liste pour quatre exemplaires de Corneille . Les libraires seuls se mêlent de l'édition . Mon unique occupation est de commenter un homme qui a fait honneur à sa patrie .

J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois

monsieur

votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire . »

1 Edition « Cinq lettres inédites de Voltaire », Nemausa, de Gaston Maruéjol, 1884-1885 .Voir : http://www.worldcat.org/title/balthazar-espeir-de-chazel-correspondence/oclc/646202281?referer=br&ht=edition

 

03/03/2017

ayez la bonté de payer cent louis pour nos facéties . Il nous viendra des secours au mois de mai

"... Amis contribuables et encartés de tous partis, merci pour vos dons involontaires et forcés, nous faisons le show pour vous, un seul restera, le pire ou le meilleur [sic] . A 5% ce sera la jackpot pour quelques uns , et en mai "fais ce qu'il te plait", tout est encore possible . Ne pas oublier que l'expression de nos préférences tient compte de nos exigences financières personnelles ."

 signé : Majorité des candidats à la présidentielle .

 

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« A Ami Camp, Banquier

à Lyon

A Ferney 27 mars 1762 1

Mon cher correspondant, Joyar a pu vous dire qu'il n'a point de nièce qui fasse bâtir des théâtres, habille les acteurs, et donne à souper à cent cinquante personnes . Que voulez-vous que je fasse ? Il faut bien souffrir mon plaisir et le payer . Je vous demande donc son mois . Remettons à un autre temps la défalcation, et ayez la bonté de payer cent louis pour nos facéties .

Il nous viendra des secours au mois de mai . Avez-vous des nouvelles bien vraies sur la roue de Calas ? Était-il innocent ou coupable ? Voilà d'un côté ou d'un autre le fanatisme le plus horrible dans le siècle le plus éclairé . Mes tragédies ne sont pas si tragiques . Mille tendres amitiés .

V. »

1 L'édition Gaullieur limite cette lettre à un court extrait non daté ; Cayrol donne un autre fragment fondu à une « lettre » du 27 août 1762 avec J.-R. Tronchin pour destinataire .

 

il est utile d’approfondir la vérité

... Ce que veut à tout prix éviter Fanfoué Fillon, et Marine Le Pen itou . Tous deux ont un discours identique -- copié-collé --, dès lors qu'il s'agit de faire la vérité sur leurs agissements, légaux bien entendu, indéfendables mêmement, pourtant . Ah ! les beaux candidats que nous avons là !

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Réalité / fiction / instruction ?

 

Je dois dire que le peu d'estime que j'avais pour le Fanfoué II a fondu, comme des emplois fictifs plongés dans la Sarthe, en entendant les minables, ridicules attaques du candidat crevant de trouille de perdre son prestige en même temps que son gagne-pain de politicien surpayé .

 

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Toujours inséparables, le maître es fraudes et l'élève ! c'est beau , un vieux couple ! 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'ArgentaI

A Ferney 27 mars [1762]

Vous me demanderez peut-être, mes divins anges, pourquoi je m’intéresse si fort à ce Calas, qu’on a roué ; c’est que je suis homme, c’est que je vois tous les étrangers indignés, c’est que tous vos officiers suisses protestants disent qu’ils ne combattront pas de grand cœur pour une nation qui fait rouer leurs frères sans aucune preuve.

Je me suis trompé sur le nombre des juges, dans ma lettre à M. de La Marche 1. Ils étaient treize, cinq ont constamment déclaré Calas innocent. S’il avait eu une voix de plus en sa faveur, il était absous. A quoi tient donc la vie des hommes ? à quoi tiennent les plus horribles supplices ? Quoi ! parce qu’il ne s’est pas trouvé un sixième juge raisonnable, on aura fait rouer un père de famille ! on l’aura accusé d’avoir pendu son propre fils, tandis que ses quatre autres enfants crient qu’il était le meilleur des pères ! Le témoignage de la conscience de cet infortuné ne prévaut-il pas sur l’illusion de huit juges, animés par une confrérie de pénitents blancs qui a soulevé les esprits de Toulouse contre un calviniste ? Ce pauvre homme criait sur la route qu’il était innocent ; il pardonnait à ses juges, il pleurait son fils auquel on prétendait qu’il avait donné la mort. Un dominicain, qui l’assistait d’office sur l’échafaud, dit qu’il voudrait mourir aussi saintement qu’il est mort. Il ne m’appartient pas de condamner le parlement de Toulouse ; mais enfin il n’y a eu aucun témoin oculaire ; le fanatisme du peuple a pu passer jusqu’à des juges prévenus. Plusieurs d’entre eux étaient pénitents blancs ; ils peuvent s’être trompés. N’est-il pas de la justice du roi et de sa prudence de se faire au moins représenter les motifs de l’arrêt ? Cette seule démarche consolerait tous les protestants de l’Europe, et apaiserait leurs clameurs. Avons-nous besoin de nous rendre odieux ? ne pourriez-vous pas engager M. le comte de Choiseul à s’informer de cette horrible aventure qui déshonore la nature humaine, soit que Calas soit coupable, soit qu’il soit innocent ? Il y a certainement, d’un côté ou d’un autre, un fanatisme horrible ; et il est utile d’approfondir la vérité.

Mille tendres respects à mes anges.

V. »

1 Selon Georges Avenel : «  Dans cette lettre, qu’on ne nous a pas autorisé à reproduire, Voltaire dit que trois juges seulement se sont prononcés pour l’acquittement de Calas. » . Cependant, de nos jours, on connait bien cette lettre : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/03/02/j-en-suis-hors-de-moi-je-m-y-interesse-comme-homme-un-peu-me-5916627.html